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Chez Clarabel
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syros
2 mars 2010

Crac !... Le bruit est à peine audible, mais il réveille tout le monde.

J'ai très souvent croisé la série d'Yves Grevet sans jamais oser lui accorder une minute de mon précieux temps, j'avais très envie de m'y plonger, la couverture illustrée par Thomas Ehretsmann ne me laissait pas indifférente, je ne la trouve pas particulièrement belle mais elle m'incite à m'interroger sur ce que cela cache, et quoi de mieux pour entraîner le lecteur vers un sentier qu'on n'ose pas souvent emprunter, si ce n'est le sens de l'aventure et un zest de curiosité.

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Mine de rien, Méto est une série qui a fait son petit bout de chemin. Le premier tome a été honoré du prix Tam-Tam Je Bouquine en 2008, et les lecteurs émettent tous des avis très positifs. J'avais envie, plus qu'envie. Et comme toujours, dans pareil cas, je traîne les pieds. Allez comprendre.

Trêve de blabla. Je me suis donc jetée dans le grand bassin et je remonte tout doucement à la surface, en scrutant l'horizon car j'attends la sortie imminente du tome 3. Voilà ce qui est bien avec cette série, c'est une trilogie et les trois tomes sont déjà disponibles (soit, le troisième sera là dans quelques jours). Pas la peine de s'arracher les cheveux de la tête, vous pouvez enchaîner la lecture tome après tome en vous pourléchant.

De toute façon, c'est préférable : une fois lancés dans le premier livre, vous n'avez qu'un désir en souhaitant lire la suite aussitôt (prévoyez donc vos achats, ne vous faites pas avoir sous peine de grosse frustration !).

Mais de quoi ça parle, dis-moi Clarabel ?  Han han. En fait, je n'ai PAS DU TOUT envie de vous raconter l'histoire. Moins vous en savez, et mieux c'est.

OK. Parce que je suis une gentille fille, je vous glisserai ces quelques mots : Une Maison sur une île, une soixantaine d'enfants, tous distincts selon des rubans de couleur, avec la trouille du crac (le lit ou le ruban), parce que qu'est-ce qu'il se passe après ? Dans cette Maison, les règles sont strictes, les repas pris à heure fixe selon un rituel établi, les corvées ne manquent pas, les enfants doivent se dépenser physiquement en pratiquant du sport et suivent des cours sur la culture de la pomme de terre ou la chaudière (tout un programme !).

Le reste, c'est suspense. Mystère et boules de gomme.

Allez, allez... je vous garantis que vous allez être scotchés et que vous lirez les trois tomes sous moufter. Prenez le temps de respirer, fermez un peu cette bouche béante, vous risquez de baver.

Bonne lecture !

Méto, une série écrite par Yves Grevet
Syros, 246 pages.
Tome 1 : La Maison  (2008)
Tome 2 : L'île (2009)
Tome 3 : Le Monde (2010)

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Et un petit extrait :

- Tu dois compter jusqu'à 120 avant de toucher tes couverts et laisser un espace de cinquante secondes entre deux bouchées. A part cela, tu peux manger autant que tu veux dans la limite du temps imparti pour le repas.
J'entends Crassus qui respire fort près de moi. Il a les yeux dans le vague et semble perdu.
- Ecoute les petits qui comptent à voix basse...
- 115... 116... 117... 118... 119... 120...
Crassus est surpris par le bruit que font... d'un coup soixante-quatre mains qui empoignent une fourchette. Quelques secondes plus tard, il me regarde en mâchant. On n'entend presque plus rien. Bientôt, on perçoit de nouveau la voix de petits qui égrènent 46... 47... 48... 49... 50... Moi, il y a longtemps que je ne compte plus. Je sens, à chaque fois, le moment exact où je peux piquer ma fourchette. Crassus mange jusqu'à la dernière seconde. Il a planté soixante-douze fois : le maximum. Je le sens fatigué soudain, sans doute le stress que génère, au début, ce rituel du repas. J'ai oublié de lui dire que c'est dangereux de manger trop, surtout après avoir connu la faim comme lui, mais à quoi bon ? M'aurait-il entendu ?
Nous nous levons. Je le soutiens un peu. Marcus me frôle.
- Surveille-le, il ne dois pas vomir.
- Je sais.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? demande Cassus.
- Rien. Je te propose de faire une petite promenade pour t'aider à digérer. Tu es trop lourd pour aller jouer.
- On va où ?
- Au phare. De là-haut, on peut voir toute l'île. Il y a beaucoup d'escaliers, mais on va y grimper doucement.
- J'ai un peu mal au ventre.
- Si ça ne va pas, parle-moi. Evitons les catastrophes.

 

 

Merci beaucoup Anne !

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6 septembre 2009

D'Or Que Landes, ou L'étrange aventure d'Harvey Squire ~ Denis Bretin

Syros "Hors Série", 2009 - 224 pages - 14,90€

dor_que_landesCe livre appelle les soirées d'hiver, pas celles qui vous dépriment toute la saison, mais celles qui vous voient blottis sous la couette ou au coin du feu en train de bouquiner au point de ne plus vouloir mettre le nez dehors.
C'est l'histoire d'un fils de barbier, Harvey Squire, il a dix ans et il est forcé de sortir par la glaciale nuit de Noël pour raser le mort du manoir des Fearnwood. Le chemin est long, le gamin doit traverser les landes mystérieuses et inquiétantes de ce bourg écossais, nous sommes en 1862.
Accueilli par le majordome revêche, Harvey pénètre chez les Fearnwood en tremblant comme une feuille. Il accomplit sa tâche, s'apprête à repartir lorsqu'il surprend une conservation entre deux types dans la bibliothèque de la maison. Le mort aurait caché un trésor, mais impossible de trouver le moindre indice. La suite se perd dans un brouhaha, car Harvey doit regagner le foyer où son père est en train de cuver son vin.
Depuis cette nuit de Noël, la vie d'Harvey Squire va changer. Il va faire la connaissance d'un libraire, Boniface Swifft, et d'une charmante et intrépide demoiselle, Amélia Fearnwood, qui lui confiera la suite de la discussion entendue dans le secret.
Inutile de vous en révéler davantage, si ce n'est que l'histoire s'annonce palpitante. Tout se passe dans un cadre fantastique, avec des énigmes à décoder, des vieilles légendes vont revoir le jour pour comprendre le secret du vieux Fearnwood qui est mort, probablement empoisonné, et rendu fou par ses propres découvertes.
Ambiance merveilleuse et fascinante !
De plus, le narrateur est un jeune garçon sympathique, naïf et courageux, malgré les nombreuses embûches sur son chemin. Et puis, il n'a pas la vie facile mais il trouve un formidable appui auprès de son meilleur ami Julius, avec lequel il ambitionne de devenir libraire et éditeur.
A Drisdale, petit village écossais, la lande est sauvage, hantée par des fantômes et le théâtre de scènes hallucinantes, qui vous donneront le frisson. On croirait un roman d'inspiration victorienne, un conte ou une nouvelle fantastique, tout cela ensemble, c'est clair,  l'auteur n'a pas hésité à puiser dans divers registres pour nous servir une lecture savoureuse et tout simplement envoûtante !

 

5 avril 2009

Un swing parfait ~ Jean Paul Nozière

swing_parfait_2Le Village est un projet implanté par Antoine Jeunet, un redoutable homme d'affaires, qui a imaginé un lotissement de résidences pour riches, cerclé par une rempart, protégé par un gardien à l'entrée, avec barrière pour entrer et sortir. C'est un modèle copié sur un mode de vie américain, mais à Sponge, près de Dijon, l'idée chatouille.

Dans la famille Jeunet, il y a la mère, Manon, femme passive et transparente, très lasse de sa vie de couple. Antoine est un homme tyrannique, exigeant et mysogyne. Et puis il y a Elena, une belle plante de seize ans, solitaire et discrète, qui est folle amoureuse du fils de gardien, Lucas Porato. Un jour, un individu se présente en poussant le cri de la chouette. Le sang d'Elena se glace aussitôt, c'est un signe : son frère Ugo est de retour.

Depuis six ans, le garçon a fugué. Il n'en pouvait plus d'être une marionnette entre les mains de son père, qui attendait de lui d'être un champion de golf. Ugo revient au bercail, il a vingt-deux ans, ses traits ont changé, mais pas seulement. Il est devenu plus agressif, plus violent, plus aigri. Six années à zoner vont rendent différent. N'attendez pas d'autre explication.

Qui est ce garçon qui ressemble à son frère, mais qui pourtant est si différent de lui ? Peut-on se fier au jugement de ses souvenirs, s'accrocher à une quelconque espérance pour satisfaire les apparences ? Elena observe, elle n'est pas la seule. Marc Porato, le gardien, qui était un ancien flic, se pose aussi de plus en plus de questions.

L'histoire est racontée en multipliant les points de vue, en alternant le présent et le passé. La mise en scène sait instaurer d'office un climat de suspicion, le cadre du Village est en lui-même un vase clos, les sentiments étouffent, les passions sont exacerbées. Normal que le lecteur se sente aussitôt interpellé, et qu'il croit deviner d'avance, et pourtant il ne sera pas au bout de ses surprises ! J'ai beaucoup aimé l'ambiance du roman, très tendue, en plus d'être langoureuse (c'est l'été, il fait très chaud). La fin est peut-être un peu trop précipitée, les passions amoureuses trop vite amorcées, malgré tout j'ai été séduite par cette histoire renversante. Et puis j'ai lu ce roman d'une traite, parce qu'il vous impose ce besoin de ne pas décrocher avant la fin.

Syros, coll. Rat Noir, 2009 - 192 pages - 12€

le site de l'auteur : http://jpnoziere.com/index2.htm

5 avril 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs ! #5

Un truc sur un machin, texte de Bernard Friot
illustrations de Christian Guibbaud

 

truc_sur_machinTous les enfants connaissent monsieur Friot grâce à ses Histoires pressées. Texte court et propos rigolo assurent un succès prouvé et approuvé auprès de tous les jeunes lecteurs !

Les Petits poèmes mécaniques reprennent le même principe. Il suffit de s'inspirer d'une comptine, d'y glisser fantaisie et plaisir, puis de s'en aller librement, de laisser champ libre à la création verbale et musicale, puis d'écouter, de s'étonner, d'exploser de rire.

On voit une poule qui en a marre de picoter du pain dur et qui veut de la brioche, danser sur un air de rumba et boire du coca-cola. Ou un steack haché danser le tango avec une escalope de veau. Une calculette amoureuse d'un boeuf. Un trappeur de l'Alaska partir à Copacabana bronzer de haut en bas. Ou encore, un corbeau sur un dictionnaire réciter ses règles de grammaire.
Et ainsi de suite.

Au total, une dizaine de petits poèmes dansent la farandole et s'amusent sur les créations complètement insolites et drôles. C'est très agréable à lire à haute voix ! 
Et c'est aussi le genre d'exercice qui pourra facilement être reproduit à l'école.

Milan Poche Cadet, 2009 - 40 pages - 5,20€
dès 6-7 ans

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Le secret des tutus truqués, texte de Gérard Moncomble
illustrations de Christophe Merlin

secret_des_tutusDe l'art de découvrir une nouvelle série pleine de panache !

Dix jalouses, une qui panique, une qui ronchonne. Sans oublier le roi des manettes. Un type pas net ! Treize coupables possibles !

Un soir à l'Opéra, Félix File-Filou s'enthousiasme à l'idée d'assister à un ballet. Malheureusement, le programme est annulé car il y a disparition de tutus ! Toutes les danseuses se posent des questions. Le mystère s'épaissit, mais le détective FFF prévient la directrice, Mme Gavotte, de retenir son public car le spectacle va bientôt reprendre.

Ni une ni deux, notre ami va résoudre cette affaire de tutus truqués !

Héros récurrent, Félix File-Filou ou le détective FFF est brillant, drôle, talentueux, élégant (avec sa casquette "Deerstalker" et sa cape "Inverness" comme Sherlock Holmes !). Le ton de Gérard Moncomble  est enlevé, très agréable à lire, en plus les illustrations de C. Merlin sont un régal pour les yeux.

Ma fille regrette juste que ce soit trop court ! 

Milan Poche Benjamin, 2009 - 24 pages - 4,90€
dès 6-7 ans

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Alice au Maroc, texte de Caryl Férey

alice_au_marocLa mère d'Alice est géographe, actuellement sur un chantier au Maroc. Elle voit son retour retardé de quelques semaines, suite au décès d'un de ses collègues, dont la mort ne serait pas accidentelle. La police ouvre une enquête. Alice et son père choisissent de la rejoindre pour les vacances, et embarquent avec eux la meilleure amie d'Alice, Atika. Or, à peine arrivée au Maroc, lors d'une représentation d'un montreur de serpents, Atika est enlevée sous les yeux de sa copine qui alerte ses parents. En compagnie d'Hamed, un jeune géologue de vingt ans, ils poursuivent les kidnappeurs jusqu'au fin fond du désert, chez un propriétaire de figuiers.

Cette enquête débordante d'enthousiasme et d'action est bien menée par la plume de Caryl Férey, qui est aussi un auteur fort apprécié dans la collection Série noire (cf. son roman Zulu sélectionné pour le prix des Lectrices de Elle). Je fais sa découverte grâce à ce roman policier qui s'adresse en fait aux plus jeunes (10 ans et plus), mais cela n'empêche pas de me voir conquise. Il réussit l'exploit de mêler un cadre dépaysant (le Maroc, avec sa vallée des Roses, l'Atlas, la médina, la place Jemaa-el-Fna, le riad etc.) à une intrigue habilement troussée, teintée d'écologie.
Ce roman ne s'adresse pas aux grands amateurs de polars et romans noirs, qui risqueraient d'être frustrés par le rythme très linéaire de l'intrigue, mais aux enfants de 10 ans, qui débutent dans le genre. Ils apprécieront les personnages sympathiques et la plongée sur le terrain d'un pays au charme envoûtant (pour rappel, le Maroc).

Syros, coll. Souris Noire, 2009 - 144 pages - 5,90€ 

20 janvier 2009

Quand la banlieue dort - Benjamin & Julien Guérif

510GyVuUAIL__SS500_Matthieu, quinze ans, est un adolescent solitaire et sans histoires. Il vit avec ses parents dans un lotissement de banlieue chic, la plupart de ses camarades de lycée habitent dans le même quartier. La nuit, Matthieu a pris l'habitude de se faufiler hors de chez lui pour s'introduire dans les maisons voisines, en passant par une fenêtre de toit. Ni vu ni connu. Il ne vole rien, il furète ou en profite pour régler quelques comptes avec des types qui lui sortent par les trous de nez. Avec classe et délicatesse, selon lui. Il confie un jour sa manie à son pote Tristan, un gentil garçon pas très futé. Ce dernier le met au défi de se rendre chez le fils d'un avocat. Leur maison sent la réussite et la richesse, ça impressionne nos deux adolescents qui n'en mènent pas large. Ce soir-là, l'escapade ne se déroule pas comme prévu. Tristan est pris au piège, et Matthieu s'empare d'une enveloppe contenant 10,000€. Un réflexe idiot qu'il risque de payer cher. Dans les jours qui suivent, Tristan et Matthieu subissent une pression de l'avocat. Et c'est dans cette tension palpable et haletante que se déroule la suite de l'histoire. On assiste à un vrai bras de fer entre l'homme puissant et prêt à tout pour faire tomber les têtes des coupables, et les deux gamins qui flippent mais veulent sauver la face. C'est bien mené. On comprend bien le désarroi de l'adolescent, son tiraillement intérieur et on ressent la même trouille face à ce qu'il doit faire. Se dénoncer, rendre l'argent, soutenir son copain, parler à ses parents, résister, menacer son adversaire. C'est un singulier tête-à-tête entre le coupable et la victime, mais à un point où on ne sait plus qui est qui.
Pas mal du tout.

Syros, coll. Rat Noir - 2009 - 173 pages / 11€
Illustration de couverture : Olivier Balez

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2 novembre 2008

She's La Belle Et La Bete at the ball

I'll tell you a story but you won't listen, It's about a nightmare steeped in tradition

Paroles de La belle et la bete / Babyshambles

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Depuis des siècles, les mêmes contes sont racontés dans des régions très éloignées les unes des autres. Ces récits connaissent des centaines, voire des milliers de versions qui ont été éclipsées par celles de Perrault ou des frères Grimm, parce que celles-ci ont été imprimées. Ces récits sont toujours très beaux, parfois cruels mais toujours émouvants.

En voici un exemple avec les Histoires de la Belle et la Bête racontées dans le monde :

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On retrouve au sommaire des histoires venues du Japon, de Norvège, de Russie, d'Egypte, du Canada, d'Ecosse et de Bretagne. Il est sans cesse question de couple et d'abnégation. Des filles sont envoyées à des créatures monstrueuses pour tenir une promesse ou parce qu'un foulard a choisi le promis (un bouc, plus précisément !). Ce sont des demoiselles douces et attentionnées, dévouées auprès de leurs familles. Elles ont le sens du sacrifice, acceptent de partager la couche d'un dragon à trois têtes ou d'un ours blanc. Leur sens de l'honneur sera récompensé lorsqu'un beau prince se révélera sous la peau de ces bêtes ou êtres difformes (comme le vieil homme de la marmite). L'amour ainsi triomphe toujours, combattant les préjugés et les apparences physiques peu amènes.

Parmi toutes ces histoires, j'ai une préférence pour le conte norvégien, intitulé si joliment :
A l'est du soleil et à l'ouest de la lune.
C'est l'histoire d'une famille très pauvre qui reçoit la proposition d'un ours blanc. Il souhaite épouser la plus jeune des filles et en échange il offrira toutes les richesses du monde à ces malheureux. La jeune fille s'en va à dos d'ours et rejoint un majestueux château, étincelant d'or et d'argent. Elle est bien traitée et l'ours n'est pas avare en gentillesse et cadeaux. Le soir, pourtant, la jeune fille remarque qu'un homme se glisse dans son lit. Mais il repart avant le lever du jour. C'est un mystère dont elle ne s'ouvre à personne...
S'ennuyant de plus en plus des siens, la jeune fille demande à l'ours de rendre visite à sa famille. Il l'accepte, à une condition : de refuser d'être seule avec sa mère. Cette dernière, curieuse et avide, parvient à faire parler sa fille, qui lui confie son secret. Au moment de repartir, la jeune fille reçoit de sa mère une bougie. Et lorsque le soir venu, l'homme se glisse dans le lit et s'endort, la fille éclaire le visage de celui-ci et découvre un visage de toute beauté.
Las ! trois gouttes de cire tombent sur la chemise de l'homme qui se réveille et crie malheur. Il est prisonnier d'une malédiction, il doit partir aussitôt et épouser la fille de sa belle-mère qui est un troll. Il disparaît donc et la jeune fille pleure toutes les larmes de son corps. Pour le retrouver, il faut qu'elle se rende à l'est du soleil et à l'ouest de la lune... mais le chemin est long, difficile et le garçon est désormais le promis d'une autre.

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Illustrations de Delphine Jacquot

C'est un voyage en lecture que nous proposent les auteurs, avec cette sempiternelle histoire de métamorphose et d'amour, de désir plus fort que la peur, d'interdit, de transgression et de reconquête.

Parfait pour les âmes voyageuses, curieuses et rêveuses...

de Fabienne Morel et Gilles Bizouerne
postface de Nicole Belmont

Syros, coll. Le tour du monde d'un conte / octobre 2008, 96 pages - 15€
dès 7 ans.

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En parlant de conte, n'avez-vous jamais remarqué qu'on ne trouvait jamais d'

autruches dans les contes de fées ! ?

C'est vrai que l'animal à la dégaine niaise et empotée n'en impose pas du tout en parure de chaperon rouge ou de Peau d'âne. C'est ainsi... Le ridicule ne tue pas, fort heureusement, sans quoi la planète serait vite dépeuplée.

Notre autruche aux grandes pattes de gazelle mais aux hanches de matrone ronfle, est coiffée comme un dessous de bras et habillée comme l'as de pique. Elle ne vole pas. Elle ne chante pas. Elle a un caractère de cochon et aucun humour.

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Ce qui n'empêche pas l'Autruche de se marier, de vivre heureuse et d'avoir beaucoup d'enfants.

Très original, délicieusement satirique.

Par Gilles Bachelet

Seuil jeunesse / octobre 2008 - 15€

 

6 octobre 2008

Tu sais qu'il y a un bateau qui mène au pays des rêves Là-bas où il fait chaud, où le ciel n'a pas son pareil *

 

 

 

 

* Paroles de Libertad / Pep's

On m'avait dit p'tit gars
Là-bas on t'enlève tes chaînes
On te donne une vie
Sans t'jeter dans l'arène
Comme ici tout petit après neuf mois à peine
On te plonge dans une vie où tu perds vite haleine
(...)
Alors une petite fille aussi belle que nature
Me prit par la main et m'dit : "Suis cette aventure"
On disait même, oh oui que la mer l'enviait
Que la montagne se courbait pour la laisser passer
Elle m'emmena au loin avec une douceur sans fin
Et ses bouclettes dorées dégageaient ce parfum
Qui depuis des années guidait ce chemin
Ton chemin, mon chemin, le chemin
(...)

**********

51xBKoyTyoL__SS400_Avis à toutes les mamans qui ont grandi devant Heidi la petite fille dans les Alpages... Voici un petit bouquin pour vos bambins qui peut-être leur donnera une petite idée du bonheur (le nôtre, celui de notre enfance !). Anna, héroïne de 11 ans, et ses parents quittent leur ville d'Aulnay-sous-Bois pour s'installer dans un village de montagne où ils vont ouvrir une boulangerie. Un vrai décor de carte postale s'offre à eux, avec en prime un climat différent, un rythme de vie plus lent et des relations assez frileuses. La communauté est réservée, elle jauge avant de souhaiter la bienvenue et de vous compter parmi elle. Anna et ses parents pensaient que les idiots ne vivaient qu'en ville et étaient éloignés de ce havre de paix. Erreur : leur venue n'est pas bien perçue par le boulanger itinérant, fâché de perdre sa clientèle. Intimidation, menaces, sentence élémentaire : vous n'êtes pas d'ici, retournez d'où vous venez... Le père d'Anna va perdre son sang-froid et commettre le geste de trop.

De son côté, Anna a le blues et souffre du mal du pays. Elle n'ose pas le dire à ses parents, qui ne comprendraient pas. Elle a tout pour être heureuse, n'a aucune raison d'être insatisfaite et pourtant l'isolement, la solitude, le déracinement s'associent férocement pour miner son moral. Ou est-ce aussi le manque de sa meilleure amie Lina qui cause son cafard ? 

Un texte gentil, sensible et lucide sur le déménagement et les relations avec les autres (parents, voisins, amis). De jolis passages sur la nature, les paysages montagnards apportent la petite touche de couleur au tableau.

* 10 ans et plus *
J'habite en bas du ciel - Bruno Gibert
Syros, coll. tempo - août 2008 - 136 pages. 5,90€

Pour les nostalgiques ;o)

 


Heidi la serie tv

**********

51KxNaig5ZL__SS500_En vacances chez sa grand-mère, Mathilde s'inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son amie Jocelyne, restée à Paris. Elle parvient à rentrer chez elle en avance et se rend presque aussitôt chez Jocelyne, où le quartier a totalement perdu de sa vivacité et de sa couleur. C'est anormalement calme, les lieux sont vides et abandonnés. En s'introduisant par effraction dans l'immeuble de sa copine, elle découvre des appartements délabrés, où la vie de tous les jours a subitement pris fin, sans explication.

Sa mère lui suggère alors de se rendre au commissariat mais l'accueil est froid. La rentrée au collège s'effectue, aucune trace de Jocelyne, ce qui inquiète de plus en plus Mathilde. Elle retrouve Gretsch, un garçon qui vient de Tchéchénie, pays qu'il a fui à cause de la répression sanglante, et elle sera alors témoin d'une scène qui lui apportera la réponse qu'elle n'attendait plus.

C'est sur une intrigue policière que se base l'histoire de ce roman, dont le sujet concerne la clandestinité et les sans-papiers. Cela devient un thème de plus en plus exploité dans la littérature jeunesse, cf. L'ami l'iguane d'Alex Cousseau chez Le Rouergue. Ici, Christian Roux a mis l'accent sur le mystère autour de la disparition d'une jeune Malienne, la meilleure amie de l'héroïne, en créant une ambiance pesante (il parle de 'tristesse infinie' ou de 'catastrophe permante' pour planter son décor).

C'est bien vu, Mathilde s'improvise détective et c'est à travers elle qu'on passe au peigne fin les 'lieux du crime'. Le passage en revue est souligné par son innocence et son inquiétude (bien légitime), mais cela n'empêche pas le lecteur de vite décrypter les messages cachés. En fait, l'auteur nous donne assez facilement les bonnes pistes à suivre, mais il a l'habileté de faire travailler Mathilde, la forcer à fouiller et réfléchir pour arriver à ses propres conclusions. 

Le récit s'entoure aussi de brillantes introspections pour rappeler l'amitié sincère entre les deux filles, ce que l'une avait su apporter à l'autre. Il met aussi en valeur la précarité des familles démunies, sans aucun misérabilisme. C'est juste, écrit sans fard, sans état d'âme. Et cela touchera davantage les lecteurs de niveau collège.

Les maisons aux paupières crevées - Christian Roux
Syros, coll. Souris Noire - 146 pages - 5,90€
11 ans et +

J'habite en bas du ciel

Les maisons aux paupières crevées

17 septembre 2008

Le passager de l'orage - Claire Gratias

Le roman commence par cette simple phrase : "Jonathan L. venait tout juste de décider de larguer sa petite amie le jour où il rencontra Katherin Bets pour la première fois." Je ne sais pas vous, mais moi j'ai trouvé que ça s'annonçait plutôt bien. Tout de suite, on pressent le climat décisif et mystérieux qui s'installe autour du personnage de l'écrivain. Jonathan a dix-sept ans, il vit avec ses parents à Cotteville. L'été approche et l'adolescent trouve un petit boulot : devenir le secrétaire particulier de Mme Bets. Cette dernière vient de louer Cotte House, une maison réputée maudite, avec son aspect très 19ème siècle et ses légendes de fantômes et autres esprits frappeurs. Un vrai décor de cinéma, avec frissons garantis !

La relation entre Katherin et Jonathan est aussitôt placée sous le signe de l'intelligence et de l'échange. Le garçon vit sous son toit, il partage sa "petite cuisine" d'écrivain et profite de son temps libre pour bouquiner. C'est dans Moonfleet qu'il tombe en apnée, fort d'être estourbi par cette lecture qui le prend au dépourvu. Jonathan est en transe. Souvent il se trouve plonger dans des rêves hallucinatoires et se réveille en nage. Est-il devenu une cible de choix pour la légende de Cotte House ? Katherin également est en proie aux démons des nuits blanches et de la panne d'inspiration. Que se passe-t-il dans cette maison ?

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La deuxième partie du roman est franchement excellente ! Le début est plutôt lent, plus accentué sur l'adolescent et ses problèmes sentimentaux et familiaux. On trépigne un peu d'entrer dans le vif du sujet, voilà pourquoi on soupire d'aise d'arriver à Cotte House. Le pressentiment est bon, aussitôt l'atmosphère change. J'ai aussi eu l'impression que l'auteur - Claire Gratias - s'était franchement amusée à écrire cette histoire. J'en tiens pour preuve le facétieux épilogue, qui remet tout à plat ! Impossible de ne pas se creuser les méninges après avoir tourné la dernière page. Le lecteur reste pantois. Fichtre alors !

Ce roman noir, destiné aux adolescents dès 13 ans, pourra interpeller tous les amateurs de suspense. Sa principale force repose essentiellement dans l'aura délicieusement inquiétante de Cotte House ! A découvrir.

Le passager de l'orage

Syros, coll. Rat Noir - 272 pages - 12€

27 avril 2007

Wiggins Apprenti détective - Béatrice Nicodème

wigginsWiggins est un gamin astucieux et courageux qui apparaît de façon fugace dans deux des aventures de Sherlock Holmes, "Une étude en rouge" et "Le signe des Quatre", à l'occasion desquelles il apporte une aide précieuse dans la recherche des criminels.
La française Béatrice Nicodème, bercée à l'âge de 12 ans par les romans policiers mettant en scène le détective anglais résidant au 221B Baker Street, s'est donc lancée dans l'écriture en imaginant les aventures de Wiggins, un gamin des rues de 15 ans.
Ce volume regroupe donc trois enquêtes du jeune assistant de Sherlock Holmes : Wiggins et le perroquet muet / Wiggins et la ligne chocolat / Wiggins chez les Johnnies.

1. Wiggins et le perroquet muet : Sherlock Holmes demande à Wiggins de retrouver l'assassin de Violet Juniper, une danseuse de cabaret qui a été étranglée. Peu de temps avant sa mort, celle-ci avait reçu en cadeau un perroquet empaillé... Un indice qui pourrait bien se révéler capital. 2. Wiggins et la ligne chocolat : la mère de Wiggins est accusée d'avoir volé des objets de valeur chez le comte et la comtesse Brazenduke ! Wiggins, lui, soupçonne Marjorie, leur fille, qui semble avoir de drôles de fréquentations. C'est le début d'une filature mouvementée... 3. Wiggins chez les Johnnies : un message codé caché dans une bouteille de lait avertit Wiggins que Sherlock Holmes est séquestré dans un pub sinistre dé Whitechapel. Le jeune détective part sur-le-champ à son secours. Mais saura-t-il éviter les pièges qu'on lui tend ?

La lecture est très accessible pour les lecteurs dès 10 ans. Le style n'est pas compliqué et offre même la possibilité de baigner dans l'ambiance londonienne du 19ème siècle. C'était une époque de grands changements, comme l'annonce l'auteur, mais également sujette aux troubles et à l'insécurité, sans oublier l'extrême pauvreté.
Wiggins et sa mère appartiennent à cette couche de la population guère vernie, ils habitent une petite chambre sans chauffage dans le quartier de Whitechapel. Et pourtant, à force de courage et d'audace, notre vaillant petit détective en herbe va améliorer leur situation en résolvant des affaires louches et criminelles, guidées par l'éminent Sherlock Holmes.
Pour moi, les intrigues sont trop maigres, à peine 60 pages, durant lesquelles le lecteur a très peu de temps pour se torturer les méninges. Voilà pourquoi je pense qu'il est fort indiqué pour les plus jeunes, et qu'il permet même de donner un aperçu des personnages "mythiques" créés par Sir Arthur Conan Doyle !

Syros, Hors Série Souris Noire, 200 pages. A partir de 10 ans.

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Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


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