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Chez Clarabel
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sixtrid
2 juin 2015

Le Dernier Lapon, d'Olivier Truc

Le dernier lapon

Quelle étonnante lecture ! Direction la Laponie, où un précieux tambour de chaman a été signalé disparu, un éleveur de rennes est retrouvé assassiné, les oreilles tranchées, et un géologue français s'improvise chercheur d'or à travers la toundra. Klemet et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, coutumiers des querelles entre éleveurs, vont s'initier aux arcanes d'une enquête déroutante avec patience et perspicacité. C'est drôlement bien mené ! Mais c'est surtout l'ambiance, l'atmosphère frileuse et atypique, de cette Laponie méconnue qu'on savoure pleinement. On y avance à tâtons, et dans le noir, en pleine nuit polaire, saisissant les bribes d'ensoleillement avec ahurissement. On découvre la culture et le folklore Sami, au sein d'une communauté silencieuse, repliée et parfois blessée par les non-dits. C'est délicat, poignant, avec une brochette de personnages attachants, dont le duo formé par Klemet et Nina. Leurs missions de routine ont su forger leur complicité, sans la moindre ambiguïté. Et c'est reposant, car sans malentendu. L'intrigue aussi se lit (ou s'écoute) en toute fluidité, interprétée par Jean-Marie Galey, pour Sixtrid, au cours d'un marathon de lecture de 15 heures. C'est dire comme l'évasion est enrichissante et excitante ! Et c'est d'autant plus stupéfiant que ce roman aux allures de polar nordique a été écrit par un auteur français maître de son sujet ! Bravo.

Sixtrid ♦ novembre 2014 ♦ texte intégral interprété par Jean-Marie Galey (durée : 14h 49)

♦ Avec l'aimable autorisation des éditions Métailié ♦

Le dernier lapon Métailié   

Le dernier lapon Points 

♦ disponible en poche aux Points ♦

 

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16 avril 2015

Vert Palatino, de Gilda Piersanti

Vert Palatino CD

Championnat de foot oblige, la brigade du commissaire d'Innocenzo est transcendée par les résultats des matchs, des points et du classement. Le boulot, pourtant, ne manque pas depuis le signalement d'une fillette disparue, sa mère éplorée de chagrin, et le crime d'un individu flirtant avec le milieu pédophile. Mariella de Luca, qui vient de décrocher sa mutation, cherche une corrélation et entraîne dans sa folie obsessionnelle son jeune stagiaire débutant. Les événements se précipitent lorsqu'une équipe d'archéologues prévient la police de leur macabre découverte. Mariella se rend sur place et rencontre le séduisant Paolo Ronca...

Cette nouvelle enquête est terrible, glauque et déprimante. De plus, il ne fait que pleuvoir sur Rome la Ville éternelle, alors que la fièvre gagne tous les esprits. Nerfs à vif, cœurs battant à tout rompre... c'est un pays entier qui retient son souffle, au rythme de la ferveur footballistique, à considérer comme une bulle de fraîcheur dans cette intrigue qui va émotionnellement secouer notre inspecteur principal. Et nous aussi. Au hasard de ses pérégrinations, Mariella va connaître l'enfer du remords et de la culpabilité, s'effondrer et envisager de tout plaquer. Heureusement, d'Innocenzo veille sur sa petite protégée...

Je pense que le lecteur ne sera jamais assez préparé à l'onde de choc et aux révélations faites par l'histoire. C'est un rendez-vous poignant et bouleversant que nous réserve Gilda Piersanti dans ce deuxième épisode des saisons meurtrières. Un polar sur fond de grisaille architecturale, de football et de passion amoureuse. Dur, mais prenant. 

Sixtrid, mai 2010 ♦ Interprété par Hélène Lausseur (durée : 6h 50) ♦  disponible aux éditions Pocket 

VERT PALATINO

16 avril 2015

Rouge Abattoir, de Gilda Piersanti

Rouge Abattoir CD

Un maniaque sexuel sévit-il dans un quartier huppé de Rome ? La liste des victimes ne cesse de s'allonger et alerte les riverains, au grand dam du commissaire d'Innocenzo. L'inspectrice Mariella De Luca est donc envoyée en renfort et va s'employer à débusquer la vérité selon des méthodes parfois peu orthodoxes. Elle cherche à tout prix à percer la carapace derrière laquelle se planque le couple des principaux suspects. Un projectionniste beau comme un dieu et sa sœur au tempérament acariâtre. Ils connaissaient les victimes ou ont croisé leur chemin, mais se défendent bec et ongles contre toute forme d'inculpation.

L'enquête suit ainsi son cours en mettant en place les pièces du puzzle, disséminées tout au long de l'intrigue, sans chercher à aviser le lecteur. Ce sera à lui de faire le tri dans le cumul des données s'il veut pister le coupable, mais de toute façon le dénouement lui paraîtra d'une logique implacable. L'intérêt du livre se situe aussi dans l'évasion promise, Rome la Ville éternelle, et la présentation des personnages au passé sombre et obscur, dont on a tout à découvrir (Mariella de Luca, qui consacre ses nuits à des activités licencieuses, et d'Innocenzo, qui porte en lui le mystère non résolu de son fils disparu).

Hélène Lausseur, la lectrice pour Sixtrid, a un débit rapide et une voix monocorde, qui ne m'ont pourtant jamais rebutée, car cela cadre à merveille avec l'atmosphère hivernale de l'histoire, et peut-être aussi parce que le récit ne dure que 6 heures, une moyenne honorable pour un livre audio. Voilà qui augure un bon début de série, à poursuivre sans tarder !

Sixtrid, janvier 2010 ♦ interprété par Hélène Lausseur (durée : 6h 16)  ♦ Ce roman constitue le 1er volet des Saisons meurtrières : après l'hiver dans Rouge Abattoir, les investigations de Mariella De Luca se poursuivent au printemps dans Vert Palatino, en été dans Bleu Catacombes et à l'automne dans Jaune Caravage. ♦

Également disponible chez Pocket

ROUGE ABATTOIR

14 avril 2015

Goldstein, de Volker Kutscher

GoldsteinCD

Berlin, 1931. L'arrivée en ville du gangster américain, Abraham Goldstein, met le commissariat en ébullition. Pour éviter les risques d'une flambée de violence (guerre des gangs, récupération politique), Gereon Rath doit lui coller aux basques. Mais Goldstein ne va pas hésiter à tromper l'adversaire à force de malice. Les raisons de sa venue étant assez floues, on impute aussitôt à l'individu les premiers meurtres de quelques voyous notoires. La presse antisémite s'embrase et Gereon est à la peine. 

Sa compagne Charly est elle aussi tracassée par la disparition de son principal témoin dans une affaire de cambriolage loupé. La jeune délinquante accuse un policier d'avoir poussé dans le vide son partenaire. L'affaire est grave, Gereon appelle à la prudence avant de reprocher à Charly d'accorder une confiance aveugle à une inconnue. Cela suffit pour mettre le feu aux poudres au sein du couple. Jalousie, incompréhension, dialogue de sourds, nos amoureux sont dans l'impasse.

Une série policière se déroulant à Berlin dans les années 30 ? On pense aussitôt à la Trilogie de Philip Kerr. Mais là où Bernie Gunther s'avère un personnage horripilant, Gereon Rath surprend agréablement. Moins arrogant, mais pas forcément moins lisse, le type cultive des relations sulfureuses avec la pègre locale ou la presse. Il n'aime pas non plus recevoir des ordres et a tendance à partir en roue libre, ce qui a souvent mis sa carrière en péril.

Qu'importe, notre homme n'est ni ambitieux, ni parvenu. Ce qui compte avant tout, c'est son bonheur auprès de sa Charly, dompter sa jalousie maladive, et se tenir à l'écart du chaos politique régnant en ville. L'ombre d'Hitler plane, les chemises brunes sèment la zizanie, dans un semblant de confusion habilement organisé en coulisses, tandis que la population, soucieuse des restrictions économiques, préfère sous-estimer la menace. 

C'est avec une étourdissante simplicité que Volker Kutscher rend compte de l'état d'esprit de l'entre-deux-guerres, à travers une intrigue à suspense, parfaitement maîtrisée, malgré quelques longueurs. Ce 3ème opus des enquêtes de Gereon Rath, après Le Poisson mouillé et La Mort muette, est un très bon roman policier, sur fond historique, mené tambour battant, sous la houlette d'Eric Herson-Macarel (bien connu par les amateurs de livres audio). Entre espionnage, banditisme, corruption, sens du devoir et trahison, le récit est d'une intensité dramatique saisissante.

Texte lu par Éric Herson-Macarel pour les éditions  Sixtrid (novembre 2014) ♦ Traduit par Magali Girault pour les éditions du Seuil & Points

Goldstein

23 mars 2015

Un été avec Kim Novak, de Hakan Nesser

Un Été Avec Kim Novak

« L'été sera rude, a dit mon père. Autant nous préparer à ça. »

Trente ans ont passé depuis l'été de ses 14 ans, époque où Erik a passé des vacances mémorables avec son copain Edmund à Tibériade, le cabanon familial situé en bord de lac. À eux l'insouciance et l'ivresse de la liberté. Avec son frère Henry pour seul chaperon, les garçons font preuve de désinvolture et de bravade (fumer en cachette, contourner les entrées payantes, se livrer à des séances de voyeurisme, fantasmer sur la belle Eva...). Cet été-là sera pourtant marqué d'un drame qui va chambouler à jamais leur existence.

Henry, son frère aîné, vient de rompre avec sa fiancée et s'est lancé dans l'écriture d'un roman. Chaque soir, il aime sortir dans des lieux branchés, draguer la minette et la ramener au cabanon pour quelques acrobaties coquines. Les garçons ont le choc de leur vie quand ils découvrent, parmi ses conquêtes, le sosie de Kim Novak - la sublime Eva Kaludis - qu'ils avaient également croisée au collège lors d'un remplacement.

Celle-ci a pourtant déjà un petit copain, une star de handball, au tempérament jaloux et agressif. Et quand son corps est retrouvé assassiné, pas loin du lieu de leur villégiature, la police se pointe au cabanon et passe au crible l'alibi des garçons. Fin de l'été, retour à la réalité. Longtemps après, Erik continuera d'être hanté par les événements survenus au cours de cet été et de s'interroger sur les raisons du crime et l'identité du coupable. 

Cette lecture, d'une intensité ciselée et prenante, est stupéfiante ! De suite, elle nous hypnotise par son charme vénéneux et son atmosphère languide, au rythme d'un été fantasque et torride. J'ai été scotchée, complètement séduite par cette écriture simple, mais pénétrante. On suit sans complexe deux garçons en plein apprentissage d'indépendance, de sexualité et de responsabilité morale, non sans maladresse et avec toute l'intrépidité de leur âge. 

On partage aussi les bribes d'une histoire empreinte de non-dits et de culpabilité étouffée, une histoire tantôt drôle ou malicieuse, mais définitivement bouleversante. La lecture est dépaysante à souhait, direct au cœur de la Suède des années 60, le temps d'un été chaud et indolent. On s'évade instantanément, avant de retoucher terre avec une pointe de regret et de nostalgie.

Alain Lawrence, le lecteur pour Sixtrid, nous plonge avec subtilité dans les méandres d'un été de toutes les découvertes, entre exaltation et perplexité, et un sens du tempo tout à fait remarquable. J'ai beaucoup aimé.

Sixtrid, janvier 2015 ♦ Interprété par Alain Lawrence (durée : 6h 22) ♦ Traduit par Agneta Ségol pour les éditions du Seuil (Kim Novak badade aldrig i Genesarets sjö)

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