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Chez Clarabel

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22 juin 2015

Une main encombrante, de Henning Mankell

Une Main Encombrante

Proche de la retraite, Wallander cherche un point d'attache pour couler des jours tranquilles. Alors qu'il visite une maison à la campagne, le commissaire trébuche sur une main surgie de nulle part. Ses instincts sont aux aguets. Il requiert son équipe d'experts de fouiller le jardin et découvre les ossements d'un couple enfoui là depuis cinquante ans. Même si on ne lui octroie ni les moyens ni le temps pour ce dossier, Wallander continue de fouiller dans le passé de la maison et de ses propriétaires pour rendre justice aux deux victimes.

L'histoire est à l'image du héros, las, usé et désabusé. Donc, c'est lent et pointilleux, mais intéressant à lire. Wallander ne supporte plus les vicissitudes de la bureaucratie. Ses relations avec sa fille sont à couteaux tirés. Il a fait le tour de son métier et envisage de tirer sa révérence. Mankell a d'ailleurs annoncé qu'il n'écrirait plus sur Wallander après l'épisode suivant, L'homme inquiet. Point final. Il explique en fin d'ouvrage sa relation ténue avec son personnage fétiche, non sans un zeste de fierté.

Le texte lu par Marc-Henri Boisse figure bien les caractéristiques de Kurt, en lui collant cette intonation bougonne et abattue qu'on juge indissociable. Après quoi, l'histoire n'est ni surprenante, ni haletante. Elle ne dure que 3 heures, ou 182 pages. À grignoter comme une friandise ou une mise en bouche pour les lecteurs désormais orphelins de leur commissaire suédois, définitivement au bout du rouleau.

Sixtrid / mars 2015 ♦  Interprété par Marc-Henri Boisse (durée : 3h 12)

Traduit par Anna Gibson pour les éditions du Seuil

Une main encombrante Seuil

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22 juin 2015

Maman a tort, de Michel Bussi

MAMAN A TORT

La commandante de police, Marianne Augresse, est aux cent coups depuis l'affaire du braquage de Deauville et a mobilisé toutes ses troupes pour retrouver au plus vite les suspects en fuite. L'esprit ailleurs, elle reçoit pourtant la confidence d'un psychologue scolaire, soucieux des dires d'un enfant de trois ans, Malone, qui prétend que sa mère n'est pas sa vraie mère. Selon le spécialiste, sa mémoire est fragile et ne tient qu'à un fil, d'où l'urgence pour intervenir dans cette intrigue. D'abord perplexe, Marianne finit par lui accorder le bénéfice du doute. Après tout, l'homme est plutôt pas mal... À l'approche de la quarantaine, célibataire, sans enfant, notre policière a les sens en éveil. Ce ne sont toutefois pas ses hormones qui vont la guider dans cette enquête infernale et farouchement inextricable. Un nouveau piège dédaléen, dans lequel on s'engouffre de notre plein gré... 

Comme toujours, Michel Bussi nous entourloupe du début à la fin en construisant une roman pétrifiant et invraisemblable, jonché de chausse-trappes et de pistes fumeuses, qui nous éparpillent facétieusement. Au bout du compte, on ne sait plus qui croire, que penser et quoi dire. (Bon, allez, j'avoue, cette fois j'avais flairé le pot aux roses ! La force de l'habitude.) Quand bien même le mécanisme déployé se répète ou interpelle les lecteurs fidèles à être sur leurs gardes, on n'est jamais foncièrement déçu et on est conquis par le rythme, les chassés-croisés et les personnages ambigus. 

Ce sont donc 13 heures de lecture, dictées par Caroline Klaus, qui nous captivent. La comédienne nous propose une interprétation d'une grande justesse, qui échappe aux pièges du genre (voix d'enfant pas bêtifiante et voix masculine pas grotesque). Elle distille avec tact une dose de sensibilité et de raffinement très appréciable. À recommander !

Audiolib / Juin 2015 ♦ Texte lu par Caroline Klaus (durée : 12h 49) ♦ Presses de la Cité, 2015 

20 juin 2015

Mon imagier des chansons de la maternelle, Illustré par Charlotte Roederer

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Voilà une adorable compilation de 16 chansons de maternelle, allant de Maman les p'tits bateaux, Une poule sur un mur, Le loup, le renard et la belette, L'as-tu vu le petit bonhomme etc, entonnées par des voix enfantines (et 2 adultes) pour permettre une meilleure reconnaissance et favoriser l'aisance de l'écoute.

Toutes sont des chansons simples et incontournables (les enfants vont rapidement les identifier), arrangées par Bernard Davois et Jean-Philippe Crespin, qui nous bidouillent des versions enjouées et pleines de peps !

Le disque offre aussi un deuxième tour de piste, reprenant les 16 chansons en version musicale uniquement. Les enfants pourront ainsi chanter à leur guise, en suivant les paroles sur le livre aux pages cartonnées et illustrées de façon pimpante par Charlotte Roederer. 

C'est une joyeuse collection pour l'éveil musical, non seulement pour en se familiariser avec les instruments de musique (piano, flûte, violon, clarinette, contrebasse, percussions, accordéon), mais aussi pour renouer avec les chansons traditionnelles des enfants. Une bonne pioche. 

Gallimard jeunesse ♦ éveil musical ♦ juin 2015 

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20 juin 2015

Les Quatre saisons des tout-petits, de Marion Billet

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Ce qui est chouette avec cet album, au-delà de s'initier au principe des saisons, en suivant un panel de personnages aux trombines adorables dans leurs activités qui s'étalent sur toute une année, c'est ce bonheur éclatant qui ressort des illustrations de Marion Billet. Cela vous saute aux yeux tant c'est coloré, c'est enfantin (pas simpliste), c'est joyeux et c'est ravissant. Un pur bonheur.

Ce monde des tout-petits vous paraîtra plus craquant que jamais ! On les découvre à la fête foraine, en vacances à la mer, à la patinoire ou à la campagne, mais aussi à la garderie, à un atelier de musique ou en cuisine, bref les activités ne manquent pas. Ce sont ainsi autant de mots à apprendre et de choses à reconnaître, avec en bas de chaque page, un petit jeu proposé au lecteur : trouve, montre et dis les mots.

Super accessible et attrayant, cet album est un imagier interactif qui veut stimuler le langage et favoriser l'échange quotidien avec les petits. La collection des « Littleland » (en VO) est une réussite et s'affiche sans prétention. Succès mérité chez les bambins ! 

Gallimard jeunesse, janvier 2015 ♦ Traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau (Littleland All Year Round)

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19 juin 2015

L'Heure des histoires : La Promesse, de Jeanne Willis & Tony Ross

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Là où le saule rencontre l'eau, un têtard rencontra une chenille. Ils se regardèrent dans les yeux et tombèrent amoureux. « J'aime tout chez toi, déclara la chenille. Promets-moi de ne jamais changer. » Sans réfléchir, le têtard promit... Mais tout le monde sait bien que les têtards ne peuvent rester les mêmes, pas plus que les chenilles, d'ailleurs. Qu'adviendra-t-il alors de leur amour ?

J'ignore pourquoi je n'avais jamais lu cette histoire auparavant - pourtant, le duo Jeanne Willis & Tony Ross figure parmi mes rendez-vous littéraires les plus savoureux - aussi le plaisir a été doublement exquis car cette histoire vaut son pesant de cacahuètes. On suppose une histoire d'amour faite de tendresse et d'humour, on ne se trompe pas, sauf qu'elle se conclut de façon surprenante, qui ne manquera pas d'interloquer les plus jeunes (ou comment se confronter à ce qu'est l'humour noir ... dévastateur !) ;-)

Le livre se découvre à la verticale, sur de pleines pages largement illustrées par les aquarelles de T. Ross. La lecture peut s'accompagner d'un CD d'une durée d'écoute d'env. 20 minutes, avec texte intégral lu par Agnès Sourdillon, suivi par trois ateliers d'animation (mots, bruits, théâtre) pour jouer et apprendre en même temps ! 

Gallimard jeunesse, coll. L'Heure des histoires / mai 2015

♦♦♦

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19 juin 2015

En Poche ! # 47

2ème moisson de juin ... miam ! 

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Dans la maison de l'autre   L'homme du verger   Sweetwater

Dans la maison de l'autre, de Rhidian Brook

L'homme du verger, d'Amanda Coplin

Sweetwater, de Roxana Robinson

 

L'Épouse modèle   Troubles   Un tour de passe-passe

L'Épouse modèle, d'Emma Chapman

Troubles, de Florian Lafani & Gautier Renault

Un tour de passe-passe, de Marco Malvaldi  [LU]

 

L'Echo du doute   Petites Recettes de bonheur pour les temps difficiles   L'Immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes

L'écho du doute, de Rebecca Frayn

Petites recettes de bonheur pour les temps difficilesSuzanne Hayes & Loretta Nyhan

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, de Karine Lambert  [LU]

 

ASHFORD PARK   Blackmoore   Le cabinet chinois, de Patricia Wentworth

Ashford Park, de Lauren Willig

Blackmoore, de Julianne Donaldson

Le cabinet chinois, de Patricia Wentworth [LU]

 

La reine des abeilles   Chanel & Co   La bobine d'Alfred

La Reine des abeilles, de Gill Hornby

Chanel & Co, de Marie-Dominique Lelièvre

La Bobine d'Alfred, de Malika Ferdjoukh  [LU]

 

Après la guerre

Après la guerre, de Hervé Le Corre

 

19 juin 2015

Les Derniers jours de nos pères, de Joël Dicker

LES DERNIERS JOURS DE NOS PÈRES

Londres, 1940. Winston Churchill décide de créer une branche spéciale des services secrets, le SOE. Jeune parisien valeureux et attachant, Paul-Émile (dit Pal) est rapidement recruté pour intégrer un petit groupe de Français et suivre un entraînement intensif aux quatre coins de l’Angleterre. C'est lent, long, douloureux mais ça procure l'occasion de tisser une solidarité exemplaire, face aux coups durs, et surtout face à la suite des opérations, lorsqu'ils seront renvoyés en France occupée pour seconder les réseaux de résistance. Et le lecteur aussi sera aspiré par cette mélancolie ambiante, le rythme du récit étant atonique et plat, ce n'est pas une écoute qu'on partage de gaieté de cœur, même si l'interprétation d'Hugues Boucher pour Audiolib est lisse et proprette, elle n'efface pas l'impression d'un roman écrit de façon ampoulée et solennelle. Car Joël Dicker en fait beaucoup trop, et c'est bien dommage. On se lasse trop vite de cette histoire instructive, mais décrite avec grandiloquence. Action lente, style précieux, personnages effacés... pourtant au service d'une histoire de guerre et d'espionnage, une histoire d'humanité et de fraternité, une histoire de survie et de peur, une histoire de père et de fils. Vraiment dommage d'avoir tartiné tout ça d'un ton emprunté et trop maniéré.

Audiolib / mai 2015 ♦ texte lu par Hughes Boucher (durée : 12h 53) ♦ éditions du Fallois, 2012

♦♦♦

«  On ne peut pas écrire ce qu'on n'a pas vécu. » 

18 juin 2015

Les Années, par Annie Ernaux

Les années

Le récit s'ouvre sur un album-photos que consulte l'auteur, comme pour se souvenir ou se raconter une histoire. Celle d'une fillette qui grandit au lendemain de la guerre, dans la petite ville d'Yvetot, adolescente engoncée, élève brillante, jeune femme impatiente, entre la Normandie et Paris...

Mais le tableau ne s'attache à aucun point, le regard survole et s'échappe de toute ébauche autobiographique pour se focaliser sur l'époque et livrer une rétrospective globale.

C'est alors un drôle de récit qu'on écoute, au son de la belle voix de Marina Moncade, un récit sur les années écoulées, au rythme du chamboulement politique, économique et social des quatre dernières décennies, un récit qui nous rappelle notre enfance, celle de nos parents ou grands-parents, et qui mêle aussi le parcours de l'auteur. Touchant, sans être attachant. Sensible, mais pas nostalgique.

On retient de ce diaporama des bribes d'anecdotes plus ou moins intéressantes, débitées sur un ton volontairement neutre et impersonnel. Et hélas trop distant. On attend simplement du lecteur d'être attentif mais peu impliqué, inutile d'envisager de se fondre ou d'écouter d'une traite ce récit au déroulement assez glaçant.

Je ne sais pas si cette absence d'émotion est liée à l'écoute, ou si la lecture impose tout simplement des barrières. Toujours est-il qu'une découverte par petites bouchées serait mieux indiquée.

Gallimard / Écoutez Lire ♦ avril 2015 ♦ texte lu par Marina Moncade (durée : env. 7 h)  

L'écoute en classe du CD est autorisée par l'éditeur.

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« Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. »

18 juin 2015

Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal

Réparer les vivants

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps. Que subsistera-t-il, dans cet éclatement, de l'unité de son fils ? Comment raccorder sa mémoire singulière à ce corps diffracté ? Qu'en sera-t-il de sa présence, de son reflet sur Terre, de son fantôme ? Ces questions tournoient autour d'elle comme des cerceaux bouillants puis le visage de Simon se forme devant ses yeux, intact et unique. Il est irréductible, c'est lui. Elle ressent un calme profond. »

J'étais curieuse de lire ce livre, plus pour la notoriété de l'auteur, dont j'apprécie beaucoup la couleur littéraire, mais le sujet ne m’attirait pas plus que cela. Certes, M. de Kerangal aborde un sujet essentiel (le don d'organes) mais ne fait preuve d'aucun sentimentalisme en martelant son texte d'un ton réaliste, dur et implacable, assez perturbant.

On suit Simon avant son accident, puis on se retrouve à l'hôpital, au service Réa, avec l'équipe médicale, et enfin la famille abasourdie et sonnée par la nouvelle. Pour le coup, on se croit littéralement dans un film, la caméra est en mouvement perpétuel, elle zoome sur un plan, puis alterne les séquences, jongle avec les flashbacks ou s'évade vers d'autres horizons. Cette mise en scène stylée participe beaucoup au “spectaculaire” du livre, dont l'intensité dramatique est prégnante du début à la fin. Qu'on ne s'y trompe pas non plus, ce n'est jamais racoleur, jamais larmoyant, même si le contexte est éprouvant et vous retourne les tripes.

Malgré quelques longueurs et digressions plutôt décevantes, j'ai finalement tourné la dernière page en restant sans voix. Prise dans un tourbillon d'émotions, entre la tristesse, la conviction d'avoir fait le bon choix et la peur de n'avoir jamais à subir ça. La lecture est saisissante, tout en puissance et en subtilité.

Folio / avril 2015

Lu par l'auteur @ Écoutez Lire (durée :  7h 20)

Réparer les vivants CD

17 juin 2015

Les Zozos, d'Alice Butaud & Marika Mathieu

Zozos

Nicolo appartient à une famille d'autruches particulièrement loufoque : son frère et sa sœur ne cessent de le chambrer, ses parents ne semblent pas lui prêter une oreille attentive. Aussi, dès le petit-déjeuner, l'ambiance à la maison est souvent survoltée, surtout pour planifier la sortie du jour : la visite au zoo. Le journal vient en effet d'annoncer un arrivage de nouveaux “zozos”.

Quoi, des “zozos” ? Qu'est-ce donc ? Une espèce de bêtes un peu bizarres. Sans poil, sans plume, ils n'ont que la peau sur les os. Et ils sont dangereux, avec leurs minidents ils pourraient vous croquer en moins de deux, s'ils n'étaient pas déjà derrière leurs barreaux. Gloups. Nicolo est à la fois surexcité et trouillard.

Sa découverte des Zozos sera, néanmoins, stupéfiante... jusqu'à l'arrivée intempestive du gang des putois, venu semer la zizanie au zoo et clamer leurs doléances : « Libérez les odeurs ! Faites des pets, pas la guerre ! » Et notre Nicolo de courir rejoindre sa famille pour planter tous en chœur leur tête dans le sable ! ;-)

Quelle aventure, absurde et un peu ridicule, mais franchement poilante ! On y trouve de l'humour en pagaille et un texte truffé de petites perles fantaisistes, du style : « C'est moi Nicolo, prince à plumes, dieu du plouf ! Planquez-vous les thons, v'là le beau gosse ! ». Ha, ha ! Promis, il n'y a pas que les enfants qui se bidonnent ! 

Soledad Bravi est aussi en parfaite harmonie avec l'esprit farfelu de cette lecture en proposant des illustrations délicieusement barrées (cette famille Autruche fait franchement nigaude) qui enfoncent le clou. C'est une lecture 100% dingue et renversante. À vous de découvrir les Zozos maintenant !  

Mouche de l'École des Loisirs / mai 2015

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