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Chez Clarabel

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4 février 2015

Le livre qui dort, de Ramadier & Bourgeau

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Absolument adorable ! Ce livre reproduit à la perfection le rituel du coucher : lavage des dents, pipi, gros câlin, petite histoire... Chut, le voilà qui ferme les yeux... bonne nuit ! 

À lire et relire chaque soir. Même le choix du bleu est judicieux, puisque c'est une couleur apaisante, et on applaudit en son for intérieur le duo Ramadier & Bourgeau pour la création de ce délicat objet, qui est simple en apparence, mais indispensable dans tous les foyers.

C'est une lecture rassurante, façon cocooning, pour un rendez-vous tout aussi serein. On prescrit ! 

Loulou & Cie, février 2015

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4 février 2015

Sujet : Tragédie, d'Elizabeth LaBan

« Je ressemble un peu à la neige. - Tu as raison. La neige a quelque chose de très particulier. »

Sujet Tragédie

Comme le veut la tradition à Irving, l'attribution des chambres aux élèves de terminale relève d'un vrai cérémonial (le dernier jour, les anciens inscrivent sur la porte le nom de leur remplaçant et lui laissent un petit “trésor”). Manque de bol, Duncan vient de décrocher le cagibi du fond, de la part de Tim MacBeth, ainsi qu'une flopée de CD où il a enregistré de « la matière première » pour sa dissertation à rendre en fin d'année pour son cours de littérature. Sujet : la tragédie.

Et Tim de raconter son arrivée dans cet internat privé, après un long voyage chaotique, des déboires météorologiques et une rencontre éblouissante avec la belle Vanessa... Le garçon souffre de solitude, du manque de confiance en lui, de son physique (il est albinos), bref c'est un pauvre type, qui craque pour la plus belle fille de l'école, laquelle sort déjà avec un spécimen de foire (beau, sportif, arrogant) mais apprécie de passer son temps avec un autre. On soupire d'aise.

J'envisageais cette lecture comme un ersatz de Treize Raisons de Jay Asher, Coeurs brisés, têtes coupées de Robyn Schneider ou un roman de John Green, mais le résultat est nettement en-dessous des attentes. Cette tragédie aux accents modernes est, pour moi, triste, lourde et monotone. Une franche désillusion. Les personnages n'ont aucun charme, ils sont vides, ennuyeux, plus particulièrement Duncan, dont on se fiche un peu de connaître l'histoire. Tim fait figure du pauvre gars qui n'a rien compris au film. Typique, mais désespérant.

La relation triangulaire, assez peu crédible, laisse très vite supposer un drame à venir, tout est mis en place pour y croire fortement, jusqu'au récit haché exprès et la mise en scène exécutée avec soin pour entretenir le suspense. Le dénouement est malheureusement très décevant car trop faible par rapport à l'intensité dramatique du récit. J'en sors déçue, pas du tout convaincue. 

Gallimard jeunesse, janvier 2014 ♦ traduit par Catherine Gibert (The Tragedy Paper)

3 février 2015

Le ciel nous appartient, de Katherine Rundell

« Sophie eut du mal à tenir en place. Elle mordilla le bout de sa natte. Elle remua les orteils en tous sens. Elle s'interdit de se ronger l'ongle du pouce, puis se désobéit. Finalement, elle avait presque rejoint le pays des songes quand trois violons, un violoncelle et un alto entrèrent en scène, escortés par leurs musiciens.
Ils se mirent à jouer, et ce fut une musique différente. Plus douce, et plus sauvage aussi. Sophie se redressa convenablement, puis s'avança tellement sur son siège qu'à peine un centimètre de son postérieur le touchait encore. C'était si beau qu'elle en avait le souffle coupé. Si la musique avait émis une lumière, pensa Sophie, alors cette musique-là aurait été éblouissante. C'était comme si toutes les voix de tous les chœurs de la ville résonnaient ensemble dans une seule et unique mélodie. Elle eut l'étrange sensation que son cœur se gonflait dans sa poitrine.
- C'est comme huit mille oiseaux, Charles ! Charles ! Tu ne trouves pas que c'est comme huit mille oiseaux ?
- Oui ! Mais chut, Sophie.
La mélodie s'accéléra, et le cœur de Sophie battit la mesure. C'était famillier et nouveau à la fois. Ça lui chatouillait les doigts et les orteils.
La fillette n'arrivait plus à tenir ses jambes tranquilles. Elle s'agenouilla sur son siège. Puis, au bout d'un moment, elle se risqua à un murmure : Charles ? Écoute ! Le violoncelle ! Il chante, Charles ! 
Quand le morceau prit fin, elle applaudit jusqu'à ce que tous les autres spectateurs aient cessé d'applaudir et jusqu'à ce que ses mains brûlent et se couvrent de taches rouges. Elle applaudit jusqu'à ce que tous les regards soient tournés vers elle, la petite fille aux cheveux de la couleur des éclairs, et dont les yeux et les souliers illuminaient toute la deuxième rangée.
Il y avait un je-ne-sais-quoi dans cette musique qui parlait à Sophie.
- J'ai l'impression, expliqua-t-elle à Charles, d'être chez moi. Tu vois ce que je veux dire ? C'est comme une bouffée d'air pur. »

Le ciel nous appartient

Sophie a survécu au naufrage d'un paquebot, après avoir été découverte dans un étui à violoncelle flottant au beau milieu de la Manche. Charles Maxim, un doux rêveur, a pris l'enfant sous son aile, lui promettant une existence harmonieuse et libre de toute contrainte. Ce ne sera pas du goût des services sociaux, qui vont établir que la demoiselle, à l'âge de 12 ans, ne peut plus partager le même toit qu'un célibataire du sexe opposé.

Charles et Sophie plient bagage pour la France où ils espèrent retrouver la trace de la mère de la jeune fille. Depuis toujours, elle est convaincue que celle-ci existe et l'attend quelque part. Charles n'a jamais prétendu le contraire, sans totalement l'encourager dans ses fantasmes. Après tout, « you should never ignore a possible » ! La suite de l'aventure est tout aussi stupéfiante, fantasque et exubérante.

Car cette lecture fait du pied à votre âme d'enfant, elle lui redonne du souffle et un formidable élan qui vous fait gravir des sommets (ceux des toits de Paris !). L'ambiance est magique, pleine de tendresse, de poésie, de fougue et d'espoir. Sophie et Charles sont deux personnages enchanteurs, elle amoureuse des livres et maladroite, lui “parlant anglais aux personnes, français aux chats et latin aux oiseaux”. Quel beau duo !

Leur cavale, menée sous le signe de l'espoir, ponctuée de jolies rencontres (Matteo et sa bande de danseurs du ciel), offre un plaisir rare d'évasion et de fraîcheur. À déguster avec un sourire béat aux lèvres. 

éditions des Grandes Personnes, août 2014 ♦ traduit par Emmanuelle Ghez (Rooftoppers) ♦  

Prix Sorcières Romans Juniors 2015

prix sorcières2015

2 février 2015

A Kiss in the Dark, de Cat Clarke

« J'étais amoureuse d'une fille qui était amoureuse de moi. Je vivais exactement ce dont on parlait partout, ce que les chansons racontaient, ce qui faisait tourner le monde, apparemment. Je comprenais ce que c'était désormais, l'amour. J'aurais voulu arrêter des gens au hasard dans la rue pour leur dire que j'étais amoureuse, mas ça aurait été trop bizarre. Je n'ai jamais été très bavarde, mais tout à coup j'aurais voulu avoir quelqu'un avec qui partager mon bonheur. Quelqu'un en dehors de Kate. (...) J'aurais voulu avoir une meilleure amie à qui me confier, une personne à qui j'aurais cassé les pieds à force de lui rabâcher à quel point Kate était géniale. Étrange comme être amoureuse me faisait me sentir plus fille, d'une certaine façon. »

A Kiss in the Dark

Alex et Kate font connaissance sur un forum de discussion d'un groupe de rock et se rencontrent à leur concert. Tout de suite, s'installe la connivence. Puis la sensation intime d'être un tout. Kate est adorable, spontanée, fraîche et sentimentale. Alex fond et se coule dans cette relation avec le même enthousiasme. Toutefois, leur idylle naît sur un malentendu : Alex est une fille (révélation faite page 22).

Solitaire et secrète, la jeune fille n'a jamais été très féminine, a longtemps admiré son grand frère et a toujours caché son corps dans des vêtements amples et asexués. Ce qu'elle vit auprès de Kate est nouveau et euphorisant. Pour la première fois, elle se sent pleinement heureuse avec quelqu'un. Entière, épanouie, transformée. Elle a conscience de son mensonge, mais elle a aussi très peur de tout perdre, alors elle préfère travestir la vérité.

On découvre donc une jolie histoire d'amour, avec ses délices et ses frissons, qui bouscule les idées reçues en ne collant pas aux « clichés traditionalistes ». L'auteur a beaucoup joué avec les nuances pour raconter cette relation, avec aussi pudeur, tendresse et naïveté. C'est très touchant, même si on n'oublie pas les conflits, les tourments, la confusion des sentiments, la sensation de trahison et le besoin de vengeance.

Cela se lit d'une traite, c'est plaisant mais un peu facile et mièvre sur la fin (je n'ai pas aimé le dénouement !). Toutefois, il me reste de ce roman une sensation forte, poignante et percutante, avec une envie de secouer les idées toutes faites, de faire réfléchir et de chambouler le lecteur. Pari réussi pour l'auteur, dont les livres se suivent et ne déçoivent pas.

éd. Robert Laffont, coll. R, juin 2014 ♦ traduit par Alexandra Maillard

« L'amour pousse les gens  à faire des trucs complètement dingues. Quand on trouve l'amour, on serait prêt à faire n'importe quoi pour le garder. Je le savais parce que j'avais éprouvé la même chose. »

31 janvier 2015

Bilan du mois de Janvier 2015 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

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Un peu de douceur pour oublier l'actualité tragique de ce début d'année,
la lecture, notre éternel refuge, a ainsi permi de belles rencontres, parmi lesquelles : 

♣ Ici ça va, de Thomas Vinau

♣ Le Pacte des Cœurs brisés, de Sarah Ockler

♣ Détectives de père et fils, de Rohan Gavin

♣ Le Ver à Soie, de Robert Galbraith

 

Ce mois-ci j'ai aussi pu m'évader à BlueBell en Alabama, grâce à la série Hart of Dixie !

hart-of-dixie

Et j'ai adoré ! ♥

 

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30 janvier 2015

L'Éte où papa est devenu gay, par Endre Lund Eriksen

« Mon père ne peut quand même pas être homo
Indiane s'est renfrognée.
- C'est quoi le problème si on est homo?
J'ai essayé de lui expliquer que je ne voyais aucun inconvénient à ce que les homos soient homos ; le problème, c'était que papa le soit, parce qu'en vrai, au fond de lui, il ne l'était pas. S'il l'avait été, encore ! Admettons. Mais il avait été marié à ma mère pendant une éternité, et franchement, il n'avait vraiment rien d'une pédale. Alors là, Indiane a froncé les sourcils, l'air furibard.
- Qu'est-ce que tu veux dire exactement par « il a rien d'une pédale » ?
Impossible de lui avouer ce que j'avais en tête. Marcher en roulant du cul comme une fille. Parler mode, fringues et jardinerie d'une voix efféminée. Trottiner en faisant tout le temps des mouvements du poignet. Écouter de la musique disco et s'habiller avec des trucs en cuir moulants.
On ne pouvait pas dire que son père était comme ça. Au contraire : c'était le type le plus viril que j'aie jamais rencontré - enfin, si on exceptait le coup de la musique disco. Ça, on pouvait difficilement faire plus homo. »

L'Ete Ou Papa Est Devenu Gay

Séparé de son épouse, le père d'Arvid emprunte une caravane pour les vacances et s'installe sur le terrain près des toilettes les plus célèbres de Norvège (ambiance psychédélique, boule à facettes et musique disco). Le moral n'est pas au beau fixe, père et fils passent leur temps à bouquiner ou errer en pleine campagne sous une pluie diluvienne.

Leur quotidien s'égaye lorsqu'ils font la connaissance de Roger et sa fille Indiane. C'est une gamine délurée, qui s'amuse à titiller le garçon, coincé et bougon. Très libre et décomplexée, elle ne comprend pas la réaction du garçon lorsqu'ils surprennent l'accolade passionnée entre leurs pères. Arvid court se réfugier dans les WC, chipe le livre d'or et déverse toute sa frustration.

Ses confidences, sur le ton de la plaisanterie, font état de la trouille de l'adolescent, face à sa puberté naissante. À 13 ans, celui-ci se pose de plus en plus de questions sur la sexualité, son identité et son orientation, l'attitude de ses amis aussi le pousse à réfléchir, comme celle plutôt dégourdie de la jeune Indiane, terriblement curieuse et impatiente de dévoiler les mystères de la chose, bref tout ça plonge Arvid dans une grande perplexité.

Alors, pour oublier ce qui le contrarie en secret, le garçon prend pour cible son père et sa soudaine lubie d'une révolution sexuelle en plein été, durant leurs vacances. Arvid ne l'entend pas de cette oreille et échafaude des plans délirants pour faire capoter l'idylle florissante. Le ton général est léger, joyeux et totalement désinhibé (même le chien Waldo est pris de pulsions lubriques incontrôlables, on croit rêver !).

C'est raconté sur le ton de la blague, mais ça évoque avec beaucoup de subtilité l'adolescence, le corps qui change, les premiers troubles, les émotions contradictoires et l'homosexualité. Les romans pour ados sont encore trop timides à ce propos, donc saluons l'initiative écrite avec intelligence et un soupçon d'effronterie ! 

éd. Thierry Magnier, septembre 2014 ♦ traduit du norvégien par Aude Pasquier

29 janvier 2015

En poche ! #37

Seconde chance pour ces lectures, si vous étiez passés à côté ! ;-)

 

Le réveil des créatures

Le Réveil des Créatures, de John & Carole E. Barrowman

 

Legend

Legend, de Marie Lu

 

Je ne sais plus pourquoi je t'aime

Je ne sais plus pour je t'aime, de Gabrielle Zevin

 

Sublutetia - Tome 1 - La révolte de Hutan

Sublutetia, tome 1 : La Révolte de Hutan, d'Éric Senabre

 

Le bon Antoine

Le bon Antoine, de Marie Desplechin

29 janvier 2015

3 femmes et un fantôme, de Roddy Doyle

« Écoute, il faut que ça cesse.
- Quoi donc doit cesser ?
- Ce truc, là, tu-ressembles-à-ta-grand-mère. Tu ressembles à ta grand-mère, tu parles comme ton grand-père, tu aboies comme le chien de ta grand-mère.
- Mary !
- Et tu as la langue aussi bien pendue qu'elle, dit Tansey. Mais c'est juste. Aucune jeunesse n'a envie qu'on lui dise qu'elle ressemble à une vieille.
- C'est pas ça du tout, dit Mary. Tout ça est stupide. 
- Mary !
- Et je ne suis pas insolente, dit Mary à Scarlett. Je ne le suis pas ! Mais c'est vraiment stupide. Genre, tu ressembles à ta grand-mère, je ressemble à la mienne. Et alors ? Ta grand-mère est un fantôme et la mienne va mourir. Et c'est la seule chose ici qui ne soit pas stupide. »

3 femmes et un fantome

Mary, douze ans, rencontre le fantôme de son arrière-grand-mère, Tansey. Morte d'une grippe à seulement vingt-cinq ans, elle ne s'est jamais consolée d'avoir abandonné sa petite fille de trois ans, Emer. Aujourd'hui celle-ci est sur son lit d'hôpital, malade et affaiblie, mais avec toujours le sens de l'humour pour accueillir chaque visite de sa petite-fille.

La présence soudaine du fantôme dans leur vie fait délier les langues. Les souvenirs remontent à la surface, chacune raconte son enfance, la rencontre de l'amour, l'espérance d'une vie longue et merveilleuse, le drame, le chagrin et la perte incommensurable. Mary n'en perd pas une miette, derrière ses airs de friponne qui rouspète tout le temps. Elle devient la dépositaire d'une histoire familiale pétrie de tendresse, de chaleur et d'abnégation.

Et c'est beau de suivre ces portraits croisés, entre mère et fille, ces récits de partage et de transmission, où retentit avec force la fibre maternelle. Roddy Doyle rend un vibrant hommage aux racines et à l'amour maternel, sans jamais sombrer dans le mélo. C'est au contraire parsemé d'humour et de sarcasme. La lecture en devient touchante, attachante, bouleversante et on a autant envie de rire que de pleurer ! Une jolie découverte.

Flammarion, coll. Tribal, septembre 2013 ♦ traduit par Marie Hermet (A Greyhound of a Girl)

« Est-ce que les fantômes boivent du thé ?
- Non, mais ce fantôme-ci aimerait beaucoup voir une tasse de thé posée devant elle. Ce serait bien plaisant. »

28 janvier 2015

Sacrifice à la lune, de Marcus Sedgwick

Sacrifice à la lune

Flirtant avec un thème classique (un amour frappé d'une malédiction), le roman surprend par sa construction originale et enchante par son caractère romanesque et poétique ! Tout commence en 2073, sur l'île de Blessed, un journaliste vient enquêter sur le secret de longévité de ses habitants, qui détiendraient un élixir de jouvence grâce à la culture d'une orchidée.

Sur place, Eric tombe sous le charme de la ravissante Merle mais n'a pas le temps de conter fleurette que déjà le patriarche, Tor, le convie chez lui à boire une infusion, discuter du bout de gras, adoucir son séjour en lui apportant tout le confort nécessaire. Eric se laisse étourdir et tombe dans une étrange torpeur.

La suite des événements viendra réveiller le lecteur également sous hypnose pour le transporter à sept reprises, selon les sept cycles de lune (floraison, fenaison, moisson, fruitière etc.), dans des intrigues de réincarnation, toutes plus ou moins surprenantes, mais veillant à toujours replacer au cœur de l'action notre couple maudit, voué au sacrifice ultime. La tournure du récit est, certes, déconcertante mais réussit à nous charmer par sa subtilité, sa grâce et son sens de la dramaturgie.

C'est aussi très romantique, mais jamais mièvre. Marcus Sedgwick combine des contextes historiques (Viking, 2nde guerre mondiale) à un imaginaire fantastique (fantôme, vampire etc.). Et c'est franchement bluffant. J'ai beaucoup aimé me perdre à travers le temps, au fil des rencontres et des anecdotes, autour du même couple qui ne cesse de se croiser, se retrouver puis se perdre. C'est comme écouter un conte au coin du feu, avec les ombres vacillantes sur les murs, qui font délicieusement frémir. On se sent comme envoûté !

éditions Thierry Magnier, août 2013 ♦ traduit par Valérie Dayre (Midwinterblood)

27 janvier 2015

Le Requiem des abysses, de Maxime Chattam

LE REQUIEM DES ABYSSES

Après les tragiques événements dont il a été témoin à Paris (cf. Léviatemps), Guy de Timée est parti se ressourcer à la campagne, chez son vieil ami Maximilien. Mais de nouveau, des crimes sordides viennent secouer sa retraite paisible et ramènent notre écrivain sur le sentier des âmes perdues et torturées. Sous ses yeux, des scènes abominables, d'une rare barbarie, orchestrant le massacre de familles entières...

Accrochez-vous, car on ne s'habitue pas à cette surenchère de violence et de bains de sang. J'ai d'ailleurs trouvé certains passages à la limite du supportable et j'ai même fait des pauses dans ma lecture pour me remettre de mes émotions. Dur, dur. Puis, l'histoire va prendre un revers étonnant et nous replacer dans le contexte initial : Paris. Hubris. Etc. Un vieux contentieux à régler une bonne fois pour toute.

Et, ma foi, ce dénouement ne m'aura nullement surprise puisque je l'avais attendu depuis un bon moment ! Mais que de débauche, de perversion, d'immondices, de bassesses et d'horreur pour atteindre ce but. Ceci dit, Chattam boucle son diptyque du temps avec panache, anéantissant au passage nombre de ses personnages, pour en finir avec les démons, l'obsession du Mal, le crime impuni, la lâcheté, la duperie etc.

Cela se termine dans la noirceur et l'amertume. Notre Guy de Timée, dont l'esprit méthodique a tenté d'impressionner les foules, n'aura pas su briller autrement que par son égocentrisme et sa prétention. À trop vouloir se familiariser avec les monstruosités, il a finalement brûlé une partie de son âme. C'est sans pitié, lourd et poignant. Mais l'histoire est palpitante et se délecte de nous malmener, on n'en attendait pas moins non plus !

 au choix : Albin Michel, mai 2011 ♦ Pocket, mai 2013 ♦ Audiolib, décembre 2011 (texte lu par Xavier Béja) 

existe aussi en édition spéciale - les deux titres regroupés en un seul volume : Les Abysses du Temps (Pocket, novembre 2014) 

LES ABYSSES DU TEMPS

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