A la mort de son père, Thais, dix-sept ans, voit sa tutelle confier à Axelle Gauvin, une amie de la famille qu'elle ne connaît pas du tout. Elle part donc s'installer à la Nouvelle-Orléans, découvre un monde nouveau et excentrique, mais la plus grosse découverte consiste à tomber nez-à-nez avec son sosie parfait. Thais aurait donc une soeur jumelle, Clio, laquelle a été élevée chez sa grand-mère et ... initiée à la magie dès son plus jeune âge. Thais tombe des nues, mais ses soucis ne font que commencer.
Pour un premier tome, nous avons tous les éléments en place : présentation des personnages, de la magie, des secrets et des enjeux, l'histoire prend vraiment son temps pour installer ses pions, c'est assez long, pas très palpitant non plus, surtout qu'au final il n'y a pas de grosses surprises pour pimenter tout ça. Donc, d'un certain point de vue, c'est une lecture très lisse et peu originale.
Ensuite, Clio et Thais tombent toutes les deux amoureuses de beaux garçons au charme ténébreux, l'une pour un certain André, et l'autre pour Luc. Mais ne vous attendez pas à une nuée de papillons dans le ventre, car l'histoire ne nous laisse même pas le temps de partager cette sensation, car à peine esquissé, c'est déjà plié ! Beaucoup de promesses et d'attentes pour un résultat banal et bien frustrant, c'est ce que je retiendrai de cette lecture, maintenant la suite ne peut que se développer car elle a toutes les cartes en main. Parution du tome 2 en avril 2013.
Balefire, tome 1 : Le Calice du vent, par Cate Tiernan Msk, 2012 - traduit par Aude Lemoine
Deux vaisseaux ont été envoyés dans l'espace pour préserver la survie de l'espèce humaine. A bord de l'Empyrée, Waverly et Kieran envisagent leurs fiançailles comme une suite logique à leur histoire d'amour. Après tout, quand on s'aime, on se marie et on fait des bébés. Pour l'avenir. Sur l'autre aéronef, le Nouvel Horizon, le programme aurait capoté. Sa responsable de mission, Anne Mather, sollicite un entretien avec le capitaine Jones, mais les choses vont se passer autrement. Résultat, toutes les filles de l'Empyrée sont enlevées et conduites le plus loin possible.
Est-ce réellement une opération de sauvetage ? Leurs vies étaient-elles menacées sur leur vaisseau ? Mais que cache Anne Mather, avec ses beaux discours baignés dans le miel ? Son amour pour Kieran résistera-t-il aux épreuves ? Ce dernier, aussi, va gérer une situation nouvelle, saisir sa chance et affirmer son autorité. Seule ombre au tableau : Seth. Un garçon qui ne laisse pas Waverly indifférente. (Hmm, je sais.) Enfin bref, la jeune fille va se débattre avec une multitude de questions, ce n'est plus une gamine et face aux épreuves elle va révéler une véritable force de caractère. Elle en aura besoin, puisqu'elle sera convoitée à des fins ... quelque peu discutables (plus l'histoire évolue, plus les perspectives se dévoilent). Franchement, c'est glauque !
Avis réservé, pour une lecture en demi-teinte. Rarement un livre ne m'aura laissé une impression aussi confuse et perplexe. En gros, l'histoire m'a mise mal à l'aise et je n'ai pas aimé cette sensation, même si je n'ai rien contre les sujets qui dérangent et bousculent le lecteur, mais là, je n'ai pas été très réceptive. Au final, ce roman me laisse totalement indécise. Une relecture s'impose, plus tard.
Glow : Mission Nouvelle Terre (tome 1), par Amy Kathleen Ryan Msk, 2012 - traduit par Alice Delarbre
Comment rebondir après le final du tome 2 ? Par une belle pirouette : un trou de mémoire ! Nora se réveille dans un cimetière, sa vie a complètement perdu son sens, sa mère a désormais une liaison avec Hank Millar, le père de Marcie, et elle découvre avec stupeur qu'elle ne se souvient plus de ses cinq derniers mois. Elle a bien été kidnappée, elle est de retour saine et sauve, mais totalement amnésique. Nora n'est pas seulement frustrée, mais en colère.
Oubliez l'héroïne aux agissements pas toujours cohérents, cette fois Nora est forte, volontaire, elle a la rage au ventre, on lui cache des choses, tant pis, elle va tout réapprendre par elle-même. A commencer par sa rencontre avec Jev, un type louche, qui la sauve d'un mauvais pas avant de l'envoyer sur les roses... ce n'est pas normal. Et puis qui est Patch, autour duquel règne le silence absolu ? Même Vee, sa meilleure amie, lui ment à son sujet. C'est très, très louche. Nora a appris à se méfier, notamment du nouveau petit copain de sa mère. Hank est dangereux, sournois, puissant et redoutable. Dans l'ombre, s'organise aussi un conflit entre les déchus et les nephils. Et devinez qui va se mouiller alors qu'elle devrait se tenir à l'écart ? Han, han.
Très franchement, ce tome 3 est plus que stressant ! Puisque nous sommes dans la confidence de certains éléments, nous devinons des intrigues cachées tout en observant Nora se dépatouiller du mieux qu'elle peut, en même temps on a peur pour elle et on aimerait la prévenir, et on se demande aussi jusqu'où l'histoire va nous mener. Quelles sont les limites ? Hank Millar est un personnage retors, un vrai méchant, j'ai été bluffée par sa perversité, ce qui a accentué ma nervosité. J'ai tourné les pages du roman à toute vitesse, angoissée, emportée, excitée... bref j'étais à cran.
Certes, au début, l'absence de Patch est pesante et inquiétante. Mais sitôt qu'il apparaît, c'est du bonheur en barre. Becca Fitzpatrick peut s'enorgueillir d'avoir réussi une saga brillante grâce à son héros de papier ! Personnellement, je suis en totale admiration et ce tome 3 a su me gâter. Certaines scènes sont à se pâmer, oui, vraiment. Je n'ai pas boudé mon plaisir. Seul bémol dans l'affaire, la fin du roman est légère et pas à la hauteur de la tension ressentie tout du long. Cela fait pschiiit, c'est frustrant... mais ça explique pourquoi un tome 4 s'est soudainement révélé nécessaire, ou utile. Chacun jugera, je trouve ça un peu dommage. Sans quoi, excellente lecture pour une saga qui ne me déçoit pas du tout.
Silence (Hush, Hush #3) ~ Becca Fitzpatrick Le Masque, coll. MsK (2012) - traduit de l'anglais par Marie Cambolieu
Je ne suis pas mécontente d'avoir tourné la dernière page, car s'il était possible de commettre un meurtre sur un personnage de papier, j'avoue de suite ma culpabilité. Bon sang de bon sang, cette princesse Alera a eu le don de m'exaspérer au plus haut point, mais vraiment, c'est incroyable les sentiments écoeurants qu'elle a pu éveiller chez moi.
Parce qu'elle est désormais coincée dans un mariage de convenance, ce qui officie son titre de reine au passage, Alera a une attitude épouvantable avec son époux. Ce n'est pas lui qu'elle aime, et l'élu de son coeur s'est fait la malle, il est parti chez l'ennemi, disons très franchement que c'est un traître, mais Alera refuse de l'entendre et cherche à le défendre.
Son royaume se prépare à un conflit sanglant, tous les généraux sont à cran, mais notre souveraine se soucie de sa petite personne, de son amour contrarié, et bien entendu elle ne voit pas tous les efforts pour lui plaire de son époux, qu'elle juge définitivement sarcastique et imbu de sa personne. Argh.
Cette lecture exige une forte dose de patience, croyez-moi. J'entends bien les battements de coeur, les rouages des amours contrariées, la solitude et l'effroyable sensation d'être à court de solution, mais voyons... Alera a dix-huit ans, elle a des responsabilités, elle se doit de penser à ses sujets avant ses soucis personnels, croyez-vous qu'il en est ainsi ? Non, forcément.
Toute la première partie de l'histoire est assez calme, cela se passe au château d'Hytanica, on suit les déboires maritaux d'Alera et de Steldor (je l'adore), au loin on devine les tourments politiques, ça gronde, ça rage... et paf ! l'ennemi déclenche les hostilités en kidnappant un membre de la famille royale. Notre chère Alera est effrondée pendant quelques lignes, et puis zou ! ... que devient son Narian chéri ? serait-il coupable d'avoir retourné sa veste ? mais pourquoi, pourquoi ?!
Les atermoiements de l'héroïne sont franchement INSUPPORTABLES. Je crois que le point culminant survient alors que Narian s'introduit en douce dans les appartements de la reine pour lui filer un rendez-vous clandestin pour le lendemain. Notre cruche dit banco ! Grrr.
La fin du roman est plus intense, Alera tente une approche différente, c'est en femme forte et conquérante qu'elle veut apparaître, mais à ce stade, mes nerfs étaient tellement à vif que plus rien ne me surprenait. Les décisions trop tardives de la jeune femme n'ont pas su m'attendrir... J'étais dégoûtée !
La trame romanesque n'est pas mauvaise, c'est simplement la personnalité trouble et immature de l'héroïne qui est responsable des nombreux agacements que cela a pu m'inspirer. Si on peut faire abstraction de ce détail, je pense que cela reste une lecture agréable !
Le Temps de la Vengeance (Alera #2) - Cayla Kluver MsK, 2012. Traduit par Nicole Ménage.
Voici donc les retrouvailles avec Flavia de Luce, subtile héroïne de seulement onze ans (sa maturité m'épate !), autour d'une nouvelle enquête criminelle, laquelle ne surviendra - fait surprenant - qu'à la moitié du roman ! Alors oui, j'ai trouvé ça un peu long, je me demandais quand l'action allait toquer à la porte ... non pas que l'entrée en matière ressemble à un soufflé ramolli non plus. Il est toujours exquis de suivre les pérégrinations de la petite anglaise, douée en chimie et en observation de la faune locale, explorer la campagne alentour en pédalant sur Gladys, sa bicyclette. Ses soucis avec ses soeurs aînées sont toujours à l'ordre du jour, Flavia jure qu'elle se vengera de leur mesquinerie à l'aide de poisons bien dosés dans du chocolat. Pourquoi pas ? Au cours de ses balades en solitaire, la demoiselle a rencontré Rupert Porson et son assistante Nialla confrontés à une panne mécanique. Lui est un célèbre marionnettiste, qui travaille à la BBC et qui se produit à droite et à gauche sur scène. Le bon pasteur, qui passait également par là, propose de leur venir en aide, en échange d'une ou deux représentations pour la communauté de Bishop's Lacey. Et puisque Flavia est aux premières loges, elle n'hésite pas à s'impliquer auprès des artistes pour les aider à s'installer chez les Ingleby. Ce couple de fermiers est étrange, vit à l'écart de tous. Ils ont été frappés par un drame familial, cinq ans plus tôt. Leur fils Robin s'est pendu accidentellement dans le pigeonnier. Qui peut survivre à un tel choc ? Pas Grace Ingleby. La femme est complètement allumée, tandis que son époux cultive en cachette du chanvre indien. Mais ceci est une autre histoire, l'essentiel est à venir. Qui va passer de vie à trépas ? quand, comment, où ? A mi-parcours de lecture, n'ayant aucun indice, le lecteur est en droit de s'exciter dans son fauteuil. Aussi, j'ai refermé mon livre avec un sentiment de contentement, et de frustration. L'intrigue est virevoltante, mais le meurtre est long à venir ! Ceci dit, j'avais déjà souligné que c'était un détail dans le premier tome, Les étranges talents de Flavia de Luce, parce que le charme de l'ouvrage se situe bel et bien dans son atmosphère, très proche d'un roman d'Agatha Christie, et s'attache à l'étonnante personnalité de son héroïne. Flavia fait souvent preuve d'un humour froid et assassin, mis au service d'une intelligence redoutable, avec un goût prononcé pour les détails macabres et les expériences chimiques. La demoiselle a du pif, sa connaissance des lieux et de ses habitants lui permet de se faufiler partout, afin de mieux écouter et analyser. La police est bluffée ! Vivement le prochain tome.
La Mort n'est pas un Jeu d'Enfant (Une enquête de Flavia de Luce #2), par Alan Bradley Msk, 2011 - 373 pages - 17€ traduit de l'anglais par Hélène Hiessler
Ils sont passés entre mes mains, ils ont plu, un peu ou pas du tout, et ils ne m'ont inspiré aucune bafouille. Ce sera donc un tir groupé avec simple présentation de la 4ème de couv.
Quand il reprend conscience au milieu de ce champ de citrouilles, il ne peut plus bouger aucun de ses muscles. Pire, il a tout oublié : son nom, son passé, comment il est arrivé là. Seules certitudes : on a essayé de le tuer, Lazare est mort, Il a tué Lazare. Si seulement il pouvait se rappeler qui est Lazare... Ainsi commence pour Halloween un fascinant voyage, au cours duquel il rencontrera des smileys tueurs, un professeur sadique, les maigres bêtes de la nuit, l'âme soeur et, éventuellement, lui-même. Un voyage qui le mènera bien plus loin qu'il ne l'aurait cru possible, par-delà les frontières de la réalité...
Idlewild - Nick Sagan (J'ai Lu, coll. Nouveaux Millénaires, 2011) Traduit par Patrick Imbert.
Compliqué, bizarre, présenté comme un croisement entre Matrix et Minority Report. Mais ce n'est pas un genre qui me séduit, finalement.
Olympe est en vacances en Italie avec ses parents. Mal dans sa peau, elle est en conflit permanent avec Marie, sa soeur aînée. Alors que la famille visite un village, un terrible tremblement de terre se produit. Olympe est précipitée dans le gouffre qui s'ouvre sous ses pieds. Là, elle rencontre une étrange petite fille qui la conduit vers une salle secrète où repose un sarcophage en métal : c'est une vierge de fer, un antique instrument de torture. Presque malgré elle, l'adolescente déverrouille la serrure... Le lendemain, un corps est retrouvé à moitié dévoré dans les décombres du village en ruine. Seule rescapée du sinistre, Olympe est interrogée par la police. Quelle créature effrayante a-t-elle libérée ? Quelle force invisible la relie à ce monstre dénommé Carthago ? Embarquée à son insu dans une aventure au dénouement incertain, Olympe va explorer un monde secret et angoissant, peuplé d'êtres hostiles. De Florence à Rome, traqués par la police et un mystérieux savant qui rêve de les anéantir, Olympe et Carthago unissent leur destin à la recherche d'un secret millénaire.
Créatures - Florian Ferrier (Plon jeunesse, 2011)
Ambiance peu chaleureuse, malgré le cadre italien estival. Suis restée complètement en retrait. Là non plus les personnages n'ont pas su m'attacher. Sans compter cette couverture particulièrement repoussante.
Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, la charte de la vie vient d'être signée. Elle stipule que l'on peut " fragmenter " un adolescent âgé de treize à dix-huit ans. La fragmentation consiste à " résilier " un enfant rétroactivement sans mettre fin à sa vie. Connor, Risa et Lev se retrouvent tous les trois sur la liste fatale. Leur seule échappatoire : fuir, se cacher, survivre alors qu'ils sont traqués par les Frags, la police des fragmentés. Thriller d'anticipation original et rythmé, ce roman initiatique de Neal Shusterman propose une réflexion intelligente sur l'indépendance et la quête de soi.
Les Fragmentés - Neal Shusterman (Le Masque, coll. Msk, 2008) Traduit par Emilie Passerieux.
J'ai trouvé ça long, les personnages ne m'ont pas touchée. J'ai été grandement déçue, car j'en espérais beaucoup.
Gemma et Jess sont voisins et amis depuis toujours. Elle est plus jeune, se sent maladroite et empruntée, collectionne les gaffes et récolte une étiquette de cruche au lycée. Jess, par contre, est populaire, brillant, charismatique, toujours présent aux côtés de Gemma, même lors de situations embarrassantes... L'approche entre eux est douce, timide, tendre et très affectueuse. C'est charmant. A côté de ça, Jess va vivre un drame familial avec le divorce de ses parents, l'alcoolisme de son père et ses crises de violence. Malgré tout, cela ne plombe pas trop l'ambiance.
Second Kiss - Natalie Palmer (Tate publishing, 2010)
Une histoire mignonne, mais tellement juvénile. Aussitôt lue, aussitôt oubliée.
Argh ! Pourquoi le roman se referme-t-il trop tôt, pourquoi cette dernière phrase, cette réplique qui vous achève, juste à un instant crucial !?! C'est inhumain !!! Un an à attendre avant de connaître la suite des aventures de Nora et Patch. Pff, je soupire. Immense, immense frustration.
Deux mois après la fin de Hush, Hush, nous retrouvons nos tourtereaux avec de nouvelles cartes entre les mains. Patch a choisi son camp, Nora flotte sur un petit nuage, elle est heureuse, tellement amoureuse, et elle le lui dit. Béatement. Las, notre sexy bad boy fait des siennes et prend la poudre d'escampette. Il se sent épié, sa protégée est menacée mais Nora est consternée et tire des conclusions hâtives, ce qui nous donne le premier gros clash du roman : la jeune fille décide de rompre. Elle veut reconstruire sa vie, son avenir avec Patch est vide, sans espoir. Il faut se ressaisir.
Deuxième claque pour notre héroïne : Patch colle aux basques de Marcie Millar, l'ennemie jurée de Nora. Son château de sable s'effondre, une autre réalité voit jour : Patch n'est qu'un coureur de jupons, fidèle à sa réputation, il collectionne les conquêtes et Nora, comme tant d'autres avant elle, n'a été qu'un chiffre dans son tableau de chasse. Amertume, quand tu nous tiens... Bonjour la désillusion !
Toute la première partie du roman est donc un condensé de tics - particulièrement agaçants - caractéristiques du genre adolescent. Nora est jalouse, blessée, stupide. Elle n'écoute pas sa petite voix intérieure, elle n'en fait qu'à sa tête, elle refuse l'évidence, elle est excessive et usante. Courage, le meilleur reste à venir ! Car vient aussi la partie où Nora nous fend le coeur, où sa relation avec Patch arrive à un tel point de non-retour que nous sommes tout aussi paumés qu'elle. C'est cruel, parfaitement incompréhensible, et comme l'histoire est racontée du point de vue de la jeune fille, l'objectivité n'est pas grande.
Aussi, la fin n'en finit pas de nous surprendre alors que se succèdent les révélations les plus invraisemblables, les vérités les plus sombres, les doutes les plus troublants. C'est finement joué, quelque peu prévisible aussi, mais pas totalement cousu de fil blanc non plus. Attendez-vous à un terrible cliffhanger, qui accentue la frustration accumulée au fil des chapitres. Attendez-vous, aussi, à connaître l'identité de l'assassin du père de Nora ! (Oui, oui.) Par contre, n'attendez pas trop de Patch ! Son personnage est, hélas, trop peu présent dans le roman. Oh oui, c'est vraiment dommage !
Bref, la série se termine sur une note à la fois excitante, dramatique et énigmatique. Elle nous offre ainsi une nouvelle perspective, j'ai hâte d'en apprendre davantage ! Jusqu'au bout, Becca Fitzpatrick a réussi à nous mener par le bout du nez, à jouer avec nos sentiments et nos émotions. C'est comme dans un grand huit, ça monte tout doucement, de quoi nous émoustiller, puis la chute est vertigineuse et on en sort complètement grisé ! Vivement le prochain rendez-vous !!!
" Everything had come into sharp focus : his smooth words, his black, glinting eyes, his broad experience with lies, seduction, women. I'd fallen in love with the devil. "
Perdu au coeur de la campagne anglaise, Buckshaw, l'imposant manoir appartenant à la famille de Luce, est soudainement le théâtre d'un crime inexplicable. Le corps d'un inconnu a été retrouvé dans le potager, parmi les concombres. Et c'est la jeune Flavia, onze ans, qui est tombée nez à nez sur l'individu, recueillant le dernier souffle du rouquin qui s'est exclamé d'un Vale ! avant de rendre l'âme. N'imaginez point que la demoiselle tourne de l'oeil. Portée par son enthousiasme sur les mystères de l'âme humaine, passionnée de chimie, et plus particulièrement adepte des poisons, Flavia Sabina de Luce n'aime pas être prise pour une oie blanche lorsque l'inspecteur Hewitt la convie vers les cuisines de Buckshaw pour servir à son équipe d'enquêteurs une collation. Voyez-vous... Flavia n'en supportera pas davantage.
Se réfugiant dans son laboratoire pour songer avec amerturme qu'elle seule semble avoir reconnu l'invité de son père, avec lequel une discussion animée s'est échangée quelques heures plus tôt, Flavia se laisse doucement persuadée de la possible culpabilité de celui-ci. Haviland de Luce, veuf et ravagé par son chagrin, s'est depuis isolé dans son bureau, où il passe son temps à consulter ses albums de philatélie. Protégé comme le loup blanc par Dogger, leur homme à tout faire, ancien soldat ayant connu des heures difficiles en tant que prisonnier de guerre, les deux hommes entretiennent une relation de confiance jusqu'à l'absolutisme. L'un protégerait-il l'autre ? Flavia n'en est peut-être pas encore là, dans ses conclusions. D'abord, filant à toute vitesse sur sa bicyclette, rebaptisée Gladys, elle se rend à Bishop's Lacey, le village le plus proche, où elle espère trouver des informations dans les archives de la bibliothèque.
Forte en rencontres atypiques et aux personnalités attachantes et joliment excentriques, la quête de Flavia Sabina de Luce pour découvrir la vérité derrière cette affaire de meurtre se conduit sur un rythme raffiné et agréable. D'autres faits étranges sont auparavant survenus à Buckshaw, comme la dépouille d'un oiseau avec un timbre rare planté sur le bec retrouvée sur le pas de la porte, premier signe qui a suscité une vive émotion chez le père de Flavia, ou l'étrange disparition d'une part de tarte, et pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit de la tarte à la crème de Mme Mullett, la cuisinière, que toute la famille de Luce a en sainte horreur. Et au milieu de ce capharnaüm, règne aussi la sourde vengeance de la cadette envers ses deux soeurs aînées, Ophélia et Daphné, contre lesquelles Flavia a juré d'accomplir les supplices les plus fourbes, en réponse à leurs propres mesquineries. Petits meurtres entre soeurs, dans la stricte tradition britannique, ça se savoure !
Ce roman d'Alan Bradley est donc un pur moment de délectation, pas fatalement un grand moment de littérature policière, car l'intrigue, bien cousue, n'est pas non plus un noeud improbable et le coup de théâtre ne nous soulève pas le coeur d'étonnement. L'intérêt de cette lecture a été, pour moi, dans la divine et délicieuse description de la psychologie de Flavia de Luce, donzelle intelligente, futée et brillante, qui sait mettre les pieds dans le plat, se sert de sa malice avec un flegme inébranlable. C'est parfaitement judicieux, un régal sur 350 pages, avec des remarques piquantes, des références littéraires, des hommages à des personnalités féministes trop demeurées dans l'ombre des grands messieurs (par exemple, Marie-Anne Paulze-Lavoisier). Subsistent quelques défauts mineurs, qui ne terniront nullement la très bonne impression laissée par Flavia de Luce, onze ans seulement, et une maturité impressionnante ! L'histoire se passe en 1950. Instinctivement, on pense à Agatha Christie mais aussi à un film de Hitchcock, The trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?), grâce au cynisme et à l'humour de Flavia qui nous font passer un excellent moment.
La prochaine enquête de Flavia de Luce, The Weed That Strings the Hangman's Bag, sera également traduite en français.
Les étranges talents de Flavia de Luce ~ Alan Bradley JC Lattès (2010) - 356 pages - 17€ traduit de l'anglais par Hélène Hiessler
Egalement disponible aux éditions MsK, sous une autre couverture.
Livre relu en français (merci Anne !) et j'ai absolument adoré.
J'avais envie de redonner une chance à ce roman, parce que la couverture me fascinait et parce qu'il n'y avait pas de raison que je reste insensible au charme des anges et des déchus. J'ai toujours pensé qu'entre un livre et le lecteur, c'était une affaire de rencontre. Et quand ce n'est pas le bon moment, c'est fatal. En bien ou en mal. Puisque l'occasion m'a donc été donnée de le lire en français, j'ai dit banco et ... hmmm !!!!!!
Bon sang de bon sang. J'ai failli passer à côté d'un vrai phénomène. Sueur froide. Frissons sur tout le corps. Ohlala. Quelle buse, mais quelle buse ! J'ai relu ce livre en état de transe, mais complètement ! Je me maudissais d'avoir tilté avec un train de retard, même si j'ai de bonnes excuses. Le principal, maintenant, c'est d'être complètement accro et de reconnaître que ce roman est le champion des papillons dans le ventre. Yes.
Qu'est-ce que cela cache ? ... Patch. (Vapeurs)
- Grand, ténébreux et énervant. Et désagréablement insondable. Les yeux de Patch étaient deux sphères opaques. Ils absorbaient tout, sans rien trahir. D'ailleurs, je ne voulais pas vraiment en savoir davantage sur son compte, ce que j'avais pu voir me suffisait largement. Ou plutôt... si. A vrai dire, ce que j'avais vu me plaisait beaucoup. Ses bras sveltes, longs et musclés, les épaules larges, mais décontractées, et ce sourire... amusé et enjôleur. J'essayais sans succès de me convaincre, d'ignorer ce qui devenait peu à peu irrésistible.
Patch est un personnage irrésistible. Comme Nora, la lectrice succombera à son charme de bad boy peu fréquentable. Avec son aura ténébreuse, son mystère combiné à un vent de panique, ce garçon transpire l'interdit et le danger mais qu'est-ce qu'il est attirant !
Depuis un an, depuis l'annonce brutale de l'assassinat de son père, Nora est particulièrement vulnérable, méfiante et craintive avec tout ce qui sort du cadre ordinaire de son existence. En rencontrant Patch, son nouveau partenaire de bio, elle sent qu'elle doit rester sur ses gardes. Patch est arrogant, séducteur et dégage une part sombre qui fait peur. Et comme par un fait étrange, la vie de Nora est en train de basculer dans un précipice : elle se sent suivie, menacée, elle a des hallucinations, croise régulièrement un individu masqué.
Ce sont beaucoup de coincidences fâcheuses et Nora doute de plus en plus. Attirée par Patch, elle se sent aussi mal à l'aise en sa présence. Chercherait-il à la rendre folle pour mieux la perdre ? !
J'ai été littéralement transportée, j'ai adoré chaque passage où Nora et Patch sont ensemble, les échanges sont brillants, il y a de l'humour, beaucoup d'humour, et puis de la sensualité, c'est très TRES sexy, mais chaste. L'histoire n'est pas originale, par contre l'ambiance est sombre et angoissante, ce qui rend le récit captivant. Cette deuxième fois, j'ai été ensorcelée ! Tentez l'aventure.
Hush, Hush ~ Becca Fitzpatrick Le Masque, coll. MsK (2010) - 350 pages - 17€ traduit de l'anglais (USA) par (l'excellente) Marie Cambolieu
J'avais été agacée par la multiplication des *grin* dans le texte original. C'est typique de Patch, ce garçon *grin* constamment. En français, la traductrice a heureusement cherché à varier ce mode d'expression, tout en restant fidèle au personnage. Bravo, et merci.
La suite !
Crescendo Release Dates: US - November 16, UK - October 14
Un garçon collectionnant des cartes de sport, non.
Cadel Piggott, sept ans, est un esprit brillant. Frappé d'interdiction de toucher, ou même d'approcher, le moindre ordinateur, pour cause de piratage, il doit consulter un psy, Thaddeus Roth, pour l'aider à se sevrer et à guérir de son addiction informatique. Hélas, ce docteur se révèle être le bras droit de Phineas Darkkon, un type actuellement en prison, qui prétend être son véritable père. C'est beaucoup pour un seul bonhomme. Néanmoins, Cadel est tout émoustillé car, pour la première fois, il se sent traité à part et presque comme un adulte. Il tombe facilement sous l'influence de son psy, qui l'encourage à passer encore plus de temps sur l'ordinateur et à mentir à ses parents adoptifs (deux guignols grotesques et caricaturaux). Cadel rejoint ainsi de son plein gré la Force Obscure. Le procédé est sournois, diabolique mais remarquable.
En grandissant, Cadel développe ses talents et n'hésite pas à les tester (il brouille les circulations et les systèmes, il se venge sur ses établissements scolaires, ses profs ou ses camarades avec lesquels il ne s'entend pas), il agit petit mais ses actes ont des conséquences de plus en plus importantes, pas bien méchantes, Cadel est un hacker dont le but est d'embêter le monde, sans réellement lui nuire. De plus, il est encouragé par Roth et Darkkon, qui lui fournissent du matériel dernier cri, mais on se doute que rien n'est purement gratuit ou innocent, pas juste le fruit d'un zest de fierté paternelle, il y a de l'intérêt caché ou je ne m'y connais pas ! Et c'est ainsi qu'il finit par intégrer l'Institut Axis, une école fondée par son père où il est de bon ton de déroger aux règles et d'agir pour le mal. Et là, Cadel n'est plus sûr de lui et encore moins sûr d'avoir fait les bons choix.
J'étais curieuse de lire ce roman, sa couverture et son résumé me semblaient captivants. Au final, je suis assez déconcertée. De par l'épaisseur du livre (500 pages), l'histoire peine à maintenir une constance pour intéresser le lecteur, c'est long et plutôt lent. Et même si certains passages me rappelaient Artemis Fowl ou Alex Rider, Cadel Piggott ne possède pas la même étoffe - à mon goût. Le roman ne manque pas d'humour, ni d'action pour décrire ce génie du mal. Il fait aussi preuve d'une démonstration habile de la manipulation mentale, de l'espionnage et du contre-espionnage, de l'infiltration, de la duperie, du bon et du mauvais, bref il y a matière à passionner les jeunes amateurs de technologies nouvelles, avides de sensations. (Un simple coup d'oeil au programme de l'institut Axis vous donne une idée de l'ambiance ! C'est pervers et diabolique, tout en restant parfaitement moral à la fin.)
Premier tome d'une trilogie qui se poursuit avec Genius Squad et The Genius Wars.