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Chez Clarabel

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5 février 2016

Mort sur le Nil, d'Agatha Christie

Mort sur le Nil

Scandale dans la bonne société anglaise ! La belle et riche héritière, Linnet Ridgeway, vient d'épouser son régisseur, Simon Doyle, auparavant le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort. Le couple convole en justes noces en Égypte, avec l'extrême désagréable surprise de trouver l'amoureuse déchue à leurs trousses. Voilà une attitude fortement désobligeante. Jacqueline se défend d'être jalouse ou haineuse, mais son attitude prouve tout le contraire. Hercule Poirot, lui, est également troublé pour l'entêtement de la demoiselle, dont il avait déjà croisé le chemin à Londres, alors qu'elle se trouvait en galante compagnie et ne cachait rien de ses sentiments amoureux. Pour notre détective belge, c'était assurément une démonstration excessive et préoccupante. Alors que ce joli monde embarque à bord de la même croisière sur le Nil, l'ambiance est aussi lourde de sensualité que de cupidité autour de ce singulier trio. Et le danger gronde... Ce livre est sans doute celui dont j'ai vu et revu le plus souvent l'adaptation tv, à tel point que l'histoire a fini par s'imprimer dans mes petites cellules grises. Merci Hercule ! Il n'empêche que j'ai pris grand plaisir à voguer sur le Nil en compagnie de ces voyageurs crapuleux (la brochette de personnages est large et croustillante), en plus d'assister à un mélodrame de premier ordre, qui s'avère poignant jusqu'au bout. Un très grand roman, encore une fois. 

Le Livre de Poche, 2001 pour la présente édition ♦ Traduit par Robert Nobret & Elise Champon (Death on the Nile, 1937)

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Emily Blunt as Linnet Ridgeway

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : un plan d'eau

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4 février 2016

Sidney Chambers et l'ombre de la mort (Les Mystères de Grantchester), de James Runcie

Sidney Chambers et l'ombre de la mort

Les amateurs des séries policières du dimanche soir, sur France 3, connaissent probablement déjà Sidney Chambers et ils ont bon goût car Grantchester est une série de qualité, inspirée des livres de James Runcie. Sidney Chambers est donc chanoine à Grantchester, près de Cambridge, c'est aussi un jeune homme charmant et célibataire, disponible pour ses ouailles et prêtant volontiers une oreille compatissante dès lors qu'on le sollicite pour s'épancher. C'est ainsi qu'il reçoit la confidence d'une femme éplorée par la mort de son amant, qui vient de se suicider, or celle-ci refuse de croire cette théorie et implore le pasteur de mener une enquête discrète. Après quoi, notre Sidney va prendre goût aux intrigues policières et s'investir, souvent à la demande de son ami, Geordie Keating, inspecteur à Scotland Yard, dans des histoires louches, impliquant des vols, des empoisonnements et même des meurtres ! Soudain la vie cléricale vous paraît tellement plus excitante... si grisante qu'elle éloigne notre homme d'église de ses fonctions premières, au grand dam de son assistant, Leonard Finch. Le livre se compose donc de six petites histoires, qui s'enchaînent sur 350 pages, tout en entretenant un lien invisible entre elles. On y retrouve ainsi la même brochette de personnages pittoresques, comme Mrs Maguire, la gouvernante revêche, ou la pétillante Amanda Kendall, une amie de longue date, désormais sa tendre complice, avec ambiguité amoureuse perceptible, sans oublier le chien Dickens, nouvelle coqueluche du village. Le contexte des années 50 participe aussi au charme et à l'élégance de la lecture, et si l'esprit général est assez poudré, cela n'occulte pas des thèmes subversifs, comme la violence sexuelle et l'homophobie, qui viennent quelque peu noircir le tableau bucolique. Grantchester reste néanmoins une série d'ambiance et de caractère bon chic bon genre, où l'action lente et la réflexion métaphysique prennent le pas aux pérégrinations de notre chanoine préféré, amateur de jazz, de backgammon, de whisky et de bière brune. C'est sans esbroufe et très classique, mais plaisant à lire pour qui recherche une forme de détente dépaysante (et apprécie la formule du “cozy mystery so british”). ;-)

Actes Sud / coll. Actes Noirs ♦ Janvier 2016 ♦

Traduit par Patrice Repusseau (Sidney Chambers and the Shadow of Death, 2013)

Grantchester

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bannerfans_16489672 (63)  Challenge ABC Policier Thriller

3 février 2016

Astrid Bromure, Tome 2 : Comment atomiser les fantômes, de Fabrice Parme

Astrid Bromure FP

source: Fabrice Parme

Chic, Astrid Bromure est de retour ! Et dans cette nouvelle aventure, c'est avec grande surprise qu'on découvre ses parents - qui brillaient par leur absence dans le 1er tome. Certes, trop accaparés par leurs activités, confiant volontiers leur fillette aux bons soins de leurs domestiques zélés, M. et Mme Bromure n'en sont pas moins des parents responsables, soucieux de l'éducation de leur enfant. Ne jurant que par l'institutrice à domicile ou l'école privée, ils se retrouvent aux abois en apprenant que la première a démissionné et l'option n°2 est condamnée (effectif complet). Astrid émet alors son intention de rejoindre les rangs d'une école particulière, le manoir de Canterville, qui se targue d'offrir “un savoir-faire ancestral en matière d'enseignement”. Allons donc, Astrid serait prête à signer pour connaître les joies de l'internat ? Partager sa chambre et la vie en communauté ? La bonne blague. Ne douchons pas l'enthousiasme débordant de notre héroïne pour autant. Et c'est clairement excitée qu'elle débarque au Manoir, accueillie par une Mademoiselle Poppyscoop exaltée, qui ne va rien lui cacher du drame terrible qui a frappé les propriétaires des lieux, lesquels continuent de hanter les murs de l'école... brrr ! Or, d'autres peines attendent notre demoiselle. Elle, si bonne élève, collectionne les meilleures notes mais se met à dos toute la classe. Résultat, c'est la fille la plus impopulaire de l'école. Arrivent alors à la rescousse, ses camarades de chambre, Rebecca et Gladys, les jumelles intrépides et effrontées... qui ne rêvent que de fuguer ! 

La lecture est toujours aussi drôle et déjantée. Qu'on parle de fantômes, de réputation ou de célébrité, d'éducation ou d'apprentissage, l'histoire est riche en anecdotes et situations saugrenues, sans jamais négliger la petite touche de sensibilité. C'est un sacré mélange, dosé avec intelligence et espièglerie. J'apprécie aussi beaucoup les décors, les couleurs, les dessins, l'ambiance rétro et faussement guindée, en plus de la personnalité vive et pétillante d'Astrid, du grain de folie et des excentricités des personnages qui gravitent autour. Bref. Cette série est en train d'affirmer son tempérament décalé et peaufine ses histoires, sa distribution et son decorum pour charmer un lectorat largement conquis (jeunesse, mais pas que). Définitivement TOP. ♥

Rue de Sèvres / Janvier 2016

 

3 février 2016

Akissi, Tome 6 : Sans amis, de Marguerite Abouet & Mathieu Sapin

Akissi Sans amis

Rien ne va plus, dans la vie d'Akissi, depuis l'arrivée dans sa classe d'une nouvelle élève, Sido, qui attire tous les regards parce qu'elle est belle, coquette, intelligente, vit dans une grande maison, reçoit des tonnes de jeux tout droit de France... et en bonus, elle s'est fait croquer la jambe par un lion ! Comment lutter contre ça ? Akissi est démoralisée. Elle vient de se faire voler la vedette, voit tous ses potes se détourner d'elle pour papillonner autour de Sido et refuse obstinément de se joindre à la joyeuse bande. Trahie, elle se sent. Vicieuse, sera sa vengeance. Car Akissi n'a pas dit son dernier mot. Après avoir longtemps chouiné sur son sort, tourné comme une âme en peine dans la maison et alerté sa famille de son état catatonique, la fillette a des idées plein la tête pour reprendre la première place dans le cœur de ses amis. Concours de danse, vol de béquilles, chouchoutage de bébé, apprentissage du tir... rien ne lui résiste ! Akissi est vive, intrépide, farceuse et rigolote. Ses aventures virent toujours à l'imprévu, comme cette incroyable mission d'héroïsme, qui rendra notre Akissi si populaire... qu'elle aura de nouveau le monde à ses pieds. ;-) Ah, ah, ah. C'est franchement réjouissant, avec pour héroïne une petite chipie attachante, même si elle accumule les mauvais coups et les mensonges, son cœur est bon, et c'est ce qui compte. Ses aventures nous font également découvrir une Afrique authentique, dans ses couleurs et son folklore, avec un charme exotique efficace sur toute la ligne. De l'humour, des histoires rocambolesques et une évasion promise... c'est tout bon ! Ce sixième tome est une réussite.  

Gallimard Bande Dessinée / Novembre 2015

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3 février 2016

Imagier Imagine, par Ingela P. Arrhenius

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Cet imagier, mettant en scène des chats aux bouilles drôlement mignonnes, propose des situations du quotidien dans lesquelles l'enfant pourra facilement se retrouver : manger avec une cuillère, lancer un ballon, attendre ses parents, pédaler sur un grand vélo, piloter un avion (euh ?), écouter le chant d'un oiseau, se laver dans une baignoire, lire une belle histoire...

Le tour d'horizon est simpliste, tout comme la lecture, qui se distingue par son graphisme, ses couleurs, ses illustrations, car la suédoise Ingela P. Arrhenius glisse sa touche personnelle, particulièrement enchanteresse, qui ne manquera pas de séduire les jeunes lecteurs. Ce sont là des images souvent très narratives, qui en plus de toucher l'enfant, vont l'aider à élargir son vocabulaire ou à exprimer ce qu'il ressent au fil de ses découvertes.

Un chouette petit album, tout cartonné, au format carré (15x15) pratique pour glisser dans la paume d'une grande main, et qui procède à une méthode simple mais efficace pour enrichir le langage et les connaissances de l'enfant.

Tourbillon / Février 2016

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3 février 2016

Maman veille, de Pittau & Gervais

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Maman veille, l'album du duo Pittau & Gervais, est une lecture chaleureuse et pétrie de douceur.

On y découvre une farandole d'animaux, constitués d'une maman et d'un bébé, allant de l'ours au lion etc., en un rituel bien rodé. La première veille sur le sommeil du second, un sourire plaqué sur la face.

Le défilé, au fil des pages, n'est que charme, tendresse, joliesse et affection. Pour l'anecdote, on trouve aussi deux orifices à la place des yeux, d'un côté la maman veille les yeux ouverts, de l'autre bébé a les yeux fermés. Et à la fin, ... surprise ! ;-)

Une lecture franchement mignonne et adorable, qui guide efficacement les enfants jusqu'à leur propre sommeil, et propose un tête-à-tête apaisant et délicat. 

Gallimard Jeunesse / Giboulées ♦ Janvier 2016

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3 février 2016

Attends Miyuki, de Roxane Marie Galliez & Seng Soun Ratanavanh

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Le jardin s'éveille pour sa première aube de l'année, le printemps est à la porte et Miyuki est pressée de découvrir les jeunes beautés à peine écloses. Mais sa joie est douchée par la découverte d'une petite fleur qui refuse de s'ouvrir comme les autres. Patience, lui dit son grand-père, celle-ci, plus qu'une autre, a besoin de temps, d'eau pure, de souffle secret ou de magie pour étirer ses pétales et étaler sa splendeur.

La fillette s'entête et décide d'activer le processus pour que le jardin rutile de joliesse. Elle n'écoute plus son grand-père qui réclame toujours plus de patience. Et l'enfant s'éparpille, excitée, elle grille d'envie et ne se contient plus. Son aventure l'entraîne alors loin, très loin dans la forêt, car le puits est vide, le ciel est bleu, sans nuage, la cascade gronde férocement... rien ne va plus et la journée s'écoule lentement, sans permettre à Miyuki de parvenir à son but.

Ce formidable conte poétique, qui traite de l'art de la patience, est illuminé par un graphisme d'inspiration japonisante, accompagné d'un texte d'une grande sensibilité, qui raconte l'énergie d'une fillette intrépide en des termes très délicats. Ce mélange de charme et de tendresse confère à cet album une grande noblesse ! ;-)

De la Martinière Jeunesse ♦ Février 2016

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3 février 2016

Combien faut-il de terre à un homme ? d'Annelise Heurtier et Raphaël Urwiller

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Pacôme est un paysan qui vit dans l'Ouest sibérien. Il vit heureux sur sa ferme avec sa femme et ses enfants. Il regrette seulement le manque d'espace. Ses bêtes s'échappent sur les terres des voisins, aussi aimerait-il s'agrandir pour ne plus avoir ces désagréments. L'occasion se présente, Pacôme n'hésite pas une seconde. Or, ce sont maintenant les bêtes des villageois qui s'inscrustent sur ses terres. Mécontent, il se fâche avec tout le monde.

Puis décide d'aller voir plus loin, chercher d'autres espaces à labourer, à planter, à cultiver. Il vend tout ce qu'il possède, s'installe ici, puis là-bas, et encore ailleurs. Notre homme rêve de grandeur et pense être toujours plus heureux à mesure qu'il rêve grand, loin et fort. Il finit par relever un défi improbable, parcourir à pied son lopin de terre et en déterminer la superficie. Tout ça pour une bouchée de pain.

Pacôme doit s'accrocher, son ambition le dévore mais il ne renonce pas à son projet. Il veut dépasser ses limites, posséder, encore et toujours, conquérir son influence par la force de sa détermination. La journée est longue, sous un soleil de plomb. Notre homme est à quatre pattes à même la terre et la poussière.

Inspiré d’une nouvelle de Tolstoï, ce récit remanié par Annelise Heurtier nous emporte au rythme de l'obsession maladive du personnage, qui ne se sent jamais assez heureux et satisfait de ce qu'il possède. Mais cette folie va l'entraîner dans un petit rectangle de terre, juste à sa taille, victime de sa cupidité. Un conte cruel, mais au message d'une grande justesse ! 

Thierry Magnier, août 2014

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2 février 2016

Nymphéas Noirs, de Michel Bussi

NYMPHÉAS NOIRS

À Giverny, berceau de Claude Monet, la découverte du corps d'un ophtalmologiste gisant dans l'eau, plaie béante au cœur, crâne ouvert, provoque un choc émotionnel, même s'il faut bien admettre que la victime n'était pas sans tache non plus. Réputé pour être un coureur de jupons, Jérôme Morval aurait payé sa nature butineuse. Et très vite, les rumeurs grondent dans le village, des photos sont adressées anonymement aux enquêteurs, rendant perplexe le nouvel inspecteur, Laurenç Sérénac. Avec son look de jeune motard, blouson de cuir, sourire rebelle, l'homme fait palpiter le cœur de la ravissante institutrice, Stéphanie Dupain, dont le mari devient, dans la foulée, le suspect principal. L'adjoint Sylvio Bénavidès tente de freiner les ardeurs de son supérieur, certes beau gosse et érudit, tout en fouillant activement dans les archives des musées, dans les mémoires collectives, ou se lançant sur la piste de tableaux volés, des Monet authentiques, débusquant par la même occasion la mort accidentelle d'un môme de onze ans, classée sans suite, malgré les protestations de la mère convaincue du contraire. Cette lecture, finalement, possède un charme éthéré, calfeutré sous la couche du suspense, des crimes à répétition (eh oui... ce n'est pas faute d'avoir été prévenus non plus), des silhouettes floues et fuyantes qui parcourent les rues de Giverny, ressassant des souvenirs, élaborant des théories, tels “des yeux de hibou qui voit et sait tout”. C'est aussi une lecture étrange, empreinte d'émotions et chargée de points de suspension. On devine plus qu'on ne suppose, tout en pénétrant dans une intrigue nébuleuse et inquiétante, mais tout de même enveloppée dans un voile vaporeux, du moins c'est ce que je ressens après avoir tourné la dernière page. La fin du roman est franchement déconcertante. Limite poussive, pour dire la vérité. J'avais anticipé ce revirement et les révélations qui en découlent, aussi je n'ai pas été totalement ébahie par la découverte. Mais l'entourloupe est brillante et originale, drôlement bien suggérée et servie royalement sur un plateau. On est en droit de relire le roman pour le considérer autrement ! Livre après livre, Michel Bussi convainc, séduit, touche et surprend. Il use et abuse de jeux de miroirs pour semer la zizanie et mystifier son lecteur, lequel saisit les nuances et apprend à déjouer les plans de l'auteur, sauf que ce petit jeu de dupes fait vite tourner les têtes et esquinte les nerfs. Mais c'est de bonne guerre. ;-) À la lecture, Colette Sodoyez, plaisante et agréable, nous embarque dans cette histoire pour le moins troublante et évanescente. 

 Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Colette Sodoyez (durée : 13h 40)

Téléchargez l'extrait (mp3, 2 Mo)

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015

1 février 2016

Dossier 64 / Les Enquêtes du Département V (n°4), par Jussi Adler Olsen

DOSSIER 64

Les affaires roulent, pour notre équipe du Département V, qui a le vent en poupe. Même si, pour l'heure, leur principale préoccupation semble être de résister à l'épidémie de grippe qui sévit dans le commissariat, les vieux dossiers s'empilent sur les bureaux et réclament à cor et à cri leur attention. L'inspecteur Carl Mørck, toujours autant à côté de la plaque, voit ses vieux spectres resurgir, concernant la fusillade dont il a réchappé in extremis, contrairement à ses deux partenaires. Des zones d'ombre persistent, empoisonnent son existence et son moral, notre inspecteur est à cran, aussi cède-t-il de bonne grâce aux insistances de ses assistants, Assad et Rose, pour se préoccuper de la disparition, dans les années 80, de Rita Nielsen, une fan de Madonna, également connue pour vivre de ses charmes. Le département V l'ignore encore, mais cette affaire est plus que sulfureuse, voire carrément glauque et scandaleuse. Car elle va mettre à jour des pratiques honteuses de la médecine, avec la complicité des services sociaux et sous l'égide d'un parti politique extrêmiste. Il était une fois, l'île de Sprogø... où des filles paumées étaient envoyées dans un institut d'aliénées pour y subir, en plus des sévices corporels, des stérilisations forcées et des tortures mentales. Franchement, abject. Parmi elles, se trouvait la jolie Nete Hermansen, une victime abusée parmi tant d'autres, sauf que... Trente ans plus tard, Nete est résolue à se venger et décide d'inviter ses anciens bourreaux à prendre le thé, pour solde de tout compte. Accrochez-vous aux détails et aux descriptions dégoûtantes et méprisables... c'est assez tendu et démoralisant. Pour le reste, c'est avec grand plaisir qu'on suit les frasques de notre trio de choc - Carl et sa relation amoureuse avec sa psy sexy, Assad et ses nombreux secrets sur son passé et ses origines, Rose, fantasque et rebelle, dont on comprend un peu mieux les troubles de la personnalité... Bref. On ne s'ennuie pas. J'ai même trouvé que l'auteur s'éclatait davantage à dessiner son petit monde et privilégiait cette belle connivence, parfois au détriment de l'enquête qui décolle quelque peu tardivement. En tout cas, cette lecture a le goût des retrouvailles pittoresques et déjantées, avec une équipe complètement barrée, mais tellement attachante qu'il me tarde déjà de renouer avec. Les personnages sont, incontestablement, le point fort de la série.

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par  Julien Chatelet (Durée : 16h 51) ♦ Traduit par Caroline Berg (Journal 64) pour les éditions Albin Michel ♦ Sortie Le Livre de Poche, Janvier 2016 également. ;-)

Dossier 64   Challenge Nordique 2016

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