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Chez Clarabel

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7 octobre 2016

Divergente raconté par Quatre, de Veronica Roth

Divergente raconté par QUATREJ'ai une nouvelle fois profité du format audio pour me lancer dans cette lecture, alors que j'étais peu motivée pour lire les épisodes additionnels d'une série déjà ingurgitée et depuis longtemps digérée. Je m'interroge toujours sur la nécessité d'ouvrages dérivés, question business sans doute, car personnellement cela m'attire moyennement.
Autre excuse, je traversais une phase de nostalgie au moment de procéder au téléchargement sur Audible. Et cela a été favorable à ma lecture car j'ai pris un plaisir fou à retrouver les personnages de Veronica Roth, ainsi que son univers original, avant que celui-ci ne sombre dans le chaos. Bref.
L'occasion nous est donnée de faire connaissance avec un jeune Tobias Eaton, un garçon âgé de seize ans, martyrisé par son père, endeuillé par la disparition tragique de sa mère, franchement mal dans sa peau et résolu à se tirer de son gouffre. La cérémonie du Choix de la faction lui offre enfin la possibilité de s'échapper de son destin d'Altruiste pour conquérir sa chance chez les Audacieux. Adolescent solitaire et meurtri, il peine à se sociabiliser et accorder sa confiance aux autres. Pourtant, deux jeunes novices, Zeke et Shauna, s'attachent à lui, de même que son instructeur Amar, tandis que Eric le prend aussitôt pour cible à abattre et va cultiver sa jalousie avec méticulosité. 
Quatre va sortir de sa coquille et se familiariser avec de nouveaux acquis, on suit son parcours, sa formation, ses doutes et ses espoirs, en même temps qu'on le sent sensible à la politique environnante et soucieux des premiers frimas de sécession. Le personnage de Tris apparaît seulement dans la dernière histoire (Le traître) où l'on prend conscience, pour la première fois, d'émotions sincères et touchantes chez notre dur à cuire, de la possibilité d'une franche espérance chez cet éternel écorché vif et du tremplin pour la suite des aventures. 
En somme, c'est une lecture agréable, qui vient approfondir notre perception de la série Divergente, et plus particulièrement des personnages de l'ombre (Amar, Evelyn ou Max), de la vie de faction et des changements survenus dans l'initiation des novices, mais elle n'en demeure pas moins totalement accessoire à mon humble avis. 

Texte lu par Marine Royer pour Audible FR (durée : 6h 14) / Octobre 2015

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible (uniquement disponible en téléchargement).

©2013 / 2014 / 2015 Veronica Roth. L'édition originale de ce livre a été publiée pour la première fois en anglais aux États-Unis aux éditions Katherine Tegen Books, HarperCollins Publishers, sous le titre Four: A Divergent Collection, Four: The Transfer: A Divergent Story, Four: The Initiate: A Divergent Story, Four: The Son: A Divergent Story, Four: The Traitor: A Divergent Story. Tous droits réservés.

Publié avec l'autorisation de HarperCollins Children's Books. / Éditions Nathan, pour la première édition. Traduction française par Anne Delcourt. (P)2015 Audible FR

Divergente raconté par QUATRE | Livre audio

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6 octobre 2016

Sacha Yolka,Tome 1 : Le labyrinthe d'Ormonde, de Régine Joséphine

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L'histoire de la série de Régine Joséphine est à elle seule une aventure exceptionnelle : préalablement éditée chez Gecko en 2008, elle n'avait pu produire son point final en raison de la cessation d'activité de la maison, laissant des lecteurs éplorés de ne pas connaître la suite de leur saga préférée. En 2015, c'est au tour des éditions Balivernes de relancer ce beau projet en compactant les deux premiers épisodes en un gros bouquin de 390 pages - dont la couverture illustrée par Pascal Casolari file un peu la trouille - et avec la promesse de publier le dénouement inédit courant 2016 ! Youpi. 
Car cette lecture est à couper le souffle. Absolument stupéfiante, dès les premières pages lues. Prompte à nous embarquer dans un univers fabuleusement génial. N'ayons pas peur des qualificatifs ni des adverbes. ^-^

Sacha Yolka est une lycéenne farouche et bohème, qui vit seule avec sa grand-mère dans une roulotte. Son look négligé et sa morgue sont loin de la rendre populaire, mais la jeune fille s'en moque royalement. Depuis quelques temps, pourtant, un détail la chiffonne : la vieille Meïré n'a plus donné signe de vie. Coutumière des agissements excentriques de son aïeule, Sacha entend mettre sa disparition sur le compte d'une nouvelle lubie passagère mais ressasse avec amertume les secrets de celle-ci durant un trajet en bus. Et soudain, l'accident. La chute dans le fleuve. Sacha vole au secours du chauffeur et s'extirpe in extremis du véhicule. Tout ça par la faute d'une bulle de lumière et du visage d'un garçon surgis de nulle part.
Après quoi, sa vie soudain bascule dans un univers teinté de magie et de musique qu'on appelle l'Elurzen. Elle y fait la rencontre de Lexter le S'Ombre et de Gabriel le Luzien, l'un est terne et envieux, l'autre a une voix d'ange et un physique de chevalier servant. Ces deux-là se détestent et ne s'en cachent pas. Lexter jalouse la fameuse Luze qui donne à Gabriel ses pouvoirs et son statut de privilégié, alors que lui croupit dans des cavernes et subit la loi du plus fort. Mais le Luzien se montre particulièrement dédaigneux et refuse d'accorder sa confiance à Lexter, qu'il soupçonne être un voleur de luze. 
Au milieu, Sacha n'est pas en reste, puisqu'elle se découvre un destin de “Veilleur”, hérité de sa grand-mère, qui a failli à sa mission et entraîné le déséquilibre des quatre piliers du labyrinthe d'Ormonde. Depuis, le chaos est en marche et les peuples sont en danger.

Pfiou, cette lecture est une véritable tornade ! Action, rebondissements et suspense se bousculent à toute pompe, ne nous laissant aucun instant de répit, pour une sensation franchement exaltante. J'ai tout de suite accroché et j'ai adoré me plonger dans ce monde inconnu, mais fourmillant de détails et riche d'un imaginaire peaufiné. La découverte va de pair avec une aventure fantastique auprès de jeunes compagnons de route pour le moins impétueux. Que ce soit Sacha, Lexter ou Gabriel, tous trois possèdent un tempérament colérique et fougueux, qui déborde fréquemment du cadre et les amène à faire des choix souvent contestables. Rien n'est lisse, rien n'est acquis. Et les retournements de situation ne manquent pas. De plus, c'est extrêmement drôle, d'un humour fin et sarcastique, qui colle au mieux à nos intrigants. Les répliques font mouche, les filles affirment leur caractère et ne s'en laissent pas conter. Les rapports entre les deux sexes révèlent une véritable équité, on se chamaille, on se tape dessus, on s'entraide, on a des papillons dans le ventre, et pourtant l'aventure prédomine, sans perte de temps inutile. J'ai beaucoup apprécié cette avalanche d'émotions et les péripéties en nombre qui font de cette lecture un rapt saisissant et pleinement consenti ! Comme promis, le tome qui clôt la série, soit « Les héritiers d’Ormonde », va bien paraître début 2017. Et j'en suis fort aise. ☺ 

Balivernes éditions, novembre 2015 - illus. de couverture : Pascal Casolari

 

6 octobre 2016

Phobos² : Il est trop tard pour oublier, de Victor Dixen

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J'ai donc enchaîné avec la suite de Phobos en téléchargeant dès que possible la version audio, toujours lue par Maud Rudigoz pour Audible. Pratique pour replonger aussitôt dans cette ambiance stellaire.
On retrouve ainsi nos douze pionniers face au choix de leur vie : poursuivre la mission sur Mars ou exiger de rentrer chez eux, après avoir eu connaissance des risques du métier. Et cela va durer, pas moins d'1 heure 30, pour parvenir à un compromis. Le bras de fer entre nos candidats et leur productrice n'est pas une partie de rigolade. Les mines sont tendues. Et chacun se méfie des coups bas. Car Serena McBee est maîtresse en la matière, même si ses adversaires ont quelques atouts en leur possession.
Plus loin, dans le désert du Wyoming ou ailleurs, un camping-car noir file à toute allure pour semer les patrouilleurs qui veulent l'empêcher de pirater le programme Genesis. Mais Andrew Fisher est un fils éploré, avide de vengeance et de justice. Il a pour alliée la très éthérée Harmony McBee, ou disons plutôt la fille cachée de la future vice-présidente des USA, qui promet d'être une “bombe à retardement”. 
Après une première exploration électrisante de l'univers de Phobos, j'espérais renouer avec cette même sensation fébrile d'une histoire prête à déployer ses ailes. Et pourtant, je n'ai pas retrouvé la même excitation à la lecture du deuxième tome, dont l'histoire m'est apparue longue et lassante. L'action traîne la patte, le suspense n'est qu'un feu de paille. On passe essentiellement du temps à gazouiller entre jeunes gens amoureux ou aux prémices du sentiment amoureux. C'est d'une niaiserie abyssale, avec des envolées lyriques à faire grincer des dents. Je n'étais clairement plus la cible visée.
La partie SF du roman est également sous-exploitée et semble tâtonner entre plusieurs pistes. C'est vide, lent, dilué. En gros, cela reste assez simpliste et ne nous laisse guère dans l'expectative. Frustration, ô frustration. Ou comment un bouquin loupe son virage en volant dans le décor et ne termine pas sa course malgré les attentes du lecteur. Tant pis. 
Je pense zapper le tome intermédiaire - 
Phobos Origines - essentiellement parce que je ne suis pas cliente des produits dérivés, et encore moins lorsque les personnages (filles ou garçons confondus) me laissent passablement indifférente. Connaître le passé du casting masculin n'offre donc, pour moi, aucun intérêt. Trop de stéréotypes et trop de clichés à craindre. C'est bon. Je vais patienter jusqu'en novembre pour lire le troisième tome.

Texte lu par Maud Rudigoz pour Audible FR / Août 2016  (durée : 12h 35)

©2015 Robert Laffont (P)2016 Audible FR

Phobos : Il est trop tard pour oublier (Phobos 2) | Livre audio

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible (uniquement disponible en téléchargement).

 

5 octobre 2016

L'Inconnu du pont Notre-Dame, de Jean-François Parot

L'inconnu du pont Notre-Dame

1786. Alors que le royaume s'agite autour du procès de l'affaire du collier, Nicolas Le Floch est envoyé en tant qu'émissaire à Rome pour rencontrer le pape Pie VI, puis rentre à Paris pour être aussitôt convoqué auprès de son ancien chef, Le Noir, désormais directeur de la Bibliothèque du roi. Celui-ci s'inquiète de la récente disparition de son conservateur au cabinet des médailles, le dénommé Halluin, pourtant un employé discret et zélé, mais autour duquel flotte aussi un vent de mystère. En fouillant son logement, Le Floch remarque, au vu des artifices trouvés dans son armoire, que les mœurs de l'homme seraient pour le moins particulières, mais qu'il détenait chez lui des contrefaçons de médailles tirées de la collection royale. Une enquête s'impose !
Paris, à la même heure, est en plein tohu-bohu autour du quartier du pont Notre-Dame. Les maisons sont rasées, le cimetière des Innocents déplacé. C'est une vraie pétaudière et la population s'agace. Forcément, au milieu du chantier, surgit le corps défiguré d'un homme. Et des conclusions s'imposent - serait-ce donc là l'insaisissable Halluin ? 
Notre commissaire aux affaires extraordinaires au Châtelet est bien en peine. Une autre affaire vient également le chatouiller sur le plan personnel. Lors d'une réception donnée par l'a
mbassadeur anglais, de passage à Paris, Nicolas rencontre son vieil ennemi, Lord Aschbury, ainsi que Lord Charwel et sa charmante épouse, la délicieuse Antoinette, qui n'est autre que son ancienne maîtresse et la mère de son fils Louis de Ranreuil. Cette dernière, espionne à la solde du roi Louis XVI, est infiltrée chez l'ennemi et doit demeurer aussi lisse et inexpressive que du marbre. Seulement Sartine s'en mêle et mande le jeune Ranreuil de servir de garde rapprochée à la lady, durant son séjour parisien. Bonjour la petite réunion familiale au sommet ! ^-^
Mais la politique reprend ses droits, et la menace gronde. La vie du roi est effectivement en danger, alors qu'il parcourt la campagne normande et se délecte de la liesse populaire, un complot digne d'un roman de Dumas voit le jour. Notre vaillant Nicolas va alors se jeter à corps perdu pour déjouer les plans machiavéliques des espions anglais. 

C'est un tome foncièrement palpitant, qui renoue avec les grands classiques aux intrigues enflammées, avec des figures aussi aimables et sympathiques que notre commissaire, son subordonné et ami, l'inspecteur Bourdeau, sans oublier le vieux Noblecourt, dont la santé est de plus en plus fragile, Catherine, la cuisinière alsacienne et la belle Aimée d'Arranet, qui boude dans son coin. C'est tout un univers familier qu'on retrouve avec grand plaisir. La lecture est également élégante, habile et instructive à brasser de judicieuses références historiques à une trame romanesque riche et enlevée. L'auteur lève le voile sur les origines de Le Floch, dresse aussi un portrait bienveillant de Louis XVI, un roi économe et précautionneux, qui détestait les jeux d'argent, et plante un Paris au bord de l'implosion avec les fumets de la révolution à l'horizon. D'ailleurs, on se régale toujours autant autour de la table de JF Parot ! Les descriptions abondent, les plats redoublent d'exotisme ou encensent le terroir, c'est goûteux et ça vous met l'eau à la bouche... Bref. Cette série est incontestablement savoureuse au sens propre et au sens large du terme. À découvrir sans attendre. 

10x18 Grands Détectives / Octobre 2016

Texte lu par François d'Aubigny (durée : 10h 51) pour Audiolib - Février 2016

L'Inconnu du pont Notre-Dame

4 octobre 2016

La Blonde aux yeux noirs, de Benjamin Black

La Blonde aux yeux noirsLe mythe Marlowe reprend vie sous la plume de Benjamin Black (alias John Banville, Booker Prize 2005 pour La Mer) qui goupille une enquête inédite dans laquelle ce cher Philip M. déploie son talent et sa gouaille pour conquérir son public orphelin. Le pari était osé, mais le défi pleinement assumé. Et j'ai personnellement apprécié ce revival du roman noir hardboiled.
Tout commence un mardi, “un de ces après-midi d'été où on se demande si la terre n'a pas cessé de tourner”. Notre détective désabusé reçoit la visite d'une blonde fatale qui l'engage pour retrouver, en toute discrétion, un certain Nico Peterson, son amant officiellement disparu dans un accident de voiture deux mois plus tôt. Or, elle est certaine de l'avoir croisé bien vivant en train de marcher dans la rue et entend refiler la patate chaude à Marlowe. Celui-ci accepte parce que la cliente est belle et distinguée - Clare Cavendish appartient à une riche famille de Californie, l'argent n'étant pas une finalité pour notre ami, celui-ci est davantage captivé par les “atouts” de la blonde aux yeux noirs. 
Car Marlowe ronchonne dans sa barbe. L'affaire paraît déjà fumeuse et ne va pas manquer de le plonger dans des arcanes improbables mêlant club privé, mauvaises combines à deux balles, trafics de drogue, usurpation d'identité, mensonges et autres félonies. Cela sent la duperie à plein nez, et Marlowe va mordre la poussière.
Cette enquête éreintante applique cependant toutes les lignes du cahier des charges - la clope, la gnôle et les torgnoles - dans une ambiance clairement saturée d'amertume et de macchabées. Mais les répliques sont mordantes à souhait, l'humour est dégainé à tire-larigot et la stylistique ciselée à la mode des années 50. Un bouquin qui nous sort un “oh pétard” en guise de protestation, moi je dis banco.

Traduit par Michèle Albaret-Maatsch (The Black-Eyed Blonde) pour les éditions Robert Laffont

Repris chez 10/18 - Février 2016

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4 octobre 2016

Un tueur sous la pluie, de Raymond Chandler

Un tueur sous la pluieDans ce recueil de trois nouvelles, dans lesquelles la figure du détective privé joue un rôle prépondérant, ce sont aussi trois enquêtes rigoureuses et brutes de décoffrage que l'on parcourt avec un certain effarement.
Ce sont globalement des œuvres mineures de Chandler, écrites au cours d'une “période d'apprentissage” et publiées dans le magazine Black Mask dans les années 30. Leurs valeurs littéraires sonnent passablement correctes, mais affichent néanmoins la marque de fabrique de l'auteur : situations dramatiques, rebondissements et habiles ficelles, dialogues percutants, sarcasmes et propos orduriers, rythme rapide, fusillades à la pelle, accumulation de cadavres et des coups qui pleuvent en abondance. Bienvenue dans le véritable esprit du roman noir hardboiled.
Un tueur sous la pluie (Killer In The Rain - 1935) raconte une enquête peu glamour dans un milieu dépravé. Un père recrute un détective privé pour sauver sa fille de la débauche. Sa récente relation avec un libraire, qui pratique un commerce parallèle salace, met l'homme dans tous ses états. Le soir même, sous une pluie battante, le type se rend près du petit nid d'amour des deux amants, en pleine séance de photos olélé, lorsque celle-ci est soudainement interrompue par une fusillade. Hystérie collective. Le détective déboule dans la chambre, expédie la nana pompette chez elle, puis retourne sur les lieux du crime et constate l'absence de corps. 
La suite des festivités n'est guère réjouissante. Dealer de morphine, chantage, flic pourri, meurtre à crédit, macchabées, Colt et whisky, en plus de détails saugrenus, comme deux paires de mules en velours émeraude, des pastilles à la violette, un grand balaise qui sort de taule et cherche “la p'tite Beulah”, avec son pantalon aubergine, son veston grisâtre, ses souliers de daim, sa cravate jaune et un énorme œillet rouge à la boutonnière...  (Bay City Blues - 1938) et Déniche la fille (Try The Girl - 1937)
Cette édition présentée par Gunnar Staalesen est un condensé de l'univers de Chandler dans une version sans filtre et sans réserve, mais avec beaucoup de cynisme et d'humour acerbe. On ne nous apprend rien. Le seul détail pertinent serait que ces nouvelles ont plus tard constitué la matière première de romans plus élaborés comme Le Grand Sommeil, La Dame du lac et Adieu, ma jolie. 

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Henri Robillot et révisé par Cyril Laumonier

Nouvelle édition présentée par Gunnar Staalesen en 2016

Collection Folio policier (n° 537)

3 octobre 2016

Phobos : Il est trop tard pour regretter, de Victor Dixen

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J'ai profité de l'édition audio proposée en exclusivité sur Audible pour découvrir cette nouvelle série de Victor Dixen, dont j'avais déjà beaucoup apprécié Animale, la malédiction de Boucle d'Or. Cette fois, on plonge dans un univers aux émotions fortes garanties avec un voyage cosmique qui vend de l'amour et du danger à bord, ce qui promet une immersion brûlante dans les étoiles ! 
Six filles et six garçons ont été sélectionnés pour partir sur Mars, dans le cadre du Programme Genesis, un jeu de télé-réalité qui consiste à former des couples pour implanter une colonie sur la planète rouge. Les douze prétendants ont donc cinq mois pour se séduire “et choisir le partenaire avec qui enfanter” au cours de séances de speed-dating, derrière une paroi vitrée, car garçons et filles vivent dans des compartiments séparés, mais sous l'œil de caméras embarquées.
Zoom instantané sur Léonor, la sculpturale rousse, au caractère volcanique et farouche, qui cache aussi de nombreux complexes. Orpheline de dix-huit ans, elle porte de lourdes cicatrices traumatisantes, liées à son enfance malheureuse et rejetée. Depuis, Léonor a développé une attitude de défiance et a opté pour une stratégie psychorigide pour aborder son aventure, même si deux garçons ne vont pas tarder à percer sa carapace et la toucher plus que de raison. 
L'héroïne n'est pas l'unique cas d'école dans ce casting taillé sur-mesure, où défilent des personnalités qui semblent toutes sortir du même moule (famille dysfonctionnelle, stigmates, plaie béante, besoin d'une seconde chance). Bref. On ne tombe pas de haut à la lecture des révélations prodiguées, mais ce choix de retenir des candidats aux abois est proprement délibéré de la part de la productrice de l'émission. Serena McBee, la figure médiatique qui cristallise tous leurs espoirs, est en effet animée d'une ambition dévorante, comme il apparaîtra vite dans le déroulement de l'histoire, en dévoilant l'envers du décor avec ses plus féroces abjections.  
Voilà qui fait miroiter une lecture palpitante et jouissive, qui se réserve aussi le droit de nous servir des clichés sur plateau doré, avec des personnages gnangnan et des intrigues qui ne risquent pas de nous défriser, mais c'est le pari à prendre en YA. Malgré tout, j'ai été agréablement surprise par ma lecture. Une lecture qui a su littéralement me “happer” et m'entortiller dans ses grosses ficelles. C'était résolument excitant. J'avais beau souffler, rouspéter, froncer les sourcils, je refusais néanmoins de lâcher l'affaire. J'étais comme le poisson dans l'eau, complètement ferrée.
Et diantre que c'est bien fichu ! Douze jeunes gens qui partent la fleur au fusil, avec des rêves d'amour plein la tête, puis qui comprennent dans quel traquenard ils sont tombés, hélas tardivement. On devient alors ce téléspectateur derrière son écran, avide de sensations nouvelles, se demandant qui décrochera la première étoile dans chaque classement, s'attendant à des interactions impétueuses, se demandant jusqu'où notre vilaine de service va tisser sa toile pour piéger davantage de nigauds, spéculant sur l'issue du voyage avant de pester contre ce point final qui survient au moment crucial. Bah voyons.
Je suis donc en train d'écouter le deuxième épisode, 
Phobos : Il est trop tard pour oublier (Phobos 2). ^-^

Texte lu par l'adorable Maud Rudigoz pour Audible FR / Juillet 2016  (durée : 11h 36)

©2015 Robert Laffont (P)2016 Audible FR

Phobos : Il est trop tard pour regretter (Phobos 1) | Livre audio

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible (uniquement disponible en téléchargement).

Le premier tome de la nouvelle série de Victor Dixen, double lauréat du Grand Prix de l'Imaginaire.

30 septembre 2016

Bilan du mois : Septembre 2016 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Whigfield

Bien dans ses bottes pour attaquer l'Automne !

Coup de projecteur sur les livres lus en septembre, et la moisson des vacances d'été :

 

3 Coups de Cœur pour :

🍃 Je suis Adele Wolfe, de Ryan Graudin  ♥♥♥♥♥

🍃 Wild Girl, d'Audren  ♥♥♥♥

🍃 En attendant Bojangles, d'Olivier Bourdeaut  ♥♥♥♥♥

 

Beaucoup, beaucoup aimé : ♥♥♥♥  

🍃 Le jour où Anita envoya tout balader, de Katarina Bivald 

 🍃 Agatha, de Françoise Dargent

🍃 Agatha Christie, le chapitre disparu, de Brigitte Kernel 

 🍃 Piégés dans le Yellowstone, de C.J Box

🍃 Le Massacre des faux-bourdons, d'Elisa Vix

🍃 Piste noire, d'Antonio Manzini

🍃 Berezina, de Sylvain Tesson

🍃 Sirius, le Chien qui fit trembler le IIIe Reich, de Jonathan Crown

🍃 Juste une ombre, de Karine Giébel

🍃 Liaisons secrètes, de Patricia Wentworth

 

Lectures plaisantes & agréables :  

🍃 Le Commissaire Bordelli, de Marco Vichi

🍃 Dix minutes par jour, de Chiara Gamberale

🍃 Les Enquêtes de Mary Lester : Les Bruines de Lanester & Les Diamants de l'archiduc, de Jean Failler

🍃 Le grand marin, de Catherine Poulain

🍃 Highland Fling, de Nancy Mitford

🍃 Un vent de cendres, de Sandrine Collette

🍃 Le Camp des morts, de Craig Johnson

🍃 Mémoire cachée, de Sebastian Fitzek

🍃 Le Rituel de l'ombre, de Giacometti & Ravenne

🍃  Les Garçons (du collège) ne sont pas (tous) des crapauds, de Barbara Dee  

🍃 Un journal pour deux, de R. Mellom & L. Leavitt

🍃 Foxcraft, d'Inbali Iserles

 

Déception ou presque pour : 

🍃 Le Coma des mortels, de Maxime Chattam

🍃 Des nœuds d'acier, de Sandrine Collette

🍃 La vérité sur Anna Klein, de Thomas H. Cook

🍃 La Grande nageuse, d'Olivier Frébourg

🍃 La Résurrection de Luther Grove, de Barry Gornell

🍃  The Graces, de Laure Eve

🍃 Maestra, de L.  Hilton (bleh)

 

L'automne venant, Octobre se veut aussi le traditionnel rendez-vous du Challenge Halloween chez Lou & Hilde

Challenge Halloween 2016

Ça va être sanglant ! 

 

30 septembre 2016

Scaraboy, de M.G. Leonard

IMG_7025« Le professeur Bartholomée Cuttle n'était pas le genre d'homme à disparaître mystérieusement. Il était plutôt du genre à lire d'énormes livres pendant les repas et à se retrouver avec du jaune d'œuf dans la barbe, ou à perdre ses clés et oublier son parapluie. Il lui arrivait parfois d'avoir cinq minutes de retard à la sortie de l'école, mais il finissait toujours par arriver. En tout cas, ce n'était pas, mais pas du tout, le genre d'homme à abandonner son fils de treize ans. »
Ainsi commence ce curieux roman à l'étonnante couverture orangée où l'on distingue déjà un gros scarabée éclipser la tête du jeune garçon ! Darkus Cuttle est un gentil môme, solitaire et réservé, affligé par la perte de sa maman cinq ans plus tôt. Une épreuve que son père et lui ont traversé dans la douleur et la prostration. Depuis, tous deux semblaient avoir retrouvé un quotidien serein jusqu'à cette étrange disparition.
Bartholomée Cuttle est un éminent scientifique travaillant au Muséum d'Histoire naturelle. C'est en s'enfermant dans sa réserve, avec sa collection de coléoptères, que notre homme s'est évaporé dans la nature. Les indices sont inquiétants : la pièce était fermée à clef, sans fenêtre ou autre issue de secours. Aucune trace du professeur, mais une simple tasse de café froid abandonnée sur la table.
Ce mystère affole la presse, pourtant l'enquête piétine. Darkus est confié aux bons soins de son oncle Max, chez lequel il s'installe avec une confiance aveugle. Ses voisins, deux cousins chicaneurs, Humphrey et Pickering, passent leur temps à se chamailler et à s'insulter. Témoin d'une énième altercation, Darkus est aussi pris à partie par la bande de caïds de son école. Mais notre garçon s'en tire à bon compte grâce à l'intervention providentielle d'un scarabée ! 
Aussitôt adopté, l'insecte devient Baxter, son nouveau et inséparable compagnon. Il semble, de plus, posséder une intelligence hors norme et développe avec l'enfant un lien télépathique rarissime. Même son oncle Max n'en revient pas ! D'ailleurs, ce n'est qu'un élément de plus à une longue série d'événements extraordinaires survenant dans leur vie. Darkus va alors partir à la recherche de son père, avec l'aide d'une “armée” inattendue, et suivre la sérieuse piste de l'enlèvement fomenté par un ersatz de Cruella Denfer. 
On se croirait dans la version coléoptère des 101 Dalmatiens ! Sans rire. La lecture nous embarque dans une aventure rocambolesque et palpitante, où il ne suffit pas de sauver le professeur Bartholomée Cuttle des griffes d'une vilaine, mais il faut aussi empêcher l'extermination des scarabées ! Que de péripéties. Et c'est avec une imagination foisonnante, de l'humour et un formidable élan de bravoure que l'histoire nous livre tous ses secrets. À lire avec grand plaisir.

Traduit par Amélie Sarn pour les éditions Seuil Jeunesse - août 2016

Titre original : Beetle Boy / Illustrations de Júlia Sardà

30 septembre 2016

Le Théâtre du Poulailler : Le Collège à la rescousse, de Helen Peters

IMG_7027Le premier tome ayant déjà rencontré un gros succès (Folio Junior - N°1656), la suite ne pouvait que conforter cette sensation d'une lecture réjouissante et faisant la part belle à l'entraide et l'harmonie familiale dans un contexte pourtant difficile (une famille marquée par le deuil qui se bat pour préserver son cadre de vie à la ferme).
Hannah Roberts rêve de décrocher le premier rôle dans Roméo & Juliette, la pièce que va jouer son école, mais voit son audition saborder par l'arrivée tonitruante du cochon de son père. Eh oui. Un détail inimaginable et parfaitement incongru, qui ne fait rire que les élèves et plonge le directeur dans une colère noire. Hannah se voit donc attribuer un simple rôle de figurante et assiste au sacre de Miranda la chipie. Autre lot de consolation, la jeune fille obtient la lourde responsabilité de mettre en scène leur pièce pour une représentation exceptionnelle au sein du concours de l'école. Hannah et sa meilleure amie Lottie ne savent plus où donner de la tête et dépoussièrent leur mythique Théâtre du poulailler pour les répétitions.
Pendant que les enfants fourmillent d'activités, entre l'école et les jeux d'espionnage des plus jeunes, la vie à la ferme connaît aussi un sursaut de fréquentation féminine. Les petits Roberts s'interrogent sur leur père : s'est-il inscrit à une agence matrimoniale pour retrouver l'amour ? Point du tout. Mais l'affaire n'en est pas moins grave : une compagnie des eaux est en train d'élaborer un nouveau projet de lac-réservoir, qui consisterait à inonder la vallée entourant la ferme de Clayhill. Tous poussent des cris d'horreur à l'unisson. Et partent aussitôt en campagne.
Une fois de plus, le théâtre va devenir une arme redoutable pour alerter le public, révéler les mensonges et secouer les consciences écologiques de leur communauté. Pour sauver la ferme familiale et l'écosystème qui en dépend, Hannah va déployer des trésors d'ingéniosité, quitte à faire des choix susceptibles de mettre en péril ses propres aspirations artistiques et autres ambitions personnelles. Qu'importe. Notre jeune héroïne a déjà démontré l'étendue de sa détermination et son attachement profond à ses racines (sa famille, ses amis, etc.) et ne reculera devant rien pour défendre ses convictions. 
C'est une lecture profondément émouvante mais qui dégage un maelström de fougue, de jeunesse et d'optimisme à tout crin qu'on en ressort plus ragaillardi que jamais. Les personnages aussi sont extrêmement convaincants dans leur démonstration de générosité et de motivation. Il y a un grand souffle de fraîcheur et de dynamisme qui fait voler les pages du livre, où l'ambiance simple et enfantine finit par nous embarquer totalement. Ce microcosme fascinant nous absorbe dans sa bulle et on s'y sent merveilleusement bien !

Traduit par Vanessa Rubio-Barreau pour les éditions Gallimard Jeunesse - août 2016

Titre original : The Farm Beneath The Water (The Secret Hen House Theatre #2)

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2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
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Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
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