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Chez Clarabel

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8 octobre 2014

Enfernité Tome 2, de Brodi Ashton

Enfernité

L'histoire reprend juste après la fin d'Enfernité : *** spoilers *** Nikki erre comme une âme en peine, suite au sacrifice de Jack, elle se sent coupable et veut qu'il revienne. Pour cela, elle a besoin de Cole, fait des pieds et des mains pour retourner en Enfernité. Le beau gosse résiste, la prévient, ce n'est pas une partie de plaisir, cela va tester son amour pour Jack, et blablabla. Mais Nikki est butée, Cole désespéré. S'engage alors un poker menteur entre quatre yeux. Soupir de déception, alors que j'avais été complètement sous le charme du premier tome !

L'histoire ici est longue, très lente et adopte une pose affectée, sans proposer de suspense. Franchement, j'en attendais davantage. Nikki est une héroïne passive, son obsession pour Jack résonne comme une complainte répétitive et son pacte avec Cole est peu surprenant, avec une issue hautement prévisible. Bref, la sérénade du couple maudit a atteint ses limites ! Trop naïve, Nikki saoule son monde. Jack, lui, brille par son absence. Les réminiscences de leur histoire offrent cependant des interludes touchants et agréables (mais trop succincts). Reste Cole, bougrement fascinant, séducteur dangereux et manipulateur contraint et forcé... on se comprend !

À part ça, la série cherche à se démarquer par son atmosphère au romantisme désabusé et propose une mythologie grecque déclinée sur fond diabolique et implacable. C'est désarmant, truffé de désespoir, et ça participe au charme ambiant. Seule l'intrigue amoureuse suscite un réel questionnement, en manquant de consistance, et donne l'impression au lecteur de faire du surplace. Evertrue, déjà disponible en VO, conclut cette trilogie. 

Milan, coll. Macadam, juin 2013 ♦ traduit par Emmanuelle Pingault

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7 octobre 2014

La Mort dans une boule de cristal, d'Alan Bradley

La mort dans une boule de cristal de Alan Bradley

Lors de la traditionnelle kermesse paroissiale, Flavia se faufile sous la tente d'une diseuse de bonne aventure pour y découvrir son avenir. Mais, maladroite et bouleversée par ce qu'elle entend, la jeune fille provoque un incendie involontaire et déguerpit derrière le stand de tir de noix de coco. La pauvre femme est sauvée de son magma de voiles enfumées grâce à l'intervention du médecin. Flavia,  balbutiante de confusion, propose à la vieille gitane de planter sa roulotte sur les terres familiales, sans se douter que ce n'est pas sa première fois. 

Des années auparavant, Fenella et son mari Johnny Faa avaient été accueillis par la mère de Flavia, avant d'être chassés par son père. La réaction de celui-ci s'annonce encore une fois houleuse, mais la cadette des De Luce n'écoute que son courage. Or, le danger rôde et devient plus pressant : Fenella est victime d'une nouvelle agression, sa petite-fille effrontée, Porcelaine, rapplique, toutes griffes dehors, et le corps d'un pendu est retrouvé à la fontaine de Poséidon. Toujours sur les terres de Buckshaw. Flavia de Luce est aux premières loges, poussée par une curiosité insatiable et son goût certain pour les détails macabres (et les progrès de la science !).

Ainsi, sur sa bicyclette Gladys, elle parcourt les routes de Bishop's Lacey, rencontre des témoins, interroge ses voisins, fait tourner la tête de l'inspecteur Hewitt et essuie les mesquineries de ses sœurs, en veillant à ne pas agacer son père, lui-même contrarié par des soucis financiers. En fil rouge, le mystère sur Harriet, sa mère disparue lors d'une expédition au Tibet dix ans plus tôt, reste entier mais saisit aux tripes et au cœur tant la jeune héroïne est avide d'indices et de détails supplémentaires. Cette absence lui pèse, la règle du silence aussi.

Bref, encore un épisode réussi qui complète cette charmante saga de manière classieuse et distinguée. On ne frissonnera pas pour l'ambiance noire et l'intrigue policière au machiavélisme échevelé. Au contraire, c'est british et old-fashioned, similaire à un roman d'Agatha Christie, à savourer donc autour d'une tasse de thé, en toute quiétude. De plus, les notes d'humour et le flegme de l'héroïne sont purement jubilatoires. Je me languis après la parution d'un prochain livre en VF, alors que les éditions du Masque semblent avoir jeté l'éponge depuis 2012. Pourtant il existe 6 livres (bientôt un 7ème tome) en édition anglaise ! Croisons les doigts.

10/18 ♦ coll. Grands Détectives, avril 2014 ♦ traduit par Hélène Hiessler pour les éditions du Masque (A Red Herring Without Mustard)

« Juste sous mon nez, sur la table de nuit, se trouvait une tasse de chocolat chaud.
La vision de l'épaisse peau brune qui s'était formée à la surface du liquide telle de la glace sur une mare gelée me donna un haut-le-cœur. Il y a peu de choses que je déteste catégoriquement, mais la peau du lait se classe haut la main en tête de celles-ci.
Même la pensée de la merveilleuse transformation chimique qui permet à la substance de se former - les protéines du lait baratté, pulvérisés par la chaleur de l'ébullition, se rassemblent ensuite pour former, en refroidissant, une peau gélatineuse - ne suffit pas pour me consoler. Plutôt manger des toiles d'araignées que cette substance infâme. »

6 octobre 2014

La Chambre des Morts, de Franck Thilliez

La chambre des morts

Imaginez... Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d'éoliennes désert. Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros, à portée de main. Que feriez-vous ? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.

Petit coup de projecteur sur ce roman impliquant la toute première enquête de Lucie Henebelle, alors simple brigadier à Dunkerque et maman célibataire de jumelles âgées de quelques mois. La jeune femme crève d'envie de s'éloigner de son bureau, d'être sur le terrain et de se frotter aux mécanismes tordus des criminels chevronnés. En cette période de Noël, où l'effectif au boulot est plutôt restreint, Lucie tient une opportunité en or : une fillette a été enlevée, la demande de rançon a viré au fiasco, d'autres victimes s'annoncent.

Et l'on perçoit déjà tout ce qui fera le succès de Lucie : une enquêtrice avec du flair, sans cesse sur la corde raide, travaillant à l'instinct, capable de prendre tous les risques et allant jusqu'au bout de ses idées fixes. C'est flippant, mais c'est sa marque de fabrique, qui fera toute la différence par la suite. L'histoire baigne dans un cadre triste et désolant (ah, le Nord... on s'y retrouve !), les personnages drainent dans leur sillage un flot de misère, ça sent la déprime à plein nez.

Mais on s'en tire bien, le rythme est entraînant, l'intrigue juste assez sordide pour dresser les cheveux sur la tête, sans tomber dans la surenchère non plus. Par contre, pour avoir lu les derniers romans de l'auteur, j'ai pu constater que son style avait évolué, parce que les clichés et les facilités du style « sucette à tabac » (cigarette) ou « engin de mort » (Beretta) sont un peu grinçants à la longue. Bref, cette lecture livre tous les prémices d'un univers ravageur, qui ne manquera pas de s'étoffer au fil des épisodes ! Rendez-vous est pris.

Pocket, décembre 2012 pour la présente édition ♦  Pocket vient de réunir en un recueil (édition spéciale, Octobre 2014) les deux premières enquêtes de Lucie Henebelle, La Chambre des Morts & La Mémoire Fantôme.

4 octobre 2014

Marathon de lecture d’Halloween : Samedi 4 et dimanche 5 Octobre

Comme l'année dernière, nous participons au Marathon de lecture qui ouvre les festivités du Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde. La nouveauté de cette édition 2014 consiste à faire la part belle aux bandes dessinées... ok, c'est prévu, en plus d'autres lectures (romans) pour frissonner jusque tard dans la soirée ! 

Le Read-a-thon BD organisé par Marjorie & Hilde

Halloween3

 

Après quoi, au cours de ce mois d'Octobre, nous continuerons de surfer sur cette tendance et donnerons aux lectures du blog une tonalité plus sombre, fantastique, frissonnante et tutti quanti. Pour petits et grands lecteurs. C'est décidé, nous basculons du côté obscur de la force ! !  Et on s'en régale d'avance. Oh yeah.

Exorcist

 

3 octobre 2014

Noir Ego, de Pierre Gaulon

Noir Ego

Sur la route des vacances, un homme disparaît en faisant halte sur une aire d'autoroute. Son épouse et ses enfants l'attendent désespérément dans la voiture. Le temps passe, une tempête s'annonce. Aline se sent démunie, saisie de doutes et partagée entre la colère et l'angoisse. Un flic à la retraite, en vadrouille à bord de son camping-car, propose alors de les aider. Il héberge les enfants, tandis que l'épouse se renseigne auprès des rares témoins du restoroute. Philippe a-t-il réellement abandonné sa famille ? Aline se force à ressasser les derniers événements de leur vie de couple, au bord du gouffre, leurs séances chez le psy et les petits signes insidieux qui viseraient à cette triste conclusion. Drame familial à l'horizon ? Ou comme le disait Mulder, « la vérité est peut-être ailleurs » ?

Pierre Gaulon, après une Mort en rouge absolument convaincante, passe le cap du deuxième roman en proposant une histoire impossible à définir, tant il brouille les pistes et son lecteur. Mais c'est plutôt pas mal, bien amené, écrit vite et bien (les chapitres sont courts, avec une écriture percutante). On est embarqué dans le récit et on joue le jeu du lecteur manipulé et pleinement conscient de l'être. C'est de bonne guerre, d'autant plus que l'effet est saisissant, entortillé et pervers. Calibré exprès pour tout lire d'une traite, retenir son souffle, ne rien voir venir et sortir de là en grinçant des dents. Entre folie douce, troublante schizophrénie, démence patentée, possible hallucination, désespoir certain, totale déroute, onde de choc et sensation d'abrutissement, on en voit de toutes les couleurs ! Les personnages sont tous anéantis par tant de machiavélisme, et nous aussi. Pfiou.

City éditions, mars 2014  ♦ La Mort en rouge est disponible en format poche ! 

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2 octobre 2014

Silo, de Hugh Howey

Silo

Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l'abri d'une atmosphère devenue toxique. Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l'un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ?

Tout débute par le désistement du shérif Holston, qui ne se remet pas de la perte de sa femme. Lui aussi veut connaître le monde extérieur, s'échapper du silo. Son départ incitera le maire Jahns à débaucher un autre prétendant au poste, son adjoint pense aussitôt à la jeune mécanicienne, Juliette, qui fait des merveilles dans les tréfonds de leur refuge. Ils décident de la rencontrer en personne et profiteront de leur descente pour faire campagne pour la prochaine élection. Puis, tout dérape. Tout se précipite. Juliette se retrouve au niveau supérieur, à un sort peu enviable. Sa présence dérange. Et les forces dirigeantes ne vont pas tarder à resserrer les boulons pour éviter tout risque d'insurrection...

Je n'avais lu que des avis très enthousiastes au sujet de ce roman, aussi ai-je entamé ma lecture en toute confiance. Mais alors, quelle déception ! Tout n'est qu'action lente. La mise en place est longue, l'ambiance déprimante à souhait, même les personnages sont résignés à leur triste sort, rompus et anéantis... J'ai failli me noyer parmi ces détails assommants, et pourtant l'histoire a su cultiver un fond de mystère qui a toujours su me repêcher lors de mes moments de doute. Si elle avait pu s'alléger de quelques passages longuets, je pense que le rendu aurait été plus percutant. Pour l'heure, je me sens d'humeur morose. Je ne lirai pas la suite non plus.

Actes Sud, octobre 2013 ♦ traduit par Yoann Gentric et Laure Manceau

  • Le silo, vu par l'auteur 
1 octobre 2014

Velvet, de Mary Hooper

Velvet

Velvet travaille dans une blanchisserie, pour un salaire de misère et dans des conditions pénibles. Elle rêve naturellement d'une vie meilleure et enjolive son enfance (pourtant, peu reluisante et chargée d'un lourd passé) pour échapper à un avenir sordide. Aussi, saisit-elle sa chance lors de sa rencontre avec la célèbre Madame Savoya, réputée pour ses talents de médium, qui lui propose de devenir sa demoiselle de compagnie. 

Velvet accepte sur le champ et quitte son quartier populaire de Chiswick pour Regent Park, où elle est accueillie avec effusion par le séduisant majordome, George. La jeune fille tombe sous le charme. Elle oublie ses racines, néglige ses amis d'enfance et tourne le dos à son soupirant, l'adorable Charlie. Plus rien ne compte à part cette existence idyllique, à côtoyer du beau monde, participer aux soirées occultes et autres séances de spiritisme. Velvet est littéralement fascinée.

Et c'est vrai que ce roman exerce un véritable magnétisme ! La plume de Mary Hooper est toujours aussi élégante et décrit avec réalisme la société victorienne à travers ses us et coutumes, comme la pratique controversée de la voyance et la divination, qui était très à la mode à l'époque et attirait des personnalités comme l'écrivain Arthur Conan Doyle (qu'on croise dans le livre). Mais cette immersion est vécue via l'expérience d'une héroïne naïve et facilement impressionnable, d'où cette sensation frustrante d'être témoin d'une supercherie, d'en deviner les bouts de ficelle mais de demeurer impuissant pour la tirer de sa rêverie. Aussi assiste-t-on à son naufrage avec une certaine compassion.

J'ai beaucoup aimé ce roman, charmant et précieux dans sa conduite, alléchant par son histoire, attentif à broder une vraie trame romanesque et soucieux du contexte historique. De plus, le choix d'associer les couvertures françaises aux illustrations de Pierre Mornet sont aussi un atout de séduction et un attrait stylistique majeurs !

éditions Des Grandes Personnes, septembre 2012 ♦ traduit par Fanny Ladd et Patricia Duez

30 septembre 2014

Petit bilan du mois de septembre ♪♫•*¨*•.¸¸ ♥ ¸¸.•*¨*•♫♪

lalala

Septembre, mois de toutes les résolutions, des nouveaux départs et du blues de la rentrée ! 

J'ai lu (un peu) et aimé : 

♣ La Faiseuse d'anges, de Camilla Lackberg

♣ Complètement cramé ! de Gilles Legardinier

♣ Mon Ange gardien, de Julie James  

♣ L'Homme aux cercles bleus, de Fred Vargas  [relecture]

♣ Fakirs, d'Antonin Varenne  [relecture]

♣ Hunger Games 2 : L'Embrasement, de Suzanne Collins  [relecture]

 

Et grosse moisson de séries TV  (ça faisait longtemps)  ! ! 

Vu,la saison 1 de Bates Motel ... carrément FLIPPANT ! J'ai beaucoup aimé.

bates-motel

 

The Lost Room :  série unique concentrée en 6 épisodes. Scénario original et prenant. ☺

lostroom

 

Whitechapel (sur les traces de Jack l'Éventreur, une transposition très réussie !)

Whitechapel

 

Call the Midwife (saison 2) : simple et mignon, mais tellement attachant... j'adore les personnages, l'ambiance générale et la sensation de cocon douillet qu'elle procure ! 

call-the-midwife

 

The Americans, au contexte historique passionnant, la guerre froide dans les années 80, espionnage et contre-espionnage, un couple bidon aux prises avec les tourments amoureux.... très, très prenant !

theamericans

Masters of Sex (saison 1), recommandé par Muriel ! ;o) Je redoutais une série racoleuse, le pilote a failli confirmer mes craintes, mais la suite s'est révélée beaucoup plus fine et croustillante, avec séquences sulfureuses certes, mais ce serait oublier le scénario peaufiné, l'époque des années 50 follement chic, les personnages faussement propres sur eux, les intrigues combinées etc. C'est tout à fait fascinant ! 

Masters

 

et enfin Haven (d'après la nouvelle de Stephen King, Colorado Kid) ... ambiance géniale pour une histoire incroyable autour de phénomènes étranges qui frappent cette petite communauté du Maine, c'est assez basique au démarrage, puis de plus en plus captivant au vu des révélations faites, ça a été une vraie bonne surprise !

Haven

 ✿

♪♫  C'était la rentrée des classes - On ne m'avait pas dit
Que je ne te verrais pas - Que tu allais rester là - Que tu allais vivre là
Passer toute cette année sans moi

Sister these days came back to me ♫♪♪♪

30 septembre 2014

Bouche d'Ombre : Lou 1985, de Carole Martinez & Maud Begon

Bouche ombre 1

Le premier volume d’une tétralogie fantastique co-signée par la romancière Carole Martinez et la dessinatrice Maud Begon.

Lou et sa bande de potes se livrent un soir à une séance de spiritisme, pour rigoler. Mais une fille du groupe (Marie-Rose) y est hyper sensible et sort bouleversée. Quelques jours après, le groupe est effondré d'apprendre qu'elle s'est suicidée. Lou rumine son chagrin et sa frustration. Elle a forcément oublié un détail, dans les tréfonds de son subconscient. Elle sollicite donc les services d'un spécialiste pour plonger en hypnose et fouiller ses souvenirs. Ce premier pas vers le monde occulte va ouvrir d'autres portes qui ne demandaient qu'à se révéler ! ...

J'ai beaucoup aimé cette lecture. On pénètre le monde des esprits et des rêves, tout en partageant la vie ordinaire de lycéens dans les années 80. Les dessins aussi sont soignés et jouent avec les tons opaques pour troubler davantage le lecteur ! C'est une série à suivre avec intérêt...

Casterman, mai 2014

30 septembre 2014

La Saison des Mûres, de Polly Horvath

Saison des mûres

Raclette (non, ce n'est pas une blague) doit son prénom à un coup de folie de sa mère, le jour de son accouchement. Entre nous, j'ai d'abord pensé au plat montagnard, alors qu'il s'agit de la traduction de l'outil pour gratter... Enfin, passons. Cela vous donne un avant-goût de l'esprit complètement barge de cette lecture ! Et ma foi, j'ai failli lâcher l'affaire car je trouvais que cela partait dans tous les sens. Une jeune fille de 12-13 ans vit avec une mère égoïste qui, sous prétexte d'assouvir sa passion pour le Club de Chasse, décide de l'envoyer passer l'été chez de vieilles tantes dans le Maine.

Raclette fait alors la rencontre des « étranges dames Menuto », tante Penpen et tante Tilly, également connues dans le comté pour leur célèbre coulis de mûres gâtées. Les deux sœurs ont toujours des anecdotes insolites à partager, comme le suicide de leur mère, dont la tête a rebondi sur le sol en éclaboussant les murs. Très glauque, en effet. À ce stade, Raclette doit hésiter entre pousser des cris d'horreur et se demander si ce n'est pas un cauchemar éveillé. (Nous aussi.) Peu de temps après, une autre adolescente, Harper, vient se joindre au trio. Mais que se signifient tous ces abandons ?!! Le Vallon Rose, pourtant, est niché dans les bois, cerné par les ours, donc difficile à repérer.

Ce roman, définitivement, ne fait pas la part belle aux mères trop lâches pour assumer leur rôle. Heureusement l'ambiance générale est à mille lieux de se morfondre : c'est fantaisiste, surréaliste, cocasse... et les sœurs Menuto sont deux petites vieilles adorables. Ce sont leurs excentricités aussi qui font d'elles des êtres aussi attachants et fabuleux. Mais tout ce qu'elles vont partager avec Raclette n'est pas si anodin (la traite des vaches, les leçons de natation, la philosophie bouddhiste... et ce sentiment inaliénable d'avoir trouvé une vraie famille). Ceci dit, il faut accepter d'entrer dans un univers loufoque, complètement tordu et sans repère. Et, somme toute, assez peu accessible pour un lectorat jeunesse.

Neuf (?!) de l'École des Loisirs, mars 2008 ♦ traduit par Hélène Misserly ( The Canning Season) 
illustration de couverture : Alan Mets

☾  ☽

Vu dans Bouche d'Ombre un drôle de couple étonnamment ressemblant aux dames Menuto :

IMG_1969

Une belle réussite que cette bande dessinée écrite par Carole Martinez, l'auteur du roman Le Cœur Cousu ! 

(Casterman, mai 2014)   Lou1985

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