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Chez Clarabel

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13 novembre 2014

Ne lâche pas ma main, de Michel Bussi

Ne lâche pas ma main

Un couple d'amoureux sur l'île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. Un cocktail parfait. Et pourtant...

Martial et son épouse Liane forment un couple parfait, amoureux, en vacances sur l'île de la Réunion. Lorsque la belle jeune femme disparaît, après s'être rendue seule dans sa chambre d'hôtel, le mari se met dans tous ses états et appelle la police. Quelques traces de sang sur le tapis, l'attitude fébrile de l'homme et le témoignage des membres du personnel poussent les enquêteurs à froncer les sourcils. Martial Bellion est trop beau pour être honnête. La capitaine Aja Purvi sent la feinte à plein nez et décide d'en faire son principal suspect. Sur ce, Martial et sa fille Josapha disparaissent de la circulation et partent se réfugier dans les entrailles de l'île, laissant sur leur passage un essaim de cadavres. La gendarmerie est en ébullition, le lecteur aussi. On ne sait clairement plus ce qu'il faut penser, entre douter et aller dans le sens indiqué par l'auteur, on suit bêtement. De toute façon, on voudrait prendre une autre route qu'on ne pourrait pas non plus. La mise en scène est ainsi faite qu'on est pris dans l'engrenage, de notre plein gré, et en toute légitimité. J'ai ainsi lu le livre d'une traite. Les chapitres défilent sous les yeux, le rythme est cadencé, soutenu à un train d'enfer, avec une intrigue redoutable. Sans compter que ce doux contraste entre le décor de rêve et l'histoire aux allures dantesques procure une sensation grisante et déstabilisante, à la fois source d'excitation et d'angoisse. Bref, c'est diaboliquement efficace. On en sort les nerfs à vif, mais émoustillé par cette plongée en Enfer.

Pocket, mai 2014 / Presses de la Cité, mars 2013

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12 novembre 2014

L'Âge des miracles, de Karen Thompson Walker

Lagedesmiracles

Un jour d'octobre, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti.

« Il n'y avait aucune image à montrer à la télévision, ni immeubles en feu, ni ponts effondrés, ni bouts de ferraille tordue, ni terre brûlée, ni maisons emportées par un glissement de terrain. Aucun blessé. Aucun mort. Ce fut, au début, une tragédie invisible. »

L'histoire ne sera finalement pas celle d'un roman post-apocalyptique auquel on est en droit de s'attendre, ici pas de sensationnalisme, juste de la nuance dans ce que vit et ressent la narratrice de douze ans, Julia, à travers un récit subtil, émouvant et très à fleur de peau. On ne s'intéresse pas à l'échelle mondiale, l'histoire se passe en Californie, chez Julia, dont la vie tourne autour du collège, du foot, du piano et de la maison. Un cocon douillet, rassurant. Sauf que tout a été chamboulé. 

Sa mère tombe malade, son père mène une double vie, sa meilleure amie déménage, une marge de la population décide de rejoindre des mouvements protestataires (les partisans du temps réel), son voisinage se déchire, les amis vont et viennent, d'autres se révèlent... Julia aussi se détache de l'enfance, sans être totalement prête pour la prochaine étape, au vu des observations faites sur ses congénères qui la laissent perplexe et désorientée (poussée hormonale ?). Elle est donc coincée dans un entre-deux, pas très à l'aise.

Est-ce seulement la faute du ralentissement ? Pas sûr. « Ç'avait peut-être commencé avant, pourtant je ne m'en suis rendu compte qu'après : mes amitiés se désintégraient. Tout se délitait. C'était une traversée difficile, celle qui menait de l'enfance à l'âge suivant. Et comme n'importe quel périple éprouvant, tout n'y survivrait pas. »

C'est en fin de compte un roman tout en sobriété et pudeur, où les répercussions sur les émotions et les petits riens d'une vie (qui pourrait être la nôtre) sont à peine perceptibles. Pourtant, les effets du phénomène existent et s'insinuent dans l'ordinaire de la vie de manière sournoise. Le contre-coup est déstabilisant, mais c'est ce qui rend cette lecture si attachante. Son aura mystérieuse et le ton nonchalant laissent une empreinte délicate et captivante sur le lecteur. C'est beau. Très touchant. 

« L'amour s'usait et les humains échouaient, le temps passait, les pages se tournaient. »

10/18, février 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre (The Age of Miracles)


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« De nombreuses études ont été consacrées aux effets physiques du mal de la gravité, mais l'histoire ne rendra jamais compte de toutes les vies métamorphosées par les changements de caractère, plus subtils, qui accompagnèrent le ralentissement. Pour des raisons que nous n'avons pas entièrement comprises, le ralentissement, ou plutôt ses effets ont modifié la chimie de certains cerveaux, transformant de façon notable l'équilibre précaire entre pulsions et maîtrise de soi. »

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« Nous étions des enfants de la plage, du soleil. Nous ne connaissions rien à la neige. Je n'en avais jamais vu tomber, je ne savais pas qu'elle était si légère au début, qu'elle cédait si facilement sous les semelles, je n'avais jamais entendu ce crissement unique. Je ne savais pas, avant ce jour, que la neige étouffait tous les sons, assourdissant à sa façon le vacarme du monde. »

 

11 novembre 2014

14-18 : lectures pour ne pas oublier

14-18 Dedieu

 

14-18 : Une minute de silence à nos arrière-grands-pères courageux par Dedieu (Seuil)

 

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La Vie au bout des doigts, par Orianne Charpentier (Gallimard jeunesse, Scripto)

 

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Force Noire, par Guillaume Prévost (Gallimard jeunesse, Scripto)

 

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Cheval de guerre, par Michael Morpurgo (Gallimard jeunesse)

 

Mais aussi, 

 

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Avant la tourmente (tome 1 de La saga des Reavley) d'Anne Perry (10/18)

 

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Une lettre de vous, par Jessica Brockmole (Presses de la Cité)

 

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Le retour du capitaine Emmett,  par Elizabeth Speller (10/18 Grands Détectives)

 

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Toutes ces vies qu'on abandonne, de Virginie Ollagnier (Points)

 

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Par un matin d'automne, de Robert Goddard, (Le livre de Poche)

 

11 novembre 2014

Cadavre 19, de Belinda Bauer

Cadavre 19

Patrick, étudiant en anatomie, a choisi cette spécialité pour mieux comprendre la mort. Selon son professeur, les cadavres ne parlent pas mais ont tout à délivrer. En salle d'autopsie, face à un corps anonyme, estampillé Cadavre 19, Patrick et ses camarades épluchent, décortiquent, classent, cataloguent, analysent bout par bout. Leur but étant de découvrir la cause du décès. Et non l'identité du mort. Patrick, lui, en fait une fixation.

Contrairement aux autres étudiants, Patrick a besoin d'éclaircir tout ce qu'il voit, entreprend, entend, découvre. Il est atteint du syndrome d'Asperger. Mais surtout, il n'était qu'un enfant lorsque son père a été fauché par une voiture sous ses yeux. Ce drame continue de le hanter, car il a le sentiment d'avoir été floué sur le pourquoi et le comment. Inutile d'attendre de sa mère le moindre geste de compassion, ancienne alcoolique, elle est toujours autant à côté de la plaque !

Voir Patrick partir à l'université, partager une colocation, prendre son indépendance représente pour elle le début de la normalité. Un poids en moins. Un soupçon de soulagement. Le garçon n'est pas d'un caractère sociable, mais s'adapte à sa façon au mode de vivre de Kim et Jackson. Il ne cache pas que le Cadavre 19 ne cesse de le turlupiner, qu'il est contrarié par ses mystères, d'autant plus qu'il vient de mettre le doigt sur un détail peut-être déterminant pour la suite !

À côté de ça, on suit l'histoire d'un service de réanimation de l'hôpital de Cardiff, où infirmières et corps végétatifs nous livrent des confidences faussement anecdotiques, car de fil en aiguille on devine qu'elles vont compléter un tableau ombrageux. J'ai beaucoup aimé ce principe de constructions par petites briques, ci et là, on vivote, on stocke chaque information avant le tomber du rideau. C'est très réussi.

Le dénouement est, cependant, plutôt précipité. On a un enchaînement de coïncidences, plutôt abrupt. On se sent assommé par la succession des révélations et autres secrets déterrés. Cela manquerait presque de finesse si le reste du roman n'avait été aussi alléchant et parfaitement conduit. Donc, aucun souci. On a une intrigue qui se conclut de façon diabolique, mais efficace. Belinda Bauer a su proposer un roman original, qui s'est distingué par sa structure alambiquée et son « héros » au comportement singulier.

Fleuve Noir, septembre 2014 ♦ traduit par Christine Rimoldy (Rubbernecker)

10 novembre 2014

Vivants, d'Isaac Marion

vivants

R est un zombie. Il n'a pas de nom, pas de pouls. Mais il rêve. Dans la carcasse d'un Boeing, sa nouvelle demeure, il passe son temps à écouter du Sinatra sur sa vieille platine. R est nostalgique d'un temps dont il n'a gardé aucun souvenir. Son existence d'âme errante lui pèse. Un zombie avec une conscience ? Sérieusement ? Eh oui.

Un jour, lors d'un raid avec ses potes décérébrés, R tue un jeune milicien, lui avale sa cervelle et épargne la vie de la jeune fille qui l'accompagnait. Car R vient d'être frappé d'un étrange phénomène : il s'est retrouvé dans la tête de sa victime, un dénommé Perry. Déboussolé, il entraîne Julie avec lui, dans son royaume des damnés.

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Ahem. Je range ma perplexité dans ma poche.

Julie, plutôt docile en de pareilles circonstances, va se fondre dans l'univers de R et ainsi assouvir sa grande curiosité sur les zombies. Et l'on parle d'une histoire d'amour ? Attendez, ne nous emballons pas, et puis c'est techniquement im-po-ssi-ble. Même R nous livre des détails à ce sujet qui dissipent tout malentendu. Merci.

Par contre, chose étonnante, je me suis surprise à rire, mais rire, en lisant ce roman. 

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Loin d'être un zombie amorphe, R se révèle un narrateur faisant montre d'un humour sarcastique, avec un solide sens de la dérision. Julie aussi a du répondant, mais sous son apparence de fille forte, se cache un être sensible, fragilisé par le décès de sa mère et l'éducation militaire de son père.

Et puis, tout va basculer : Julie se rend à l'évidence, sa place n'est pas dans ce repère de morts-vivants. Mais R n'envisage pas d'être séparé d'elle. Solution de l'équation ? Notre couple improbable doit se résoudre à cet amour maudit ? Non plus. Quitte à tout perdre, autant prendre tous les risques. Yalla !

Ainsi se déroule cette histoire absolument ahurissante, menée tambour battant, totalement imprévisible et sauvage. J'ai ri, mais alors quelle bonne surprise ! Moi qui considérais avec perplexité ce roman proposant une « histoire d'amour entre un Mort et une Vivante », j'ai finalement découvert un récit étonnamment drôle et qui sort des sentiers battus.

Seul le dénouement me laisse dubitative, mais ne nuit pas à mon enthousiasme global. Mine de rien, j'ai tout de même souligné pas mal de répliques hilarantes... 

« - J'ai faim, dit-elle.
Je la regarde sans comprendre. Faim ? Qu'est-ce qu'elle veut ? Un bras ou une jambe ? Du sang chaud, de la viande et de la force vitale ? C'est une Vivante... elle veut peut-être se manger elle-même ? » 

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Ah ! ah ! ... 

Bragelonne, octobre 2011 pour la présente édition ♦ traduit par Benoît Domis (Warm Bodies)

 

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8 novembre 2014

La Distance astronomique entre toi et moi, de Jennifer E. Smith

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Le jour où New York plongea dans le noir complet, suite à une panne de courant généralisée, Lucy se trouvait dans l'ascenseur de son immeuble. Elle n'était pas seule dans la cabine, puisque se trouvait déjà Owen, le fils du gardien, qui porte toujours un casque sur ses oreilles, comme pour se couper du reste du monde. Pour la première fois, ce jour-là, Lucy et Owen firent connaissance.

Subtil et délicat roman que voilà ! Il vous parle d'une rencontre anodine, pas un coup de foudre, mais une histoire pas simple, pas commune et assez émouvante. Lucy et Owen vont vivre une nuit fantastique, sous l'impulsion du hasard. Comme une bulle fragile dans cette existence éthérée. Puis, Lucy part vivre de l'autre côté de l'océan, tandis que Owen accompagne son père pour un road-trip vers l'Ouest. Les dés sont jetés. Leur début de relation n'est plus à une onde sismique près.

Car ils ont également d'autres fantômes à leurs trousses. Lucy est une solitaire par dépit. Elle a grandi en tant que spectatrice désemparée de la relation fusionnelle de ses parents, se sentant de plus en plus mise à l'écart, le cordon ombilical remplacé par des cartes postales. Owen, lui, doit soutenir son père qui ne se remet pas de la perte de son épouse, dans un accident de voiture. Leur installation à New York a été un déchirement, aussi n'ont-ils pas rechigné au moment de mettre les voiles.

C'est assurément un roman chargé de tendresse et d'attention, de désœuvrement et d'infortune. J'ai eu un peu de mal de croire à une telle histoire, même si je lui reconnais toutes les qualités de justesse, frisson, sincérité et empathie. C'était adorable de suivre une relation aussi brinquebalante se construire, malgré les aléas du destin. Le couple ne manque pas de ressources, est attachant à sa façon, forcément ça interpelle.

Cette histoire bouleversante nous fait prendre conscience du poids de la famille, des abîmes qui se creusent et laissent ce sentiment d'insatisfaction dans l'estomac. C'est touchant, ça ne vous laisse pas indifférent, le reste n'est qu'anecdotique... 

Hachette jeunesse, coll. Bloom, octobre 2014 ♦ traduit par Frédérique Le Boucher (The geography of you and me)

♣ Son premier roman, La probabilité statistique de l'amour au premier regard, est disponible en format poche  ♣

7 novembre 2014

Bienvenue, volume 3 - de Marguerite Abouet et Singeon

Bienvenue 3

Dernier rendez-vous avec Bienvenue ! 

Le ton est hâtif, il vous presse comme un citron, nous sommes dans la dernière ligne droite et ça donne le tournis. Bienvenue commence à saturer de sa vie actuelle, elle aime ses amis et ses voisins, mais elle absorbe trop leurs problèmes et n'a plus une minute à elle. Aussi, quand elle se retrouve déconfite et en quête d'une oreille attentive, Bienvenue est vexée de n'avoir personne sur qui compter ! 

C'est donc avec excitation (et soulagement) qu'elle accepte d'accompagner Octave et Alice à la campagne. Cette famille aussi a besoin de ressouder les liens. Ce bon bol d'air va être profitable à tous - Bienvenue se métamorphose, plus reposée et épanouie que jamais. Le père des enfants se révèle d'une compagnie enchanteresse... bref, ça continue de tourner dans la tête de notre héroïne ! 

À Paris, les laissés-pour-compte se sentent désemparés par la désertion de Bienvenue et vont apprendre à se dépatouiller eux-mêmes, comme des grands. Et un à un, les morceaux du puzzle vont regagner leur place pour former un tableau génial, un peu bancal, mais resplendissant de couleurs et d'optimisme. Tout notre petit monde est en bonne voie de guérison ! 

Et c'est joyeux, bouillonnant de vie, avec ses envies, ses rires et ses larmes. Le temps est venu de faire des choix, en amour, en amitié, en famille ou pour son boulot. D'assumer sa féminité. D'avoir un père imparfait. De cumuler trop de petites choses, au lieu de construire une structure plus imposante. De rappeler aux autres qu'on existe aussi.

Bienvenue revient plus forte, plus sûre d'elle. Elle sait ce qu'elle veut et va faire du tri dans sa vie ! Haut les cœurs, les marmitons ! Jusqu'à la dernière page, le suspense demeurera entier. Et c'est avec un petit pincement qu'on referme ce livre, qu'on quitte cette série pleine de tendresse et dont la simplicité avait su tant nous séduire... C'était si proche de la vraie vie, dans l'esprit d'un roman à la « Ensemble, c'est tout ». Oui, c'était tellement bien. 

Gallimard, coll.  Bayou, octobre 2014

7 novembre 2014

Au secours, Scarlett ! de Maureen Johnson

Suite des aventures de la famille Martin à New York ! 

au secours scarlett

Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, octobre 2014 ♦ traduction de Cécile Dutheil de la Rochère

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La rentrée approche et de nouveaux chamboulements attendent nos héros new-yorkais : Spencer fait ses premiers pas sur scène mais récolte le titre de vedette la plus haïe de la ville, Lola a le cœur brisé et ne veut pas entendre la voix de la raison, Scarlett est forcée de chaperonner une jeune comédienne en herbe, Chelsea Biggs, dont le frère Max la traite avec dédain. Et Éric est de retour en ville et tente de renouer contact, mais la blessure suite à sa goujaterie est toujours à vif. 

C'est un tel bonheur de retrouver la famille Martin et s'immiscer dans leur vie qui tourne essentiellement autour du théâtre et de la comédie. On se sent vite à l'aise dans cette famille, où les notions d'entraide, d'humour et de joie de vie ne sont guère usurpées. En toile de fond, la ville de New York offre un cadre idyllique, à effet magique ! On referme son livre sur une note d'enchantement, c'était frais, pétillant et enthousiasmant, un joli moment de dépaysement aussi.

Anecdote rigolote : le livre est dédicacé aux membres du groupe Abba. « Because they taught us all that we too can be the Dancing Queen. » 

6 novembre 2014

Souvenirs perdus, tome 2 : Cendres, de Samantha Bailly

Risque de spoilers (cf. tome 1 : Étrangère

Souvenirs perdus

Nel et Syon sont désormais des fugitifs recherchés à travers tout le continent d'Hermetis. Leurs certitudes à propos de leur île natale, Enfenia, et de son Protecteur, le Léviathan, viennent d'être cruellement ébranlées. Syon ne souhaite plus qu'une chose, retrouver Isil, la jeune amnésique. Celle-ci, en quête de son identité, est en route pour rejoindre La Lueur, cet homme mystérieux qui dirige Hermetis d'une main de fer et qui prétend la connaître mieux que personne.

Ce tome 2 met à jour de nouvelles révélations à travers une narration qui laisse peu de place au temps mort ! C'est particulièrement grisant. L'auteur ne cesse d'enrichir son univers, mais propose aussi une intrigue toujours plus dense et palpitante. De plus, là où je trouvais les agissements des personnages immatures, en décalage avec la teneur de leurs aventures, j'ai eu l'agréable surprise de les voir évoluer en une attitude plus cohérente (et moins juvénile). D'un style toujours agréable, dépeignant un monde enchanteur, non dénué de zones d'ombre, ce roman se savoure et dévoile une lecture charmeuse et charmante. Le rythme de parution étant, de plus, très rapproché, on n'a pas trop le sentiment d'avoir quitté cet univers qu'on le retrouve déjà ! Le dénouement approche... il me tarde d'obtenir toutes les réponses soulevées par cette intrigue chargée de mystères. 

Syros, septembre 2014 ♦ Le troisième et dernier tome de la série paraîtra en janvier 2015 !

6 novembre 2014

Chitty Chitty Bang Bang et la course contre le temps, de Frank Cottrell Boyce

Chitty Chitty Bang Bang et la course contre le temps

Le retour de la famille Klaxon au volant de la célèbre voiture Chitty Chitty Bang Bang

Et cela démarre sur les chapeaux de roue pour notre famille, qui a atterri au beau milieu de la préhistoire et se trouve nez à nez avec un tyrannosaure affamé. Branle-bas de combat, les Klaxon prennent la fuite dans la jungle tandis que Petit Harry fait des siennes : émerveillé par ce monstre, il tape dans les mains comme au spectacle. Ce petit bout d'homme n'a pas fini d'interpeller le tyrannosaure et douze de ses congénères !

Heureusement, Chitty Chitty Bang Bang va les tirer de ce mauvais pas en s'envolant toujours plus haut, toujours plus loin. À peine remise de ses émotions, la famille apprend, en route, que leurs ennemis jurés (Nounou et Mini Jack) ont pu s'introduire chez eux pendant leur absence. Quelle infamie. Pour les combattre, les parents Klaxon décident d'aller chercher des alliés. Qui mieux que les précédents propriétaires de Chitty - la famille Pott, en 1966 - pour les aider ?

Au lieu de ça, ils débarquent à New York en 1926, en pleine période de Prohibition, et rencontrent le sémillant comte Zborowski. Pilote de courses virtuose et tout premier propriétaire de la célèbre Chitty, avec laquelle il a remporté la Course de l'Éclair en 1922. L'homme est sur des charbons ardents, prêt pour un nouveau titre de champion, et carbure de bonheur en buvant du champagne et en écoutant du jazz avec ses amis Duke Ellington et Count Basie. Ambiance grisante pour notre famille, qui en oublierait presque ses objectifs. Pourquoi ce voyage choisi exprès par Chitty ? La famille Klaxon n'est pas au bout de ses surprises.

Aventure en cascade, course-poursuite haletante et voyage dans le temps sont le trio gagnant de cette sympathique série. Les péripéties sont nombreuses, mêlant rencontre, danger et suspense, de quoi emballer les jeunes lecteurs ! Le ton du récit est vif et trépidant. Pas un seul instant on ne s'ennuie ! Et on a aussi le sentiment d'apprendre en s'amusant, à travers les découvertes de nouvelles cultures et autres anecdotes historiques. Les illustrations de Joe Berger se fondent à ravir dans le décor, et la fin du tome appelle une suite imminente !

Gallimard jeunesse, juin 2014 ♦ traduit par Catherine Gibert (Chitty Chitty Bang Bang and the Race against the time) ♦ illustrations de Joe Berger

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