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Chez Clarabel

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8 juillet 2014

Les Augustins, de Mélisa Godet

Les Augustins

Malika est une jeune journaliste pour un magazine web et cherche à imposer sa marque en acceptant de partager la vie d'un squat pour une idée de reportage audio et photographique. Elle est fraîchement accueillie par un artiste de la bande des Augustins, Gabor, vexé d'avoir été dupé par la belle lors de leur première rencontre (elle lui avait raconté une histoire à dormir debout !). Une tension bénéfique pour pimenter gentiment la lecture autour d'une relation pleine de peps et de charme. Sans quoi, sur place, Malika ne rencontre aucun souci d'adaptation ni d'acceptation. Elle fait connaissance avec les militants de l'association Droit d'agir, Thomas, Marc, Lino... Se lie d'amitié avec la vieille Jacquotte, dont le franc-parler fait glousser dans les chaumières. Se passionne pour les histoires des marginaux, des sans-papiers, des opprimés, des désenchantés, des taiseux, etc. Cette totale immersion offre un aperçu des exclus de la société et du solide sens d'entraide qui découle de leurs petites misères. C'est vraiment pas mal du tout, au-delà de l'aspect sociétal et politique, j'ai retenu de ma lecture l'image d'une belle générosité autour d'une communauté bigarrée, attachante et joyeuse. Avec des personnalités entières, rayonnantes et très touchantes. C'est un premier roman, récompensé par le prix Nouveau Talent 2014, qui se révèle une fraîche et agréable découverte. On suit aussi l'histoire d'une jeune femme en quête de ses origines, animée d'une ambition farouche mais pas écrasante. Malika est sensible et passionnée, elle a tout à gagner de son expérience ! Certes, l'intrigue est gentille, pas surprenante, mais quel plaisir (simple) de lecture !

JC Lattès ♦ mai 2014

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7 juillet 2014

Profanation, de Jussi Adler Olsen

Profanation

Un peu frustrant d'avoir attendu deux ans la version audio de la deuxième enquête du département V (le livre est d'ailleurs déjà disponible en format poche)... Toutefois, c'était très agréable d'écouter Julien Chatelet, qui a pris la relève d'Éric Herson-Macarel, pour une lecture à la fois glaçante et captivante. On suit une sombre histoire de démence et de sadisme, à la Orange Mécanique, au cœur de laquelle des jeunes gens de bonne famille ont choisi la violence comme acte de rébellion, sans jamais être inquiétés. Vingt ans que cela dure. Aujourd'hui ils règnent sur des empires et se fichent complètement des familles endeuillées, meurtries et éplorées qui n'ont jamais obtenu gain de cause. Mais notre Carl “Zorro” Morck a mis le nez dans leurs affaires et entend les traquer jusqu'au bout de la nuit pour les mettre k-o. Dans sa ligne de mire : une jeune femme du nom de Kimmie (ancienne complice de ce groupe infâme). Elle a disparu de la circulation, en emportant tous leurs secrets. Fragile et animée d'une haine farouche et vengeresse, elle est parfaitement incontrôlable et fait donc l'objet de toutes les convoitises. Finalement, le suspense du roman repose entièrement sur cette attente, pas de connaître l'identité des coupables, on les connaît, mais de savoir comment “ils” vont tomber. Le rendu est assez bien maîtrisé, explosif et oppressant. On ne nous épargne aucun détail glauque non plus. Du coup, on se détache complètement du récit, sauf pour s'intéresser aux petits extras impliquant Assad, Rose (la nouvelle venue), Mona la psy et Hardy le flic dépressif... Une ambiance riche et excitante, qui pallie les faiblesses d'une intrigue policière trop rompue aux actes d'une rare barbarie.

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par Julien Chatelet (durée d'écoute : 13h 50) ♦ traduit par Caroline Berg pour les éditions Albin Michel

7 juillet 2014

Ceux qui tombent, par Michael Connelly

Ceux qui tombent

Dix-septième enquête de l'inspecteur Harry Bosch !! Pour moi, c'est seulement la deuxième fois que je le croise, après une modeste apparition auprès de Mickey Haller (dans Volte-face). Voilà qui expliquerait pourquoi je me suis sentie en marge du récit, qui délivre ses petites allusions aux initiés, en laissant de marbre la néophyte que je suis. Bref, j'ai tenté par curiosité... mais force est de reconnaître que j'apprécierais davantage ses enquêtes si je les suivais par ordre chronologique. Je ne vais pas mentir en criant au génie, car j'ai trouvé l'ensemble assez convenu et peinard, peut-être parce que j'avais imaginé une lecture beaucoup plus palpitante ! Par contre, le personnage de Harry Bosch m'a plu tout de suite, sans demi-mesure, autant dans son travail, têtu, appliqué, instinctif et appartenant à la vieille école (son cahier des morts !), mais aussi dans sa vie personnelle, avec sa fille, tendre et complice, ou son collègue, paternaliste et susceptible. Sa vie sentimentale le voit incertain et vacillant, mais il tente... le rendez-vous d'un soir, une promesse d'un lendemain meilleur ou la cruelle désillusion. Finalement, ce livre se lit, et s'estime, dans un ensemble, et non comme un simple épisode, sous peine de frustration ! Me voilà prévenue.

Jacques Chaussepied nous réserve une brillante interprétation de cette intrigue où Bosch travaille sur deux dossiers distincts, l'un pour déterminer la cause de la mort du fils d'un conseiller avec qui il ne s'est jamais entendu, et l'autre pour expliquer comment un pédophile a pu se rendre coupable d'un crime à seulement l'âge de huit ans ! Deux enquêtes précautionneuses, qui n'affolent ni les personnages ni le lecteur.

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intrégral lu par Jacques Chaussepied (durée d'écoute : 11h 38) ♦ traduit par Robert Pépin pour les éditions Calmann-Lévy

30 juin 2014

Petit bilan du mois de juin ♪♫•*¨*•.¸¸ ♥ ¸¸.•*¨*•♫♪

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Fin juin ! Nous avons largué les amarres, nous profitons des plaisirs gourmands de la plancha et des apéros au vin blanc à l'ananas, mais voici un petit rappel de nos lectures préférées du mois : 

♥ Thérapie, de Sebastian Fitzek

♥ Un avion sans elle, de Michel Bussi

♥ Les sœurs de l'océan, de Lucy Clarke

♥ Ce si joli trouble, de Cora Carmack

♥ Les mots bleus de Félicie, de Natalie Lloyd

... et la pensée profonde du printemps :

le Kusmi thé vert à la fraise a le même goût que le Hollywood chewing-gum à la fraise ! 

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26 juin 2014

☼☼ un avant-goût de vacances ! ☼☼

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En route pour notre pèlerinage annuel, on va buller et recharger les batteries ... à bientôt !   

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26 juin 2014

Bloub bloub bloub, de Yuichi Kasano

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Papa et Fiston se rendent à la mer. C'est l'été, il fait chaud. Le petit garçon se prélasse sur sa bouée, savourant le balancement des vagues.
Soudain, bloub bloub bloub ... Il s'agit seulement de papa, qui surgit sous la bouée.
À nouveau, bloub bloub bloub ... Tiens, c'est madame Tortue !
Et ce n'est pas fini !
Les “bloub bloub bloub” rythment l'histoire et viennent l'agrémenter joyeusement de petites jaillissements cocasses, qui s'illustrent sous l'apparition d'un défilé des espèces animales vivant en mer et qui vont s'amuser à édifier une étonnante pyramide.
La lecture est confortée par des dessins d'une grande douceur, avec de jolies couleurs pastel et une tranquillité ambiante qui fait plaisir à découvrir. C'est frais, chaleureux, réconfortant et l'histoire se termine dans un grand éclat de rire.
De plus, l'album se présente sous un format original avec des pages (cartonnées) qui se tournent à la verticale, façon bloc-notes, le moyen de rendre compte de la renversante tour de Babel qui jaillit de l'eau et se présente sous nos yeux ébahis.
Une lecture très convaincante et qui invite les enfants à la lire encore et encore.

L'École des Loisirs, mai 2014

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26 juin 2014

Les vacances, d'Isabelle Gil

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La famille escargot est de retour en librarie, pour raconter son départ en vacances. C'est l'été. Au programme : un petit coin de paradis, une douce oisiveté, des baignades et des bains de soleil... De quoi engranger de beaux souvenirs ! Isabel Gil a ressorti ses petites pâtes à modeler afin de mettre en scène ses gastéropodes dans des situations de la vie quotidienne en villégiature, avec l'aide d'ustensiles concrets (coquillages, chapeaux de paille, sable doré, noix de coco etc.). Mais c'est surtout la parfaite petite lecture de saison, avec des photographies éclatantes : bonjour les vacances, le soleil, la mer, la détente !

Loulou et Compagnie ♦ mai 2014

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25 juin 2014

Love letters to the dead, par Ava Dellaira

« Je sais que May est morte. Je veux dire, j'en suis consciente mais j'ai l'impression que c'est pas pour de vrai. Qu'elle est toujours là, avec moi. Qu'une nuit, elle rentrera par la fenêtre après avoir fait le mur et me racontera ses aventures. Peut-être que si j'arrive à lui ressembler plus, je saurai mieux vivre sans elle. »

LOVE LETTERS TO THE DEAD

Laurel doit rendre un devoir d'anglais consistant à rédiger une lettre au mort de son choix. De Kurt Cobain à Judy Garland, River Phoenix ou Amelia Earhart, Janis Joplin et Amy Winehouse, l'adolescente mixte entre l'admiration qu'ils lui inspirent et son histoire personnelle. Sa sœur aînée vient de mourir, sa famille a volé en éclat mais elle n'est pas prête pour en parler. Secrète et pudique, elle a donc choisi un lycée où personne n'a eu vent de la tragédie, elle passe son temps à raser les murs et rêve de loin d'un garçon mystérieux (Sky). Seules ses lettres lui permettent d'évacuer son trop-plein d'émotion, de raconter son année dans ce lycée loin de chez elle, avec ses rencontres, ses nouvelles amitiés, ses découvertes musicales, sa première histoire d'amour, et insidieusement le drame de sa vie, la cause du décès de sa sœur. La lumineuse et éblouissante May, qui faisait la joie de ses parents, qui était toujours très entourée, aimée par tous, avec une forte personnalité, indépendante et frondeuse. Laurel n'a eu de cesse de se sous-estimer et tente de faire son deuil en se glissant dans la peau de sa sœur, en revêtant ses toilettes ♪♫the lady in red♫♪, et en imaginant ainsi absorber toute son aura pour se rendre plus importante aux yeux des autres ! J'ai été un peu déçue par l'écriture (ou la traduction) de ce roman, généreusement comparé à celui de Jandy Nelson, mais il est nettement moins bon et ne m'a pas touchée de la même façon. L'histoire n'est pas inintéressante, elle aurait pu être bouleversante mais je n'ai pas eu le déclic. Par contre, pour l'amatrice de musique que je suis, certains passages sont du petit lait à boire. Dommage pour le reste. Cette promesse de lecture n'a pas été à la hauteur des attentes initiales...

Michel Lafon, mai 2014 ♦ traduit par Philippe Mothe

25 juin 2014

L'été des secondes chances, de Morgan Matson

morganmatson

Sortez les mouchoirs ! Ce livre est tout sauf une lecture estivale, légère et distrayante. C'est un concentré d'émotions fortes et poignantes, loin d'être un ersatz de la fabuleuse trilogie de Jenny Han (L'été où je suis devenue jolie), C'est très triste et cela nous laisse, de surcroît, d'humeur morose ! L'histoire raconte les dernières vacances d'une famille bientôt confrontée au deuil. Le père, malade, a voulu passer l'été auprès des siens, pour ressouder le clan et profiter de chaque instant ensemble. Pour Taylor, c'est aussi l'occasion de revoir ses amis d'enfance qu'elle avait quittés, sans un adieu, cinq ans plus tôt. L'heure des explications a sonné, mais la demoiselle se la joue toujours mutine et insaisissable... hmm ! Autant l'avouer, je n'ai pas su m'attacher à l'héroïne. Elle a mille fois l'occasion de tout dévoiler, au lieu de quoi elle maintient le mystère et se drape dans une image peu glorieuse. On perd un temps fou à s'interroger sur la raison de sa lâcheté, qui se révèle scandaleusement puérile, et on finit par se demander s'il était utile de broder une partie de l'histoire sur une trame aussi neuneu. Parce que c'est tellement futile, en comparaison du sort qui s'acharne sur cette famille face à la maladie. La bluette adolescente me laisse donc un goût mitigé, à côté de ça j'ai aimé la tendre complicité entre Taylor et son père, toute l'émotion, la fin déchirante et bouleversante. On a le cœur si lourd après !...

Hachette jeunesse, coll. Bloom ♦ juin 2014 ♦ traduit par Alice Delarbre

24 juin 2014

L'Été où j'ai sauvé le monde en 65 jours, de Michele Weber Hurwitz

L'été où j'ai sauvé le monde en 65 jours

Nina habite un lotissement en forme de croissant comprenant huit habitations. Tout le monde se connaît, mais se replie dans sa routine quotidienne. En ce début d'été, l'adolescente s'ennuie. Ses parents sont accaparés par leur boulot, son frère Matt fuit la maison le plus souvent possible, sans la moindre explication, son amie d'enfance Jorie s'est mise en tête de sortir avec Eli, l'autre pilier de leur trio infernal. Donc, Nina se sent seule. La pensée de sa grand-mère, décédée un an plus tôt, lui file le bourdon. Mais c'est en sa mémoire qu'elle va se retrousser les manches pour accomplir des petits miracles dans la vie de ses proches. Cela commence en voyant sa vieille voisine, Mme Chung, la jambe plâtrée, tenter de planter des œillets d'Inde, avant d'abdiquer pour se reposer chez elle. La nuit, Nina se faufile dans son jardin pour lui venir en aide en toute discrétion. Et comme ça, chaque jour, Nina rend service à ses voisins, dépose un petit chocolat dans leur boîte aux lettres, glisse une bougie parfumée, prépare des cookies, fait des compliments, recoud une cape, etc. Ce sont des petits riens, mais soudainement la vie du quartier se sent chamboulée par ses actes anonymes, pleins de bonté gratuite. Nina, elle, devra aussi se faire entendre par sa famille, la réunir autour d'une discussion à cœur ouvert et ressouder cette unité qui lui manque. En bref, c'est un tout petit livre à déguster au vert, au frais, en vacances. L'héroïne est très attachante, son histoire toute simple mais tout à fait charmante. Elle dégage une belle énergie et un flot de bonnes ondes. Cela fait un bien fou !

Gallimard jeunesse ♦ coll. Scripto, juin 2014 ♦ traduit par Emmanuelle Casse-Castric

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