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Chez Clarabel

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24 juin 2014

Les mots bleus de Félicie, par Natalie Lloyd

« Tu vois des mots qui valent la peine d'être gardés ?
- Je vois tout un ciel de mots. »

Les mots bleus

On raconte qu'à Midnight Gulch, autrefois, les gens vivaient heureux. C'était un endroit magique, “pour être chez soi”. La légende dit que deux frères possédaient cette magie, qu'ils partageaient à travers la musique, la danse, le spectacle. Et puis ils se sont fâchés et ont quitté la ville. Depuis, la magie a également déserté les habitants, qui veulent à leur tour s'en aller. C'est aussi la maladie du “cœur errant”. Félicie la connaît bien, puisque sa maman en est atteinte. Depuis toujours, sa sœur et elle traversent les états, sans jamais se poser nulle part. Cette fois, elles ont trouvé refuge chez leur tante Cléo et entendent profiter un maximum de leur séjour à Midnight Gulch. Il y a dans l'air quelque chose qui fait battre le cœur de la fillette un peu plus fort. Elle y voit des mots partout, flotter, danser, chalouper. Ils lui racontent une histoire qu'elle seule peut saisir et rapporter lors d'une compétition organisée par l'école. Mais parler en public n'est pas le point fort de Félicie. Autant elle capte les mots, s'en empare, les recopie dans son cahier et les assemble pour écrire des histoires fabuleuses, autant à l'oral elle avale tout, elle balbutie, se confond, se morfond. Une catastrophe. Et pourtant, encore une fois, les choses vont changer pour elle. Pour la première fois, Félicie a rencontré un véritable ami. Le Bidole ! Encore un secret jalousement gardé, qui fait partie du folklore de cette incroyable petite ville. L'effet est terriblement intriguant, poétique et fascinant. J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui fait aussi la part belle à la générosité, au partage, à l'amitié, l'amour, la magie... et au pouvoir des mots. Vraiment, c'est une lecture enchanteresse !

Seuil jeunesse, juin 2014 ♦ traduit par Cécile Nelson

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23 juin 2014

Faux Rebond, par Harlan Coben

FAUX REBOND

Myron Bolitar #3

Myron Bolitar est recruté en tant que remplaçant dans l'équipe de basket des Dragons, l'occasion pour lui de revivre son rêve brisé trop tôt (carrière fichue à cause d'une blessure). Son entourage fait grise mine, mais lui se défend... On a fait appel à ses services de “détective”, puisqu'il doit enquêter sur l'étrange disparition du joueur vedette, Greg Downing, sans alerter la presse ni la police. Quelques indices troublants viennent chiffonner notre agent reconverti, lorsqu'en fouillant la maison du disparu, il découvre des traces de sang au sous-sol. À l'instar de ses aînés, “Faux rebond”, troisième titre de la série, se lit sur la même fréquence : distraction, plaisir, détente. Non l'intrigue ne brille pas par son originalité. Oui l'auteur se fiche de nous à pérorer des sornettes (The Cranberries n'est pas un groupe de filles, pardi !). Mais c'est de bonne guerre, l'auteur et ses petites manies me font généralement sourire. Ainsi, cet extrait : « L'entrée de Myron passa inaperçue. Personne ne leva le nez. Dans les westerns, tout le monde se tait lorsque le shérif franchit la porte du saloon, étoile sur la poitrine et colt sur la hanche. C'était peut-être ça, le problème. Myron n'avait ni étoile ni flingue, et la porte à simple battant ne grinçait pas sur ses gonds. » Mouarf ! L'idée globale de confronter le héros à ses vieux démons était judicieuse, mais mal exploitée (l'excuse du braquage et puis tout ça... pff !). J'ai senti mon esprit flotter dans le flou... avant de se ressaisir à la lecture d'un dénouement qui m'a prise au dépourvu. Je signe pour la suite, en compagnie de Myron, Win et Esperanza (et une nouvelle venue : Big Cindy). 

Pocket, Septembre 2011 pour la présente édition ♦ traduit par Martine Leconte pour les éditions Fleuve Noir

23 juin 2014

Central Park, de Guillaume Musso

Central Park

Alice travaille à la police criminelle de Paris. Gabriel est pianiste de jazz à Dublin. Ils ne se connaissent pas mais se réveillent tous deux sur un banc, à Central Park, menottés l'un à l'autre. La veille encore, Alice sortait avec ses copines pour une soirée bien arrosée. Que lui est-il arrivé, que fait-elle à New York et que diable lui veut cet inconnu qui ne la quitte plus d'une semelle ? Ils décident malgré tout de faire équipe et se lancent bon gré mal gré dans une enquête endiablée, sur la piste d'un tueur en série, qui sévit depuis trois ans dans la capitale française. Son potentiel retour fait frémir d'horreur Alice, qui en a fait une affaire personnelle. C'est le deuxième roman de l'auteur que j'écoute à l'approche des vacances. L'expérience est assez déconcertante, pas contre l'interprétation lisse et impeccable de David Manet, mais par principe. En fait, j'ai été plutôt agréablement surprise par l'histoire, au scénario bien ficelé, mené tambour battant et au suspense efficace. J'ai vraiment bien accroché, et ce pendant les 3/4 du roman. Puis, la fin... désolante. Je l'ai trouvée tellement décevante, en comparaison du reste. Limite banale. J'ai eu la sensation de retomber lourdement sur mes pieds. Dommage. Je pensais m'en tenir au seul reproche de l'écriture, pour moi, maniérée et précieuse (« les mille nuances des reflets d'or de son chignon, son visage fragile et diaphane, ses lèvres sèches rose pâle d'où sortait un souffle chaud »), mais le dénouement a le goût d'un soufflet dégonflé. Mouaip ! ... 

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intégral lu par David Manet (durée d'écoute : 7h 50) ♦ 

20 juin 2014

N'oublier jamais, de Michel Bussi

N'oublier jamais

En sortant faire son footing, près des falaises d'Yport, Jamal n'imaginait pas croiser le chemin d'une belle jeune femme éplorée, prête à se jeter dans le vide. Il la retient un bref instant, lui confie une écharpe rouge, mais assiste impuissant à sa chute. Il retrouve deux autres témoins sur la plage, confie son témoignage à la police, avec toutefois quelques réserves. Très tôt, l'homme a peur de servir de bouc-émissaire. Lui, “l'arabe infirme, qui travaille chez les fous”, serait le coupable idéal. Aussi, décide-t-il de mener sa propre enquête. Il commence également à recevoir d'étranges courriers, contenant des rapports très détaillés d'une enquête criminelle, survenue dix ans plus tôt, impliquant le meurtre d'une jeune femme dans les mêmes circonstances. Et Jamal, sidéré, réalise que l'étau se resserre car toutes les preuves sont contre lui ! Le scénario est habile, à rendre les frontières entre le vrai et le faux plus que friables, en plus des allusions dans le texte, du style “Ceci est la version de Jamal. La vraie ?”. Une manière astucieuse de tenir le lecteur en haleine. Et effectivement, on ne démord pas du livre et on rebondit d'indices troublants en révélations aberrantes... jusqu'à un dénouement assez déconcertant. (La fin est, pour moi, tirée par les cheveux mais n'altère pas mon appréciation globale non plus.) L'auteur a tenté un coup de poker, soit. À prendre ou à laisser. J'ai également été sensible à cette petite balade au cœur du pays normand, une région qui m'est très familière, où il me suffisait de fermer les yeux et visualiser les lieux. C'est un détail, mais cela a son charme aussi. La version audio est sans défaut, avec un François Tavares confident, rapporteur, comploteur et manipulateur. Vraiment, très bluffant ! J'ai beaucoup aimé, même si ce ne sera pas mon livre préféré de l'auteur non plus. J'ai, malgré tout, passé un excellent moment !

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par François Tavares (durée d'écoute : 12h 23) ♦ Presses de la Cité, 2014

19 juin 2014

Les Sœurs de l'océan, par Lucy Clarke

heart

Les Soeurs de l'océan

* Mauvais choix de couverture, grr ! *

Katie et Mia sont deux sœurs totalement opposées. Elles vivent ensemble à Londres depuis le décès de leur mère et leur départ de Cornouailles. Si Katie a tracé sa vie selon une ligne droite, celle de Mia n'est qu'une succession de soubresauts. Aussi, du jour au lendemain, annonce-t-elle à son aînée qu'elle plaque tout pour faire le tour du monde. Son meilleur ami Finn l'accompagne. Et les mois filent, égrenant des nouvelles sporadiques. Katie est excédée par la légèreté de sa jeune sœur et entend se protéger. Elle coupe les ponts volontairement. Le temps passe et l'incompréhension est réciproque. Jusqu'à l'annonce du drame - Mia s'est jetée du haut d'une falaise, à Bali. Elle était seule. Katie est effondrée, refuse la vérité et cherche des réponses dans le journal de sa sœur, avant de partir sur ses traces. Nous plongeons alors dans deux parcours, racontés en parallèle par Mia et Katie, à six mois d'intervalle. Et c'est l'évasion assurée ! Ce sont autant de paysages somptueux, de contrées lointaines, paradisiaques et dépaysantes qui s'offrent à nous... Mais ce sont surtout deux épopées incroyables, magiques et bouleversantes, qui vont puiser aux sources de la famille et révéler tant de mystères autour. C'est poignant, mais captivant ! J'ai lu ce roman d'une traite, tant j'étais emportée par le récit des deux sœurs, dont la relation chaotique m'a émue aux larmes et très sincèrement touchée. Ne vous fiez pas à cette couverture nunuche, le contenu est de toute beauté. C'est aussi le compagnon idéal de vos vacances, n'hésitez pas !

Presses de la Cité, mai 2014 ♦ traduit par Sylvie Schneiter

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18 juin 2014

Décroche-moi la lune, de Sarah Dessen

DÉCROCHE-MOI LA LUNE

Emaline, 17 ans, a toujours connu la même petite vie parfaite à Colby : elle travaille en famille dans l'agence de location saisonnière, sort avec son amoureux du lycée, est entourée par une multitude d'amis et choyée par sa famille. Pourtant, ça ne lui suffit plus. Son prochain départ à l'université, mais aussi sa rencontre avec des vacanciers new-yorkais, lui offriront peut-être ce souffle nouveau qui lui fait défaut. Ivy, réalisatrice stressée, maniaque et épuisante, et son assistant Théo, qui se plie en quatre pour satisfaire ses caprices, sont arrivés à Colby pour tourner un documentaire sur Abe, le propriétaire du Washroom (la laverie qui sert des pâtisseries maison et n'ouvre que la nuit, cf. En route pour l'avenir). Ils viennent extirper de l'oubli son passé d'artiste peintre et bousculer ainsi sa retraite tranquille. Sollicitée pour leur venir en aide, Emaline se sent tiraillée entre son appartenance à une communauté qui se protège jalousement de l'extérieur et son envie de chambouler ses habitudes et son confort pour une autre aventure. L'histoire est certes sans surprise, mais elle réussit son objectif en donnant l'impression au lecteur d'en être partie intégrante et de le bercer de douces illusions. C'est toujours un plaisir de revoir des visages familiers et de se sentir dans un cocon douillet. Par contre, je n'ai pas été touchée par les personnages principaux. Pour moi, Emaline manque de fantaisie, Luke est très décevant et Théo est insupportable (seul Morris tire son épingle du jeu !). Aussi, suit-on leur histoire sans tomber en pâmoison. C'est tout sage, tout propre. Mais un peu ennuyeux. Ce n'est donc pas mon titre préféré, mais ça ne veut pas dire que je regrette de l'avoir lu, car jamais on ne se sent totalement floué avec un roman de Sarah Dessen !

PKJ. ♦ mai 2014 ♦ traduit par Véronique Minder

18 juin 2014

Je m'appelle Mina, par David Almond

✿ en poche ! 

Je m'appelle Mina

Mina, neuf ans, vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Le plus souvent réfugiée dans son arbre à l'abri du monde, elle joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en bas, où elle a eu si peur. Son carnet ne ressemble qu'à elle : il est sincère, vrai, touchant, bizarre, très personnel, onirique, poétique et j'en passe. Il fait fi des règles et des conventions (rien que la police de caractères, c'est un vrai festival !), il s'ébroue comme un jeune chien fou, égaré en pleine nature, il souffle, il respire, il est heureux. Et nous aussi. C'est un roman touchant, mais je ne saurai expliquer pourquoi il donne autant le sourire, pourquoi les mots de Mina, en apparence simples et naïfs, renferment autant de subtilité, de vérité et de beauté. C'est certes un méli-mélo de pensées farfelues, de rêves éveillés et de comptes-rendus insolites, qui nous embarque dans un univers enfantin et routinier. Mais peut-être doit-on aussi y voir une façon d'expliquer le pouvoir des mots, de l'imagination et de l'écriture. David Almond est un grand auteur, à découvrir sans attendre !

Folio junior, mai 2014 ♦ traduit par Diane Ménard

17 juin 2014

L'école d'Eliott, de Françoise de Guibert et Olivier Latyk

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Eliott est grand maintenant et va à l'école où il retrouve Caspar, Reiko, Vanou et Coco, ses copains de la crèche ! La maîtresse, Élise, est gentille mais ce matin il n'a pas très envie de quitter papa et maman. Heureusement, avec l'Atsem, Julie, la maîtresse a préparé toutes sortes d'activités : peinture, pâte à modeler, perles...

À la récré, perché sur le toboggan, Eliott joue au pirate avec un copain. Plus tard, dans la salle de motricité, il rampe, roule et escalade. À la cantine, il y a du monde et beaucoup de bruit. Puis Eliott et ses copains de petite section vont faire la sieste, tandis que les plus grands profitent de la bibliothèque. À la fin de l'après-midi, tous s'installent sur le banc pour écouter l'histoire que raconte la maîtresse. Et c'est déjà l'heure des parents !

Voilà un livre animé joyeux et rassurant, pour accompagner les premiers pas des enfants à l'école maternelle. Cette lecture simple, pleine de fraîcheur (proche de la niaiserie), ultra détaillée et s'appuyant sur un vocabulaire précis, leur permettra de se familiariser avec l'inconnu. Le contenu use des flaps et des rabats pour attirer le lecteur, susciter son intérêt et titiller sa curiosité. En somme, un ouvrage très classique, mais attachant pour ses illustrations.

Gallimard jeunesse, juillet 2014

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17 juin 2014

Mal élevés ! de Justine de Lagausie et Valeria Petrone

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Voici un petit livre simple et drôle pour se jouer des bonnes manières qu'on inculque aux enfants (ha, ha !). Sur chaque page, un rabat et une devinette : Quand je montre mes fesses, ma maman est très fière de moi. Réponse : Je suis le babouin !
Quand je suis en colère, je crache sur ceux qui m'embêtent. Splatch ! Je suis le lama.
La nuit, je hurle pendant des heures, et ça n'embête pas du tout mes parents : ils font comme moi. Je suis le loup.
Je rote et je pète du matin au soir, et je ne m'excuse jamais ! Je suis la vache. 
Un humour décalé, des petites devinettes, la ronde des animaux avec leurs caractéristiques... bref un cocktail malin pour faire glousser nos sales mômes. Effet radical : ils en redemandent ! 

Seuil jeunesse, juin 2014

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17 juin 2014

Trotro va à la cantine, de Bénédicte Guettier

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Un petit Trotro pour égayer la journée ! Pour la première fois de sa vie, notre petit âne doit rester à la cantine. Trotro est déçu, la cantine il n'aime pas trop... Mais l'expérience est également source à découvertes ! Alors il se met à table avec ses amis, croise les doigts pour avoir des frites, pas de bol, ce sera du poisson ! Cruelle désillusion. Son copain Boubou, lui, adore le poisson, alors il échange ses carottes contre son poisson. Nana, de son côté, mange de tout mais est déjà repue pour son dessert. À qui va-t-elle donner sa mousse au chocolat et son orange ?! Eh oui, c'est tout ce que vous voulez : simpliste, gentiment cruche, au sujet rebattu... Mais les enfants aiment et s'y retrouvent !! Ils aiment le ton rigolo, les personnages rendus aussi célèbres par la télévision, le trait noir, les couleurs éclatantes (comme Soledad Bravi ou Stephanie Blake). Trotro, c'est leur valeur sûre, leur lecture réconforante et c'est se dire "je ne sais plus, mais on a bien rigolé" !

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, juin 2014

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