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Chez Clarabel

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2 octobre 2013

Un lieu incertain: Audiolib lu par Thierry Janssen

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Encore un fidèle rendez-vous avec le commissaire Adamsberg, dans une enquête criminelle nous baladant entre Londres, Paris et un petit village en Serbie ... Quelle atmosphère particulièrement excitante (mais glauque aussi) ! On croise des cadavres découpés en petits morceaux, des pieds chaussés abandonnés près d'un cimetière, des mythes vampiriques, des vieilles histoires de famille ... Et on assiste aussi à des retours en fanfare de cadavres planqués dans les placards ! Je dis ça, je ne dis rien. Disons que, tout de même, on tombe sur les fesses en apprenant que les anges déchus existent. Ou qu'ils sont tombés directement de l'Enfer.

Adamsberg, dans ce roman, est dépassé par les évènements. Il en voit de toutes les couleurs, de la trahison à la mélancolie, en passant par l'impuissance et le doute. C'est un spectacle assez déprimant, ou plutôt pathétique. Notre homme mériterait parfois qu'on le secoue vertement, car son petit manège nous épuise ! Il est lent, apathique, déboussolé, déconfit. Bouh, quel triste sire ! A côté de ça, l'histoire oscille entre le désenchantement, certes, mais surtout l'angoisse et le suspense. Tant mieux, ça tient en haleine. J'ai d'ailleurs pas mal mordu à l'hameçon, saisissant toutes les perches tendues, avec la conviction intime que je me faisais bêtement berner, mais c'est de bonne guerre.

C'est la quatrième fois, il me semble, que Thierry Janssen accompagne les romans de Fred Vargas en version audio. Franchement, ne changez rien ! C'est la voix parfaite, l'interprétation idéale pour situer et cerner des personnages et lieux aussi flippants que ceux dont l'auteur a le talent de nous concocter. Pour moi, ce rendez-vous a donc été une totale et pleine réussite.

Un lieu incertain, par Fred Vargas (Audiolib, février 2013 / J'ai Lu, septembre 2010 - Texte intégral lu par Thierry Janssen,  durée d'écoute : 11 heures)

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1 octobre 2013

Concours “Une femme fuyant l'annonce” (Points)

Suite à la remise du Prix du meilleur roman des lecteurs de Points à David Grossman pour
Une femme fuyant l’annonce
 
Les éditions Points s'associent à ce blog pour vous offrir la possibilité de gagner
3 exemplaires.

 

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Pour tenter votre chance, c'est simple : il suffit de glisser un commentaire pour valider votre participation, en veillant à inscrire une adresse mail pour vous contacter par la suite (si éventuellement le tirage au sort vous est favorable !). En cas de non-réponse, un autre gagnant sera désigné.
Les livres seront envoyés aux petits veinards par les éditions Points.

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 Ce roman de David Grossman est un véritable phénomène, récompensé par le Prix Médicis étranger 2011, élu meilleur livre de l'année par le magazine LIRE et maintenant plébiscité par les lecteurs de Points !  

“un grand roman, une véritable oeuvre littéraire” Antigone

“j'ai été submergée par l'émotion que renferme ce texte, rempli de nostalgie, de joies, de peines, rempli d'amour surtout, d'amitié, d'amour maternel, d'amour charnel...” Sandy

“Je n’ai craqué qu’une fois, pour deux petites larmes uniques, qui ont glissé discrètement sur mes joues tandis que ma voix se cassait sur la dernière phrase "Et au fil des semaines, l’un a sauvé l’autre, ne me demande pas comment" (p. 476). C’est tellement… fort, ce moment entre deux frères. C’est tellement… imparable, la construction littéraire de cette scène. C’est tellement… la vie. La place d’une mère. Ce qu’elle a construit...” Cuné

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Le concours sera clos le 15 octobre, avec affichage des résultats dans la foulée.
Les gagnants seront contactés personnellement.

N'hésitez pas à vous balader sur le site des éditions Points  ainsi que sur leur page Facebook pour vous tenir au courant des nouveautés ou des titres à paraître et pour piocher de nouvelles idées de lecture !

Bonne chance à tous !  

1 octobre 2013

“La peur du noir. Elle reste là, tapie au fond de soi. La peur la plus ancienne de toutes. Une peur primitive.”

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Hiver 1937. Jack part pour une expédition scientifique en Arctique, mais très vite ce voyage se transforme en cauchemar. Des cinq hommes engagés dans la mission, seulement trois prennent le départ : Jack, opérateur radio, Algie, chasseur et maître-chien de traîneau, et Gus, biologiste. Ils établissent leur campement sur la baie de Gruhuken où le capitaine du bateau refuse de les débarquer, sous prétexte d'une vieille malédiction.

Les trois explorateurs s'installent finalement dans leur cabane, pas loin d'une mine abandonnée. Les jours s'écoulent lentement, une petite routine prend place, entre parties de pêche, sorties des chiens et relevages scientifiques. Les jours se raccourcissent progressivement, bientôt la nuit polaire va s'abattre sur eux. Un autre drame les frappe alors, Jack se retrouve seul, confronté à ses pires angoisses.

Car tout se passe dans l'aura et l'ambiance du livre, c'est une tension psychologique pernicieuse qui se glisse entre les lignes, à travers le journal de Jack. On ressent, comme lui, cette oppression de l'isolement et de la solitude, en plus d'autres tourments, car Jack a des hallucinations, ou des visions. Il sent que le lieu est hanté, il entend des bruits, il perçoit « une chose réelle, mais qui n'est pas vivante ».

L'angoisse ! Voilà ce que cherche à vous inspirer cette lecture, une sensation rampante d'inconfort et de malaise, une peur panique, la trouille au ventre, le stress galopant, l'appréhension de l'inconnu, de la folie émergeante... Tout ça est aussi planté dans un décor fabuleux, le cercle polaire dans toute sa splendeur, avec ses secrets et son instinct de préservation. Qui sait ? J'ai bien du mal à exprimer ce qu'a pu m'inspirer cette lecture, entre fascination et ennui (parfois, il ne se passe pas grand-chose non plus, on fait juste qu'attendre !), toutefois elle ne laisse pas indifférente.

40 jours de nuit, par Michelle Paver (Hachette, coll. Black Moon, septembre 2012  - traduit par Blandine Longre)

30 septembre 2013

"Vous avez déjà essayé de vous mettre à la place d’un fantôme ?"

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Inscrite en dernière année à Manderley, une école prestigieuse située dans le New Hampshire, la narratrice quitte sa famille, ses amis et sa Floride natale pour réaliser un vieux rêve de gosse. Mais son arrivée n'est pas très bien accueillie, puisque ses camarades semblent lui reprocher de prendre la place d'une autre, autrement dit la fabuleuse Becca Normandy. Cette dernière a mystérieusement disparu quelques mois plus tôt, de folles rumeurs ont couru à son sujet (disparition, fugue, assassinat...), aujourd'hui ses suivants attendent son retour avec fébrilité.

Tout ça fait que la nouvelle (dont on ignore le prénom) doit rester dans l'ombre d'une fille adulée par tous et supporter les commentaires mesquins et autres agissements douteux, avec stoïcisme, bravoure, indifférence mais aussi colère et ras-le-bol. Le déchaînement de haine et de jalousie atteint son paroxysme lorsque la nouvelle s'amourache de Max, beau gosse énigmatique, mais surtout le petit copain attitré de Becca. Trop, c'est trop. La foule est en délire. A ce stade, cela devient de l'acharnement, bête et méchant.

Alors qu'au départ je trouvais que c'était un bon livre, qui se lisait comme un thriller, dans une ambiance glauque, avec des zones d'ombre et pas mal de suspense, j'ai fini par le trouver inégal, voire troublant et dérangeant. C'est probablement lié au comportement excessif et pathologique des ados. Alcool, sexe et drogue sont à la fête. Je ne m'y attendais pas du tout ! Quand on songe au roman de Daphné du Maurier, on a d'autres idées de tourmente en tête... En fin de compte, on ne retrouve Manderley que de nom, en plus d'une interprétation toute personnelle du passé qui hante le présent.

J'ai néanmoins trouvé, par certains côtés, ce livre poignant et désabusé. On ressent vivement le mal-être des personnages, l'action est lente et l'auteur a très largement dépeint la douleur et les angoisses que vivent les acteurs de ce psycho-drame. Par contre, l'usage d'artifices racoleurs fait qu'on n'adhère pas trop non plus à un tel propos. C'est déplacé et irritant, de la provoc' inutile (ne confiez pas ce livre à de trop jeunes lecteurs !). En somme, cette lecture laisse une sensation très ambivalente ! Il y a du bon, mais alourdi par des couches superficielles et inutilement sulfureuses.

Moi et Becca, par Paige Harbison (Harlequin, coll. Darkiss, mars 2013 - traduit par Isabel Wolff-Perry)

"La vie était fragile et, contrairement à ce que nous nous étions imaginé, dans notre insouciance d'ados, nous n'étions pas invincibles."

30 septembre 2013

“Treize ans aujourd'hui. Enfin ! C'est la fin de l'enfance.”

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Nous sommes dans l'Ouest canadien, poussiéreux et accablé par la canicule, en juillet 1936. Le pays connaît une grave crise économique, les paysans crèvent la faim et Lucy fête ses 13 ans. Elle reçoit un journal qui deviendra non seulement son confident mais avant tout le témoin de ce délicat passage qui existe entre l'enfance et l'adolescence.

J'avais déjà lu le roman de Nancy Huston et j'en avais gardé un très bon souvenir. Aussi, je partais confiante dans cette adaptation musicale, l'histoire étant lue par l'auteur elle-même, accompagnée à la guitare par Claude Barthélemy. Hélas, j'ai été un peu déçue... par l'interprétation et par la musique que je trouve trop imposante (en plus des chants, pas toujours justes). J'avais gardé à l'esprit une histoire au pouvoir opaque, dans une atmosphère étouffante, de laquelle surgissait le portrait d'une ado en plein éveil (sexuel, notamment) et qui n'hésitait pas à braver les tabous pour mieux se découvrir.

Or, cette fois la jeune fille m'est apparue imbuvable et allumeuse. L'interprétation de Nancy Huston est certes cohérente avec l'idée de cette demoiselle impertinente et lolita dans l'âme. Toutefois je n'ai pas été convaincue, il ressort de cette lecture musicale un sentiment de malaise qui m'était étranger la première fois. Cela m'embête un peu, tout en restant purement anecdotique, car c'est tout de même un bon roman, sauf que je préfère la première édition (celle de mars 2011).

Nancy Huston raconte et chante Ultraviolet, accompagnée à la guitare par Claude Barthélemy (éd. Thierry Magnier, septembre 2013)

« Comme nous sommes en plein été et très au nord, il paraît qu'il peut être dangereux de s'exposer au soleil. Non pas à cause des coups de soleil (ça, tout le monde connaît !) mais à cause d'un certain type de rayon invisible émis par le soleil, ça s'appelle des rayons ultraviolets. Il paraît que c'est ça qui nous fait bronzer, mais que ça peut aussi nous donner un cancer. C'est là qu'a surgi le malentendu parce que, comme le docteur prenait l'exemple de Phillip et Jackie qui passent leur temps en ce moment au bord de la rivière, maman a cru qu'il les traitait d'ultraviolents et elle a dit au Dr Beauchemin de s'occuper de ses oignons, ajoutant qu'elle n'avait pas besoin de son aide pour éduquer ses enfants, merci beaucoup. »

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27 septembre 2013

C'est moi le chef ! de Luan Alban et Anne Montel

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Pour échapper aux règles qui tyrannisent son existence de petite fille, Mathilda écrit au Premier Ministre en lui soumettant quelques réformes de son cru :

Article 1. L'heure d'aller au lit, c'est terminé ! 
Article 2. Plus la peine de se brosser les dents tous les soirs. 
Article 3. À bas les épinards !
Article 4 : Le chocolat, c'est interdit aux grands.
Article 5 : Vive les dessins animés à volonté !
Article 6 : Le pyjama, c'est permis toute la journée !
Article 7 : Fermeture immédiate de toutes les cantines !

En réponse, Mathilda est conviée à se rendre chez la Reine... autour d'une tasse de thé. La souveraine est emballée, pressée de partir en vacances, elle lui confie donc le poste (et son trône) en son absence.

Mais le temps passant, Mathilda va vite être confrontée à l'ampleur des dégâts... Les enfants adorent les nouvelles règles, les appliquent à merveille. Or, c'était sans se douter des conséquences d'un tel micmac !! Épuisée, Mathilda rend son tablier.

Le retour à la maison est mielleux, réconfortant, un nid douillet, apaisant. Hmm, Mathilda ne dit plus non à tout, elle range sa chambre, mange ses épinards sans grimacer, se brosse les dents et file se coucher. Enfin le paradis, pensent ses parents ! ... Hâtivement.

Quelle adorable histoire, complètement cinglée dans le fond ! Elle explique ainsi aux enfants la nécessité des règles, des impératifs, de l'ordre, des interdits... sinon, bonjour le bazar ! L'approche est très drôle, avec une héroïne pétillante, au caractère bien décidé. 

C'est, de plus, merveilleusement illustré par Anne Montel dont le style et les couleurs sont reconnaissables entre mille. Perso, je suis fan ! ;o)

Belin jeunesse, août 2013

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27 septembre 2013

“ Cela dépasse l'imagination. Et c'est d'une beauté sans nom, et cela sent si bon. ”

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Comment vous expliquer ce roman ? Je me casse la tête à son sujet, parce que je ne sais pas par quel bout le prendre. Et pourtant, c'est un fichu bon roman, qui vous embarque dans un imaginaire riche et instructif. Il ne se contente pas de nous raconter une histoire dont le suspense grossit au fil des chapitres, il nous confronte à des idées plurielles qu'il faut prendre avec recul, analyser, adopter ou rejeter. De toute façon, je crois bien qu'à la fin du livre tous les solutions ne sont pas apportées non plus !

Nous sommes à Kéraël, sur une île encerclée par du sable, eh oui, l'eau est rare et bénie (d'où la mobilisation générale dès que les brouillards s'abattent sur leurs contrées pour installer des pièges à eau). Lunerr est un enfant rêveur et curieux. Il vit seul avec sa maman, depuis la disparition inexpliquée du père des années auparavant. Leur mode de vie en a été ébranlée, car désormais ils ont emménagé dans un quartier modeste de la ville.

Le jour de son anniversaire, Lunerr est perdu dans ses pensées lorsqu'il prononce à voix haute le mot « Ailleurs ». C'est un blasphème, aussitôt le garçon est fouetté, exclu de l'école et banni du temple. Même sa mère est frappée de déshonneur et perd son emploi. C'est alors qu'entre en scène Ken Werzh, un vieux type, très puissant. Il vit à l'écart de la ville, dans une maison immense. On raconte tout et son contraire à son sujet, Lunerr flippe à mort mais n'a plus trop le choix et doit accepter son étrange proposition.

L'histoire se déroule essentiellement sur un rythme nonchalant, puis subitement elle s'emballe, devient folle, ça fuse dans tous les coins, pour terminer sens dessus dessous. C'est stupéfiant. Si l'effet recherché était de nous secouer les puces, c'est particulièrement réussi ! Le jeune héros est également accompagné d'un Pitwak, une sorte de créature indéfinissable, fort attachant car il ne fait que des bêtises et n'est pas avare de propos pertinents, sous sa carapace de laidron ! Forcément, j'ai été séduite et je lirai avec grand plaisir les deux autres tomes qui suivront (à venir, en janvier 2014 : Lunerr Morgan).

Lunerr, par Frédéric Faragorn (Ecole des Loisirs, septembre 2012 - illustration de couverture : Gabriel Gay)

27 septembre 2013

Rêver et faire rêver. ♥

« - Bonjour, mon fils, dit-il.
J'ai vu tout son amour dans son regard. Il y avait aussi, derrière, la lumière d'un bonheur lointain, et l'ombre d'une très grande douleur. Ce salut, je savais qu'il n'était pas adressé seulement à moi. Moi, j'avais tant de choses à lui dire alors, tant de choses... Mais, la gorge soudain serrée, les larmes aux yeux, je ne pouvais pas parler. Ça valait mieux. Les mots étaient de toute façon trop pauvres, trop petits pour dire ma pensée. »

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✽✽✽✽✽✽

C'est l'histoire d'une fillette de douze ans, Paohétama, qui vit seule avec son grand-père.
Celui-ci se fait vieux et sent son corps usé par les années de pêche. Il est temps pour lui de passer le flambeau.
Il demande alors aux sages du village l'autorisation de transformer sa petite-fille en garçon.
Autorisation accordée.
La fillette doit se raser la tête, porter un pagne, abandonner la compagnie des filles et se joindre aux jeux des garçons.
Sitôt que son corps manifestera les premiers signes de sa féminité, il lui faudra aussitôt rentrer dans le rang.
Ou bien, boire une potion pour lui ôter définitivement ce genre de souci.

Pour Paohétama, l'idée de devenir un garçon représente l'aboutissement de ses rêves les plus fous.

« Pêcher ! Entrer dans ce monde mystérieux et infini de la mer ! Tirer d'elle cette vie aux formes si variées, aux couleurs délicates. (...) Pêcher, chasser la tortue, reine lente de l'eau ! (...)
Plonger ! Devenir poisson dans l'eau calme de la baie ! Cueillir dans ses fonds le corail, les limaces de mer, les cônes, les porcelaines, et surtout ces coquillages noirs dont on tire le nacre, grande richesse de Notre Terre.
Naviguer ! Apprendre l'art économe de plonger la pagaie, la science des vents et des courants, celle de deviner le temps d'après le passage d'un nuage ou la couleur de l'horizon, celle enfin de lire la route ou l'heure dans la course du soleil et les figures des étoiles. »

Voilà une histoire fabuleuse, aux doux accents poétiques et enivrants.
Une belle promesse d'évasion, dans un décor magnifique, à la découverte d'une nouvelle culture et d'un folklore dépaysant.
En somme, c'est une bouffée d'air frais !
On s'attache aussi au parcours de la jeune Paohétama, on vit ses joies, ses doutes, ses peines, on partage ses sensations, souvent exaltées (et exaltantes), on vit d'air pur et d'eau fraîche ! Tout, absolument tout, est décrit dans le but de distraire et faire rêver.
Mais c'est aussi un texte engagé, autour de la féminité et la place de la femme au sein de la société. Et c'est un homme à la plume ! Avec quelle facilité déconcertante il nous touche et nous transporte. Car c'est un roman généreux, beau, charmant. Un texte où la sensualité est à fleur de peau, où les sens sont mis en éveil.
Cette lecture vous séduira à maintes reprises, qu'importe votre attente, votre désir. C'est tour à tour une invitation au voyage, au rêve, une ode à la nature et à la liberté. C'est aussi l'histoire d'une tendre complicité entre un grand-père et sa petite-fille, et de façon plus cocasse, avec un cochon (super craquant !).
En somme, c'est un joli conte initiatique, qui se déguste comme on savourerait un verre de cocktail, sous un parasol, sur une plage en été !

Au Ventre du Monde, par Gilles Barraqué (Ecole des Loisirs, novembre 2012 - ill. de couverture : Hélène Millot)

26 septembre 2013

☺ Le livre qui te rend super méga heureux ☺

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Nouveauté 2013 : Françoize Boucher nous livre les secrets du bonheur !

Une idée audacieuse, camouflée sous cette couverture aux couleurs tapantes (et criardes), au contenu parsemé de dessins gribouillés sauvagement, comme s'il y avait urgence à vous décrypter l'art et la manière de positiver, toujours positiver, dans la vie. Ce concept a déjà fait ses preuves, après deux ouvrages délirants (le Livre qui fait aimer les livres et le Livre qui explique tout sur les parents), l'auteur a donc utilisé les mêmes ingrédients autour d'une thématique plus vaste. Le bonheur. Ce n'est pas donné à tout le monde, ça se cultive, c'est une question de volonté.

En une centaine de pages, l'auteur nous explique tout ça, à l'aide de petits croquis hyper rigolos, de commentaires déjantés et pas mal d'autodérision, par principe c'est sympa comme tout. Ensuite, si l'on réfléchit bien, ça ne vole pas bien haut et c'est assez répétitif. J'ai même trouvé que ça partait parfois en cacahuète, que ça n'avait plus aucun sens (des bonhommes tout nus, des hallucinations, des références à la drogue...). Mouais, bof, quoi.

Ce nouvel ouvrage m'a donc semblé un peu trop délirant et bariolé à mon goût, certaines répliques font mouche, mais le reste... C'est comme s'il avait été conçu sous effets secondaires liés à une prise abusive de substances illicites. On est dans le grand-guignol ! Pour la première fois, j'ai pris moins de plaisir à terminer un livre de Françoize Boucher. Attention à ne pas trop tirer sur la corde, ça sent l'usure ! :/

Le livre qui te rend super méga heureux, par Françoize Boucher (Nathan, septembre 2013)

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26 septembre 2013

Les contraires par Pittau et Gervais

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ALBUM COLLECTOR, tirage limité, couverture toilée et tiré à part, un habillage haute couture pour dix albums incontournables de la maison...

On trouve des exemples pertinents pour assimiler la note de contraire et acquérir un vocabulaire de base, mais surtout les illustrations très rigolotes, parfois osées, parfois cocasses, parfois déjantées, rendent la lecture attachante et incontournable aux yeux des enfants qui veulent du divertissement à travers leurs découvertes !

Seuil jeunesse, août 2012

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