L'histoire formidable d'une famille de hamsters qui doit quitter son nid devenu trop petit pour découvrir le monde... et trouver son nouveau chez soi. Folles aventures en perspective, avec des cascades, des rencontres à faire dresser les poils et autres grands dangers qu'il m'est difficile de raconter ... sous peine d'effrayer le lectorat. Encore une chouette lecture portant la signature de Viviane Schwarz !
Bien mieux qu'une maison par Alexis Deacon & Viviane Schwarz Pastel de l'Ecole des Loisirs, 2011.
De retour au pays, après leur périple breton, Isabelle et Max pensent reprendre une vie normale mais les événements et les révélations sur la nature de la jeune fille ont fragilisé les relations entre frère et soeur. Max, surtout, est fuyant. Il a trouvé un petit boulot, a repris les cours et vient de rencontrer Alicia, une beauté blonde d'origine argentine, une danseuse de tango, sensuelle et sulfureuse... Cette passion lui fait tourner la tête ! A la maison, l'ambiance est électrique, les parents imposent des règles, le garçon claque la porte. Au milieu, Isabelle se sent paumée et veut aider son grand escogriffe de frère. Aussi, lorsque celui-ci l'appelle à l'aide, elle accourt sans réfléchir. Alicia est malade, elle est fièvreuse, Isabelle a recours à son don de consoleuse pour l'apaiser. En remerciement, la copine de Max lui offre un bouquet de fleurs ... empoisonnées ! Trop, c'est trop. Isabelle et Max se fâchent. Comprenant que son frère est envoûté, Isabelle cherche à cerner les secrets de son amoureuse... trop belle, trop mystérieuse.
Ce deuxième tome allait déterminer si, oui ou non, j'avais eu du flair en appréciant le précédent volume. La plume est toujours aussi belle, l'auteur parvient à créer un vrai roman à l'atmosphère hypnotisante, et ce parfum des fleurs, qui envahissent l'appartement d'Alicia, en plus des danses de tango, font véritablement tourner les sens. Oui, le charme latin est très présent, c'est sensuel et en même temps dangereux. Toutefois, je n'y ai pas retrouvé le même attrait qu'avait su générer l'aura du manoir de Bellotte. En fait, j'ai trouvé ce deuxième tome moins cohérent, puisque l'intrigue est centrée sur Max, on a souvent l'impression de faire du surplace à suivre les observations d'Isabelle, qui ne comprend pas, ne ressent pas, ne perçoit pas les évènements de la même façon. Elle pense agir pour le bien de son frère, ou elle boude et ne décide d'intervenir qu'au moment opportun, du coup l'action est plus lente. Même si je parais moins enthousiate avec ce deuxième roman, je conserve un attachement profond pour la série, riche d'une ambiance qui ne cesse de se renouveller au fil des tomes. Le résumé du prochain épisode apparaît encore plus exotique et palpitant en voyages et découvertes !
Chroniques d'une sorcière d'aujourd'hui : 2. Alicia - Angèle Delaunois Editions Michel Quintin (2011) - 228 pages - 14,50€ illustration de la page couverture : Magali Villeneuve
Ce matin, Non-Non a perdu un truc. Le problème : il ne sait plus quoi. Il demande alors l’aide de ses amis Bio, Grouillette, Zoubi et Grocroc.”Vous savez, mon truc jaune”, “Vous savez... C’est un truc jaune et dur aussi”, “Ce n’est pas un truc ovale... Il est plutôt rectangulaire”. Chacun propose une idée mais sans succès ! Et même dans la collection d’objets bizarres de Grouillette, il n’y a pas le “truc” de Non-Non. Mais où peut-il bien être ?
A chaque double page, des flaps révèlent des détails désopilants de l’illustration de Magali le Huche. L’enfant peut ainsi aider les amis de Non-Non à chercher ce fameux “truc”. Une histoire drôle qui stimule la curiosité et l’observation du jeune lecteur.
ABSOLUMENT HILARANT ! CETTE SERIE EST INCONTOURNABLE, AVEC UN SUPER HEROS TRES ATTACHANT ET LES ILLUSTRATIONS DE MAGALI LE HUCHE A SE ROULER PAR TERRE !
Voici donc les retrouvailles avec Flavia de Luce, subtile héroïne de seulement onze ans (sa maturité m'épate !), autour d'une nouvelle enquête criminelle, laquelle ne surviendra - fait surprenant - qu'à la moitié du roman ! Alors oui, j'ai trouvé ça un peu long, je me demandais quand l'action allait toquer à la porte ... non pas que l'entrée en matière ressemble à un soufflé ramolli non plus. Il est toujours exquis de suivre les pérégrinations de la petite anglaise, douée en chimie et en observation de la faune locale, explorer la campagne alentour en pédalant sur Gladys, sa bicyclette. Ses soucis avec ses soeurs aînées sont toujours à l'ordre du jour, Flavia jure qu'elle se vengera de leur mesquinerie à l'aide de poisons bien dosés dans du chocolat. Pourquoi pas ? Au cours de ses balades en solitaire, la demoiselle a rencontré Rupert Porson et son assistante Nialla confrontés à une panne mécanique. Lui est un célèbre marionnettiste, qui travaille à la BBC et qui se produit à droite et à gauche sur scène. Le bon pasteur, qui passait également par là, propose de leur venir en aide, en échange d'une ou deux représentations pour la communauté de Bishop's Lacey. Et puisque Flavia est aux premières loges, elle n'hésite pas à s'impliquer auprès des artistes pour les aider à s'installer chez les Ingleby. Ce couple de fermiers est étrange, vit à l'écart de tous. Ils ont été frappés par un drame familial, cinq ans plus tôt. Leur fils Robin s'est pendu accidentellement dans le pigeonnier. Qui peut survivre à un tel choc ? Pas Grace Ingleby. La femme est complètement allumée, tandis que son époux cultive en cachette du chanvre indien. Mais ceci est une autre histoire, l'essentiel est à venir. Qui va passer de vie à trépas ? quand, comment, où ? A mi-parcours de lecture, n'ayant aucun indice, le lecteur est en droit de s'exciter dans son fauteuil. Aussi, j'ai refermé mon livre avec un sentiment de contentement, et de frustration. L'intrigue est virevoltante, mais le meurtre est long à venir ! Ceci dit, j'avais déjà souligné que c'était un détail dans le premier tome, Les étranges talents de Flavia de Luce, parce que le charme de l'ouvrage se situe bel et bien dans son atmosphère, très proche d'un roman d'Agatha Christie, et s'attache à l'étonnante personnalité de son héroïne. Flavia fait souvent preuve d'un humour froid et assassin, mis au service d'une intelligence redoutable, avec un goût prononcé pour les détails macabres et les expériences chimiques. La demoiselle a du pif, sa connaissance des lieux et de ses habitants lui permet de se faufiler partout, afin de mieux écouter et analyser. La police est bluffée ! Vivement le prochain tome.
La Mort n'est pas un Jeu d'Enfant (Une enquête de Flavia de Luce #2), par Alan Bradley Msk, 2011 - 373 pages - 17€ traduit de l'anglais par Hélène Hiessler
Un tout petit enfant, pas plus haut que trois pommes, a pour meilleur ami un grand ours brun à la douce fourrure. L’ours lui raconte tout sur sa terre : les petits-déjeuners frais et sucrés, les longues baignades, les siestes et surtout les espaces infinis... Mais il ne peut pas retourner là-bas. Et c’est pourquoi le petit enfant vient le voir au zoo. Il est derrière les barreaux alors l’enfant va trouver pour lui le plus beau des cadeaux.
Voilà un très bel album crayonné noir et blanc pour illustrer l'ours, en contraste avec les tons pastel représentant l'enfant. C'est du plus bel effet ! L'histoire est une réflexion sur la liberté (en appuyant bien sur ceux qui en sont privés). C'est un travail remarquable, parce qu'il est simple mais efficace.
J'ai un ours, par Mariana Ruiz Johnson (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)
Une histoire mettant en scène quoi ? ... Des oursons en guimauve et chocolat. Ouiiii, bingo ! Avec la participation exceptionnelle d'une chouquette, d'une sardine, de la chantilly... et de la pâte à modeler. Pour slurper de plaisir.
Une ou deux bêtises, par Isabelle Gil (Ecole des Loisirs, coll. Loulou, 28 pages cartonnées) dans le même goût, salivez sur Oursons !
L'occasion de redécouvrir les Couleurs à sensation,
de la collection Yapasphoto du Rouergue, édition 2010. Il s'agit d'une palette de douze couleurs pour partir à la découverte de ses sens. Rose ? La mousse trouée d'une éponge ou le nuage nacré d'une barbe à papa. Orange ? La pulpe acide du fruit ou la peluche soyeuse d'un jouet. Rouge ? Le goût sucré des fraises ou les pétales veloutés d'une rose rouge... Car voir, c'est aussi sentir, toucher, goûter et... imaginer !
ça donne clairement envie de toucher et de croquer !
Depuis le décès de leur mère, les enfants Bell ont choisi de se réfugier dans le jeu du chevalier pour oublier leur chagrin. Le jeu a été spécialement créé par l'aîné, Sébastien, qui s'est autoproclamé Lancelot, autour de la Table Ronde, dans leur cabane transformée en Camelot, et chacun des membres de la famille est soit écuyer, page ou chevalier. Corrie, onze ans, est en totale admiration devant son grand frère. Toutefois, elle se rend compte que des petits détails ne collent pas, Sébastien s'éloigne de la réalité, parce qu'il veut oublier ses soucis personnels, c'est un garçon très émotif et sensible, mais plus il s'enferme dans son jeu, plus il perd toute notion de perspicacité. Corrie est la seule à s'alarmer, elle ne veut pas prévenir son père, enfermé dans son bureau, occupé à préparer ses cours ou à rédiger son roman. Sa soeur Rose préfère tourner le dos et veut vivre une vraie vie d'adolescente, elle se moque du jeu et compte bien passer à autre chose. Tout le monde tourne autour du pot, mais jamais personne ne veut taper du poing sur la table. Plus le temps passe, et plus Corrie est moralement minée. Sa nouvelle meilleure amie, Meredith, tente de lui changer les idées. Au lieu de s'en réjouir, Corrie trouve qu'elle empiète trop dans son existence et cherche à s'immiscer dans sa famille. Or, la famille, c'est sacré ! Bouclier intégral autour de la maison. Il faut préserver le cocon. C'est ce que Sébastien s'échine à expliquer, Corrie est du même avis. C'est tellement plus réconfortant de se réfugier chez soi parmi ses rêves, ses jeux et ses lectures. Le monde y apparaît plus doux et rassurant, au diable la vie qui veut vous faire grandir. Corrie n'est pas prête.
Kit Pearson a su donner le ton en décrivant une ambiance du quotidien délicieusement désuète (nous sommes en 1958 après tout), la grande maison familiale apparaît accueillante et rassurante, on comprend le désir des enfants Bell à ne pas vouloir en sortir pour se confronter au monde extérieur. Et pourtant, ils n'ont plus le choix. Sébastien est en train de sombrer dans une spirale dangereuse pour sa santé mentale, il est temps de se ressaisir et d'assumer ses responsabilités. Pour y parvenir, l'auteur n'a nullement recours à la sensiblerie, point de morale ou de divine providence non plus. Jusqu'au bout, le roman peaufine son rythme ronronnant, éclairant les contrariétés et la détresse des protagonistes, avec justesse et intelligence. Plus que tout, j'ai savouré cette ambiance délicate et me suis lovée parmi les pages avec un sentiment de bien-être et de compassion. Car on s'attache à la famille Bell, on les aime tellement qu'on leur souhaite de tout coeur de trouver les bonnes voies et d'être les plus heureux possible. Un très bon roman, révélant un auteur prodigieux.
Le Jeu du Chevalier, par Kit Pearson Albin Michel jeunesse, 2011 - 280 pages - 13,50€ traduit de l'anglais par Alice Seelow
-) l'édition originale, avec sa très belle couverture !
Honor a dix ans quand ses parents décident d'emménager sur l'île 365, où elle réussit son examen d'entrée à la Old Colony School. Du matin au soir, l'esprit de l'enfant est gavé de leçons insipides et mensongères, contre lesquelles Honor va d'abord résister, du fait de son éducation loin des carcans et parce qu'elle sait bien que ce n'est pas vrai tout ce qu'on raconte sur les îles du Nord. Sur l'île 365, la politique est axée sur l'obéissance et le devoir, la population est en effet redevable envers la Mère Nourricière. Après le Déluge, c'est Elle qui a pris sous son aile les brebis égarées et a fourni aux habitants de l'île un confort douillet, à l'abri des intempéries. Honor et ses parents savent que tout est faux. Sur l'île, l'illusion est entretenue par un dôme masquant le ciel avec les vraies étoiles et la vraie lune, les couleurs du lever ou du coucher du soleil sont entretenues artificiellement, la chaleur est tropicale, il n'y a pas de vent, cela fait trop penser à un souffle de liberté, et il est strictement interdit de s'éloigner dans la forêt, au risque de s'approcher de l'eau - un élément dangereux à éviter à tout prix. Parce qu'elle est jeune et donc influençable, Honor va vouloir se conformer aux règles et avoir honte de ses parents. Tout d'abord, ce sont les seuls à avoir deux enfants ! Un comble. Et plus ils sont désorganisés, irresponsables, ils se moquent du couvre-feu, font des cachotteries. La situation paralyse d'angoisse la fillette, et plus ses parents mènent leur double vie, plus elle va vouloir rentrer dans le rang. Finalement le dilemme va devenir insoutenable, et c'est Honor qui va commettre la bêtise. C'est une lecture au ton monotone, et qui pourtant parvient à nous intéresser de bout en bout au sort des habitants de l'île, de Honor, ses parents et leurs amis. Le mystère qui plane laisse supposer des tas d'hypothèses, et franchement la fin n'était pas si évidente à trouver ! Le roman dénonce aussi la propagande, les régimes autoritaires, l'annihilation des esprits critiques, mais aussi les conséquences de nos actes sur la planète, les dérèglements climatiques etc. Enfin, et surtout, c'est aussi le portrait d'une petite fille, qui grandit en se questionnant sur ce qu'elle voudrait être, qui ne comprend pas toujours ce qu'on attend d'elle, qui cherche et qui tente des solutions, qui fait des erreurs et qui va apprendre de celles-ci pour mieux trouver sa place. Une lecture entraînante, qui connaît un coup de mou à mi-parcours avant de se ressaisir pour offrir une dernière partie riche en éclaircissements !
De l'autre côté de l'île, par Allegra Goodman éditions Thierry Magnier, 2009 - 373 pages - 17€ traduit de l'anglais (USA) par Jean Esch
Patabulle: Les pieds sur terre est MON album chouchou. Mignon, craquant, un univers qui me rappelle celui d'Iris de Moüy. J'aime ce genre de livres au charme naïf et aux histoires rigolotes !
Patabulle : Les pieds sur terre par Juliette Vallery & Tristan Mory Actes Sud junior, 2011
Les Lumignons, ce sont 10 poèmes à tire d'aile, autour de 10 enfants dont les prénoms commencent par L. La composition de l'album est simple : à gauche, les poèmes de Guy Goffette (légers, sautillants). A droite, l'interprétation joyeuse, colorée et fourmillante de détails d'Aurore Callias. Quel régal ! Ce sont des illustrations lumineuses, qui ne sont pas sans me rappeler l'univers doux-dingue de Papyrus (le personnage d'Isabelle Jarry auquel Aurore Callias a donné forme). La plongée dans le pays des rêves est surprenante et admirable (dévoilé sous une page à rabat), la lecture invite à rêver, de plus elle donne une autre idée de ce qu'est la poésie avec une approche simple pour un effet charmant.
Lumignons, par Guy Goffette & Aurore Callias (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)
Noémie, Princesse fourmi est la nouvelle histoire d'Antoon Krings. Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Cendrillon, la princesse en loques, qui parviendra à conquérir la cour royale grâce à sa marraine la fée. Noémie est une petite fourmi insignifiante, qui rêve d'assister à la fête d'anniversaire de la reine des abeilles. Avec ses vieilles fripes sur le dos, il est hors de question de se se présenter de la sorte devant la souveraine (qui ne supporte pas les fourmis). Son amie Mireille va lui confectionner une parure de princesse (de pacotille) faite de feuilles et de pétales de rose. Ce ne seront pas les douze coups de minuit qui ruineront les espoirs de Noémie, mais l'empressement de la foule. Se présente alors Carole la fée, qui ne supporte pas les injustices et qui compte bien consacrer la petite fourmi en vraie princesse d'un soir.
C'est ravissant ! Un vrai conte de fée ! Même Cendrillon est évoquée, comme quoi je n'ai pas rêvé non plus...
Noémie Princesse fourmi, par Antoon Krings (Gallimard, coll. Giboulées, 2011)
Takiji l'audacieux, sous-titré petit conte zen, ne déçoit pas ! Sous cette couverture, qui promet aventures et héros courageux, nous avons une histoire à la hauteur des espérances : Takiji ne peut supporter qu'une créature légendaire nommée le Gomi terrorise les animaux de la forêt et saccage les fleurs et les arbres. Brandissant son katana, le garçon tente de réduire le géant en petits morceaux mais rien n'y fait. Heureusement le vieil arbre fait sortir de son feuillage des milliers de petites baies pour soutenir les efforts du héros. Le Gomi est presque réduit à néant, il se repent et devient alors le compagnon de route de Takiji. (Oui, je sais, avec moi, point de surprise !)
Pourquoi cet album, et pas un autre ? Parce que les traits purs et raffinés d'Antoine Guilloppé valent le coup d'oeil, bien évidemment. Ou quand la sobriété se met au service de l'élégance et produit un effet saisissant !
Takiji l'audacieux, par Antoine Guilloppé (Picquier jeunesse, 2011)