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Chez Clarabel

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2 septembre 2011

PinkMuffin@WillyBlue

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C'est l'histoire d'un mail envoyé par erreur. Au départ, Willy pensait écrire à un copain et c'est MAX qui lui répond en le traitant de taré. Il faut dire que le garçon avait commencé à raconter une histoire complètement dingue avec deux clientes qui se prenaient pour des cocotes dans le salon de thé de ses parents et qui, finalement, menacent de porter plainte en réclamant des dommages et intérêts... MAX sent tout de suite l'arnaque et propose l'assistance d'un détective privé, un certain Coultard, et ainsi dévoile l'existence de son association secrète qui consiste à venir en aide et dénoncer les attitudes abusives des adultes. 

En fait, sous le pseudo MAX, se cache la très révolutionnaire Marie Amélie Xavière Barbey d'Aurevilly (comme l'écrivain, dont la famille est descendante). Elle vit dans l'opulence mais n'a pas d'amis et se sent seule et incomprise, aussi elle trouve en Willy, alias Guillaume Viellard, fils de confiseur, un allié hors pair. Elle prend souvent la mouche dès lors qu'il la taquine sur son argent ou sur l'opportunité d'une rencontre, parce qu'il veut bien l'avouer que ça le rend doucement nerveux, mais entend bien ranger tout rêve de romance dans sa poche. Ce qui est drôle, justement, c'est qu'ils sont tous les deux sur la même longueur d'ondes mais ne peuvent s'empêcher de se taquiner sur le sujet. 

De toute façon, ils ont d'autres chats à fouetter puisqu'ils vont être pris au piège d'une affaire avec des rats de laboratoire, des cochons sur un tapis de course, un muffin rose et d'autres dangers plus conséquents. Si cela vous avait échappé, PinkMuffin@WillyBlue est une série enlevée, drôle et rocambolesque, entièrement rédigée sous forme de mails, où réside un semblant de suspense quant à savoir la date de rencontre, en chair et en os, de nos protagonistes !

PinkMuffin@WillyBlue, tome 1 : Objet: arnaques et embrouilles ! & tome 2 : de l’art et des cochons !

par Hortense Ullrich et Joachim Friedrich

Traduit de l’allemand par Florence Quillet

illustration de couverture : Kat Karsen

Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2010 & 2011.

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résumé du tome 2 : WillyBlue doit livrer les cochons, Bastien et Julie, chez PinkMuffin. Les pauvres bêtes ont été arrachées à leur triste sort dans un laboratoire pharmaceutique. Mais rien ne se passe comme prévu, PinkMuffin n’est pas là, et ses parents n’apprécient guère la compagnie des cochons. Lorsqu’elle finit par les récupérer, elle s’aperçoit que les animaux sont équipés de colliers avec un compte à rebours. WillyBlue et PinkMuffin ont soixante-douze heures pour agir.

Un deuxième tome toujours aussi loufoque et surréaliste où deux ados correspondent sur la Toile et vivent des aventures rocambolesques sans jamais se rencontrer.   

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2 septembre 2011

Le Voleur de Magie (tome 2)

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Depuis la destruction de sa locus magicalicus, Connwaer cherche par tous les moyens à renouer avec la magie et est convaincu que c'est en pratiquant la pyrotechnie qu'il parviendra à son but. Or, cette pratique est strictement interdite et même son maître, Nihil, le prévient à maintes reprises des dérives dangereuses des matières explosives. Bien évidemment, ce qui devait arriver finit par arriver, Connwaer commet l'imprudence de trop et se voit banni de la ville de Wellmet. Cela tombe très mal, puisque la cité est actuellement affaiblie et livrée à des attaques d'Ombres dont on ignore l'origine et les intentions. Profitant d'un déplacement d'une délégation menée par Lady Sorbia jusque Desh, le jeune Conny n'a pas d'autre choix que de suivre la troupe pour continuer son enquête. 

Pas facile, au début, de se replacer dans le contexte (ma lecture du tome 1 remonte à deux ans déjà !), mais heureusement nous avons affaire à un univers facile et simple d'accès, dans lequel on retrouve vite ses marques et où on s'y sent parfaitement à l'aise. Très vite je me suis également rappelée pourquoi j'avais aimé cette série, non seulement parce que cela me console d'avoir perdu un certain Harry, mais aussi parce que l'intrigue est palpitante, le milieu de la magie apparaît sombre et mystérieux, les personnages ne manquent pas de charisme, la jeune lady Sorbia ou le capitaine Kerrn, mais aussi ce cher Benet, trop peu présent à mon goût, ou Nihil Fugacious, obligé de tenir une attitude austère et du coup bien étrange, bref de quoi titiller ma curiosité ! J'ai aimé aussi la tournure de l'histoire, le voyage forcé dans le désert, et la question autour de la magie qui disparaît sans raison. Le troisième (et dernier) tome devrait paraître cet automne 2011. Le dénouement approche !

Le Voleur de Magie #2 - Sarah Prineas
Gallimard jeunesse, 2010 - 314 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Jean Esch
illustrations de Antonio Javier Caparo 

Le tome 1 est désormais disponible en format poche, chez Folio junior.

1 septembre 2011

Rose et la maison du magicien

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Avec cette couverture rose et ces petites étoiles dorées, il m'était difficile de résister à ce roman. Rose se destine vraisemblablement à un lectorat jeune, dès 10-11 ans, mais offre une lecture charmante et très agréable ! Cela raconte comment une jeune orpheline fait son entrée chez Mr Fountain, un alchimiste, en tant que domestique avant de découvrir qu'elle possèderait elle-même des dons et pourrait devenir une apprentie-magicienne si elle en exprimait le désir. 

Or, Rose est beaucoup trop effrayée à l'idée de perdre son poste et de retourner d'où elle vient qu'elle préfère jouer l'autruche. Elle essuie les sarcasmes de Freddy, l'apprenti en titre, sans répliquer et s'applique à faire son ménage en tentant d'ignorer les ondes magiques qu'elle perçoit. C'est alors que la disparition de sa petite copine, Maisie, la force à sortir de ses retranchements. Avec l'aide inopinée de Freddy, finalement pas si hautain, Rose va pratiquer quelques sortilèges pour affronter un ennemi fort redoutable. 

Vraiment ce roman a de quoi offrir un joli moment de divertissement à ses lecteurs ! C'est frais, généreux, charmant, avec un peu d'action et de suspense, le tout savamment saupoudré pour entretenir l'illusion. On y découvre aussi un univers de magie et de sortilèges bien campé, pas particulièrement révolutionnaire, mais ce n'est pas ce qui compte le plus car le plaisir de lecture est franchement garanti ! Un prochain tome paraîtra en novembre, ce qui est une bonne nouvelle.

Rose et la Maison du Magicien - Holly Webb
Flammarion, 2011 - 338 pages - 13€
traduit de l'anglais par Faustina Fiore 

31 août 2011

Camille aime pas danser

Quand j'étais petite, je croyais que la vie ressemblait aux histoires que j'inventais en jouant avec mes figurines Playmobil. Je croyais qu'il suffisait de bâtir des maisons, comme celles que faisait papa, et d'y installer un père, une mère, des enfants et des animaux de compagnie pour que ça fonctionne. Quand j'étais petite, j'étais sûre que le bonheur coulait de source. Que la vie était solide, et que jamais rien de mal ne pourrait nous arriver.

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Camille a grandi dans l'ombre de sa soeur Anastasia, plus brillante, plus belle, plus charismatique. Lorsque celle-ci révèle son début de grossesse, la nouvelle assomme la mère qui choisit de fuir ses responsabilités. Alors que s'organisent les rendez-vous au planning familial et les mesures plus radicales, Camille observe sans comprendre. Pourquoi le silence de sa soeur ? pourquoi l'égoïsme de sa mère ? pourquoi ce rôle de Zorro, assumé par son père, qui déboule de l'autre bout de la planète pour secourir les siens ? pourquoi ce sentiment de ne pas être à sa place et de ne plus trouver ses repères ? pourquoi croire que l'amour ne sert à rien alors qu'un sourire d'un inconnu dans un train peut vous donner des fourmis dans les jambes ? 
Ce petit roman est bien trop court, seulement 110 pages. Mais il est juste, très bon et vous fait sentir une petite boule au ventre à de nombreuses reprises. On assiste au côté de Camille au naufrage de sa famille confrontée à une grossesse non désirée et à l'avortement. A aucun moment l'adolescente ne va juger sa soeur ou sa mère (pourtant, celle-ci a une attitude choquante et inacceptable). Au contraire, elle porte un regard lucide, tantôt drôle, tendre ou cruel. Souvent elle gratte là où ça fait mal, n'est pas dupe des défauts des gens qui l'entourent et elle semble faire avec. Après tout, elle n'est pas parfaite non plus, à sa façon elle fuit les autres, se moque d'être prise pour ce qu'elle n'est pas et cultive sa différence avec intelligence. J'ai vraiment beaucoup aimé ce petit roman, de toute façon je suis rarement déçue par ce qu'écrit Marie-Sophie Vermot, et je trouve la couverture de Véronique Figuière particulièrement attirante.

Camille aime pas danser - Marie Sophie Vermot
Editions Thierry Magnier, 2011 - 110 pages - 8€ 

30 août 2011

Waterloo Necropolis

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Waterloo Necropolis est un roman qui parvient subtilement à nous piéger entre ses chapitres. On y suit l'histoire de Grace, et de sa soeur, Lily, qui est simple d'esprit. Toutes deux sont orphelines et vendent du cresson dans la rue pour joindre les deux bouts. Elles logent dans une pension de famille délabrée jusqu'au jour où les autorités décident d'expulser tous les locataires sans se soucier du devenir de ces pauvres hères. C'est alors que Grace choisit de faire appel à Mrs Unwin, rencontrée sur un quai de gare, dans des circonstances qu'elle aimerait oublier. Six mois plus tôt, en effet, la jeune fille de seize ans a accouché en secret d'un enfant mort-né et s'est rendue à Waterloo Necropolis pour y glisser son "paquet" dans un cercueil anonyme. La pratique était courante à l'époque, pour ceux qui n'avaient pas les moyens. 

Bref, Mrs Unwin est l'épouse d'un riche entrepreneur qui travaille dans les pompes funèbres. Elle est séduite par la beauté délicate de Grace et lui propose de l'employer comme pleureuse, tandis que Lily se voit promettre de suivre une formation de domestique auprès de leur fille Charlotte. Tant de générosité fait plaisir à voir, sauf que les intentions de la famille Unwin sont loin d'être honnêtes. La construction du roman laisse supposer un scénario habile et efficace, là deux hommes se frottent les mains en découvrant l'annonce dans le Times d'une recherche active d'une héritière, là une dame se promène avec son bébé dans le parc, là encore une odeur d'huile de macassar donne des frissons dans le dos... Impossible d'être dupe quant au dénouement de l'intrigue, mais ce serait dommage de se priver de la suite du film, Mary Hooper fait preuve d'une grande ingéniosité aussi et nous charme, à sa façon, avec son récit. 

Comme c'était déjà le cas avec La Messagère de l'au-delà, le roman dénonce une réalité sordide en nous plongeant dans les quartiers pauvres du Londres victorien. Le commerce autour de la mort est également passé à la loupe, d'autant plus qu'au cours de l'hiver 1861 le prince consort décède subitement et plonge le pays dans un grand deuil. Très franchement, ce livre est très appréciable, il est intelligent, réaliste et romanesque. J'ai beaucoup aimé (même si la fin semble trop belle pour être réelle).

Waterloo Necropolis - Mary Hooper
(Les Grandes Personnes), 2011 - 300 pages - 17,50€
Traduit de l'anglais par Fanny Ladd et Patricia Duez
illustration de couverture : Pierre Mornet 

> A été lu et apprécié par Sophie

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29 août 2011

"Tell freedom I said hello."

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Quel beau roman (oui, déjà par la couverture...) ! Je viens de refermer la dernière page et je suis encore sous le charme ! Je voulais prolonger la lecture, ne pas quitter Rhine et poursuivre sa quête à ses côtés. Que c'est noble, fort et brillant, bien que le fond soit dur et féroce aussi. Qu'est-ce que j'aime ce contraste ! C'est également une intrigue essentiellement basée sur de l'action lente et de l'introspection, cela confère un rythme nonchalant qui n'est pas pour me déplaire non plus.

Nous découvrons ainsi un monde ravagé où les jeunes gens sont condamnés à mourir très tôt (25 ans pour les garçons, 20 ans pour les filles). Dans ce climat de "Too young to die", au lieu de rendre la vie plus éclatante et plus belle, de la saisir à bras le corps parce qu'elle devient plus précieuse car éphémère, c'est tout le contraire qui se produit puisqu'il faut se terrer pour échapper aux kidnappings. Être du sexe féminin n'a d'autres valeurs que d'être une chose - sexuelle, pour la plupart des cas. 

Rhine, l'héroïne de seize ans, vit avec son frère jumeau à Manhattan. Depuis la mort tragique de leurs parents, c'est un combat quotidien pour se nourrir et survivre en évitant d'attirer l'attention. Mais la jeune fille tombera dans le piège : droguée, elle sera enlevée pour devenir une épouse d'un jeune gouverneur en Floride. Elle n'est pas seule, deux autres filles l'accompagnent - Cecily et Jenna. C'est un joli harem niché dans un manoir qui croule sous l'opulence, avec des jardins, des couleurs, des senteurs exceptionnels... mais ce décor en carton pâte masque une autre réalité. 

Dès l'instant où Rhine se réveille dans ce paradis factice, elle n'a qu'un seul désir : s'échapper. Elle met au point son plan d'évasion en simulant le bien-être et la félicité mais se fait rattraper par ses bons sentiments et sa compassion. C'est ainsi qu'elle se lie d'amitié avec ses soeurs épouses et s'attache à Linden, son époux affable. C'est un jeune homme rêveur, coincé dans une douce utopie, il est également totalement étranger au monde occulte mis en place par son père, le chercheur Vaughan (merveilleusement illustré par un serpent à sonnettes dans les cauchemars de Rhine, ça fait froid dans le dos mais c'est tout à fait ça !).

Finalement, j'ai trouvé un charme vénéneux à ce roman, parce qu'il est troublant mais envoûtant. Les relations transpirent le parfum de l'interdit, les sentiments amoureux ne sont pas sains (des jeunes filles s'amourachent de leur ravisseur), la frontière est mince entre l'acceptation et la répulsion. Entre l'admiration et l'horreur. Il est aisé de s'identifier à l'héroïne, de comprendre son tiraillement, sa résistance passive, sa frustration et son besoin de liberté. Facile de l'accompagner au cours des 350 pages en attendant le moment décisif - à quand le grand plongeon ?! Terrifiant, mais gratifiant. Dernière chose, j'ai apprécié qu'enfin un auteur tente de bousculer son jeune lecteur en abordant des sujets sensibles (polygamie, expérience génétique, comportement abusif et exploitation sans vergogne du corps féminin...). J'espère que les efforts ne seront pas vains, et que cela prouvera quelque part qu'il faut travailler dans ce sens. Pour l'heure, j'applaudis le tour de force !

Ephémère (Le Dernier Jardin#1) - Lauren DeStefano  smileyc002
Castelmore, 2011 - 350 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 

26 août 2011

lectures de vacances #5

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J'étais extrêmement curieuse de lire Instinct - imaginez un premier roman d'un auteur français qui s'immisce dans un créneau jusque-là réservé aux anglo-saxons, quel plaisir ! Pour la petite histoire, nous sommes dans un Institut de Lycanthropie où a été accueilli Tim, dix-sept ans, seul rescapé d'un accident de voiture qui a coûté la vie des siens. Il a perdu la mémoire, mais se rappelle juste qu'il a été un grizzly. Serait-il fou ? coupable de meurtre ? aurait-il été sous l'emprise d'une drogue, comme le suppose la police ? Un professeur français l'a donc pris sous sa responsabilité pour lui expliquer cet étrange phénomène qu'est la métamorphose animale, il n'est pas le seul dans ce cas-là et va ainsi faire la connaissance de Flora et Shariff sans avoir le droit de connaître leurs propres secrets. Chacun sa vie privée, après tout. 
Il y a incontestablement de très bonnes choses dans ce roman, une histoire qui tient debout, aussi dingue que cela puisse paraître, de l'action bien dosée, du suspense, surtout au début, puis sur la fin (quelle fin !), des méchants vicieux et cruels, une bibliothèque qui laisse un sourire rêveur, de l'humour, même si je trouve bizarre d'avoir un homard au coeur de l'intrigue, mais pourquoi pas ?! Malgré tous ces points positifs, je ne suis pas totalement emballée non plus par ma lecture. J'ai bien aimé, mais il m'a manqué ce petit truc en plus pour faire la différence. Je crois que, sans le vouloir, j'avais trop attendu de ce livre. Il est bon, original sans être extraordinaire non plus, et comparé à ce qu'on trouve sur le marché actuellement, il peut tenir la distance. Toutefois, il n'y a pas eu la petite étincelle et je pense que j'oublierai (trop) rapidement ce rendez-vous... qui en comblera d'autres, je n'en doute pas.

Instinct - Vincent Villeminot
Nathan, coll. Blast, 2011. 372 pages.

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Jennifer Strange, orpheline âgée désormais de quinze ans, a été élevée chez les Bienheureuses du Homard avant d'être confiée en stage à Kazam, une agence d'Arts Mystiques qui prête les services de ses sorciers pour subvenir aux petits soucis domestiques de la population. Depuis la disparition du Grand Zambini, Jennifer doit seule gérer les tracasseries administratives. Mais un grand bouleversement s'annonce, avec la nouvelle d'une certaine prédiction : la mort du dernier dragon, Maltcassion. Le roman nous explique alors pourquoi et comment cette annonce agite autant les foules et risque d'exercer une influence considérable sur l'énergie magique déjà bien lâche dans le royaume.
J'ai rencontré un petit souci avec ce livre : j'ai adoré l'humour du récit, le style décalé de l'auteur, le monde de la magie, l'excentricité des personnages, les digressions nombreuses et variées, bref tous les petits ingrédients qui, mis bout à bout, font le sel de l'intrigue. Hélas, je n'ai pas trop accroché à l'histoire et j'ignore pourquoi ! Nul doute que nous avons là un roman fantaisiste, doux et dingue, un roman à l'univers atypique et séduisant, et qui vaut, rien que pour ça, le petit coup d'oeil. Ceci dit, il n'y a pas eu la petite étincelle non plus et ça me chagrine. 

Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons - Jasper Fforde
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2011 - 294 pages.
Traduit de l'anglais par Michel Pagel 

25 août 2011

"Why hadn't she seen it sooner?"

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Tanya, une adolescente de quinze ans, possède le don de double vue. Elle voit des créatures féériques et est persécutée par celles-ci pour qu'elle taise leur existence. Résultat, Tanya passe pour une hystérique incomprise. Sa mère, excédée, décide de l'envoyer en vacances chez sa grand-mère, à Elvesden Manor, une grande et imposante demeure aux abords d'une forêt, où justement les créatures qu'elle veut fuir ont élu domicile. Tanya est désespérée, l'accueil de Florence, sa granny, est glacial. Warwick, l'intendant, est tout aussi grognon. Seul son fils, Fabian, fait preuve d'un minimum de sympathie, même si sa présence collante agace Tanya. 

Pour tromper son ennui, la jeune fille se balade à droite et à gauche et finit par découvrir que sa famille subirait encore les lourdes conséquences liées à la disparition de la meilleure amie de sa grand-mère, il y a près de cinquante ans. Et pourtant, Tanya et Fabian sont persuadés d'avoir croisé cette Morwenna Bloom dans la forêt. Ils décident donc, sans en toucher un mot aux adultes, de venir en aide à la disparue. Parallèlement, Tanya rencontre Red, une adolescente écorchée vive, qui vient de kidnapper un bébé dans un hôpital pour des raisons bien précises. C'est la première fois que Tanya fait connaissance avec quelqu'un qui voit les mêmes choses qu'elle, elle n'hésite pas à lui prêter main forte. 

J'ai beaucoup aimé l'idée générale du livre, même si je pense aussi que toutes les promesses n'ont pas été tenues (en fait, tous les atouts du roman n'ont pas été exploités à leur juste valeur, ou bien de façon maladroite). Bon point déjà, la couverture du roman est vraiment très belle ! Pour le reste, nous avons une lecture entraînante, une intrigue dense, un univers bien bâti (les créatures féériques sont viles, perverses, fourbes, cupides et lâches, il faut s'en méfier et ne pas les traiter à la légère). L'héroïne est parfois un chouïa décevante, manquant bêtement de discernement à des moments clefs du roman, comme avec le bracelet... Ceci étant dit, c'est un roman qui tient la route et qui peut séduire les jeunes lecteurs (dès 12, 13 ans). C'est aussi le premier tome d'une trilogie, mais il peut se suffire à lui-même.

Les 13 Trésors - Michelle Harrison
Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2011 - 431 pages - 11,90€
traduit de l'anglais par Danièle Darneau
illustration de couverture : Chris Gibbs

25 août 2011

Les Loups de Mercy Falls, tome 3 : Fusion

“If I only have ten minutes, Sam, this is what I want to say. You're not the best of us. You're more than that. You're better than all of us. If I only have ten minutes, I would tell you to go out there and live. I'd say...please take your guitar and sing your songs to as many people as you can. Please fold a thousand more of those damn birds of yours. Please kiss that girl a million times.” 

 

DISPONIBLE DEPUIS LE 24 AOÛT EN EDITION FRANçAISE ! 

Fusion

24 août 2011

"If you ever want to hide from the world, live in a small city, where everyone seems anonymous."

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Quel beau roman ! Ariella, treize ans, vit à Saratoga Springs avec son père dans une grande maison de style victorien. Sa mère a disparu depuis sa naissance. C'est le sujet tabou. On ne trouve quasiment aucune trace d'elle dans la demeure, à part un livre de recettes ou une tapisserie de lavande. Les réponses à ses nombreuses questions demeurent évasives. En fait, le père d'Ari incite sa fille à réfléchir pour tirer elle-même ses propres conclusions. C'est lui aussi qui s'occupe de son instruction, il lui enseigne la littérature, la philosophie, tandis que Dennis, le meilleur ami de la famille, lui apprend les sciences. Ari vit dans un petit monde cloîtré, à l'abri de l'extérieur, elle est surprotégée et ne s'en plaint pas trop jusqu'à ce qu'elle fasse connaissance avec les enfants de Mrs McGarritt, leur cuisinière. C'est tout le contraire de ce qu'elle connaît, c'est coloré, bruyant, vivant. Ari est sous le charme, elle se lie d'amitié avec Kathleen, tombe amoureuse de Michael, et petit à petit cherche à remodeler son propre univers. Comprendre les secrets de son père, découvrir le pourquoi de la mystérieuse disparition de sa mère. Il faudra un drame, bien moche, pour qu'elle décide de tout quitter. 

C'est un roman sombre et fascinant, qui se passe dans un monde de vampires, sans surfer à fond sur la vague. L'ambiance est classique, très belle, gothique surtout dans la première partie, durant laquelle on suit une héroïne empruntée, qui découvre peu à peu ce qui l'entoure, ce qui nous permet de nous familiariser au même rythme à son histoire. C'est franchement réussi ! La partie où Ari s'échappe dans le Sud est un peu moins captivante, trop calquée sur le modèle de Kerouac (la lecture de "Sur la route" a clairement influencé l'héroïne), et c'est enfin dans la troisième partie qu'on renoue avec les secrets d'intrigue vampirique, bref c'est très original, d'une grande qualité littéraire, avec un certain charme vaporeux, et une héroïne qui paraît plus que son jeune âge, très forte et pleine d'élégance. J'ai été totalement impressionnée par ce livre, cela n'a rien à voir avec ce qu'on trouve actuellement, ici les vampires sont cultivés et érudits, aiment parler littérature et poésie, s'intéressent à la science et se mêlent de politique. La Société des S est une association secrète réunissant ceux qui ont choisi de révolutionner le genre (ne plus mordre pour boire le sang), je n'en dévoile pas davantage, même si je pense que ce premier tome ne fait qu'effleurer le sujet et que la suite promet de développer davantage cette belle idée. En fait, il s'agit cette fois d'un roman sur l'apprentissage de la vie et du passage à l'âge adulte, au bout des 400 pages Ariella aura appris et choisi, mais ceci est une autre histoire... 

Le deuxième tome paraîtra en novembre 2011 : Le Temps des Disparitions

La Société des S - Susan Hubbard  smileyc002
L'école des loisirs, 2011 - 412 pages - 16,80€
traduit de l'anglais par Marion Danton
illustration de couverture : Sereg 

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