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Chez Clarabel

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24 juin 2011

L'Arcane de l'Aube

Série découverte chez Amadis.

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Deux royaumes se cherchent des poux depuis des générations et tentent de conclure des alliances en mariant leurs sujets royaux entre eux. En vain, car la discorde renaît sans cesse de ses cendres. C'est ainsi que Caesar et Nabaka se retrouvent mari et femme aux termes d'un traité qui laisse songeur - la princesse a les cheveux rouges, ce qui est pire qu'une provocation ! En effet, dans cette contrée, seules les chevelures de jais attestent le sang royal, le reste est voué à servir ou occuper des basses tâches. C'est un sort plus enviable que celui que connaissent les demi-humains (mi-bêtes, mi-hommes). En d'autres termes, ce sont des esclaves qui n'ont aucune liberté. Seulement, Nabaka a grandi auprès de l'un d'eux. Il s'agit de Loki, un homme-chien d'une fidélité exemplaire. Il a suivi sa maîtresse en taisant ses sentiments, même si ces derniers remontent vite à la surface et laissent présager des choix difficiles qu'il faudra affronter.

Entre Caesar et Nabaka, les rapports sont froids et frisent la haine. Le prince se sent insulté par la chevelure flamboyante de son élue, tandis que cette dernière, habituée aux sarcasmes et à l'indifférence des siens, a choisi de contre-attaquer au lieu de s'apitoyer. Et finalement, ces deux-là s'apprivoisent en douceur, bien maladroitement aussi. Du coup, leurs sentiments évoluent, un peu contre leur volonté car Nabaka ne veut pas décevoir Loki alors même que son coeur commence à s'emballer pour celui qu'elle doit considérer comme son ennemi. Terrible, terriiiible dilemme à l'horizon ! ^-^

L'histoire n'est franchement pas compliquée car la mangaka a su adopter un rythme rapide, simple et concis, avec de belles scènes romanesques (shôjo power !) et quelques tranches d'humour. Les éléments explicatifs sont glissés en toute simplicité, augurant une intrigue assez attrayante (et captivante !). Les dessins sont également très beaux, justes et précis. Enfin bref, cela faisait un petit moment que je n'avais pas renoué avec le plaisir de lire une série manga et je suis bien contente que le hasard ait désigné L'arcane de l'aube (ah oui, j'oubliais de préciser que cette série est classée "fantastique", du fait des personnages hors du commun et du don que va développer l'héroïne...). Voili, voilà.

Tomes 1 & 2 : L'Arcane de l'Aube - Rei Toma (Kaze Manga, 2011)

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24 juin 2011

Faire de chaque jour une fête

(Pour la délicate tranche des 8-12 ans.)

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Des crêpes à l'eau de Sandrine Beau : la maman de Solène a bien du mal à joindre les deux bouts mais refuse de se plaindre. Et pourtant, la visite de Cartable Préhistorique plombe un peu l'ambiance à la maison. Solène n'ignore pas leurs soucis d'argent. Elle sait bien que ses vêtements sont rapiécés et qu'elle porte des baskets à deux euros cinquante. Cela n'empêche pas d'avoir une super copine, Zoé, qui distribue des m&m's comme des preuves d'amour. Son papa et elle viendront à leur rescousse pour empêcher Cartable Préhistorique d'abuser de son autorité et leur éviter aussi une expulsion.
Pas très gaie mais réaliste, l'histoire se veut aussi optimiste en défendant l'amitié et l'entraide comme roues de secours dans la vie. Ce n'est pas un sujet facile et qui ne fait pas forcément envie aux jeunes lecteurs (ma fille a jugé que c'était trop triste), parce que c'est un sujet actuel aussi, qui rappelle trop la vraie vie. Je suis donc partagée, entre savoir, ne pas fermer les yeux, prendre conscience et rêver, s'échapper, oublier... les enfants choisiront.
(Grasset jeunesse, coll. Lampe de poche, 2011).

La roue de Sandrine Kao : Elise est la seule de sa classe à ne pas savoir faire la roue. Elle le prend comme un drame personnel et entreprend de se remettre en question. Elle se juge invisible, insipide, terne et inintéressante. Elle ne comprend pas ce que lui trouvent ses amies, elle est amoureuse d'un garçon mais n'ose pas lui avouer, de toute façon ça doit le laisser indifférent, elle trouve sa petite soeur brillante et plus intelligente... A la maison, ses parents sont accaparés par leur boulot et les filles apprennent à se débrouiller par leurs propres moyens, sauf qu'à ce régime leur mère finit par craquer et se retrouve à l'hôpital. Suite à cet événément, Elise comprend qu'elle ne compte pas pour des prunes et que ses camarades se soucient d'elle et l'apprécient pour ce qu'elle est - une fille simple, gentille, attachante et vraie.  
Voilà un roman qui vous donnera envie de mettre de côté vos petits tracas existentiels pour aller de l'avant et surmonter vos problèmes ! J'ai envie de le conseiller à toutes les minettes (environ 10 ans) qui arrivent à un croisement de leur vie où les questions pleuvent et les réponses ne sont pas souvent à la hauteur des espérances... La roue, c'est un symbole : se lancer dans la vie, passer à l'action, retomber sur ses pieds. Être bien dans ses baskets. Rien que pour ça, j'ai trouvé cette lecture très sympa !
(Syros, coll. Tempo, 2011). 

C'est vrai que je manque de courage. M'élancer me fait peur. Me balancer  m'effraie. Plonger me terrifie. Je courbe l'échine, je me recroqueville, je me roule en boule...
C'est si facile, une galipette...
Voilà, ma vie sera telle une galipette : je courberai le dos, j'avancerai en roulant sur les événéments de la vie, sans jamais lever la tête, et j'arrêterai d'avancer dès que je rencontrerai un obstacle sur ma route.
Ça ne me dit pas vraiment, une vie pareille !
Moi aussi je veux pouvoir décider de ma vie, la prendre en main, réussir à aller là où j'ai envie et ne pas simplement me laisser porter.

23 juin 2011

L'obscurité et le silence

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Autant vous préparer à un tome 5 bouleversant et empreint d'une grande tristesse ! Parce que la réalité a rattrapé la fiction, parce que l'absence de Pierre Bottero pèse derrière chaque mot, l'ambiance du livre est vraiment à part. C'est beaucoup plus mélancolique, plus abrutissant aussi. Comme l'effet d'une claque qu'on ne s'attendait pas à recevoir. Le résultat est douloureux, flippant aussi, mais admirable malgré tout. J'ai plus d'une fois saisi un message caché derrière chaque phrase, comme si Erik L'Homme, seul aux commandes, s'adressait à son ami perdu. C'est en quelque sorte un hommage vibrant et pudique qu'il lui rend. Car ce n'était pas facile de reprendre le flambeau et de poursuivre une série débutée à quatre mains, la transition se déroule donc en 200 pages et elle est réussie. 

Nous avions quitté Jasper et Ombe filant sur la moto, le soir du réveillon de Noël. Nous retrouvons Jasper seul, désespéré et criant justice. Walter et mademoiselle Rose sont à son chevet, veulent l'aider en le protégeant, bien maladroitement, puisque le garçon de seize ans a besoin d'agir et refuse de s'apitoyer sur son sort. Il renoue très vite avec la magie et son humour un peu pourri, et c'est tant mieux car il ne faudrait pas sombrer dans le désoeuvrement non plus - par respect envers ceux qui sont partis trop tôt. Evidemment, cette lecture ne ressemble à aucune autre, il y a eu un écart malheureux et il a fallu absorber le choc, désormais le cap est franchi, les larmes essuyées, la série peut reprendre son cours en distillant de nouvelles révélations et une montée d'adrénaline qui remettent sur les rails. La suite paraîtra en octobre 2011 sous le titre : Ce qui dort dans la nuit.

5. Là où les mots n'existent pas - Erik L'Homme (A comme Association)
Gallimard jeunesse / Rageot éditeur (2011) - 205 pages - 9,90€ 

à signaler : la parution en un seul volume de la trilogie Le Livre des Etoiles d'Erik L'Homme

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22 juin 2011

"Love never dies."

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Nouvelle ambiance avec ce tome 2 : nous partons en Californie dans une école baptisée Shoreline, et quittons avec regret la ténébreuse et très gothique Sword & Cross. La vie de Luce est encore une fois menacée, Daniel a donc choisi de l'isoler et de la placer sous la protection des nephilim. Or, cette séparation n'est pas du goût de la jeune fille. Elle a de plus en plus besoin de réponses et cherche à comprendre son passé. Elle découvre alors l'existence et le pouvoir des ombres (alias, les Annonciateurs) et fonce droit devant, sans réfléchir aux conséquences. 

Il faut tout de suite soulever le problème de cette saga - l'héroïne, Lucinda Price, est insupportable. (Elle me fait étrangement penser à Nora dans Hush, Hush de Becca Fitzpatrick.) C'est une demoiselle bien gentille, charmante mais qui n'existe qu'à travers sa relation amoureuse, laquelle est à mes yeux tellement sirupeuse que je trouve ça exaspérant. Résultat, c'est cousu de clichés et tellement immature, j'avoue avoir pris sur moi à plusieurs reprises. C'est donc la béquille de la saga - des personnages peu attachants et mous du genou, engoncés dans une histoire de passion interdite car maudite. Pff.

Au-delà cet aspect, l'univers est intéressant, l'ambiance à Shoreline est (pour moi) moins séduisante mais cela permet d'ouvrir les perspectives, d'élargir le tableau des protagonistes (Daniel et Cam sont moins présents, mais Shelby et Miles font leur entrée en fanfare), en plus de révéler un autre aspect des anges et des autres "créatures" environnantes. Même si je lui trouve des défauts, j'aime cette série pour son développement et ses idées, je pense d'ailleurs que le prochain tome - Passion - proposera un beau voyage dans le temps. C'est vrai que je me sens partagée quant à mes sentiments, souvent liés à des détails, mais subsiste un vrai plaisir de lecture qui ne se dément pas. Il faut juste maintenir ce fragile équilibre, en souhaitant in petto que les personnages gagnent tout de même en charisme.

Vertige (Fallen#2) - Lauren Kate
Bayard jeunesse, 2011 - 437 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Elisabeth Luc 

EN LIBRAIRIE LE 23 JUIN ! (Le tome 3 paraîtra en novembre.)

Concours jusqu'au 23 juin : remportez Vertige! chez Francesca 

17 juin 2011

A Ribbon

 Bon weekend !

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17 juin 2011

"People talk about nature as a mother, but to me she's always been Medea, ready and willing to slaughter her children."

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Premier tome d'une série qui s'annonce originale, riche, instructive et ... addictive !
Joanne est au volant de sa voiture et fuit la Floride pour retrouver Lewis. Qui est Lewis ? (Un ancien copain de formation.) Pourquoi se sauve-t-elle ? (Elle serait suspectée de meurtre.) Cela démarre sur les chapeaux de roue ! Toutefois, ne vous emballez pas, car l'histoire se dessine progressivement, par flashbacks essentiellement. Et c'est donc petit à petit que l'intrigue prend forme, de quoi chatouiller ma curiosité, mais c'est un procédé efficace car je ne suis pas mécontente de ce qui se dévoile.
L'univers de Rachel Caine est nouveau - il est question de gardiens des éléments (eau, ciel, terre, feu), d'hommes et de femmes chargés de contrôler les caprices de Mère Nature, qui chercherait à anéantir l'humanité. Joanne fait donc partie de cette organisation, elle possède de sacrés pouvoirs, ce qui finalement ne lui attire que des ennuis !
Je ne vous résume pas son histoire, après tout c'est encore mieux de la découvrir par soi-même. Quoi qu'il en soit, c'est prenant et perpétuellement alimenté en nouvelles indications qui donnent l'impression que le rythme est trépidant. Joanne est une héroïne avec laquelle il est impossible de s'ennuyer - elle jure, elle peste, elle rage, elle s'emporte, elle est facilement incontrôlable, elle n'est pas idiote, elle panique à juste titre, elle se pâme aussi pour les beaux garçons et elle aime les voitures de course...
En chemin, elle rencontre un auto-stoppeur aussi. Soupirs.
C'est juste un peu sexy sans être vulgaire, et c'est très bien. La fin aussi est pertinente, elle annonce un deuxième tome qui s'engage sur un sujet déjà aperçu entre ces pages, et qui promet d'être captivant. Globalement, c'est vraiment différent des autres lectures "fantastiques" du moment (et, à mon goût, meilleur que la série des Morganville Vampires de la même Rachel Caine).

La Maîtresse du Vent (Les gardiens des éléments #1) - Rachel Caine
Editions Eclipse, 2010 - 347 pages.
traduit de l'américain par Marianne Audouard

Note concernant l'édition française : les pages du livre se décollent ! C'est décevant.

MERCI ANNE !

16 juin 2011

Il n'était pas impossible que ...

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Etrange, intelligente et raisonnable. C'est ce qui résume Emma-Jane, treize ans. Etrange, dans le sens hors du commun, remarquable, singulière. C'est le dictionnaire qui l'écrit, et sa maman qui le certifie. Et c'est vrai que c'est une petite héroïne attachante, souvent elle se tient à l'écart des autres et passe son temps à observer les jeunes de son âge, dans un but strictement scientifique, jusqu'à ce qu'elle rencontre Coleen Pomerantz en pleurs dans les toilettes. Sans comprendre pourquoi, Emma-Jane va chercher à lui venir en aide. Toutefois, en bousculant la logique des évènements, Emma-Jane bouleverse aussi sa tranquillité et provoque des réactions inattendues. Il faut lire le raisonnement de la demoiselle, c'est sans équivoque et c'est brillant. (Certes, rédiger des faux est une méthode discutable mais la motivation première tellement honorable.) L'histoire d'Emma-Jane figure parmi ces petites découvertes précieuses, parce qu'elle vous intrigue dès les premières lignes, et parce qu'elle va vous embarquer bien au-delà de l'aspect léger et du plaisir éphémère. Car, au final, la miss va pouvoir briser sa coquille, réaliser qu'elle n'a pas totalement absorbé le deuil de son père et envisager de sourire davantage en se mêlant à ces autres qu'elle tenait à distance. C'est adorable, vraiment bien écrit, avec un humour tout en retenue et une très grande finesse !

Pourquoi Emma-Jane est tombée de l'arbre, et ce qui s'ensuivit - Lauren Tarshis
Bayard jeunesse (2010) - 217 pages - 10,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jean-Baptiste Dupin
illustration de couverture : Anouk Ricard

15 juin 2011

"For me, reading is remembering."

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Lili souffre d'un mal étrange - elle n'a aucun souvenir du passé, tout s'efface à 4h33 tous les matins, par contre elle connaît le futur (cela se manifeste par des flashs soudains et inopportuns). La situation est terriblement embarrassante. Aussi, Lili construit sa vie autour de ses notes, qu'elle rédige scrupuleusement avant de s'endormir, afin de démarrer chaque journée de bon pied. Car Lili tente de mener une vie normale, elle se rend au lycée, n'a pas beaucoup d'amis, et pour cause, soit elle se replie sur elle-même, soit elle manque de diplomatie, du fait de ses visions du futur. (Elle tentera, par exemple, d'éviter à sa meilleure amie une désillusion sentimentale, hélas cela entraînera une brouille entre elles.)

Côté coeur, Lili n'a jamais songé à se donner du temps non plus jusqu'à ce qu'elle rencontre Luke. C'est le petit nouveau de l'école, il est craquant et il en pince sérieusement pour la jeune fille (qui s'effarouche, avant de tomber dans ses bras, mais veut préserver son secret donc elle fait semblant de n'avoir aucun problème et blablabla). La relation est très mignonne, et puis le garçon a un charme fou, cela contribue grandement à afficher un sourire de bécasse, croyez-moi ! Bref, tout ceci sent bon la bluette mijotée aux petits oignons mais le problème demeure - le cas de Lili est bizarre. A quoi est lié son mal ? à quoi correspondent ses cauchemars récurrents ? pourquoi son père a disparu de la circulation ? qu'a cherché à découvrir Lili en voulant rencontrer sa grand-mère ? parviendra-t-elle, un jour, à corriger sa mémoire défaillante ? devra-t-elle vivre longtemps avec ce handicap ?

Toutes ces questions ont été, pour moi, essentielles pour terminer ma lecture. Parce qu'à force, l'histoire se pelotonne sur elle-même pour ronronner de plaisir, mais l'intrigue stagne aussi. Et il faut admettre que ça devient un peu long et ennuyeux tout ça... Le dernier tiers du roman, par contre, nous bombarde d'anecdoctes toutes plus incroyables les unes que les autres, à tel point que ça n'a plus ni queue ni tête ! Il se passe trop de choses, trop d'explications hâtives, bref le dénouement est expéditif et incongru.

Dans l'ensemble j'ai trouvé ce roman intéressant mais bancal. Peut-être m'attendais-je à une lecture plus proche du film 50 First Dates (Amour et amnésie, en français. Avec Adam Sandler et Drew Barrymore), en plus de la guimauve romantique assumée, j'aurais souhaité un ton plus comique (ce qui est loin d'être le cas, car c'est plutôt triste et solennel). Les éditions de la Martinière ont misé gros sur ce roman, puisqu'il sort en même temps qu'aux USA, chacun jugera donc selon ses attentes, en ce qui me concerne je suis un peu déçue.

Forgotten - Cat Patrick
La Martinière J. (2011) - 297 pages - 13,90€
traduit de l'anglais (USA) par Céline Laurent

Francesca est plus indulgente.

14 juin 2011

Vite un seau d'eau, filles en folie !

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Tallulah Casey a quatorze ans, des jambes interminables et des genoux qu'elle trouve protubérants - c'est d'ailleurs sa fixation, ça et ses pépites (= ses seins) qu'elle juge inexistants. Oui, cette charmante demoiselle ne fait pas dans la dentelle. Elle a de qui tenir, puisqu'il s'agit de la cousine de Georgia Nicolson. Le ton est donné ! Toutefois, ici il n'y a pas d'invention linguistique saugrenue, place davantage à la dérision et à l'exubérance, Tallulah est complètement déjantée, de quoi vous coller un sourire banane au visage.

C'est l'été, Tallulah débarque dans le Yorkshire pour suivre un stage de cours d'art dramatique. Cette mise au vert promet à notre adolescente des moments savoureux, et particulièrement atypiques. D'ailleurs, elle n'aura aucun mal à s'adapter - elle va trouver un groupe de copines toutes très attachantes, se lier d'amitié avec la petite Ruby et son chien Matilda, se pâmer devant son grand frère, être accueillie bras ouverts par Dibdobs et son époux (et leurs bambins insolents), se ridiculiser en public, rencontrer des garçons, tomber des nues en recevant son premier baiser, se remettre en question sur ses capacités artistiques, ne pas s'épancher, toujours voir la vie du bon côté...

Le résultat est délicieusement excentrique et farfelu. Je me suis souvent esclaffée à deux ou trois reprises (la danse du balai irlandais, le premier baiser comparé à une attaque de méduse avec sensation d'une chauve-souris dans la bouche), et même si je reconnais que l'histoire est légère et traitée avec une certaine rondeur, je ne vous cache pas que je me suis bien amusée et c'est tout ce qui m'importe ! Ce roman sert aussi à dépoussiérer les clichés attachés à la région du Yorkshire, patrie des soeurs Brontë, où les allusions au roman Wuthering Heights, notamment, sont nombreuses, parfois inattendues et discutables, mais tellement appréciables que j'ai souvent gloussé de bonheur ! (Rien que le titre en vo : Withering tights ! Tout s'explique dans le texte, bien entendu.) Enfin bref, cette lecture a pour vocation de divertir et réussit très bien sa mission. Voilà une bonne tranche de rigolade pour les vacances !

Les Mésaventures de Tallulah Casey - Louise Rennison smileyc002
Gallimard jeunesse, 2011 - 347 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Catherine Gibert

> le trailer du livre, fantasque et bariolé - j'aime !

13 juin 2011

"You don't have to do those things. You don't have to become a hero, Seth."

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C'est le troisième livre de la série, et je suis définitivement sous le charme. Quel univers. Melissa Marr peut s'enorgueillir d'avoir créé un monde fascinant, où les amours sont désespérées, les passions contrariées, la mélancolie omniprésente, les confiances bafouées, les secrets inavoués. Tout ceci rend l'atmosphère sombre, déchirante mais belle et touchante ! Je suis conquise.

Aislinn est partagée entre son amour pour Seth et son devoir de reine auprès de Keenan. Celui-ci cherche à la séduire, insidieusement. Il a accepté la relation qu'elle entretient avec son mortel, car il a conscience de sa fragilité. En échange, il renoue avec Donia, laquelle est une femme blessée, torturée par son attirance, son amour et ses devoirs. Ce qui est incroyable dans cette série, c'est que tout le monde se connaît de façon très intime mais se trouve désormais coincé dans des voies sans issue, l'imbroglio sentimental donne du fil à retordre et exacerbe désir, soif de vengeance et conquête de l'impossible. La paix entre les cours semble donc précaire, elle ne tient qu'à un fil.

Seth est jaloux, au fond de lui il ne supporte pas de partager sa dulcinée, il n'est pas aveugle des agissements sournois de Keenan, cette tension prend racine et le garçon veut agir et ne plus observer. Son ami Niall tente de le raisonner, en le plaçant sous sa protection, il titille le roi de l'été, mais Keenan s'en sert à bon escient. Le schéma qui s'établit entre chaque personnage est troublant, fascinant. Toute cette vicissitude donne lieu à une intrigue encore plus désespérante, les conséquences s'accumulent et repoussent toujours plus loin la frontière entre la tolérance et la provocation, et avivent la discorde. Au centre, l'impossible Bananach joue son rôle de folle avec superbe, elle a soif de sang, elle chatouille les faes et les mortels, ce qu'elle veut, nul doute qu'elle l'obtiendra !

Vous n'en pouvez plus des lectures trop romantiques parce que trop mielleuses ? Révisez votre jugement en découvrant cette série, même si le premier tome laisse perplexe, la suite n'aura de cesse de vous surprendre pour mieux vous plaire. J'aime beaucoup son charme langoureux, me délecte de son écheveau d'intrigues et suis subjuguée par la personnalité trouble et complexe des protagonistes. De plus, l'auteur ne cède jamais à la facilité, même la fin déjoue toutes les attentes, c'est fort et magnifique, comme j'aime ! Encore deux tomes avant la conclusion.

Ne jamais t'embrasser (Wicked Lovely #3) - Melissa Marr  smileyc002
Albin Michel, coll. Wiz, 2011 - 427 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre

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