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Chez Clarabel

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10 juin 2011

Leur histoire d'amour à distance avait la saveur du chocolat.

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Cherry et son père Paddy quittent Glasgow pour le Somerset où une nouvelle vie les attend. Charlotte et ses quatre filles vont, en effet, devenir leur famille d'adoption. Si Cherry est chaleureusement accueillie par les cadettes, elle se prend une douche froide avec Honey, l'aînée de quatorze ans, qui n'accepte pas leur intrusion. Elle va leur en faire baver, en plus d'enchaîner les crises d'hystérie parce que son père est trop occupé pour passer du temps avec elle, et ne pas supporter que son petit copain, Shay, craque pour la petite nouvelle.

L'ambiance est particulièrement bon enfant. Tout est sirupeux, mielleux, un peu écoeurant. Et très caricatural, aussi. Toutefois c'est de bon aloi. Place aux bons sentiments, avec en prime la peste de service qu'on aimerait claquer contre le mur (il en faut toujours une, bien sûr). Au centre, Cherry n'est pas la Miss Parfaite qu'on aimerait nous présenter. La demoiselle se défend d'être une menteuse, au contraire elle a une imagination débordante et vit dans son petit monde imaginaire, quitte à lui faire raconter tout et n'importe quoi, pour attirer l'attention ou pour se faire accepter, bref c'est quelque peu discutable mais Charlotte, sa belle-mère, est beaucoup plus clémente et pardonne cette attitude. De toute façon, les parents dans l'histoire sont trop laxistes et planent constamment (ils sont amoureux, heureux, ils excusent trop facilement les caprices de Honey, j'avais envie qu'ils se bougent davantage), ceci allant dans le sens que cette histoire reste fortement surréaliste (le lancement de la fabrique de chocolats, par exemple) et cousue de clichés. J'étais, limite, au bord de l'indigestion, même si je reconnais que c'est charmant et mignon comme tout. Ma fille, elle, boit du petit lait et se régale !
A conseiller dès 11,12 ans. Quatre autres livres vont suivre.

Coeur Cerise - Cathy Cassidy
Nathan, 2011 - 295 pages - 13,90€
traduit de l'anglais par Anne Guitton

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9 juin 2011

La Maison des Secrets

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Olive Dunwoody a onze ans et des parents totalement absorbés par leur boulot. Ils viennent d'emménager dans une grande maison de Lindon Street où la fillette va explorer tous les coins et recoins avec une pointe d'appréhension. Les tableaux, surtout, lui font peur. Mais impossible de les déplacer - ils sont collés aux murs ! Ce n'est pas tout, Olive rencontre un chat qui se met à lui parler et se présente sous le nom d'Horatio. Il la met en garde contre la maison, il semblerait que les nouveaux habitants ne soient pas les bienvenus. Ce n'est pas tout ça : en mettant la main sur une paire de lunettes, Olive réalise alors qu'elle peut traverser les tableaux ! Vous hésiteriez longtemps avant de franchir le cadre ? Pas Olive. Sa spécialité, se mêler des affaires des autres. A ses risques et périls.

Oui, je sais, ça fait beaucoup penser à Coraline de Neil Gaiman mais ça s'arrête là car j'ai trouvé ce roman beaucoup moins sombre et flippant (même si la perversion est de mise et la roublardise aussi). J'ai bien apprécié le cadre et l'ambiance, la maison et son charme vieillot, la petite fille solitaire, le garçon au sale caractère, la délicieuse Annabelle qui sèche vos larmes autour d'une tasse de thé, et même les trois chats qui cachent bien leurs jeux... Dans ce livre, tout est trouble et inquiétant. On ne sait plus trop qui sont les gentils et qui sont les méchants. Les événements s'enchaînent selon un certain mécanisme, et si certains faits sont éclairés à la fin du livre, d'autres sont appelés à être réchauffés puisqu'il s'agit d'une série fantastique en cinq tomes.
Pour jeunes lecteurs, encore une fois.

La maison des secrets, livre 1 : Les lunettes magiques - Jacqueline West
illustré par Poly Bernatene
Seuil jeunesse, 2011 - 235 pages - 12,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jakuta Alikavazovic

9 juin 2011

Le Clan de la louve

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Un roman espagnol, me suis-je dit, pour changer... Même pas. Si au départ l'écriture surprend par ses effets de lyrisme, l'histoire finit par tourner en rond et s'appesantir en détails, redites et autres longueurs. C'est tant pis pour moi.

Nous avons donc une adolescente de quatorze ans qui en paraît onze, Anaïd, laquelle se réveille un matin en découvrant l'absence de sa mère. Cette disparition n'est pas normale, et très vite toutes les amies proches de Séléné, la maman à la chevelure rousse, réputée pour ses frasques et son exubérance, accourent et font une tête de six pieds de long. Anaïd reste seule dans son coin, livrée à son désespoir, sa colère et son incompréhension. Elle en veut à Séléné de l'avoir abandonnée, juste au moment où elle a le plus besoin d'elle. En effet, son corps change. Les traces de l'enfance s'estompent, la jeune fille grandit et s'épanouit, de même commence-t-elle à percevoir d'étranges "sons" et à se douter que le départ de sa mère n'est pas anodin. Anaïd décide alors de la retrouver.

Car Séléné est l'élue de la lignée des Omar, des sorcières qui s'opposent depuis des temps anciens aux Odish, celles qui ont opté pour l'immortalité et le mal. Une prophétie a annoncé le retour du sceptre du pouvoir dès lors que l'élue apparaîtrait. Hélas, les filles d'Omar doutent de leur élue et pensent secrètement que Séléné a trahi leur clan pour rejoindre l'ennemi.

Voilà, en gros le résumé de ce premier tome. Oui, sans être follement originale, l'histoire de base est franchement sympa (sorcellerie, clans ennemis, guerre imminente, trahison, mensonge, passion & aventures, wow !). J'ai cependant trouvé que le parcours de la jeune héroïne, qui cherche à comprendre pourquoi sa mère a disparu et pourquoi on lui cache des choses sur sa lignée, était maladroit, confus et long, trop long, bref que ça finissait par occulter le reste de l'intrigue. Ou du moins, c'est ce que j'ai personnellement ressenti. Je ne suis pas sûre de lire la suite, qui paraîtra en décembre, d'autant plus que l'histoire trouve ici une fin tout à fait satisfaisante.

Le Clan de la Louve - Maite Carranza
Pocket jeunesse, 2011 - 362 pages - 16,90€
traduit de l'espagnol par Nathalie Nédélec Courtès

Le livre II, Le désert de glace, paraîtra en décembre 2011.

Concours Le clan de la louve : 5 livres à gagner jusqu'au 18 juin chez Francesca !

8 juin 2011

C'est tellement facile de tout oublier. Quand on écrit quelque chose, ça reste.

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Depuis la mystérieuse disparition de leurs parents survenue dix ans plus tôt, trois enfants, Kate, Michael et Emma, étrennent tous les orphelinats avec tristesse et amertume. Ils ignorent tout de leurs origines, ne portent que la lettre P en guise de nom de famille, n'ont aucun souvenir des leurs, à part l'aînée, Kate, qui s'est jurée de toujours prendre soin de son frère et sa soeur.

L'histoire commence alors qu'ils arrivent à Cambridge Falls, dans un orphelinat désert, tenu par un vieux majordome, une gouvernante revêche et celui qui se présente comme étant le docteur Pym. Au hasard de leur exploration des murs, les enfants découvrent un livre avec des pages blanches, lequel les envoie aussitôt dans le passé, grâce à une photographie. Et là, la machine se met en marche, l'aventure peut démarrer, vous n'êtes qu'au début de vos surprises. Car des voyages, Kate va en faire, pour sauver son frère, pour retrouver un livre, pour échapper à une sorcière folle, pour sauver les enfants d'un village, pour comprendre le pouvoir qui prend forme en elle, pour saisir chaque instant d'une prophétie qui se construit, et qui aurait été écrite bien des années plus tôt.

J'ai beaucoup, BEAUCOUP aimé cette lecture ! L'immersion a été quasi immédiate, c'est un univers riche et foisonnant, teinté de magie et de voyages dans le temps, avec des rebondissements, de l'action, des événements tellement liés entre eux que le moindre souffle peut tout faire basculer, c'est passionnant. Les héros sont jeunes (14, 12 et 11 ans), ils ont des caractères bien différents, mais ils sont très attachants (et même parfois agaçants avec leur science, leur excentricité, leurs caprices, leurs doutes et leurs mensonges), paradoxalement c'est ce qui fait qu'on les apprécie autant. Il y a aussi beaucoup d'humour, involontairement de la part du roi Hamish, et essentiellement grâce à Michael qui réalise son rêve en rencontrant des nains ! Quel choc. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire.

Je n'aime pas trop comparer ou poser des étiquettes, mais malgré moi, je ne peux m'empêcher de conseiller ce livre à tous ceux qui se sentent orphelins du monde de Harry Potter & co. Vous y trouverez ce même plaisir de baigner dans un espace hors du temps, de votre bulle et vous ne compterez plus les heures passées le nez dans votre bouquin. C'est dire l'immense plaisir qu'il procure, en plus de cet instinct d'avoir décroché de la réalité pour basculer dans un autre monde. Les éditions Milan ont eu le flair en traduisant ce premier tome alors même qu'il vient de paraître aux USA (par contre, la suite ne sera pas imminente...).

L'Atlas d'Emeraude - John Stephens  smileyc002
Milan, 2011 - 440 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Zimmermann

Ce roman a été gracieusement distribué aux blogueurs, je ne compte plus les liens, aussi voici celui de Bladelor qui ouvre sur d'autres...

7 juin 2011

Elle est de retour !

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Akissi, la petite héroïne de Marguerite Abouet et Mathieu Sapin, est toujours aussi espiègle et craquante, je suis définitivement fan ! Nous la retrouvons dans 7 histoires toutes simples et rigolotes, au milieu de ses copains ou dans sa famille, c'est à chaque fois une vraie partie de plaisir.

Son ami Edmond se prend pour Spectreman et n'hésite pas à dégringoler des toits pour lui ressembler, Akissi le prévient : seuls les asiatiques sont en plastique, il n'a aucune chance, mais lorsqu'il se découvre un pouvoir pétrifiant sur leur maître d'école, les deux camarades n'en croient pas leurs yeux ! Akissi est usée de coiffer ses couettes tous les matins, elle pense alors qu'en attrapant les poux de sa copine Sido, sa mère acceptera de lui raser la tête. Elle rêve ! C'est comme pour l'histoire du doudou vivant, quand Akissi invite une petite souris à se nicher contre elle pour la nuit, y'a de la rumba dans l'air et pas seulement (très berk et amusant, faut le faire !). Le must de la cocasserie a lieu lors du festin dominical, Akissi est traînée par sa mère à la messe mais elle n'en peut plus, elle veut faire pipi et se perd dans les couloirs alors qu'elle tombe sur un petit buffet appétissant... je ne vous raconte pas la chute, même si elle se devine. Vraiment très drôle ! Comme la fois où Akissi doit retourner chez le dentiste, à force de manger des bonbons en cachette, ça se paie, or la fillette a une sainte horreur du dentiste et ne veut pas qu'on lui arrache sa dent. C'est vu, déjà vu, sauf que ça le fait quand même. On rigole, et on rigole encore rien qu'en voyant la salle d'attente paniquée.

Akissi est une série destinée avant tout pour les jeunes lecteurs (dès 6 ans), mais il n'y a pas de raison de s'en priver, c'est un condensé de bonne humeur, c'est pétillant, c'est frais, c'est simple et facile, cela raconte les petites aventures facétieuses d'une héroïne un peu peste, un peu canaille, mais très attachante. Bref, du plaisir sur toute la ligne ! J'ai toutefois trouvé le lexique moins coloré, c'est dommage, j'avais craqué pour toutes les expressions découvertes dans le premier tome, mais ceci n'empêche pas mon appréciation générale : l'humour, la gaité, le dépaysement, j'aime tout, tout, tout !

Akissi, tome 2 : Super-héros en plâtre - Marguerite Abouet & Mathieu Sapin
Gallimard, 2011.

Et je veux la suite de Bienvenue ! Pour bientôt ?

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7 juin 2011

Vivre équivaut à marcher d'un bout à l'autre des ténèbres, sur un pont de rêves.

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Nous sommes confrontés à une société du futur, où les voyages dans l'espace sont devenus monnaie courante, où la procréation assistée permet d'avoir des enfants beaux et intelligents, et où il est possible de se greffer une puce dans le cerveau qui vous dicte tout, aussi bien votre façon de penser, de communiquer ou de consommer. En gros, vous êtes complètement lobotomisés mais vous êtes le dernier au courant !

D'un côté, nous avons Titus et sa bande de potes. Ils sont bruyants, brouillons, insupportables, ils vivent l'instant présent, suivent les modes sans se questionner. De l'autre côté, il y a Violet, belle, fascinante, tout chez elle la rend différente des autres, au risque de passer pour une intello pimbêche. Elle incarne la résistance passive, en n'ayant reçu son interface que tardivement, la jeune fille a ainsi appris par elle-même, pu réfléchir, analyser, contester, ce qui est une nouveauté pour Titus.

En toute logique, ses discours détonnent, bousculent la masse groggy et abrutie, mais ils ne sont pas pris au sérieux. Le pouvoir de l'interface est redoutable, mais pas infaillible non plus. Titus et ses camarades ont été victimes d'une attaque pirate lors de leur voyage sur la Lune, et si tout le monde semble avoir fait peau neuve, seule Violet en conserve des séquelles qui la condamneraient tristement à une fin prématurée.

Hélas pour moi, je suis complètement passée à côté de cette lecture. C'est triste, c'est pessimiste (à la rigueur ça se défend), c'est également empreint d'amertume et de résignation, attaché à un personnage (Titus) franchement peu charismatique, car totalement déshumanisé. Cet univers de dystopie est froid, glacial, il dénonce une vérité sournoisement consentie (nous sommes vendus aux dieux de la consommation, what else?), mais impossible de mettre le doigt sur ce qui m'a vraiment dérangée. Quelle frustration.

Interface - M.T. Anderson
Gallimard, coll. Pôle Fiction, 2011 (first published October 2004)

7 juin 2011

Teaser Tuesday #21

 One hour to rewrite the past . . .
 
For seventeen-year-old Emerson Cole, life is about seeing what isn’t there: swooning Southern Belles; soldiers long forgotten; a haunting jazz trio that vanishes in an instant. Plagued by phantoms since her parents’ death, she just wants the apparitions to stop so she can be normal. She’s tried everything, but the visions keep coming back.

So when her well-meaning brother brings in a consultant from a secretive organization called the Hourglass, Emerson’s willing to try one last cure. But meeting Michael Weaver may not only change her future, it may change her past.

Who is this dark, mysterious, sympathetic guy, barely older than Emerson herself, who seems to believe every crazy word she says? Why does an electric charge seem to run through the room whenever he’s around? And why is he so insistent that he needs her help to prevent a death that never should have happened?
 
Full of atmosphere, mystery, and romance, Hourglass merges the very best of the paranormal and science-fiction genres in a seductive, remarkable young adult debut.

Expected publication: June 14th 2011 by Egmont USA

Reprise de la chanson American Boy d'Estelle par Cocoon !

6 juin 2011

Être en vie, ça signifie parfois prendre des risques.

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J'avais besoin de changer d'air, après avoir brassé pas mal de lectures qui touchaient à des univers de dystopie (souvent sombres et oppressants), j'avais envie d'une histoire plus légère et distrayante. Mon voeu a été exaucé ! Le roman d'Alexandra Bullen est simple, romantique et touchant, j'ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Olivia est une adolescente solitaire, qui souffre de l'absence de sa soeur jumelle, Violette, disparue trop tôt l'été précédent. Toute la famille a bousculé ses projets en s'installant à San Francisco pour fuir les souvenirs mais l'ambiance reste morose. Un peu par hasard, Olivia se retrouve dans la boutique d'une couturière qui lui promet une robe, puis deux autres, quand la jeune fille va découvrir qu'elles peuvent réaliser trois voeux. Aussitôt la vie d'Olivia va connaître un bel enchantement et sous l'impulsion du fantôme de sa soeur (oui, oui) elle va dépasser ses limites, affronter sa timidité, s'ouvrir aux autres, se faire des amis, tomber amoureuse (ah ! Soren...), prendre des décisions et assumer ses choix (briser une amitié naissante ou faire confiance aux battements de son coeur).

Sans mentir, c'est aussi bon qu'un roman de Sarah Dessen, le cadre de San Francisco est juste idyllique, ça donne envie de tout plaquer pour explorer la ville (sous la houlette de Soren), il règne aussi une ambiance bobo-chic qui n'est pas du tout agaçante, c'est dire comme le charme opère instantanément. A signaler, la petite touche fantastique (la magie, les voeux, le fantôme, etc.) est purement décorative car il s'agit davantage d'un roman sur le deuil et la reconstruction. C'est même extrêmement touchant de suivre le parcours d'Olivia et sa famille, au bord de la rupture, incapables d'avancer parce qu'ils sont encore trop englués dans le passé. En somme, voilà un livre sans prétention, où le charme et la fraîcheur sont une garantie de pur divertissement, et qui n'a pas volé son titre de conte de fées moderne.

Fais un voeu - Alexandra Bullen
Michel Lafon, 2011 - 317 pages - 14,95€
traduit de l'anglais (USA) par Josette Chicheportiche

4 juin 2011

I wished I had the ability to comfort with a soft touch. I didn't. Instead I had daggers and determination.

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Préparez-vous une déferlante de romans made in USA estampillés "for fans of the Hunger Games", et moi, bonne poire, je mords à l'hameçon... alors que, franchement, je pense que ce roman s'approche davantage de La Forêt des Damnés de Carrie Ryan pour son univers post-apocalypse peuplé de zombies ! Heureusement j'ai bien aimé et je n'avais pas nourri trop d'attentes non plus par rapport à cette lecture.

Nous sommes plongés dans une cité souterraine, baptisée Enclave, où vit Deuce, une jeune fille qui vient d'obtenir enfin son nom après avoir passé quinze années sous une étiquette (Girl15) parce qu'on n'est jamais trop prudent, tous les gosses ne vivent pas longtemps, et il faut ensuite leur donner une place dans cette micro société. Deuce obtient celle qu'elle espérait depuis toujours - c'est une chasseuse. Elle doit travailler en partenariat avec Fade, un garçon que personne n'apprécie. Il n'a pas grandi dans l'Enclave, il a toujours été à part et taciturne, mais c'est un redoutable guerrier. La mission des chasseurs consiste en effet à se procurer de la nourriture et à traquer l'ennemi - les Freaks, des créatures monstrueuses, avec griffes et dents acérées, qui se sustentent de chair morte. Erk.

Lors d'une patrouille, Deuce et Fade recueillent un pauvre petit gamin aveugle, rescapé d'une autre ville souterraine, laquelle serait aux abois et réclamerait de l'aide. En choisissant de contrevenir aux ordres, nos deux héros n'ignorent pas qu'ils se risquent à des représailles. Et lorsque la sanction tombe, aussi terrible soit-elle, elle apporte quelque part un autre souffle au roman. Car l'intrigue en elle-même est classique, pas révolutionnaire, mais les personnages sont vrais, attachants, sensibles, mystérieux. Deuce et Fade ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre, le temps d'apprivoisement est lent et incertain, mais cela rend leur rapprochement encore plus touchant et excitant. J'ai apprécié aussi le flou et l'immaturité de la jeune fille, dans ce qu'elle vit et ressent, au vu de son parcours. C'est parfaitement crédible, puisque rien ne repose sur une évidence absolue.

Bien entendu, j'ai globalement adhéré à ce monde nouveau et sans fioritures, c'est violent, très dur et oppressant, il n'y a aucune poésie, aucun glamour, mais beaucoup d'action, des coups, du sang, des vilaines bébêtes toutes moches. Deuce est une très belle héroïne, courageuse mais accablée par les doutes, formatée pour une pensée unique et complètement déstabilisée face aux changements, aux émotions etc. J'espère très sincèrement que les deux prochains tomes vont continuer à verser dans ce sens - de la pudeur, des sentiments, des déclarations rares mais bouleversantes, en plus du reste (de la baston !). Pour l'instant, le début est convaincant !

Enclave (Razorland #1) - Ann Aguirre
Published April 2011 by Feiwel & Friends

LUENVOLu en VO - 26

3 juin 2011

The Lonely Hearts Club

Vu en librairie, ce roman plaira autant aux plus jeunes lectrices qu'aux autres... (je l'avais lu en VO l'année dernière, la couverture originale était plus jolie)

le club    the lonely hearts

Les garçons sont tous des mufles ! Penny Lane en a soupé des relations bidons, et depuis sa récente déconfiture avec Nate, le fils des meilleurs amis de ses parents, dont elle était follement amoureuse depuis des années, la jeune fille a choisi de tirer un trait sur les relations sans lendemain. Elle renonce aux garçons, ne veut plus sortir avec eux, elle crée alors the Lonely Hearts Club (en référence à la chanson des Beatles, un héritage de ses parents qui sont des fans invétérés, d'où son prénom). Très vite, le club gagne en popularité car la majorité des filles du lycée revendique le droit de ne plus être prise pour du bétail. Même le directeur va s'en mêler, tant le club va semer - malgré lui - la zizanie. Cela sent la révolution ! !

The Lonely Hearts Club est un roman sur la solidarité féminine, sur le choix d'être respecté sans pour autant renoncer à aimer et être aimé, il y a une limite à ne pas franchir (all you need is love, après tout !). Les filles du club ne sont pas des harpies, au contraire l'histoire montre qu'il est surtout question d'amitié et de bonne humeur. L'héroïne, Penny, va même être prise à son propre piège puisqu'elle va rencontrer un garçon charmant, délicieux et attentionné qui va lui faire battre le coeur, alors qu'elle a pour règle d'or de ne pas déroger aux principes du Club (stop dating boys !). Pas facile, pas facile... Et pourtant, c'est tellement simple ! Le club n'est pas une prison non plus, et les copines sont là pour le lui rappeler !

Un petit roman vraiment sympa, à conseiller pour les vacances.

Le Club des coeurs solitaires, par Elizabeth Eulberg (City éditions, 2011)
Lu en vo

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