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Chez Clarabel
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nathan
9 juin 2010

The Agency, Le pendentif de jade

The Agency

Londres, 1853. Mary, douze ans, est condamnée à être pendue pour vol. Par chance, elle rencontre une bienfaitrice qui la fera entrer dans une école pour jeunes filles. Cinq ans plus tard, devenue institutrice, Mary ne peut cacher son ennui lorsque la providence vient de nouveau frapper à sa porte. Mary rejoint une organisation secrète, the Agency, qui consiste à infiltrer des lieux et à se familiariser avec des personnes pour servir une enquête.

Mary l'espionne reçoit pour première mission d'être embauchée comme demoiselle de compagnie chez les Thorold. La demoiselle de la famille est une peste insupportable, qui s'est jurée d'empoisonner l'existence de Mary. Cette dernière, contrainte de paraître affable, se sent frustrée et brûle d'envie de passer à l'action. N'en pouvant plus, elle se glisse un soir dans le bureau de Thorold et fait la rencontre de James.

Ah, James ! ... Brillant, arrogant, fasciné par cette beauté exotique, au tempérament volcanique. Il comprend tout de suite qu'elle n'est qu'une usurpatrice (fausse demoiselle de compagnie), mais ne souhaite pas la compromettre. Au contraire, il lui propose de collaborer et d'unir leurs efforts.

Le texte est extrêmement bien écrit et bénéficie aussi d'un incroyable travail de recherche. L'auteur a fignolé le cadre historique, la réalité sociétale, la dénonciation de la condition féminine en cette époque victorienne... Autre point fort du roman : les personnages ! Le couple Mary / James est juste formidable et noue un subtil jeu amoureux qui ne demande qu'à se déployer.

En somme, cette intrigue se veut délicate et pleine d'élégance, elle introduit un univers alléchant et prometteur. Quelques petits défauts subsistent, qui s'effaceront par la suite, je n'en doute pas un instant ! Dans un registre très proche, je recommande également les enquêtes d'Enola Holmes, mais aussi la série de Lee Jackson, avec Sarah Tanner, autrement dit Une femme sans peur . 

The Agency, Le pendentif de jade ~ Y.S. Lee
Nathan (2010) - 377 pages - 14,90€
traduit de l'anglais par Lilas Nord

à suivre : The Agency 2: The Body at the Tower (août 2010 pour la VO, 2011 pour la VF chez nathan)

 

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22 avril 2010

Comme il sied à toute jeune femme bien éduquée...

Enola_Holmes_Tome_5Quel est le point commun entre la guerre de Crimée, Florence Nightingale et Mrs Tupper ? Enola Holmes, bien entendu. Il s'agit déjà de l'avant-dernier tome de la série, ça sent la fin, moi je vous le dis... D'abord c'est un roman plus court que les précédents, seulement 190 pages, avec une intrigue policière intéressante mais un poil moins excitante que dans les dernières aventures. Ceci dit, je demeure incontestablement sous le charme, cette série possède un grand nombre de qualités, elle est bien écrite, de fort bon goût, et même les couvertures françaises, illustrées par Raphaël Gauthey, soulignent le charme et l'élégance de la série d'Enola Holmes !

Nous en sommes donc au cinquième volume, les présentations n'ont plus cure, Enola vit seule à Londres depuis la disparition de sa mère et ne veut pas tomber entre les mains de ses frères, qui souhaitent l'enfermer dans un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille. Nous n'avons toujours aucune nouvelle de lady Eudoria, d'où une certaine surprise de ma part car j'imaginais que l'auteur allait procéder à un virage en douceur pour nous ramener vers l'élément déclencheur de la série (disparition de la maman = émancipation de la jeune fille de quinze ans = début de carrière d'apprentie détective). Hélas non. Aucune trace. Toujours rien. Le calme plat. Oh, peut-être un babillage de ladies surpris par le plus grand des hasards, c'en est même trop beau pour être vrai. Mais niet. Même la correspondance par petites annonces en langage codé s'est évaporée depuis belle lurette ! C'est peut-être là mon microscopique sentiment de manque.

Dans L'énigme du message perdu, Enola cherche à aider sa logeuse, la vieille Mrs Tupper. Celle-ci a reçu d'étranges menaces via un billet anonyme. Quelques jours après, Mrs Tupper est kidnappée, sa maison mise à sac. Enola Holmes prend cette affaire criminelle très à coeur, pourquoi s'en prendre à une veuve sans le sou, dont la seule richesse semble être une robe de crinoline en soie bleu de Prusse. D'ailleurs, n'est-ce pas un vêtement trop chic pour une femme comme Mrs Tupper ? Il faut alors fouiller le passé de la dame, chercher à rencontrer la célèbre Florence Nightingale et recroiser Sherlock avant de prendre la fuite. Et tout ça en moins de 200 pages ! (Oui, c'est trop peu. Trop court.) Faible lueur d'espoir dans les dernières pages. Notre grand détective comprendrait-il que le bonheur de sa petite soeur n'est pas à ranger dans une case pour convenir à la tradition de l'époque (Londres, 1889) ? Attendons le dénouement dans The Case of the Gypsy Goodbye (sortie US : mai 2010 - sortie française, dans un an ?).
Argh.

Les enquêtes d'Enola Holmes : L'Enigme du message perdu ~ Nancy Springer
Nathan, 2010 - 190 pages - 14,20€
traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
illustration couverture : Raphaël Gauthey

 

7 avril 2010

Quoi ? Vous la verriez s'établir dans le métier ? Me faire concurrence ?

Sous l'irritation, l'humour pointe.
" Elle en serait  bien capable.
- Eh ! faites-lui donc fumer le cigare, tant que vous y êtes ! "
Sherlock rit de bon coeur à présent.
" Ma parole, vous oubliez que notre jeune soeur n'est qu'une enfant. Egarée, certes, mais une enfant. Croyez-moi, vous lui prêtez dix fois trop de suite dans les idées. Vous extravaguez, mon cher Mycroft, vous extravaguez. "

enola_holmes_4Dans ce quatrième volume de la série, Enola Holmes renoue avec une ancienne connaissance, croisée dans L'affaire Lady Alistair, à savoir la jeune Cécily qui avait été enlevée et droguée. Aujourd'hui la demoiselle n'apparaît pas dans de meilleures dispositions puisque, escortée par deux duègnes aux manières peu charitables, la jeune fille est engoncée dans une toilette qui entrave le moindre de ses mouvements. Elle croise, par la grâce du saint esprit, Enola dans les toilettes publiques et parvient à lui communiquer sa détresse. Du moins, faudra-t-il quelques heures de patience et de savante réflexion à notre apprentie détective avant de comprendre le message caché de sa jeune amie. Dans quel guépier Cécily Alistair s'est-elle donc encore fourrée, bien malgré elle ? Pourquoi sa mère, lady Theodora, ne répond à aucun message et ne reçoit aucune visite ? Que cache cette famille qui, pour mieux parader au devant de la bonne société, n'hésiterait pas à compromettre la naïveté d'une jeune fille moralement abîmée car sérieusement secouée par des troubles de la personnalité ?

Ce quatrième tome se lit d'une traite ! J'ai déjà fait l'éloge de ses nombreuses qualités, je le dis, je le répète, cette série de Nancy Springer est une lecture précieuse et quasi indispensable, pas seulement pour les fans de Sherlock Holmes, mais aussi pour les amateurs d'intrigues policières sur toile historique. L'ambiance est, contrairement aux histoires de Conan Doyle, beaucoup plus féminine. Portée par la narration de la petite soeur fictive du grand détective, la série décrit l'injuste condition du sexe dit faible. Depuis la disparition mystérieuse de sa mère, Enola a refusé le tutorat de son aîné, Mycroft, qui pensait l'enfermer dans une école pour jeunes filles de bonne famille où elle y apprendrait les arts domestiques dans l'attente de son prochain mariage. Las, Enola a hérité de sa suffragiste de mère un tempérament rebelle et affirmé. Elle vit de ses propres moyens, travaillant dans un cabinet spécialisé en recherches, se camoufle sous des déguisements et se joue même de ses propres frères en leur passant sous le nez sans qu'ils comprennent le subterfuge. Une nouvelle fois, dans Le secret de l'éventail, Enola se trouve face à Sherlock, avec lequel elle brûle d'envie de tisser un quelconque lien affectif mais la confiance n'est pas de mise chez les Holmes !

Les enquêtes d'Enola Holmes : Le Secret de l'éventail ~ Nancy Springer
Nathan, 2009 - 220 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
illustration couverture : Raphaël Gauthey

Si vous ne connaissiez pas encore, n'hésitez pas à découvrir le premier tome - disponible en format poche - La double disparition.

A paraître (dès le 15 avril) : Tome 5 - L'énigme du message perdu. enola_holmes5
Et aussi : Tome 2 : L'affaire Lady Alistair en format poche.

La série se termine sur un 6° tome - The Case of the Gypsy Goodbye -  qui sort en mai 2010 aux USA.

Pour se consoler de la fin prochaine de cette série, peut-être le lecteur trouvera-t-il un réconfort en apprenant la traduction française de The Agency (Le pendentif de Jade, tome 1) par Y.S. Lee.

The_Agency__A_Spy_in_the_HouseRescued from the gallows in 1850s London, young orphan (and thief) Mary Quinn is surprised to be offered a singular education, instruction in fine manners — and an unusual vocation. Miss Scrimshaw’s Academy for Girls is a cover for an all-female investigative unit called The Agency, and at seventeen, Mary is about to put her training to the test. Assuming the guise of a lady’s companion, she must infiltrate a rich merchant’s home in hopes of tracing his missing cargo ships. But the household is full of dangerous deceptions, and there is no one to trust — or is there? Packed with action and suspense, banter and romance, and evoking the gritty backstreets of Victorian London, this breezy mystery debuts a daring young detective who lives by her wits while uncovering secrets — including those of her own past. 

parution en France : le 12 mai 2010 chez Nathan.

 

3 mars 2010

Je lis aussi des Albums ! #5

Un conte ! Pour changer...

frere_lune_et_soeur_soleilFrère Lune et Soeur Soleil est un conte très populaire de Corée, qui nous apprend les origines de la lune et du soleil. L'histoire se rapproche du Loup et des sept chevreaux, avec une pincée du Petit chaperon rouge. En effet, une maman très pauvre part travailler tous les jours et recommande à ses enfants de ne pas ouvrir la porte car le tigre rôde dans la montagne. Or, la bête croise la route de la maman et lui pique ses galettes une par une, avant de la dévorer. Aussitôt, il revêt les vêtements de la pauvre femme et se rend chez elle où les enfants ne reconnaissent ni la voix ni la main de leur mère. Et pourtant, ils le laissent entrer dans la maison. Petit Frère et Petite Soeur décident de se sauver, en se cachant dans l'arbre, et appelle à l'aide le ciel...
Ce que j'ai apprécié dans cet album, outre l'allure du tigre qui me paraissait comique et à peine terrifiante, c'est bien sûr la pointe d'espièglerie dans le texte, en plus des illustrations qui reposent sur la technique de la gravure sur bois, réhaussée de couleurs à l'aquarelle. La fin, par contre, me laisse songeuse...
Un bel ensemble, très sobre et de facture classique. A conseiller aux amateurs de contes et à ceux qui aiment voyager à travers les histoires.
(Le Sorbier, 2010 - 13,50€)

On change de registre !

Kattie est une chipie ! Elle a peut-être les plus belles pattes blanches, les plus beaux yeux (couleur vert pomme !), c'est tout de même une chipie. Dès qu'elle voit Splat, elle lui tire l'oreille, lui tape le ventre, lui noue la queue et lui dit qu'il sent mauvais. Ce n'est pas gentil, d'autant plus que Splat l'aime beaucoup (encore plus que la glace à la sardine !).
Alors pourquoi elle fait ça ?
Son ami Harry Souris ne comprend pas non plus.
Le jour de la Saint Valentin, Splat a écrit une belle carte pour sa douce. Or, il y a un sérieux concurrent sur les rangs. Et notre Splat est encore plus démoralisé.
Autant abdiquer de suite pour conquérir le coeur de sa dulcinée...
C'était sans savoir le proverbe : qui aime bien, châtie bien ! Courage Splat !  A toi, bientôt, la langue en caramel mou, les pattes qui flageolent comme de la gelée et le ventre qui gargouille fort...

splat_est_amoureux

Comme moi, Lael a aussi trouvé cet album ADORABLE ! Fantastique Rob Scotton, après Russell le mouton, voici un autre sympathique héros de papier ! Joli coup au coeur.
(Nathan, 2010 - 12,90€) Existe également Splat le chat.

 

 

 

Un petit dernier pour la route ?

Dans toutes les histoires,  les belles-mères sont des créatures abominables.
Alors, quand le papa de Léa lui annonce qu'il a une nouvelle copine, c'est la panique !
Paulette = une sorcière qui aurait ensorcelé son papa.
C'est pourtant évident !!!
Mille prudences donc sur le gâteau (peut-être est-il empoisonné), sur la promenade au zoo (peut-être la donnera-t-elle à manger aux lions), et le soir après la garderie (peut-être va-t-elle la perdre exprès), ou lorsqu'elle vient s'installer chez eux (peut-être lui donnera-t-elle toutes les corvées à faire).
Comme dans Cendrillon !
Au fur et à mesure, la belle-mère se révèle bonne cuisinière, gentille, prévenante, bref pas abominable du tout ! Et Léa ne la trouve plus si effrayante, ni dangereuse.
Voilà un charmant album qui traite avec humour de la situation délicate d'accepter une nouvelle personne au sein de son cercle fermé, en l'occurence accepter une belle-mère ! ...
(Mon abominable belle-mère, Catherine Lepage. Les 400 Coups, 2009 - 10€)

mon_abominable

Une lecture à rapprocher avec Ma super famille de Gwendoline Raisson et Magali Le Huche + Le jeu de cette famille d' Annie Agopian et Claire Franek.

Morgan nous en offre un joli aperçu.

challenge Je lis aussi des albums - 11

challenge2jelisaussidesalbums

 

14 décembre 2009

Fablehaven ~ Brandon Mull

Le Sanctuaire Secret
Nathan jeunesse, 2009 - 340 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Marie-Josée Lamorlette

Kendra et son frère Seth sont moyennement enchantés de se rendre chez leur grand-père paternel, tandis que leurs parents s'offrent une croisière, car Grand-Père Sorenson est un homme secret, qui dicte une multitude de règles de vie dans la maison avec son lot d'interdiction (ne pas se rendre dans les bois, ni dans la grange). Les enfants sont libres de patauger dans la piscine, de peindre ou de s'amuser dans leur chambre décorée comme dans l'ancien temps, il dépend de leur vie de ne pas franchir les limites. Grand-père doit également beaucoup s'absenter, mais Kendra et Seth peuvent solliciter Lena, la domestique, et Dale, qui travaille sur l'immense propriété, en cas de souci.

Le temps passe mollement au goût de Seth, un adolescent turbulent. Il va oser s'aventurer dans les bois, y faire la rencontre d'une sorcière. De son côté, Kendra aussi va percer quelques mystères qui semblent régner dans la maison du Grand-père. Lorsque les enfants décident de boire le lait interdit, ils découvrent alors un monde nouveau, peuplé de fées et autres créatures mythiques, ce refuge porte le nom de Fablehaven et Grand-Père Sorenson en est l'un des gardiens.

fablehaven

L'intrigue de "Fablehaven" est précise et juste parfaite. C'est un conte vraiment captivant. Les héros sont des jeunes gens sympathiques, auprès desquels les lecteurs pourront facilement s'identifier. Leur aventure nous offre un condensé de magie, d'action, de poésie, de danger et de solidarité, nous sommes un instant dans une caverne, échappant à une ogresse, ou soudainement dans un beau jardin avec des fleurs et des fées. On y trouve tous types de créatures, des trolls avares, des fées narcissiques et jalouses, des sorcières fourbes, des naïades, des satyrs, des brownies (non, ce ne sont pas des gâteaux), en fait Fablehaven demande une vigilance constante car des êtres maléfiques complotent et attendent le moindre faux pas pour briser les règles et s'échapper dans la nature pour faire règner leurs noirs desseins.
Bien évidemment, Seth va commettre un petit impair qui va semer la zizanie.

En plus de cette ambiance enchanteresse, et néanmoins inquiétante, on comprend qu'un mystère plane sur l'étrange absence de la Grand-mère. Grand-Père Sorenson prétend qu'elle est auprès d'une tante mourante, or les enfants commencent à douter de sa parole.

Je me suis mise à rêver, un bref instant, de l'univers shakespearien (Midsummer Night's dream) avec ses fées et ses créatures enchanteresses, sauf que l'extravagance féérique est ici vite écartée. L'histoire de Fablehaven nous emporte vers un fantastique royaume où le coeur palpite, les forces magiques (et maléfiques) gagnent en puissance, les deux adolescents sont seuls contre tous, ils doivent sauver leur famille, sauver Fablehaven et, pour ainsi dire, sauver le monde ! (Un semblant de tension dramatique est toujours nécessaire dans ce genre de lecture.) C'est un très bon livre, le premier titre d'une série de cinq tomes (avec traduction rapprochée, nous assure-t-on), et qui trouve une issue claire et définitive dans chaque volume, pour mieux soulager nos nerfs en pelote.

Le tome 2, La menace de l'étoile du soir, sort début février 2010.

Existe aussi en coffret édition limitée. fablehaven_coffret

 

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28 septembre 2009

Les enquêtes d'Enola Holmes : Le mystère des pavots blancs ~ Nancy Springer

Nathan, 2008 - 200 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
illustration couverture : Raphaël Gauthey

enola_holmes_3La petite soeur de Sherlock Holmes a échappé in extremis à la surveillance de son détective de frère, incroyable mais vrai ! Elle vit dans une petite chambre qu'elle loue dans un quartier simple et populaire, espérant se faire la plus discrète possible, et son cabinet du Dr Ragostin, spécialiste en recherches et toutes disparitions, est temporairement clos. Il lui faut une nouvelle identité, un nouveau déguisement, pourquoi ne pas devenir une lady raffinée et pleine de charme, ce qu'elle imagine ne pas être du tout avec son physique de grande asperge aux traits fades et adolescents... Viola Everseau entre en scène, décidée de se rendre chez le docteur Watson. Pourquoi se jeter dans la fosse aux lions ? Car Enola vient d'apprendre par les journaux que ledit docteur est porté disparu, son épouse est bouleversée, le détective Sherlock Holmes aux abois ! Une nouvelle enquête peut commencer, le jeu du chat et de la souris aussi. Entre Enola, son grand frère, le docteur Watson et la mère d'Enola, c'est une affaire de messages codés, de cache-cache et de filatures. Une affaire qui roule !
La demoiselle n'a pas à rougir de son patrimoine génétique, elle est rusée, intelligente, pleine de fougue, mais a une fâcheuse tendance à se déprécier physiquement. L'auteur Nancy Springer nous offre, en plus du reste (fidélité du cadre, des personnages, véracité et dynamisme de l'enquête, etc.), un manifeste sur le droit des femmes en dénonçant nombre d'absurdités les concernant (" Laissez entrevoir ne fût-ce qu'un soupçon de cheville était alors d'une indécence extrême, même si les robes du soir, à l'inverse, vous décolletaient la gorge à vous faire risquer la pneumonie. ").
Le Mystère des pavots blancs est en fait le troisième tome de la série, qui confirme tout le bien que je pense d'elle depuis son début, et c'est aussi un très bon conseil de lecture pour les plus jeunes lecteurs qui seraient amateurs de Sherlock Holmes (la figure du détective n'est pas trop roulée dans la farine, son esprit de fin limier, redoutable renard, a également la part belle). Bref, encore un très bon moment de divertissement littéraire que voilà !

Le quatrième tome est déjà disponible : Le secret de l'éventail (Nathan, juin 2009).

un petit extrait :

Je m'accroupis devant sa cachette, ma jupe en corolle autour de mes jambes repliées à la façon d'une sauterelle. La situation me paraissait délicieusement absurde, mais je la savais risquée aussi. Autour de nous, la stupeur scandalisée des rares passants était palpable, et je les sentais faire un pas de côté, comme si ma conduite excentrique risquait d'être contagieuse.
Deux ans auparavant, lors du jubilé de la reine, une dame avait mis un genou en terre dans l'une des allées du Crystal Palace, le temps de glisser dans sa bottine une brindille de sapin ; peu après, elle s'était retrouvée dans un asile d'aliénés. Placée là par son mari. Il n'était pas rare alors qu'une femme fût envoyée à l'asile pour "conduite incongrue" - laquelle pouvait consister, simplement, à lire des romans jugés osés, à refuser d'obéir, à contester l'autorité maritale. Faire emmener sa femme par des hommes en blouse blanche dans une calèche aux rideaux tirés était une façon élégante de se défaire d'elle, dès lors qu'elle devenait encombrante pour une raison ou pour une autre. Divorcer, en revanche, relevait du scandale.

 

> lu également par Allie et la librairie L'autre rive

13 août 2009

Le buveur de fautes d'orthographe ~ Eric Sanvoisin

Illustrations Olivier Latyk
Nathan poche, coll. Draculivre, 2009 - 44 pages - 4,90€

le_buveur_de_fautes_dorthographeIl s'agit déjà du 6ème volume de cette série mettant en scène Draculivre, un ancien vampire devenu allergique au sang et qui passe son temps à boire l'encre des livres. Mordu à son tour, Odilon, héros principal, est désormais un buveur d'encre. Sa spécialité : les fautes d'orthographe. C'est « aussi fort que du piment dans le couscous ou de la moutarde avec la viande froide.  Une larme de ketchup déposée avec amour sur une frite bien croquante ».
Pourtant, Draculivre se fâche et lui confisque ses ouvrages truffés de coquilles (je sais maintenant leur utilité : nourrir les buveurs d'encre !).
Le vampire lui avance une excuse bidon : trop de fautes bues pourrait le rendre malade. Or, en consultant le docteur Freudkenstein, Odilon apprend que Dracula est atteint d'un mal incurable, qui s'appelle l'orthographobie.
Aidé de son amie Carmilla, son amoureuse, Odilon veut venir en aide à Draculivre, alors que ce dernier boucle l'accès de son cercueil, interdit formellement d'y mettre les pieds, sous peine de graves représailles.
Pour un lecteur qui aime les livres, la lecture et tout ce qui s'y approche, je trouve cette série intéressante. L'histoire est simple, les personnages ressemblent à des vampires, mais sont des croqueurs de livres. En voilà une idée originale ! De plus, l'intrigue met vraiment en avant l'objet-livre non plus comme un accessoire à collectionner, mais dans lequel on plonge, on scrute, on décrypte pour rassasier sa SOIF de lecture. Car le message est clair : les livres nous nourrissent et nous sont nécessaires !
A boire tout son soûl.

à partir de 7 ans.

 

le blog d'éric sanvoisin : http://sanvoisin.over-blog.com/

5 juin 2009

Les enquêtes d'Enola Holmes : La double disparition ~ Nancy Springer

En attendant de lire le nouveau volume (Le secret de l'éventail), je suis heureuse de découvrir la sortie en poche du tout premier livre... 

enola_holmes_poche

Avec ce 1er livre qui annonce une série passionnante, l'auteur Nancy Springer a eu l'audace d'imaginer une soeur cachée aux frères Holmes, Mycroft et Sherlock. Enola a 14 ans, c'est l'enfant du scandale et de la honte, car née tardivement (sa mère avait cinquante ans) et dans la bonne société anglaise c'était simplement inadmissible ! Est-ce pour cette raison qu'Enola a grandi loin de ses frères, seule dans sa grande maison, auprès d'une mère absente et perdue dans sa peinture, et du couple Lane, unique serviteur de la famille ?
Or, en cette journée d'anniversaire, Enola va découvrir avec dépit que sa mère est partie. Elle a sciemment disparu ! Elle informe ses aînés qui accourent sur le champ, par le premier train arrivant de Londres. Mais face à l'excitation de la jeune fille, l'imperméabilité des Holmes fait effet de douche froide ! Enola comprendra vite qu'elle ne peut compter que sur elle-même, chose qu'elle va d'ailleurs mettre à profit en mijotant un petit plan de fuite, à la barbe du grand détective !
Et l'aventure continue, dans un Londres bruyant, malodorant, livré à la racaille, et une étrange affaire de disparition d'un jeune vicomte de 12 ans... Enola sent l'inspiration la guider, mais ne voit pas venir le danger.
Franche baignade dans l'ambiance Holmesienne par excellence, dans un Londres plus victorien qu'en vrai ! Les enquêtes d'Enola Holmes promettent de vives émotions, où rien n'est brodé dans la dentelle. Cette série offre une vision très pertinente de la condition des femmes au 19ème siècle, et grâce à son intelligence et sa bravoure, Enola promet de tenir la dragée haute à l'éminent Sherlock Holmes !
La figure de ce dernier est esquissée en semi-ombre, mais la personnalité est fort respectée (personnage taciturne, malade de dépression, dépréciant la gente féminine...). Et la peinture de Londres, du siècle victorien est brillamment étudiée ! De même le style littéraire est élaboré, très élégant et pour cela cette lecture s'adresse plus à des "bons" lecteurs.
Dès 14 ans, à mon avis.

Nathan poche, 2009 - 288 pages - 6,50€
traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo

Feuilleter les premières pages

28 mai 2009

des oiseaux, des albums

c'est beau comme ça...

La môme aux oiseaux, elle,
ne me connaissait pas.

Mais déjà je la savais ma soeur,
ma pente,
mon miel,
ma semblable
et mon autre.

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A force de l'écouter s'écouter longuement
fouiller en elle
à force de la voir arracher un oiseau de son poing
comme on arrache un diamant de sa gangue,
de la sentir étudier cet oiseau,
chercher à le comprendre,
lui parler,
lui sourire
ou lui tirer la langue
et le lâcher ensuite,
j'ai compris.

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Je crois que chaque oiseau était un peu d'elle-même.
Une humeur profonde.
La môme du jour.

Ses états d'âme et de plumes.

IMGP6447

Depuis le sol,
la môme vous dévisage et s'envisage.

Pour mieux se voir
elle se regarde de loin, d'en bas,
et sous d'autres couleurs.

Volez soucis,
volez bonheurs.

Libre comme l'air, dans l'air, en l'air,
La môme est libre, aussi, quand vous êtes en haut !

-- extraits de La môme aux oiseaux --

texte de Henri Meunier
illustrations de Régis Lejonc
avec la participation d'Antoine Lejonc

** encore merci la Gre ! **
tu t'en doutes, nous avons énormément aimé !
"des loups dans les murs" aussi... mais c'est particulier, il faut qu'on en parle, mais à part et plus tard... ;)

 

 

 

 

*****

et une autre histoire avec des oiseaux...

 

 

 

la_lettre_des_oiseaux

La lettre des oiseaux, texte d'Agnès Bertron-Martin
Illustrations d'Aurélie Blanz

Album Nathan, 2009

*****

 

 

 

IMGP6448

Dans le joli village de Petrovna, Vania le facteur est un jour amené à remettre une lettre dans cette mystérieuse maison isolée qui l'effraie. Ce courrier va bousculer son univers.

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c'est donc l'histoire d'un facteur heureux, il aime distribuer les lettres à ses amis les villageois et un jour il lui vient l'idée d'avoir sa propre boîte aux lettres pour recevoir, peut-être, une lettre rien que pour lui... les jours passent, sa besace reste vide, sauf une fois... il découvre un oiseau blessé qui protège farouchement une enveloppe jaunie et fripée destinée à la résidente de la vieille isba, une maison maudite, envahie par les ronces, et forcément abandonnée ; toutefois notre vaillant facteur décide de s'y rendre et rencontre en chemin des embûches inimaginables, mais il s'accroche parce que...

Vania était un bon facteur et il savait,
lui qui n'avait jamais reçu de lettre de toute sa vie,
le bonheur que ça devait être d'en recevoir une !

 

Encore un très bel album, avec des illustrations d'une grande beauté, qui sont composées comme des tableaux et qui suivent le fil des saisons. C'est aussi une histoire qui nous parle d'amour, de courage et de recherche du bonheur. Qu'espériez-vous d'autres ?

*****

 

 

NB : Les illustrations présentes dans ce billet sont des clichés personnels, merci de ne pas les reproduire... je m'excuse également auprès des auteurs pour cette liberté, n'hésitez pas à vous manifester si cela vous ennuie.

29 avril 2009

Comment je suis devenue célèbre (malgré moi) ~ Robin Benway

Audrey vient de rompre avec son petit ami, Evan. Leader d'un groupe de rock, ce dernier écrit une chanson narrant leur rupture. La jeune fille la découvre sur scène, rouge de honte, mais sans se douter du début de son calvaire. Le groupe a été repéré par un directeur artistique, la chanson va devenir un vrai succès avec passage radio en boucle, couverture médiatique intensive, promo sur le net et déchaînement des passions. Bien malgré elle, Audrey est propulsée dans cette spirale - popularité soudaine, star-system opportun, manipulation des journaux, photos volées et j'en passe.

comment_je_suis_devenu

Récit très rock'n roll malgré ses apparences futiles et puériles, le roman s'enorgueillit de références musicales très pointues pour chaque ouverture de chapitre. Pour ça, j'ai aimé ! L'héroïne livre donc son propre vécu sur ce qu'elle nomme la grande Affaire de LA chanson ! Sur un ton résolument mordant, ironique et tonique, elle apparaît autrement qu'une potiche charmante et souriante, c'est une nana avec du tempérament, pas nunuche pour deux sous, qui craque pour des chanteurs très mignons (dix-sept ans, ça s'excuse !), qui a beaucoup d'humour, une meilleure amie, Victoria, comme pas deux, et des parents confiants et complices, des gens attentifs et ouverts, qui savent mettre en garde tout en se sentant dépassés, mais pas des parents copains non plus (tant mieux !). Ce roman est une dénonciation déguisée de la starification à outrance et de ses dérives, c'est loin d'être girly, ou juste assez pour fluidifier l'ensemble. Globalement j'ai bien aimé, cependant j'ai largement dépassé l'âge (public requis, selon moi, adolescents et jeunes adultes), car j'ai tiqué sur certains codes du langage inhérents à la génération actuelle (et en écrivant cela, j'ai l'impression de vieillir d'un coup !). 
En 4ème de couverture, on nous apprend que Meg Cabot a trouvé ce roman irrésistible et drôle !

A consulter, le site : http://www.commentjesuisdevenuecelebre.com/playlist.html  (avec l'excellente playlist d'Audrey)

Nathan, 2009 - 430 pages - 15,95€
traduit de l'anglais (USA) par Anne Delcourt

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Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


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