17/11/20

L'Infini des possibles, de Lori Nelson Spielman

L'Infini des possiblesPour la troisième fois, je suis moyennement conquise par les personnages de Lori Nelson Spielman. Pourtant l'histoire offre un confort certain et douillet même si j'y ai trouvé une tendance trop mélodramatique et assommante aussi. Soupir.

Emilia et sa cousine Lucy sont invitées à rejoindre leur tante Paolina pour son escapade en Italie. Elles sont résolues de tordre le cou à une vieille légende familiale. Chez les Fontana, les deuxièmes filles sont effectivement vouées à ne jamais trouver l'amour ou à enchaîner les déceptions. Après le décès de sa maman, Emilia a été élevée par sa grand-mère Rosa qu'elle a toujours connue revêche et amère. Elle s'oppose au voyage (car elle est fâchée avec sa sœur) mais ne peut interdire les jeunes femmes de plier leurs bagages vers de nouveaux horizons.

Comme on peut s'y attendre, l'aventure doit permettre aux chrysalides de s'ouvrir. Poppy confie son histoire (sa rencontre avec un violoniste allemand contraint de retourner en RDA) et ses prochaines retrouvailles avec le grand amour de sa vie. Lucy est impatiente de se libérer de la malédiction et s'éparpille dans des liaisons sans lendemain, tandis que Emilia cherche un sens à sa vie en choisissant la facilité.

Si la lecture est passablement divertissante et s'écoute avec plaisir (elle permet notamment de voyager depuis son canapé et par temps de crise c'est plutôt sympa) elle révèle aussi ses limites avec son intrigue poussive et larmoyante. Les secrets de famille, les drames, les révélations et les miracles trop beaux pour être vrais... bof, bof ! C'était too much. J'ai fini par me lasser et les personnages n'ont pas su me toucher non plus. Un peu de dérision ne ferait pas de mal aux romans de cette auteure. 🙊

©2019 / 2020 Titre original : "The Star-Crossed sisters of Tuscany" / le cherche midi, pour la traduction française. Traduit par Elisa Guenon (P)2020 Lizzie, un département d'Univers Poche

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Après les succès de Demain est un autre jour, d'Un doux pardon et de Tout ce qui nous répare, Lori Nelson Spielman revient avec cette histoire passionnante consacrée à la découverte de soi, au pardon et à l'amour. Mais surtout à ces liens familiaux qui peuvent tout autant être synonymes d'étreinte que d'emprisonnement.

 


31/01/20

Tout ce qui nous répare, de Lori Nelson Spielman

Tout ce qui nous répareCe matin-là, Kristen n'est pas dans son assiette : elle traîne des pieds pour retourner à l'université et est déçue de prendre le train, vu que sa mère a un rendez-vous professionnel de dernière minute et ne peut plus la conduire comme promis. Agacée, Annie ne comprend pas l'attitude de sa sœur et lui remonte les bretelles en l'incitant à déguerpir au plus vite.

Quelques heures après, Erika apprend qu'un accident de train a causé la mort de sa fille. Tout s'effondre. La mère consternée ne voit pas la détresse de sa cadette et se méprend sur son besoin de discuter. Toutes deux sont débordées par leur culpabilité et supposent qu'elles vont s'accuser mutuellement.

Ce gros malentendu crée donc un malaise et rend leur relation compliquée. Erika s'abrutit de travail pour ne pas faire face à Annie qui finit par quitter la maison. En fait, elle est désormais convaincue que sa sœur n'est pas morte mais qu'elle doit se cacher pour x,y raisons. Dès lors, elle se lance dans une enquête (tendance obsessionnelle) qui va la guider jusqu'en Europe. Ou comment gérer son chagrin et sa propre responsabilité en totale dénégation.

Il faudra du temps pour que mère et fille parviennent à se comprendre et à chasser tout malentendu. C'est d'ailleurs un message anonyme - chasse ce qui te pèse et cherche ce qui t'apaise - qui fera réagir Erika : et si Annie avait raison ? et si c'était à son tour d'entrer en action ? Et d'affronter ses démons (nombreux).

Finalement, ce roman met à plat des années de silence, de souffrance et de traumatisme enfoui. Pour contrer la tornade émotionnelle, Erika et Annie vont puiser au fond de leur colère, couper le cordon, parcourir le globe, retourner à leurs racines, fouiller, bousculer, accepter de lâcher prise. La vérité n'est pas toujours celle que l'on attend mais il suffit d'un drame pour jouer cartes sur table.

Si le début m'a un peu rebutée, la suite de l'histoire a fini par m'emporter. Ce n'est ni par empathie pour les personnages (bof, bof) ni pour l'incongruité de l'histoire qui débloque de vieux conflits ou offre des solutions providentielles (abondance de clichés), c'est seulement pour la petite musique que j'ai succombé. Ça coule tranquille, sans prétention, et ça fait du bien. Parfois je rouspétais ou je levais les yeux au ciel (Annie, par exemple, est immature). Mais j'ai tout englouti comme une crève-la-faim. Hop, même pas honte !

Bon point pour ce roman doucereux et néanmoins apaisant qui permet de chasser les nuages et qui redore un moral en demi-teintes. Tant mieux pour moi.

2018 le cherche midi, pour la traduction française. Titre original : Quote me (P)2018 Lizzie

Belle performance de la lectrice : ce livre s'écoute tout seul ! Vraiment très agréable.

Disponible en format poche chez POCKET !

 

Posté par clarabel76 à 18:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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08/02/16

Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman

Demain est un autre jour

À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va hériter de l’empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu’elle voulait vivre, lorsqu’elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list ...

J'avais très, très envie de découvrir ce livre depuis un bon moment, pressentant une lecture agréable et de détente. Souvent envisagé pendant mes vacances, sans cesse remballé dans mes valises sans avoir eu le temps de l'ouvrir, ce roman a donc énormément végété en ma compagnie. J'anticipais déjà la rencontre, bim bam boum, et j'étais certaine de tenir là un coup de cœur. Et puis, non. Avouons-le de suite. Cette lecture n'a pas été une déception mais m'a laissé une sensation tiède. Je vous le jure, monsieur le juge, c'est la faute, la très grande faute du personnage central : Brett Bohlinger.

Âgée de 34 ans, cadette d'une fratrie propre sur elle, amoureuse d'un avocat mégalo, puisant dans ses dernières ressources pour s'intéresser à l'art du business, plus dans l'idée de reprendre le flambeau familial, elle qui se sentait très proche de sa maman, veillant sur elle dans son combat, jusqu'au bout, se sent légitimement abandonnée et malheureuse au moment de sa mort, avant d'éprouver cette sensation - terrible - de trahison. C'est concrètement le portrait qu'on tente de tirer, au mieux. Car ce qu'on découvre ensuite ressemble à une détestable princesse, déchue de ses droits, confrontée à une réalité douce-amère, dans laquelle elle chouine beaucoup, se plaint superficiellement et tombe amoureuse toutes les trente secondes. Ouhlala. C'est peu de dire que j'ai été exaspérée par ses caprices... Et il en va ainsi, sur presque 10 heures d'écoute fluide et entraînante, avec une histoire au déroulement étonnamment plein de vivacité et de gaieté.

Brett va finalement relativiser sa situation, en fonction de ses nouvelles rencontres et de ses expériences. Eh oui, c'était aussi le but de la liste : apprendre à grandir et tenter de construire quelque chose pour faire de sa vie une réussite. Je n'ai pas trop compris pourquoi sa mère n'avait jamais pris le temps de lui dire entre quatre yeux qu'elle se fourvoyait jusqu'à présent, préférant le lui suggérer post-mortem en l'appâtant avec le pactole. Je chipote, je chipote, car ce roman comporte de nombreux détails incongrus et des éléments invraisemblables, sur lesquels on ferme volontiers les yeux, comme de coutume. Et même si Brett Bohlinger est, dans son genre, à claquer, son parcours, avec ses déboires et ses bonnes surprises, reste une façon consolante de se changer les idées. C'est mimi à souhait, en plus de véhiculer un message positif et inspirant. 

Ingrid Donnadieu, la lectrice, interprète cette princesse des temps modernes avec fraîcheur et entrain, pour une exécution très agréable à écouter, en plus de réveiller le souvenir du personnage de Lady Mary dans Downton Abbey, puisque la comédienne est aussi la voix française de Michelle Dockery. ;-)

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Ingrid Donnadieu (durée : 10h 56)

Téléchargez l'extrait (mp3, 3 Mo)

Traduit par Laura Derajinski (The Life List) pour les éditions Le Cherche Midi

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015