03/07/09
Sortilèges de dentelle ~ Brunonia Barry
Towner, trente-deux ans, vit seule en Californie lorsqu'elle reçoit un appel de sa famille de Salem qui lui apprend la mystérieuse disparition de sa grand-tante Eva. N'écoutant que son affection envers cette femme qu'elle aimait plus que tout, Towner retourne à Yellow Dog Island qu'elle s'était jurée de quitter à jamais. Quinze ans auparavant, Towner a perdu sa soeur jumelle, Lindley. Elle s'est toujours sentie responsable de cette mort, notamment parce qu'elle est comme toutes les femmes de la famille Whitney capable de lire l'avenir dans la dentelle. A l'instar de sa grand-tante Eva. Pourquoi n'ont-elles pu la sauver ? C'est un mystère parmi d'autres que ce retour aux sources va forcément chercher à soulever.
J'espérais un instant de lecture plus passionnant, j'avoue, je me suis vaguement ennuyée par moments. Je crois que le roman est trop long, avec une centaine de pages en moins j'aurais jugé l'impact plus percutant. L'idée de baser l'histoire à Salem était intéressante, on y découvre un folklore particulier, qui sort des sentiers battus, et contre lequel la ville cherche d'ailleurs à s'imposer en se taillant une nouvelle réputation (or, dur d'effacer des siècles d'histoire !). Les personnages sont des originaux difficiles à cerner, mais ce ne sont pas des tordus. Il ne faut pas non plus s'attendre à une intrigue policière poussée, la disparition d'Eva trouve une explication. C'est finalement sur la personnalité de la narratrice - Towner Whitney - que repose tout le roman. En vrai, elle se prénomme Sophya, elle est folle et elle ment tout le temps. Voilà le programme des festivités annoncé en préambule.
Donc, nous avons : un joli titre (en v-o, on parle de The Lace reader), une couverture réussie, un cadre excitant, des personnages profonds, une intrigue entrelacée à des secrets de famille, une communauté en autarcie. En gros, je pense que c'est un roman intéressant, avec des lacunes et des bonnes choses. Je lui souhaite une seconde chance en format poche pour conquérir un plus large lectorat. Il le mériterait...
Calmann-lévy, 2009 - 375 pages - 18,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jean-François Chaix
02/07/09
La main de gloire ~ Jean Luc Bizien
Ayant beaucoup apprécié le volume précédent, La chambre mortuaire, je n'ai pas hésité à lire la suite des aventures de Sarah Englewood, jeune anglaise entrée au service de Simon Bloomberg, un aliéniste qui exerce son métier chez lui, dans sa maison-pyramide de la rue Mazarine, une sorte de cour des miracles, où il accueille ses patients avec lesquels il choisit de discuter pour mieux les guider vers la guérison. Cette méthode, pour l'époque, est absolument révolutionnaire et décriée par ses pairs !
Bref, de récents événements ont bouleversé la vie de Bloomberg (je maintiens le secret pour ceux qui n'ont pas lu le premier tome, car il s'agit d'éléments importants). L'homme est désormais apathique, et seul le dévouement de Sarah lui permet de ne pas sombrer dans une grave dépression. Tandis qu'à Paris l'exposition universelle bat son plein, les services de la Sûreté découvre en pleine rue une main momifiée puis des cadavres en chaîne. Raoul Mesnard et Léonce Desnoyers sont sur les dents, il faut comprendre vite cet imbroglio macabre et prendre de court la presse. Pour cela, ils sollicitent le jugement éclairé de l'aliéniste Bloomberg, en dépit de sa léthargie consternante. Qui sait ? Un dossier peut en chasser un autre...
Même si je vais être légèrement moins enthousiaste avec ce deuxième volume, je n'en demeure pas moins conquise et bien décidée à suivre cette série créée par JL Bizien. J'aime beaucoup les personnages, au charisme avéré, je trouve d'ailleurs très intéressant cet accompagnement livre après livre (à ce propos, il me semble quasiment indispensable d'avoir lu le premier pour bien comprendre celui-ci), le personnage de Simon Bloomberg est cette fois plus en retrait, de son côté Sarah Englewood pourrait bien vite avoir le rose aux joues, car courtisée elle risque de l'être ! Et par bien des prétendants. Quant aux deux inspecteurs, ils ont l'allure et le bagout imparables pour nous taper dans l'oeil.
Ce qui m'interpelle dans ce tome 2, c'est la part de documentation qui ressort trop et qui s'expose en marge de l'intrigue policière (laquelle se déploie très largement à mi-parcours). Franchement je n'ai pas été dérangée, mais il faut savoir que l'ambiance de la cour des miracles est atypique et hypnotisante. Tout le premier tome était consacré à sa part des mystères, à l'aura envoûtante et inquiétante. J'ai nettement ressenti un manque, la cour des miracles est ici beaucoup trop pâle. A contrario, on y croise Buffalo Bill, ou le magicien chinois Chung Ling Soo. Et trop de didactique concernant l'Expo de Paris, aussi. Dans les premiers chapitres, essentiellement.
Ceci n'enlève en rien les qualités de cette très bonne série que je vous invite à découvrir et suivre sans tarder. C'est le défaut d'aimer très fort un premier livre et d'en espérer autant avec le suivant, la frustration est le plus souvent au rendez-vous. Car je le répète, cette nouvelle série chez les Grands Détectives a de beaux jours devant elle !
10/18 Grands Détectives, 2009 - 250 pages - 7,90€
Merci l'auteur ! Et vivement le prochain. ;o)
01/07/09
Des livres à gagner pour les lecteurs du blog
Grâce aux éditions Gallimard jeunesse et Véronique, je vous offre la possibilité de gagner :

Pour cela, voici 3 questions pour vous départager (merci de donner vos réponses par email : clarabel76@yahoo.fr )
- Comment se prénomme l'héroïne du roman de Mary Hooper, La maison du magicien ?
- Qui signe les illustrations de la série Bogueugueu de Béatrice Fontanel ?
- Combien de tomes de la série Georgia Nicolson de Louise Rennison sont actuellement disponibles en français ?
Bonne chance à tous !
Mon avis sur le roman ICI
Mesdemoiselles de la Vengeance ~ Florence Thinard
Rien ne prédestinait ces quatre femmes à se rencontrer et à unir leurs ambitions, si ce n'est cette commune soif de vengeance envers le même individu. Olympe d'Avremont est une baronne kidnappée qui ruse de mille roueries pour échapper aux convoitises du Commodore. Sylvine La Violette, la cuisinière, a choisi d'entrer au service du pirate pour lui faire payer les vies volées de son époux et de ses enfants. Agathe La Boissière, fière et redoutable fine lame, a juré de venger l'honneur de son père, quitte à perdre un peu plus de sa réputation en se comportant comme un garçon manqué. Nagîna, princesse du désert, porte un voile pour cacher son visage défiguré et compte bien remettre la main sur le diamant que lui a volé son ennemi. Le Commodore, donc, est l'homme à abattre. C'est un pirate rustre et violent, qui vit actuellement caché dans des grottes au pied des falaises de la Gironde, avec sa bande de malfrats stupides. Et c'est un revigorant roman d'aventures que nous propose Florence Thinard, un roman où se mêle le souffle de la piraterie dans un décor soigné, finement travaillé à force de recherches scrupuleuses pour mieux dépeindre l'époque et les lieux afin de dépayser le lecteur. Ambition hautement réussie ! C'est un roman historique luxuriant de détails, l'auteur nous renvoie à une adresse internet pour découvrir l'Hermione par exemple. A noter également que les personnages endossent ici des personnalités atypiques, qui se distinguent bien les unes des autres. En tête, le quatuor des femmes. Et même l'horrible Commodore montre un visage de pirate bien plus réaliste qu'un Jack Sparrow séduisant et sympathique.
Ce roman captivera les lecteurs dès 14 ans qui apprécient les récits historiques truffés d'action, avec une pincée de mer et d'amitié pour pimenter le tout.
Les illustrations sont signées François Place.
Gallimard jeunesse, 2009 - 270 pages - 15€
Colleen (14 ans) communique son enthousiasme sur le blog de La Soupe de l'espace.
Le site de l'auteur : http://www.florencethinard.fr/Mesdemoiselles_de_la_Vengeance.html
Périgord noir ~ Louis Sanders
Depuis ma récente lecture du roman de Myriam Chirousse, auréolée d'un enthousiasme démesuré, j'avais très envie de retourner dans le Périgord et, le hasard aidant, j'ai mis la main sur ce minuscule ouvrage de Louis Sanders, disponible dans l'excellente collection dirigée par Mikaël Ollivier. Périgord Noir est un recueil de nouvelles, avec au compteur 6 textes sans fioritures, dénués de tendresse et de gentillesse, de passion et autres élans romanesques. Ce sont donc des histoires périgourdines où s'invitent le crime ou la trahison dans la vie de tous les jours, avec des personnages à la frontière entre le bien et le mal. J'ai notamment aimé la nouvelle intitulée : Au revoir, mes amis. Le narrateur a longtemps passé des vacances chez un couple d'anglais qui a un pied-à-terre en Dordogne. Et brusquement, il ne reçoit plus aucune nouvelle d'eux et sept longues années passent. Lorsque l'occasion lui est offerte de retourner dans la maison de ses amis, le narrateur découvre un lieu abandonné, il rencontre les voisins qui tour à tour lui tendent une nouvelle pièce au puzzle. Et comme souvent dans cet exercice de la nouvelle, la fin tombe comme un couperet et laisse le lecteur cogiter dans son coin. C'est assez excitant d'imaginer ce qu'il va se passer ensuite, ou certains penseront que c'est frustrant. Bien évidemment je n'ai nullement prolongé une quelconque magie périgourdine, car Louis Sanders a pris une direction plus morbide. C'est agréable à lire, comme un en-cas qu'on picore sur le pouce.
A réserver également aux lecteurs adolescents.
Thierry Magnier, 2009 (achevé d'imprimer dans les bois) - 132 pages - 9,50€
27/06/09
Miel et vin ~ Myriam Chirousse
Empoignant son édredon, Judith le serra si fort dans ses bras qu'il lui sembla que Charles était encore là, dans la tiédeur des draps, contre sa peau, au bout de ses ongles... Emergeant du sommeil comme un noyé refait surface, elle sentit croître en elle une douleur diffuse, comme si sa peau lui faisait mal, comme si ses yeux lui faisaient mal, comme si respirer et sentir son coeur battre lui faisaient mal aussi. C'était une douleur indéfinissable tapie avec elle dans les limbes de la nuit, une vieille souffrance endormie depuis longtemps, un manque atroce, un arrachement, le mal des amputés qui n'ont plus que la moitié d'eux-mêmes pour aller par le monde et ressentent jour et nuit le néant de la part manquante... Elle se recroquevilla. Dans la confusion du réveil, elle le pressentit dès cet instant : plus rien ne serait comme avant.
Premier roman, certes... mais quel talent ! Nous sommes dans le Périgord, en 1773, lorsque Guillaume de Salerac, génial inventeur loufoque, découvre une petite fille dans les bois. Elle sera recueillie par sa soeur, Louison, et adoptée sous le nom de Judith de Monterlant. Ignorant tout de son passé, la demoiselle reçoit une éducation de jeune fille appliquée mais son caractère impétueux et frondeur la distingue de son rang. Judith a le goût de l'espace, de la liberté. S'échappant de la vigilance des adultes, elle s'envole à bord de l'aérostat de son oncle alors qu'elle n'est qu'une gamine et rencontre chez un voisin celui qui lui fera battre son coeur et perdre tout bon sens dans les années à venir. Charles de l'Eperai, héritier en titre, est également connu pour être un enfant maudit et un bâtard. Il a le coeur dur, le regard froid et le diable dans le ventre. Lorsque le couple se croise à nouveau, lors du mariage de la soeur de Judith, l'attirance est évidente, la passion palpable. Et pourtant, il faudra attendre la fin de l'été pour assouvir cette soif et cette faim qui les poussent l'un vers l'autre.
C'est effectivement un grand roman sentimental et historique. Nous sommes en 1788, le peuple français est mécontent, les états généraux sont réunis. Judith a rejoint Paris avec son mari, mais son histoire avec Charles n'est bien évidemment pas terminée. Car c'est de cette passion que se nourrit l'intrigue et qui rend le lecteur dépendant, au point d'absorber sa lecture en ingurgitant page après page, sans hoqueter. Il en fallait bien - de l'amour, de la flamboyance, des éclats - pour attacher le lecteur à 544 pages, sans susciter de l'ennui. C'est un pari réussi, un roman passionnant, acquis dès les premiers chapitres. Impossible de s'en séparer. Et puis, le soleil aidant, les beaux jours et les vacances s'installant, il devient une prescription incontournable pour tuer le temps. S'il ne fallait en lire qu'un, dans vos bagages, glissez Miel et Vin.
C'est incontestablement un doux roman sucré et piquant, gourmand, langoureux, avec des personnages aux destins inextricablement liés, par le secret de leurs origines et par cet amour fou qui les enchaîne. Ce n'est pas un roman mièvre ou trop long, avec des détails inutiles. Le romanesque est présent, très important, et l'amour a un pouvoir magique, troublant, envoûtant. Ce n'est pas du harlequin déguisé, c'est un bon gros roman captivant, qui ne vous lâche plus une fois la première page ouverte. A dévorer !
Buchet Chastel, 2009 - 544 pages - 24,50€
Feuilleter les premières pages
Invitation à un pique-nique littéraire, en compagnie de Myriam Chirousse, le dimanche 28 juin 2009, dans le bois de Vincennes : confirmer ou non sa participation sur Facebook
26/06/09
Adieu Berlin ~ Waldtraut Lewin
Berlin, 1940. Rita et sa belle-mère Sidonie n'ont plus que quelques jours tranquilles à partager. Le père, banquier en Suisse, vient d'annuler son mariage et condamne la jeune femme à la déportation, du fait de son identité juive. Rita refuse de faire le voyage jusqu'en Suisse pour le rejoindre, elle choisit de fuir avec Sidonie et gagner Marrakech, le dernier point d'ancrage de sa famille. Hélas, Sidonie est arrêtée en pleine nuit et Rita, livrée à son triste sort, s'obstine à s'éloigner de son père, qu'elle déteste.
A force de rencontres houleuses, de tractations douteuses et de magouilles peu louables, sauf pour assurer sa sécurité, Rita Moebius traverse la frontière et arrive en France, à la veille d'une invasion armée imminente. A Strasbourg, Rita fait la connaissance de Gabriel Talbaut, un ressortissant allemand recherché par la police, également ancien légionnaire, qui vit de petites combines et ne pense qu'à sa pomme. Leur rencontre n'est pas sans étincelles, la jeune fille est affaiblie mais déterminée, l'homme est sous le charme, derrière une attitude renfrognée et hautaine.
J'ai tout aimé dans ce roman ! Depuis l'appartement cossu à Berlin, où deux femmes tremblent d'effroi face à l'arrestation prochaine, elles prévoient de s'échapper et de s'en aller toujours plus à l'ouest, harcelées par un homme qui prétend aimer sa fille, au risque de lui faire perdre les personnes qui lui sont le plus chères, puis sur les routes de France, en pleine débâcle, sous la menace des avions mitrailleurs, sans cesse à négocier pour sa survie, en butte avec l'humanité dans toute sa splendeur - lâche, cupide, effrayée, opportuniste.
Cette épopée tragique d'une juive allemande qui recherche l'amour, le rencontre et s'imagine le perdre (pour résumer sommairement) est une lecture tout simplement passionnante ! Le contexte historique est bien brossé, le lecteur est vite emporté dans le tourbillon des événements, pas le temps de souffler, et l'histoire est vécue d'après les deux narrateurs que sont Rita et Gabriel. Ce n'est pas un énième roman sur la guerre, c'est avant tout un roman captivant qui se lit comme une saga avec moult rebondissements. Les personnages sont attachants, on les aime d'office et c'est très dur, au bout de 350 pages, de les quitter.
Ce roman se dévore !
Bayard jeunesse, coll. Millezime, 2009 - 350 pages - 11,90€
24/06/09
L'écorchée vive ~ Claire Legendre
Barbara est une belle jeune femme épanouie qui partage sa vie avec François. En apparence, simplement. Barbara vient de couper les ponts avec sa mère, lassée de mentir, de louvoyer, de promettre. Un secret sur son passé risque de peser sur sa relation amoureuse, Barbara est prévenue mais elle ne souhaite pas l'entendre, ni qu'on lui répète. Impossible toutefois d'ignorer les lettres anonymes qu'elle reçoit, des photographies de classe avec sa tête en moins. Qui peut lui vouloir du tort ? Et pourquoi Barbara a enfermé ses propres albums et un épais dossier médical dans un coffre à la banque ?
Car Barbara a été un monstre de laideur, repoussante avec sa gueule déformée depuis la naissance. Barbara a grandi en inspirant le dégoût, l'horreur, la répulsion. Longtemps condamnée à la solitude, elle a tenté de croire au bonheur, une intervention chirurgicale exceptionnelle a fini par lui offrir une plastique superbe, mais qu'en est-il à l'intérieur ? L'histoire montre que Barbara est une jeune femme fragile, marquée à vif, une écorchée avec des cicatrices. La simple vue du tableau Paulette de Soutine lui tire toutes les larmes de son corps, elle s'effondre et perçoit qu'on lui veut du mal. Qu'on cherche à la séparer de son amour. Et François lui-même ne peut pas l'aider, ne parvient plus à la comprendre.
Etrange, étonnant. Voilà mon sentiment...
Un roman où le chassé-croisé du pendant et de l'avant dresse un portrait sensible et touchant d'une jeune femme qui se sait monstre pour la vie.
Je n'ai ni détesté ni aimé vraiment. C'est moins bon que La méthode Stanislavski que j'avais énormément apprécié.
Grasset, 2009 - 250 pages - 18€
23/06/09
L'oeil du cyclone ~ Stéphanie Janicot
Nouvelle Orléans, août 2005. L'ouragan Katrina s'abat sur la ville. Des milliers de réfugiés se terrent vers le gymnase, parmi eux Victoria, ses deux filles et sa belle-soeur. Comment cette ressortissante française, fille d'un haut diplomate, a atterri dans cette galère ? Très vite, on découvre qu'elle vient de tout perdre, son misérable mobil-home, emporté par les eaux, et sa belle-mère alcoolique, noyée sous leurs yeux en sauvant la vie de la plus jeune des filles... Alors que l'apocalypse s'invite sur terre, la vie de Victoria défile. La jeune femme est groggy et assommée par la somme de catastrophes vécue en quelques heures. Et pourtant une autre nouvelle lui tombe sur la tête : la prison des femmes est évacuée, une certaine Remedios s'apprête à sortir. C'est l'heure des règlements de compte, en famille. L'instant s'annonce tragique. D'ailleurs, quelques temps après leur arrivée dans le Super Dôme, la fille aînée - Luz - disparaît.
C'est un roman proprement captivant, fluide et divertissant. Un livre qui parle beaucoup des femmes et des liens familiaux. Une histoire autour d'une femme que rien ne prédestinait à être veuve et mère avant vingt ans, le sort lié entre les mains d'une vieille folle alcoolique obèse, et voyante sur les bords. Un tel destin force l'admiration et l'interrogation, en plus du respect. Il ne faut pas en apprendre plus, juste tourner les pages pour découvrir, bout par bout, le parcours incroyable de cette française prisonnière de l'ouragan Katrina. Et suivre la fuite en avant d'une adolescente vulnérable et influençable. Elle aussi en marche vers son Destin. La rencontre espérée va néanmoins aboutir à une conclusion loupée, car précipitée. Léger bémol qui n'entache pas mon impression générale, car je conserve de ma lecture un goût de passion, de puissance, de rage et de désespoir. Derrière ces visages de femmes, il y a des larmes et des secrets, une force commune pour arracher sa part de bonheur à la fatalité. Et pour cela, j'ai aimé. Comme souvent. J'ai apprécié ces retrouvailles avec Stéphanie Janicot.
Albin Michel, 2009 - 280 pages - 18,50€
Un merci tout particulier à l'auteur... comme ça.
20/06/09
(...)
un week-end complet en musique, et pour fêter ça mes derniers albums qui passent en boucle sur la platine...
Paolo Nutini >> Sunny side up
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>> Archimede (groupe français, de Laval) excellente découverte !
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Camera Obscura >> My Maudlin Career
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Diving with Andy >> Sugar Sugar
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