Les mots sont, les mots font, les mots disent Les mots coulent, les mots roulent sur un fil

15/02/19

N'y pense même pas ! (Blue Heron 4), de Kristan Higgins

n'y pense meme pasRetour à Blue Heron, bastion viticole de la famille Holland. J'appelle à la barre le représentant mâle de la fratrie, à savoir Jack : LE héros de Manningsport, depuis qu'il a sauvé un groupe d'adolescents victimes d'un grave accident de voiture.

Seulement, tous ignorent que cet évènement reste pour lui traumatisant. Accablé de reproches par la famille du conducteur, plongé dans le coma, Jack a le sentiment du devoir non-accompli. Ignorant son désarroi, ses sœurs l'encouragent dans une nouvelle relation pour oublier les spectres de son divorce. Justement, l'agent Neal cherche un partenaire pour l'accompagner au mariage de son ex. Emmaline n'est certes pas une jouvencelle en détresse : collègue de l'inoubliable Levi Cooper, elle est sexy, indépendante et coriace. Après une rupture difficile, elle aussi a mis son cœur en garde contre tout emballement inutile. Ne plus prendre de risques, ne plus tenter le diable. Elle a déjà donné dans les chagrins d'amour.

Sonnez les trompettes, deux cœurs brisés en quête de pansement sont en approche ! Kristan Higgins est la reine des romances onctueuses et guillerettes, toujours agréables à ingurgiter. Encore une fois, la recette a fait des miracles en dépit d'un casting en demi-teinte : je n'ai absolument pas succombé au charme de Jack, beaucoup trop atteint du syndrome de superman. L'histoire s'attarde sur les parasites autour du couple, se concentrant moins sur l'alchimie, à part la séquence à Malibu qui est rigolote et émoustillante, le reste est assez plat. #frustration. Le personnage d'Emmaline est attachant (ce qui coïncide avec ma très bonne appréciation de la lecture faite par Gaëlle Billaut-Danno) alors que son alter ego, interprété par Nicolas Djermag, est plus long à convaincre. On sent qu'aucun des deux n'a eu connaissance des épisodes précédents car les voix des personnages secondaires ne collent pas du tout. Par contre, excellente initiative de proposer deux comédiens pour ce roman (je n'en pouvais plus des travestissements risibles). C'est nettement plus cohérent. Reste maintenant un dernier rendez-vous, cf. Ton âme sœur (ou presque). Danse de la joie dans la maison.

©2017 HarperCollins pour la traduction francaise - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Lauzeral (P)2018 Audible Studios

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13/02/19

Norman n'a pas de super-pouvoir, de Kamel Benaouda

Livre gagnant de la troisième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse 
organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL.

Norman n'a pas de super pouvoir

Norman est un adolescent tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Peut-être trop ordinaire, à son goût. Autour de lui, il est tout à fait commun d'avoir un super-pouvoir. Chaque élève de son école doit d'ailleurs passer un test pour le révéler, puis suivre une formation en espérant décrocher une place à l'académie des super-héros. Or, pour Norman, aucun don spécial ne semble lui avoir été octroyé. À l'approche de son examen, le garçon s'interroge et s'inquiète. Il n'ose rien dire à ses parents, de peur de les décevoir. Seule sa grand-mère n'est pas dupe et lui suggère de ruser. Il met donc trois de ses camarades au courant pour élaborer un plan. Tricher, lui ? Voyons... Il préfère arrondir les angles. Dès lors, son destin est scellé. Plus possible de reculer. Le garçon est lancé dans une aventure qui va dépasser ses espérances... et que de rebondissements à prévoir !

C'est aussi un vrai bonheur à lire. Au départ, j'ai trouvé l'histoire assez plate, basée sur la vie de collège, entre amitié, chatouillis amoureux, souci des apparences et harcèlement. C'est avant de réaliser qu'on nous raconte surtout les déboires d'un gamin ordinaire dans un monde extraordinaire. Autour de Norman, tous sont surdoués. C'est la norme. Lui se sent affreusement banal et ne l'accepte pas. Il a peur du regard des autres, peur d'être mis à l'écart et peur de trahir la confiance de ses proches. Mais à vouloir préserver son secret, le garçon va surtout provoquer sa chute. En fait, c'est très drôle à analyser car l'auteur en vient à dire qu'être insignifiant n'est pas une tare non plus et qu'on peut s'inspirer des petits riens pour être heureux tout simplement. On ne le rappelle jamais assez. Bon point pour ce roman. Il est non seulement addictif et réjouissant, combine l'humour, les personnages attachants et le suspense, propose une intrigue originale et décalée, et pour finir nous fait passer un très bon moment. Pour un premier roman, c'est une véritable aubaine. D'ailleurs, bravo pour le concours : c'est mérité.

Gallimard jeunesse (2018) - illustration de couverture : Gazhole

En janvier 2018, Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama ont lancé la troisième édition du concours du Premier roman jeunesse. Parmi plus de 900 manuscrits, un jury composé d'éditeurs, d'auteurs, de journalistes, de libraires et de blogueurs a désigné le gagnant (Norman n'a pas de super-pouvoir de Kamel Benaouda)... lequel succède à La Passe-Miroir de Christelle Dabos, révélée en 2013 et aux Mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot, grande gagnante de 2016.

 

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Pêle-mêle : Vassilia et l'ours - Seul sur mars ? - Un ours à la mer ! - Au secours des Zulus-Papous

Vassilia et l'ours

Vassilia est amie avec l'ours de la forêt. Tous les jours, ils jouent ensemble puis se séparent le soir venant. L'ours est dépité car il aimerait accompagner la fillette jusqu'à son isba. Il rêve de partager la vie des hommes, de goûter la soupe épicée de la babouchka, de s'endormir sous un édredon en plumes d'oie... Mais Vassilia lui interdit formellement de s'approcher du village : les hommes lui réserveraient un accueil féroce. Après tout, l'ours est un animal sauvage. Sa place n'est pas de vivre parmi les hommes. Allez faire entendre raison à cette grosse boule de poils qui fantasme un idéal impossible à atteindre.

Le cœur gros, Vassilia va finalement se résoudre à exaucer son vœu et l'invite chez elle pour la nuit. Ils avancent d'un pas tremblant, retiennent leur souffle et puis... La suite est tout aussi charmante, délicieuse, coquine et surprenante. J'ai adoré l'ambiance russe de ce conte qui raconte la force de l'amitié et le choc des cultures (on ne domestique pas un animal sauvage). Le ton n'est jamais moralisateur, mais drôle. De plus, les illustrations sont ravissantes et l'histoire colle à merveille avec la saison hivernale. Voilà une très belle invitation au voyage. À tenter.

Vassilia et l'ours, de Françoise de Guibert & Laura Fanelli

seuil jeunesse, 2019

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Seul sur mars

Pour prouver à tous qu'il y a une vie sur Mars, un homme s'est envolé seul dans son vaisseau spatial pour percer le secret de la planète rouge. Il est confiant et déterminé. À peine arrivé, il parcourt des kilomètres et des kilomètres dans un paysage assez austère. Très vite, un constat s'impose : il n'y a que des roches et de la poussière à perte de vue. Nulle trace de vie. Notre homme est déçu. Il avait prévu des petits gâteaux au chocolat pour sceller un pacte d'amitié. Il décide finalement de rebrousser chemin, manque de se perdre puis gravit une montagne pour retrouver son vaisseau. Là ! il l'aperçoit. Une lueur d'espoir, un signe de vie. Notre homme n'a pas fait tout ce voyage pour rien. Fier de lui, il repart à la maison et s'octroie une petite récompense chocolatée. Mais une autre surprise l'attend. Hé hé.

Bien évidemment, tout du long, le lecteur sera complice de la supercherie. L'homme n'a peut-être jamais vu la silhouette qui le suivait durant tout son périple. Mais nous, si. C'est très, très drôle. En plus des illustrations simples mais pimpantes, on trouve dans cet album un esprit facétieux qui donne le sourire aux lèvres. J'ai BEAUCOUP aimé. C'est super drôle et très original. À conseiller.

Seul sur Mars ? de Jon Agee

seuil jeunesse, 2019

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Un ours à la mer

Dans cet album, place au drame : un ourson est tombé à l'eau ! Il va se noyer. Le jeune matelot est accroché au hublot, cherchant à accrocher le regard de son compagnon pour le soutenir. Mais il se sent impuissant et désespéré. Les minutes s'écoulent, l'ourson lutte contre les vagues déchaînées. Il tient bon, sous l'œil admiratif du garçon. Accroche-toi, accroche-toi.

Nous aussi on a le cœur qui bat la chamade. On sent la détresse nous gagner. On craque complètement au moment où l'ours et le matelot font un échange de sourires crispés. Carrément déchirant mais tellement beau. D'ailleurs, n'hésitez pas à donner de l'intensité et du drame à votre lecture. Accentuez la mise en scène. Mettez-y toute votre conviction. Faites durer le suspense. L'enfant va retenir son souffle jusqu'à la fin qui ne manquera pas de le surprendre. C'est foncièrement adorable, avec des images splendides. Très, très bon.

Un ours à la mer ! de Christine Schneider & Hervé Pinel

seuil jeunesse, 2019

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Au secours des Zulus-Papous

Dans leur forêt, les Zulus-Papous voient un jour débarquer un énorme frelon, bruyant et puant, venu du ciel. Des individus vont sortir de son ventre, dans leurs drôles d'accoutrements. Puis un gros scarabée jaune, à la solide carapace, va débouler. Les arbres vont être arrachés. La tribu va riposter et résister, en vain. Elle va croire ses derniers jours arriver mais une petite grenouille va leur sauver la vie ! 

Thierry Dedieu n'a pas son pareil pour nous embarquer dans une histoire qui impressionne : son grand format, son graphisme et ses couleurs sont déjà des atouts considérables pour envoyer un message fort. L'auteur dégaine également son humour et sa légèreté pour sensibiliser son public à l'écologie : préservons notre planète, protégeons notre nature, bémol sur la déforestation à outrance. C'est raconté avec tout plein d'intelligence et de lumière. C'est grandiose, vraiment.

Au secours des Zulus-Papous, de Thierry Dedieu

seuil jeunesse, 2019

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12/02/19

Signe particulier : Transparente, de Nathalie Stragier

TransparenteEsther se sent invisible aux yeux du monde : sa famille toujours débordée remarque à peine ses absences, ses profs ou ses camarades au lycée ne la calculent jamais. Reste son amie Romane qui la pousse à sortir de sa bulle et cherche à l'entraîner dans un semblant de vie sociale. Ou même Simon, un copain du lycée, timide mais souriant. Esther a néanmoins décidé de taper du poing sur la table en préparant une fugue... avant de se raviser. Encore un constat d'échec. Esther se sent plus pathétique que jamais - elle n'a aucun courage et demeure désespérément inexistante. Pire, elle a de plus en plus l'impression de disparaître. De devenir transparente. Sauf que ce n'est pas qu'une impression : Esther est vraiment en train de se métamorphoser. Sans comprendre pourquoi, là voilà capable d'être invisible et de voyager dans une dimension parallèle. Grisée par cette perspective excitante, elle peut enfin surprendre les conversations ou se défouler en accusant les uns et les autres de l'ignorer sans raison. Quel pouvoir. Ça marche à tous les coups. Elle se sent libre comme l'air et décomplexée. Jusqu'au jour où elle croise une femme à la mine sombre et qui fonce sur elle en la menaçant de déguerpir...

Impatiente de découvrir ce nouveau roman de Nathalie Stragier, après avoir adoré sa série La fille du futur, j'avais énormément d'attentes envers cette lecture. On découvre alors une configuration assez originale, avec une héroïne ordinaire dans une vie tout aussi ordinaire, mais à qui il arrive finalement un truc improbable. Mi-fantastique, mi-roman à suspense, le mélange des genres fonctionne très bien car la lecture est pleine de surprises. Quel est ce phénomène qui frappe notre héroïne, comment se manifeste-t-il, pourquoi Esther, que veut cette vieille folle et que cache le monde des transparents... En fait, le tout est assez enthousiasmant. On tourne les pages avec frisson. On est curieux de connaître la suite. On est troublé aussi par l'équilibre subtil qui se joue sous notre nez, entre rêve et réalité, réalisme et fantastique. Oui, la frontière est mince. L'esprit parfois vacille. Manque peut-être un peu d'humour et de légèreté, à mon goût, car Esther est une demoiselle farouche et bourrée de complexes. Je n'ai pas réussi à m'y attacher. Attendez-vous donc à une lecture sensible et plus réfléchie... loin d'être aussi addictive que La fille du futur.

Syros, 2018

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Avec des Si et des Peut-être, de Carène Ponte

Avec des Si et des Peut êtreMax enseigne le français dans un lycée et se désespère de partager sa passion pour les auteurs classiques à des élèves qui pensent Stromae, Christian Grey ou Bella Swan à la place d'Anna Karénine ou Emma Bovary. Elle est convaincue d'être passée à côté d'une grande carrière de journaliste, à cause d'une foulure à la cheville le jour de son concours. Elle s'épanche donc auprès de ses copines ou de sa sœur. Avec des si et des peut-être... on connaît la chanson. Un soir, en écoutant une émission de radio, elle surprend le discours d'un écrivain sur les vies parallèles. Le lendemain matin, bim bam boum, elle plonge dans la quatrième dimension : une toute nouvelle vie s'offre à elle, en somme sa vie rêvée. Maxine tombe des nues mais va profiter de l'occasion à fond.

Troisième roman que je lis de l'auteure, avec déception à la clef. On a d'abord une trame romanesque peu folichonne (comme Lexi Smart a la mémoire qui flanche de Sophie Kinsella, hélas peu transcendant également). À croire que j'ai un blocage sur le concept, car je n'ai pas été convaincue par cette nouvelle lecture. Histoire trop courte, qui survole son propos, beaucoup trop de clichés, de situations rebattues, héroïne immature, un tableau familial bancal (les parents ont mis les voiles sans rien expliquer à leurs enfants), dénouement hâtif et convenu. Hmmm. Côté technique, la voix n'est pas désagréable à écouter mais l'interprétation sonne trop sirupeuse et agaçante. C'est le rôle, après tout. Et puis ça aurait été sympa que la lectrice chante aussi quand Maxine se met à pousser la chansonnette (souvent, d'ailleurs). Non, vraiment. Ce n'était pas un rendez-vous pour moi, car ça m'a semblé tellement creux et superficiel. Je suis déçue. 

©2018 Éditions Michel Lafon (P)2019 Lizzie

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11/02/19

La nouvelle vie de Kate Reddy, par Allison Pearson

La nouvelle vie de Kate ReddyQuel électrochoc, cette lecture ! Dans le sens, authentique et sincère pour sa radiographie de la femme dans une société qui la désire éternellement jeune et performante. Gloups. Tout sonne tellement vrai, tellement juste et tellement sensé. Au-delà de la comédie enjouée et distrayante, il y a donc une grande part de sincérité dans les divagations de notre héroïne. Accrochez-vous.

Pour Kate Reddy, bientôt 50 ans, mariée et mère de famille, la roue tourne comme marée en carême. Entre ses deux adolescents plongés dans les affres de la puberté (popularité, réseaux sociaux, apparence, clan, défis idiots, jeux vidéo) et son mari en pleine reconversion professionnelle, Kate surnage. Contrainte de reprendre le boulot pour maintenir le navire à flot, elle fait alors face à un gouffre immense. On fait comment pour revenir sur le marché quand on a tout plaqué pour torcher les mômes et les parents séniles ? On rejoint une association de Revenantes. On ment sur son âge. On redouble d'efforts pour ne pas vendre la mèche. On jongle entre rendez-vous et autres joyeusetés, en espérant aussi ne pas sombrer dans la folie. On analyse avec amertume et acuité le monde qui nous entoure, la compétitivité acharnée, la phallocratie ambiante, le corps qui lâche, les bouleversements hormonaux, les désordres amoureux, le retour du grand amour et le rappel à la raison. Tout, mais vraiment TOUT, dans ce roman sent le vécu, le concret, le juste, le conforme au réel. C'est même parfois flippant... D'un autre côté, il y a une telle énergie chez Kate Reddy, une volonté de fer et un humour caustique, si bien qu'on sourit pas mal en oubliant les tracas. Par contre, c'est un gros bouquin de 580 pages donc presque 15 heures d'écoute en livre audio, c'est bon mais un peu long (juste la fin qui me semble un peu poussive), même si ce n'est pas désagréable non plus de passer tout ce temps avec Kate. Il faut dire que sa vie est bien remplie et qu'on peste comme elle contre cette sensation d'être toujours le pivot central (ras-le-bol parfois). Du coup, on se défoule et on adore râler contre les coachs de vie qui prônent le foie gras végétal, contre les jeunes loups aux dents longues qui se moquent de Madonna, contre les belfies, contre les services clientèle, contre les démons de minuit ou contre les tapis de yoga. En tout cas, on a tous en nous quelque chose de Kate Reddy... ce n'est pas mon ami Johnny qui dirait le contraire ! Voilà une lecture qui vous booste et vous donne envie d'enfiler les cuissardes pour jouer la choré de Beyoncé. Après tout... ♫♪ Who run the world ? ♪♫

©2018 Le cherche midi, pour la traduction française / Titre original : How Hard Can It Be ? / Traduit par Julie Sibony (P)2019 Lizzie.

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Le Dragon au Cœur de chocolat, de Stephanie Burgis

Le dragon au coeur de chocolatAventurine appartient à une longue lignée de dragons vivant dans les montagnes, loin des humains, qu'ils détestent farouchement. Mais notre jeune dragonne a soif d'aventures et soupire d'ennui quand sa mère lui ordonne d'attendre son tour sagement. Voulant prouver ses valeurs, Aventurine n'hésite pas à outrepasser l'interdiction et s'échappe de ses montagnes. Elle croise la route d'un campeur, en train de cuisiner une substance dont elle ignore tout mais qui sent terriblement bon. L'inconnu lui propose de goûter - bim ! la révélation pour Aventurine. Notre dragonne vient de succomber au pouvoir doux et capiteux du chocolat. La seconde d'après, c'est le double effet Kiss Cool : Aventurine est métamorphosée en fillette.

La suite de la lecture est un enchaînement de péripéties fabuleuses et inattendues. Aventurine est une héroïne volontaire, qui se fixe des objectifs et se donne à fond pour les atteindre. Bien souvent, elle bouillonne au fond d'elle-même pour ne pas cracher sa colère ou son impatience. On imagine très bien la scène ! Toutefois, son expérience en tant qu'humaine va également la confronter à des sentiments méconnus : l'amitié, la confiance, l'espoir, la trahison... C'est plus largement l'apprentissage de la vie qu'elle va donc expérimenter. Ceci dit, c'est aussi incroyablement gourmand à lire ! Les recettes secrètes dans l'atelier du chocolat font tourner les sens et titiller les papilles. Hmmm... L'ambiance médiévale fait d'ailleurs penser à un conte, avec du panache et de l'humour à foison. C'est charmant. Mais je n'en attendais pas moins de l'auteure : la série Kat, apprentie magicienne de Stephanie Burgis était un réel enchantement (dommage de n'avoir jamais édité la suite en VF). Cette fois, chaud devant, dragons en approche, marmites sur les fourneaux... êtes-vous prêts pour une lecture enivrante et riche en saveurs ? N'hésitez pas.

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Julie Lopez

couverture illustrée par Freya Hartas

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08/02/19

L’aventure de Castle Rock, de Natasha Farrant

l'aventure de castle rock

Complètement sous le charme de cette couverture, aux faux airs des romans de Enid Blyton, j'étais impatiente de découvrir cette petite merveille. Même les premières pages sont magiques ! C'est l'histoire d'une fille qui avait perdu sa mère et sa maison, qui avait peur de perdre son père, et qui avait besoin de se trouver elle-même. L'auteure a une façon particulière de présenter son histoire, un mélange de poésie et d'humour, une grande maîtrise du teasing et un goût fabuleux pour l'aventure. En tout cas, on embarque aussitôt à bord et avec impatience. 

Alice Mistlethwaite doit quitter la maison de son enfance, trop chargée en souvenirs, pour rejoindre le pensionnat de Stormy Loch, un vieux château écossais tenu par une équipe de tendres excentriques. Sa tante a estimé qu'il serait temps pour elle de vivre de vraies histoires passionnantes au lieu de simplement les imaginer. Son père, un acteur obscur, doit retourner à Londres mais promet de lui écrire le plus souvent. Seulement, Barney ne va pas tenir parole et faire douter sa fille (d'où l'épopée à venir). D'un tempérament calme et solitaire, Alice va néanmoins s'attacher l'amitié de deux garçons aux caractères très opposés, en l'occurrence Fergus et Jesse, l'un ne manque pas de courage tandis que l'autre craint jusqu'à son ombre. Du moins, ils forment un trio inattendu et fort original. Contre toute attente, ils vont aussi multiplier les frasques et enfreindre les règles de leur école. Comme se rendre sur une île voisine, le paradis des macareux, en réponse à une invitation énigmatique reçue sur carte postale timbrée en Italie. Que de mystère... et vous n'avez pas tout vu !

Cette lecture est extraordinaire, elle a le goût de l'enfance, des rêves et des escapades palpitantes, perdues au milieu de nulle part. Les personnages sont adorables, un peu farouches et maladroits, souvent prompts à édulcorer la vérité et à trahir pour parvenir à leurs fins. Mais ils ont beaucoup à nous raconter et c'est formidable de les écouter ! J'ai bigrement aimé ce rendez-vous, riche en émotions et véritable promesse d'évasion. On tombe fou amoureux de ce coin de paradis écossais, battu par les vents et les tempêtes, mais tellement romantique et magique. On sent le souffle de la liberté nous transporter très loin, et pour notre plus grand bonheur. Il y a certes un certain charme vintage derrière tout ça... irrésistible et réjouissant. J'ai adoré. ♥

Gallimard jeunesse (2019) - traduit par Marie Leymarie

Couverture illustrée par David Bean

 

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Pêle-mêle : Mon cochon dingue - Ballade en mer - Les Dinosaures n'existent pas !

Mon cochon dingue

Pour oublier le gris et la tristesse, rien de mieux qu'un cochon dingue ! Cette petite boule de poils va ravir le cœur de notre fillette et apporter joie et couleurs dans son cœur. Tout paraît plus merveilleux, plus doux, plus drôle. Car le bonheur est contagieux : il n'y a qu'à regarder autour de soi, « des fois que la joie passe par là, je voudrais pas la louper » !

Un petit album absolument génial sur la complicité entre un enfant et son animal de compagnie, mais aussi sur la force des émotions (quand on peut broyer du noir un instant puis rire aux éclats en un clin d'œil). Les enfants sont les champions du monde pour ça ! On adore la tendresse et la fantaisie de Christine Roussey, son univers est espiègle, avec sa touche de poésie et son humour dévastateur. Une vraie bonne dose de vitamines, miam.

Mon Cochon Dingue, de Christine Roussey

de la Martinière jeunesse, 2019

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Ballade en mer

Quelle étonnante aventure ! À lire comme une chanson, tendre et poétique, qui raconte l'incroyable odyssée d'un fragile équipage en pleine mer. Un enfant et son ami montent à bord d'une petite barque pour une escapade ensoleillée, mais bientôt la tempête s'annonce et la promenade vire au cauchemar. Heureusement, les poissons et les oiseaux viendront à leur secours pour guider leur chemin jusqu'à la terre ferme.

Cette jolie ballade est non seulement passionnante, mais aussi très apaisante à lire (au-delà des intempéries et des vagues en folie). On tombe fatalement sous le charme des illustrations et de l'atmosphère sucrée de cet album ravissant. Un bonheur pour les yeux.

Ballade en Mer, de Nina Laden & Melissa Castrillon

de la Martinière jeunesse, 2019

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Les Dinosaures n'existent pas

Tim et Jules sont deux vaillants aventuriers. Un soir, ils décident de partir à la chasse au dinosaure. Ils sont décidés, ils vont capturer un dinosaure géant. Le plus grand prend rapidement la tête de l'expédition, tandis que le plus jeune le suit à la trace mais avec la trouille au ventre. Il a de moins en moins confiance dans les chuchotis et les ombres autour de lui. Il a beau se dire, tout ça n'existe pas, sauf que la vérité est ailleurs ! Ha, ha. Fox Mulder, sors de cette histoire.

En vrai, attendez-vous à une lecture rigolote et spectaculaire ! Car cet album est FANTASTIQUE ! Son atmosphère très sombre peut rebuter, d'ailleurs l'histoire fait vraiment peur même si tout est mis en scène exprès pour susciter frissons et tremblements. Notez aussi la dérision car l'auteur en rajoute des tonnes. Même son graphisme est remarquable (avec des volets qui s'ouvrent pour donner une dimension xxl au monstre de l'histoire). Je ne vous ai rien dit, par contre. En bref, c'est un album surprenant et prodigieux, riche en sensations, en sourires et en dents pointues... mais chut !

Les dinosaures n'existent pas ! de Mark Janssen

de la Martinière jeunesse, 2018

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07/02/19

Anatomie d'un scandale, de Sarah Vaughan

Anatomie d'un scandaleConseiller influent et proche du premier ministre, James Whitehouse est un homme charismatique et brillant. Marié et père de deux enfants, il incarne l'ambition, la réussite, l'accomplissement. Une image sans tache.
Pourtant, James est accusé de viol. Une ancienne collaboratrice, avec laquelle il aurait entretenu une liaison plusieurs mois durant, vient de porter plainte suite à leur rupture. Kate Woodcroft, une avocate pénaliste, est en charge du dossier. Et elle est particulièrement remontée car elle va tout mettre en œuvre pour avoir la tête de Whitehouse. Spectatrice tétanisée, son épouse Sophie n'a plus les idées claires mais pense avant tout à préserver son image en affichant son soutien.
Viennent aussi s'ajouter les souvenirs de leurs années d'études à Oxford au cours desquels le sulfureux club des Libertins a fait couler beaucoup d'encre. Ceci pouvant expliquer cela, une lente et déconcertante plaidoirie se construit. Plaidoirie contre les abus, pour les droits des femmes et tristement révélatrice des arcanes du pouvoir.
Je ne suis pas mécontente d'en avoir fini car cette lecture m'aura inspiré un profond ennui : c'est très long, assez austère et tellement froid. Je n'ai eu aucune empathie pour les personnages ni pour leurs histoires. Non, c'est très distant. Très emprunté. J'ai aussi longtemps espéré un rebondissement, des révélations fracassantes, la moindre bagatelle qui ferait exploser cette fichue tension psychologique qui colle à la peau... en vain. 
J'en sors sidérée et déçue. Les deux comédiennes ont pourtant prodigué une lecture irréprochable. Leur talent ne peut hélas lutter contre la sensation glaciale qui filtre à travers leurs confessions. Sarah Vaughan opère un sérieux changement de cap avec ce roman, peu convaincant à mon goût. 
La ferme du bout du monde avait été une découverte rafraîchissante, quel revirement...

©2018 Préludes, pour la traduction française (P)2018 Audiolib

 

 

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