“Let us dance in the sun, wearing wild flowers in our hair...”

22/07/14

Teaser Tuesday #59

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Un petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d'histoires courtes, Vanyda explore l'amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi... Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s'enthousiasment, pleurent. Un véritable condensé d'émotions !

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Beaucoup de sensibilité, de douceur, de tendresse et de beauté dans cette œuvre aérienne et faussement légère, des personnages attachants, des petits bouts de vies ordinaires, des histoires qui s'entremêlent... et une immense frustration au moment de tourner la dernière page ! 

Un petit goût de noisette, de Vanyda  @ Dargaud / janvier 2014

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21/07/14

Les demoiselles de Spindle Cove, Tome 1 : Un moment d'abandon, par Tessa Dare

Les demoiselles de Spindle Cove, Un moment d'abandon

Nous voici en présence d'une lecture absolument irrésistible ! Ce n'est pas que de la romance, mais une histoire enlevée et très drôle, avec un couple charmant, aux dialogues assassins, beaucoup de tension érotique et sensuelle, un cadre idyllique et la sensation exaltante d'une vraie partie de rigolade ! 

L'histoire se passe au sein d'une communauté hors du commun, mais très attachante : Spindle Cove, le refuge pour les âmes esseulées, incomprises et laissées pour compte... bref, le repère des vieilles filles désespérées. En tête de file de cette brigade en jupons, on trouve Susanna Finch. Un caractère volcanique et passionné, une langue bien pendue, une soif d'indépendance, un soin jaloux à préserver son petit cocon douillet, une volonté farouche et un esprit féministe... Nous sommes loin de la jouvencelle en détresse ! 
Le commandant Victor Bramwell en fera vite les frais.
Blessé au genou, celui-ci doit ronger son frein en acceptant d'entraîner une milice de campagne, tout en rêvant de retourner sur le champ de bataille. Spindle Cove est pour lui le summum de l'ennui, une aberration dans sa conception virile de la société. La gent masculine n'est plus que l'ombre d'elle-même, ce sont les femmes qui mènent la danse. Ou plutôt, mademoiselle Finch met son grain de sel partout.
Bramwell rugit de frustration. En sa qualité de chef, il entend mener son monde à la baguette. Peine perdue. Il a trouvé une interlocutrice au tempérament aussi affirmé que le sien, la confrontation entre eux deux s'annonce piquante, tumultueuse... et très, TRÈS excitante !

La guerre des sexes est déclarée... et quelle farce ! Je me suis surprise à plonger dans ce roman avec un enthousiasme débordant. L'histoire procure un véritable plaisir, on rit tout du long, les personnages nous entraînent dans un univers folklorique et tendrement exubérant. En somme, Spindle Cove fait l'effet d'un rendez-vous vivifiant, où chaque individu occupe une place importante. C'est un bonheur d'évasion et la promesse d'y retrouver un univers familier livre après livre. 

J'ai été absolument conquise. Dès lors que le couple vedette entre en collision, pour sa première rencontre mémorable, on retient son souffle, un sourire, et on se réjouit des entrevues à venir. Car Bramwell et Susanna vont entreprendre une séduction torride, mais jamais vulgaire. La jeune femme ne tourne pas de l'œil aux moindres allusions salaces, l'homme est une brute bouffie d'orgueil, qui va fondre lamentablement face à cette révolutionnaire de choc et de charme. L'alchimie est immédiate, les joutes verbales sont impayables... et on attend leurs interactions avec fébrilité.

Point de romantisme exacerbé, mais juste la touche nécessaire d'attraction fatale... du charme en pagaille et - ô miracle - de l'humour, de l'esprit, des répliques désopilantes. «... ici, à Spindle Cove, nous goûtons la liberté à coups de petites bouchées sucrées. »

J'ai adoré !

J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, décembre 2013 ♦ traduit par Julie Guinard

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18/07/14

Comment tomber amoureux... sans tomber, de Susie Morgenstern

Comment tomber amoureux

Samuel est américain, ne parle pas français et doit passer son Bac dans un lycée parisien. Annabelle, brillante élève, se voit proposer de le chaperonner. Une année riche et excitante s'annonce pour notre duo devenu inséparable, mais aussi pour leur famille aux vies bien mouvementées.
Chez Annabelle, son père a mis les voiles car il ne supportait plus que son épouse soit une accro au travail. Pourtant, ces deux-là s'aiment encore et devront trouver un compromis pour recoller leur famille éparse. Marguerite, la grand-mère, est également une boulimique du boulot car elle vise la deuxième étoile pour son restaurant dans le Sud. Fantasque et rêveuse, elle ne réfléchira pas à deux fois lorsque l'amour se présentera sous son nez, en la personne du grand-père de Samuel !
Le garçon, lui, est complètement dingue d'Annabelle, qui le considère comme un véritable ami. Son obsession, c'est sa réussite au Bac. Rester concentrée et butiner quelques grammes de légèreté à dose homéopathique. Sauf que l'amour, c'est une affaire de famille ! Même son jeune frère Anatole va plonger dans la marmite les deux mains devant.
Et qu'est-ce que c'est bon ! Je me suis surprise à bouquiner avec allégresse ce roman léger et charmant, qui papillonne de bonheur à vous parler du sentiment amoureux sous toutes ses coutures, en famille, entre amis ou entre amants. Mais c'est aussi et avant tout une jolie comédie familiale, pétillante et insouciante, avec des personnages attachants, qui sauront vous embarquer dans leur univers.
C'est lisse, quasi parfait et proprement invraisemblable, à réserver donc en lecture idéale pour les vacances. « Je tombe, tu tombes, nous tombons amoureux. C'est bien trouvé ! Il n'y a pas d'amour sans tomber ! Sans planer ! Et c'est tant mieux ! »

Grand Format / L'École des Loisirs @ mars 2014

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Coup de Meltem de Sigrid Baffert

“ Ballet de fourmis dans mes doigts et mes chevilles. Sensation de marcher sur un paquebot. Saletés de pilules. Je dois avoir l'air d'être tombé d'une nuit blanche. Mes yeux glissent sur ses deux petits seins au garde-à-vous sous son pull. J'essaie de fixer mon attention sur l'abeille joufflue qui rit sur son paquet de céréales. Mais là, soudain, face à ce visage, ces talons de cigogne et ses seins sublimes, je réalise que je ne ressens plus rien.
Black out.
Je cherche mon désir dans ses yeux verts, ses cheveux, sur sur hanches. Plus de tectonique des sens, de molécules en désordre, de promesses folles. Est-ce que les sentiments peuvent claquer comme un vieil élastique ou se vitrifier d'un coup ? Il y a quelques semaines, j'aurais donné mon sang pour un regard de Lilia, et aujourd'hui, je donnerais ce qui reste pour ne pas être là, devant elle. Devant elle, si pleine de vie et de futur, si debout devant, si haut perchée sur ses talons, tendue vers un avenir où je ne me vois plus. D'ailleurs, pourquoi s'encombrerait-elle d'un mec au cœur de verre ? 
Bon sang, que t'arrive-t-il, Virgil ?

Coup de Meltem de Sigrid Baffert

À la suite d'une compétition de natation, Virgil fait un malaise. Trop de stress ou un entraînement trop intensif ? Point du tout. Le garçon souffre de la maladie du cœur de verre. Une insuffisance cardiaque héréditaire. Ce problème révèle alors qu'il est né d'une insémination artificielle, que son père n'est pas son père. Un secret qui dure depuis seize ans. L'adolescent, sous le choc, est en colère contre ses parents. Par défi, il se lance alors à la recherche de son géniteur, coupable d'avoir légué à des milliers d'autres enfants sa triste maladie, mais se heurte aux failles d'un système. Incidemment, cela remet en question son identité, le voilà un parmi tous... dans le flou, dans le brouillard. Une entité inconnue, avec probablement des frères et des sœurs parsemés dans le monde. Cela fragilise son rapport avec les autres, il est refroidi avec les filles, n'ose plus se lancer vers les rencontres, laisser voguer ses sentiments. Il est pétri de doutes. À force d'acharnement, ses recherches seront fructueuses, le garçon va mobiliser les troupes et jouer au Zorro. Un combat admirable ! Car, le sujet est sensible, mais abordé avec délicatesse, et parvient à transcrire les émotions contrastées qui vont naître chez les jeunes héros de cette histoire. Cela se lit vite et bien, sur un rythme agréable et entraînant. Sigrid Baffert a parfaitement maîtrisé son sujet (la PMA et ses conséquences), sans jamais soulever un débordement passionnel dans les interrogations qu'il suscite. C'est un texte intelligent, qui jamais ne juge ou ne sermonne, avec des personnages attachants et une histoire très romancée ! ... Jolie couverture, au passage.

La Joie de Lire, co. Encrage, avril 2014 ♦ couverture illustrée par Séverin Millet

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17/07/14

Muchachas (3) de Katherine Pancol

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Clap de fin pour la saga des Muchachas, mais l'auteur n'a pas dit son dernier mot ! Et effectivement, le lecteur est en droit de réclamer la suite des amours tumultueuses entre Gary et la belle Hortense...
Celle-ci, plus ambitieuse que jamais, voit enfin l'aboutissement de ses projets : lancer sa première collection. Mais son travail l'accapare et elle néglige le reste, sa famille, son amoureux, New York, Paris... bref, elle a soif d'apprendre et de vivre son rêve. Gary, de son côté, exploite à fond sa sensibilité artistique, en compagnie de la douce Calypso, son alter ego en la matière. Cette découverte le trouble... et l'envoûte. Rhaaa, je ne vous raconte pas combien j'étais en pétard contre lui.
Des personnages comme Joséphine, Shirley ou Zoé sont, par contre, complètement survolés, on doit se contenter de quelques bribes de leurs vies, non sans amertume et frustration. En revanche, Léonie et Stella font leur retour en force. Et quel retour ! La mère et la fille vont se parler à cœur ouvert et évoquer le passé, la discussion est virulente, mais bouleversante ! Stella est tour à tour en colère, dépitée et quémandeuse. C'est très émouvant !
La saga se boucle sur une note positive et heureuse. Certes, certains dossiers ont été mis au placard un peu trop rapidement, la fin aussi connaît un dénouement précipité, amené de façon très diplomatique. Malgré tout, j'éprouve une sincère affection pour la série, les personnages, leurs excès et leurs idéaux. C'est un univers familier, dans lequel je me sens à mon aise. J'ai hâte d'y retourner ! En attendant, il me prend l'envie de relire Scarlett, si possible !

Audiolib parfait, avec une Marie-Eve Dufresne dans son rôle de lectrice en chef de la saga ! Ne changez rien, c'est vraiment très agréable de l'écouter. D'une durée d'écoute de 14 heures, le livre audio suit un rythme de croisière confortable. Je n'ai pas vu le temps passer ! Le disque se conclut sur un entretien avec l'auteur, une initiative toujours très appréciable, qui complète la lecture en lui apportant une perspective nouvelle et très enrichissante. 

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée d'écoute : 14h 07) 

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon

L'ombre du vent

Daniel a seulement dix ans lorsqu'il est pour la première fois introduit dans le cimetière des livres oubliés, sous la houlette de son père. La tradition veut qu'il sauve un livre au hasard pour le ramener chez lui et l'adopter. Son choix se porte sur un petit ouvrage, intitulé L'ombre du vent, d'un obscur écrivain (Julian Carax). Une rencontre décisive, puisqu'elle va sceller sa destinée ! Le garçon va en effet se lancer sur les traces de l'auteur, dont la vie mystérieuse va exciter sa curiosité, mais aussi son imaginaire, puisqu'il semblerait que leurs deux vies se renvoient souvent la même image. Mais que de patience pour parvenir au bout de toutes les zones d'ombre du récit, démêler le vrai du faux, fouiller le passé et revenir au présent, jouer de rencontres fortuites ou malheureuses, alimenter son existence en drames et autres atermoiements sentimentaux... C'est un véritable labyrinthe ou un immense puzzle à reconstituer avec une extrême minutie. Le roman-fleuve par excellence ! Certes, c'est romanesque et énigmatique à souhait, mais un poil trop long. En dépit des efforts réunis pour enflammer l'intérêt du lecteur et rassasier un roman épique aux ambitions gargantuesques, on flanche et on s'ennuie à mi-parcours. Les personnages se révèlent aussi peu attachants. (Daniel, Julian ou Fumero... un trio grotesque et caricatural !) :/
Durée d'écoute du livre audio : 17 h 30 ! Une entreprise colossale, à se réserver le temps des vacances...  mais brillante interprétation de Frédéric Meaux.
Merci Bladelor pour le prêt. 

Audiolib, juillet 2012 ♦ texte intégral lu par Frédéric Meaux (durée d'écoute : 17h 30) ♦ traduit par François Maspero pour les éditions Grasset

“ Avez-vous une idée de la raison pour laquelle quelqu'un voulait brûler tous les livres de Julian Carax ?
- Pourquoi brûle-t-on les livres ? Par stupidité, par ignorance, par haine... allez savoir.
- Mais vous, que croyez-vous ?
- Julian vivait dans ses romans. Ce corps qui a fini à la morgue n'était qu'une partie de lui. Son âme est dans ses histoires. Une fois, je lui ai demandé de qui il s'inspirait pour créer ses personnages, et il m'a répondu : de personne. Tous ses personnages étaient lui.
- Donc, si quelqu'un voulait le détruire, il devait détruire ces histoires et ces personnages, c'est cela ?
- Vous me rappelez Julian. Avant qu'il ne perde la foi.
- La foi en quoi ?
- En tout. 

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16/07/14

Juste avant le bonheur, par Agnès Ledig

Juste avant le bonheur

Julie est une jeune maman, élevant seule son fils de trois ans, vivant dans un petit logement social, avec des fins de mois difficiles, sans famille pour donner un coup de pouce ou une grappe d'amis salutaires. Elle est caissière dans un supermarché, où son patron la met sous pression et exerce un harcèlement sexuel sous forme d'allusions. Bref, Julie est au bout du rouleau. Elle n'a pas le moral et est à deux doigts de craquer, lorsqu'elle fait la connaissance de Paul, récemment divorcé, une situation professionnelle confortable, un train de vie en conséquence, mais jamais écrasant de suffisance. Il est touché par la jeune femme et l'invite à passer ses vacances dans sa maison au bord de la mer. Direction la Bretagne, avec aussi Jérôme, son fils brisé par un drame personnel. La voiture croule sous un magma d'émotions multiples et bouillonnantes, Julie et Jérôme se regardent en chiens de faïence, Paul veut équilibrer la balance, mettre du baume au cœur, conjuguer les petits malheurs et rendre le sourire à ces âmes brisées, désabusées. Vu comme ça, on attend du roman de nous dorloter jusqu'à la dernière page, avec une intrigue doucereuse, sans surprise, nourrie des mêmes ingrédients que dans les livres d'Anna Gavalda. Bah non plus. On se goure complètement ! Il survient, en effet, un twist dans l'histoire qui nous décroche la mâchoire et nous renvoie à nos jugements. C'est un marasme émotionnel, imprévisible mais pénible dans son genre. Je n'aime pas du tout !! Et j'ai jeté l'éponge. Il m'avait déjà semblé que l'ensemble manquait de naturel, par la faute de dialogues artificiels absolument pas crédibles. Je n'ai pas du tout été embarquée, pas touchée par l'histoire. Bref ce rendez-vous a été pour moi une totale déconvenue.

Albin Michel, mai 2013 ♦ prochaine parution en format poche : octobre 2014

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15/07/14

Saint Michel, priez pour eux de Jean-Pierre Alaux

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Printemps 1978. Séraphin Cantarel, conservateur des monuments français, doit s'assurer que la baie du Mont Saint-Michel demeure pure et intacte pour son futur classement au patrimoine de l'Unesco (l'Amoco Cadiz vient de déverser son liquide noirâtre sur les côtes ouest de la France). Il doit aussi mettre au point la prochaine opération de restauration de la flèche du sanctuaire. Séraphin est ainsi malgré lui témoin d'une scène macabre - le corps d'un moine retrouvé mort sur la plage. 
Pourtant, à aucun moment, Séraphin ne s'improvise détective. Un inspecteur de police est déjà en place et ne noue aucune affinité avec notre homme. La lecture se veut donc placide et enlevée, puisqu'on suit les personnages (le conservateur, son épouse égyptologue et son jeune assistant Théo) au gré de leurs pérégrinations conviviales. 
C'est de bon goût. On apprécie le charme ambiant, c'est gourmand, gourmet, intellectuel et littéraire. Certes, on est loin du cadre policier avec ses modes et ses recettes, c'est plutôt une plongée pleine d'esprit et débordante de culture, plantée dans un décor - encore une fois - fabuleux et enchanteur ! Pas de lecture échevelée, mais un rendez-vous apaisant et agréable.

10/18 ♦ coll. Grands Détectives ♦ décembre 2013

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