Les mots sont, les mots font, les mots disent Les mots coulent, les mots roulent sur un fil

18/01/18

Tortues à l'infini, de John Green

G01531Aza Holmes, 16 ans, est une adolescente ordinaire, en apparence heureuse, si ce n'est qu'elle souffre de troubles obsessionnels compulsifs. En vrai, elle a des spirales de pensées obsédantes, une voix entêtante lui serine dans la tête, la rendant phobique des bactéries. Cette pathologie est épuisante et l'entraîne toujours plus loin dans ses névroses, créant aussi un profond mal-être.
Il n'est donc pas rare qu'elle se ferme comme une huître, en train de ressasser ses angoisses et invoquer des spectres de contamination et de mort imminente, tandis que sa Meilleure et Plus Intrépide Amie, Daisy Ramirez, babille joyeusement à ses côtés, évoquant sa passion pour Star Wars et ses fanfictions. Après tout, la maladie d'Aza est désormais une vieille ritournelle, envers laquelle son intérêt est devenu volage. 
Bref. Sans cesse à l'affût de projets farfelus, Daisy tombe sur la disparition d'un milliardaire du nom de Russell Picket et la promesse d'une récompense donnée à quiconque serait en mesure de fournir des renseignements. Or, le fils de celui-ci est aussi un ancien copain de colo de son amie. Davis Pickett. Daisy commande Aza de le recontacter, et pourquoi pas grappiller des indices pour retracer le fugitif. Les filles ont bien besoin d'argent pour se payer des études et enjoliver leur quotidien.
L'opération d'infiltration peut commencer. Et miraculeusement, tout se déroule comme dans un rêve, Davis se rappelle d'Aza, accepte de la revoir etc. Le petit groupe devient inséparable, mais voilà...
Aza et ses pensées infernales. Ses bouffées de stress. Ses idées folles et ses délires vertigineux.
Aza sombre de plus en plus dans l'excès et dans la psychose.
Et bim, la jeune fille perd les pédales.

Comme beaucoup d'autres lecteurs, j'étais curieuse de lire le nouveau roman de John Green, mais pas impatiente non plus. Je reconnais à l'auteur de grandes qualités, sans m'avouer une fan hystérique ou acharnée. C'est donc avec une certaine désinvolture que j'ai écouté ce roman pour, finalement, l'apprécier grandement. Oui, voilà un roman très touchant, très fort, sans réelle action mais tellement juste et attachant.
On y trouve encore et toujours des jeunes gens fragiles et délicats, des adolescents jouer les funambules sur une corde raide. On les sent fébriles et en détresse, parés du besoin de trouver leur place ou de comprendre le monde qui les entoure. Ce sont des mômes déstabilisants et qui se rappellent à nous. Des adolescents qui essayent d'être des amis à la hauteur, des enfants obéissants, des élèves studieux, des amoureux flamboyants. Dur, dur.
Ce regard que pose John Green sur la jeunesse est égal à lui-même - lucide, tendre et sans détour - même s'il y ajoute une pointe d'excentricité et de complaisance. Toutefois, c'est drôlement bon et franchement attendrissant. J'ai aimé vivre dans la tête d'Aza, comprendre ses raisonnements et toucher du doigt sa logique implacable. John Green a d'ailleurs avoué s'être inspiré de son propre vécu et son expérience de la maladie pour attribuer à l'histoire d'Aza une note authentique et poignante. C'est difficile à expliquer, mais j'ai été personnellement émue et concernée. Je me suis surprise à écouter d'une traite le roman, regrettant presque le point final. Gros big up à la complicité entre Daisy et sa fidèle “Holminette” - je me sentais bien en leur présence !

À découvrir seulement si vous vous moquez bien de la réputation de Nos étoiles contraires... 

Lu avec tendresse et sans fausse note par Élodie Huber.

Collection Écoutez lire, Gallimard (2018). Durée : env. 6h 30

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Catherine Gibert [Turtles All the Way Down]

Tortues à l'infini

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


17/01/18

Premier #ClubAudible !

RdV ce soir pour la 1ère session du Club Audible, à partir de 20h sur la page Facebook d’Audible !

À cette occasion, chaque membre partagera ses impressions autour du roman « Entre deux mondes » d’Olivier Norek.☺

audible_clubCouverture de Entre deux mondes

 

 

 

Posté par clarabel76 à 18:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

16/01/18

La boutique Vif-Argent : Une valise d'étoiles, de Pierdomenico Baccalario

La boutique Vif Argent Une valise étoilesREPRISE EN FOLIO JUNIOR D'UNE SÉRIE DÉBORDANTE DE CHARME, DE MAGIE ET DE MYSTÈRE !

Puni pour avoir fait l'école buissonnière et récolté des notes catastrophiques, Finley McPhee doit bosser tout l'été et remplacer le facteur dans sa tournée. Une aubaine pour notre garçon vif comme l'éclair et qui aime gambader dans la campagne avec son chien Chiffon. Mais au hasard de sa distribution, Finley découvre l'existence d'une maison rouge habitée par la famille Lily.
Témoin malgré lui d'étranges événements (des enveloppes écrites à l'encre d'or, un pantalon qui marche tout seul, une araignée mécanique etc.), le garçon a le sentiment d'être continuellement épié et veut percer le mystère derrière la vitrine de la Boutique Vif-Argent, quitte à se faufiler en pleine nuit dans le cimetière et trembler d'effroi devant ce qu'il l'attend !


Fidèle à sa réputation, Pierdomenico Baccalario, auteur des séries à succès comme Century & Ulysse Moore, a concocté un univers fabuleux, étrange et magique. On y adhère très vite et avec aisance, grâce au choix judicieux de l'assaisonnement : un rythme assez lent pour distiller le suspense, un jeune héros sympathique, une intrigue bien ficelée autour de vieilles légendes et des secrets enfouis...
La suite est inutile à raconter. Poussez la porte de la boutique Vif-Argent et plongez dans une aventure étourdissante ! Ce petit village d'Applecross, en Écosse, vous réserve encore de bien belles surprises !

Les illustrations élégantes de Iacopo Bruno viennent compléter le tableau et apporter une touche de raffinement à cette lecture agréable et distrayante. N'attendez plus d'y faire halte. ☺

Collection: Folio Junior - N°1806

Traduit (italien) par Diane Ménard

Parution : 2018 /  Dès 9-12 ans.

Le garçon qui nageait avec les piranhas, de David Almond

Le garçon qui nageait avec les piranhasPARUTION CHEZ FOLIO JUNIOR D'UN ROMAN FORMIDABLE !

C'est l'histoire d'un jeune garçon, Stanley Potts, qui vit heureux chez son oncle et sa tante. Suite à la fermeture du chantier naval, Oncle Ernie perd son boulot mais entreprend de transformer leur maison en une conserverie de sardines, maquereaux et pilchards. La manufacture prend toute la place, le travail est colossal, heureusement le succès est au rendez-vous.
Oncle Ernie est néanmoins obsédé par le rendement et en oublie de célébrer l'anniversaire de son neveu ! Pour se consoler, Stanley se rend à la fête foraine installée en ville et découvre le stand de la pêche miraculeuse avec ses misérables petits poissons rouges. Touché par leur détresse, le garçon négocie avec le forain pour lui acheter son stock, en échange il accepte quelques corvées pour payer la note.
Malheureusement, au cours de la nuit, Oncle Ernie est frappé d'un nouveau coup de folie. Le réveil est cauchemardesque pour Stanley, qui quitte aussitôt la maison pour rejoindre la caravane Dostoïevski et poursuivre la tournée en leur compagnie. 

S'ensuit le début d'une chouette aventure qui va entraîner notre jeune héros à la découverte du monde et de ses possibilités. Stanley Potts est un grand sensible, avec un cœur d'or, si bien qu'il attendrit quiconque le croise sur son chemin. Même Nitasha, la fille du forain, grincheuse et renfrognée depuis le départ de sa mère, va retrouver le sourire à son contact ! Appelé à accomplir de grands exploits, Stanley Potts va notamment rencontrer la légende vivante, Pancho Pirelli, l'homme qui nage avec les piranhas. Le destin de l'enfant va de nouveau être bouleversé, sous nos yeux ébahis et rêveurs.

J'ai tout bonnement adoré ce petit roman. Il est à la fois étonnant, gai, joyeux, fou et adorable. L'histoire aussi est lumineuse, drôle et attachante, surtout grâce à son personnage central, Stanley Potts, un garçon remarquable pour sa simplicité, sa générosité et son courage. La lecture peut sembler naïve mais elle est surtout éblouissante et nous émerveille de page en page en nous tirant des sourires ! À découvrir. ♥

Couverture illustrée par Oliver Jeffers, qui invite à elle seule de plonger dans un univers fabuleux et savourer une lecture hors du commun. Promesse tenue. 

Collection Folio Junior - N°1807
Traduit (anglais) par
 Diane Ménard
Parution 2018

 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

15/01/18

Calpurnia et Travis, de Jacqueline Kelly

Calpurnia et TravisTrois ans après une première rencontre enthousiasmante #1, nous retrouvons notre jeune naturaliste, Calpurnia Tate, dans sa petite ville de Fentress, en pleine campagne texane. Nous sommes en 1900, Calpurnia a bientôt treize ans et connaît déjà la frustration de grandir dans un monde où le masculin l'emporte hélas sur le féminin. Seule fille parmi six frères, Calpurnia est obligée à des leçons de piano, de tricot, de couture et à une bienséance exemplaire. Ses parents envisagent pour elle un beau mariage, alors que la jeune fille brûle d'envie de faire des études. Elle possède déjà une excellente disposition en biologie, grâce à son grand-père qui a toujours encouragé sa curiosité et son sens de l'observation. Depuis toujours, Calpurnia aime les sciences et la nature, explore le monde qui l'entoure, mène ses propres expériences et n'envisage pas l'avenir autrement. Elle s'entend beaucoup avec son jeune frère Travis, qui veut sauver toutes les créatures en détresse mais qu'il faut souvent héberger, nourrir ou soigner en cachette... défilent ainsi Armand le tatou, Bandit le raton-laveur et Scruffy le chien coyote. L'arrivée en ville d'un vétérinaire va être pour eux une formidable aubaine. En effet, suite au terrible ouragan qui a balayé Galveston, leur cousine Aggie est hébergée chez les Tate et a fait tout le voyage avec sa grosse valise et sa précieuse Underwood, dans un silence mutique, assise à côté du Docteur Pritzker. Sans le savoir, le quotidien de Calpurnia va être chamboulé par ces rencontres et par des découvertes et des révélations proches du “choc émotionnel”, comme elle dit.

Déjà trois ans que j'avais lu le roman de Jacqueline Kelly et éprouvé une vraie fascination pour son héroïne, d'où ma joie de la retrouver avec la sensation de l'avoir quittée la veille ! J'ai franchement adoré partager 360 nouvelles pages de la vie de Calpurnia ! C'est divin. La demoiselle nous raconte son monde, avec ses anecdotes bucoliques et son analyse empirique, aussi bien concernant sa famille, son éducation et ses espoirs. Tout est frais, charmant et suranné. L'approche historique est pertinente. Le XXe siècle vient de s'ouvrir, les premiers gisements de pétrole sont annoncés, la révolution industrielle est en route. Le monde de Calpurnia pourrait ainsi grandement changer, car pour l'heure on soulève encore le poids de l'injustice liée à son sexe (pour preuve, la pièce d'or reçue à son anniversaire). On vit et on ressent pleinement les joies et les peines de notre héroïne aux désirs tristement bafoués et à l'insatisfaction grossissante. Heureusement, la demoiselle a l'esprit vif et facétieux, elle ne se laisse pas abattre facilement. La lecture de cette chronique familiale est donc tout à fait exquise - j'ignore encore si l'auteur va poursuivre sa série, ce que je souhaite grandement, car je me demande jusqu'où Calpurnia sera en mesure de suivre son ambition - faire des études, placer son épargne, enrichir ses collections et bouquiner tous les ouvrages possibles. À très vite, j'espère ! ☺

Traduit de l'anglais (USA) par Dominique Kugler.
Illustration de couverture de Beth White

L'école des loisirs, 2017

Existe aussi une série pour les plus jeunes : Calpurnia, apprentie vétérinaire. Une lecture agréable, mais nettement moins riche que les deux romans.

 

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


Witch Hunter #2 : L'Assassin du roi, de Virginia Boecker

WITCH HUNTER L’ASSASSIN DU ROIFaisant suite aux événements de Witch Hunter, l'histoire revient sur le sort d'Elizabeth, qui attend son procès en tant qu'ancienne chasseuse de sorciers. La confusion est totale, aussi la jeune fille propose de sceller son destin en acceptant d'éliminer elle-même le grand inquisiteur, Blackwell. Ses amis protestent et trouvent la condamnation arbitraire, mais décident de l'accompagner jusqu'au bout. Le temps va hélas jouer contre eux, puisque l'ennemi devient plus pressant et les attaques sauvages se multiplient. Elizabeth, John, Fifer et Schuyler prennent les devants et font halte à Rochester Hall, la demeure du père de Chime, la belle et douce ensorceleuse, quand la tension au sein du groupe devient insoutenable. John n'est plus lui-même et sous l'emprise du stigmate récupéré inopportunément. Elizabeth se sent coupable, sauf que ses tentatives pour le raisonner tombent à plat. Leur relation à peine éclose est déjà en train de s'éteindre.

J'ai lu avec autant de passion et d'engouement ce deuxième tome qui clôt admirablement la série Witch Hunter. Oui, c'était génial ! J'ai adoré les personnages, l'action, les émotions et le monde incarné. L'intensité dramatique est très présente, même poignante. On sent que le climat est moins à la rigolade, chacun adopte une posture plus solennelle, et certains rôles sont même inversés. Elizabeth, d'habitude si forte et décidée, s'efface derrière un John métamorphosé. Si, si... Notre charmant guérisseur se la joue volontiers arrogant et hargneux. Absolument méconnaissable. Et pourtant, ça le fait. Les brèves incartades romantiques sont ainsi plus pimentées, sans toutefois négliger l'objectif final. L'action va crescendo et ne nous met pas à l'abri des rebondissements et des surprises. J'ai été plus d'une fois stupéfaite, imaginant que l'auteur braverait davantage d'interdits et s'aventurerait éventuellement plus loin... Là j'abuse, ou la fantasy YA aurait franchi une limite inespérée. En bref, la série se dévore. C'est très bon, du début à la fin. Aucun temps mort et des émotions à foison. Je dis bingo ! ☺

PKJ, 2017 - Traduit par Sidonie Mézaize

Titre VO : The King Slayer

 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Grisha, de Leigh Bardugo

GrishaMaudit depuis des millénaires, le royaume de Ravka est plongé dans les ténèbres et encerclé par une épaisse nappe de brume maléfique. L'élite magique des Grishas est dépassée par la situation, jusqu'au jour où le régiment d'Alina Starkov, une jeune cartographe, subit une violente attaque des volcras, ces créatures qui hantent le Shadow Fold. Voyant son ami Malyen Oretsev en mauvaise posture, la jeune fille sent une force invisible se libérer de son corps. Démasquée comme étant une invocatrice de lumière, un cas unique, Alina est expédiée aussitôt dans les beaux palais d'Os Alta pour suivre une formation et devenir le bien le plus précieux du Darkling, le conseiller du roi. Encore sous le choc, Alina est également étourdie par la précipitation des événements. Elle, l'orpheline rejetée et miséreuse, est propulsée sur le devant de la scène, choyée, courtisée et convoitée. Ses premiers pas sont vacillants, son apprentissage est difficile et douloureux, Alina doute et n'est pas convaincue d'avoir sa place chez les Grishas. Seul le Darkling lui voue une confiance aveugle et lui consacre une attention exclusive... qui n'est pas sans faire tourner la tête de la jeune fille.

Et j'avoue que c'est hyper prenant ! On se glisse avec une facilité déconcertante dans la peau d'Alina Starkov, ce qui permet de s'acclimater à l'ambiance, au décor, aux personnages, aux enjeux avec la même incrédulité, la même innocence et la même fascination. Ma progression de lecture a été remarquable - j'avais envie de tout dévorer et également de prendre du temps. Je me sentais bien, transportée dans un monde imaginaire fait de magie, de séduction et de duplicité. Sans trop vouloir en dévoiler, j'ai nourri pratiquement les mêmes sentiments que l'héroïne dans son appréhension et son besoin d'appartenance. C'est finement joué, et on gobe tout sans sourciller. Pourtant, les indices sont glissés subrepticement pour tenir la garde en éveil... mais la tentation est trop belle. Ceci étant dit, l'aventure peut continuer - courant mai 2018, les éditions Milan reprennent la série que Castlemore avait lâchement abandonné en 2013 - et nous pousse à explorer plus loin, en lisant SIX OF CROWS par exemple. ☺

Une excellente entrée en matière. Une formidable fantasy épique, riche en entraînante. Je recommande.

Milan, 2017. Traduction de Nenad Savic.

 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11/01/18

Passenger, d'Alexandra Bracken

PassengerC'est le grand soir pour Etta Spencer qui s'apprête à jouer du violon sur la scène du Metropolitan Museum, mais son heure de gloire va tourner court alors que la jeune fille assiste à une scène de chaos - bousculades en coulisse, coups de feu, son amie Alice qui s'effondre, une inconnue qui l'entraîne vers un bruit assourdissant, plongée dans les ténèbres... Etta se réveille alors au beau milieu de l'Atlantique, à bord d'un navire corsaire, en 1776. Face à elle, Nicholas Carter a été mandaté pour la conduire à New York afin d'y rencontrer Cyrus Boisdefer. Le Grand Maître des voyageurs dans le temps. C'est donc dans le feu de l'action que Etta apprend le poids de son héritage, le secret des passages, la mission qui l'incombe - mettre la main sur l'astrolabe, que sa mère aurait dérobé dans le passé. Elle a moins de dix jours pour tout gober et foncer à l'aveuglette vers son nouveau destin. Sur ce, on applaudit des deux mains la formidable capacité de notre héroïne à rebondir tout de go et l'énergie déployée à sillonner les époques sans tourner de l'œil au moindre contretemps. Pourtant, l'aventure ne manque pas de danger ni d'obstacles. Pour sauver sa mère, Etta doit en effet digérer les non-dits de son enfance, revoir toute son éducation et décrypter les indices glissés subrepticement. En dépit des apparences, Rose n'a rien laissé au hasard dans la préparation de sa fille... si ce n'est la présence de Nicholas, petit-fils illégitime de Boisdefer, dont le rôle consiste à coller aux basques de miss Spencer pour lui chiper l'astrolabe sous son nez.

Entre jeux de dupe et de séduction, cette intrigue réserve un éventail d'émotions fortes et délicieuses. J'avoue que cela m'a bien plu ! Si tout n'est pas parfait, à première vue, l'essentiel sauve la mise et nous embarque pour 480 pages de pimpante distraction. Forcément, j'ai beaucoup aimé les voyages dans le temps, l'Amérique du 18e siècle, Londres sous le Blitz, la jungle cambodgienne ou le jardin du Luxembourg sous la troisième république... C'est à chaque fois une promesse d'évasion et la découverte d'un univers riche et excitant. On met ensuite le cap vers une chasse au trésor complexe, avec des familles ou des clans qui s'entredéchirent et se trahissent pour gagner du terrain et décrocher le gros lot. Au milieu, le couple ne manque pas d'attrait, Etta est charmante, Nicholas attendrissant. On babille de joie à suivre leur idylle naissante. En somme, c'est parfois décousu et bancal, mais j'ai tout de même bien accroché et suis très heureuse de n'avoir pas à patienter de longs mois pour lire la suite (prochaine parution début février 2018). Non seulement tout est frais dans ma mémoire, et je n'ai aucune frustration à attendre. Cette lecture a été, pour moi, une agréable surprise que j'ai dévorée avec enthousiasme et ravissement.

Milan, 2017 - Trad. Leslie Damant-Jeandel

 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Les orages de l'été, de Tamara McKinley

Les orages de l'étéPeu après le décès de sa mère, Olivia débarque en Australie et se rend dans le Queensland pour y retrouver sa sœur Irène. Mais les années et l'éloignement n'ont pas adouci leur relation conflictuelle, pourtant Olivia n'est pas prête à repartir en Angleterre, voulant solder les comptes du passé, puisqu'elle a en sa possession des documents attestant un secret trop longtemps gardé. Auprès de Gilles, son ami d'enfance, Olivia se livre avec pudeur et lui confie son histoire familiale jonchée de drames et de non-dits. Sur place, les deux amis font connaissance avec Maggie, la gérante d'un hôtel dont Sam est le propriétaire. Cette rencontre n'est pas anodine et donnera en son temps du grain à moudre dans la trame romanesque.

En attendant, on plonge les deux mains liées dans cette grande fresque sentimentale et on avale de son plein gré une grande quantité de banalités comme on est en droit d'attendre. Donc, la famille déchirée et les révélations fracassantes sont du nombre. Les amours contrariées, les mensonges et autres trahisons, aussi. C'est cousu de fil blanc et néanmoins inspirant. En vrai, j'ai beaucoup aimé une bonne partie de ma lecture - évasion garantie, promesse d'exotisme, des paysages arides et un climat capricieux... L'Australie en 1947 se dévoile à nos yeux ébahis et ravis. C'est superbe. Et tout simplement distrayant. Par contre les personnages sont fades et ne renvoient aucune passion. Ils sont tristement convenus et répondent au cahier des charges. Il y a l'amoureux éconduit, la jeune femme rejetée depuis l'enfance, la sœur revêche et ambitieuse, la mère cachottière... Les histoires d'amour se dessinent sans surprise. Les aveux ne soulèvent aucun étonnement. On retombe vite dans les clichés, et le final s'éternise.

En gros, je n'éprouve aucune déception et ai assouvi au mieux ma curiosité sur Tamara McKinley (La dernière valse de Mathilda). J'ai également apprécié ma lecture faite par Ludmila Ruoso - l'écoute est plaisante, faite en toute modestie, même si parfois les voix frôlent la caricature selon les rôles attribués. Ceci dit, ma prochaine lecture portera sur la trilogie de Sarah Lark dans un registre qui me semble approchant. À voir ! ... ☺

> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement. Version intégrale d'une durée de 13h env.

©2016 L'Archipel. Traduction : Danièle Momont. (P)2017 Audible Studios FR 

Les yeux de Sophie, de Jojo Moyes

Les_Yeux_de_Sophie audible

À Saint-Péronne, petit village du nord de la France, les troupes allemandes ont établi leur campement et terrorisent la population locale. Nous sommes en 1916. Sophie et Hélène, deux sœurs, se donnent beaucoup de peine pour l'auberge familiale, en attendant le retour de leurs hommes. Mais l'arrivée d'un nouvel officier va perturber leur quotidien, car celui-ci prend désormais tous ses repas au Coq Rouge et se montre étonnamment galant avec Sophie. En fait, cet homme a révélé sa vraie nature face au tableau peint par Edouard Lefèvre, l'époux de la jeune femme, lequel la représente lascive et mystérieuse. Depuis, l'allemand semble obséder par les yeux de Sophie. Cette dernière y est également sensible, mais pense tirer avantage de cet ascendant pour sauver son mari prisonnier de guerre.

Voilà toute la première partie du roman, intense et passionnante ! Car l'histoire bascule ensuite un siècle plus tard, à Londres. Liv Halston est veuve, solitaire et paumée. Elle tombe amoureuse d'un ancien flic, Paul McCafferty, reconverti détective pour une agence chargée de retracer les biens volés par les allemands durant l'occupation pour ensuite les rendre à leurs propriétaires et héritiers. Bref. Le tableau des yeux de Sophie fait sa réapparition, par hasard, ce qui conduit le couple dans la tourmente. En fait, j'ai d'abord eu un peu de mal à m'embarquer dans leur histoire, car j'étais nostalgique du passé et trouvais les chagrins de Liv creux et insignifiants. Heureusement, l'évocation de la peinture a colmaté les brèches. La lecture a alors repris du poil de la bête, par contre attendez-vous à un roman cousu de fil blanc, avec des coïncidences miraculeuses et improbables en plein ! ☺

Au final, j'ai trouvé ça plutôt agréable et pas déplaisant. Cela se lit tout seul, le ton est romanesque et historique. Jojo Moyes confirme son talent de conteuse et réussit à nous embarquer dans son récit avec ses grandes envolées sentimentales et poignantes. J'ai été happée par le destin de Sophie et ressenti beaucoup de compassion à l'écoute du roman. La voix d'Émilie Ramet est douce et attachante pour convenir à la nature romantique du texte. C'est d'ailleurs la même comédienne qui interprète tous les livres de Jojo Moyes pour Hardigan et j'approuve grandement ce choix !

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est disponible en téléchargement.

©2017 Milady. Traduit de l'anglais par Odile Carton. Titre VO : The Girl You Left Behind. (P)2017 e-Dantès. Lu par Émilie Ramet. Durée : env. 15 heures.
 
Couverture de Les Yeux de Sophie

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,