Les mots sont, les mots font, les mots disent Les mots coulent, les mots roulent sur un fil

Broadway Limited T1 : Un dîner avec Cary Grant, de Malika Ferdjoukh

Broadway Limited Un dîner avec Cary GrantUn dîner avec Cary Grant que vous ne transportez aucune asperge fraîche, là-dedans ? C'est cette petite phrase sibylline qui scelle le destin de Jocelyn Brouillard. Fraîchement débarqué à New York, le jeune français se présente à la pension Giboulée avant de réaliser son erreur : l'adresse accueille exclusivement un public féminin. (Nous sommes en 1948.) Mais les demoiselles Merle font une entorse à leur règlement en débauchant cet étudiant de Penhaligon contre quelques séances de piano et de poker. Jo est aux anges, installé au sous-sol, il est aux premières loges pour assister à la vie trépidante de ses colocataires, toutes plus charmantes les unes que les autres, même si c'est sa voisine qui a toute sa préférence. Dido est vive, intrépide, pourfendeuse des causes désespérées et agitateuse de banderoles. Elle porte des socquettes et un sourire éblouissant, l'apostrophe de sa fenêtre pour lui réclamer une louche et vit seule avec son père. Jo a le cœur percé d'une flèche, mais chut.
La vie au 78e Rue Ouest est riche en courants d'air et pleine de turbulences. On y trouve des abeilles bourdonnantes et butineuses, des chats volages et des domestiques adorables. Présentons, ainsi, Manhattan qui se fait embaucher dans un théâtre pour approcher la star Uli Styner depuis qu'elle a percé sa réelle identité. Chic qui court les castings insolites, avale des soupes à la tomate, tente le shampooing aux œufs roses, rencontre un aspirant comique et une âme chevaleresque, traîne dans des cafés polonais où l'on danse la polka jusqu'au bout de la nuit. Page, la sauterelle aux tresses blondes, qui file en pyjama et qui a l'estomac noué en croisant son critique du Broadway Spot en galante compagnie. Ou Hadley qui a dansé avec Fred Astaire et qui doit aujourd'hui vendre des doughnuts pour subvenir aux besoins de son neveu de trois ans.
En somme, tout n'est pas rose mais tout n'est pas dit non plus. Car il y a des amours cachées et des histoires secrètes, des amants perdus et des amis retrouvés, des étoiles dans les yeux et des têtes en l'air, des chasses aux sorcières et des vaches maigres, du ragtime et du champagne, des carnets de bal et du blizzard à Noël. Tout est magique, féerique. Ça swingue, ça glousse, ça cabriole à la pension Giboulée ! C'est notre refuge, on s'y sent merveilleusement bien, dans la confidence des intrigues qui se dévoilent au fil des pages. Il y a certes beaucoup de monde et on s'y perd un peu... mais l'immersion est progressive. L'ambiance, les décors, les personnages nous chouchoutent si bien qu'on se croirait dans nos pantoufles.
Cela faisait trois longues années que j'attendais une suite à cette série. Enfin ! elle arrive le 7 novembre prochain pour un shim-sham avec Fred Astaire. Ça promet ! Et d'autres surprises sont à prévoir... Restez à l'écoute. :)
 

  • L'École des Loisirs : Paru la première fois en 2015. Puis dans la collection Médium + Poche en Avril 2018 avec une nouvelle couverture illustrée par Kim Roselier

 

Broadway Limited 2018  Image associée

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18/10/18

Je sais pas, de Barbara Abel

je sais pasCamille et Patrick forment un couple heureux, avec leur petite Emma, cinq ans. Tout semble leur sourire... et pourtant, Camille a un amant, Étienne, qu'elle voit en cachette depuis quelques semaines. Un soir, Emma surprend sa mère en train d'embrasser cet homme et ne réagit pas. Le lendemain, elle part en sortie scolaire dans la forêt mais se tient à l'écart du groupe. Mylène, sa maîtresse, lui remonte les bretelles et ne prête pas attention à ses caprices. La journée s'écoule, dans l'insouciance générale. Quand vient l'heure de rassembler les troupes, les enseignants constatent avec affolement que l'enfant a disparu. Mylène décide de fouiller les alentours et s'enfonce dans les bois, pendant ce temps-là ses collègues alertent la gendarmerie. Finalement, Emma va resurgir mais raconter qu'elle “sait pas” d'où elle vient. Mensonge. On le sait, on a tout vu, tout entendu, tout lu. Et ça fait froid dans le dos ! Ce petit ange est un vrai démon, et ce n'est pas tout. La suite de l'histoire est plus complexe qu'en apparence et totalement flippante. Du coup, là où on s'attendait à une lecture banale, un peu poussive à démarrer, on se retrouve avec un incroyable numéro de tromperie sur toute la ligne. Moi, bonne poire, j'ai mordu à l'hameçon et suivi les pistes tracées par l'auteur, sans moufter. Par contre, les personnages m'ont tous fait bondir, le scénario est tiré par les cheveux, même si c'est diablement efficace, on se dit parfois meuh non, et puis la fin... trop, trop plate (il faut croire que l'auteur n'aime ni les entrées ni les desserts). Je ne suis pas déçue non plus car on a une lecture en majorité surprenante et haletante.

©2016 Belfond (P)2017 Audible Studios

La version audio est lue par Véronique Groux de Mieri (qu'on connaissait grâce aux éditions VDB) et qui accentue l'illusion d'une intrigue mielleuse avant de basculer dans la folie. C'est très bon : efficace et redoutable. J'aime ça.

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16/10/18

La disparue de la cabine N°10, de Ruth Ware

La disparue de la cabine No 10

Laura Blacklock doit remplacer au pied levé sa rédactrice en chef et participer à la croisière organisée pour la presse qui encadre le lancement du nouveau paquebot pour la Norvège. Or, la journaliste n'est pas au mieux de sa forme. Récemment victime d'une agression à son domicile, elle souffre d'un choc post-traumatique et prend des cachets en avalant de grandes rasades d'alcool pour calmer ses angoisses. Un cocktail explosif, on s'en doute. Son esprit vaseux serait-il donc en cause quand, en pleine nuit, elle surprend un bruit étrange (un corps jeté par-dessus bord) et comprend que sa voisine de cabine a disparu. Elle alerte la sécurité, fait le tour de l'équipage, se confie auprès de ses collègues mais peine à les convaincre. En fait, c'est sa crédibilité qui est remise en cause, car Laura est jugée trop fragile, peu digne de confiance.

Ce schéma narratif étant devenu de plus en plus à la mode depuis les succès de Paula Hawkins (La fille du train), SJ Watson (Avant d'aller dormir) ou Gillian Flynn (Les apparences), on trouve désormais une pléthore de romans avec des narratrices marchant sur la corde raide et aux confessions prêtant à confusion. Cet engouement n'est pas pour me déplaire. Il faut juste se farcir une palanquée de spécimens agaçants, comme Lau Blacklock, qui sème le trouble d'entrée de jeu. La journaliste est à côté de la plaque, hystérique, lente et sans jugeote. Elle a beau s'échiner à raconter son histoire, on peine à cerner le vrai du faux. Effets secondaires ou pas, ses propos sonnent confus et douteux, même s'ils incitent à en découdre. Résultat, on plonge aussi sec dans son récit. C'est décousu et fébrile, en mode huis clos, psychotique et claustrophobe, pas très rassurant. Est-ce surprenant ? Non, mais pas inintéressant non plus. Seule la fin m'a paru longue et un peu abusée... 

©2018, Fleuve Éditions. Traduction de Héloïse Esquié. (P)2018 Lizzie

Très bonne lecture faite par Alice Taurand, qui distille un suspense efficace en incarnant une héroïne aux nerfs fragiles et aux pensées brouillonnes. On la suit tant bien que mal, dans ce parcours confus et erratique, par contre on ne lâche pas l'affaire jusqu'au dénouement.

 

12/10/18

Sang famille, de Michel Bussi

sang familleColin Rémy est de retour sur l'île de son enfance, à Mornesey, qu'il a quittée suite à la tragédie familiale survenue dix ans plus tôt. Le garçon souhaite aujourd'hui percer le secret de ses racines. Son oncle et sa tante ayant fait planer le doute quant à la vraie disparition de son père, Colin est persuadé qu'il est toujours en vie, planqué quelque part sur l'île.
Il s'inscrit donc à un camp de vacances, peu avant son seizième anniversaire, et se lie d'amitié avec Armand et Madi, qu'il met rapidement dans la confidence. Ils ne le savent pas encore, mais Simon Casanova, un étudiant en emploi saisonnier à Mornesey, vient aussi de se plonger dans l'histoire de la famille Rémy, en fouillant dans les archives des ruines des Sanguinaires et de la folie Mazarin, en même temps que deux détenus en cavale.
Ce roman a finalement le goût d'un fruit à peine mûr, mais qu'on goûte sans déplaisir, car ça a la forme et la saveur de ce qu'on connaît chez Michel Bussi. Préalablement publié en 2009, Sang famille surprend le lecteur d'aujourd'hui parce qu'il rassemble déjà toutes les obsessions de l'auteur (secrets de famille et quête d'identité, mensonges et faux-semblants). Après tout, c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure confiture.
Honnêtement, cela ne m'a pas déplu : ça se lit vite et bien, c'est classique et efficace. Il y a du suspense, sans frémir, un souffle d'aventures, une chasse au trésor épique, des personnages simplets et un peu de légèreté. Le bon point revient surtout à l'île (fictive) de Mornesey qu'on croirait réelle tant elle est décrite avec exactitude. Qui n'a pas vérifié sur Google Earth ? Levez le doigt. On se laisse donc prendre au jeu. L'action est présente, l'intrigue fignolée à la truelle, mais ça passe.

©2018 Presses de la Cité (P)2018 Lizzie


Ce roman à l'ambiance vaporeuse et distrayante a été lu par Adrien Larmande, également avec beaucoup d'éloquence. On passe un bon moment à l'écouter : agréable, entraînant. Tout simplement.

 

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11/10/18

Le journal de Chloe Snow, 2 : Confessions toujours plus catastrophiques, d'Emma Chastain

Confessions toujours plus catastrophiquesAprès une première année catastrophique, cf les confessions de Chloe Snow, au moment d'entrer au lycée, notre demoiselle avait dans l'optique de trouver un amoureux et d'échanger son premier baiser. Mais son plan était parti en cacahuète, avec une solide réputation à la clef. Cette fois, Chloe a de l'expérience et de la sagesse à revendre. Et se dit que son année ne peut pas être pire.
N'est-ce pas ?
Ses parents entament une procédure de divorce. Sa mère vit au Mexique. Son amie Hannah est tombée sous le charme de Reese, alias Kaa le serpent. Son pote Tris a le cœur en miettes. Son ancien béguin souffle le chaud et le froid. Son père sort avec sa prof d'anglais. Et les auditions pour la comédie musicale tournent au vinaigre. On rappelle aussi que son journal s'ouvre sur cette phrase prophétique, ou pas : Au secours. Je crois que Mike est amoureux de moi.
Voilà, voilà. On rembobine tout ça en accéléré, on inspire un bon coup et on plonge tout de go dans cette lecture... rafraîchissante et hyper drôle ! Car oui, c'est totalement déculpabilisant à lire : on adore le ton mordant de Chloe, ses confessions sans filtre et ses questions qui se bousculent dans sa tête. À quinze ans, on confond l'amitié et l'amour, on a besoin de réconfort, on se gave d'illusions et on oublie l'essentiel, là, sous notre nez.
La nouvelle version de Chloe Snow est aussi beaucoup plus douce et attachante. L'adolescente est certes paumée et se sent délaissée, car elle a perdu de nombreux repères dans son entourage (amitié, famille, amour) mais elle dégage toujours autant d'audace et de causticité. Ses confessions sont donc rapportées en toute liberté et sans complexe. C'est extrêmement plaisant à lire, même si ça peut parfois surprendre et choquer. No harm done.
Je trouve que ça fait du bien dans le paysage actuel, et pour les nostalgiques de Georgia Nicolson, et autres séries du même acabit, ça comble un manque. Chloe Snow est une adolescente bien d'aujourd'hui, bourrée de charmants défauts, qui clame haut et fort ce que pensent toutes ses comparses. Emballez, c'est pesé ! Totalement impudique et culotté. On adore.

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Faustina Fiore

 

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Billy Blaireau, Tome 2 : Son plan hurluberlu-farfelu pour sauver oncle Shawn (qui n'en a pas besoin) de A. L. Kennedy

Billy Blaireau Son plan hurluberlu pour sauver oncle shawn

On pensait notre ami Billy Blaireau et sa bande de lamas en sécurité chez l'oncle Shawn, surtout après avoir frôlé la mort dans l'épisode précédent, cf. Son enlèvement (presque) réussi mais finalement raté.
On les imaginait donc si heureux qu'ils en avaient des chatouillis dans les orteils, en train de savourer de la limonade et des crêpes.
Eh bien, non. Un terrible danger va de nouveau s'abattre sur ce paradis terrestre. Un sinistre individu aux cheveux luisants rôde non loin. Planqué dans des buissons, il prend des notes sur tout ce qu'il observe en douce. Et il est profondément agacé.
Celui-ci se présente en tant que Dr. G'Nakr, spécialiste mondial de la loufoquerie. Il parcourt toute la lande écossaisse au volant de son fourgon grisâtre pour prendre en charge les cas les plus graves. Agir vite et bien, voilà son credo. Selon lui, la loufoquerie est une maladie contagieuse et très dangereuse.
Au cours de son périple, le Dr. G'nakr comprend qu'il aura fort à faire avec le dénommé oncle Shawn, que tous décrivent comme le type le plus incroyable et farfelu de la contrée. Et comme le véritable dessein de notre pseudo spécialiste c'est éliminer toute trace de bonheur en écrabouillant la loufoquerie, il doit faire disparaître cet oncle Shawn.
Caramba ! Ce dernier n'est pas dupe et échafaude un plan... sans prévenir ses compères à la ferme. Résultat, Billy Blaireau et les lamas sont chamboulés par les paroles mielleuses et hypnotisantes du docteur G'nakr. Bim... le piège est tendu, tordu. Nos amis mordent à l'hameçon.
Et quel micmac ! Par contre, ça vous tricote une petite intrigue rigolote avec des rebondissements insensés et pas mal de détails saugrenus. Les plus jeunes, dès 8-9 ans, apprécieront l'audace et la farce ! Ce qui m'a plu, en particulier, ce sont les illustrations et les commentaires après chaque ouverture de chapitres (Où il y a une pause déjeuner sans déjeuner, ce qui est toujours très triste. Et des yeux écarquillés et des propos un peu malpolis. Et aussi de la Loufoquerie !). Voilà, voilà.
La série est sympa, surtout si on aime les héros hurluberlus et les lamas un peu dingues.

Casterman (2018) - traduit par Valérie Le Plouhinec

illustrations de Gemma Correll

 

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Lili Goth : La symphonie sinistre, de Chris Riddell

Lili Goth La symphonie sinistreDans cette nouvelle aventure, la jeune Lili trouve un faune endormi dans son placard et apprend qu'un festival de musique se tiendra prochainement au manoir des frissons frissonnants.
L'effervescence gagne rapidement la maison et ses occupants. Et déjà les artistes font leur entrée, tous plus extravagants les uns que les autres. Les invitations sont envoyées en masse. Et la grand-mère de Lili débarque en compagnie de trois demoiselles à la mode, toutes trois prétendant au titre de nouvelle lady Goth !
Lili et ses amis du club du grenier vont naturellement mettre leur grain de sel. Et garder un œil sur le garde-chasse d'intérieur, l'épouvantable Maltravers, jamais avare de combines douteuses.
En bref, la lecture est sans surprise mais naturellement facétieuse, avec sa galerie de personnages fantasques, ses illustrations adorables et ses clins d'œil cocasses. L'univers de Chris Riddell impose son style exubérant et nous fait parfois oublier qu'il y a aussi une histoire derrière tout ça ! 
De toute façon, la série est pleine de charme et propose une ravissante excursion à travers cet esthétisme soigné (couverture cartonnée, vert métallique ornant les pages). Tout est léché, peaufiné, chouchouté. C'est absolument délicieux, même si je garde une petite préférence pour Apolline et M. Munroe.

Milan (2018) - traduit par Amélie Sarn


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09/10/18

Rien ne va plus sous les étoiles, de Jenny McLachlan

Rien ne va plus sous les étoilesMeg a quinze ans et une réelle passion pour les étoiles. Depuis toujours, elle rêve de devenir astronaute. Sélectionnée pour participer à un concours organisé par la NASA, l'adolescente doit néanmoins surpasser sa trouille et prononcer un discours devant ses camarades. Meg sait qu'on la traite de geek ou qu'on se moque d'elle derrière son dos. Autant renoncer d'office à la compétition. En plus, son principal rival n'est autre que son partenaire de sciences, Ed King, un garçon branché et populaire. Pour ne rien arranger, sa mère a mis les voiles pour une mission humanitaire à l'autre bout de la planète, livrant ses filles, Meg et Elsa, un bout de chou de 18 mois, à la garde du grand-père un peu trop fantasque. Débordée par ses nouvelles responsabilités (crèche, couches, repas, dodo) et veillant à ne rien dire à personne, l'adolescente n'est plus aussi appliquée et rigoureuse en classe. Elle est d'ailleurs convoquée pour rejoindre un atelier réservé à de très bons élèves, comme elle, qui rencontrent des difficultés pour se sociabiliser. Contre toute attente, un petit groupe se forme, entre Meg, Annie, Rose et Jackson. Ils se savent les dindons d'une farce, rouspètent et réclament des biscuits, puis peu à peu tombent le masque et vont se serrer les coudes pour porter leur capitaine Clark jusqu'aux étoiles. En réalité, cette lecture est franchement adorable ! C'est un roman doudou qui s'ignore et qu'on picore avec ce sentiment d'avoir dégoté un beignet au miel tant c'est savoureux. On a une héroïne forte et intelligente, qui adore les sciences et l'astronomie, mais qui préfère s'enfermer dans sa bulle pour se protéger. Il était temps qu'un big bang bouscule son existence bien rangée ! Finalement, l'histoire va privilégier les situations tendres et cocasses pour chasser les incohérences, les griefs, les exagérations (pourquoi sa mère se montre aussi irresponsable et égoïste ? pourquoi son grand-père s'envole sur son vélo ? pourquoi des poules, pourquoi un Jacuzzi, pourquoi la tectonique des plaques ?). On oublie tout et on passe un moment formidable avec Megara Clark : cette jeune fille est un vrai modèle qui pourrait inspirer bien des lecteurs ! On admire et on aime sa fougue, sa sensibilité, son obsession, sa spontanéité... Cela rend son évolution encore plus fabuleuse, le roman en devient terriblement attachant. Et la couverture est magnifique.

La Martinière J. (2018) - traduit par Camille Bocquillon

 

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08/10/18

Les Dix vœux d'Alfréd, de Maude Mihami

les dix voeux d'alfredAh, quel bonheur à lire et à écouter ! L'histoire est simple mais adorable. Elle est pleine de tendresse et de bienveillance, avec des personnages croquignolets et des aventures truculentes, tout ça dans une ambiance bon enfant, franchement on se régale !
Direction un petit village breton, Le Camboudin, Alfréd (avec un accent) dresse une liste de vœux pour ses dix ans (rencontrer un vrai cowboy, conduire un tracteur, voir la mer et goûter la mythique trouspignôle). Rien n'est impossible pour un môme qui n'a que des petits vieux comme copains ! Son grand-père, Alfred (sans accent), est son principal partenaire dans le crime. Et il faut avouer que ces deux-là vont nous réserver de bonnes parties de fous rires. C'est raconté sans lourdeur, on sent la bonne humeur derrière chaque mot, on se berce de nostalgie et de douceur. C'est formidable. Certes, parfois la vie est rude pour notre jeune héros : sa mère boit beaucoup trop et a un caractère de cochon. Lui, Alfréd, rêverait d'un foyer ordinaire, de vacances à la mer, de journées spéciales rien qu'à deux... Au lieu de ça, il découvre que les adultes sont des menteurs, qu'ils ne sont pas dignes de confiance et qu'ils ne comprennent rien aux surprises. Enfin bon, c'est une belle aventure à lire et relire. J'ai adoré son énergie et son humour pétillant : je n'avais pas envie d'être à la fin, trop tôt, trop court, j'en voulais encore ! C'est bon comme tout. 

©2018 Nil Éditions (P)2018 Lizzie, un département d'Univers Poche

La voix d'Alexandre Nguyen vous semblera familière car le comédien est très productif dans le doublage (séries ou films). Par contre, j'ai opté pour la vitesse 1.25 afin de donner une cadence plus entraînante au récit, et ainsi coller au vent de folie qui souffle sur toute la lecture. C'était extra !

 

 

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L'île des absents, de Caroline Eriksson

L'île des absentsUn couple et leur fille, en vacances au bord d'un lac, partent explorer l'île voisine, réputée maudite, du Cauchemar. Prétextant un petit coup de mou, Greta choisit d'attendre leur retour et s'assoupit dans la barque. Quelques heures plus tard, point d'homme ni d'enfant à l'horizon. Alex et Smilla ont disparu. Greta les appelle, court partout, puis retourne au cottage pour récupérer son téléphone et joindre son mari. Aucune réponse. Déprimée, elle s'effondre et s'endort. Puis décide de se rendre au commissariat pour signaler la disparition... mais les nouvelles ne sont pas bonnes.
Et ce n'est que le début d'une longue liste car tout dans ce roman est extrêmement perturbant. En tête, Greta est un personnage très préoccupant. Chamboulée, malade et désorientée, elle se comporte de façon irrationnelle, et apparemment dissimule un passé assez lourd et un parcours sentimental en dents de scie. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai halluciné face à ses incohérences et ses hésitations. Mais d'autres aspects dérangeants vont intervenir et encore brouiller les pistes. Accrochez-vous.
L'ambiance est curieuse, avec une Greta tellement complexe, j'ai vraiment eu du mal à la cerner, mais l'histoire aussi met mal à l'aise et bouleverse nos repères, à force c'est déconcertant. En fait, du début à la fin, j'ai été à côté de la plaque : j'ai même d'abord cru à du fantastique. Ou du thriller. Enfin, c'est très bizarre.
L'expérience est déroutante, la lecture sème désordre et désarroi. Suis néanmoins pas très convaincue d'avoir été le cobaye idéal.

Presses de la Cité (2018) - traduit du suédois par Laurence Mennerich