Les mots sont, les mots font, les mots disent Les mots coulent, les mots roulent sur un fil

18/12/18

La vie est belle et drôle à la fois, de Clarisse Sabard

La vie est belle et drôle à la foisConviée par sa mère à passer les fêtes en famille, Léna se rend dans un petit village de Haute-Provence la mort dans l'âme. La jeune femme déteste Noël et a la désagréable surprise de trouver une maison vide à son arrivée. Son frère et sa grand-mère sont également au rendez-vous mais n'en savent pas davantage, seule Léna sent venir le traquenard à des kilomètres. Qu'importe. Elle accepte de poser ses valises et de profiter de l'instant présent... Ses retrouvailles avec son amour de jeunesse auraient pesé dans la balance ? Han-han. Le lecteur hoche béatement la tête et replonge fissa le nez dans son bouquin pour connaître la suite des réjouissances. Ceci dit, la lecture ne va pas nous en boucher un coin non plus. On se doute qu'au menu, roucoulades et sérénades romantiques seront servies avec faste. Et c'est tant mieux. Après tout, on a bien besoin de guimauve et de tendresse dans ce monde de brutes. Pourtant, ce n'était pas gagné au début. J'ai même pris sur moi pour encadrer l'héroïne trop caricaturale, ses jérémiades et son cynisme sonnaient surfaits. C'est donc pour l'ambiance festive et pour la promesse d'une histoire de famille, avec des secrets enfouis, que j'ai poursuivi mon aventure. Depuis la disparition tragique du grand-père, vingt ans plus tôt, le temps semble s'être arrêté pour Léna et ses proches. Nul n'évoque cet accident en la présence de la jeune femme, qui en a fait un blocage. Mais cela ne peut plus durer. Elle a depuis compris qu'elle doit fouiller dans ses souvenirs pour raviver la scène dont elle a été témoin durant son enfance. Et se délester du poids qui handicape ses relations amoureuses. À côté de ça, on a une mère volatilisée dans les airs, un frère en pleine crise conjugale, une adolescente sur la corde raide, un père cavaleur, une grand-mère qui s'éclate sur Meetic et qui regarde en boucle The Walking Dead. Cela fait tellement cliché, j'avoue. Toutefois, l'histoire est douce, chaleureuse et bienveillante. Comme beaucoup, je pense, c'est précieux en ce moment. Bon point, donc, pour cette lecture adorable et très distrayante. Dernière ligne droite avant les fêtes : on n'hésite pas !

©2018 Leduc.s (P)2018 Audible Studios


17/12/18

Les Âmes perdues, Tome 1 : Les Terres du bas, de Jeff Giles

Les âmes perdues TOME 1 Les Terres du basZoé vient de vivre une année difficile, après la disparition tragique de son père, dans un accident de spéléologie, puis par la mort brutale de ses voisins, un couple âgé sauvagement assassiné par un individu en fuite. Depuis, Zoé a le sentiment de perdre tous ceux auxquels elle tient et partage avec sa mère et son petit frère un quotidien précaire et morne.
Mais l
e jour où Jonah se perd dans la forêt, alors que Zoé était supposée l'avoir à l'œil, elle refuse la fatalité et se précipite hors de la maison pour le retrouver. Malheureusement, elle croise le chemin d'un criminel. Débarque ensuite un parfait inconnu, avec des pouvoirs magiques. Zoé est sidérée. Ce garçon prétend venir des Terres du Bas, en tant que Chasseur d'âmes. En volant à son secours, il vient non seulement de griller sa couverture mais aussi de mettre Zoé et sa famille en danger.
Voilà un roman assez complexe, car si le début se révèle fascinant, dans le genre mystérieux et émouvant (écriture lyrique, descriptions poignantes, dialogues cocasses), la suite n'a eu de cesse de me désappointer.
En vérité, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire du grand amour, hélas le pivot de l'intrigue. Concrètement, Zoé s'attache et tombe amoureuse d'un type surgi de nulle part. Vite, trop vite. Elle balaie tout d'un revers de la main pour s'en remettre à cet ange gardien. Comment dire ? La fulgurance des sentiments, la romance inéluctable et néanmoins impossible, non merci. De plus, ce garçon a aussi de lourds bagages à traîner : i
l a oublié son passé, ne connaît pas son nom, a grandi dans les Terres du bas, l'équivalent de l'enfer, où il a été formaté pour obéir et accomplir des missions, sans libre arbitre. Qu'on ajoute du romantisme, oui... forcément, on adore. Mais à doser au plus juste car là, trop, c'est trop. C'est maladroit, parfois incongru et superficiel.
C'est un peu dommage, car j'ai vraiment 
aimé l'ambiance hivernale du roman, je me sentais bien dans le cocon douillet de la petite maison de famille, même si l'humeur n'est pas toujours au beau fixe. Il règne une osmose délicieuse, douce et bienveillante, ce qui fait un bien fou à sept jours de Noël. Le changement de décor, avec les Terres du bas, a du bon aussi car on s'aventure plus loin, on croise d'autres fantômes, on perçoit un peu de tension dramatique et on gratouille la coquille qui enveloppe la figure énigmatique du garçon qui fait tant battre le cœur de Zoé.
Reste cette sensation de roman bancal, inégal. 
En somme, oubliez le sirop, optez pour l'action. À suivre, donc.

bayard jeunesse (2018) - traduit par Emmanuelle Urien

Titre VO : The Edge of Everything

 

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14/12/18

Gare aux fantômes : qui vivra verra ! (Agatha Raisin enquête 14), de M. C. Beaton

Agatha Raisin enquête Gare aux fantomes

Il y a encore du remue-ménage dans la vie d'Agatha Raisin. Ayant eu vent de ses talents d'enquêtrice, son nouveau voisin, Paul Chatterton, la convie chez une vieille dame acariâtre qui prétend que son manoir est hanté. La police a fait peu de cas de son affaire et ses voisins sont tous d'avis que c'est une vieille peau détestable. Agatha et Paul sont également reçus comme des malpropres et estiment qu'ils ont tout à gagner de retirer leurs billes avant le massacre. Dommage pour Agatha qui commençait à trouver excitant de passer du temps avec son nouvel ami...
Je vous vois venir, mais rassurez-vous, point de béguin à l'horizon. L'homme est marié, même si son épouse est absente. Et Agatha Raisin est vaccinée contre les peines de cœur. D'ailleurs, j'étais juste en train de songer à Charles Fraith que... tadam... le voici le voilà dans toute sa superbe. Le tandem qu'Agatha et lui forment figure parmi les plus attachants et improbables !
Mais revenons à notre intrigue : quid des fantômes chez l'horrible Witherspoon ? Sont-ce des affabulations d'une grand-mère esseulée et désireuse d'attirer l'attention ? Roulement de tambours. Et nouveau crime en perspective. On soupire d'aise à retrouver l'énergie positive d'Agatha Raisin. Même si la tournure de l'intrigue ne surprend plus, on apprécie énormément l'humour et les paysages anglais de ce rendez-vous incontournable. Je regrette un peu le personnage de John Armitage, au profit de ce Paul Chatterton, dont le rôle demeure encore très ambivalent (on apprend à se méfier aussi). L'enquête criminelle est également plus décousue, avec moins de substance croquante, par contre elle se conclut sur une perspective hautement réjouissante. À suivre, donc, très prochainement... et plus précisément fin février 2019 !
Bravo aussi à Françoise Carrière dont l'interprétation pleine de verve donne du piquant à cette lecture : sa participation est essentielle au succès de la série. Je ne cesse de le répéter.

©2003 / 2018 M.C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit par Clarisse Laurent. Titre VO : Agatha Raisin and the Haunted House

(P)2018 Audible Studios

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Sleeping Beauties, de Stephen King & Owen King

sleeping beautiesEmbarquement immédiat pour Dooling, petite ville des Appalaches, où les habitants ne sont ni plus ni moins des êtres ordinaires. En apparence. Dans la prison pour femmes, une nouvelle prévenue vient semer la zizanie : Evie Black est inquiétante et mystérieuse. Avec son aura puissante, elle envoûte ses comparses, sous l'œil goguenard du personnel impuissant. Commence alors un étrange phénomène : les femmes s'endorment et ne se réveillent plus. À la place, leur corps est recouvert par un cocon qu'il est déconseillé de transgresser (sous peine de voir les endormies se métamorphoser en folles furieuses). Bientôt, le syndrome Aurora frappe toute la communauté féminine de Dooling et d'ailleurs.
Comme souvent dans les romans de Stephen King, on se focalise sur un monde en vase clos, on scrute les comportements humains en situation désespérée et on laisse l'auteur s'en donner à cœur joie pour dépeindre des vies banales fouettées par un vent de panique. Ce faisant, il épingle sans vergogne toutes les bassesses possibles et inimaginables et gratine, non sans humour, ses congénères dans cette vision d'une société qui les priverait de compagnie féminine (devinez quoi ! ... les WC seraient d'une crasse monumentale). Bref. Vous gloussez bien derrière votre bouquin à les imaginer se dépatouiller sans vous.
Maintenant, parlons technique, car ce livre audio est le prolongement d'un roman de 830 pages, soit près de 28 heures d'écoute. Oui, tout ça. Un vrai marathon de lecture qui semble interminable... et pourtant je suis bon public. Seulement, mon ami, j'ai jugé qu'il y avait trop de tours et de détours pour toucher au but. Et à force de tourner autour du pot, on trépigne d'impatience, on geint et on a l'impression de s'abrutir. Ceci dit, je ferme les yeux (loin de moi le syndrome Aurora) car j'ai été littéralement hypnotisée par l'ambiance sordide de Dooling et par le caractère étrange et fantastique de l'intrigue. Cette histoire écrite à quatre mains (père et fils) se voudrait un hommage à nous les femmes, nous le charme (pauvres diables que sont les hommes). Un brin caustique et déjanté.
Bravo à la fabuleuse Marie Bouvier qui a lu ce texte avec patience et dévotion : j'ai totalement adhéré à ses interprétations car elle multiplie sans relâche les voix selon les personnages (et ils sont nombreux) ou leurs personnalités. On peut plus facilement se repérer et avancer dans l'histoire avec aisance. Une véritable prouesse.

© 2018 Éditions Albin Michel. Traduit par Jean Esch  (P)2018 Audiolib 

 

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13/12/18

Le Village des Monstres, de Hélèna Villovitch

Le village des monstresChaque lundi matin, un petit groupe d'enfants s'apprête à monter dans le mini-bus pour se rendre à l'école... qui se trouve à un kilomètre du village. Les parents redoublent d'indications à la prudence, couvrent leurs mômes et confient au chauffeur la prunelle de leurs yeux. Ils seront de retour à la maison une semaine plus tard, car tous doivent dormir sur place.
C'est ensuite au couple des Cormoran de prendre la relève en les bichonnant avec leurs plats préférés, en veillant à ne leur lire que des contes où tout finit bien, à éviter tout effort physique épuisant. Nos jeunes amis vivent sous cloche et s'en portent assez bien. Du moins, c'est avant que Bichon s'emporte contre ce voile cotonneux qui les enveloppe. Ce n'est plus possible de vivre dans l'illusion d'un monde sans heurt. Il se murmure même que les vraies histoires, lues le soir avant de s'endormir, sont beaucoup plus féroces : ils n'ont d'ailleurs jamais entendu l'existence du loup dans Le Petit Chaperon rouge ou de la sorcière dans Hansel et Gretel !
La bande se rebiffe et décide de retourner au village en pleine nuit pour découvrir ce que trafiquent leurs parents. A-t-on idée de se débarrasser de la marmaille en habitant si près ? Mais ce que nos enfants vont découvrir risque fortement de les glacer de terreur.
Choc traumatique droit devant. Cela va secouer votre imagination la plus débridée !
En fait, ce petit roman est extra car il vous embarque au-delà des limites de la simple divagation. C'est très, très drôle en plus d'être efficace. Votre esprit carbure à mille à l'heure à spéculer ce qui se trame dans cette étonnante histoire.
Le tout est bien troussé, malicieux et illustré avec tendresse par Lucie Durbiano. La mise en scène est soucieuse des détails et joue habilement avec les codes du suspense et de l'épouvante. Vos enfants vont frémir sous leur couette : franchement top !

bayard jeunesse (2018) - illustrations de Lucie Durbiano

 

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Marabel et le Livre du Destin, de Tracy Barrett

Marabel et le livre du destinMarabel est une jeune princesse qui a toujours eu conscience de son rang : vivre dans l'ombre de Marco, son frère jumeau. Même le Livre du Destin, qui dicte la politique du royaume de Magikos, est sans équivoque car il ne cite jamais son existence.
N'imaginez pas que notre jeune héroïne cultive une amertume à ce sujet, loin de là. Elle n'est soumise à aucune contrainte, mène une existence tranquille et entretient de bonnes relations avec ses proches. D'ailleurs, tous ont à cœur de célébrer leur 13ème anniversaire dans la joie et la bonne humeur. Cette cérémonie doit également sacrer l'Élu et consolider le Royaume de Magikos.
Malheureusement, la fête va sombrer dans le chaos, alors qu'un sortilège est lancé pour figer les convives et détourner leur attention. Marco est kidnappé sous les yeux de sa sœur, laquelle décide de voler à son secours.
En fait, notre demoiselle prend des leçons d'escrime en cachette et a du courage à revendre. Elle a soif d'action et de liberté, fonce droit devant en compagnie de sa servante, Ellie et de Floriano, une licorne capable de parler. Ensemble, ils vont s'aventurer hors des murs de leur cocon douillet, traverser une forêt hanté par des ogres, des trolls, des Monstres... 
Franchement, cette lecture est un enchantement de péripéties en tous genres : un croisement entre le conte de fées et la comédie burlesque. C'est étourdissant. On passe un assez bon moment (j'ai un petit souci avec le rythme de cette histoire) et on se déconnecte du quotidien le temps de picorer ce livre qui s'adresse à « tous ceux qui ont le courage de créer leur propre destinée ».
Très positif et entraînant.

bayard jeunesse (2018) - traduit par Emmanuel Plisson

titre VO : Marabel and The Book of Fate

couverture illustrée par Sara Gianassi

 

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Ensemble à minuit, de Jennifer Castle

Ensemble à minuitÀ peine rentrée d'un semestre en Europe, Kendall traîne sa valise jusqu'à New York, chez son frère, pour réfléchir à son avenir. Elle a également donné rendez-vous à Jamie en espérant recoller les morceaux avec lui : six mois plus tôt, le garçon lui a fait comprendre qu'il n'avait aucun sentiment. Néanmoins, il n'a cessé de correspondre avec elle durant son voyage à l'étranger. Chemin faisant, elle retrouve Max, un ami de Jamie, qui séjourne chez son grand-père avant de se décider pour ses études. Max et Kendall ont déjà échangé un baiser l'été dernier. OK. Là je vous perds, mais moi aussi j'ai cru avoir loupé un épisode. Contentez-vous de suivre (la lumière) le mouvement, imprégnez-vous de l'ambiance, c'est tout ce que je peux vous conseiller. Car Kendall et Max sont témoins d'une dispute dans la rue : un type bouscule sa copine qui chute sur la chaussée, renversée par un bus. Les deux jeunes gens sont tétanisés et choqués de n'avoir rien pu faire. En se lamentant dans un café, la serveuse les accoste en leur proposant un défi : accomplir sept actions totalement détachées d'ici le 31 décembre. Kendall et Max s'y soumettent et vont ainsi passer les cinq prochains jours ensemble à déambuler dans les rues new-yorkaises, sous la neige, à la rencontre d'anonymes qu'ils vont secourir par des petits gestes, des attentions anodines mais non négligeables. En partant du principe que l'histoire laisse place à l'errance, la délicatesse et la bienveillance, il n'y aura absolument aucune déception à la clef. C'est un roman d'une grande douceur et empreint d'émotion... autant le dire. Par contre, j'espérais aussi un peu de magie dans cette histoire (très brouillonne au début) : des personnages vont et viennent, parfois sans grande utilité. Les relations de couple aussi sont très confuses et n'inspirent pas systématiquement une grande empathie. Ceci dit, je n'ai pas boudé mon plaisir à me perdre dans New York en cette saison festive et hivernale. La lecture invite à se poser et à réfléchir sur nos choix de vie. C'est plutôt bien vu et réconfortant.

Casterman (2018) - Traduit par Alice Delarbre

Titre VO : Together At Midnight

 

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12/12/18

Un jour inoubliable, de Stephanie Kate Strohm

Un jour inoubliable

Vivre dans l'ombre d'un frère brillant n'est pas si facile. Angelica Marie Hutcherson en sait quelque chose : pas un jour ne passe sans qu'on lui ressasse les prouesses du Grand James Hutch lors de la sacro-sainte Battle Interdisciplinaire. Ceci expliquerait sans doute pourquoi le rédacteur en chef du journal du lycée, Colin Von Kohorn, lui demande d'écrire un article à ce sujet.
Ambitieuse, Angelica croit saisir sa chance mais va vite déborder du cadre classique pour découvrir un scandale impensable dans l'enceinte de leur école. En effet, le même jour, doivent se tenir cette fameuse Battle, le bal de Homecoming, l'élection des délégués et l'événement footbalistique de l'année. Cerise sur le gâteau : elle apprend que la tête de l'indispensable mascotte a été volée. Cela commence à faire trop de coïncidences...
Angelica n'en doute plus et comprend qu'elle détient le scoop de sa jeune carrière de journaliste d'investigation, au grand dam de ses proches, complètement ahuris de la voir courir dans tous les sens. Même son rédac chef, un brin condescendant, hausse son sourcil d'étonnement avant de se joindre à son enquête pour 24 heures complètement folles et palpitantes !
Au final, la lecture se dévore en deux coups de cuillères à pot : ça fuse à chaque coin de page car les acteurs interviennent sans crier gare pour commenter la situation pour le moins farfelue. Le principe n'est pas nouveau car l'auteur nous avait déjà gratifiés d'un roman choral aussi bourdonnant et original, cf. Ma vie amoureuse en 16 garçons. Il faut dire aussi que cette chère Angelica n'est autre que la sœur de l'adorable Hutch... revoyez vos classiques !
Le roman nous offre donc de bonnes séquences inénarrables, avec des personnages fantasques et attachants. On trouve une fois encore du rythme, de l'humour, du suspense dans cette lecture pour le moins épique et entraînante. C'est complètement fun et délirant, ça fait glousser dans les chaumières. Bref. J'ai trouvé ce deuxième roman tout aussi réussi !

La Martinière J. (2018) - traduit par Aurélie Devillers

Titre VO : The Date To Save

 

 

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11/12/18

Les Sept ruptures d'Amy et Craig, de Don Zolidis

Les Sept ruptures d'Amy et CraigLoin d'être une banale histoire d'amour impossible, l'histoire de Craig et Amy raconte une série de ruptures et de retrouvailles toutes particulièrement cocasses.
Ils ont 17-18 ans, vivent dans le fin fond du Wyoming, ils s'aiment mais ne font que se quitter. Certes, la vie n'est pas simple et vient souvent jouer les trouble-fêtes dans leur relation en dents de scie. Pour autant, ne craignez pas une lecture mélodramatique ou répétitive car le ton est infiniment drôle et décalé. Craig est super étonnant dans sa façon d'exposer ses déboires et fait bien entendu preuve de dérision à balancer toute son aventure.
Au départ, il ne s'en cache pas, il est complètement fou d'amour pour Amy : c'est la fille la plus populaire de son lycée, la présidente des élèves, elle rayonne parmi la foule. Craig est fasciné, lui vit dans l'ombre, accro à Donjons & Dragons, il déteste les soirées et n'a jamais eu de petite copine. Son premier baiser avec Amy est donc pour lui totalement surréaliste. On le comprend. Il plane sur son petit nuage, frôle parfois l'obsession maladive... plus dure sera la chute.
Car la délicieuse Amy ne va pas l'épargner et lui briser le cœur par sept fois. C'est complètement insensé, et pourtant impossible de lui en vouloir : moins lisse que l'image parfaite qu'elle cultive (enfant adopté, maman malade...), Amy est à sa façon attachante et paumée. De son côté, Craig ne peut plus se contenter de sa posture d'éternelle victime (sa famille va traverser une période difficile et  ses études en seront menacées). À eux de saisir les branches tendues et d'avancer comme ils peuvent.
Cette histoire est à la fois tendre, drôle et désespérée. C'est un mélange de jouissances et d'échecs dans une vision complètement optimiste ! Je redoutais une mise en scène trop dramatique alors que le résultat est détonant et agréablement surprenant. Il y a en effet beaucoup de romantisme, un peu de désœuvrement mais un vrai souffle de vie, d'envie, de joie et de peine. Avec son dosage au plus juste, la lecture se révèle entraînante et enjouée.

La Martinière J. (2018) - Traduit par Sophie Passant

Titre VO : The Seven Torments of Amy & Craig

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10/12/18

La Théorie de l'iceberg, de Christopher Bouix

La théorie de l'icebergÉté 1993. Noé vit dans une petite ville face à l'océan. Passionné de surf jusqu'à son accident, le garçon souffre de choc traumatique et se renferme sur lui-même. Face à sa souffrance, sa famille est impuissante et son psy l'incite à se remettre en selle. Les vacances arrivent, avec son flot de saisonniers. Noé l'ignore encore, mais sa routine va en être bousculée : d'abord, il rencontre Lorraine, qui adore les haïkus, la photographie et les étoiles, puis M. Hereira, un vieux monsieur qui vit cloîtré dans une maison pleine de livres. Chaque samedi, Noé lui rend visite en lui apportant les derniers ouvrages commandés à la bibliothèque. Assez hostile et grincheux, l'homme va tomber sur son carnet et critiquer l'histoire qu'il est en train d'écrire. Le garçon va néanmoins encaisser les remarques en comprenant qu'il s'agit d'un célèbre auteur de science-fiction et qu'il pourrait bien l'aider à terminer son texte pour un concours de nouvelles. De cet été 1993, découleront d'autres rencontres et d'autres vérités qui allégeront considérablement le poids que porte notre jeune héros de 15 ans. « Peut-on savoir qui sont les autres ? Qui ils sont vraiment. Soudain, je n'en étais plus si sûr. Peut-être qu'on se contente de passer notre vie à côté d'eux, à les côtoyer, à les croiser, sans jamais les connaitre. »
J'ai refermé ce livre en ressentant une immense quiétude. C'est en effet une lecture pleine de douceur et de sensibilité, une lecture infiniment charmante et délicieuse. On se laisse bercer par la jolie plume de l'auteur et par l'histoire de Noé. On retient aussi de belles paroles sur l'écriture et le processus de création. C'est très inspirant mais aussi apaisant. Un premier roman convaincant et profondément attachant !

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2018 - couv. illustrée par Emmanuel Polanco

« Selon Hemingway, la force d'une histoire réside dans ce qui est sous-jacent. Tout ce qui n'est pas exprimé mais que le lecteur ressent. Imagine un iceberg. Les sept huitièmes sont sous l'eau. On ne les voit pas. Mais ce sont eux qui portent la masse. En littérature, c'est pareil. C'est toute cette partie immergée, cet ensemble de non-dits, qui fait la force d'un texte. »

 

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