Les mots sont, les mots font, les mots disent Les mots coulent, les mots roulent sur un fil

03/08/16

🌺🌺🌺 TrÊve EsTivAle... à BieNtÔt ! 🌺🌺🌺

 

FOLIO profitez-de-l-ete-avec-folio

 

 

 

here comes the sun

 

 

 

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Vous prendrez bien un dessert ? de Sophie Henrionnet

Vous prendrez bien un dessert

Un réunion au sommet attend la famille Labarre, tous conviés à fêter Noël et les 90 ans du patriarche dans un chalet loué à la montagne. L'occasion est trop belle pour passer au crible les acteurs de cette comédie grinçante, dont le principal ressort n'est pas de divertir mais bien de rappeler que les portraits figés n'existent que sous cloche ! 
Il y a entre autres le grand-père grivois, la grand-mère léthargique, les rejetons déglingués, le fils aîné qui se débat avec des soucis financiers pour maintenir à flot l'entreprise familiale, le frère avocat qui brille au volant de sa décapotable et au bras d'une bimbo à la carrosserie tout aussi impressionnante, la fille engluée dans une maternité qui l'encombre, un petit-fils qui s'excuse d'exister, une autre qui s'emmêle les pinceaux à avouer son désir de plaquer ses études de commerce, une copine venue exprès pour la soutenir et qui subit les mains baladeuses du pépé... 
Ce réveillon tourne à la soupe à la grimace, et c'est ça qui rend ce roman caustique et mordant ! 
On savoure les secrets dévoilés, les mensonges, les frustrations, les ressentiments et les aigreurs en puissance. C'est du lourd. N'imaginez pas vous attabler auprès d'une tribu chaleureuse et conciliante, ici les sourires sont contrits et les rires jaunes. On n'éprouve aucune compassion, à l'exception du petit Paul, et on a juste envie de glisser un laxatif dans leurs coupes de champagne pour constater les effets en gloussant.
Le ton n'est pas drôle, pas volontairement, il se veut cruel et acide, il égratigne et bouscule la bienséance, il déstabilise et use de son cynisme pour piquer à merveille. Personnellement, j'aime les histoires de famille, j'aime y pointer les dysfonctionnements qui font reprendre à zéro les acquis et qui donnent une autre idée du clan symboliquement uni et solidaire.
Chez Sophie Henrionnet, les masques tombent pour mieux révéler des figures effrayantes ! On en grincerait des dents. ^-^
Les portraits manquent sans doute d'étoffe, les personnalités sont trop stéréotypées, on voit défiler un panel d'individus sans goût, sans odeur et on n'en retient qu'une brève essence, mais ce n'est pas grave. L'auteur a du talent et prouve aussi qu'elle peut changer de registre avec tact et intelligence. Ce jeu de chaises musicales n'est pas pour me déplaire ! 

Texte lu par Benoît Allemane (Durée : 4 h 31) pour Audible FR (juillet 2016)

Vous prendrez bien un dessert ? | Livre audio

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et uniquement en téléchargement.

©2015 Daphnis et Chloé (P)2016 Audible FR

 

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02/08/16

Aimer trois fois par jour, de Fausto Brizzi

AIMER TROIS FOIS PAR JOUR

Diego Anastasi est au bout du rouleau. Quadragénaire divorcé, père de deux enfants, il sent la lassitude le gagner au boulot, dans son quotidien ou pendant les fêtes de Noël, qu'il passe seul dans son coin, à regarder Mary Poppins avec son chien.
Diego tente d'alerter ses proches qu'il va mal, mais chacun est pris dans sa propre routine et traite ses complaintes à la légère. Après une tentative de suicide loupée, il se rend donc chez un thérapeute à tête de castor et déballe son sac en soutenant mordicus qu'il souffre de dépression.
Et puis, un jour, il découvre en chemin un bar créé par un policier à la retraite, qui propose aux plus désœuvrés un brin de causette autour d'une tasse de thé. Diego s'y installe et comprend que son destin est en marche !
Il goûte alors à une thérapie d'un genre nouveau, discuter, boire du thé, cuisiner, dresser des listes, prendre conscience du bonheur à apporter aux autres, se donner des objectifs, partir en mission.
Avec l'aide de ses deux nouveaux amis, Giannandrea et Massimiliano, Diego veut rendre ses proches heureux : que ses meilleurs amis se remettent en couple, que son fils sorte de sa bulle, que son ami d'enfance exploite sa fibre artistique, que son ex-femme lui pardonne, que son amie de cœur trouve enfin l'âme sœur... 
Il va ainsi se lancer dans des plans pas possibles, qui vont souvent donner lieu à des situations cocasses, farfelues et improbables, lesquelles vont naturellement apporter une couleur savoureuse à l'histoire ! 
Car il fallait oser se lancer dans un roman sur la dépression, sans craindre de sombrer dans le désespoir. Fausto Brizzi a contourné les pièges en concoctant une lecture généreuse et débordante d'espoir. Il y a du vrai à ce sujet, du touchant, du concret, de l'émotion et des questions, mais surtout il y a de l'humour, de la dérision, du revival et de la culture pop.
J'y ai trouvé ma dose homéopathique pour me sentir guillerette ! À prescrire sans retenue, à déguster sans modération. ♥

Traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont (Se mi vuoi bene) pour Fleuve éditions, mai 2016

 

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01/08/16

Tabou, de Casey Hill

TABOU

Brillante experte médico-légale, formée à Quantico, Reilly Steel a tout plaqué pour s'installer à Dublin avec son père, devenu une pauvre loque vautrée dans l'alcool. Un drame familial aurait brisé cet homme et fragilisé sa fille, qui se refuse pourtant de confier son secret auprès de ses nouveaux collègues de boulot.
Mais l'heure n'est plus aux épanchements personnels lorsqu'une série de meurtres sordides s'enchaînent dans les rues de la ville et viennent bouleverser les inspecteurs de police peu coutumiers du fait.
Reilly déploie une appréhension des scènes de crime avec une sensibilité toute particulière, qui prête d'abord à sourire avant de forcer l'admiration, car oui c'est une pointure dans son milieu. Reilly comprend vite et bien ce qui anime leur tueur en série, elle met le doigt dans l'engrenage et débusque une piste sérieuse pour épingler leur suspect. 

J'ai pris grand plaisir à me lancer dans cette lecture, limpide et agréable à parcourir, proposant quelques scènes choc dans les descriptions des meurtres, attelant efficacement les drames, les mystères et les révélations. Cela se lit tout seul.
Il n'y a pas de rouerie particulière, pas d'intrigue tarabiscotée (les références freudiennes sont accessibles et accessoires). Le dénouement également est facile, expédié abruptement et sans surprise, mais on ne lui en tient pas rigueur car l'ensemble n'en demeure pas moins correct. ;-)
Je suis davantage frustrée de découvrir que la suite n'est pas traduite, alors que tout est mis en place pour une lecture au long cours. La perspective de retrouver les personnages est donc à proscrire, alors que tout n'était pas encore écrit à leur sujet. Franchement dommage.  

10x18 Domaine Policier (mars 2015)

Traduit par Anath Riveline pour les éditions Les Escales

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Roland est mort, de Nicolas Robin

roland est mort

Son voisin Roland est mort. 

C'est la dame du dessous qui vient lui annoncer la nouvelle en pleurant. Mais lui s'en fiche. Il ne connaissait pas Roland, sauf pour dire que c'était un vieux monsieur, qui vivait seul et qui aimait les disques de Mireille Mathieu. Le jour où les pompiers viennent récupérer son corps, ils lui larguent le caniche de Roland au passage, sans lui laisser le temps de refuser. Qu'est-ce qu'il va faire d'un clébard ? Se rendre à la SPA ou le filer à sa mère ? Mais les petits yeux noirs de Mireille lui vrillent les entrailles. Et notre gars soupire.

Alors il se trimballe partout en ville un chien qui perd ses poils et qui sent mauvais, en plus d'une urne pleine des cendres de Roland. Son objectif : se débarrasser des boulets. Sa conviction : prendre sur lui de virer Roland de sa conscience. Car après tout, pourquoi lui ? pourquoi Roland ? Peut-être que ces deux-là ont finalement plus à partager qu'ils ne le supposent. Un constat déprimant pour notre narrateur qui affiche quarante ans, célibataire, sans boulot et amateur de porno. Sa mère lui reproche de ne pas se secouer, sa grand-mère lui serine : et pourquoi t'es pas marié, même la masseuse coréenne, à la coupe au bol impeccable, désapprouve la vacuité de son existence et son goût douteux pour des films dégradants.

Le voisin de Roland inspire et écarte les bras en croix en se demandant si la vie est belle et s'il aime la vie. Il ne sait que faire de l'urne de Roland, il se verrait bien la poser en décoration sur le manteau de cheminée chez ses parents, l'oublier dans un bus ou l'offrir à l'occasion d'une fête d'anniversaire de sombres inconnus. Mais chacune de ses tentatives se soldent par des échecs et donnent lieu à des situations cocasses qui font franchement glousser.

Car l'humour de cette histoire est volontairement caustique, avec en sus un narrateur cynique, froid et calculateur, même pas antipathique. Il incarne à lui seul le désespoir de notre siècle, un pauvre type solitaire et blasé de vivre, sous le contrecoup d'une rupture amoureuse, sans ambition, n'alimentant aucun réseau social et réduisant au minimum son contact avec l'extérieur, si ce n'est pour boire du Campari ou un Picon-bière au comptoir du coin. C'est vachement mordant, décapant et incisif. Et c'est bougrement bon. On ne peut que se marrer tout du long ! 

Éditions Anne Carrière, mars 2016

 

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30/07/16

Les Perles noires de Jackie O., de Stéphane Carlier

les perles noires de jackie o

Dans cette savoureuse comédie, où les situations cocasses s'enchaînent avec une parfaite virtuosité, on se réjouit de suivre une histoire virevoltante impliquant une femme de ménage qui rêve d'une retraite dorée, un charmant latino en manque d'ambition, une vieille fripouille à l'affût d'une magouille juteuse dans sa maison de retraite, un golden boy aux dents longues, un esthète new-yorkais amateur de jeunes apollons et un adorable carlin qui vagabonde au gré des chapitres.

C'est en faisant le ménage chez Irving Zuckerman que Gabriela tombe par hasard sur la combinaison de son coffre-fort, lequel contient 164 000 dollars, six lingots d'or et des perles noires ayant appartenu à Jackie Kennedy Onassis. Sans le moindre scrupule, elle met au point un plan génial pour faire main basse sur ce trésor. Elle convainc son neveu Franck de s'improviser escort-boy le temps d'une soirée, espérant qu'il passe la nuit dans l'appartement d'Irving pour y chiper le magot. En amont, Gabriela prend soin de glisser quelques somnifères dans la bouteille de lait de son patron, puis rentre chez elle en rêvant à ses futurs projets sous le soleil de Colombie. Elle a aussi fait appel à son vieux complice Nando, qui connaît du monde en Belgique pour refourguer le collier de collection, mais se sent particulièrement nigaude en sa présence et se met à lui raconter qu'elle est comptable chez un vieux marchand d'art. Ainsi peut donc commencer le casse du siècle orchestré par cette équipe de bras cassés. 

La suite vous réserve une bonne partie de rigolade ! Car le plan idéal va forcément cumuler les couacs et multiplier les scènes loufoques et insensées, de nouveaux personnages vont et viennent, générant une énergie bourdonnante qui donne du pep's et du piquant à l'intrigue. La lecture est drôle, audacieuse et dotée d'une inventivité formidable, propice à de sacrés fous rires. La comparaison à Billy Wilder n'est d'ailleurs pas usurpée, on y retrouve tout le charme pimpant et le comique saugrenu des comédies à succès des années 50 et 60. Une lecture franchement euphorisante pour ravir vos journées de détente !

Le Cherche Midi, Mai 2016

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Bilan du mois : Juillet 2016 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

sunflower-field

🌺🌺🌺 TiC TaC dEs VacAncEs 🌺🌺🌺

 

Grosse moisson de livres lus au cours de ce mois de Juillet,
pour mieux combler les longues journées étouffantes et languides !  

 

🌺 Une belle brochette de bananes, de Jean-Philippe Arrou-Vignod  ♥♥♥♥♥

🌺 DUFF dodue utile et franchement fade, de Kody Keplinger ♥♥♥♥

🌺 Vive les vacances ! de Enid Blyton  ♥♥♥♥

 

🌺 Treize Marches, de Kazuaki Takano ♥♥♥♥

🌺 Sous la terre, de Courtney Mills ♥♥♥♥

🌺 L'homme de la montagne, de Joyce Maynard ♥♥♥♥

🌺 Le Temps est assassin, de Michel Bussi  ♥♥♥♥

🌺 Le Lagon Noir, d'Arnaldur Indridason  ♥♥♥♥

🌺 Les Morsures de l'ombre, de Karine Giebel  ♥♥♥♥

🌺 Un peu plus loin sur la droite, de Fred Vargas  ♥♥♥♥

🌺  Rêves oubliés, de Léonor de Recondo ♥♥♥♥

🌺 La Position, de Meg Wolitzer  ♥♥♥♥

🌺  Le Temps du loup, de Thomas Kanger  ♥♥♥♥

🌺 Les Perles noires de Jackie O, de Stéphane Carlier  ♥♥♥♥

 

🌺 La Vallée du Renard / Sous l'emprise du passé, de Charlotte Link  ♥♥♥½

🌺 Ce que tu veux, de Sabine Durrant  ♥♥♥½

🌺  Bloody Cocktail, de James M. Cain  ♥♥♥½

🌺 La femme au carnet rouge, d'Antoine Laurain  ♥♥♥½

🌺 L'Échappée belle du bibliobus, de David Whitehouse  ♥♥♥½

 

🌺  Sans laisser d'adresse / Sous haute tension, de Harlan Coben ♥♥♥

🌺 L'Âme du Chasseur, de Deon Meyer ♥♥♥

🌺 Au-delà de tout soupçon, de Declan Hughes  ♥♥♥

🌺 Blueberry Hill, de Fredrik Ekelund  ♥♥♥

🌺 Quatre, de Sarah Lotz  ♥♥♥

🌺 Pur, d'Antoine Chainas  ♥♥♥

🌺 Le Peuple de l'Ombre, de Tony Hillerman  ♥♥♥

🌺 Oh my dear ! de T.J. Middleton  ♥♥♥

🌺 Rendez-vous à Estepona, d'Ake Edwardson  ♥♥♥

🌺 Jusqu'à ce que la mort nous unisse, de Karine Giébel  ♥♥♥

🌺 Ecoute-nous, de Liz Coley  ♥♥½

 

🌺 L'inversion de la courbe des sentiments, de Jean Phillipe Peyraud  ♥♥♥♥

🌺 Mon père était boxeur, de Barbara Pellerin  ♥♥♥½

 

🌺🌺🌺 TrÊve EsTivAle... En AppRocHe ! 🌺🌺🌺

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29/07/16

Un plus plus loin sur la droite, de Fred Vargas

Un peu plus loin sur la droite audiolib

Assis sur un banc dans un square parisien, Kehlweiler remarque un bout d'ossement humain dans des déjections canines et s'épanche auprès de l'exubérante Marthe, une ancienne entraîneuse, dont la gouaille mordante lui rétorque de ne pas pinailler. Ce serait mal connaître notre homme.
Après des heures d'observation et de réflexion, Louis finit par débusquer une piste conduisant dans un petit port breton, où il se rend avec son crapaud de compagnie et son nouveau complice, Marc Vandoosler, un médiéviste désargenté qui occupe une vieille baraque avec deux autres historiens, Mathias et Lucien, et son oncle Armand, un ancien flic (cf. Debout les morts), également une vieille connaissance de l'Allemand.
Et de nouveau, nos deux compères, friands d'intrigues alambiquées, se perdent en contemplations et autres conclusions aléatoires parmi des locaux revêches ou excessivement conviviaux, qui tenteraient de masquer un crime parfait derrière des bavardages futiles, des passions sordides ou des discussions embrumées dans les vapeurs de l'alcool.
Kehlweiler et Marc sont attentifs aux moindres détails, surveillant les habitudes ambiantes, écoutant les potins, rencontrant les figures de proue, sympathisant avec l'ennemi et réveillant parfois la flamme éteinte d'un premier béguin. 

C'est encore une fois une lecture peu coutumière du genre policier, Fred Vargas y trempe un orteil en brandissant les flonflons, les mystères, les crimes et les soifs de vengeance mais procède à une exécution atypique pour livrer son histoire, qui nous régale par sa dose d'excentricités, sa plume facétieuse et ses personnages insolites. 
Après des débuts lents et précautionneux, l'enquête amorce un virage plus complaisant pour retrouver cette atmosphère si caractéristique de l'auteur. Du charme, de la folie douce, de la finesse, de l'humour et de la subtilité font de cette lecture un rendez-vous excitant. Rien n'est laissé au hasard et, contrairement aux apparences, pas si banal ou pantouflard. Même le dénouement parvient à nous surprendre en nous cueillant là où on ne s'y attend pas. 

Très bonne lecture audio proposée par Philippe Allard, dont il s'agit du troisième enregistrement des ouvrages de Fred Vargas. Son interprétation est impeccable, pleine d'humour et de vivacité, respectant ainsi le registre de l'auteur avec brio, pour une écoute pertinente et très agréable. 

Audiolib, Juin 2016 - Lu par Philippe Allard (durée : 7h32)

 

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Jusqu'à ce que la mort nous unisse, de Karine Giébel

Jusqu'à ce que la mort nous unisse

Après deux lectures pleinement enthousiasmantes (De force, Les Morsures de l'ombre), confirmant le potentiel de Karine Giébel, je découvre Jusqu'à ce que la mort nous unisse. Un roman qui se passe dans les montagnes, avec Vincent Lapaz, un guide meurtri par une rupture amoureuse qu'il ne parvient pas à cicatriser (et dont il cherche à exorciser la douleur en collectionnant les conquêtes sans jamais s'attacher) et la jeune Servane Breitenbach, fraîche recrue de la gendarmerie. 

Entre ces deux-là, naît une tendre complicité, sans ambiguïté. Ils ont pour terrain de jeu la nature belle et sauvage, mais parfois hostile, avec ses braconniers, ses coups bas et ses cadavres. Touché personnellement, Vincent se décide à réclamer justice en se lançant dans une enquête sensible avec le soutien sans faille de Servane. C'est ensemble qu'ils vont donc remuer le fumier masquant les magouilles entre notables, qui voient d'un mauvais œil cette intrusion (et emploieront les grands moyens pour y mettre un terme). 

Je dois reconnaître que l'ambiance rustique et montagnarde renferme un charme fou. On s'y sent à l'étroit, à crapahuter sur des chemins rocailleux, toujours au bord du précipice, la sensation de vertige est tenace, mais le cadre est parfait pour y camoufler ses petits secrets et mener une existence à l'abri des regards curieux. Seulement, au bout d'un moment, l'histoire continue d'emprunter des tours et détours qui, après m'avoir longtemps fait espérer un intérêt quelconque dans le déroulement de la trame romanesque, ont fini par me lasser. Ce roman est extrêmement déroutant dans sa conduite poussive et nous bricole deux, trois sursauts pour ne pas sombrer dans l'inertie, mais c'est bien pour sauver les apparences. L'intrigue est en effet routinière, elle manque d'action et de rebondissements, elle est aussi beaucoup trop longue et sans grande surprise au final. Une lecture un brin décevante eu égard à mes attentes.  

Texte lu par Olivier Blond pour Audiolib (Juillet 2016) durée : 15h 20

Jusqu'à ce que la mort nous unisse | Livre audio

>> Livre audio en exclusivité sur Audible et uniquement disponible en téléchargement.

©2009 Univers Poche (P)2016 Audible FR

 

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28/07/16

Le Temps du loup, de Thomas Kanger

LE TEMPS DU LOUP

Elina Wiik est une brillante enquêtrice, promue commissaire à la brigade des homicides, où elle compte déjà un palmarès fort conséquent pour sa jeune carrière (deux grosses affaires médiatiques résolues de main de maître). Toutefois, sa réputation lui vaut aussi jalousie et coups bas au boulot, où on la traite de diva qui snoberait les affaires courantes.
Aussi, lorsque son ancien chef, cloué sur son lit d'hôpital, lui demande de jeter un œil sur une affaire vieille de vingt-cinq ans, et à trois semaines de sa prescription, elle relève le défi avec une vigueur caractéristique, se fâche avec sa hiérarchie en s'entêtant sur le sujet mais remue ciel et terre pour ressusciter les cadavres enfouis. 
Ce Cold Case concerne le meurtre d'une jeune femme, Ylva Malmberg, alors qu'elle vivait avec son bébé dans un chalet montagnard. Son corps a été découvert plusieurs mois après son assassinat, sans la moindre trace de l'enfant qui a disparu de la circulation. Obtenant un soutien inestimé de Stockholm, Elina pense avoir les coudées franches pour avancer dans son enquête.
Et celle-ci va étonnament prendre de l'ampleur, en guidant la jeune femme vers des pistes concrètes, pertinentes, jusque-là inexploitées ou ignorées des enquêteurs. Quelle aubaine. Elina Wiik fonce tête baissée et nous entraîne dans ses investigations aussi passionnantes que constructives et méthodiques. L'intrigue est surprenante, le style alerte et la construction limpide. On se régale.
L'histoire aussi nous intéresse au parcours d'une jeune paumée, Kari Solbakken, qui part avec son voisin sur les routes de Suède jusqu'aux îles Lofoten en Norvège où celle-ci aurait grandi chez ses parents adoptifs. Elle ne sait rien de son passé, rien de ses origines. Visiblement, elle en souffre (même son corps est affaibli, à force d'encaisser ses excès en tout genre). L'heure est venue de connaître toute la vérité et de rallumer une petite lueur d'espoir.
Manifestement les deux intrigues sont liées mais tout consiste à deviner comment, pourquoi, quand vont-elles entrer en collision. Les ficelles se tissent avec souplesse et entretiennent le suspense à juste dose.

Ce roman, déterré de ma pantagruélique bibliothèque, où il se prélassait depuis 2010, s'est avéré une très bonne pioche ! La lecture est entraînante, le cadre nordique aux petits oignons, les personnages nous sont familiers, proches de nous, et bien entendu l'histoire nous interpelle, par son approche authentique et poignante, elle colle au plus près des grands standards du roman policier. Basique, mais efficace. Dommage que cette série n'ait pas été davantage plébiscitée. Après Le Temps du loup, Les Disparus de Monte Angelo est le deuxième livre de la série “Elina Wiik” à être publié en France.

10x18 Domaine policier (mars 2010) 

Traduit du suédois par Terje Sinding (Söndagsmannen) pour les éditions Presses de la Cité

 

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