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Chez Clarabel

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14 novembre 2015

Si mon père était encore là... de Yann Walcker & Robin

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Je mets au défi quiconque de lire cet album et de lui offrir des cerises s'il n'en ressort pas les yeux embués ou la gorge enrouée !

Car c'est tout bonnement impossible de ne pas ressentir la moindre émotion à l'évocation de ce papa, disparu trop tôt, emporté par la maladie, et qui laisse un grand vide dans la vie de ce petit bonhomme, lequel raconte avec des si ce quotidien fabuleux qu'ils auraient pu avoir ensemble...

Ce sont autant de jolis cailloux semés sur le chemin d'une vie, comme une journée idéale, faite de rires, de mots tendres et de secrets partagés, et qui ne se terminerait jamais. De quoi vous laisser le cœur lourd, le cœur gros, le cœur en miettes...

Ce très bel album évoque le deuil, l'enfance, la complicité entre un fils et son père, avec beaucoup de sensibilité, heureusement marié à un humour fin et appréciable. Les dessins de Robin feront également voltiger vos émotions dans tous les sens. 

Gallimard Jeunesse, coll. Giboulées ♦ Septembre 2015

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13 novembre 2015

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Quel roman extraordinaire ! L'histoire est racontée par une fillette de neuf ans, Scout Finch, qui grandit avec son frère Jem et leur père Atticus dans une petite ville d'Alabama, frappée par la récession économique et engluée dans la ségrégation raciale (nous sommes dans les années 30). Scout est une enfant vive et curieuse, qui a perdu sa mère très jeune et qui voue à son père un culte sans borne. Atticus Finch est avocat, commis d'office dans une affaire de viol, un noir contre une blanche. Le comté est en plein émoi, mais Atticus va inculquer à ses enfants la valeur essentielle du respect de l'autre et du droit pour tous.

Même si cette affaire est l'équivalent de la lumière du phare en pleine mer, elle n'occupe pas non plus toute la place et s'éclipse pour laisser libre court aux divagations de la fillette qui nous raconte aussi sa vie de tous les jours - l'école, l'institutrice aux nouvelles méthodes pédagogiques, les vacances avec Dill, le voisin Boo Radley qui vit reclus chez lui et qui ne cesse d'alimenter de folles rumeurs et l'imagination des enfants. C'est fondamentalement un roman sur l'enfance et l'innocence, sur le regard naïf mais non moins acéré que porte Scout sur le monde qui l'entoure et qui ne tourne pas toujours rond.

Loin d'être simpliste, la lecture est surprenante par sa trame subtile et ficelée avec brio. Scout, par sa jeunesse et son idéalisme radical, s'exprime tout de go et rend, à son corps défendant , son récit drôle et caustique. C'est très, très bon. Et la voix de Cachou Kirsch est toujours aussi agréable à écouter. Elle nous transporte dans cette ambiance du sud si caractéristique, et pourtant si ensorcelante et captivante. J'ai été sous le charme, conquise durant les 11 h 35 du livre audio, époustouflée par ce fabuleux canevas œuvré avec intelligence et doigté.

Ce grand classique de la littérature américaine, couronné par le prix Pulitzer en 1961, est également devenu un livre culte dans la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis mais doit aussi son succès pour son incomparable justesse et pour sa tendresse dans les événements qu'il rapporte. Je recommande fortement. ♥ 

Audiolib / Octobre 2015 ♦ Texte lu par Cachou Kirsch (durée : 11h 35) ♦ Traduit par Isabelle Stoïanov pour les éditions de Fallois (2005) relue et actualisée par Isabelle Hausser pour les éditions Grasset & Fasquelle  

À paraître en FÉVRIER 2016 (Audiolib)  « Va et poste une sentinelle » la suite des aventures de Scout.

12 novembre 2015

Le liseur du 6 h 27, de Jean-Paul Didierlaurent

Le liseur du 6 h 27 CD

Ce petit roman a su tracer sa route l'an dernier et a connu un joli succès, en se révélant attachant, simple, mais pas insignifiant, riche d'une histoire qui possède les mêmes accents poétiques et farfelus qu'un film comme Amélie Poulain ou Les émotifs anonymes.

On  y  découvre le portrait d'un homme qui déteste son patronyme, Guylain Vignolles, et qui n'aime pas non plus la vie qu'il mène. Célibataire, il partage son appartement avec un poisson rouge, Rouget de l'Isle, cinquième du nom. Il travaille pour une société de recyclage qui broie les livres invendus par tonnes de camion déversées dans la gorge de la monstrueuse machine, une Zestor 500, rebaptisée la Chose ou la Bête. Tous les matins, sur le chemin qui le mène à son boulot, Guylain a un rituel : il s'installe sur le même strapontin orange du RER de 6 h 27 et fait la lecture à voix haute. Sa routine bascule le jour où il trouve une clé USB sur son trajet, contenant une flopée de textes rédigés par la mystérieuse Julie, qui raconte sa pittoresque vie de dame pipi dans un centre commercial. Notre Guylain tombe sous le charme de l'inconnue et se laisse convaincre par son vieux pote Giuseppe de la retrouver. 

On goûte avec bonheur toute la tendresse et la cocasserie de cette histoire plaisante et pleine de sensibilité, à laquelle Dominique Pinon apporte sa gouaille légendaire. Il nous plonge en toute bonhomie dans une ambiance décalée et chaleureuse (les étonnantes séances de lecture à voix haute à la maison de retraite, par exemple), d'où l'on ressort avec un sentiment bienheureux. Une chouette lecture, qui a réussi à me charmer sans crier gare. Belle surprise.

Gallimard ♦ Coll. Écoutez lire / Août 2015 ♦ Lu par Dominique Pinon (Durée d'écoute : environ 3 h 50)


Disponible en poche chez Folio, août 2015

Le liseur du 6 h 27

« Pour tous les voyageurs présents dans la rame, il était le liseur, ce type étrange qui, tous les jours de la semaine, parcourait à haute et intelligible voix les quelques pages tirées de sa serviette. Il s'agissait de fragments de livres sans aucun rapport les uns avec les autres. Un extrait de recette de cuisine pouvait côtoyer la page 48 du dernier Goncourt, un paragraphe de roman policier succéder à une page de livre d'histoire. Peu importait le fond pour Guylain. Seul l'acte de lire revêtait de l'importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l'étouffait à l'approche de l'usine. »

11 novembre 2015

Balez et Malina T. 1 : Un amour de mammouth, de Romain Pujol, Thitaume & Baptiste Amsallem

La collection BD Kids accueille dans son écurie une nouvelle série éclatante de joie et de bonne humeur.

Balez et Malina

L'histoire se passe au temps de la préhistoire, avec deux familles que tout oppose et qui ne se portent pas une affection débordante. Mais les deux enfants, Balez (de la tribu des Fort-Fort) et Malina (du clan des Malin-Malin) se rencontrent par hasard et deviennent de super potes. Tout commence avec un bébé mammouth abandonné qu'ils découvrent ensemble avant de se chamailler, puis de décider qu'ils vont s'en occuper tous les deux et ainsi partager leurs jeux.

Cela donne une série de séquences courtes mais très drôles (deux planches d'histoire) au cours desquelles les enfants révèlent aussi leurs particularités - Balez est costaud comme un ours, mais il n'est pas très futé. Malina est rusée comme un renard mais un brin hardie car elle démarre souvent au quart de tour. Ce duo fort sympathique réserve des tas d'aventures hilarantes (la bataille d'oreillers, l'astuce pour tromper les parents et s'échapper du lit ni vu ni connu, le concours de bonhomme de neige, les expressions prises au pied de la lettre «Sers-toi de ta tête !» ...).

Ce sont ainsi 17 histoires courtes à parcourir avec une fringale gourmande et jouissive, qui abordent des thèmes fédérateurs comme l'amitié et l’apprentissage de la différence, traité avec tendresse et humour. Le contexte préhistorique, même si peu exploité, est intéressant, original et instructif. Cette série a été créée par le dessinateur et le scénariste des Lapins Crétins (Romain Pujol, Thitaume) et dessinée par le papa de Monsieur Lapin (éditions Des ronds dans l'O, avec Loïc Dauvillier). Des aventures également disponibles tous les mois dans le magazine Wakou.

BD Kids / Novembre 2015

11 novembre 2015

Les Aventuriers de l’Intermonde T. 1 : Mission Athènes, de Jérôme Erbin & Auren

Encore une très bonne découverte avec cette série alliant l'histoire, le fantastique, l'espionnage et les aventures menées tambour battant !

Les Aventuriers de l’Intermonde

Alex est un jeune parisien passionné d'histoire, qui est témoin d'une scène extraordinaire lors d'une visite au musée. Surgissant d'une faille temporelle, la délicieuse Nephti, esclave de l'Égypte Antique, court à perdre haleine pour échapper à ses poursuivants. L'instant d'après, un apprenti moine shaolin, Jie, jaillit d'une statue de pierre et leur apporte le coup de pouce salutaire. Mais les gardiens du musée ne sont pas loin et tentent de les arrêter à leur tour.

L'histoire ne cesse de nous brinquebaler de rebondissements en rebondissements, sans nous laisser le temps de souffler, et nous voilà sans prévenir en pleine Grèce Antique avec une mission de la plus haute importance ! C'est rondement joué et tout à fait entraînant. On ne fait qu'une bouchée de cette lecture au rythme endiablé, dont l'histoire ne manque pas d'intrigues politiques pimentées de complots et de danger. C'est passionnant.

Nos trois jeunes gens vont peu à peu assimiler la portée de leur mission et leurs rôles dans cette incroyable aventure, en comprenant qu'ils appartiennent à la famille des “veilleurs” - des défenseurs de l'équilibre du monde à travers le temps et l'espace, autrement appelé L'intermonde.  Il n'est plus besoin de rappeler que cette série est excitante et pleine de ressources (les lecteurs d'Astrapi le confirmeront) !

BD Kids / Novembre 2015

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10 novembre 2015

Qu'est-il arrivé à Celia Steinhauser ? de Susan Crawford

Qu'est-il arrivé à Celia Steinhauser

Lorsque Dana découvre le corps sans vie de sa voisine, Celia Steinhauser, baignant dans son sang, elle est prise de panique et se réfugie chez elle en mûrissant la conviction qu'elle tient une part de responsabilité dans ce crime. Toutes deux ont passé l'après-midi ensemble et ont pris un verre. Après quoi, Dana n'est pas fichue de remettre bout à bout les dernières heures de sa journée et se sent désemparée. Son entourage ne l'aide pas non plus - femme seule et délaissée par son époux, Dana soupçonne Jack d'entretenir une liaison et réunit les preuves pour le confondre mais se heurte à son attitude froide et hautaine. Le mari de Celia agit aussi de façon étrange et perturbante. De quoi donner du fil à retordre à l'inspecteur Jack Moss chargé de l'enquête.

Encore une histoire à l'ambiance vaporeuse, mélancolique et énigmatique, dans la lignée de S.J WatsonA.S.A Harrison ou Alice LaPlante, où la personnalité à fleur de peau de Dana Catrell, qui intrigue par ses mystères et nombreuses errances, prend le pas sur l'enquête policière. On avance dans le roman lentement, en empruntant de longs chemins tortueux, et on se pose des tas de questions sur les personnages... qui sont TOUS flous et peu dignes de confiance. Le doute est vite planté dans notre esprit et c'est avec fébrilité qu'on tourne les pages du livre, dans l'attente du dénouement (qui nous cueille franchement avec surprise). Petite baisse de régime à mi-parcours, malgré un suspense sournois, le roman peine à se renouveler ou à explorer de nouvelles pistes, jusqu'au coup de théâtre final, vraiment peu prévisible. 

Mosaïc / juin 2015 ♦ Traduit par Florence Guillemat-Szarvas (The Pocket Wife)

9 novembre 2015

Divergente 3 : L'allégeance, de Veronica Roth

Divergent 3

Le monde de Beatrice Prior, alias Tris, ne cesse d'évoluer et l'entraîne toujours plus loin de ses acquis. Et l'histoire de nous rappeler qu'il y a une vie au-delà des murs de la ville de Chicago. (J'avais pratiquement zappé ce détail, j'ai failli être surprise.) En avant donc pour de nouvelles rencontres et d'autres découvertes sur les divergents, les factions et la politique élaborée pour sauver l'humanité. Le temps est à la réflexion, mais c'est assez lent à se mettre en place, très bavard et procédurier. Les discours fleuve dégoulinent des pages du livre et anesthésient notre esprit assoiffé d'action. On ingurgite ainsi énormément d'informations qui complètent notre vision de la série - et la chamboulent aussi sous toutes les coutures.

Est-ce que j'ai apprécié cette nouvelle étape ? Disons qu'elle demande un instant d'adaptation, mais il est vrai que j'ai été moins emballée, car on est à des années lumière du rythme trépidant des débuts. Cette série qui a démarré sur les chapeaux de roue a choisi d'opérer un virage à 180° pour intégrer son discours sur l'acceptation de l'autre et de ses différences, sur le refus de la «pureté des races», qui est une notion abjecte et rédhibitoire, mais que Veronica Roth traite avec tact, non sans maladresse, car ses lecteurs ont aussi eu le sentiment d'être baladés dans ce dernier tome.  

Au cœur de cet imbroglio scientifico-politique, la relation entre Tris et Tobias tente péniblement d'exister et cherche coûte que coûte à s'épanouir ou à trouver une base solide. Elle connaît des hauts et des bas, fait planer le doute quant à sa survie après le énième coup dur de l'un contre l'autre. Alors que Tris prend de l'assurance et se relève après chaque chute, Tobias apparaît plus fragile et rongé par ses démons. Il n'en finit pas de ruminer de vieilles blessures mais a appris de ses erreurs et ne veut plus cacher la vérité à Tris. Et alors qu'on s'imagine que le couple joue sur la transparence et a acquis une complicité infaillible, paf, l'histoire de nouveau malmène leur amour et nous renvoie dans les cordes.

C'est une lecture aux émotions en dents de scie - après une lente, lente démonstration de la vie qui s'écoule hors des murs de la ville, l'histoire tente de se désembourber en cherchant un dénouement plausible et propose donc une solution bidouillée à la va-comme-je-te-pousse (je suis déçue par son côté expéditif, mais j'ai aimé l'option prise, les choix audacieux de l'auteur et ce semblant d'apothéose qui survient au chapitre 50). Ce final a su rattraper la sensation de lenteur et d'attente qui a accompagné une grande partie de ma lecture. Je garderai donc une profonde sympathie pour cette série, même si je comprends que d'autres lecteurs aient pu se sentir berner par son évolution après le tome 1. Maintenant je ne crains plus d'être spoilée .... ouf ! ☺

Nathan / mai 2014 ♦ Traduit par Anne Delcourt (Allegiant) ♦ Prochainement au cinéma.

Forte de son succès, la saga Divergente va suivre l'exemple de plusieurs de ses prédécesseurs, comme "Harry Potter", "Twilight" ou "Hunger Games", dont le dernier volet s'était décliné en deux films au lieu d'un. Allegiant fera ainsi l'objet de deux parties (Note de moi-même : mais y-a-t-il matière à en tirer deux films ? je reste dubitative quant au contenu qui s'annonce trèèès long !). Pour info, le calendrier est déjà calé aux Etats-Unis : le 16 mars 2016 pour "Allegiant Part. 1", et le 24 mars 2017 pour "Allegiant Part. 2".

7 novembre 2015

Winston & George, de John Miller & Giuliano Cucco

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Winston le crocodile et son ami George l'oiseau aiment se prélasser sur le fleuve et pêcher quelques poissons, en toute tranquillité. Mais George a un point faible - c'est un gros farceur. Il ne peut jamais résister à une bonne blague et fait souvent tourner en bourrique son meilleur pote ou les autres crocodiles. Mais ces derniers n'en peuvent plus de ses mensonges et menacent Winston de lui faire la peau. Si bien que le jour où George a réellement besoin d'eux, ils ne le croient plus une seconde et lui tournent le dos. Or, Winston est en mauvaise posture et est en train d'agoniser, le museau bloqué dans la vase, au fond du fleuve.

Cette fable rappelle que les meilleures blagues ont toujours une fin et qu'il ne sert à rien de crier au loup sans craindre réellement pour sa peau. C'est tout le comique de cette histoire, qui est aussi celle d'une amitié forte et d'une tendre complicité, que les illustrations de Giuliano Cucco mettent fabuleusement en lumière. Il est à noter que ce projet existe depuis les années 60, mais a été abandonné car les impressions en couleurs coûtaient trop cher à l'époque, il aura fallu attendre cinquante ans pour qu'il ressorte à nouveau et connaisse un succès mérité. G. Cucco est malheureusement décédé en 2006.

Winston & George fait partie de la sélection des ouvrages nominés pour le Prix de Bologne du meilleur éditeur de littérature Jeunesse de l'année 2015.

Seuil Jeunesse / Septembre 2015

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7 novembre 2015

La Forêt enchantée, d'Aina Bestard

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Quel album magnifique! Partant de l'idée que la forêt est un enchantement perpétuel, dont le spectacle se découvre sous plusieurs aspects, en prenant le temps, en écoutant les bruits, en découvrant ses habitants et en reconnaissant à Mère Nature ses bienfaits, on se prosterne devant cet album en louant ses nombreuses qualités ! 

C'est grâce aux trois loupes magiques que l'auteur nous convie à participer à ce spectacle d'une forêt qui se réveille en douceur, avec ses animaux planqués derrière le feuillage, en train de mener leur petite vie à l'abri des regards curieux. On ne les interrompt pas dans leur routine (manger, dormir, travailler), on se contente juste de regarder par le trou de la serrure.

Et ce principe des loupes magiques, selon la couleur une scène nouvelle apparaît, est  juste stupéfiant ! C'est l'envers du décor, un monde serein qui se protège jalousement de l'extérieur. Rien que la double page sur la pluie révèle étape par étape son apport à la forêt, pour sa faune et sa flore. Cette lecture a ainsi plusieurs rôles à jouer - éblouir, apprendre, amuser.

Le principe du filtre de couleurs me rappelle une autre lecture - La grande traversée, d'Agathe Demois & Vincent Godeau - pour un rendu tout aussi poétique et fascinant. 

Seuil jeunesse / Septembre 2015

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7 novembre 2015

Mes petits animaux & Mes doudous, de Marion Billet

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Cette collection des Petits imagiers sonores ne cesse de se développer en proposant des idées de lecture toujours aussi charmantes et pertinentes, pour éveiller les sens des tout-petits. Le système des puces est déjà rodé, sauf qu'il faudra fouiller dans les matières à toucher pour entendre le cri du poussin, du chat, de la grenouille ou du chien. 

C'est doux, c'est rigolo. L'enfant glisse ses doigts dans le plumage du poussin, la fourrure de l'écureuil, le poil du chat ou du chien, et même la peau du poisson. Le livre des doudous est rien que par son titre un appel à tripatouiller, jouer, câliner. Il y en a pour tous les goûts : doudou nounours, doudou lapin, doudou girafe, doudou mouton, doudou souris... 

Cette collection trace son chemin avec succès et séduit les enfants grâce aux illustrations ravissantes de Marion Billet.

Gallimard Jeunesse, coll. Mes petits imagiers sonores / Octobre 2015

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