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Chez Clarabel

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30 mars 2009

L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman

Un trailer pour commencer :

 

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Les avis de lecture ont fleuri en nombre concernant ce roman de Neil Gaiman... Pour ceux qui seraient passés à côté, voici quelques mots.

nobody_owensUne famille a été massacrée par un individu appelé le Jack. Seul un bébé a pu se sauver en se réfugiant dans le cimetière voisin. L'enfant sera recueilli et adopté par un couple de fantômes, les Owens. Ainsi naquit Nobody Owens, déclaré Citoyen Libre du cimetière, pouvant aller et venir comme bon lui semble, dans un univers peuplé de créatures surnaturelles, imaginaires et folkloriques.

Mais la vie à l'extérieur du cimetière intrigue Bod qui grandit, curieux, avide d'apprendre, de se faire de nouveaux amis. Or le dange rôde partout, et le fameux Jack n'a toujours pas renoncé à lui faire la peau !

C'est un roman tout gris, tout noir et tout blanc. Comme le préfigure la couverture française. Un livre qui donne la chair de poule, et en même temps qui mêle l'humour, la tendresse et l'humanité avec brio.
C'est l'histoire d'un enfant orphelin qui s'adresse à d'autres enfants, qui montre l'exploration d'un monde magique, et/ou fantaisiste, et qui raconte aussi l'apprentissage de la vie, avec ses plaies et ses bosses, mais aussi ses émerveillements et ses bonheurs.

Plus que tout, j'ai été sensible à la beauté des personnages, qui nous font oublier la mort, leur nature et l'incongruité de la situation. L'ensemble n'est pas qu'étrange, mais aussi inquiétant et merveilleux. Macabre et poétique, captivant et dangereux, sombre et lumineux.

A la fin du roman, Neil Gaiman nous apprend qu'il est un passionné du livre de Kipling (Le livre de la jungle) et qu'il lui a fallu pas moins de vingt ans pour écrire ce roman ! Ces précisions nous étonnent à peine... L'étrange vie de Nobody Owens  est un livre qui se déguste lentement. Personnellement il m'a tenu compagnie durant de longues semaines, non par manque de motivation, mais parce que je trouvais que l'histoire prenait une saveur particulière en s'intercalant dans mes habitudes littéraires et qu'elle réussissait sans problème à s'ancrer dans mon esprit, pas besoin de refeuilleter les pages d'avant pour se rappeler l'histoire.

Une troublante exploration du monde qui sépare les vivants et les morts, avec toute la poésie et l'imagination chères à un grand auteur !   

Ce livre a remporté la Newberry Medal 2009.

Illustrations de Dave McKean
Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 310 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

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Rappelons la sortie de CORALINE, l'animation réalisée par Henry Selick.  En France : le 10 juin 2009 !

De quoi ça cause ?

 

coralineLa famille Jones vient d'emménager dans une grande maison avec des pièces si nombreuses qu'elles ne peuvent être toutes occupées. Profitant que ses parents soient occupés à travailler sur leurs ordinateurs, Coraline entreprend d'explorer l'endroit. Elle découvre l'existence d'une porte noire fermée à clef et qui s'ouvre sur un mur en briques. Du moins, à la première tentative. Lorsqu'elle choisit de recommencer l'expérience, Coraline fait face à un univers identique à celui qu'elle connaît, avec des parents qui ressemblent aux siens, sauf qu'ils semblent plus disponibles. Petit détail non anodin : ils ont des boutons cousus à la place des yeux.
Toutefois ils se montrent aimables et aimants. Prêts à lui offrir tout ce qu'elle désire. Qu'est-ce que cela cache ?

Neil Gaiman, maestro des contes fantastiques, nous introduit dans un doux monde influencé par les oeuvres de Lewis Caroll et même par La famille Addams. L'univers est onirique, savamment inquiétant, et il ne faut pas s'arrêter aux simples apparences, mais traverser le miroir. Dans tous les sens du terme.
Suspense garanti. Ambiance délicieusement noire. Pas bien méchante non plus. Accessible pour les plus jeunes.

Albin Michel, coll. Wiz, 2003 - 152 pages - 10€
Traduit de l'anglais (USA) par Hélène Collon

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29 mars 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs ! #3

(nous lisons bien et beaucoup en ce moment... pourquoi s'en priver ?)

La drôle de vie d'Archie - Agnès Laroche
illustrations de François Foyard

archieLa vie n'est pas drôle pour Archie, élève de 6ème. Ses parents se sont séparés, sa mère est rentrée dans son pays, en Angleterre, et a cru que son fils n'aurait pas supporté le choc d'un déménagement doublé d'une expatriation. C'était sans savoir que la situation à la maison allait virer en catastrophe : son père ne travaille plus (il est enquêteur de police), il dort toute la journée et il s'est mis à boire. Archie doit se débrouiller seul pour manger, faire ses devoirs etc. Ses résultats scolaires sont déplorables, le garçon n'a pas la tête à apprendre ses leçons, il préfère dessiner (et il est doué pour croquer de savoureuses caricatures des personnages et des situations qui l'entourent).
Au collège, il a un seul copain, Pierre-Louis, surnommé le P'tit. C'est un enfant précoce, il a neuf ans. Lui aussi a des soucis : sa mère le couve trop, depuis son veuvage. Elle s'est dernièrement mise en tête d'inscrire son fils dans une école spécialisée pour les enfants surdoués, mais Pierre-Louis n'en a pas du tout envie. Comme sa mère reste sourde à ses protestations, le P'tit a un super plan. Il est persuadé que cela va résoudre tous les problèmes, y compris ceux d'Archie.
Pierre-Louis explique que leurs parents ont besoin d'un électro-choc. Alors il décide de disparaître. Il met en scène sa fugue, sauf qu'Archie ignore où se cache son copain, même lorsque sa mère vient le supplier ou lorsque la police a ouvert son enquête. D'ailleurs cela devient de plus en plus inquiétant. Où est Pierre-Louis ?

Un super plan qui n'en est pas vraiment un, un papa qui prend conscience de sa déchéance, une mère qui étouffe son enfant, un prof d'arts plastiques bienveillant, une enquêtrice qui ressemble à un hamster, un copain qui n'a peur de rien, une recherche de repères, un besoin d'amour, un espoir d'être entendu, écouté, compris... enfin voilà de quoi parle ce roman !

Nous avons pris beaucoup de temps à lire ce roman, à voix haute. Contrairement à d'habitude, c'est un livre assez long, de 155 pages, et qui parle de sujets que nous n'avons pas coutume de lire (mais cela n'empêche pas de s'y intéresser) :  l'alcoolisme, la solitude, le désarroi. Très vite, l'histoire parle également d'espérance, d'entraide et laisse présager un horizon teinté d'amour, des retrouvailles avec la maman et des familles qui resserrent leurs liens. C'est un roman sensible, agréable à lire. Nous avons beaucoup aimé la personnalité d'Archie et ses dessins qui illustrent son état d'âme.   

le blog d'agnès laroche : http://agneslaroche.blogspot.com/

Rageot, coll. Famille, 2009 - 155 pages - 6,30€
A partir de 9 ans.

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Un week-end d'enfer - Brigitte Smadja

weedendMehdi et Baptiste sont meilleurs copains depuis toujours. Medhi garde pourtant secret son amour fou pour Angelica, la soeur de 17 ans de Baptiste. Il sent une profonde et inexplicable animosité chez le garçon envers son aînée, qui ne s'améliore pas lorsque les parents annoncent leur projet de week-end au Maroc et la charge à Angelica de garder son frère et son camarade. Medhi est fou de joie, ce qui contraste avec l'humeur bougonne de Baptiste. Il traite sa soeur de démone, et elle l'appelle Crapaud. L'ambiance s'annonce lourde et orageuse.
Mais dès le vendredi soir, tout se passe à merveille. Angelica bichonne les garçons, leur cuisine un gratin dauphinois (loupé) et gère sans sourciller la situation quand, en pleine nuit, ils sont tous tirés du lit en catastrophe car la chaudière manque de les asphyxier. Arrive le samedi et le climat idyllique est rompu. Angelica informe les plus jeunes qu'ils sont consignés dans la chambre de Baptiste car elle organise une fête (avec l'accord des parents) où ne sont invités que les 'vieux' de 17 ans, pas moins. Le petit coeur de Medhi se brise, il ressent la même rancune qu'éprouve son ami, meurtri et blessé d'être rejeté par sa grande soeur. Alors il choisit ses armes pour se venger : il passe la nuit à chatter sur le net avec une nana du nom de Dita, elle est plus âgée, ça le flatte. Aussi il accepte sans réfléchir un rendez-vous fixé au lundi.

Entre nuit d'enfer, nuit apocalyptique, climat polaire et climat enfiévré, le roman se balade... Angelica et ses amis sont des amateurs du gothique - un code comme un autre pour se prouver qu'ils existent en appartenant à un groupe. Le regard de Medhi, le narrateur de l'histoire, est intransigeant, parfois moqueur. Il sait aussi que son ami agit bêtement en discutant avec une inconnue, par simple esprit de vengeance et parce qu'il se sent incapable d'avouer à sa soeur qu'il l'aime très fort et qu'il attend d'elle de l'intérêt sincère.
La personnalité de Baptiste est vraiment troublante, très paradoxale, épuisante aussi car elle change tout le temps. On passe de l'euphorie au stade dépressif en un quart de tour. Une vraie crise d'adolescence, avec ses inépuisables complexités.
A lire en connaissance de cause, sinon ça use !

Ecole des Loisirs, coll. Neuf, 2009 - 93 pages - 8,00€
dès 10-11 ans

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Un oeuf dans la foule - Manuela Draeger

un_oeuf

Les Josette sont un groupe d'écolières qui s'appellent toutes Josette. Depuis un mois, elles ne vont plus à l'école mais sur les bords de l'estuaire manger des oeufs durs. Elles attendent la douze millième Josette. Bobby Potemkine, Lili Nebraska et Lili Iomelli essaient de savoir pourquoi.

Une brochette de personnages hors du commun, une histoire à se taper la tête contre un mur, une nuit qui ne tombe jamais, des écolières qui font l'école buissonnière, une Josette numéro 12000 est attendue... où, pourquoi, comment. Le narrateur - Bobby - mène une enquête qui échappe à toute logique. Le décor n'a pas de lieu, le temps n'est plus et le lecteur se sent vite perdu.
Ce livre correspondrait davantage aux goûts des amateurs d'intrigue tordue et innovante, aux amateurs d'onirisme.
S'assurer aussi que son cerveau est bien connecté. (Ce n'était pas mon cas, voilà pourquoi !)

Après recherche, j'ai trouvé ceci sur le site de Ricochet :

Derrière Manuela Draeger se cache Antoine Volodine, qui est peut-être lui-même un pseudonyme… On le connaît aussi sous le nom de Lutz Bassmann, Elli Kronauer. Les différents auteurs, qu’il appelle des « voix du post-exotisme », sont censés venir d’un ailleurs inventé, un monde de fiction politisé et dur. Ils racontent ces univers dans des livres pour en échapper. Cela donne des romans étranges, hypnotisants, et Manuela Draeger plonge dans le surréalisme le plus total. Son héros récurrent Bobby Potemkine lutte contre les difficultés de communication, la solitude engendrées par son environnement. Une expérience littéraire à ne pas manquer.

 

(Tout s'explique !)

 

Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2009 - 63 pages - 7,00€

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rendez-vous le week-end prochain pour un nouveau tour d'horizon car... il n'y a pas de petits lecteurs ! ;o)

28 mars 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs ! #2

(pour ceux qui l'ignorent encore, j'ai coutume de lire des romans à voix haute pour mademoiselle ma fille, elle a peut-être bientôt 9 ans, mais elle ne rechigne pas contre quelques séances de lecture avant l'extinction des feux...) voici un échantillon des dernières lectures.

Céleste, ma planète - Timothée de Fombelle
Illustrations de Julie Ricossé

celeste_ma_planeteDans un futur proche, le narrateur, un jeune garçon délaissé par sa mère, vit dans une ville modelée par d'immenses tours de verre et des nuages de pollution. Il rencontre Céleste, qui lui redonne le goût d'être amoureux. Mais au lendemain de leur rencontre celle-ci disparaît. Il décide de la retrouver, puis de la sauver lorsqu'il apprendra qu'elle est gravement malade, et de faire un formidable coup d'éclat pour réveiller les consciences endormies, car soigner la planète guérira aussi Céleste.

Ce merveilleux petit roman est un cri d'amour, un signal d'alerte mais jamais un moratoire pour nous faire prendre conscience de l'état de la planète. Suffit d'un zest d'intelligence pour réagir, il me semble. Enfin bref, le roman dénonce les abus, la pollution, la consommation à outrance, l'individualisme... mais sans jamais être dogmatique. Pour faire avaler la pilule plus joliment, l'auteur s'est tenu à raconter une histoire d'amour, très pure et pleine d'espoir, entre Céleste et le garçon. Il y a beaucoup de charme, d'aventure et d'émotion dans ce livre qu'il faut lire à n'importe quel âge !

Ce texte a précédemment été publié en 2007 dans la revue Je Bouquine.

Folio junior, 2009  - 92 pages - 4,00€  (c'est donné !)

l'avis de Gaëlle

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Je ne suis pas soeur Emmanuelle - Carine Tardieu

je_ne_suis_pasAdèle a 13 ans. C'est une fille sans histoires. Un soir, sa mère l'envoie faire quelques courses. En parcourant les rayons, l'adolescente a une envie de chewing-gum. Pas de problème, elle glisse le paquet dans son panier. Mais au moment de passer en caisse, elle l'oublie et s'en rend compte. Pourtant elle choisit de ne rien dire. C'est son premier larcin : voler. Une pulsion soudaine, qui fait naître en elle de nombreuses questions relatives à la honte et à la culpabilité. Non elle n'est pas soeur Emmanuelle, la bonté faite femme, mais pourquoi insiste-t-elle là-dessus ?
En fait, on découvre qu'elle avait une soeur aînée, Emmanuelle, qui est morte avant d'avoir ses treize ans. Cette tragédie a marqué la famille et sans le vouloir Adèle s'est couverte d'un manteau de culpabilité qui l'oppresse horriblement. C'est par le vol du paquet de chewing-gum que tout va ressortir, pour aussi arriver à ce constat : je ne suis pas parfaite, mais au moins je suis vivante.

Très bon texte, qui traite de l'adolescence à fleur de peau et du deuil. Le monologue de la narratrice déborde aussi d'un humour corrosif, pas désagréable à lire. Excellente découverte !

Actes Sud junior, coll. D'une seule voix, 2009 - 62 pages - 7,80€
illustration de couverture : Anne-Marie Adda

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Un coeur gros comme ça, - Jo Hoestlandt
illustrations de Frédéric Rébéna

un_coeur_grosClasse verte pour l'école de Garance, direction la montagne et le bon air de la campagne. Nos petits citadins vont découvrir pendant trois semaines le calme, le silence, la nuit noire, les étoiles, les murmures, la nature, les animaux... Dans la classe de Garance, tout le monde s'entend très bien, même si Manu reste la tête de turc. C'est un garçon qui ne s'embarrasse d'aucun tracas, on peut penser de lui tout ce qu'on veut, il s'en moque (et il a bien raison !). C'est un idéaliste, un rêveur et un original. Il donne toujours le sentiment d'être à l'ouest, il réfléchit dans son coin, il pose beaucoup de questions qui sortent de l'ordinaire, et elles ne sont pas forcément inintéressantes. Garance s'en rend compte. Elle était un peu comme ses copines, à traiter Manu de lourd et de balourd. Et puis elle s'aperçoit que c'est un type bien aussi. Avec lui, elle a des petits codes, la nuit avant de s'endormir, ils s'adressent un toc toc toc contre la paroi qui sépare leur chambre, ou bien le garçon lui explique qu'une petite souris de Paris s'est prise d'affection pour lui et lui envoie des tas de lettres. Pour la remercier il a l'idée de conserver tous les bons fromages de montagne pour les envoyer dans un colis avant leur départ.

Parfois, on ne remarque pas les gens précieux à côté de nous. Il suffit d'ouvrir ses yeux... C'est le message qui figure en quatrième de couverture. Et on ne se lassera jamais de le répéter ! Nous avons beaucoup aimé ce petit roman, très tendre, drôle et attachant. La petite Garance a des airs d'une certaine demoiselle de ma connaissance (et sa maman m'en rappelle une autre ! ;o)). La façon de raconter les rapports entre les uns et les autres est d'ailleurs très pertinente, on y découvre aussi qu'on ne cesse jamais d'apprendre d'autrui et qu'on n'est jamais à court de surprises !
Excellente lecture, dès 8 ans.

Nathan poche, coll. C'est la vie, 2009 - 102 pages - 4,80€

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Et si votre enfant aime les histoires policières, voici un petit conseil de lecture sympathique :

bonflairUne enquête de Mister Bonflair, L'étrange incendie
de Claire Clément
illustrations de Frédéric Benaglia

L'histoire est simple : Bertus le sanglier a invité ses amis à pique-niquer, mais la petite fête tourne au drame. Tout le monde part fâché. Et peu de temps après, on découvre la maison de Bertus en cendres. Tout a brûlé. Est-ce possible que parmi les suspects se trouve un de ses amis ? Bertus est soulagé de croiser Mister Bonflair sur sa 600 Taquavoir. Fin limier, celui qu'on ne doit surtout pas nommer Achille Duchoux, son vrai nom qu'il déteste, va flairer et chercher des indices.

Vraiment un livre idéal pour un lecteur débutant (dès 6 ans) qui aime mener sa petite enquête.
Cette lecture s'accompagne de précieuses illustrations qui permettent au lecteur de chercher par lui-même, de faire attention au moindre détail pour trouver des indices. L'auteur a aussi ponctué chaque double page d'une question - 1) pour tenir l'intérêt du lecteur en haleine - 2) pour l'amener à réfléchir par lui-même. Ainsi l'enfant aura la certitude d'avoir participé à l'enquête et (pourquoi pas ?) trouvé la solution tout seul !
Un roman qui requiert la participation du lecteur. C'est bien, non ?

Nathan poche, coll. Mystère, 2009 - 30 pages - 4,70€

27 mars 2009

Les domestiques ~ Michael Marshall Smith

les_domestiquesMark ne s'entend pas avec son beau-père David, il ne supporte pas son air supérieur, sa manie de vouloir tout contrôler. Depuis son remariage, sa mère est tombée malade et elle ne sort pratiquement plus de la maison. Ils viennent d'emménager à Brighton dans une demeure bourgeoise où se trouve, dans un appartement au sous-sol, une vieille dame très discrète.
Comme Mark s'enfuit de plus en plus de la maison, pour faire du skate ou pour prendre un bol d'air car il étouffe, il fait la connaissance de cette mamie qui l'accueille dans son modeste chez-elle. Là, elle lui montre une clef qui ouvre une porte donnant accès sur un couloir où on a le sentiment de remonter le temps. On pénètre dans les anciens quartiers des domestiques, on y découvre les cuisines, les appartements du majordome ou de la gouvernante. L'ensemble est vide, gris, froid et abandonné.
Mark ne doit en parler à personne, la vieille dame y tient. L'adolescent joue le jeu, fait son crâneur de savoir quelque chose qu'ignore David. D'ailleurs, entre eux, le ton durcit et le garçon s'enfuit de chez lui. Il se réfugie chez sa voisine du dessous, boit son thé et mange des petits gâteaux, puis s'endort. Réveillé en sursaut, Mark ressent l'envie de retourner seul dans le passage fermé à clef et profite du sommeil de la vieille dame pour s'y faufiler, et là...

Une si belle couverture ne pouvait augurer qu'une belle invitation, non ?
Malheureusement j'ai été plutôt déçue par ce roman. L'histoire est longue à se mettre en place, la première partie s'éternise sur 100 pages et nous fait suivre l'adolescent qui se heurte avec son beau-père, qui regrette Londres et le temps où sa mère était heureuse et pleine de vie. Pas trop de nouvelles sur le père. Le garçon passe son temps à râler, aller et venir entre chez lui, l'extérieur, et ses trop brèves rencontres avec la vieille dame. Le mystère est distillé au compte-gouttes. 
Je me suis longtemps posée des questions sur ce roman, à quand les premiers frémissements, à quand un début d'action, n'est-il point rangé dans la catégorie sf-fantasy ? Même si je suis novice, j'ai cru comprendre que l'auteur était une pointure !
Hélas ce roman est plat. Il y a quelques éléments fantastiques pour émoustiller l'intrigue, mais c'est tellement long à venir (malheureusement, lorsque cela survient, c'est fugace, léger, même pas le temps de s'en apercevoir !), et cela ne crée aucun frisson. La fin est trop vite expédiée, la 'résolution' du problème absolument aberrante, pour ne pas dire obscure et incompréhensible.
Non, j'ai franchement eu le sentiment d'avoir lu un livre qui parle de l'adolescence, des conflits avec le beau-père et la maladie d'un proche. On ne retient que ça ! Il reste ensuite très peu de place ou de temps pour évoquer les fantômes, l'étrange petite mamie et ses gâteaux délicieux, et puis ce climat à Brighton, assez préoccupant, ou la maison et son architecture qui méritait d'être décortiquée et exploitée. Je ne sais pas, il y avait des tas de pistes pour nous servir un repas copieux.
En quatrième de couverture, il est écrit : Les Domestiques est un magnifique roman, une fable poignante qui marque le retour d'un écrivain d'exception.
Han-han. Ne vous attendez pas au chef d'oeuvre non plus !

Bragelonne, coll. Milady, 2009 - 286 pages - 6€ 

(version courte)

Fraîchement installé à Brighton, dans une maison qui appartient au nouveau mari de sa mère, Mark entre en conflit direct avec son beau-père et passe de plus en plus de temps à l'extérieur, rencontrant par la même occasion la vieille dame qui habite l'appartement du sous-sol. Un jour, elle l'invite chez elle et lui révèle un secret derrière une porte fermée à clef. On y découvre les quartiers des domestiques, le cadre d'une époque révolue, tout semble abandonné et décati, et pourtant...

Point de suspense dans ce roman. L'intrigue est relativement faible, les personnages manquent de charisme. On assiste davantage à un roman qui traite de la crise de l'adolescence, un gamin qui se heurte avec son beau-père et qui est confronté à la maladie de sa mère, il va trouver dans le monde secret de la mamie du dessous une solution pour résoudre ses problèmes, du moins je le pense, car il faut peut-être voir dans ce roman une parabole qui me dépasse.
J'ai été moyennement emballée par cette histoire, que j'ai trouvée très lente à se mettre en place. Même si l'auteur est une pointure dans le milieu fantastique, il ne nous offre pas un modèle du genre avec ce court roman. Soit, quelques fantômes apparaissent... mais trop brièvement. Pas le temps de s'attacher, ni de comprendre. Trois p'tits tours, et puis s'en va.
Dommage. J'aimais beaucoup la couverture, qui invitait à l'évasion et au mystère.

26 mars 2009

L'office des vivants ~ Claudie Gallay

office_des_vivantsIl règne dans cette maison en haut de la montagne une atmosphère de vide - vide affectif, vide matériel, vide intellectuel. Le Père est bourru, il travaille quand ça lui chante, s'occupe des bêtes et de la terre, mais ne ramène pas souvent le pain pour nourrir les bouches. La Mère le maudit de l'avoir engrossée une troisième fois, elle se porte mal et doit rester alitée.
Marc et Simone sont deux gosses que rien ne bouleverse, ils roulent leur bosse, jouent dans la cour, ne se lavent pas souvent, ont des poux dans les cheveux, parfois ils se rendent à l'école, quand le temps le permet, la route est longue et le climat sec et glacial.
Pas loin, il y a aussi le grand-père qui passe son temps à sucer ses pastilles et la grand-mère Coche qui est avare comme un rat. Pas facile de lui soutirer une tranche de pain nappée de confiture !
Tout se mérite dans cette vie étriquée.
Un jour, un bébé est déposé sur le pas de la porte. C'est la petite de Mado, qui était fille de ferme et qui a fait perdre la tête au Père. Un matin elle est partie avec les économies de la famille, elle n'est plus jamais revenue. Elle a déposé un cadeau quelques mois après, et c'est comme ça que Manue a fait son entrée.
La gamine n'est pas du tout désirée dans ce foyer. Seul Marc s'est épris de l'enfant, il veille sur elle, coiffe sa chevelure de sauvageonne et s'est juré de la protéger pour l'emmener loin de cette misère quand ils seront grands.

A lire comme ça, on pourrait croire que ce roman est poisseux, écoeurant, limite insoutenable. Mais non ! Claudie Gallay sait soutenir notre regard, elle raconte son histoire sans ambages, son écriture âpre et dépourvue d'artifices donne lieu à un miracle. Elle évoque une misère affective, des personnages cabossés et laids, un environnement qui écarte la tendresse, et encore... l'amour tente de percer, de façon brutale, mal embouchée ou impuissante. Car ce roman reste gris, froid, implacable.
On dit de cette famille qu'elle a le mauvais oeil, et qu'elle récolte ce qu'elle sème. Et pourtant, en tant que lecteur, on se sent incapable de ressentir le moindre accablement, la plus petite compassion ou l'idée de jugement. On n'est pas épargné pour autant, ça cogne, ça fait mal mais c'est si bien écrit qu'on ne décroche pas.
Il s'agit du tout premier roman de Claudie Gallay, publié aux éditions du Rouergue en 2001. Il était indisponible depuis longtemps, cela me trottait de le lire, surtout que Laure m'avait donné envie ... la patience est enfin récompensée : sortie en poche, chez Babel. A ne pas louper !
Et j'aime beaucoup la couverture ! En vrai, elle est encore plus bouleversante.

Babel, 2009 - 224 pages - 7,50€

l'avis de Pagesàpages

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25 mars 2009

Effleurés ~ Isabelle Bauthian & Sylvain Limousi

effleuresÊtre un garçon qui aime l'ordre, le classement, la définition, la logique. La sécurité, selon Christophe. Pas la transparence, ni l'ennui. Jusqu'au jour où il va faire la connaissance de Fleur. Elle est insouciante, légère, hippie, bouffonne, libre, rigolote. 
Peut-on parler d'avenir lorsqu'on n'est pas sur la même longueur d'ondes ? lorsqu'une relation d'un soir s'éternise dans la durée d'abord, dans la qualité ensuite ? Vous sentez que cette fille vous apporte beaucoup, mais qu'elle devrait aussi se fondre un peu à votre image.
Terrible dilemme du couple qui cherche à forger l'autre selon ses attentes... ou non, disons qu'on cherche à plaire pour les autres, pour le regard qu'on pose sur nous ? S'enticher d'une fille à problèmes, l'aimer à perdre la raison, ne pas l'admettre, oser pour elle ce qu'on n'imaginait pas, et tout perdre ?
C'est une histoire ordinaire, qui comprend mieux qu'elle n'évoque ce que l'amour, en général, pousse les hommes et les femmes à accomplir pour briller, ou pour exister. On s'effleure plus souvent, croyant se toucher. C'est dans l'air du temps.
En bref, une belle histoire pleine de sens. A lire.

Effleurés, par Isabelle Bauthian & Sylvain Limousi
Dargaud, 2008 - 72 pages - 12,50€

A rapprocher avec la lecture de Ruptures d'Andi Watson (ça et là, 2008)

Quelques clics :::  les premières pages à consulter sur le site de l'éditeur - le blog d'isabelle bauthian

24 mars 2009

Un temps fou - Laurence Tardieu

« J'écrirai mon amour pour vous, non pour le rêver, mais pour m'en envelopper. Pour le faire vivre. »

 

 

laurence_tardieu

« Je vais revoir l'homme qui m'a désarmée toute une nuit, celui que j'aurais suivi à l'aube jusqu'au bout du monde, jusqu'au bout du temps. Très simplement je me serais levée et je l'aurais suivi, le reste n'aurait plus existé, le reste se serait annulé, d'un coup, comme enseveli sous la neige. »

Il y a six ans, la narratrice - Maud - a passé toute une nuit auprès d'un homme avec qui il ne s'est rien passé, sauf un courant électrique, un frisson d'attirance, la certitude absolue d'avoir croisé l'autre moitié d'un tout. Mais au matin, chacun est parti de son côté et la vie a filé doux. C'est en recevant son coup de fil, six ans après, que Maud comprend son manque de lui, la longue absence, le poids du désir et la conviction intime d'avoir peut-être manqué quelque chose. Cet homme aux yeux gris est cinéaste, il propose un déjeuner car il a envie de travailler avec elle. Elle est romancière, depuis huit mois elle n'arrive plus à aligner le moindre mot, c'est la page blanche. Leurs retrouvailles permettent de débloquer la panne, de même tous deux constatent en silence que leur attirance est toujours aussi vivace. Maud est mariée et mère d'une petite fille, mais elle tend son corps vers lui, impatiente et gourmande, prête à tout.

Ce roman parle d'une femme, d'un homme, de leur désir et de la vie qui s'échappe.
C'est très difficile d'en dire plus, d'abord parce que c'est un livre qu'il faut lire pour comprendre, il se suffit ainsi, en dire quelques mots serait très maladroit. Et puis, c'est au fond une trame assez lente, pleine d'introspection, où on aborde la pudeur des sentiments, l'émotion d'avoir saisi l'imperceptible et où on se glisse dans la peau d'une femme forte de sa sensualité, à l'écoute de ses désirs et ses sensations.
C'est beau, c'est vrai, parfois un peu long, j'ai trouvé. L'écriture de Laurence Tardieu fait toujours des merveilles, elle touche instantanément, elle comprend ce qui s'entend, ou se vit. Elle trouve les mots justes, elle cerne avec brio ses personnages, lesquels peuvent parfois nous ressembler. C'est remarquable, et à chaque fois un plaisir de découvrir un nouveau roman de cet auteur !

« Qu'y a-t-il de plus intime que la lecture ? Ce chuchotement qui nous atteint au plus profond de nous, comme si, tout autour, une nuit accidentelle était tombée sur le monde et l'avait rendu silencieux. Soudain, il n'y a plus rien. Il n'y a plus que le texte, qui résonne en nous. »

Stock, 2009 - 236 pages - 17€   

23 mars 2009

Un soir, j'ai divorcé de mes parents ~ Rachel Hausfater

un_soirSuite au divorce de ses parents, qu'il a beaucoup de mal à digérer, le jeune narrateur prend la décision de divorcer de ses parents. C'est sa façon à lui de manifester son mécontentement, mais aussi d'exprimer son chagrin. Il passe en revue deux parents divorcés qui ne ressemblent plus à la famille d'avant. De dépit en consternation, le garçon comprend qu'il n'a plus sa place, qu'il doit la trouver ailleurs. Il choisit de se réfugier dans la chambre de bonne de ses grand-parents, un week-end sur deux. En secret.
Toutefois cette liberté a aussi un goût amer, c'est un coup pour son moral. Comment passer ces journées sans adultes ? 
Beaucoup de réflexion dans ce court roman qui traite du divorce et des enfants de divorcés, "Un soir, j'ai divorcé de mes parents" raconte le parcours d'un adolescent qui se cherche, qui choisit de s'éloigner pour mieux se trouver. Son histoire est celle d'un enfant qui doit quitter brutalement le nid douillet, qui doit accepter la décision de ses parents et apprendre à vivre avec. Un divorce, ça fait grandir un peu trop vite, ça détruit, c'est une fin et ça tue aussi.
Mais heureusement, après on reconstruit, on recommence, on renaît. On aime ailleurs, et on aime encore. Le message est positif, même si le procédé peut paraître un peu excessif et exubérant (vivre seul dans une chambre de bonne, mener son petit cirque dans le dos des adultes). Disons que souvent cela m'est apparu trop profond dans la bouche d'un adolescent, trop mûri dans la tête d'un môme en détresse. A la fin, par exemple, ses discours avec ses parents sonnent incroyablement consciencieux, tellement adultes, alors qu'il s'agit tout de même d'un lycéen. Je ne sais pas. Il y a comme un fossé entre le fictif et le réel, sur tout ce qui touche le narrateur, sa parole et ses pensées. Cela me semble moyennement crédible.
Au moins cette histoire a pour vertu de faire réfléchir, je ne sais pas si un adolescent s'y retrouvera forcément, et même si j'apprécie personnellement beaucoup le style de Rachel Hausfater, je trouve qu'ici le texte manque parfois d'un léger plus (j'aurais préféré qu'on passe plus de temps avec Madeleine, cette voisine âgée qui recueille le garçon les soirs de blues, lui sèche ses larmes, lui offre du thé et des gâteaux, ou même avec Alma, sa petite fée de liberté).
Quelques frustrations, donc... mais ce n'est pas méchant.
J'attends vos retours avec une certaine curiosité !

Thierry Magnier, 2009 (achevé d'imprimer dans une chambre de bonne) - 115 pages - 7,50€ 

22 mars 2009

Pour donner envie ?

« Quand on arrive, on dit ouf. On dit enfin. On se sent rescapé de la route. Survivant. Des dizaines de morts en un week-end, et des blessés, des estropiés de la vie... pas nous, pas moi.
Pas cette fois ; c'est toujours ça. Pourtant... l'autoroute, les accidents, les fous du volant... ce n'était pas l'occasion de se tuer qui manquait. On l'a échappé belle, en un sens. Et dire qu'il faudra repartir, refaire le chemin dans l'autre sens. Braver tous les dangers, l'autoroute, les accidents, les fous du volants ; survivre peut-être ; peut-être pas.
Alors autant en profiter, maintenant qu'il est temps. On se dit ça tous les ans : c'est les vacances, profitons-en.
D'abord appeler maman. Elle se fait du souci, vous savoir sur la route, mes enfants, je ne vis plus ; s'il vous arrivait quelque chose, ce serait terrible pour moi. Pour moi aussi, maman. Si je mourais, ce serait terrible. Irréversible, pour ainsi dire. Je ne m'en remettrais pas, moi non plus... On le pense dans sa tête, mais on ne le dit jamais à maman. On lui dit : Ne t'inquiète pas, je te passerai un coup de fil en arrivant.
Donc on le fait. Maman est rassurée qu'on soit vivant ; ça se comprend.
On pose les bagages. On prend possession de la location. On regarde partout. On apprivoise l'endroit. Ce sera chez moi pour un mois. Drôle d'idée.
D'un coup ça nous tombe dessus. On se rappelle pourquoi on a choisi d'aller si loin. La chaleur. Avoir chaud, on est là pour ça. L'hiver est si long par chez nous, si gris. On veut du chaud et du soleil. De la lumière. Et ne rien faire.
(...)
Voilà, on s'habitue. La chaleur, le soleil, la mer. Ne rien faire. Pour changer, parfois on va à la piscine ; mais ça ne change pas. On se baigne, on bronze ; on bronze, on se baigne ; ou inversement.
(...)
A force de chaleur, allongé, les yeux fermés, on oublie d'oublier. Alors on prend de grandes résolutions ; des résolutions pour la rentrée. Si on rentre.
Arrêter de fumer, arrêter de boire, arrêter de se coucher tard, arrêter de manger des cochonneries... on a toujours des choses à arrêter. Arrêter de penser à ce qu'il faut arrêter ; on y repensera au nouvel an. Si on est encore vivant.
En attendant, en profiter.
(...)
»

- les vacances

Extrait de Maison Buissonière d'Isabelle Minière (éditions delphine montalant)

Merci Laure pour le prêt !  (lisez son avis!)

21 mars 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs !

 

 

 

Ça va valser - Guillaume Guéraud

ca_va_valserLe grand-père Léonine est un phénomène : il a soixante-dix neuf ans, c'est un ancien révolutionnaire, il a connu le Mexique, l'Argentine, la Chine et il a braqué des banques pour aider la guerilla du Che. Aujourd'hui, rangé et veuf, il vit auprès de sa famille qu'il pousse à partager sa passion de la danse. En fait, grand-père Léonine est champion de valse. Chaque année, il se rend au concours national, avec son beau smoking et sa partenaire de danse, qu'il juge trop bourgeoise. Cette fois-ci, un problème se pose : le rendez-vous a lieu à Vesoul, ce n'est pas la porte à côté et sa famille chipote. Trop long voyage, un peu barbant, etc. Le grand-père râle, menace, insiste. Ses proches cèdent et le voyage se prépare. Mais le trajet tourne vite en cauchemar, car grand-père Léonine a une attaque. La fin du rêve ? On se retrouve dans un service de soins intensifs, les nerfs à vif et on partage les sentiments de la famille. C'est qu'on a fini par l'aimer, Léonine ! Il est bourru, il a du caractère et il est vif, mais à soixante-dix-neuf ans c'est trop jeune pour partir. Ce ne serait pas juste, du moins. En quelques 40 pages, Guillaume Guéraud est parvenu à nous dessiner un portrait attachant d'un bonhomme extraordinaire, ancien révolutionnaire, gangster, pilleur de banque,  grand-père Léonine a vécu mille vies dont il régale son petit-fils (et le lecteur par la même occasion !). C'est un petit texte drôle et enlevé comme un pas de danse, nous avons également trouvé que les mots compliqués étaient bien expliqués (goulag, nazi, le Che...). D'ailleurs les figures révolutionnaires ne manquent pas ! 
Très accessible pour les 6-9 ans.

Thierry Magnier, coll. Petite poche, 2009 - 48 pages - 5€

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Le baiser à moustaches, de Jean-Michel Payet
illustrations de Nicolas Ryser

baiser_a_moustachesLe baiser à moustaches est un petit texte audacieux et original, car le narrateur - qui se dévoile à la fin du premier chapitre - n'est pas commun. Gregor fréquente le même collège que Coraline dont il est éperdument amoureux. Mais il n'ose pas se déclarer. Son meilleur ami Apo va lui donner des conseils pour obtenir un baiser, qui pourrait rompre le charme.
En fait, Gregor est un rat. Il pense que sa famille et lui étaient des humains auparavant et qu'ils ont été transformés par un sort, il ne s'en rappelle plus très bien. Autour de lui on pense qu'il est un peu fou car ses propos sonnent plus comme des divagations. Mais Apo le soutient, il a cru comprendre qu'un baiser pouvait transformer l'animal en être humain, pourquoi ne pas tenter sa chance ? Apo et Gregor se rendent donc chez Coraline, l'aventure est périlleuse, notre narrateur est pataud et timoré. Chez sa dulcinée, le plan d'Apo tombe à l'eau lorsque les deux amis découvrent le gros matou de la jeune fille ! 
L'amour donne vraiment des ailes, car Gregor va accomplir des miracles, comme prendre sur lui et se rendre dans le Grand Cloaque où se nichent les horribles rats noirs. Il espère retrouver la précieuse bague en améthyste qui appartenait à la grand-mère de Coraline et qui est tombée dans les égouts. Peut-être sera-t-il récompensé pour ses efforts et sa témérité !
La fin est mignonne, car elle est inattendue. L'histoire aussi ne manque pas de rebondissements, et les ratons ont un capital sympathie qui les rendent presque craquants ! (Le baiser, à la fin... brrr !)
Un texte assez dense, abordable pour les lecteurs confirmés dès 7-8 ans.

Une première version de cet ouvrage a paru en 2007 dans le magazine DLire.

Milan poche, cadet +, coll. tranche de vie, 2009 - 62 pages - 5,90€

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Pas de vacances pour Kiki ! - Bruno Heitz

kiki_2Le lecteur retrouve la famille de Kiki le hamster. Cette fois-ci, sa jeune maîtresse et ses abominables parents cherchent à partir en vacances pour pas cher. Une idée germe dans les pauvres cerveaux de ces géniteurs bêtes et méchants : profiter de l'hospitalité du correspondant de leur fille.
De l'art de confondre Dol en Bretagne et Dole dans le Jura.
De l'impertinence avec un hamster qui ronge tout ce qu'il trouve, qui vit caché dans un tiroir et qui envoie des mails codés en pleine nuit.
Des illustrations simples, en noir et blanc, très épurées.
De l'humour, surtout, pour croquer des personnages râleurs et glandeurs, et une petite fille qui prend la poudre d'escampette pour se réconcilier avec son "corresse".
A glisser dans une poche, cette BD a un format microscopique, et c'est sympa comme petite histoire ! A lire sous plusieurs degrés, petits et grands vont apprécier.

Thierry Magnier, Petite Poche BD, 2009 - 5€

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