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Chez Clarabel

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25 mai 2010

Jean-Noël Sciarini

Je m'appelle Toni Canetto, j'ai seize ans, et comme je ne sais pas qui je suis, que j'en crève de ne pas le savoir, je cherche l'amour dans les chansons.

garcon_bientot_oublie

En voilà un roman absolument déconcertant, qui n'est pas tendre avec son lecteur car il choisit sciemment de le bousculer. C'est l'histoire d'un garçon de seize ans intimement persuadé d'être une erreur de la nature ("être un garçon manqué, un garçon râté"), il ne se sent pas dans la peau d'un garçon comme les autres, mais un garçon en passe de devenir une femme. Et c'est en découvrant une chanson d'Antony & the Johnsons, puis en rencontrant Rose à Paris qu'il va comprendre que son destin est tracé. L'histoire de son parcours et de cette révélation nous apparaît hallucinante et bouleversante de beauté brute. C'est un texte dur, un vrai électrochoc, qu'on reçoit comme une claque. La fin du roman, notamment, n'est pas facile. Tout s'embrouille, tout se met en branle, c'est le chaos. Toni a pris conscience d'un tas de choses, il va agir et basculer dans un univers cotonneux, presque onirique. J'étais un peu paumée mais je n'ai pas  regretté.

Néanmoins, au-delà de toutes les considérations sur le sexe et l'identité profonde, c'est aussi un livre qui laisse libre cours à de pleines pages de bonheur musical. Associer la découverte d'une chanson à la renaissance, à la vie qui se révèle et aux émotions que cela implique, j'ai trouvé que c'était tout simplement merveilleux.

Je pose le disque dans mon lecteur CD, et pendant des heures, plus rien n'existe.
Que cette chanson. Et moi.
Des dizaines de fois, je l'interromps, ne l'écoutant que par bribes, comme un corps si longtemps désiré, et annexé millimètre après millimètre, sans pouvoir y croire, à cette beauté et à cette chance de pouvoir le toucher, enfin ; toute cette attente, ce n'était pas en vain.
Je m'écroule alors, trop-plein de sensations physiques dont j'ignorais l'existence - moi qui n'ai jamais vécu que dans ma tête.
Recroquevillé sur le sol de ma chambre, je fonds en larmes, mon corps parcouru de sanglots violents inséminés par une voix nouvelle, comme un ouragan le traversant, le dévastant.
Comme s'il fallait détruire tout ce qui était pour laisser tout l'espace du monde à ce qui sera.
 

Le garçon bientôt oublié ~ Jean-Noël Sciarini
Médium de l'école des loisirs (2010) - 196 pages - 10€
illustration de couverture : Rascal

L'auteur s'était déjà illustré dans un premier roman, Nous étions des passe-muraille, tout aussi complexe et troublant.

(...) j'ai proposé à Sarah de s'asseoir sur une banquette. Elle a fait non de la tête et s'est frayé un chemin parmi la foule. Puis elle s'est mise à danser, les yeux clos, indifférente à ce monde si vaste qui s'étendait à la frontière de son corps ; je ne l'avais jamais vue danser avant cette nuit. Et même maigre à pleurer, elle était encore si belle cette nuit-là, Sarah, ma ballerine, à danser sur la pointe des pieds, Sarah, se réappropriant son corps et abolissant, le temps de quelques chansons, cette frontière invisible qui la tenait depuis trop longtemps à l'écart du monde.
Je suis resté planté, à la regarder danser pendant plus d'une heure. J'étais paralysé, ne voulais rien faire. Il fallait que l'équilibre ne se rompe pas, il fallait qu'elle sente à nouveau le sang affluer dans ses veines d'or, qu'elle réanime les fonctions de son corps.
Quand elle a enfin ouvert les yeux, ils étaient pour moi. Elle a parlé - non, je n'ai pas rêvé, Sarah, j'ai entendu ta voix -, elle m'a dit :
- Jean, danse avec moi !
C'était une injonction. Un ordre comme je n'osais plus en rêver. Sarah reprenait les commandes, à l'écoute des battements du monde ; Sarah forte et fragile, sourire aux lèvres, tantôt narquoise, tantôt désarmante d'innocence non feinte. Et son regard comme  une contrepartie à l'obscénité du monde. Ses colères pour rien, aussi, que je fuyais au début comme la peste, préférant passer pour un lâche plutôt que d'affronter les coups millimétrés de ses mots, les fléchettes empoisonnées qu'elle me décrochait. Ses colères qui me manquaient tant à présent...
Alors j'ai dansé avec elle - tâchant d'oublier quelques minutes que je ne dansais presque jamais, tellement j'avais honte de la gaucherie de mes pas, de mes longues mains que je ne savais où mettre, excepté au fond de mes poches. A ce moment-là, nos vies battaient au rythme saccadé d'une mélodie minimale jouée par un DJ de Detroit.
Je n'aimais pas cette musique, je n'aimais pas cet endroit mais j'étais si heureux de voir Sarah danser comme une folle, Sarah assassinant père et mère, Sylvia Plath, Fernando Pessoa, puisqu'elle n'en avait plus rien à faire de la gravité et qu'elle était à nouveau prête à la défier, ce soir-là, dans cette ancienne fabrique cerclée de briques rouges.
Et puisqu'il y a déjà bien assez d'anges dans le ciel, redeviens un démon, Sarah, redeviens un démon et enivre-toi ; de Dionysos tu seras toujours la fille, Sarah.

passe_murailleC'est encore un texte pas facile du tout, mais très attachant et émouvant, admirablement écrit et d'une poésie pointilleuse. C'est l'histoire d'un couple improbable - lui, pataud et encombré d'un corps disgracieux, et elle, belle et rayonnante, mais qu'on dit folle alors qu'elle est malade, ne mange plus, ne parle plus. Elle est internée dans un centre d'où Jean, le narrateur, va la sortir pour l'emmener en Allemagne, pays que Sarah a quitté brutalement quand elle était enfant. Il espère ainsi que ce retour aux sources la guérisse ou lui redonne goût à la vie. C'est un petit roman sensible et sincère, qui m'a mise à plat, mais je savais les risques que je prenais. La lecture fut éprouvante, mais elle a su générer une énergie forte et revigorante. Envers et contre tout.

Nous étions des passe-muraille ~ Jean-Noël Sciarini
Médium de l'école des loisirs (2009) - 178 pages - 9,50€
illustration de couverture : Frank Juery
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16 mai 2010

Blue Cerises saison 3

blue_cerises_saison_3

" Les Cerises, c'est la possibilité d'être nous, tels quels, sans masque, sans paraître. Un cocon, peut-être, où nous pouvons nous protéger de tout le reste. " (Satya, de musc et de havane)

Voilà une troisième saison beaucoup plus rude pour nos Cerises. C'est le soir du réveillon de la saint-sylvestre, tous les quatre se rendent à une fête costumée, mais rien ne se passe comme prévu. Violette apprend que son frère a disparu, Amos pète un câble et lui envoie un scud en pleine figure, Zik et Satya frisent le rapprochement avant de revenir sur terre pour recoller les pots cassés. Quelle soirée !

Après la saison des secrets, voici la saison des révélations et du sentiment de trahison. Les masques tombent, le fantôme d'Olivia revient tous les hanter, entre apparition surréaliste ou harcèlement d'un dégénéré, les Cerises sont paumés et ont besoin de leur amitié pour ressouder les liens qui se desserrent. Or, l'amitié bat des ailes. Zik a le sentiment d'avoir été mise de côté, Amos a cru pouvoir se séparer de sa famille qui part au Canada en se consolant auprès des Cerises, mais soudain le déchirement devient vif et inexplicable, Violette a bafoué la confiance de ses proches, aujourd'hui elle en paie douloureusement le prix, et enfin Satya ne veut pas entendre parler de ce type débarqué de New York qui aurait bien connu ses parents en Inde. A l'instar de ses amis, il préfère se protéger de la réalité, ne pas affronter certaines vérités, trouver un refuge ailleurs, à la Cinémathèque par exemple. Quand on a toujours compté l'un pour l'autre, et l'un sur l'autre, cela devient subitement troublant de ne plus rien retenir et de découvrir que tout se délite. Et le désespoir de Zik est juste beau, poignant et émouvant.

" J'y ai tellement cru, aux blue Cerises, j'ai tellement cru qu'ils m'aidaient à vivre. Notre mot de passe n'est-il pas : "On en parle ?"
Dans ce cas, pourquoi est-il si difficile de se dire les choses ? N'y a-t-il pas une gigantesque supercherie à croire que l'on ne peut être rien sans les autres ? Je n'en peux plus. J'ai envie de hurler. Je ne supporte plus cette hypocrisie de merde. "
  (Zik, lonely cat)

Les blue Cerises, c'est l'amitié puissance 4. Une amitié fusionnelle, qui n'est pas épargnée par les coups de griffes, mais après tout il faut aussi grandir dans la douleur, et comme nos petits Cerises ont un goût inné pour la dramaturgie (on ne se gave pas de cinémathèque en apprenant par coeur les répliques implacables pour rien !), tout ça vous vrille le coeur et le corps. Cette saison se boucle donc sur une note d'amertume, en même temps lire quatre fois une cinquantaine de pages où les émotions sont intenses et exarcerbées ne peut pas se terminer autrement. Et c'est avec une certaine boule au ventre qu'on repose nos quatre petits bouquins, avec des questions qui passent en boucle, comme de ne pas comprendre où Amos a perdu la raison, à une lettre près (ça signifie "entendre son coeur") et sur quelle épaule Zik a calé sa tête (en se glissant dans la peau de Scarlett).

Donc, les larmes, les cris, la colère, la boisson, les notes de musique ont beaucoup versé dans cette saison mais c'est un mal pour un bien. Cette série, à travers son concept, son idée, son style et son portrait de quatre adolescents inséparables, montre que l'union fait la force.

En attendant un dénouement apaisant (Zik / Satya ?!?), la saison 3 a posé les bonnes questions : " Pourquoi cette violence ? (...) Où est ma place dans cette histoire ? Je suis libre d'être ce que je suis. Les ailes froissées, je me cogne, encore et encore, aux lumières de la vie. Et je me consume. " (Violette, la minute papillon)

La saison 3 des Blue Cerises comprend :

* Violette, la minute papillon ~ Cécile Roumiguière
* Zik, lonely cat ~ Maryvonne Rippert
* Amos, anticorps ~ Sigrid Baffert
* Satya, de musc et de havane ~ Jean-Michel Payet

Milan, coll. Macadam (2010) - 4€ chaque livre. 

13 mai 2010

Un automne à Kyoto (Karine Reysset) & Le tueur à la cravate (Marie-Aude Murail)

A suivre, deux romans récemment publiés par l'école des loisirs.

Je commence par mon préféré : Un automne à Kyoto de Karine Reysset.

Un_automne_a_Kyoto_de_Karine_ReyssetC'est un petit roman très attachant, qui raconte le voyage de Margaux au Japon (son père a obtenu une bourse pour résider à la Villa Kujoyama de Kyoto). En plus d'être dépaysante et poétique, l'histoire nous invite à explorer les états d'âme de l'adolescente dont le petit monde est en train de se fissurer de partout. D'abord, il y a la distance qui s'installe avec son petit copain, resté à Saint-Malo, puis l'humeur morose de son père, accaparé par son travail, et l'absence de leur mère, qui ne les a pas accompagnés à cause de son travail, et enfin Eric, leur voisin photographe, qu'on nous présente avec un sourire carnassier et qui, à force de croiser Margaux, va affoler les battements de son coeur. 

C'est une histoire touchante, avec quelques pointes d'amertume, sur ce qui fait et défait un lien, sur ce qui fait grandir aussi, sur les petites choses belles, touchantes, émouvantes, celles qu'on regrette, celles qu'on ne supporte plus. Ce beau voyage au Japon va faire exploser le coeur et la tête de Margaux, mille sensations sont attendues, avec cette petite phrase qui dit peu et tout à la fois : " Kyoto, il est temps que je parte, tu m'as ensorcelée, divine, tu m'as presque rendue folle, tu nous as tous rendus fous. Tu vas me manquer. "

Vraiment un joli roman qu'offre Karine Reysset, qui s'inscrit entre le carnet de voyage et le roman d'apprentissage, enrichi d'haïkus et d'illustrations sur les paysages de Kyoto.

Coll. Médium, EdL (2010) - 176 pages - 10,00€
illustration de couverture :  Hélène Millot

Le deuxième livre est celui de Marie-Aude Murail, Le tueur à la cravate.

Le_tueur_a_la_cravateJe crois avoir été plus emballée par le journal de bord que par l'histoire policière elle-même. En effet, sur quelques 70 pages, l'auteur nous raconte son métier d'écrivain et la lente élaboration de son dernier roman (pour tous ceux qui se posent la question, d'où vous vient l'inspiration, comment naît un roman, vous serez servis !). Donc, Marie-Aude Murail vient de terminer Malo de Lange et songe déjà à son prochain projet - un livre sur la mythologie grecque ou les réseaux sociaux du net. (Finalement, MAM optera pour la deuxième option.) Et c'est tout simplement cocasse de la suivre sur les pistes des blogs, de sites des copains d'avant, de facemachin, une sorte de pélerinage dans un pays inconnu qui la déconcerte et la met mal à l'aise. (Bon, il faut noter que l'auteur est absolument farouche au principe d'exhibition, mais elle ne juge pas, elle s'interroge et elle pose un regard innocent et sévère à la fois.)

Bien sûr, il y a d'abord le roman à lire pour frissonner de plaisir. Le Tueur à la cravate se veut un très bon thriller, où tout commence quand deux adolescentes postent la photo de classe des parents de Ruth sur un site du genre perdu-de-vue. A partir de là, les vieux démons vont se réveiller car nos demoiselles ignorent qu'un macabre fait divers a secoué la classe de TC3 qui appartenait au père de Ruth, à sa mère et la soeur jumelle de celle-ci. Vingt ans plus tôt, donc, cette dernière a été sauvagement étrangée, le corps jeté dans la Charente, le meurtrier mis sous les verroux, même si pendant un temps c'était le père de Ruth, lui-même, qui avait été suspecté. Aujourd'hui chirurgien estimé, Vincent Cassel élève seul ses deux filles, depuis la mort soudaine de son épouse. C'est beaucoup pour un seul homme, pense-t-on.

L'histoire nous en montrera d'autres, des vertes et des pas mûres, et durant une lente et haletante montée en pression, l'intrigue ressert son étau de façon inexorable (même si j'avais facilement deviné la fin). Malgré tout, cette histoire policière ne prend pas ses lecteurs pour des idiots, il y a des morts, des suspects, des psychopathes et des beaufs. Au milieu, on suit une jeune fille qui, en perte de repères, ne va plus savoir à qui accorder sa confiance (et on la comprend tout à fait !). C'est un roman noir, à l'ambiance oppressante. Et je crois que, pour un lecteur qui n'est pas encore trop usé par les ficelles du genre, ce livre conviendra parfaitement.

coll. Médium, EdL (2010) - 362 pages - 11,50€
illustration de couverture :  Franck Juery

11 mai 2010

Le Journal de Carrie

Carrie Bradshaw (oubliez l'icône de Sex and the City) a dix-sept ans, elle vit à Castlebury, un bled paumé, où elle va au lycée et passe son temps libre auprès de ses amis d'enfance. C'est l'année de terminale, l'année de tous les défis et de toutes les envies. Carrie est une fille fofolle et déjantée, elle est intelligente mais manque de confiance en elle. Elle rêve de New York, d'être écrivain et de tomber amoureuse. Et déjà se profile son goût prononcé pour les toxic boys - Sebastian Kydd a tout d'un M. Big quinze ans plus tard ! Qu'importe si elle se casse les dents, Carrie se lance dans cette relation qui lui colle à la peau.

Le_journal_de_Carrie

Être ou ne pas être fan de la série (qui reste à mille lieues des livres de Candace Bushnell, entre nous), avoir ou ne plus avoir quinze ans, tout ceci ne tient plus compte car c'est une lecture qui s'apprécie sous toutes les coutures. Pour ceux qui connaissent, c'est d'abord le plaisir de rencontrer une Carrie prête à sortir de sa chrysalide, c'est comprendre ses racines, son histoire avec sa famille, ses premières relations amicales et les échelons vers New York (quelle fin ! de quoi vous donner un sourire béat, en vous mordant la lèvre d'impartience). Par contre, j'ai craint au début être frustrée de replonger ainsi à la source, car à quoi bon lire le début d'une histoire si l'on connaît déjà la fin ? Heureusement, cela n'a strictement rien à voir.

"Le Journal de Carrie" se veut une chronique sur la jeunesse qui se cherche, qui s'aime et se déchire, sur les modes et les clans, les trahisons, les éclats, les faiblesses et les révélations. Avant d'être Carrie Bradshaw, c'est une jeune fille comme les autres, forte et fragile, que la vie n'épargne pas mais qui lui réserve aussi bien des surprises. Et j'ai aimé ce visage de Carrie, qui la rend encore plus attachante et proche du lecteur. A bas les doutes, cette lecture est une agréable surprise, une lecture qui se révèle pétillante, tendre, sensible et légère. Un flashback vers ses propres années-lycée aussi. 

Le Journal de Carrie ~ Candace Bushnell
Wiz d'Albin Michel (2010) - 442 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

6 mai 2010

Enfin !

C'est jour de délivrance pour les lecteurs de Cassandra Clare et de Suzanne Collins !

Pocket

Très attendu par les lecteurs de Cassandra Clare, Le miroir mortel (tome 3 de La Cité des Ténèbres) répondra à de nombreuses questions : les liens entre Jace et Clary, la vérité sur leurs origines, la quête absolue de Valentin, l'apparition soudaine d'un nouveau personnage - Sébastien. Ce troisième tome s'exporte de New York à Idriss, le berceau des Shadowhunters. L'ambiance est plus sombre, la signature des nouveaux accords est retardée, la guerre déclarée par Valentin semble imminente. Donc, oui c'est un tome explosif avec beaucoup d'action, toujours de l'humour et une pointe d'amour aussi. Jace et Clary passent probablement moins de temps ensemble, mais les rares instants offerts valent leur pesant de cacahuètes. Assurément, un tome à la hauteur de toutes nos attentes !

 

 

La Cité des Ténèbres ~ Cassandra Clare
Livre 3 : Le Miroir Mortel
Pocket jeunesse, 2010 - 607 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

 

L'Embrasement, suite du premier volume de Suzanne Collins, revient sur les conséquences des Hunger Games, ce jeu sadique où sont filmés en direct des adolescents de différents horizons dans une lutte acharnée pour leur survie. Katniss en est sortie désabusée et encore plus déboussolée car son avenir s'annonce pesant. Malgré elle, son personnage est devenu un symbole au sein des districts rebelles, qui étouffent sous la politique du Capitol. Mais ce dernier n'est pas né de la dernière pluie et veut punir l'effronterie de la jeune fille. Ce que réserve ce deuxième tome est absolument ahurissant, à lire à bout de souffle. Au cours des 400 pages, l'histoire ne cesse de nous en mettre plein la vue : c'est stressant, romantique, poignant, injuste et tout ça vous épuise nerveusement, mais pas question de reposer le livre un seul instant. Hunger Games est une série qui colle aux doigts, c'est confirmé ! Vivement le troisième et dernier tome ! (à paraître en 2011)

Hunger Games - L'embrasement ~ Suzanne Collins
Pocket jeunesse, 2010 - 400 pages - 17,90€
traduit de l'anglais (USA) par Guillaume Fournier

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30 avril 2010

Books & other thoughts

Ma dernière trouvaille est un blog américain, baptisé Books & other thoughts. Un blog où j'aime beaucoup me balader car, en plus de trouver des tas de lecture en commun avec l'auteur de ce blog, j'aime ses billets où elle parle de son obsession dévorante pour la lecture, de son goût des livres pour la jeunesse, de la légitimité d'en parler alors que nous sommes de (charmantes) vieilles peaux plus du tout concernées par les sujets abordés dans ces lectures (hihihi), et j'en passe. En bref, j'aime beaucoup. C'est l'une de mes nouvelles adresses fétiches. 

The validity of reviewing books for children

 


Have you ever wondered about the fact that children's books are reviewed by adults, who are not the intended audience for them? How much is my - or any adult's - opinion about a children's book worth, anyway?

 

I have often felt that there are certain picture books that seem to be written by adults for the parents or grandparents or teachers who buy the books, and not necessarily for the children themselves.

 

I guess what makes me really wonder about this whole issue is when I go back to re-read a book that was one of my absolute favorites when I was a child, and it just doesn't hold up. I'm sure had an adult reviewed one of those re-read disappointments, it would have been given a poor review. Maybe it was predictable, or the characterization wasn't great, or the dialog not exactly sparkling. But as a child, that book rocked my world.

 

I suppose we review children's books because we love them, even as adults. I know I do. And I guess we should keep in mind that children often approach books from a different perspective and have sensibilities that can be very different from adults'.

 

"I don't have time to read."

 


I don't get that. Admittedly, I read obsessively; even so, it befuddles me that so many people say to me (often after hearing I'm a librarian, or that I'm a writer), "I love books, but I just don't have time to read." They sigh wistfully, as though reading involved taking several days off from work and making complicated childcare arrangements. Really, it's just not that hard!

Reading, for me, is and always has been a way of life. I always have a book with me (two if I'm toward the end of one, just to avoid that terrible feeling of book panic), and when the opportunity presents itself, I read. I read in waiting rooms, on buses, in the kiss-and-ride line at my children's school, during meals (if I'm alone), you name it.

Maybe people just don't find the right books for themselves. I give a book maybe 50 pages, and if we haven't clicked by then, I'm finished. There are too many great books out there for me to waste my time struggling through one I can't get into. When I'm in the middle of a good book, I can actually carry on conversations with other people (although I have no idea I'm doing this at the time) and tune out just about anything. If it's a good book, I'm in that world, and that's that. Maybe these wistful non-readers haven't had the chance to find the books that really grab them. They have struggled with too many dull books and have just given up.

(...)

Why don't more adults read children's books? 

(...)  These books are great! Not all of them, of course -- just like the ones in the adult sections aren't all great, either. But I can honestly say that I am certain that, if I were to pick up a book at random from adult fiction and a book at random from children's or young adult fiction, I'd almost certainly enjoy the kids' book more.

Is it that people are embarrassed? That it doesn't occur to them to see if there's anything interesting in that section for them? Even the Harry Potter phenomenon doesn't seem to have transferred to other books outside that series. Why is that?

Doesn't anybody ever check in the children's section just to see if there's anything new by their old favorite authors?

 

(...)

So the next time you feel guilty about spending too much time behind the pages of a book... 

 

...you can make yourself feel better - even virtuous and superior - by going to this site and reading the article about how great reading is for you! It says things like: "Being a bookworm doesn’t just make you smart. It makes you mentally tough. It builds so much cognitive reserve that bookworms’ brains may be bolstered against bad things like pollution and toxins."

 

I just love it when science validates my reading addiction.

 

 

29 avril 2010

Si tu la respectes, la mer, elle te soulèvera pour t'emmener où tu voudras.

Letranger_sur_le_sable_de_Anna_MackenzieL'île de Dunnett. Quelque part entre ici et ailleurs, à notre époque ou pas, on ne sait pas dire. Sur cette île, la communauté vit recluse. Elle se ferme à tout ce qui provient de l'extérieur, et notamment tout ce qui arrive de la mer. Il y a quelques années, la mer empoisonnait les gens, tout ce qui vient d'elle est désormais interdit. Ness et son frère Ty ont ainsi perdu leurs parents, ils vivent chez Tilda et Marn, sans aucune perspective d'avenir, si ce n'est cultiver la terre et se marier. Ness est une jeune rebelle à sa façon, depuis toute petite la mer n'a cessé de la fasciner. Elle refuse le destin qu'on lui offre et n'hésite pas à se réfugier sur la plage pour rêver. C'est comme ça qu'elle découvre le corps d'un homme. Cadeau de la mer. Avec la complicité de Ty et leur cousine Sophie, Ness le cache dans une grotte. A force de patience et de ruse, elle parvient à le guérir et apprend à le connaître. Grâce à lui, c'est un autre monde qui s'offre à elle.

Ness a l'étoffe d'une héroïne farouche et décidée, comme Mary dans la Forêt des damnés. Ici, l'apocalypse aussi a frappé (la faute à la pollution.) Pour mieux se préserver, les insulaires ont coupé tout contact avec le continent. Ils vivent selon les règles du grand Conseil, qui entretient avec habileté un climat de peur pour maintenir cette société dans l'asservissement ou l'absence de réaction. Dehors, c'est mal. Chez nous, entre nous, c'est se protéger. Depuis sa rencontre avec Dev, le rescapé, Ness comprend qu'elle ne peut plus vivre sous ce joug, que la seule perspective d'épouser Jed la rend malade. Il faut qu'elle parte.

En voilà une lecture où règne une ambiance étouffante et sous tension constante. Inutile de trop en dire, si ce n'est qu'il est question de survie, de crise environnementale, d'autarcie et d'affirmation de soi. C'est un roman que j'ai trouvé étrangement captivant, sombre mais poignant.

L'étranger sur le sable ~ Anna Mackenzie
éditions Thierry Magnier (2010) - 236 pages - 11,50€
traduit de l'anglais (Nouvelle Zélande) par Elodie Leplat

A la brocante du coeur a aimé, mais se sent frustrée pour la fin.

 

 

28 avril 2010

ArtO et la FéE des liVRes

Vous aimez les livres qui parlent de livres ? les histoires sur l'amour des livres ? A l'instar de Sophie et le relieur par Hideko Ise, un album terriblement élégant et gracieux, Arto et la Fée des livres se révèle plus poétique et rêveur. En commun, on parle du métier de relier les livres. En commun, bien évidemment, nous pénétrons un univers enchanteur qui met à l'honneur un métier rare, précieux et paré de pouvoirs magiques.

Tara la petite relieuse raccommode les phrases, réconcilie les mots et recoud les pensées.

Chez elle, ça sent le cuir et la poussière, le papier, le carton et le thé aux amandes grillées.

Un jour, le jeune Arto se présente chez Tara en lui tendant un album en cuir rouge, usé et effiloché. Et l'enfant espère que les doigts de fée de la relieuse permettront aussi de raccommoder ses parents (qui se disputent sans cesse).

Arto

Laissez-vous conter une histoire merveilleuse, pleine de douceur et de poésie, où l'on palpe le papier et le tissu, où l'on sent la colle et le thé, où l'on discute du passé, de ses souvenirs et des parents, où l'on apprend ce que signifie la patience, où le temps devient aussi un compagnon. Et où l'on pose un baiser sur la joue et où l'on sourit, et son sourire est un soleil. C'est beau, tout simplement. Les illustrations sont parées de couleurs chaudes, à travers lesquelles beaucoup de charme et d'amour se dégagent.
Un joli coup de coeur.

Arto et la fée des livres ~ Agnès de Lestrade
illustrations d'Olivier Latyk
éditions Milan (2010) - 12

28 avril 2010

Shadow Kiss, Richelle Mead

You will lose what you value most, so treasure it while you can.

shadowkiss

J'ai prématurément jugé que ce livre était lent, un peu calme, où tout semblait statique, à commencer par la relation entre Rose et Dimitri. Pourtant, je sentais que le climat était lourd et menaçant. Au cours d'une grosse partie du roman, effectivement c'est le statu-quo. Nous suivons Rose qui ne cesse de nous surprendre. Plus touchante et plus sensible, proche du breakdown, assaillie par des visions troublantes, marquée par une aura assez sombre, elle ne cesse de se chercher et de tenter de comprendre ce qui l'agite. Elle en bave, mais ce n'est qu'un début. Fichtre, quelle maturité chez cette jeune fille. A la fin, elle a dix-huit ans. Sa vie est un cauchemar. Mais qu'est-ce qu'on a envie de la soutenir, de l'accompagner. (no spoilers)

Finalement, tout me paraît logique dans ce livre. Pour bien faire, Richelle Mead a choisi de ne pas tomber dans la facilité en jouant sur la passion dévorante (pourtant, bien présente !). Ainsi, la relation entre Dimitri et Rose m'apparaît plus belle, tellement plus douce. Leurs sentiments ne cessent de grandir, et quand enfin ils brisent leurs tabous et font face à ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre, c'est tout simplement sublime. Plus qu'une récompense, c'est la juste continuation d'une relation qui a gagné en force et en authenticité.

A côté des hautes considérations romanesques et sentimentales, ce tome nous montre aussi le petit monde des Moroi en pleine mutation, avec l'envie montante de pouvoir se servir de la magie comme une arme contre les Strigoi. L'autorité de la Reine apparaît influente, mais à double tranchant. Ce qui nous amène à penser à Lissa, digne héritière de la famille Dragomir. A sa façon, c'est aussi un personnage qui devient plus fort et qui se trouve au coeur d'un enjeu politique et romantique. Le lien très particulier avec Rose connaît un certain revers, de même la notion de sacrifice et de don de soi est remis en question. Je ne peux en dire davantage, mais il y a de la révolution dans l'air !

C'est très, TRES bon, très fort, absolument poignant, il n'existe pas de mot pour la fin, ou alors, c'est tout simplement un crève-coeur.

the Dark Side challenge - 12      the_dark_side_challenge

(challenge bouclé)

challenge Lire en VO - 16

En France, la série paraîtra chez Castelmore (un nouveau département de Bragelonne, ciblé YA), dès octobre 2010 : Vampire Academy, tome 1 : Soeurs de sang. Les tomes 2 (Morsure de glace) et 3 (Baiser de l'ombre) sont déjà annoncés pour, respectivement, novembre 2010 et janvier 2011.

28 avril 2010

Chez les loups, la dominance était un cocktail subtil de différents ingrédients.

Mercy_Thompson_T2Super Mercy est de retour ! Notre mécano-coyote parvient en quelques pages à se sortir des griffes d'un démonologue-vampire après une rencontre cauchemardesque, pire elle réalise qu'elle seule pourra affronter la bête qui fait règner une atmosphère d'apocalypse dans les Tri Cities ! De plus, Stefan, notre vampire fan de Scoubidou, est porté disparu. Mercy se voit donc convoquée par la Maîtresse Marsilia pour un entretien exceptionnel. Ainsi nous plongeons dans les secrets de l'essaim, nous découvrons la mythologie du vampire d'après Patricia Briggs, avec toujours au coeur de l'action Mercy Thompson, rebelle, farouche, incertaine mais déterminée à venger les crimes impunis.

C'est très étrange ce que cette série déclenche chez moi - je ne suis pas fan, pourtant je me surprends à prendre du plaisir et à me plonger dans cet univers tout en envisageant déjà de lire la suite très vite. L'histoire en elle-même peut être palpitante, il règne un suspense glaçant depuis l'apparition de ce monstre sanguinaire, en plus les disparitions d'amis proches de Mercy et l'agression de Warren chamboulent la corde sensible de notre changeuse. Elle est habile à affronter les pires créatures fantastiques, a la trouille au ventre mais suit le plus souvent son instinct pour guider sa conduite. Je ne m'explique donc pas pourquoi j'aime cette série, mais une chose est sûre, j'aime les personnages et l'univers qu'a su créer l'auteur.

Pas besoin de trépigner, oui, oui, j'avoue que je ne suis pas du tout insensible au charme de l'Alpha. Ce bougre d'Adam. Moi aussi je peux gronder de plaisir, oh hé ! Parce que notre Mercy a le coeur pris en étau, et c'est pénible. Elle est partagée entre son attirance pour lui et son amour d'adolescence, aka Samuel, lequel vit avec elle, dans son petit mobil-home situé sur le terrain voisin d'Adam. Han-han, ça resserre les liens, moi je vous le dis ! Une scène, en particulier, m'a fait trémousser - celle du dojo, bien sûr, quand Mercy et Adam se livrent à un corps-à-corps musclé et sensuel. J'étais prête à taper dans les mains en criant victoire. Bah nan. Les pièges du triangle amoureux se sont refermés, et là j'ai serré les dents car je n'y comprenais plus rien ! Pfff. Mercy reproche à Adam d'être trop dominant, donc d'attiser sa faiblesse en la convoitant, mais Mercy a rejeté Samuel car il voyait en elle une *poulinière* alors qu'aujourd'hui elle a des papillons dans le ventre dès qu'il pose son museau sur ses genoux et lui donne des bisous doux et passionnés, et tous se flairent dans le cou, reniflent l'odeur de l'autre, en somme ils marquent leur territoire. L'instinct animal est très, TRES présent. De plus, la politique chez les loups est vraiment archaïque et machiste, il y a d'ailleurs peu de femmes dans cette série, et Mercy elle-même n'est pas un personnage ultra féminin non plus (souvent négligée, les mains pleines de cambouis, le tshirt sale etc.).

En clair, c'est une série beaucoup moins sexy que celles de Jeaniene Frost ou Richelle Mead, mais elle est tout de même addictive. Il serait bon aussi que l'auteur cesse de rappeler ô combien la dominance est le nerf de la hiérarchie chez les loups, avec son langage du corps, le jeu des regards et les effluves à gogo qui se propagent de ci, de là. Euh, il me semble que cela a été suffisamment répété et que le lecteur a bien appris sa leçon, merci. Car à tout moment, Patricia Briggs nous ressort sa petite litanie pour expliquer la complexité des rapports entre Mercy et les *hommes* de sa vie (croyez-moi, elle fait des ravages !). Donnez-moi des sensations, et je ne veux plus d'un Adam dompté, c'est frustrant !

Les Liens du sang ~ Patricia Briggs  (série Mercy Thompson #2)
Milady (2009) - 400 pages - 7€
traduit de l'anglais (USA) par Lorène Lenoir

the Dark Side challenge - 11      the_dark_side_challenge

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