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Chez Clarabel

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9 juin 2010

The Agency, Le pendentif de jade

The Agency

Londres, 1853. Mary, douze ans, est condamnée à être pendue pour vol. Par chance, elle rencontre une bienfaitrice qui la fera entrer dans une école pour jeunes filles. Cinq ans plus tard, devenue institutrice, Mary ne peut cacher son ennui lorsque la providence vient de nouveau frapper à sa porte. Mary rejoint une organisation secrète, the Agency, qui consiste à infiltrer des lieux et à se familiariser avec des personnes pour servir une enquête.

Mary l'espionne reçoit pour première mission d'être embauchée comme demoiselle de compagnie chez les Thorold. La demoiselle de la famille est une peste insupportable, qui s'est jurée d'empoisonner l'existence de Mary. Cette dernière, contrainte de paraître affable, se sent frustrée et brûle d'envie de passer à l'action. N'en pouvant plus, elle se glisse un soir dans le bureau de Thorold et fait la rencontre de James.

Ah, James ! ... Brillant, arrogant, fasciné par cette beauté exotique, au tempérament volcanique. Il comprend tout de suite qu'elle n'est qu'une usurpatrice (fausse demoiselle de compagnie), mais ne souhaite pas la compromettre. Au contraire, il lui propose de collaborer et d'unir leurs efforts.

Le texte est extrêmement bien écrit et bénéficie aussi d'un incroyable travail de recherche. L'auteur a fignolé le cadre historique, la réalité sociétale, la dénonciation de la condition féminine en cette époque victorienne... Autre point fort du roman : les personnages ! Le couple Mary / James est juste formidable et noue un subtil jeu amoureux qui ne demande qu'à se déployer.

En somme, cette intrigue se veut délicate et pleine d'élégance, elle introduit un univers alléchant et prometteur. Quelques petits défauts subsistent, qui s'effaceront par la suite, je n'en doute pas un instant ! Dans un registre très proche, je recommande également les enquêtes d'Enola Holmes, mais aussi la série de Lee Jackson, avec Sarah Tanner, autrement dit Une femme sans peur . 

The Agency, Le pendentif de jade ~ Y.S. Lee
Nathan (2010) - 377 pages - 14,90€
traduit de l'anglais par Lilas Nord

à suivre : The Agency 2: The Body at the Tower (août 2010 pour la VO, 2011 pour la VF chez nathan)

 

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8 juin 2010

Il ne fait jamais noir en ville

C'est court, mais c'est tellement beau. En 105 pages, Marie-Sabine Roger danse avec les émotions, avec les chutes, avec les messages, avec la petite mélodie qui touche ou qui donne le sourire. D'une histoire à l'autre, ce n'est jamais de tout repos.

On se surprend à trouver cocasse l'aventure de Sylviane, la bonne cruche à qui on fait tout voir au boulot ou dans la vie de tous les jours, et qui enfin va se surprendre à dire crotte, parce qu'il a suffi d'une rencontre pour que tout change chez elle. Et même l'histoire avec monsieur Mesnard, ce voisin inquiétant, secret, silencieux, trop bon pour être honnête, serviable mais étouffant, qui sait ? La narratrice nous fait vivre cette montée d'angoisse, ce climat lourd, qui nous laisse mi-figue, mi-raisin, on ne saurait dire mais on devine le malaise, et à l'instar de la narratrice, on a très envie de se barricader, d'y aller à reculons, de ne plus savoir s'il faut avoir peur ou faire confiance. Flippant, mais savoureux.

il_ne_fait_jamais_noir_en_ville

Néanmoins, tout le monde n'est pas à la fête dans ce recueil composé de dix nouvelles. C'est aussi sensible et très émouvant, le drame d'un père qui se sépare de son enfant, la mort à petits feux d'une femme qui se sent corvéable à merci, l'adieu au père (dans Tout va bien), ohlala, ce texte est d'ailleurs une perle. Il m'a fallu le lire plusieurs fois, l'émotion m'a surprise à chaque fois, j'avais la gorge nouée, je relisais des passages, je me le murmurais à moi-même et j'avais des frissons partout. Ce texte figure très haut parmi mes préférés, avec Sans blessure apparente, un autre instant scotchant, bluffant et brut de décoffrage. 

Comment vit-on sa vie quand la vie n'est plus là ?
L'allée de gravier me semblera plus étroite et mal entretenue. Est-ce que le sac tirera sur l'épaule, est-ce que le ventre fera mal ? Qu'y a-t-il donc, après l'irréparable ? Après la lâcheté, la peur et le déni. La perte refusée mais pourtant consentie.
Et la mutilation, sans blessure apparente.

C'est un livre arc-en-ciel. Il possède le charme des sensations changeantes, il nous surprend, il nous séduit, il nous bouleverse. Je ne m'y attendais pas, j'ai été sur le carreau.  Car souvent, Marie-Sabine Roger ne se contente pas d'être aimable ou serviable. Pas du genre à nous offrir ce qu'on attend. C'est ce qui ressort de la lecture, le sentiment d'un bel accomplissement, d'un certain étourdissement, entre rires et larmes, et un désir de sincérité, sans forcer. C'était beau, c'était bien.

- Ils laissent tout le temps brûler les lumières, ici ? Ils n'éteignent jamais ?
Pascal sourit :
- Eh non, maman ! Il ne fait jamais noir, en ville.
 

Il ne fait jamais noir en ville ~ Marie-Sabine Roger
éditions Thierry Magnier (2010) - 105 pages - 16€

Un très beau recueil qui paraît au moment où le roman de Marie-Sabine Roger, La tête en friche, est adapté à l’écran par Jean Becker avec Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus.

ma tête en friche, août 2008

4 juin 2010

Akissi, Tome 1 : Attaque de chats, de Marguerite Abouet & Mathieu Sapin

Vous prenez l'auteur de la série Aya de Yopougon (Marguerite Abouet), vous lui collez un nouveau partenaire, l'illustrateur Mathieu Sapin, vous fermez les yeux un bref instant avant de découvrir le bébé issu de ce joli mariage. Coucou, une ravissante Akissi, haute comme trois pommes, espiègle et prête à toutes les bêtises.

Akissi

Akissi est la nouvelle héroïne de cette série qui se destine aux plus jeunes lecteurs. C'est charmant, drôle et gentil. La BD est composée de 7 histoires de six planches chacune. Ce sont grosso-modo les souvenirs d'enfance de l'auteur, dans un quartier vivant, coloré, agréable et familial d'Abidjan. Akissi est la dernière de la fatrie, elle n'a pas sa langue dans sa poche, ne cesse de coller son grand frère, s'incruste pour jouer au ballon, organise un ciné home dans le dos des parents et ne se sépare plus de Boubou, son petit singe de compagnie. L'idée est mignonne, mais un poil frustrante pour le lecteur adulte. (Retournez lire Aya de Yopougon ! Aucune comparaison possible, à mon avis.) Ce n'est pas une déception non plus, l'humour ne manque pas, Akissi est une héroïne craquante, la lecture est récréative. De plus, la série véhicule une autre image de l'Afrique, point de misérabilisme, il règne une humeur belle, franche et éclatante. Un lexique en fin d'ouvrage nous permet également de nous familiariser avec des expressions comme faire gâte-gâte ou faire palabre, recevoir un kokota, etc. Le travail de Mathieu Sapin est un régal, l'histoire est plus légère (quelques scènes demeurent néanmoins absolument truculentes !), ceci dit c'est définitivement une série pour les enfants (dès 6 ans). Ils vont adorer !

d'après l'univers graphique de Clément Oubrerie ♦ Gallimard (2010) - 45 pages - 9,90€

3 juin 2010

Le retour de l'allumeuse

Le retour de l'allumeuse est en fait la suite d'un livre déjà paru en 2006, Journal d'une allumeuse (+ Le grand livre des garçons, 2008). Par contre, j'ai lu celui-ci de façon totalement indépendante, même si j'aurais probablement préféré connaître les précédents détails, je n'ai pas été trop paumée non plus.

le_retour_de_lallumeuse

Alors voilà, Ruby Oliver a souffert d'une méchante réputation d'allumeuse durant l'année qui vient de s'écouler et, même si les vieilles rancunes sont tenaces, elle est déterminée à enterrer ce passé. Elle suit une thérapie auprès du docteur Z, cela fait maintenant quarante semaines qu'elle arbore un célibat sans failles et sans frémir. Elle a perdu sa meilleure amie et toute la bande des filles huppées du lycée de Tate, elle a fait une croix sur Jackson, son ex qui est maintenant avec Kim, et son amitié avec Noel, qui a cherché à l'embrasser tandis qu'elle le repoussait de façon charmante, est en perte de vitesse. Comble de tout, elle se découvre désormais un sérieux penchant pour lui et se mord les doigts d'avoir fait la fine bouche. Et pour alourdir l'un des plateaux de la balance qu'elle tente d'équilibrer dans le but de redorer son blason, Ruby a appris que son amie d'enfance, Nora, en pinçait sérieusement pour Noel. Le même Noel. Argh.

La partie s'annonce serrée. D'un côté, Ruby veut être considérée comme une amie sincère et compatissante, qui aimerait effacer la réputation d'allumeuse qui persiste sur les murs des toilettes, mais rien ne va comme elle le souhaiterait. Jackson a rompu avec sa petite copine et tente de renouer contact avec Ruby. Noel continue de la fuir, mais il dépose des petits billets à double sens dans sa boîte aux lettres, en même temps Nora se pâme d'amour pour lui mais n'ose pas lui avouer, et Ruby au milieu est partagée car, non, non, non elle n'a pas du tout envie que Nora et Noel sortent ensemble.

Autres signes que rien ne va dans sa petite vie : elle perd son job qu'elle adore, elle trouve une place de vendeuse de sandales Birkenstocks qu'elle déteste farouchement, ses parents s'amourachent d'un danois qui se régale des beignets cuisinés maison, et impossible pour Ruby de dresser sa carte au trésor comme il faut, le docteur Z vient de mettre le doigt sur un détail fâcheux, Ruby Oliver ne vit que pour les garçons et les histoires sentimentales ! Ruby Oliver souffre de la fièvre du lapin !

Vous l'avez compris, c'est très drôle. Le livre s'appuie sur le modèle du journal intime, agrémenté de pétillantes anecdotes sous forme de petites notes reçues en douce et même des extraits du grand livre des filles (une très grande référence culturelle !). De plus, l'auteur a su donner une fraîcheur irrésistible aux élucubrations d'une lycéenne qui exprime ses souhaits et ses espoirs afin de rendre plus harmonieuses ses relations avec les personnes de son entourage (oui, voilà en gros toute l'histoire !). L'humour ne masque pas la sensibilité de la jeune fille, sa souffrance d'être constamment jugée et incomprise, et même la fin échappe à toute mièvrerie. Bref, j'ai beaucoup aimé. C'est une lecture réjouissante, vive et espiègle, où l'on comprend que la vie est parfois riche d'un enseignement puisé dans le retro metal, avec des répliques cultes du genre : Les groupes à cheveux gras ont des vertus thérapeutiques insoupçonnées. (Entre autres choses, bien entendu.)

Dans le même style, vous apprécierez :  Teen Song de Claudine Desmarteau  ou  15 ans : Charmante mais cinglée de Sue Limb . 

Le retour de l'allumeuse ~ E. Lockhart
Casterman (2010) - 216 pages - 13,00€
traduit de l'anglais par Antoine Pinchot
illustration de couverture : Sibylle Delacroix

du même auteur : Journal d'une allumeuse (nouvelle édition illustrée par S. Delacroix) & Le grand livre des garçons

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2 juin 2010

Quatre soeurs, Malika Ferdjoukh

Pour la première fois réunie en un seul volume, la tétrade de Malika Ferdjoukh ! (si vous l'aviez loupée, il n'y a maintenant plus d'excuse)

quatre_soeurs

Contrairement à ce que laisse entendre le titre, il s'agit de l'histoire des cinq soeurs Verdelaine (Enid, Hortense, Bettina, Geneviève et Charlie), dont les parents ont disparu dans un accident, et qui vivent par leurs propres moyens dans la Vill'Hervé, leur maison familiale qui compte aussi comme un personnage dans la série tant elle est mystérieuse, biscornue, avec des passages secrets, des coins et des recoins, un escalier rebaptisé le macaroni, le tout battu par les vents et bercé par le ronron de la mer. C'est une belle saga qui parle d'amour, de rêves et d'espoirs, forte en rencontres (toutes les demoiselles ont des personnalités attachantes, exubérantes, un brin fofolles). Les coups durs ne sont pas écartés, le souci d'argent, l'éducation entre soeurs, le besoin d'indépendance, le manque de repères. On parle aussi de maladie, de perte tragique, de séparation et de responsabilité. Non, tout n'est pas rose non plus, mais ce n'est jamais déprimant. Et surtout, il y a ce zest de poésie et de folie douce, Malika Ferdjoukh est en pleine extase littéraire, son écriture est un cadeau, merci tout court !

De son côté, l'éditeur parle d'un festival de personnages, de péripéties et de dialogues piquants, l’équivalent moderne et littéraire des bonnes vieilles grandes comédies américaines des années 40 et 50. Un régal pour le coeur et l’esprit. (je suis d'accord !)

Le livre coûte 19,50€  (école des loisirs, 2010 - 610 pages).
illustration de couverture : Gwen le Gac 

mon coup de coeur de l'été 2007

La série sera prochainement adaptée en bande dessinée, par Cati Baur et Malika Ferdjoukh, à paraître en octobre (tome 1 : Enid) chez delcourt.

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28 mai 2010

Les étranges talents de Flavia de Luce

Perdu au coeur de la campagne anglaise, Buckshaw, l'imposant manoir appartenant à la famille de Luce, est soudainement le théâtre d'un crime inexplicable. Le corps d'un inconnu a été retrouvé dans le potager, parmi les concombres. Et c'est la jeune Flavia, onze ans, qui est tombée nez à nez sur l'individu, recueillant le dernier souffle du rouquin qui s'est exclamé d'un Vale ! avant de rendre l'âme. N'imaginez point que la demoiselle tourne de l'oeil. Portée par son enthousiasme sur les mystères de l'âme humaine, passionnée de chimie, et plus particulièrement adepte des poisons, Flavia Sabina de Luce n'aime pas être prise pour une oie blanche lorsque l'inspecteur Hewitt la convie vers les cuisines de Buckshaw pour servir à son équipe d'enquêteurs une collation. Voyez-vous... Flavia n'en supportera pas davantage.

Se réfugiant dans son laboratoire pour songer avec amerturme qu'elle seule semble avoir reconnu l'invité de son père, avec lequel une discussion animée s'est échangée quelques heures plus tôt, Flavia se laisse doucement persuadée de la possible culpabilité de celui-ci. Haviland de Luce, veuf et ravagé par son chagrin, s'est depuis isolé dans son bureau, où il passe son temps à consulter ses albums de philatélie. Protégé comme le loup blanc par Dogger, leur homme à tout faire, ancien soldat ayant connu des heures difficiles en tant que prisonnier de guerre, les deux hommes entretiennent une relation de confiance jusqu'à l'absolutisme. L'un protégerait-il l'autre ? Flavia n'en est peut-être pas encore là, dans ses conclusions. D'abord, filant à toute vitesse sur sa bicyclette, rebaptisée Gladys, elle se rend à Bishop's Lacey, le village le plus proche, où elle espère trouver des informations dans les archives de la bibliothèque. 

Les_etranges_talents_de_Flavia_de_Luce_lattes

Forte en rencontres atypiques et aux personnalités attachantes et joliment excentriques, la quête de Flavia Sabina de Luce pour découvrir la vérité derrière cette affaire de meurtre se conduit sur un rythme raffiné et agréable. D'autres faits étranges sont auparavant survenus à Buckshaw, comme la dépouille d'un oiseau avec un timbre rare planté sur le bec retrouvée sur le pas de la porte, premier signe qui a suscité une vive émotion chez le père de Flavia, ou l'étrange disparition d'une part de tarte, et pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit de la tarte à la crème de Mme Mullett, la cuisinière, que toute la famille de Luce a en sainte horreur. Et au milieu de ce capharnaüm, règne aussi la sourde vengeance de la cadette envers ses deux soeurs aînées, Ophélia et Daphné, contre lesquelles Flavia a juré d'accomplir les supplices les plus fourbes, en réponse à leurs propres mesquineries. Petits meurtres entre soeurs, dans la stricte tradition britannique, ça se savoure !

Ce roman d'Alan Bradley est donc un pur moment de délectation, pas fatalement un grand moment de littérature policière, car l'intrigue, bien cousue, n'est pas non plus un noeud improbable et le coup de théâtre ne nous soulève pas le coeur d'étonnement. L'intérêt de cette lecture a été, pour moi, dans la divine et délicieuse description de la psychologie de Flavia de Luce, donzelle intelligente, futée et brillante, qui sait mettre les pieds dans le plat, se sert de sa malice avec un flegme inébranlable. C'est parfaitement judicieux, un régal sur 350 pages, avec des remarques piquantes, des références littéraires, des hommages à des personnalités féministes trop demeurées dans l'ombre des grands messieurs (par exemple, Marie-Anne Paulze-Lavoisier). Subsistent quelques défauts mineurs, qui ne terniront nullement la très bonne impression laissée par Flavia de Luce, onze ans seulement, et une maturité impressionnante ! L'histoire se passe en 1950. Instinctivement, on pense à Agatha Christie mais aussi à un film de Hitchcock, The trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?), grâce au cynisme et à l'humour de Flavia qui nous font passer un excellent moment. 

La prochaine enquête de Flavia de Luce, The Weed That Strings the Hangman's Bag, sera également traduite en français. 

Les étranges talents de Flavia de Luce ~ Alan Bradley
JC Lattès (2010) - 356 pages - 17€
traduit de l'anglais par Hélène Hiessler

Egalement disponible aux éditions MsK, sous une autre couverture. Les_etranges_talents_de_Flavia_de_Luce_msk

27 mai 2010

Rita et Machin : L'anniversaire

Rita et Machin sont de retour !

 

Lanniversaire

Machin fête son anniversaire, tous les copains sont invités pour une fête organisée par la maîtresse de cérémonie - Rita (who else ? ! ). Il faut bien évidemment brider l'enthousiasme du chien, qui est impatient d'ouvrir tous ses cadeaux et réclame la plus grosse part de gâteau. De son côté, Rita doit ranger sa jalousie dans la poche, car elle aurait bien aimé que les copains pensent aussi à elle, même si ce n'est pas son anniversaire.
D'ailleurs, quel cadeau a-t-elle réservé à son meilleur ami ?   
Rita + Machin = Grosse Histoire d'Amour.
Et moi je suis une grande, GRANDE fan de la série ! 
A ce stade, je pourrais manquer d'objectivité mais, franchement, je suis toujours pliée de rire face aux pitreries de la fillette et de son meilleur ami.
De plus, on retrouve dans ce numéro Bob-Edouard, Bertille Pot, son chat et Monster.
(Les fans connaissent, les autres ne demanderont qu'à connaître !)
Rita et Machin nous accompagnent depuis quelques années maintenant, ce ne serait guère pompeux d'affirmer qu'ils font partie de la famille. Aussi c'est si bon de reprendre de leurs nouvelles, avec cette sensation fébrile en guise d'anticipation.
Jamais je n'ai été déçue. Le bel esprit qui caractérise la série, à travers l'humour fin et impertinent, réhaussé par le trait noir sur fond blanc avec une simple petite touche de rouge, en plus des belles valeurs toutes simples, mais pas gnan-gnan, qui sont véhiculées, constitue à jamais LA signature de Rita et Machin. Inutile de préciser, toutefois, « Ce n'est PAS que pour les enfants » !
Messieurs Jean-Philippe Arrou-Vignod et Olivier Tallec, vous êtes de fantastiques partenaires de crime ! A bientôt, pour de prochaines aventures.

A savoir : Rita et Machin, c'est aussi une série animée en préparation pour 2010. Vous pouvez également les retrouver en 4e de couverture de Pomme d'Api tous les mois depuis septembre 2009. (A quand la compilation ?)

Rita et Machin - L'Anniversaire ~ Jean-Philippe Arrou-Vignod et Olivier Tallec 
Gallimard jeunesse (2010) - 5,90€

27 mai 2010

Mes dernières séances

 

le_gout_de_la_vieLe Goût de la vie est un film totalement prévisible, du début à la fin j'avais le sentiment d'avoir écrit moi-même le scénario. C'est cousu de fil blanc, une jeune femme au caractère coincé et très directif (elle est chef dans un grand restaurant) voit débarquer dans sa vie sa petite nièce orpheline. La cohabitation est un peu difficile, le personnage de Catherine Zeta Jones a du mal à s'assouplir pour comprendre la fillette. Au restaurant, elle voit aussi l'arrivée d'un nouveau second d'un très mauvais oeil. Il est pourtant charmant, plein d'entrain, il se dit admiratif de sa cuisine et il cuisine en écoutant et chantant de la musique italienne. Il est donc beaucoup trop bruyant et extraverti pour notre héroïne. Bien évidemment, ils vont se plaire, mais elle va croire qu'il se sert d'elle, il se sentira dépassé alors qu'il s'était investi pour la séduire, et aussi parce qu'il appréciait beaucoup la petite fille, laquelle a du mal à soigner son blues, pleure après sa maman, etc. Aucune surprise dans ce film ! Je pensais qu'en choisissant une comédie romantique, j'allais passer un bon moment de divertissement. Bof.
Par contre, j'ai eu une fringale de spaghetti à la sauce tomate et saupoudré de basilic en le regardant. Slurp.

27 mai 2010

"If it ain't broke, don't fix it."

Voici un billet (trouvé sur Word for Teens) avec lequel je suis totalement d'accord !

 

I just don't get it.

It was funny at first.

But now, it just seems like people can't write their own stories. I'm all for parodies and monsters and adaptions what have you. But Little Vampires Women? Romeo and Juliet and Vampires? It's getting ridiculous.

What happened to coming up with your own ideas? I mean, I'm sure they're funny and entertaining. I got a kick out of Pride and Prejudice and Zombies, and the trailer for Sense and Sensibility and Sea Monsters never fails to make me laugh. But enough is enough! Let's stop turning our lovely Mr. Darcy into a
vampyre. Or vampire.



And of course. They did what nobody should do.
They touched my favorite.
My love-of-all-loves.
My classic-of-all-classic.
My eternal-debate-started.

 

Am I missing any? (Not included on this list are Queen Victoria, Demon Hunter and Abraham Lincoln, Vampire Hunter because both are original works of fiction. I'm also not counting Jane Bites Back, because as much as I don't like the concept, it is - again - not based on any of the Austen novels.)

And does anybody else agree?

[EDIT] Thanks to Briana for catching one I missed! And I don't think androids should be mixed in with ANY classic, thank-you-very-much.

I also just found Adventures of Huckleberry Finn and Zombie Jim. Woe is me.

 

 

source : Word for Teens

Fait assez extraordinaire, le billet de la blogueuse (Nicole) a été commenté par l'auteur de Jane Slayre ! ... La suite, ICI.

26 mai 2010

Le Ciel est partout

C'est notre histoire. Il prononce cette phrase avec sa voix des dix commandements, et leur résonnance en moi est à l'avenant : profonde. Avec tous les bouquins que je lis, j'aurais pourtant pu y penser avant. Mais non. Pas une fois je n'ai songé à l'interprétation, au récit que l'on donne de sa vie, ma propre vie. J'ai toujours eu le sentiment que c'était une histoire, oui, mais pas une histoire dont je serais l'auteur et dont je pourrais influencer le déroulement.
Chacun est libre de raconter son histoire comme il l'entend.
Chacun son solo.

Le_ciel_est_partout_de_Jandy_Nelson

Follement romanesque et romantique, poignante et exaltante, l'histoire de notre John Lennon (Lennie, pour ses proches) nous touche et nous bouleverse. Son chemin vers la guérison (ne pas s'en vouloir d'être en vie et heureuse sans sa soeur décédée) est parsemé de petits cailloux, sur lesquels elle trébuche, et de petits bouts de papier sur lesquels l'adolescente griffonne ses états d'âme, ses bouts d'elle, avec ou sans sa soeur, lâchés au vent, confiés dans le vide, égarés volontairement pour que ses pensées sortent d'elle et ne l'enferment plus.

C'est frais, poétique, émouvant. Beau comme la vie, avec ses hauts et ses bas, ses coups durs, ses éclats, ses trahisons, ses révélations. J'ai aimé ... comme le goût des baisers de Joe et Lennie qui atteignent le firmament. Mention spéciale pour la grand-mère et l'oncle de Lennie, pour Sarah, sa meilleure amie, pour Joe et ses frères, tous plus renversants les uns que les autres, pour la musique aussi, dont la puissance d'évocation frise l'érotisme, comme le souffle du vent dans les arbres de la forêt, sans oublier le jardin de Manou, pour sa douce et tendre excentricité, pour ses rosiers au pouvoir aphrodisiaque.

C'était mon plaisir de lecture arrivé au bon moment, mon histoire d'amour, de manque, de deuil et de souffrance qui a su me redonner confiance en la vie. Plus belle, plus joyeuse, plus optimiste. J'ai beaucoup aimé.

Tandis que je regagne la table pour m'asseoir, une certitude s'éclaire en moi : la vie n'est qu'un vaste bazar. En fait, je vais dire à Sarah qu'il nous faut créer un nouveau mouvement philosophique - le bazaressentialisme au lieu de l'existentialisme, pour tous ceux capables d'apprécier ce bazar fondamental qu'est l'existence. Car Manou a raison. Il n'existe pas qu'une seule vérité, mais une multitude d'histoires qui se déroulent toutes en même temps, dans nos têtes et dans nos coeurs, et empiètent toutes l'une sur l'autre. En bref, un immense bazar, calamiteux et magnifique. Comme le jour où Mr James nous a emmenés dans les bois et s'est écrié triomphalement : "Voilà, c'est ça !" face à l'étourdissante cacophonie provoquée par les instruments solistes essayant de jouer ensemble. Voilà : c'est ça.
J'examine les piles de mots qui constituaient autrefois mon livre préféré. Je voudrais recomposer toute l'histoire dans le bon ordre pour que Cathy et Heathcliff puissent faire d'autres choix, qu'ils cessent de se rentrer dedans à chaque virage, qu'ils écoutent la rage volcanique de leurs coeurs et tombent enfin dans les bras l'un de l'autre. Mais il est trop tard. Je vais jusqu'à l'évier, j'ouvre la poubelle et y déverse Cathy, Heathcliff et le reste de leurs malheurs.

Le ciel est partout ~ Jandy Nelson
Gallimard, coll. Scripto (2010) - 330 pages - 11€
traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny

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