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Chez Clarabel

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21 juillet 2010

Leaving Paradise

 

Leaving_Paradise__Simone_Elkeles

L'histoire réunit deux adolescents - Caleb et Maggie - qui se connaissent depuis toujours, ils sont voisins, ont grandi ensemble, la jumelle du garçon est aussi la meilleure amie de la jeune fille. Et puis, un soir, tout bascule. Caleb, ivre, prend le volant de sa voiture, renverse Maggie en chemin, fait demi-tour en abandonnant son corps meurtri sur le bas-côté. Il sera arrêté, envoyé dans un centre de détention pour mineurs, tandis que Maggie engage son propre combat pour remarcher.

Un an a passé, Caleb reçoit son autorisation de sortie. Maggie est écoeurée. Elle a gardé de profondes séquelles de l'accident, en plus des cicatrices sur sa jambe, elle boîte, a renoncé au tennis, ses camarades la traitent comme une pestiférée. Sa vie est fichue, par la faute de Caleb, qu'importe ses vieux sentiments à son égard, aujourd'hui elle le déteste, panique rien qu'à l'idée de le revoir, se sent misérable et encore plus désireuse de quitter Paradise, sa petite ville natale, pour étudier en Espagne.

Néanmoins, le retour de Caleb implique aussi que le garçon doit affronter son passé, renouer avec ses copains, retrouver sa petite amie, reprendre le lycée, affronter sa famille totalement ravagée et revoir Maggie. Pendant longtemps, le roman nous montre l'étendue des dégâts. C'est long, poignant, assez lourd. Et puis, Maggie et Caleb vont travailler ensemble chez une vieille dame excentrique. Peu à peu, l'amitié va renaître. Tous deux réalisent avec stupeur qu'en plus du poids de la culpabilité ils sont seuls face à eux-mêmes, pire, ils se comprennent, se font confiance et tombent amoureux l'un de l'autre. Mais alors là, si vous attendiez une bluette facile et papillonnante, vous risqueriez d'être déçues !

C'est une histoire plus profonde, plus sensible et plus touchante. Un puits sans fond de douleur, de remords, de non-dits, de culpabilité. Je sentais mon estomac se nouer alors que je suivais l'histoire impossible entre Caleb et Maggie, je tombais des nues en tournant les pages, surtout lorsqu'une certaine révélation nous explose en pleine figure, et puis tous ces noeuds impossibles à délier, la somme des tourments qui pèsent dans le coeur des protagonistes et de leurs proches. C'est une histoire douce-amère, qui nous accompagne longtemps après la dernière page tournée.

J'ai envie de conseiller cette lecture à toutes celles qui sont allergiques aux histoires trop romantiques et cousues de clichés. C'est un roman assez inattendu, bouleversant et qui se termine sur un déchirement. La suite - Return to Paradise - est d'ailleurs espérée en septembre prochain.

Leaving Paradise / Simone Elkeles

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19 juillet 2010

The Lonely Hearts Club

Les garçons sont tous des mufles ! Penny Lane en a soupé des relations bidons, et depuis sa récente déconfiture avec Nate, le fils des meilleurs amis de ses parents, dont elle était follement amoureuse depuis des années, la jeune fille a choisi de faire un trait sur les relations sans lendemain. Elle renonce aux garçons, ne veut plus sortir avec eux, elle crée alors the Lonely Hearts Club (en référence à la chanson des Beatles, un héritage de ses parents qui sont des fans invétérés, d'où son prénom). Très vite, le club gagne en popularité car la majorité des filles du lycée revendique le droit de ne plus être prise pour du bétail. Même le directeur va s'en mêler, tant le club va semer - malgré lui - la zizanie. Cela sent la révolution !  !

The_Lonely_Hearts_Club_Elizabeth_Eulberg

The Lonely Hearts Club est un roman sur la solidarité féminine, sur le choix d'être respecté sans pour autant renoncer à aimer et être aimé, il y a une limite à ne pas franchir (all you need is love, après tout !). Les filles du club ne sont pas des harpies, au contraire l'histoire montre qu'il est surtout question d'amitié et de bonne humeur. L'héroïne, Penny, va même être prise à son propre piège puisqu'elle va rencontrer un garçon charmant, délicieux et attentionné qui va lui faire battre le coeur, alors qu'elle a pour règle d'or de ne pas déroger aux principes du Club (stop dating boys !). Pas facile, pas facile... Et pourtant, c'est tellement simple ! Le club n'est pas une prison non plus, et les copines sont là pour le lui rappeler !

Cela se lit vite et bien, non ce n'est pas le roman de l'année non plus, mais étant donné que ce livre est - je crois - le premier bouquin qui trouve grâce à mes yeux depuis deux semaines, j'estime qu'il mérite une mention plus qu'honorable.

Les petites références aux Beatles ont été également fort appréciables, et cette allusion sur l'influence de la musique dans la vie ... si cruciale à mes yeux :

There was only one thing I could do to ease the pain. I turned to the only four guys who'd never let me down. The only four guys who'd never broken my heart, who'd never disappointed me.
John, Paul, George, and Ringo.

Anybody who has ever clung to a song like a musical life raft will understand. Or put on a song to bring out an emotion or a memory. Or had a soundtrack playing in their head to drown out a conversation or a scene.

The Lonely Hearts Club ~ Elizabeth Eulberg

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19 juillet 2010

Rules of Attraction

 

rules_of_attraction

A la fin de Perfect Chemistry, la mère d'Alex quitte Chicago avec ses deux jeunes fils pour retourner au Mexique. Là-bas, Carlos a mené la vida loca en séchant l'école, en fréquentant des gangs et en dealant de la drogue. En punition, il est expédié auprès de son frère dans le Colorado afin de revenir sur le droit chemin. D'entrée de jeu, Carlos se révèle un rebelle qui refuse l'autorité d'Alex, qui ne croit pas en l'égalité des chances et qui ne fait confiance en personne. Au lycée, il est accueilli par Kiara Westford qui sera sa tutrice pendant une semaine. La rencontre frise la catastrophe - Kiara est une fille toute simple, qui ne casse pas la baraque et son look (tshirt informe, grosses chaussures de randonnée) horripile notre bad boy. Ces deux-là ne peuvent pas se supporter, mais jouent un jeu dangereux. Et nous, lecteur, on adore ça !

Car peu de temps après son arrivée, Carlos a des démêlés avec la police pour une histoire de drogue, le juge le place chez la famille de Kiara. Bonjour la cohabitation, mais le lecteur est toujours aux anges ! Il faut que ça pulse, il faut que nos antagonistes se fassent du rentre-dedans, il faut du clash et de la séduction sous-jacente. Yipi, on en a et on en redemande. Cela commence par une farce avec une floppée de cookies collée dans le casier de Carlos, cela s'enchaîne par des dialogues muy caliente (lors d'un repas en famille, Carlos réplique au petit frère de six ans qu'il pratique comme seule activité sportive le tango horizontal ! ). Malgré eux, Carlos et Kiara se cherchent de plus en plus. Et le type va se servir d'elle en lui demandant d'être sa fausse petite amie au lycée, au nez et à la barbe de la reine Madison qui voit rouge, en échange Kiara lui fait promettre d'être son partenaire au bal, condition qu'il accepte si la miss se décide à porter une robe et des chaussures à talons. Bref, notre couple se lance des défis à tout bout de champ (Kiara ne doit absolument pas tomber amoureuse de Carlos, il a été clair, le lecteur rigole, ha ha, car certains signes ne trompent pas).

Je pourrais vous en coller d'autres, des anecdotes et de ces moments forts et croustillants qui font le sel de l'histoire. Simone Elkeles a pratiquement ressorti la même recette qu'on savoure dans Perfect Chemistry (sweet girl meets bad boy), même si je trouve que la tension sexuelle est un cran inférieur entre Carlos et Kiara qu'elle ne l'était entre Alex et Brittany (argh, c'est d'ailleurs extrêmement frustrant de se contenter de cette pâle copie d'Alex, dans ce livre il est limite fade et moins sexy tellement il est lisse, gentil, amoureux etc.). Néanmoins, l'alchimie est bel et bien présente, Kiara est une petite nana au caractère bien trempé, élevé dans du coton, avec des parents extraordinairement ouverts et tolérants et bien sûr Carlos Fuentes es muy bonito, miam, on en mangerait !

... et la couverture du roman est aussi une scène du livre. La voici !

He leans out his window, meeting me halfway. We're both wet and soaked, but neither of us seems to care. " Don't run away from me when I need to tell you somethin' important. "
" What ? " I say, hoping he doesn't notice the tears running down my face, and praying they're getting mixed up with the rain.
" Tonight was... well, it was perfect for me, too. You've turned my world upside down. I've fallen in love with you, chica, and it scares the fuckin' shit outta me. I've been shakin' all night, because I knew it. I've tried to deny it, to make you think I wanted you as a fake girlfriend, but that was a lie. "
" I love you, Kiara, " he says before his lips move forward and meet mine.

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15 juillet 2010

Wings

wings_aprilynne_pike

Après des années passées à étudier chez elle, Laurel entre pour la première fois au lycée, dans une nouvelle ville. Dès le jour de la rentrée, elle y fait la rencontre de David, son partenaire de bio, un garçon charmant et très gentil, qui l'introduit auprès de son groupe d'amis et prend plaisir à passer de plus en plus de temps auprès d'elle. Mais un matin, la jeune fille découvre sur son corps une bosse qui ne cesse de grossir au fil de la journée. Peut-être est-elle gravement malade ? Elle n'ose en parler à ses parents, évite David avant de se confier à lui. Car cette protubérance s'est développée de façon déconcertante : ce sont maintenant des pétales de fleur qui s'étalent sur son dos. Des fleurs qui s'épanouissent sous l'apparence d'ailes.

A ce stade du roman, j'avoue que je n'étais pas follement emballée. L'histoire est charmante, romantique, mignonne et un brin mystérieuse. Par contre c'est lent, long, trop sentimental. Le style littéraire n'est pas folichon, les personnages n'ont pas de charisme dévastateur et cette histoire de fille-fleur ne m'intrigue pas davantage. Hmm, forte d'encouragements extérieurs qui préconisaient que le livre exigeait patience dans les premières pages, je me suis donc efforcée à poursuivre ma lecture.

Un nouvel élément m'a aussi redonné du baume au coeur, avec l'apparition d'un certain Tamani. (" He looked at her so possessively, as if she were a lover he had already won and he was just waiting for her to realize it. ") Hmm. Enfin un peu de sérieux. Mais qui est-il ? Laurel l'a rencontré dans la forêt qui jouxte le terrain de sa maison d'enfance (que ses parents envisagent de vendre), il la découvre dans toute sa splendeur florale et n'est nullement effarouché, plutôt séduit et enchanté, et prétend avoir des réponses ! Yalla.

A la place, Laurel se braque et prend la fuite. Elle se console dans les bras de David, oh oui, un gentil garçon. " He was sweet, patient, smart, fun, and he made no secret that he adored her. " Toutefois, la gentillesse n'est pas l'atout majeur du sex-appeal. Nous sommes d'accord ? Et depuis les prémices d'une rencontre plus folle et sauvage avec Forrestboy, moi j'avoue que j'en veux plus !

Les détails cocasses ne manqueront pas, comme l'histoire du pollen sur les mains. Il suffit d'un toucher pour ensemencer une jeune fille en fleur, et zou. Cela casse enfin le romantisme, bonjour le glamour, la fantaisie et ... place à la féérie. Sur ce, je crois que j'ai trop attendu de cette lecture. Résultat, j'ai été frustrée et un peu déçue. C'est trop gentil à mon goût, trop délicat et romantique, j'avais besoin de sensations fortes, donc cela ne collait pas trop avec le programme. Tant pis.

Wings / Aprilynne Pike

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12 juillet 2010

Incarceron

Incarceron_de_Catherine_Fisher

  

Au-delà de cette très belle couverture, se trouve une histoire riche en promesses sombres et captivantes. Incarceron est une prison créée de toutes pièces, une prison vivante, avec des gorges qui s'ouvrent et avalent ses occupants, une prison qui se gausse et agit à sa guise pour punir, réglementer et organiser ce monde difficile. Finn fait partie de cet univers, il appartient au groupe des Racailles (qui pillent, tuent et font régner un climat de terreur). Or, le garçon est convaincu d'avoir un passé et force sa mémoire à raviver ses souvenirs enfouis. Il pense venir de l'Extérieur, son frère de sang cherche à le convaincre du contraire, jusqu'au jour où Finn trouve une clé.

Il existe bel et bien un autre monde, à l'Extérieur. Claudia est la fille du directeur de la prison Incarceron. Elle a été élevée pour être préparée à devenir reine, promise à un héritier imbu de sa personne, fainéant et prétentieux, qu'elle ne tient pas en haute estime. Elle est persuadée que son premier prétendant a été assassiné par son père et la reine en puissance. Claudia veut donc déjouer les complots, cesser la comédie qui consiste à créer une illusion permanente d'une société de l'Epoque (proche du 18° siècle), et percer le secret de la prison Incarceron, qu'on décrit comme idyllique. Claudia vient aussi de trouver une clé, et par la même occasion, parvient à entrer en communication avec Finn.

J'ai été totalement emballée au début de ma lecture par cette atmosphère étouffante, mystérieuse et donc captivante, avant de sombrer peu à peu dans un certain ennui. Ma fascination a cédé le pas à un malaise. A force d'être oppressant, Incarceron est devenu accablant. C'est sec, assez dur et froid. De plus, l'intrigue est assez lente, que ce soit du côté de Finn ou de Claudia, sans compter que ça reste plutôt prévisible. Cela m'a embêtée, très clairement. Incarceron propose un univers complexe, mais il manque LE truc pour rendre l'ensemble fluide et passionnant. Pas de place pour l'émotion, ni pour un zest de passion. Tout est tellement bridé, à l'exemple de la politique établie à l'Extérieur, où règnent la méfiance et la peur.

Claudia est une jeune fille modelée pour assumer de grandes responsabilités, du coup elle n'est nullement sujette à la sensiblerie, non pas que ceci représente un atout majeur, mais cela handicape la personnalité de la demoiselle, qui n'est donc pas très attirante.  Ce n'est pas mieux pour Finn, qui se débat dans son univers carcéral, trop alambiqué et poisseux, le garçon ne se révèle pas très attachant non plus, sans pouvoir l'expliquer véritablement, mais encore une fois, ça coince.

J'ai été désappointée par ma lecture, au fil des pages. Je n'avais plus envie de continuer, mon intérêt pour l'histoire a flanché et je ne suis pas sûre de vouloir connaître la suite. Incarceron manque singulièrement de souffle et de tension, le suspense est trop étalé, c'est lent, c'est long. En bref, j'ai trouvé que ça restait plat et austère. Je m'y suis ennuyée, j'ai été déçue.

Parution rapprochée du tome 2, Le cygne noir (Incarceron #2) le 21 octobre 2010.

Incarceron ~ Catherine Fisher
Pocket jeunesse (2010) - 500 pages - 14,50€
traduit de l'anglais par Cécile Chartres

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12 juillet 2010

The Iron King

 

The_Iron_King

Meghan, bientôt seize ans, est une adolescente à l'existence banale, quasi transparente. Elle vit avec sa mère, son petit frère et son beau-père dans une ferme paumée, avec pour seul voisin, son meilleur ami, Robbie. Au lycée, Meghan a le béguin pour le beau gosse le plus populaire, Scott, qui l'ignore. Pire, il va même monter un sale coup avec sa bande de snobs pour se venger de Meghan qu'il croit responsable d'une blague douteuse lancée sur internet.

Et c'est justement le jour de son anniversaire que cela lui arrive ! Minable, elle se traîne jusque chez elle, en compagnie de Robbie qui tente de lui remonter le moral. Il est aussi très protecteur et promet à Meghan une soirée inoubliable avec champagne à gogo. A la place, c'est un autre liquide qu'elle va boire et qui lui révèlera le monde qui l'entoure - un monde peuplé de créatures féériques. Robbie lui-même décline sa véritable identité, " Call me Puck. " THE Puck.

Yes, nous y sommes. A Midsummer Night's Dream + Alice in Wonderland + Narnia Chronicles = The Iron King.

Parce que son petit frère a été kidnappé, Meghan rejoint the Nevernever aux côtés de Puck (ou Robin Goodfellow). C'est un monde divisé en deux royaumes - the Seelie Court, avec King Oberon, et the Unseelie Court, où se trouve sur le trône Queen Mab. L'été contre l'hiver. Le feu contre le froid. Régulièrement les meilleurs ennemis se retrouvent au cours de l'Elysium pour conclure un pacte de paix.

Durant cette cérémonie, Meghan fait la rencontre de Ash. C'est le plus jeune fils de la reine Mab. Il est dépeint en des termes dégoulinants de beauté suprême, de classe folle, de regard froid et déterminé, d'une arrogance innommable bien qu'irrésistible. C'est le bad boy à sa façon. Celui qu'on nous interdit d'adorer, mais pour lequel on craque inévitablement.

C'est un roman qui ne paie pas de mine, pour commencer. J'avais un doute affreux, d'abord car il est édité par Harlequin Teen et ensuite parce que je ne suis pas hyper fan de tout ce qui touche à la faery. Heureusement le livre de Julie Kagawa est très différent et vraiment passionnant.

L'auteur a su créer un univers original et riche en allusions littéraires, on apprend à le connaître au fil des pages et des aventures trépidantes que rencontre l'héroïne. C'est vif, enlevé, bien rythmé, mené tambour battant, drôle aussi. Belle réussite des personnages également, c'est important. Meghan apprend à se découvrir, à s'accepter et à trouver une place où elle ne compterait pas pour des prunes. Son histoire avec Ash s'annonce bien compliquée, entre enjeux politiques et codes féériques (il ne faut jamais dire merci, ni demander de l'aide car cela implique une âpre négociation qui peut vous coûter plus que vous ne l'imaginez). Meghan Chase, fille de King Oberon, devient un pion pour les ennemis de the Seelie Court, parmi lesquels se trouve Prince Ash. Han, han. Et Puck, aussi. Impossible d'en dire plus, mais c'est juste, tout simplement, horrible de ne pas savoir.

La fin est, quelque part, frustrante car je n'avais pas du tout envie d'être mise à la porte tant je voulais rester aux côtés de Meghan. Enfin, c'est aussi rageant de ne pas savoir où son chemin la mène, c'est tellement injuste de nous laisser sur cette chute. Suite prévue : The Iron Daughter.

... un petit passage pour terminer en beauté !

A dark shape glided out of the trees, a portion of shadow come to life. The satyrs blinked and hastily stepped back as Ash strode into the middle of the herd. Looming up behind me, he slid an arm around my shoulders and pulled me to his chest. My heart sped up, and my stomach did a backflip. " This one, " Ash growled, " is off-limits. "
" Prince Ash ? " graped the lead satyr, as the rest of the herd bowed their heads. He paled and held up his hands. " Sorry, Your Highness, I didn't know she was yours. My apologies. No harm done, okay ? "
" No one touches her, " Ash said, his voice coated with frost. " Touch her, and I'll freeze your testicles and put them in a jar. Understand ? "

The Iron King / Julie Kagawa
Harlequin Teen (2010) - 363 pages

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10 juillet 2010

It's not summer without you

Il s'agit de la suite de L'été où je suis devenue jolie.

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Un an a passé. Belly n'est pas retournée à la maison de Cousins Beach, quand Jeremiah téléphone pour lui apprendre que Conrad a disparu... Le début de l'histoire est très triste, Susannah manque énormément, et c'est un roman débordant de chagrin qu'on a entre les mains. C'est vif, l'émotion nous prend à la gorge, on sent toute la fragilité et la détresse des personnages. Le premier livre était déjà doux-amer, celui-ci accentue la tonalité, et pourtant c'est incroyablement beau et touchant. Car petit à petit, l'histoire va grandir, va ouvrir les vannes et laisser les larmes couler pour faire place au sourire. C'est bon de voir Belly, Jeremiah et Conrad redonner vie à la maison de Cousins, de les sentir reprendre pied et de jouer cartes sur table.

Néanmoins, leur relation demeure sur un fil. Cette fois, Jeremiah intervient aussi comme narrateur dans l'histoire. On apprend à mieux le connaître, à saisir son amour fou pour Belly et évidemment on ressent un élan de tendresse pour lui. On s'attache et on attend. Ce que la jeune fille a dans le coeur n'est pas un secret. Depuis ses dix ans, elle est amoureuse de Conrad. Inversement, le garçon est sauvage, fuyant, secret et décevant. Du moins, il faut lui laisser le temps, car peu à peu lui aussi nous surprend, se révèle sous un autre jour. Est-ce à dire que la relation triangulaire de cette série est une perte de temps, une prise de tête ? Non. C'est tellement bien écrit, bien amené, bien présenté. Il nous est impossible de ne pas ressentir de l'affection pour l'un ou l'autre des personnages.

En attendant, ce deuxième roman est un tournant. Une page a été tournée, pour Belly et pour les garçons. Chacun a su avancer, recoller les morceaux, ouvrir leur coeur, libérer le trop-plein d'émotions. Je suis complètement tombée amoureuse de ce livre, de cette ambiance nostalgique, nonchalante, douce et reposante. Il règne une sensation de quiétude qui fait du bien, et j'ai hâte de lire le troisième et dernier livre de la série !

... un passage, parmi d'autres :

He started to say something, maybe an apology and maybe not, and then he stopped, he leaned over and pulled me toward him - like by gravitational force. He kissed me, hard, and his skin was stubbly and rough against my cheek. My first thought was, I guess he didn't have time to shave this morning, and then - I was kissing him back, my fingers winding through his soft yellow hair and my eyes closed. He kissed like he was drowning and I was air. It was passionate, and desperate, and like nothing I had ever experienced before.
This was what people meant when they said the earth stopped turning. It felt like a world outside of that car, that moment, didn't exist. It was just us.

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9 juillet 2010

Pêle-mêle Polly

Le Mot de l'éditeur : Pêle-mêle Polly

Déjà le premier jour de septembre et bientôt la rentrée. Polly n’a aucune envie de reprendre les cours ni de retrouver les autres. À coup sûr, pour être heureuse, il faudrait fuir. Fuguer. Maintenant. Pourtant, avant la fin de l’été, les choses étaient différentes. Polly croyait qu’il existait des sésames pour le bonheur. Comme cette Cléo aux yeux bleus dansant pour elle sur la plage d’Houlgate. Mais tout se perd. Tout s’abandonne, même les amies. Polly n’a pas pu faire autrement. Elle a fait comme son père : abandonner avant de l’être. À Houlgate, Polly s’est souvenue de lui, de leur unique rencontre, l’été de ses six ans. Une angoisse terrible, comme une bulle pleine de rien, l’a envahie. Depuis, Polly ne voit plus que lui. Elle doit reconstruire le puzzle de ce père absent. Maintenant. Mais avec quoi attrape-t-on un fantôme ?

 

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Ce roman figure parmi les titres conseillés pour l'été par L'école des loisirs. Aussitôt, mon esprit s'est imaginé une lecture légère et rafraîchissante, d'ailleurs le résumé parle de la plage d'Houlgate, mon petit coeur a fait un bond, j'ai foncé tête baissée.
Ouch.
Ce roman est d'une sensibilité, c'est inattendu et extrêmement délicat. Très à fleur de peau. Je m'y sentais comme sur des coquilles d'oeufs. Donc, j'ai tout repris à zéro pour mieux plonger dans cette histoire de quête des origines. Polly, la narratrice, est une adolescente mature, réfléchie, solitaire et malheureuse. Elle ne connaît pas son père, ni sa mère ni sa grand-mère ne lui en parlent, elle ne dispose que d'une photographie très floue de lui et se souvient l'avoir vu pour la première (et seule) fois à l'âge de six ans. Elle se rappelle des détails et des contours mais a oublié les mots, les paroles, les traits de son visage.
Aujourd'hui, en cette veille de la rentrée, Polly vide et range les cartons de sa famille en nous offrant un pêle-mêle raffiné de ses émotions, ses souvenirs, ses doutes, ses besoins. Sur la plage, à Houlgate, Polly a rencontré Cléo qui dansait et dessinait des arabesques sur le sable. Et puis Cléo est partie... Sans le vouloir, cette rencontre a bouleversé Polly. Il faut que sa grand-mère lui explique pourquoi ceux qu'elle aime la quittent, car elle en souffre et sa bulle pleine de rien est en train de se crever.
Je me suis noyée de plaisir parmi les lignes de Gabriel Martiarena, c'est un roman admirablement bien écrit, très élégant, classique, guindé sans être pédant, et au charme suranné. Par contre, ce classicisme marque aussi une certaine distance et il n'est pas facile de se fondre dans l'histoire. C'est beau, très sensible mais l'histoire ne nous transporte pas. Il faut davantage considérer ce roman comme un brillant exercice stylistique.
A conseiller aux très bons lecteurs (adolescents) et plus.

Pourquoi faut-il que tout ait une fin ? En ce premier jour de septembre, une nostalgie lourde me serre la gorge. Je repense à cet été qui s'achève, aux arabesques de Cléo sur le sable de l'immense plage normande. Bientôt, il faudra retrouver la compagnie étouffante et imposée de camarades de classe. Je sens poindre l'envie de fuguer. Le goût de la fuite me taquine. Je ne suis pas courageuse, non, vraiment pas. J'ai le sentiment profond que seuls les fuyards sont heureux. Soyons lâches, évitons les contraintes !
J'ai perdu Cléo, l'escalier bigarré... Il me reste Mamée, maman. Et l'absence obsédante de mon père.

Si j'oublie son absence ? Si j'oublie son absence ! Est-il seulement possible de s'affranchir de ce qui n'est pas ? Oublier revient à soustraire quelque chose de sa mémoire. Mais quand cette chose est un néant, comment s'en délivre-t-on ? Par quel bout s'empoigne le vide quand on veut le flanquer dehors, le bazarder ?
Je ne connais pas mon père, ou si peu. Pourtant il me pourrit l'existence. Je voudrais le frapper, lui hurler ma haine. Mes poings s'agitent dans le vent, mes cris ne rebondissent sur aucune chair. Lutter contre un fantôme.

Pêle-mêle Polly ~ Gabriel Martiarena
Médium de l'école des loisirs (2010) - 118 pages - 8,00€
illustration de couverture : Franck Juery

5 juillet 2010

Beautiful Dead, Livre 1 : Jonas

Le lycée d'Ellerton serait-il frappé d'une malédiction ? Quatre jeunes ont trouvé la mort, en un laps de temps très rapproché. Parmi eux, il y a Phoenix, le petit copain de Darina. Bien évidemment, celle-ci est inconsolable, choquée et veut des réponses. Son amoureux s'est fait poignarder dans une bagarre entre gangs, alors qu'il se rendait au rendez-vous fixé par la jeune fille. C'est trop pour elle, du chagrin à la colère il n'y a qu'un pas. Darina nous impose une narration sèche, écoeurée et meurtrie, jusqu'à sa rencontre surréaliste avec les Beautiful Dead.

beautiful_dead_jonas

Ils sont beaux, mais intouchables. Ce ne sont pas des anges, peut-être des zombies, ils sont ici et ailleurs, morts et revenus sur Terre pour accomplir une dernière mise au point. Ils ont un an pour comprendre leur mort brutale, avant de faire le grand saut. Personne ne peut les voir, à l'exception de Darina. Et parmi eux, il y a Phoenix. Leur histoire est brisée et désormais illusoire. Pourtant, Darina s'accroche, résiste à la menace de Hunter, le guide spirituel des Beautiful Dead, et prête son concours pour aider Jonas à comprendre la cause de son accident de moto. Il y a presque un an, le temps lui est donc compté, de plus sa petite amie est sortie de son coma, elle est clouée dans un fauteuil roulant et est totalement amnésique et déboussolée.

Premier tome d'une série qui en comptera probablement quatre, chaque volume correspondant à chaque Beautiful Dead, ce livre paie un peu le prix de l'introduction. C'est sur lui que repose toute l'explication, la mise en place du contexte, la présentation des personnages, etc. Je n'ai pas été follement séduite, et je suis même rentrée assez péniblement dans cette histoire. Le ton donné à la narration est âpre, un peu trop à mon goût. Je n'accuse pas la traduction, mais j'ai trouvé pénible les commentaires de Darina sur "son aimé" ou "son chéri" qui rendent le tout assez gnan-gnan. Par simple curiosité, je laisserai une chance au prochain tome mais je n'en fais pas non plus ma priorité.

Beautiful Dead, Livre 1 : Jonas ~ Eden Maguire
Flammarion (2010) - 358 pages - 13€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau

couverture de Julia Starr

2 juillet 2010

L'Affaire Amanda

affaire_amanda

L'affaire Amanda, c'est l'histoire d'une disparition. Une lycéenne n'a plus donné signe de vie, depuis le matin où la voiture du proviseur a été retrouvée couverte par les dessins de la jeune fille. En fait, c'est le début d'une longue suite d'indices mis en scène sciemment par celle-ci, dans quel but, c'est trop tôt pour le dire. Du moins, Callie, la narratrice, est troublée par cette autre facette qu'elle découvre chez son amie, même s'il lui faut admettre qu'elle n'a elle-même pas toujours été très honnête non plus. Callie fait partie des iGirls, un groupe de filles superficielles, prétentieuses et hautaines, pourtant la crème du bahut. Ce qui lui semblait un honneur au début lui paraît plus lourd et contraignant au fur et à mesure que l'affaire Amanda accapare son temps libre. Car Callie réalise que ses copines sont fausses, qu'elle ne peut compter sur elles pour confier ce qui lui pèse (sa mère est partie sans donner de nouvelles, son père a sombré dans l'alcool) et d'ailleurs elle aussi ment ou leur cache qu'elle était amie avec Amanda.

Cette dernière a donc orchestré une autre alliance, entre Callie, Nia et Hal. Deux parias de l'école, du moins aux yeux des iGirls. Tous trois connaissaient Amanda, mais aucun des trois n'a en fait la même version sur l'histoire de la jeune fille. Vexés d'avoir été dupés, ils vont jeter l'éponge et en vouloir à la disparue. De plus, ils subissent un harcèlement du proviseur qui est convaincu que les trois élèves savent où se cache leur camarade. Finalement, trop d'indices troublants font douter Callie, Nia et Hal. Ils décident de reprendre l'affaire, Amanda est probablement en danger. Elle n'est aussi peut-être pas loin, car elle semble toujours au courant de leurs faits et gestes, n'hésitant pas à les relancer pour continuer leurs recherches. Alors, pourquoi ? Pourquoi un tel cinéma ?

Ces derniers temps, je regarde souvent Veronica Mars et cette série m'a fait penser à L'Affaire Amanda, ou inversement. On retrouve dans cette lecture la même construction qu'une série tv : une héroïne prise entre deux eaux, avec ses secrets, des personnages secondaires attachants, qui se révèlent au fil des pages, la bande de pestes incontournable, comme un poussoir pour l'héroïne, le petit copain transparent, un proviseur qui semble en savoir plus qu'il ne prétend, un père déchu, une mère étrangement absente, tous jetés au coeur d'un mystère, une disparition mijotée aux petits oignons, et des indices qui tombent comme l'eau de pluie, un zest d'espionnage, un soupçon de chantage, pas mal de suspense, des messages codés ou des appels à l'aide...

Ce livre a été souvent comparé à Cathy's Book pour son ambition interactive (le lecteur est en effet convié à surfer sur le net afin de participer à l'enquête). J'avais beaucoup aimé ce bouquin, par contre ce ne sera pas la même chose avec celui-ci. Qu'on ne se trompe pas, j'ai aimé et j'ai été totalement captivée. C'est un bon roman à suspense, inquiétant et habile à tisser encore plus de liens étroits dans l'intrigue. Néanmoins, j'ai aussi trouvé qu'on piétinait beaucoup pour un début et que cette lecture ressemblait trop à une série tv (huit tomes sont d'ailleurs prévus).

Sous le pseudonyme de Stella Lennon, se cache un comité d'auteurs dont Melissa Kantor pour le tome 1.

L'Affaire Amanda (Livre 1) ~ Stella Lennon
Bayard (2010) - 320 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Sidonie Van den Dries
le site : http://www.laffaireamanda.fr/

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