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Chez Clarabel

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24 mars 2010

Parce que ce gars-là a tété comme un désespéré qui a failli ne pas passer l'été

kidKid, c'est une histoire de finesse et de sensibilité. Une histoire entre une femme et un chaton. Ce dernier trouve refuge chez la femme qui passe un été difficile, à tenir compagnie à ses parents qui vivent leurs derniers jours. C'est un album sur la solitude, la perte et le besoin de vie. La femme et le chaton vont se raccrocher l'un à l'autre, elle va le nourrir au biberon, se sentir père et mère pour lui, il ne va plus la quitter, dormir tous les soirs dans son dedans  ou se nicher sur la pile des coussins. Petit à petit, la couleur entre de nouveau dans la vie de la narratrice, après des journées vides et lentes, aussi longues que des verres de terre. Je ne passe pas en revue le graphisme de l'album, parfaitement sobre, épuré et intelligent, il suit l'histoire en y apportant la petite touche nécessaire. On ressent le vide, le manque, on vit l'étouffement, le cocon et le refuge. Cela ne se raconte pas, chaque album raconte à son lecteur sa petite histoire, et cet album a su vraiment me toucher. Pas parce qu'on parle d'un chat, un animal qui me laisse de marbre, mais parce qu'il laisse entendre qu'un animal peut vous redonner goût à la vie. Toute lecture est à prendre entre les lignes, ici ce que j'ai ressenti est également très personnel. C'est une histoire d'amour et de confiance. Une lecture pudique et sensible, très touchante.   
Ce duo d'auteurs avait déjà été récompensé par le prix du livre jeunesse de l'ARALD en 2009 pour C'est Giorgio.

Kid ~ Corinne Lovera Vitali / Loren Capelli
Rouergue, 2010 - 15€

challenge Je lis des albums - 21

challenge2jelisaussidesalbums

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24 mars 2010

What is the use of a book, without pictures or conversations ?

alice_burton

c'est L'EVENEMENT cinéma :

Alice au Pays des Merveilles, façonTim Burton

*

J'en profite pour vous (re)présenter la série de Frank Beddor : Les Guerres du Miroir, Alice en exil (T.1)

(en fait, j'ai lu ce premier tome en 2006 et j'avais beaucoup aimé ! hélas, la suite s'était faite longuement attendre pour finalement paraître en 2008 ... le livre m'attend, maintenant je me demande si je dois d'abord relire le tome 1 ou si je tente la lecture du t. 2 sans crainte d'être déboussolée par l'ambiance, laquelle est absolument surprenante !)

alyssAu cours du 7ème anniversaire de la princesse Alyss, un soulèvement conduit par Redd, la soeur de la reine Geneviève, voit le massacre du couple royal et force la fillette à fuir en traversant le miroir. Elle débarque dans l'Angleterre du 19ème siècle dans un orphelinat misérable où la famille Liddell l'adopte et l'emmène à Oxford. L'enfant grandira dans son nouveau foyer en se détachant de son passé, persuadée d'avoir été abandonnée, trahie et incomprise, surtout depuis la récente parution d'un livre sordide inspiré de ses confidences au Révérend Dodgson.

A près de vingt ans, Alyss a décidé de se marier avec le Prince Leopold d'Angleterre... mais c'est sans savoir le profond gouffre dans lequel est plongé son royaume, où un groupe de résistants, les Alyssiens, tentent de combattre l'Imagination Noire de la reine Redd, espérant toujours le retour de leur princesse. C'est le Chapelier Madigan qui est chargé de retrouver Alyss pour la ramener chez elle afin de sauver le Pays des Merveilles.

Nous sommes très, très loin de l'oeuvre de Lewis Carrol, qui sert néanmoins de source d'inspiration et aussi de référence en matière d'hommage. La trilogie de Beddor est sombre, elle nous raconte une histoire de guerre et de vengeance. Les allusions à l'oeuvre originale ne sont pas pour autant négligées, notamment dans le portrait des personnages, le Chapelier Madigan, le précepteur Bibwit Harte, le général Doppelgänger, la Tour Blanche et le farouche Dodge Anders. En décor, on croise la Chenille Bleue, les Figures, un Gouinouk, des Jabberwocks, le Chat assassin à la botte de Redd et des soldats-cartes. Même la démoniaque Redd y va de son redoutable "Coupez-leur la tête".   

Ce premier tome vous plonge dans un récit obscur, assez sanguinolent et malgré tout romanesque (Alyss sera quelque peu *émue* par ses retrouvailles avec Dodge Anders). J'ai aimé cette lecture, j'ai aimé ce qui ressemble à un hymne à l'imagination, j'ai aimé le personnage d'Alyss, fin, délicat, très sensible, bref j'ai aimé en entier. La suite promet monts et merveilles ! 

Les guerres du miroir, Tome 1 : Alice en exil de Frank Beddor
Bayard, 2006 - 352 pages - 15,90€
traduit de l'anglais par
Sidonie Van den Dries

déjà disponible : Les guerres du miroir, Tome 2 : Le spectre de la reine

à paraître : Les guerres du miroir, Tome 3 : Conspiration des oracles

le forum Whoopsy daisy en parle ici

le site original : http://www.lookingglasswars.com/home.html

21 mars 2010

Son pays à lui, c'est la planète entière.

Sur le parvis de Notre-Dame de Paris, un mois d'avril 1934, la police sème le trouble durant la cérémonie où quarante hommes attendent d'être ordonnés prêtres. Parmi eux, Vango, dix-neuf ans, s'incline devant le cardinal en présentant ses excuses, avant de fuir par les airs. Agile, souple et virevoltant, il s'échappe par les toits de la cathédrale, au nez et à la barbe du commissaire Boulard. Une silhouette dans la foule tremble, tandis qu'une main invisible a brandi une arme et vise la silhouette du fuyard.

vangoA l'image de Vango, le roman n'aura de cesse de sautiller, de vagabonder, de surprendre et de nous étonner. Qui est ce Vango, quel est son crime, pourquoi toutes les polices le cherchent, de France en Allemagne, en passant par la Russie et les îles de Sicile ? ... Car Vango avance dans la vie en effaçant ses traces. L'histoire, elle, tente de rassembler les petits morceaux du puzzle et le lecteur en a l'appétit aiguisé. C'est prodigieux. A en avoir presque la larme à l'oeil. Vous  décrire ce plaisir de lecture est d'ailleurs sans fin.

Timothée de Fombelle confirme, après la beauté de Tobie Lolness, qu'il est un grand écrivain. Il manipule ici la plume avec légèreté, cocasserie, passion et émotion, on ressent ce bonheur de l'écriture, c'est un partage unique et palpable. J'ai ainsi dévoré le roman avec gourmandise, savouré les pleins et déliés de ce texte qui est absolument époustouflant. L'aventure de Vango se laisse conter avec une simplicité toute émoustillante, le rythme est haletant, l'intrigue très bien tissée, le lecteur est pris aux pièges, séduit d'emblée par la galerie des personnages, des héros ou des maquereaux, au choix, mais tous savent nous accrocher, nous attirer et nous questionner. Ce roman n'est pas unilatéral, il est mystérieux et ambitieux, parfaitement réussi car envoûtant. Il ressemble à son héros, Vango, dont il est dit dans le livre que c'est un caméléon globe-trotter qui tire une langue multicolore.

Qu'est-ce que c'est beau. Je suis sous le charme et encore éblouie par cette merveilleuse rencontre ! Et ce zeppelin en couverture vous invite au voyage et à mille autres explorations...
J'ATTENDS LA SUITE AVEC IMPATIENCE !

Vango, tome 1 : Entre ciel et terre ~ Timothée de Fombelle
Gallimard, 2010 - 370 pages - 17€
illustration de couverture : Blexbolex

Comme moi, Lili O. a été conquise ...  J'avais glissé en amuse-bouche quelques extraits ICI.

20 mars 2010

Hideko Ise

Un même auteur, Hideko Ise, trois albums : Sophie et le relieur - Kimiko et le botaniste - Mon ami à trois pattes, et une même particularité : des aquarelles délicates et élégantes.

sophie_et_le_relieur

Ce premier album raconte la rencontre entre une petite fille, dont le livre fétiche est tout abîmé, et un relieur qui habite un quartier tranquille de Paris. Sophie est passionnée par les arbres, et plus particulièrement du robinier. Alors qu'elle assiste avec éblouissement au travail minutieux du relieur, qui lui explique toutes les étapes de sa tâche avec finesse et patience, la fillette papote joyeusement en partageant son propre domaine de savoir.

C'est un très, très bel album qui parle à tous les amoureux des livres. On apprend ici la technique de relier un ouvrage, et toutes ses étapes : le dérobage, le rognage, la couture, l'endossure, la parure... L'album parle de travail de mémoire, de respect, de tradition et de perpétuité. C'est beau et intelligent.

Si on me demande pourquoi je continue ce travail, je pourrais dire que je travaille pour que l'on n'oublie pas toutes ces histoires écrites par les gens à travers le temps, et les transmettre aux générations futures. C'est un peu ça le métier de relieur.

Sophie et le relieur  - Seuil jeunesse, 2007 - 15€

kimiko_et_le_botaniste

Le deuxième album est en quelque sorte une continuité avec l'histoire de Sophie, laquelle fait d'ailleurs son apparition dans l'histoire. Une petite japonaise, Kimiko, aime se réfugier dans le Jardin des Plantes pour y croquer des dessins. Elle finit par se lier d'amitié avec le botaniste qui va lui faire découvrir au fil des saisons les secrets de ce jardin extraordinaire.

Encore un album qui appelle l'art de la patience, de la contemplation et de la poésie. Kimiko et le botaniste est aussi une ode à un lieu magique, riche d'un patrimoine exceptionnel. Une nouvelle fois, les aquarelles invitent l'esprit à l'imagination et l'admiration. De plus, dans cette histoire, résonne aussi une tendre mélodie, légèrement teintée de nostalgie, où le botaniste ne s'arrache pas du souvenir de la petite fille qui est rentrée au pays.

Grand arbre. Arbre qui endure et qui mémorise.
Ce que tu as vu, mes oreilles l'entendent.
Les paroles qui naissent de toi sont devenues mon histoire.

L'automne est bien installé, mais cet automne est un peu différent des autres ;
baigné dans la douce lumière du soleil,
la voix rieuse de cette enfant s'entend comme une clochette.

Kimiko et le botaniste - Seuil jeunesse, 2009 - 15€

mon_ami_a_trois_pattes

Dernière balade entre les pages d'un peintre et auteur d'exception...
Mon ami à trois pattes partage avec le lecteur l'amitié naissante entre un chien des rues et un garçon qui vient de perdre sa mère. J'ai été très touchée par cet album, où deux êtres blessés par la vie tissent entre eux un lien fort et particulier. Durant l'hiver, une scène va profondément bouleverser le jeune garçon lorsqu'il retrouve l'animal, frigorifié sous la neige, les deux pattes attachées. Tant de cruauté et d'indifférence autour... cela donne des frissons. La fin aussi est assez émouvante, alors qu'on comprend que l'enfant doit partir et quitter son ami à trois pattes, lequel va tenter de le suivre avant d'accepter que, pour lui également, la vie continue.

Il y a beaucoup d'émotion dans ce texte, les aquarelles d'Hideko Ise soulignent la beauté et le charme de la rencontre. On y retrouve même, de façon fugace, Sophie et le relieur, puisque le chien errant traîne dans le même quartier. Ce n'est pas la première fois que l'auteur trace ainsi un fil invisible entre ses albums, et j'aime beaucoup ce genre de clins d'oeil. Tendresse et nostalgie sont toujours au coeur de l'histoire, à travers les mots du narrateur (cette fois, il s'agit d'un texte de Kenzo Yamamoto). Que vous dire, sinon beauté et émotion font décidément bon ménage.

Mon ami à trois pattes - Seuil jeunesse, 2010 - 15€

challenge Je lis des albums - 20

challenge2jelisaussidesalbums

19 mars 2010

I'm Into Something Good

Cela commence par la voie des anges :

Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé.
On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle. Notre-Dame de Paris étendait son ombre sur la foule assemblée.
Soudain, tout autour, la ville parut se recueillir.
Vango avait le front contre la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l'avait conduit ici. Pour une fois, il n'avait pas peur.
Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l'avait élevé.
La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n'en savait rien. Allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l'un après l'autre les parapluies.

Un zest de paranoïa ...

Le dernier petit miracle, c'était elle. La diversion idéale. Elle s'était retrouvée enfumée comme un hareng dans son grand appartement du premier étage.
Weber avait les yeux remplis d'étoiles. Il connaissait toutes ses chansons.
Il faut savoir que Raimundo Weber était un moine capucin de Perpignan qu'on avait laissé prendre sa retraite à la capitale et qui jouait du fox-trot la nuit sur l'orgue de la chapelle. Il mesurait à peine un mètre cinquante-cinq mais avait des mains de deux octaves chacune.
Il se cambra, détacha sa robe de chambre et la fit tourner autour de lui comme un torero. Il portait un pyjama à carreaux. Il fit un pas vers la chanteuse, puis un autre, puis encore un autre, comme s'il l'invitait pour un tango de rue. Il finit par s'incliner, ce qui, vu sa taille, le mettait au ras du pavé. Puis, d'une nouvelle passe de corrida avec sa robe de chambre, il recouvrit les épaules nues de la belle.
- Permettez-moi, mademoiselle. Avec toute mon admiration.
Nina Bienvenue souriait.

Tandis que, de l'autre côté du brouillard ...

Mademoiselle était une magicienne de la cuisine.
Sur son petit fourneau de pierre, au bord de cette île perdue en Méditerranée, elle faisait chaque jour des merveilles qui auraient fait pleurer les gastronomes des plus grandes capitales. Au fond de ses poêles profondes, les légumes faisaient une danse ensorcelante dans des sauces dont l'odeur montait à la tête et à l'âme. Une simple tartine de thym devenait un tapis volant. Les gratins vous tiraient des larmes alors que vous n'aviez pas encore passé le pas de la porte. Et les soufflés... Mon Dieu. Les soufflés seraient allés se coller au plafond tant ils étaient légers, volatils, immatériels. Mais Vango se jetait dessus avant qu'ils s'évaporent.
Mademoiselle préparait des soupes et des feuilletés impossibles. Elle faisait lever à la main des mousses aux parfums interdits. Elle servait le poisson dans des jus noirs au goût d'herbes inconnues qu'elle trouvait entre les pierres.

Ah ! Zefiro...

La conversation qui suivit entre ces deux hommes d'église dut faire atrocement rougir leurs anges gardiens.
- J'ai trouvé votre reine, dit le frère cuisinier.
- Ma reine...
Zefiro poussa soigneusement la porte.
- Vraiment ? Vous avez ma reine ?
- Je crois que je l'ai trouvée, padre.
Zefiro posa la main contre le mur. Il semblait perdre l'équilibre.
- Vous croyez ? est-ce que vous croyez seulement ?
Le cuisinier balbutia en triturant ses lunettes déjà bien abîmées :
- Je crois...
- Il ne suffit pas de croire ! dit Zefiro.
Dans la bouche d'un homme qui avait choisi le métier de croire, cette phrase était un dérapage. Zefiro s'en rendit compte. Il tenta de se calmer avant que, dans son dos, son ange gardien n'implose.
- Vous comprenez, frère Marco..., continua-t-il.
Ils parlaient presque à voix basse.
- Je cherche ma reine depuis si longtemps...
- Je comprends, padre. C'est pourquoi je vous en parle. Je crois... Je pense qu'elle peut être parmi nous dans quelques jours si vous le voulez.
Cette fois, Zefiro devint tout pâle. Il souriait.
- Dans quelques jours... Ma reine, mon Dieu ! Ma reine !
- Il y a une condition.
- Ah ?
- Vous devez laisser partir le petit.
Zefiro regarda fixement le père Marco et sa tête de singe malicieux.
- Le petit ?
- Oui, le petit Vango. Dès aujourd'hui.
Zefiro fit semblant de consentir un gros effort. En réalité, il était prêt à tout.
- C'est du chantage ?
- A peu près.
- D'accord. Qu'il parte.
- Et puis... Vous le laisserez revenir.
La padre Zefiro avait sursauté.
- Quoi ? Vous êtes fou ?
- Pas de Vango, pas de reine.
- Vous êtes fou, fratello ?
- Je ne suis pas fou. C'est Vango qui sait où elle se trouve. C'est lui qui la ramènera.
A ce point de la conversation entre les deux moines, il n'y aurait eu qu'un seul moyen de relever leurs anges gardiens, scandalisés, évanouis sur le sol, l'auréole en bataille.
Il n'y aurait eu qu'à leur donner ces quelques explications.

extraits de Vango, le nouveau roman de Timothée de Fombelle.

vango

et c'est un vrai régal !

 

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18 mars 2010

Les histoires d'amour, c'est un jeu, rien qu'un jeu.

Qu'est-ce que j'aime les couvertures de la collection Black Moon !

baiser_de_langeDernier né de l'écurie, Le Baiser de l'Ange (Kissed by an Angel) a été publié cinq ans après la sortie du film Ghost. Pourquoi je vous raconte tout ça, mais parce qu'il me semble que le film a été la principale source d'inspiration de l'auteur ! Plus d'une fois, je m'y suis revue : Sam et Molly, leur grand amour, la mort, lui qui devient fantôme et communique avec une médium un peu barrée, sa mission est d'aider sa dulcinée car elle court un grave danger. Et blablabla.  Normal d'être un chouia surprise lorsque, à la place de Sam et Molly, vous prenez Tristan et Ivy. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont amoureux et un accident les sépare. Cette fois, pas de fantôme à l'horizon mais un ange. Avouons que c'était couru d'avance, tant l'histoire répète la passion ô combien envahissante d'Ivy pour les anges !

L'histoire n'est donc nullement originale mais le roman s'avère tendre et touchant, ce qui n'a pas manqué de me plaire. A vrai dire, ce premier tome flirte avec des scènes légères et drôles pour nous raconter une romance adolescente, on ne tombe pas à la renverse mais c'est joli. Ce qui m'apparaît davantage captivant se trouve dans le mystère que soulève Tristan sur son accident. Un voile sombre était déjà apparu - le jour de l'anniversaire du jeune Philip - plaçant le lecteur dans la délicate posture de dévisager tous les personnages de façon suspecte.

Voilà qui m'interpelle assez pour vouloir connaître la suite... La parution des deux tomes suivants est rapprochée : juin et octobre 2010.  Sachez aussi que l'édition originale a rassemblé les trois romans (Kissed by an Angel / The Power of Love / Soulmates) en un seul volume.

Le Baiser de l'Ange ~ Elizabeth Chandler
Hachette, coll. Black Moon, 2010 - 230 pages - 14€
traduit de l'anglais (USA) Catherine Guillet

 

 

18 mars 2010

Exclusive: First look at the cover of Cassandra Clare's next novel, Clockwork Angel

Mode *étoiles dans les yeux*

Clockwork-Angel

Clockwork Angel is the first book in Clare’s new fantasy trilogy, “The Infernal Devices”.

In the new series, Clare brings us back to this Shadowhunter-Downworlder universe—and back in time to Victorian-era England. Infernal Devices revolves around Tessa Gray, an orphan who heads to London in search of her disappeared brother and falls deeper and deeper into an alternate magical reality. Along the way she finds two good friends in Jem and Will (who graces the new cover), and also crosses paths with some familiar names and faces from the Mortal Instruments saga.

covert art designed by cliff nielsen

source : EW.com

Can readers new to Cassandra Clare pick up Clockwork Angel without reading “The Mortal Instruments” series first?

Absolutely. Because Tessa, when she comes to London and falls into this world, it’s going to be new to her. You’re going to be seeing it for the first time, again, because you’re seeing it through her eyes. It’s its own entity.

pour mémo : parution 7 septembre 2010.

17 mars 2010

Sous sa rudesse se cachait un monceau de tendresse.

Le_mariage_de_Madame_EdouardMadame Edouard possède un miroir magique, capable de révéler la véritable nature de ceux qui s'y observe. Parce qu'elle se sent un peu seule et mélancolique, Madame Edouard a envie de trouver un mari et passe une petite annonce. Les prétendants ne manquent pas, ils défilent un par un dans son boudoir et passent le test du miroir. Hélas, leurs intentions cachées sont toutes mises à jour : la jalousie du tigre, l'obstination de la mule, la paresse de la couleuvre, la rouerie du renard etc. Madame Edouard est dépitée. Trouver l'homme de sa vie n'est pas chose aisée et sa solitude en devient plus vive. Et par-dessus le marché, son voisin, le Père Poulard, vient rouspéter à sa porte car il y a trop de boucan du fait du défilé des soupirants.

La beauté que voilà ! Cet album m'enchante, parce qu'il est illustré par Muriel Kerba (ça dit peu et tout à la fois), parce que cette élégance et cette poésie se marient (!) à merveille avec le texte de Bernard Villiot. C'est drôle, écrit en rimes, joliment tourné et jamais niais.

... le temps passant, le printemps aidant, le vieux rouspéteur fit une croix sur sa mauvaise humeur. Mille et un cadeaux et autant de petits égards éclipsèrent la mélancolie de Madame Edouard. Et quelques mois plus tard, dans le grand registre des mariages, ...

Un album coloré, joyeux et optimiste, avec une pointe de fantaisie, des rimes rigolotes, de l'amour et de la tendresse, bref j'ai été touchée et plus que ravie !

Existe aussi Le miroir de Madame Edouard.

Le Mariage de Madame Edouard ~ Bernard Villiot / Muriel Kerba
Gautier Languereau, 2009 - 14€

challenge Je lis des albums - 17

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16 mars 2010

Colère noire, bonsoir !

Encore une histoire de CHOSE qui apparaît par miracle et dont on ne comprend pas tout de suite l'existence ... je pense aux albums de Michel Gavin, C'est un monde, et de Jean Gourounas, La tache attaque. Donc, une histoire de chose noire, grouillante, pleine d'énergie, qui vibre et s'excite, qui happe tout ce qui se trouve sur son passage, même la médecine, l'armée ou les chasseurs de démons sont impuissants face à cette chose. Une chose capable d'aspirer la planète, la galaxie et que sais-je encore ?
Un remède existe : la douce parole d'une maman et un baiser qui vole.

colere_noire_bonsoirLe lecteur adulte aura vite compris ce que cache le propos de l'histoire (la colère, et pas n'importe laquelle, la colère noire, s'il vous plaît !). Et même si l'histoire nous parle d'un enfant qui pique sa crise parce qu'il est temps d'aller au lit, là j'évente une partie du suspense, oups désolée, mais c'est juste pour vous encourager à découvrir cet album car j'ai trouvé qu'il pouvait être lu sous plusieurs degrés, qu'on soit un adulte ou un enfant, après tout qui n'a pas connu une colère noire dans sa vie ? Levez la main. Pour aborder ce thème, l'auteur Richard Marnier s'est entouré d'effets de style et a dosé son intrigue d'une bonne louche de suspense, c'est un brin exaltant, surtout si on part dans des délires où l'intensité atteint un stade insupportable. La colère, dans tous ses états, moi je ne vous dis que ça, c'est puissant, c'est angoissant et finalement, comme un ballon de baudruche, lorsque ça se dégonfle, le cri est strident mais ça soulage quand c'est terminé. Et ça peut prêter à sourire.

Gaëtan Dorémus aux illustrations, oui toujours lui ! ... je plaide coupable.

Colère noire, bonsoir ! ~ Richard Marnier / Gaëtan Dorémus
Seuil jeunesse, 2010 - 13,50€

challenge Je lis des albums - 16

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16 mars 2010

Un garçon fasciné par les multiplexeurs d'accès DSL serait forcément repéré.

Un garçon collectionnant des cartes de sport, non.

evil_geniusCadel Piggott, sept ans, est un esprit brillant. Frappé d'interdiction de toucher, ou même d'approcher, le moindre ordinateur, pour cause de piratage, il doit consulter un psy, Thaddeus Roth, pour l'aider à se sevrer et à guérir de son addiction informatique. Hélas, ce docteur se révèle être le bras droit de Phineas Darkkon, un type actuellement en prison, qui prétend être son véritable père. C'est beaucoup pour un seul bonhomme. Néanmoins, Cadel est tout émoustillé car, pour la première fois, il se sent traité à part et presque comme un adulte. Il tombe facilement sous l'influence de son psy, qui l'encourage à passer encore plus de temps sur l'ordinateur et à mentir à ses parents adoptifs (deux guignols grotesques et caricaturaux). Cadel rejoint ainsi de son plein gré la Force Obscure. Le procédé est sournois, diabolique mais remarquable.

En grandissant,  Cadel développe ses talents et n'hésite pas à les tester (il brouille les circulations et les systèmes, il se venge sur ses établissements scolaires, ses profs ou ses camarades avec lesquels il ne s'entend pas), il agit petit mais ses actes ont des conséquences de plus en plus importantes, pas bien méchantes, Cadel est un hacker dont le but est d'embêter le monde, sans réellement lui nuire. De plus, il est encouragé par Roth et Darkkon, qui lui fournissent du matériel dernier cri, mais on se doute que rien n'est purement gratuit ou innocent, pas juste le fruit d'un zest de fierté paternelle, il y a de l'intérêt caché ou je ne m'y connais pas ! Et c'est ainsi qu'il finit par intégrer l'Institut Axis, une école fondée par son père où il est de bon ton de déroger aux règles et d'agir pour le mal. Et là, Cadel n'est plus sûr de lui et encore moins sûr d'avoir fait les bons choix.

J'étais curieuse de lire ce roman, sa couverture et son résumé me semblaient captivants. Au final, je suis assez déconcertée. De par l'épaisseur du livre (500 pages), l'histoire peine à maintenir une constance pour intéresser le lecteur, c'est long et plutôt lent. Et même si certains passages me rappelaient Artemis Fowl ou Alex Rider, Cadel Piggott ne possède pas la même étoffe - à mon goût.  Le roman ne manque pas d'humour, ni d'action pour décrire ce génie du mal. Il fait aussi preuve d'une démonstration habile de la manipulation mentale, de l'espionnage et du contre-espionnage, de l'infiltration, de la duperie, du bon et du mauvais, bref il y a matière à passionner les jeunes amateurs de technologies nouvelles, avides de sensations. (Un simple coup d'oeil au programme de l'institut Axis vous donne une idée de l'ambiance ! C'est pervers et diabolique, tout en restant parfaitement moral à la fin.)

Premier tome d'une trilogie qui se poursuit avec Genius Squad et The Genius Wars.

dès 13-14 ans.

Evil Genius ~ Catherine Jinks
MsK (Le Masque), 2010 - 500 pages - 16€
traduit de l'anglais (Australie) par Karine Suhard-Guié

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