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Chez Clarabel

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20 mars 2009

J'aimerais tant te retrouver ~ Fanny Brucker

fanny_brucker_2Claire, Rose et Nicolas ont en commun ce besoin de fuir, de s'enfermer dans leur coquille, de se protéger et de chercher. Quoi ? Le bonheur, l'amour, la sécurité. C'est ça, et plus encore.
Claire a quitté son compagnon car elle ne supportait plus cette vie qu'elle menait avec les enfants d'une autre et où elle ne trouvait plus sa place. Rose a perdu son mari et s'est réfugiée dans sa maison qui ressemble à un ranch, elle mène une existence tranquille, coupée du reste du monde. Nicolas vient d'apprendre qu'il n'est pas le père de l'enfant de sa partenaire, cela réveille sa blessure secrète : être un orphelin, né sous X. Il a choisi de placarder une petite annonce dans les journaux locaux de Rochefort pour retrouver sa mère. Quarante ans après.
En Charente Maritime, ces trois âmes en peine vont se croiser, se toucher, se comprendre et bouleverser tout lecteur qui va vouloir s'intéresser à leurs histoires. Forcément, l'attirance est totale, la séduction imparable. Il y a un charme indéniable derrière ces parcours, les personnages sont remplis de générosité. Ils sont bancals, ont besoin de raccomoder leurs cicatrices, portent un regard lucide et triste sur ce qui les entoure.
Mais c'est poignant, c'est très beau, raconté avec justesse, sans pathos. On sent comme une famille de bras cassés qui se serre les coudes parce qu'ils ont compris qu'ensemble c'est tout, et la beauté des paysages, la chaleur derrière les rapports humains, l'espoir de se tendre vers un inconnu meilleur rendent forcément ce roman tendre et attachant.
Inutile de préciser que j'ai beaucoup aimé. Voici typiquement le genre de lecture réconfortante, qui inspire mille pensées et qui provoque milles soupirs. J'en avais vraiment besoin, j'ai franchement savouré !
« Cet endroit était merveilleux comme un dessin d'enfant. Un dessin qu'elle avait fait, ou qu'elle avait vu, elle ne se souvenait plus. Séjourner ici revenait à s'installer dans un livre. Un album aux grosses pages en carton colorées, avec des animaux partout dont on retient les noms, des fleurs, un arrosoir, des pommes rouges et des papillons. »

JC Lattès, 2009 - 334 pages - 18€

l'avis de Cathulu

Premier roman de Fanny Brucker : Far-Ouest  (JC Lattès, 2008)

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19 mars 2009

La ferme du crime ~ Andrea Maria Schenkel

ferme_du_crimeUne ferme située dans un village de Bavière devient le théâtre de crimes abominables commis sur les membres d'une même famille : le patriarche, sa femme, leur fille et ses deux jeunes enfants. Les Danner n'étaient pas aimés, ils vivaient reclus et avaient leurs petits secrets qui provoquaient jalousie et convoitise dans le voisinage, mais est-ce que ça peut expliquer une telle férocité ? Et puis, les enfants ? On murmure partout que ce ne peut être que le geste d'un maniaque, ou d'un monstre qui passait par là, mais ce n'est pas possible que ce soit l'un d'eux. Il règne alors dans le village une ambiance glaciale, où la suspicion et la peur ont trouvé leurs marques.

Quelques années se sont écoulées, l'affaire avait fait grand bruit dans les journaux, pour autant le coupable n'a jamais été mis derrière les barreaux. Mais impossible d'oublier pareille histoire. Dans la réalité, un fait divers semblable a secoué l'opinion publique dans les années 20, et l'auteur Andrea-Maria Schenkel s'en inspire pour raconter son histoire, mais en la plaçant dans les années 50.

Et c'est un livre qu'on avale en une lampée, il est construit comme celui de Truman Capote (De sang-froid), car ce sont les témoins qui racontent toute l'histoire, lentement, progressivement. Il y a un vrai suspense, on tourne chaque page avec avidité, les chapitres sont courts, chaque témoignage apporte sa petite pièce au puzzle, et on en voit de toutes les couleurs ! C'est un excellent roman, noir de chez noir, et qui tient en haleine. On VEUT savoir, on est pris dans l'engrenage, et on ne lève pas le nez avant d'avoir tourné la dernière page.

La Ferme du crime a été classé meilleur roman criminel du printemps 2006 par les libraires allemands. C'est tout à fait mérité !

Actes Sud, coll. Actes Noirs, 2008 - 157 pages - 15€
traduit de l'allemand par Stéphanie Lux

Disponible en édition poche, collection Babel noir, dès le 1er Avril 2009 !

18 mars 2009

En cage - Kalisha Buckhanon

en_cageJ'ai pour habitude de choisir mes livres au hasard, de ne pas connaître l'histoire et de ne pas lire la quatrième de couverture. Je laisse place au petit bonheur la chance, je ne juge pas forcément sur la couverture, car pour cette fois c'est un peu loupé, mais je m'en remets à la magie de la première phrase. Ici : « Baby, la première chose qu'il faut que je sache, c'est si tu crois que j'ai tué mon père. » Oh ? Je ne sais pas vous, mais moi cela m'a plu !  Et j'ai voulu en savoir plus.

Ecrit sous forme épistolaire, ce premier roman de Kalisha Buckhanon raconte une histoire d'amour entre deux adolescents de Harlem. L'histoire débute en janvier 1990, Antonio vient d'être incarcéré pour le meurtre de son père. Sa petite amie Natasha lui répond en lui jurant son attachement profond et indéfectible. Leurs premiers échanges se résument ainsi, de longues tirades enflammées, des promesses, de l'espoir et la confiance en la justice, car Antonio plaide des circonstances atténuantes (son père battait sa mère). De son côté, Natasha continue sa routine, dans un foyer où ce n'est pas rose tous les jours (son père est mort dans un incendie, et son beau-père n'est qu'un imbécile à l'esprit étriqué). En plus, elle est montrée du doigt, c'est la petite copine du mec en taule, à Harlem la tendresse n'a pas droit de cité.

Pourtant, ce n'est pas moche, pas pénible, pas gonflant à lire. Certes, l'argot roule des mécaniques, mais en toute logique, car nos deux amoureux n'ont jamais quitté New York, ils ont poussé à l'ombre des blocs de ciment et des tags sur les murs, dans un quartier-ghetto livré à lui-même. C'est pour eux la routine, cependant ce n'est pas une raison de baisser les bras. Avec cette tuile qui leur arrive, Antonio et Natasha prennent conscience qu'il faut se battre pour décrocher une étoile. Chacun de leur côté, ils vont foncer : Antonio reprend ses études et n'a plus honte d'afficher son amour des livres, Natasha s'est inscrite dans un programme spécial, qui lui offrira l'opportunité d'aller à Paris, puis de s'inscrire en fac.

Le temps passe, les émotions grandissent, les sentiments aussi. Antonio et Natasha deviennent des jeunes adultes, et sans le vouloir, ils n'ont plus les mêmes envies, les mêmes attentes. « Maintenant je sais que là, dehors, à distance d'avion, l'univers est immense et moi je veux le voir. » déclare Natasha, qui a besoin d'air. La correspondance va s'étendre sur dix ans, avec des hauts et des bas. Leur amour va-t-il résister à toutes les épreuves ? 

J'ai été heureuse de découvrir ce roman, surprenant d'authenticité. Il se lit d'une traite, il ne mâche pas ses mots, et la fin est belle, pas du tout mielleuse. Ce n'est pas un conte de fées, c'est même poignant parce que certaines vérités éclatent au bout de dix ans, et c'est là qu'on prend la mesure du sacrifice, de la vie qui joue des tours. Et puis le titre, "En Cage", peut avoir plusieurs significations. Enfin c'est bouleversant, ça vous prend aux tripes et cela va rester une lecture qui comptera beaucoup !

NB : les Editions du rouergue vous livrent les premières pages du livre, au format PDF   

Rouergue, coll. doAdo Monde, 2009 - 252 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Elodie Leplat

17 mars 2009

Chasseur d'orages - Elise Fontenaille

chasseur_doragesAprès quinze années passées aux côtés de son extraordinaire grand-père, John, photographe des phénomènes orageux, qui vient de mourir d'une crise cardiaque en pleine mission, Herb doit retourner vivre avec son père, un 'logger', qui habite le quartier le plus chic de Vancouver. L'adolescent se sent mal, inadapté, encombrant. Il n'a qu'un but : partir, et dans le même temps il en profitera pour répandre les cendres de son grand-père sur le site des Lightning Fields à Santa Fe. En chemin, il rencontre trois étudiants des Beaux-Arts, la brunette Mina, la voluptueuse Blondie et l'irrascible Moon.

Leur voyage réunit toutes les particularités d'un guide du routard de la côte ouest américaine, en plus d'être un roman à la gloire d'une Amérique métissée, écolo et décontractée. On y parle musique, on y parle art, on y parle nature, on y parle liberté et indépendance. En clin d'oeil à Kerouac, l'histoire se passe sur la route, à bord d'un van, on traverse des paysages splendides, comme le parc des Joshua Trees (et oui, ce n'est pas seulement le nom d'un album !).

Par cette perpétuelle soif de découvertes, d'informations et d'appréciations, le livre se déguste. Le seul souci, en ce qui me concerne, c'est la trop grande facilité dans certains détails - tout coule de source, tout devient une évidence, tout paraît inévitable, écrit quelque part, fait exprès pour la rencontre. Aucun effort vain, d'ailleurs aucun véritable effort, à mon sens. Cette dégoulinade de providence peut agacer, mais après tout c'est loin d'être de la pure complaisance aussi. Les coincidences sont ici pour nourrir une intrigue facile, qui séduira le lectorat adolescent, par ailleurs fortement conquis par l'ambiance rock'n roll du roman. Une histoire passionnante, sans aucun doute.

Rouergue, coll. doAdo, 2009 - 96 pages - 6,50€

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joshua_tree_cover

bah oui, les voilà ... et avec eux, dans le fond, le parc national des Joshua Trees !
en ce temps-là, U2 était pour moi LE  groupe, mais depuis l'écoute, très ennuyeuse, de leur dernier album, je suis déçue !!!!!!

 

 

17 mars 2009

Embrasse-moi - Bart Moeyaert

embrasse_moiDans une atmosphère énigmatique et moite, Molly et la Fausse Blonde (oui, c'est comme ça qu'on l'appelle !) se rendent sur une colline au bord d'un lac pour échanger leurs secrets. Mais toutes confidences sont inenvisageables car ni l'une ni l'autre ne concèdent un petit bout de terrain et le tête-à-tête vire à l'empoignade. Depuis toujours, elles se détestent et, entre nous, cette histoire de secrets à partager est singulière, un peu bizarroïde à comprendre. Molly, sur qui notre intérêt s'attache plus particulièrement, est une jeune fille trop forte, et qui se juge trop moche. Elle se sent discriminée, toujours mise à l'écart, et pourtant elle porte en elle un secret bouleversant, qui fait battre son coeur.

Pour rendre ce roman captivant, il ne faut pas chercher à découvrir les secrets des adolescentes, ou alors il n'y a plus d'intérêt ! Certes, le talent narratif de Bart Moeyaert fait son effet, puisqu'il nous propose un texte troublant, presque envoûtant. Toutefois j'avoue m'être souvent perdue en chemin, avoir froncé les sourcils parce que je ne comprenais pas systématiquement les actes manqués des personnages. Et puis la portée des secrets n'est finalement pas si retentissante, c'est simplement la conséquence des révélations qui devient plus intriguante.

On découvre une Molly susceptible et à fleur de peau, ce n'est pas sorcier de comprendre l'origine du mal, mais c'est son antagonisme avec ladite Fausse Blonde qui va en prendre un coup, lorsque les voiles tombent. La fin pourrait paraître presque mielleuse, si j'étais intransigeante. (Mais je ne le suis pas ! Enfin, pas en littérature !) Un camarade de Molly - Bruno Goujon - est un peu la tête pensante du groupe, le sage de la bande. Il n'a pas un physique de tombeur, on le houspille un peu pour sa placidité, alors que sa sagacité devrait le rendre bougrement attirant. Il est le seul à expliquer que les secrets sont nombreux et différents, il y en a des beaux, des grands, des honteux, des précieux. Mais il ne faut pas tous les ranger à la même enseigne. Et plus ils sont importants, plus il faut les conserver pour soi.

On a tous quelque chose à cacher, nous dit Bart Moeyaert dans ce texte enivrant et ambigu. Et la force du secret est justement de le préserver, c'est un peu ce qu'on découvre. Le roman se présente ainsi : l'histoire s'étend sur une journée, il fait très chaud, les esprits sont enflammés, les sens aiguisés et les émotions multiples (on y trouve, pêle-mêle, mensonge, trahison, honte et désir). C'est un très bon livre, pas facile à aborder et pas évident non plus à partager, parce que l'ambiance est vraiment particulière, mais captivante.
A tenter.

Rouergue, coll. doAdo, 2009 - 128 pages - 7,50€
traduit du néerlandais par Daniel Cunin

Du même auteur : Frères

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16 mars 2009

Les Carnets de Douglas - Christine Eddie

carnets_de_douglasRomain Brady est né avec une cuillère d'argent dans la bouche mais il a aussi eu une enfance malheureuse. A dix-huit ans, il décide de quitter son palais doré, s'enfuit dans la forêt et ne donne plus signe de vie à sa famille qui le croit mort. De son côté, Eléna Tavernier est la fille unique d'un couple qui se chamaille souvent, la mère décède très tôt et l'enfant va trouver refuge dans un monastère avant de prendre son envol en travaillant près d'un médecin où elle cultive son amour des plantes. Un jour, dans la forêt, elle rencontre Romain  qui se fait appeler Létourneau, avant d'adopter le nom de Douglas (qui symbolise l'arbre le plus solide), suggéré par Eléna.
De leur amour, va naître une petite Rose. Puis une tragédie vient les frapper. Douglas va retourner dans ses bois, confier son amour à un mélèze et parcourir le monde. De son côté, Rose va grandir auprès du docteur Patenaude et d'une institutrice juive, Gabrielle Schmulewitz. Et j'arrête d'en dire plus !

C'est comme un conte qu'on nous raconte, il était une fois deux pères, deux mères, un enfant et un arbre. Une histoire qu'on pourrait nous lire le soir, qui parlerait donc d'amour, de nature et de musique. Le rythme, soutenu par des chapitres courts, rend la lecture agréable et virevoltante. (Et l'expression 'comme dans un film' est d'ailleurs très appropriée !)

En fait, le roman de Christine Eddie est tendre, beau et dramatique, il cache aussi une profonde richesse. J'avoue qu'au début j'étais moyennement emballée, j'avais un peu le souffle court d'entrer dans cette histoire qui dégainait son débit à cent à l'heure. D'ailleurs j'ai largement préféré la deuxième partie du roman, une fois les présentations faites, les personnages échappés de leur prison et enfin installés à Rivière-aux-Oies (j'adore ce nom !), un petit coin perdu, qui a aussi son importance, et qui va connaître son lot de mutations.

J'ai aimé également le côté sauvage, fou et amoureux des personnages. Leur choix. Leur sacrifice. Leur abnégation. Car finalement ce livre est une agréable surprise, un roman captivant, sans parfum à l'eau de rose, où l'histoire est simple, et en même temps elle est épanouissante, elle apaise et elle donne des envies de déployer les ailes. C'est un ouvrage qui ne manque pas de charme, et qui se révèle un compagnon idéal pour quelques heures de lecture-plaisir.

Editions Héloïse d'Ormesson, 2009 - 188 pages - 18€

- Gagnant - Prix France-Québec
Le roman de la québecoise Christine Eddie recevra jeudi 19 mars le Prix littéraire France-Québec remis par Patrick Poivre d'Arvor.
Créé en 1998, le prix littéraire France-Québec souligne l'excellence du roman contemporain québecois.

- Finaliste - Prix des libraires du Québec
- Finaliste - Prix de création littéraire de la Ville de Québec
- Finaliste - Prix des abonnés du réseau des bibliothèques de la Ville de Québec

 

Les avis (nombreux) de Caro[line], Venise, l'Abeille virevolte de page en page, GeishaNellie (qui ont lu l'édition québecoise)... Paul Proulx parle de Love Story sylvestre pour couventines sentimentales ! :))

16 mars 2009

Délit de fuite - Dominique Dyens

delit_de_fuiteAnne Duval, trente-six ans, est une femme accomplie, qui a réussi sa carrière professionnelle. Hélas, sur le plan sentimental, c'est le désert. Douze ans auparavant, elle croyait encore en ses chances mais ses échecs successifs ont fini par assécher son coeur. Elle se donne une dernière occasion d'espérer, elle jette toutes ses affaires dans un sac et roule vers l'inconnu.
Extrêmement fragilisée, épuisée aussi, Anne fuit ses souvenirs, sa mère malade et son père qui s'est suicidé quand elle n'était qu'une petite fille. On commence alors à apercevoir une autre femme, moins sûre d'elle, plus trouble. Car Anne est une mythomane, elle s'est construite une vie rêvée qu'elle raconte à sa mère pour la consoler, mais toutes deux sont tenues par des liens retors et qui datent de la mort du père.
Tout est mêlé, moins clair qu'au début. Et surtout un autre profil fait son apparition, un médecin qui écrit un roman, en s'inspirant d'un fait divers des années 90, il est marié à une femme déséquilibrée, il a une maîtresse qui est aussi son éditrice. Sans effet de style, ni brouillard apparent, un roman dans le roman est en train de se créer.
C'est au départ l'histoire d'une femme qui approche de la quarantaine, qui souffre du manque d'amour et qui associe la passion à la mort. Progressivement, le roman s'étoffe et laisse naître une autre trame plus machiavélique. Le mélange donne un bon livre, facile à lire, qui ne pose aucun problème de compréhension. Intriguant, sans être trop étouffant. La psychose des personnages est bien étalée, bien rendue. Et puis la fin est piquante, du genre à chatouiller le lecteur...

Editions Héloïse d'Ormesson, 2009 - 184 pages - 17€

L'avis de Laure

15 mars 2009

Vingt fragments d'une jeunesse vorace - Xiaolu Guo

vingt_fragmentsFenfang a dix-sept ans lorsqu'elle quitte sa campagne pour vivre à Pékin asseoir son ambition de vie moderne et devenir actrice. A la place, elle trouve déception et désoeuvrement. Elle ne décroche que des petits boulots, ou fait de la simple figuration, elle loge dans des appartements communautaires, elle est épiée par des voisins qui cohabitent avec des poules, et elle connaît sa première aventure amoureuse avec un type qui aime la sauce de soja et qui a un caractère de jaloux despotique et violent. La mélancolie gagne peu à peu Fenfang, qui a soif de réussite, et forte du soutien de quelques camarades, elle commence à écrire ses propres scripts.

C'est un portrait original sur la jeunesse chinoise qui, de nos jours, se heurte à affirmer son individualisme et son désir de fortune dans une société dressée à penser collectif. Fenfang ne fait pas exception à la règle, elle s'est échappée de sa campagne car elle ne voulait pas finir plouc, mais dans la mégalopole chinoise, elle découve aussi son lot de misères. C'est ainsi que la jeune femme appréhende la notion abstraite de la solitude, et plus le temps passe et plus elle va se sentir démoralisée et abattue. Pourtant le roman ne sombre pas dans la morosité, le spleen n'empiète pas sur la lecture, sans pour autant affirmer qu'il y règne une pleine allégresse.
Xiaolu Guo est brillante, son Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants avait été une révélation, un mélange d'humour et de réflexion sur la complexité culturelle et émotionnelle entre l'orient et l'occident. Ses Vingt fragments d'une jeunesse vorace laissent entrevoir une nouvelle génération pleine de contradictions, à l'image de Fenchang, intelligente et belle, mais qui comprend que son pays ne sait pas ce qu'est le romantisme alors qu'il revendique la communion d'esprit et le culte patriotique. C'est différent, mais intéressant. Et cette fois, la langue est moins tarabiscotée, c'est simple, limpide et évident.

Le mantra du jour : « Le café bien chaud, c'est comme un homme à 37°2. Ça vous donne le courage d'affronter la journée. »

Buchet Chastel, 2009 - 185 pages - 17€
traduit de l'anglais (Chine) par Karine Lalechère

l'avis de cocola

15 mars 2009

L'assassinat - Christophe Dufossé

assassinatMe voici bien en peine, car j'ai été déçue par le roman de Christophe Dufossé. Je m'attendais à un semblant de thriller, un roman captivant, bourré de suspense... en fait j'ai eu droit à une fiction politique, un texte court et rapide, où j'ai senti grimper une réaction épidermique à cause du caractère principal. Le personnage du roman, un homme dont on ignore le nom, cela pourrait être monsieur-tout-le-monde donc, est un individu froid, obstiné. Déçu et dégoûté par l'homme qui été élu à la présidence, il a choisi de l'éliminer, au nom de tous les opprimés qui souffrent en silence et qui entendent les discours sans pouvoir lever le petit doigt. L'homme est convaincu de marquer l'Histoire par son geste, il s'identifie également à d'autres criminels comme Lee Harvey Oswald, et il se sent porter par l'assentiment (muet) de l'opinion publique (croit-il). Il est donc en visite au salon de l'agriculture, l'arrivée du président est annoncée pour seize heures tapantes, le compte à rebours a commencé (il est 15 heures, en début de roman). Le type a un colt dans sa poche, et là je me demande comment a-t-il pu entrer dans le salon, lors d'une journée classée à risques, sans avoir été inquiété par les vigiles ?
En fait, je suis plutôt déçue de moi-même parce que j'avais vraiment attendu ce roman avec impatience. Rendez-vous loupé, pour cette fois. Mais ce n'est que partie remise. Je vous conseille aussi de lire les romans de Christophe Dufossé comme L'Heure de la sortie (prix du premier roman 2002), Dévotion ou La Diffamation (celui que j'ai préféré !).
Ce fut un roman court, efficace mais agaçant.

Buchet Chastel, 2009 - 138 pages - 13€

l'avis plus positif de Lily

C'est tout. Je ne me foule pas trop aujourd'hui, désolée. Sur ce, je retourne me plonger dans The Tudors.
Au revoir !

14 mars 2009

Scotchée aux enceintes !

En fait, aujourd'hui est une journée que je place sous le signe des bulles ! ... Je suis invitée à un salon très spécial, non pas celui du livre... ce serait trop sérieux, je vous parle de bulles, des vraies. Pas celles dans les bandes dessinées ou les manga, mais cela pourrait aussi coller car je vais en lire un peu ce week-end, pour redoper mes pannes de lecture rencontrées durant cette semaine mouvementée.

Voici un peu de musique pour accompagner ce samedi tout gris et pluvieux ! Et flûte, en plus j'arbore mes nouvelles bottines en daim d'un joli gris souris... ça ne va pas le faire. :/ 

A très vite ! Je ne suis pas loin...

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