28/02/08
Les Constellations du hasard - Valérie Boronad
Un aspirant écrivain débarque à New York avec pour seul bagage son sac marin et une sacoche contenant son manuscrit. Son rêve américain est de rencontrer Paul Auster pour lui remettre son roman et tous ses espoirs d'être édité. Hélas, le garçon se fait voler ses papiers et manque devenir fou. Il erre dans la rue, rencontre un chien puis un vieil aveugle avec qui il fait le deal de mettre sur papier le livre qui court dans sa tête en échange du gîte et du couvert. Très vite, Luc prend en pleine figure toute la beauté de la prose du vieillard, de son parcours et de son histoire. Il s'appelle Alejandro Asturias, c'est un poète qui a quitté l'Europe au début des années 40, pour retrouver son grand amour prénommé Cécilia.
Luc ambitionne toujours de rencontrer Paul Auster et téléphone auprès des attachées de presse pour obtenir un entretien, puis met en place une lecture publique de l'oeuvre d'Alejandro, sous le prétendu parrainage de l'écrivain, et sans consultation du vieil homme. Celui-ci s'en moque, il sent ses jours toucher à leurs fins, pour seul conseil d'auteur à auteur il suggère à Luc d'apprendre à nager dans l'océan. Et Luc s'y emploie avec application !
C'est un rêve américain raconté avec toute la maladresse et l'espoir insensé d'un jeune homme plongé en état de grâce. Il a un mois pour boucler son pari, fait à lui-même. Peu à peu, on ressent toute l'influence de l'oeuvre de Paul Auster, « son Maître », dans cette histoire, mais sans toucher le génie de l'auteur. La copie est aisée, l'imitation impossible. Ce n'est pas une sentence implacable, c'est un constat et un encouragement. Car on ne peut écarter de son esprit les images de Mr Vertigo ou du jeune M.S. Fogg dans Moon Palace pour suivre l'étrange exploration de Luc Kervalec qui le mène sur la voie d'une quête intérieure. Il y a dans ce livre de Valérie Boronad tous les ingrédients austeriens, c'était d'ailleurs un projet audacieux, mais pas totalement abouti. La fin, par exemple, peut être excellente, mais carrément illusoire.
« Parce que drogué je l'étais, je dois bien l'avouer. J'étais complètement shooté, par elle pour commencer, par la longueur de ses jambes et son coeur à vif posé comme un fer rouge sur son visage, par le génie de son grand-père, par l'océan qui m'emportait, par l'écriture qui me faisait plonger tout au fond de moi-même en compagnie d'un poisson, descendant en apnée dans l'inconnu de son sillage. »
Belfond - 184 pages - 17 €
Merci Mathilde W. pour l'envoi !
Commentaires
Ca m'a l'air bien intéressant tout ça quand on aime beaucoup Paul AUster!
on dirait une sorte d'ovni ce livre. Comme je n'ai pas encore lu de Paul Auster, je vais peut-être attendre car je risque d'être un peu perdue...
Ce livre est un grand cri d'amour à Paul Auster !!!! C'est tout imprégné de cet univers, de son influence, c'est très bien inspiré !!! ;)
Goelen, ou alors tu pourras venir à Paul Auster après la connaissance de ce livre ??? Tu verras combien il donne envie de connaître cet auteur, si besoin est !
Hmm, je vais d'abord lire les 3 ou 4 P.Auster qui traînent dans mas PAL, histoire de mieux me familiariser avec son univers !
En savoir plus sur Valérie Boronad
bonjour,
sur le site des Editions Belfond, vous pouvez aller lire le Focus auteur consacré à Valérie Boronad, l'auteur des Constellations du hasard :
http://www.belfond.fr/site/belfond_francais_l_focus_auteur__valerie_boronad_&300&111.html
Et découvrir le premier chapitre en cliquant sur le widget [couverture] sur la fiche du livre :
http://www.belfond.fr/site/les_constellations_du_hasard_&100&9782714443977.html
bonne lecture !
Je ne sais trop si je suis tentée... je crois que je vais tenter de découvrir Auster davantage avant de me lancer dans ce cri d'amour! ;)
Merci Claudia pour les liens. Profitez-en tous pour découvrir le premier chapitre, par exemple, et 'humer' l'air du roman !!!!
J'aime beaucoup Paul Auster et rien que pour cela j'ai envie de lire ce grand cri d'amour, merci Clara pour cette découverte !! :-))
Je te souhaite bien du plaisir, Florinette !!!
Hum, je sens que je vais craquer pour cet achat de haute qualité !!!!! merci Clarabel, je te tiens au courant de cette dépense ... Bises
Très bien, je te souhaite une sacrée plongée dans cet univers !!! ;))
Salut Clara !
J'ai beau lire les critiques sur ce livre je n'y comprends pas grand chose. Tu es celle qui m'a le plus éclairée et pourtant je reste plus que perplexe. Ca me semble franchement opportuniste et en ce sens ça me gêne aux entournures. D'une certaine façon il faudrait que je me fasse une idée par moi-même j'imagine mais d'un autre côté, je crois que même si je trouvais ce livre à la biblio (et là j'en doute plus que sérieusement ;) j'hésiterais à le prendre.
En fait, j'ai toujours du mal à saisir l'intérêt du livre (d'où mon propos sur son opportunisme). Est-ce de calquer le cheminement d'un personnage sur un schéma propre aux romans d'Auster et en particulier à "Moon palace" ?
Suis-je à côté de la plaque ?
Je vais lire le premier chapitre puisqu'il y a un lien mais je reste convaincue qu'il vaut mieux lire le dernier Auster ;)
Coucou Flo !!!
Je suis contente de te recroiser ! ;o)
Bon je t'ai envoyé un mail, mais je glisse une partie de ma réponse ici ... au cas où. (D'autres personnes pourraient se poser les mêmes questions que toi !?!) :)
Donc, pour répondre à ta question et t'aider à essayer d'y voir plus clair... ce ne sera pas facile, j'ai lu ce roman depuis quelques temps maintenant et ma mémoire risque de me jouer des tours...
Bref, si j'ai bien compris, tu voudrais savoir si le roman de V. Boronad se base sur Moon Palace pour raconter une histoire qui y ressemble... ? Eh bien non.
C'est très différent.
Ce roman est l'aventure d'un type qui veut devenir écrivain. Il débarque à New York avec son manuscrit sous le bras et le désir de rencontrer Paul Auster.Il va connaître pas mal d'embrouilles (perdre son manuscrit, notamment) et faire des rencontres assez étranges. Toutefois il ne perd pas espoir de rencontrer son auteur fétiche et va raconter un tas de mensonges à propos d'une lecture publique et du parrainage de P. Auster.
C'est un peu compliqué de raconter sans tout dévoiler.
Ce qui me fait penser à Paul Auster, c'est bien évidemment que la jeune femme (V. Boronad) doit être une fan absolue car on sent qu'elle a été inspirée par lui et par ses romans. On y trouve les ingrédients, tu sais, le décor new-yorkais, le parcours d'un héros qui se cherche et plonge entre fantasme et réalité... Des thèmes austeriens, comme je dis dans mon commentaire sur le blog.
Mais ceci n'est pas du Paul Auster, loin de là. On sent l'admiration, l'inspiration, etc. C'est un peu un hommage... j'hésite à employer le terme de "fanfiction" car c'est assez péjoratif (ou alors, il ne faut pas le prendre comme tel).
Nous sommes à un croisement entre M. Vertigo et Moon Palace.Mais ce roman n'est ni l'un ni l'autre.
J'espère que tu me saisis. C'est difficile à expliquer.
Ce roman possède beaucoup de charme, surtout si tu pars du principe que cette nana est comme toi une admiratrice de l'écrivain. Pendant les 3/4 du roman, tu bois du petit lait, j'ai envie de dire. Parce que c'est vraiment sympa... on s'y croirait presque. J'ai juste un peu tiqué sur la fin, vraiment étrange et un peu too much. Le truc en trop, quoi.
Je pense que le roman aurait pu se conclure avant cela, pour rester encore plus dans les frontières du flou et du mythe...

