“ Il y a des mères qui ne devraient pas être permises. Leur amour détériore tout ce qui passe à portée de leur cœur. Leur tendresse ressemble à des fringales de vampires. Elles empoisonnent, déchiquettent, dévorent. Jusqu'à ce que l'avenir de leur enfant n'existe plus. ”

La cérémonie du café

Voilà un court roman écrit sur un ton humoristique, mettant en scène deux sœurs, Leïla et Sabbah, livrées à elles-mêmes, dans leur petit appartement d'un quartier populaire. La sœur aînée souhaite le meilleur pour sa cadette, aussi refuse-t-elle qu'elle traîne dans les rues après le collège. Ce sont les voisines du dessous, “les siphonnées du huitième”, qui vont assurer l'intérim. Horreur et damnation, Madame Mavre et sa fille Brigitte traînent une sacrée réputation dans le quartier : sorcières tyranniques et tout le bastringue. Au début, c'est vrai que Sabbah n'en croit pas ses yeux, “c'est mieux qu'au cinéma : action garantie, en direct, avec son dolby stéréo, selon l'humeur de Brigitte”. Et puis, le temps passant, les cernes de Leïla se creusant davantage sur son visage, l'adolescente va apprendre à mieux connaître ses voisines, s'attacher à elles, recoller les morceaux d'une histoire familiale brinquebalante, prendre sa vie en mains et se donner toutes les chances de réaliser son rêve (devenir policière). C'est un texte résolument optimiste, avec une note de sensiblerie, mais écrit avec un pur sens de la comédie, qui fait qu'on passe un vrai, bon moment ! Très sympa, pour jeunes lecteurs niveau collège.

éditions Thierry Magnier, avril 2014 ♦ illustration de couverture : Véronique Figuière