07/05/13

Nouveautés : Tranche-Trognes & Akissi ♥ cuvée 2013 ♥

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La vie de bourreau n'est finalement pas si douce. Imaginez que cela fait déjà un an que notre intrépide Tranche-Trognes exerce son métier au château, sans n'avoir jamais mené la moindre exécution jusqu'à son terme ! Le comte est très, TRES en colère. Il n'hésite d'ailleurs pas à punir notre bourreau malchanceux (oui, ce n'est jamais sa faute ! comment voulez-vous exceller dans votre besogne lorsque votre charmante épouse, également sorcière, met régulièrement son grain de sel à la barbe de son tortionnaire de mari !?!). Ultime humiliation pour Tranche-Trognes : sa sœur vient lui donner une bonne leçon dans l'art de bien pratiquer la torture.

C'est ainsi, comique et ironique, et il en restera de même jusqu'au bout ! Les retrouvailles avec notre bourreau s'effectuent donc sous le signe de l'humour et la bonne humeur. Que de facétieuses idées et anecdotes dans ces petites histoires d'à peine deux, trois pages. C'est court, mais percutant et excellent.

Tranche-Trognes, tome 2 : La douce vie de bourreau, par Christian Jolibois et Joëlle Passeron (Gallimard, 2013)

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Rentrée musclée pour notre adorable Akissi ! Elle entre en classe de CE2 mais son instituteur, monsieur Adama, souffre d'une réputation de véritable tyran. Akissi a la boule au ventre d'être assise sur son banc, juste sous son nez, frisant la crise cardique dès lors qu'il pose la moindre question. Elle n'en peut plus de ce stress perpétuel et supplie ses parents d'apaiser son calvaire.

Bon, ses plaintes ne sont hélas pas recevables. Peut-être qu'une petite pièce de 100 Francs pourrait motiver notre écolière à retrouver son chemin d'un pas plus alerte ? Un bon pain au saucisson pour la récréation, ça devrait être alléchant ? Akissi est toujours verte de trouille et regretterait presque son front percé d'un clou, lors d'un incident survenu la veille de la rentrée !

Il s'agit déjà du quatrième tome de cette série et je n'ai vraiment pas le sentiment de m'ennuyer ou de tourner en rond. L'imagination et l'humour sont toujours au rendez-vous ! Akissi vit de petites aventures assez proches de la réalité (l'école, la peur du maître, le cours de piscine, l'amitié entre les filles et les garçons, la féminité aussi ...), tout ça sur fond d'espièglerie et d'humour cocasse. La recette, déjà testée et approuvée, se révèle payante encore une fois !

Akissi, tome 4 : Rentrée musclée par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin (Gallimard, 2013)

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03/05/13

“Mothers are all slightly insane.”

le confident

La narratrice, Camille, vient de perdre sa mère et épluche son courrier lorsqu'elle découvre la missive étonnante d'un dénommé Louis, qui s'enhardit à lui raconter une histoire ayant eu lieu bien avant sa naissance. Au départ, Camille s'imagine que c'est une tentative désespérée d'un auteur (elle est éditrice) pour attirer son attention. Certes, cette histoire mettant en scène la jeune Annie, la très sophistiquée Madame M., son époux Paul, et Louis, alors jeune et naïf, implique une série de bonnes et surprenantes nouvelles, où l'amour, la duperie et la vengeance sont fortement liés. Toutefois, ce qu'elle recèle risque bien de fragiliser ce qu'elle croyait acquis.

La construction du roman est en effet stupéfiante, car sitôt qu'on s'imagine une partie de l'intrigue, on en redécouvre une autre facette au détour d'une autre lettre, les révélations ne cessent de pleuvoir, les personnalités deviennent floues, on ne sait plus bien qui est manipulé ou qui tire toutes les ficelles. Je dois en effet avouer que tous les rôles sont sans cesse inversés, on a à peine le temps de s'apitoyer sur untel qu'on sursaute en réalisant que la vérité est ailleurs... Quel scénario habile et pervers! L'auteur a vraiment su nous balader de bout en bout.

A l'écoute, nous avons une palette de comédiens talentueux, Carole Bouquet dans le rôle de Madame M., Jacques Weber pour Louis, Sara Forestier pour Annie et même Hélène Grémillon pour Camille. Un sans-faute sur ce casting. Il m'arrivait presque d'avoir l'illusion d'un film, je n'avais plus qu'à me faire mes propres images dans la tête, les narrateurs étant tous d'expressifs interprètes ! Cette lecture s'est révélée vivante, passionnante, et m'a entraînée dans une partie de cache-cache démoniaque, sur fond de guerre, d'identité, de maternité, de folie et d'absolutisme. Une réussite !

Le confident, par Hélène Grémillon
Gallimard, coll. Ecoutez Lire (2013) - Lu par Sara Forestier, H. Grémillon, Jacques Weber et Carole Bouquet

« L’Inde change toujours les gens. »

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Pendant huit jours, un festival culturel, en Inde, devient le théâtre des petits drames bourgeois de Roland, écrivain sexagénaire, éternel séducteur, mais farouchement allergique à la paternité, sa jeune compagne Renata, d'origine italienne, Charlotte, cinéaste new-yorkaise, perpétuellement angoissée et encore sous le choc du suicide de sa meilleure amie, Raphaël, écrivain ravagé, désabusé, un vrai mufle avec les femmes, et enfin Géraldine, l'organisatrice, expatriée, mariée et mère d'un jeune enfant, mais toute tourneboulée depuis qu'elle vient de retrouver son amour d'enfance.

C'est un roman qu'on découvre avec plaisir et qui tente de nous bercer dans un paysage indien, dont on ne perçoit hélas ni le charme, ni le glamour et encore moins le folklore, ou tout ça de très loin. Ce qui nous frappe, c'est l'ironie dont se sert Catherine Cusset pour tourner en dérision ses personnages, ces derniers sont en effet malmenés par cette aventure à l'autre bout du monde, et souvent contraints de traverser des tempêtes personnelles et émotionnelles. C'est sur ce schéma classique, pas déplaisant non plus, que nous nous baladons, au son de la voix de Cécile Cassel. C'est nerveux, déluré, ça s'embrase et pourtant ça retombe vite à plat. L'ensemble n'est pas désagréable à écouter, j'ai plutôt bien aimé, mais il m'a manqué un petit quelque chose.

Indigo, par Catherine Cusset
Gallimard, coll. Ecoutez Lire, 2013  - Texte intégral lu par Cécile Cassel (environ 8 heures d'écoute)

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08/10/12

Bienvenue, volume 2

bienvenue2Cela fait deux ans que j'attendais la suite des aventures de Bienvenue, une jeune Parisienne qui porte un prénom pour le moins hors du commun. Nous la retrouvons comme si nous l'avions quittée la veille, après son rendez-vous amoureux. N'espérez pas en découvrir davantage, le scénario est peaufiné pour maintenir le doute en permanence. Bon, ce qui ne change pas, c'est que la vie de Bienvenue ressemble à un immeuse capharnaüm. Comme si ses voisins ou ses proches s'étaient mis d'accord pour l'impliquer, bien malgré elle, dans leurs joies et leurs peines.

On commence avec le couple d'indiens qui ne peut pas avoir d'enfants, Jojo qui noie son chagrin d'amour dans l'alcool, Lola et son amant vampire qui ne la lâche plus, sa cousine Olga qui est amoureuse de son cousin, ou son père qui tente de renouer avec elle, alors qu'elle ne se sent pas prête, sans oublier les petits boulots et les rencontres bizarroïdes qu'elle cumule (cette dame avec ses chiens qui a besoin d'un peu de lecture et de compagnie, ou Octave et Alice, les deux bouts de chou, dont le père tient à surprotéger en se réfugiant derrière des décisions hâtives suggérées par une psy...), mais aussi ses cours à la fac et son projet en arts plastiques sous l'oeil intransigeant de son prof pas commode. 

Toutes ces anecdotes mises bout à bout remplissent considérablement les vingt-quatre heures d'une journée de Bienvenue, qui donne tellement de temps et d'énergie aux autres qu'il ne faudrait pas non plus oublier qu'elle aussi a besoin d'une épaule sur laquelle compter. (Heureusement, ça se décante sur la fin !) Cette suite est donc une totale réussite, on reprend ses marques avec facilité, on se passionne pour le quotidien ordinaire et sordide, mais attachant malgré tout, de Bienvenue. On est curieux, captivé, on s'intéresse à la vie des uns et des autres, on s'interroge, parfois on s'inquiète un peu, parce qu'on a vraiment à coeur tout ce qu'on lit et découvre. C'est ça que j'aime dans cette bande dessinée, sa simplicité, sa tendresse, son honnêteté à vouloir partager des petites choses banales. Comme dit Cioran, Il n'est pas d'art vrai sans une forte dose de banalité.

Bienvenue (tome 2) par Marguerite Abouet & Singeon
Gallimard, coll. Bayou, 2012

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20/04/12

A la rencontre de Tranche-Trognes & Akissi

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Déjà le retour d'Akissi (alors que je désespère après celui de Bienvenue...), ne nous privons pas d'un tel plaisir ! Akissi est une fillette rigolote et intrépide, à qui il arrive toujours de folles aventures. Cette fois, elle part en vacances avec son frère chez leurs grands-parents. Connaissant le tempérament hardi de l'héroïne, il faut s'attendre à une série de péripéties tumultueuses : ça commence d'ailleurs par un vol plané de mouton (le car transportant les vacanciers roule à toute berzingue et finit par crever un pneu, le mouton sur le toit est expédié dans la nature), et ça continue dans un cadre de vie charmant, à la campagne, mais où il n'y a pas de toilettes privées. Pour se soulager, il faut courir dans la nature, creuser un petit trou pour y déposer ses besoins... et éviter les sangliers qui raffolent de la bonne sauce graine de mémé.

Ce sont en tout sept histoires pétillantes et survitaminées, au cours desquelles mémé va tomber dans les pommes par la faute d'une coco et la cousine Fernande va récolter d'un cheveu flamboyant (Akissi, tu es trop petite pour jouer avec les bougies !). Akissi par ci, Akissi par là... ce sont des vacances qui promettent monts et merveilles pour l'entourage de la fillette (et aussi pour le lecteur, nous on rigole même si on plaint la famille devant l'ampleur des catastrophes). La lecture est toujours aussi amusante, les personnages sont sympathiques, les situations sont savoureuses et ne manquent pas de nous surprendre. Et parce qu'elle est la championne des bêtises, Akissi est une héroïne envers laquelle les jeunes lecteurs s'identifient facilement! 

Akissi, tome 3 : Vacances dangereuses, par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin 
Gallimard, coll. Bayou, 2012 

Autre nouveauté, particulièrement rigolote :

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L'arrivée du nouveau bourreau ne bouleverse pas les foules au village (on le confond au départ avec le nouveau bouffon !), mais Tranche-Trognes a de l'ambition à revendre ... en plus d'un manque de jugeotte évident. Dès sa première mission, il tombe sous le charme de la sorcière Abigaëlle (cette dernière lui a jeté un sort et s'amuse désormais à allumer la flamme de l'espoir en chantant les louanges de l'amour courtois). Pauvre Tranche-Trognes, avec un nom pareil il était voué à son destin, et c'est finalement celui-là même qui lui joue des mauvais tours. Bourreau aveuglé par l'amour, il ne comprend pas que sa dulcinée interfère dans ses mandats pour sauver la peau des condamnés ou sauver la mise de ses soeurs les sorcières (la chasse est ouverte !). Tranche-Trognes est également assisté par son neveu, Crépin, troubadour de son état, au grand dam de la famille, d'où un petit séjour chez le tonton pour lui mettre du plomb dans la cervelle...  

J'avais déjà apprécié le tandem Christian Jolibois - Joëlle Passeron via sa série Lucy poids plume, je retrouve leur ton humoristique et déjanté à travers cette comédie burlesque, qui offre une incursion fantaisiste dans le folklore du Moyen-Âge. C'est une lecture tendrement décalée, mais vraiment divertissante. Je suis partante pour la suite ! 

Tranche-Trognes, tome 1 : Artisant bourreau par Christian Jolibois et Joëlle Passeron
Gallimard, coll. Bayou, 2012 
-) les 10 histoires ont été prépubliées dans le magazine Moi je lis !  

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16/04/12

Les Satellites

Ça y est, j’ai compris le secret des jeunes ! … Les jeunes sont des petits satellites qui tournent dans l'espace, en faisant des ronds... C'est pas plus compliqué ! 

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Aurélien est un jeune homme dont l'existence bourgeoise et confortable tend à le gonfler un petit peu, il a besoin de changer d'air. Il décide de trouver une mère adoptive, et pourtant il n'est ni orphelin ni fils endeuillé. Il va donc rencontrer Olivia, la quarantaine, jolie, élégante et exubérante, via une petite annonce dans le journal. Aurélien se fond dans son existence comme un poisson dans l'eau, il est heureux et toujours aussi nonchalant. Sa soeur Nicole manifeste cependant des signes de jalousie, elle découvre alors l'existence d'un autre fils qu'Olivia aurait voulu adopter quelques mois plus tôt. En l'apprenant, Aurélien devient obsédé par ce Michael et se considère soudain comme un second choix qui ne fait rêver personne.

Cette histoire est tout à fait surprenante et raconte l'extraordinaire oisiveté de deux jeunes gens de bonne famille, qui vivent une relation fusionnelle de frère et soeur, et qui se cherchent des buts ou des envies dans la vie, à défaut d'autres choses. Qu'ils cherchent à quitter le cocon familial ou à accepter une demande en mariage sans amour, ils sont la parfaite démonstration d'une jeunesse désabusée et désoeuvrée. Le tableau n'est pas flatteur, et pourtant il ne manque pas de charme. Les illustrations de Claire de Gastold apportent aussi une touche déterminante dans la description du cadre (les détails de leur habitation montrent un lieu baroque et très chargé, mais de toute beauté !). Bref, on suit l'errance du couple avec la sensation fugace d'être dans un film de la Nouvelle Vague. On y découvre l'instantané d'une époque où la jeunesse est en quête d'elle-même. Il y a aussi toute une galerie de personnages secondaires fort attachants! 

Les Satellites, par Alexandre Franc & Claire de Gastold
Gallimard, coll. Bayou, 2012 

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17/02/12

C'est pas du Van Gogh (mais ça aurait pu...)

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Encore une BD dévorée avec bonheur, j'en lis beaucoup en ce moment, ça et puis des histoires sur les zombies... j'y reviens toujours ! Bref, je ne pouvais louper ce titre de Bruno Heitz, un auteur qui me fait à chaque fois éclater de rire. (Ma fille est fan de sa série Louisette la taupe.)
C'est pas du Van Gogh, mais ça aurait pu... reprend l'histoire de Jean-Paul, déjà croisé dans J'ai pas tué De Gaulle. Il est en planque chez sa tante Ninine lorsque celle-ci lui parle d'un secret de famille qui pousse notre bonhomme à partir sur les routes de France à bicyclette. Direction : Arles. Jean-Paul doit tenter de comprendre ce qu'aurait pu découvrir son oncle défunt en se rendant sur la tombe de sa mère. L'enquête piétine, notre héros est mauvais et goguenard, il méprise tous ceux qu'il rencontre... jusqu'à ce qu'il mette les pieds dans le plat et se retrouve dans de sales draps. En vrac, on trouve des hollandais, une mère supérieure, un professeur qui écrit des livres, un héritage mirobolant, une nymphomane, une lettre mystérieuse, un marché de dupes... pfiou !
C'est une aventure cocasse dans un décor de la France des années 50, avec pour personnage central, l'ombre de Van Gogh, mais surtout le très débonnaire Jean-Paul. Quelle farce, celui-là ! Certes, le scénario est farfelu et simple,  mais il tient la route, on est tenu en haleine, on sourit, on mord à l'hameçon, on s'interroge... Bruno Heitz affiche une vraie tendresse pour l'époque, les anti-héros et les séries policières à la Maigret. Une belle réussite ! 

C'est pas du Van Gogh, mais ça aurait pu... par Bruno Heitz  (Gallimard, coll. Bayou, 2011) 
pour feuilleter :  clic

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Post Mortem

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Les zombies sont en train d'envahir ma vie, je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ils sont partout ! Post Mortem de Pierre Maurel en est l'exemple (un parmi tant d'autres, on y reviendra plus tard...). Dans cette histoire, le gouvernement a développé un moyen pour prolonger la vie des morts afin de les utiliser comme main d'oeuvre gratuite, sauf que le climat social est à la grogne et de plus en plus d'opposants aux morts-vivants manifestent contre cette concurrence déloyale.
Jérémy est un pauvre type déboussolé, qui vient de perdre son boulot et qui en a un peu sa claque du système. Or, un soir, il est renversé par une voiture et tombe dans le coma. Sa mère accepte le protocope du post-mortem et les ennuis commencent. Car dans le même temps, la colère devient plus forte, des petits groupes passent à tabac les zombies, la ville est en état de siège. Heureusement Jérémy a deux amis sur lesquels il peut compter, même si sa nouvelle vie ne ressemble plus à rien, il est dégoûté de lui-même et veut en finir pour de vrai. C'est comme ça qu'il rencontre Hélène et son père, un couple en cavale.
Tous les cinq prennent la fuite, se heurtent au chaos en ville, n'y comprennent plus rien et découvrent ce que le gouvernement tente de cacher derrière une guérilla urbaine. Bref, l'histoire n'est pas facile à présenter mais elle est rapidement captivante à lire. L'atmosphère est morose, un peu dégoûtante parce que les zombies sont affreux et bavent tout le temps, sans quoi ce sont bien eux les victimes et les opprimés. L'histoire dénonce, à travers une histoire fantastique, les dérives de la politique et de l'économie, puis la colère populaire et la tendance à vouloir fustiger de faux coupables, au lieu de chercher plus loin la cause du conflit. Ici les humains sont contre les zombies qu'ils accusent de leur voler leur boulot, on assiste à des scènes de haine, jusqu'à la décision de concentrer tout ce petit monde dans des baraquements. Ni vu, ni connu. Cela ne vous rappelle rien ? 
Même histoire, même combat. Il s'agit une nouvelle fois de politique-fiction, et c'est terriblement réaliste. Cela se lit d'une traite, ça marque, c'est fort et ça fait réfléchir. La fin est ouverte, je ne pense pas qu'il y aura une suite, peut-être est-ce frustrant... mais l'issue paraît logique, si on y réfléchit bien. 
Pierre Maurel, pour moi, une découverte : à suivre !

Post Mortem, par Pierre Maurel (Gallimard, coll. Bayou, 2012) 
feuilleter l'ouvrage : http://www.bd.gallimard.fr/ouvrage-A63855-post_mortem.html 

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15/02/12

La Team : Gang of Paname

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Alors là, je vous préviens, grand moment d'humour. C'est d'ailleurs ma fille qui a lu cette bd avant moi et qui était bidonnée dans son coin en tournant les pages. A mon tour, ensuite, de faire connaissance avec cette fameuse Team qui est constituée de Snoop et de ses deux copains Piou et Chatguy. Ce sont trois lascars qui vivent dans une cité où ils aimeraient tant être pris pour les durs qu'ils s'imaginent être au fond d'eux, mais en fait Snoop et ses potes sont trois rigolos. A travers une succession d'histoires courtes, nous les suivons au collège, à la piscine, au centre commercial (le coup du Père Noël qui ne vient jamais dans leur cité, trop la haine ! ...) ou à la campagne. Snoop est un dur au coeur tendre, il est amoureux de Mimine et c'est un as de l'exposé (zoom sur l'Egypte ancienne où les pharaons dansaient le break, d'où Mickaël Jackson aurait tiré son influence). Avec humour et impertinence, cette bd parle donc de ces instants de complicité entre amis, des grandes prises de considération à vouloir faire l'intéressant, pour briller devant ses potes ou l'élue de son coeur, quitte à raconter de jolis bobards (qui ne trompent personne). On se souviendra des merveilleuses vacances à New York où Snoop a tout appris des règles des caïds, alors qu'il a fait du poney dans une colonie ! C'est frais, c'est rigolo, c'est punchy et ça file le sourire. Simple, mais efficace. 

La Team, tome 1 : Gang of Paname par Wassim Boutaleb J. (Gallimard, 2012)
son blog : http://waz-island.blogspot.com/ 

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24/01/12

Is there life on Mars ?

Haddon Hall, c'est l'histoire d'une maison, à Londres, à la fin des années 60. C'est aussi et surtout LA maison qui a accueilli le couple David et Angie, et leurs nombreux amis artistes. David est encore un musicos à l'univers obscur, pas bien défini, qui pressent cependant un génie en puissance. Il crée, bidouille et tente de multiples expériences. Il essuie quelques succès d'estime, sans quoi il bute, il tâtonne. Il mène une vie d'artiste incompris, entouré de ses potes, les Marc, John, Mick et compagnie... À ses côtés, Angie, son amoureuse, lui apporte le glamour. Et l'amour libre.

Look androgyne et attitude équivoque, nous sommes en pleine époque hippie. Une période de recherche, de doute, d'insouciance. C'est ce qu'on découvre à travers cette lecture, nimbée d'une aura psychédélique fabuleuse, délicieusement décadente, parée de touches d'humour. C'est aussi balancé de rock-n-roll en déroute et de pop qui explose. Auréolant d'envie et de nostalgie une époque où tout était possible et attendu. Sous la plume de Néjib, on assiste avec fascination à la naissance d'un mythe. Ou quand David devint Bowie. Tout un art.

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L'artiste est par nature un être insatisfait. Parfois il se surprend à connaître des moments de plénitude.
Mais ce sentiment le quitte aussi vite qu'il est venu.

Haddon Hall : Quand David inventa Bowie, par Néjib (Gallimard, 2012)  smileyc002

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