17/02/12

Post Mortem

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Les zombies sont en train d'envahir ma vie, je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ils sont partout ! Post Mortem de Pierre Maurel en est l'exemple (un parmi tant d'autres, on y reviendra plus tard...). Dans cette histoire, le gouvernement a développé un moyen pour prolonger la vie des morts afin de les utiliser comme main d'oeuvre gratuite, sauf que le climat social est à la grogne et de plus en plus d'opposants aux morts-vivants manifestent contre cette concurrence déloyale.
Jérémy est un pauvre type déboussolé, qui vient de perdre son boulot et qui en a un peu sa claque du système. Or, un soir, il est renversé par une voiture et tombe dans le coma. Sa mère accepte le protocope du post-mortem et les ennuis commencent. Car dans le même temps, la colère devient plus forte, des petits groupes passent à tabac les zombies, la ville est en état de siège. Heureusement Jérémy a deux amis sur lesquels il peut compter, même si sa nouvelle vie ne ressemble plus à rien, il est dégoûté de lui-même et veut en finir pour de vrai. C'est comme ça qu'il rencontre Hélène et son père, un couple en cavale.
Tous les cinq prennent la fuite, se heurtent au chaos en ville, n'y comprennent plus rien et découvrent ce que le gouvernement tente de cacher derrière une guérilla urbaine. Bref, l'histoire n'est pas facile à présenter mais elle est rapidement captivante à lire. L'atmosphère est morose, un peu dégoûtante parce que les zombies sont affreux et bavent tout le temps, sans quoi ce sont bien eux les victimes et les opprimés. L'histoire dénonce, à travers une histoire fantastique, les dérives de la politique et de l'économie, puis la colère populaire et la tendance à vouloir fustiger de faux coupables, au lieu de chercher plus loin la cause du conflit. Ici les humains sont contre les zombies qu'ils accusent de leur voler leur boulot, on assiste à des scènes de haine, jusqu'à la décision de concentrer tout ce petit monde dans des baraquements. Ni vu, ni connu. Cela ne vous rappelle rien ? 
Même histoire, même combat. Il s'agit une nouvelle fois de politique-fiction, et c'est terriblement réaliste. Cela se lit d'une traite, ça marque, c'est fort et ça fait réfléchir. La fin est ouverte, je ne pense pas qu'il y aura une suite, peut-être est-ce frustrant... mais l'issue paraît logique, si on y réfléchit bien. 
Pierre Maurel, pour moi, une découverte : à suivre !

Post Mortem, par Pierre Maurel (Gallimard, coll. Bayou, 2012) 
feuilleter l'ouvrage : http://www.bd.gallimard.fr/ouvrage-A63855-post_mortem.html 

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15/02/12

La Team : Gang of Paname

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Alors là, je vous préviens, grand moment d'humour. C'est d'ailleurs ma fille qui a lu cette bd avant moi et qui était bidonnée dans son coin en tournant les pages. A mon tour, ensuite, de faire connaissance avec cette fameuse Team qui est constituée de Snoop et de ses deux copains Piou et Chatguy. Ce sont trois lascars qui vivent dans une cité où ils aimeraient tant être pris pour les durs qu'ils s'imaginent être au fond d'eux, mais en fait Snoop et ses potes sont trois rigolos. A travers une succession d'histoires courtes, nous les suivons au collège, à la piscine, au centre commercial (le coup du Père Noël qui ne vient jamais dans leur cité, trop la haine ! ...) ou à la campagne. Snoop est un dur au coeur tendre, il est amoureux de Mimine et c'est un as de l'exposé (zoom sur l'Egypte ancienne où les pharaons dansaient le break, d'où Mickaël Jackson aurait tiré son influence). Avec humour et impertinence, cette bd parle donc de ces instants de complicité entre amis, des grandes prises de considération à vouloir faire l'intéressant, pour briller devant ses potes ou l'élue de son coeur, quitte à raconter de jolis bobards (qui ne trompent personne). On se souviendra des merveilleuses vacances à New York où Snoop a tout appris des règles des caïds, alors qu'il a fait du poney dans une colonie ! C'est frais, c'est rigolo, c'est punchy et ça file le sourire. Simple, mais efficace. 

La Team, tome 1 : Gang of Paname par Wassim Boutaleb J. (Gallimard, 2012)
son blog : http://waz-island.blogspot.com/ 

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24/01/12

Is there life on Mars ?

Haddon Hall, c'est l'histoire d'une maison, à Londres, à la fin des années 60. C'est aussi et surtout LA maison qui a accueilli le couple David et Angie, et leurs nombreux amis artistes. David est encore un musicos à l'univers obscur, pas bien défini, qui pressent cependant un génie en puissance. Il crée, bidouille et tente de multiples expériences. Il essuie quelques succès d'estime, sans quoi il bute, il tâtonne. Il mène une vie d'artiste incompris, entouré de ses potes, les Marc, John, Mick et compagnie... À ses côtés, Angie, son amoureuse, lui apporte le glamour. Et l'amour libre.

Look androgyne et attitude équivoque, nous sommes en pleine époque hippie. Une période de recherche, de doute, d'insouciance. C'est ce qu'on découvre à travers cette lecture, nimbée d'une aura psychédélique fabuleuse, délicieusement décadente, parée de touches d'humour. C'est aussi balancé de rock-n-roll en déroute et de pop qui explose. Auréolant d'envie et de nostalgie une époque où tout était possible et attendu. Sous la plume de Néjib, on assiste avec fascination à la naissance d'un mythe. Ou quand David devint Bowie. Tout un art.

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L'artiste est par nature un être insatisfait. Parfois il se surprend à connaître des moments de plénitude.
Mais ce sentiment le quitte aussi vite qu'il est venu.

Haddon Hall : Quand David inventa Bowie, par Néjib (Gallimard, 2012)  smileyc002

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06/12/11

Teaser Tuesday #34

GROS COUP DE COEUR pour le Carnet intime de Zep.

On le connaît sous un autre visage, celui du papa de Titeuf, on le découvre voyageur et rapporteur des histoires muettes dissimulées à travers les arbres et les pierres, c'est un amoureux de la moisissure, des choses bancales, du temps qui stagne et qui lutte contre le modernisme, c'est beau ! Solitaire ou amoureux, papa poule ou touriste désabusé, il nous invite à nous poser. A observer. Parce que,

"L'appareil photo prend sans considérer. Le dessin oblige l'oeil à apprendre."

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Et j'aime aussi lorsqu'il se décrit comme "un rebelle en dessinant des feuilles de platane."

Carnet intime, par Zep
Gallimard, 2011. 

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13/09/11

Coucous Bouzon, d'Anouk Ricard

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Qu'est-ce que j'aime me perdre dans une lecture où il est permis de ricaner bêtement parce que c'est drôlement bon ! Anouk Ricard, j'en suis dingue. Oui, oui. Avec son style naïf et son air de ne pas y toucher, elle nous bichonne des histoires complètement déjantées et, limite, irrévérencieuses. J'a-do-re !!!
Coucous Bouzon, c'est le nom d'une entreprise qui ne ressemble à aucune autre. Le patron est un joyeux luron qui recrute son personnel en lui demandant s'il est capable de toucher ses pieds les bras tendus, c'est un fana des réunions qui ne servent à rien et prend son pied à organiser des stages en forêt pour coacher son équipe. Le p'tit nouveau, Richard, n'est pas loin de penser qu'il est tombé chez les fous ! Mais très vite il se pose des questions sur le départ de son prédécesseur, Guy Monier, celui-ci serait finalement porté disparu et sa famille le pleure à chaudes larmes en passant à la télé.
Sûr que l'histoire prend des tours et des détours ahurissants, c'est cocasse à souhait et ça vous fait glousser de bonheur. C'est à la fois une comédie grinçante et un thriller psychologique, où les dérives de notre société sont épinglées impunément, mais ça ne se prend surtout pas au sérieux, ce qui est extrêmement bénéfique et rafraîchissant.
Résultat, on est bidonné du début à la fin (92 pages jouissives). 

Coucous Bouzon, par Anouk Ricard (Gallimard, coll. Bayou, 2011). smileyc002

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09/09/11

On ne savait pas encore qu'on dessinait mieux que les autres de notre âge. On ne les connaissait pas.

IMG_5323 On était toujours les deux ensemble.

Au premier coup d'oeil, le graphisme peut déconcerter (une gros trait noir, sur fond blanc) mais ce serait se méprendre et passer à côté d'une tendre histoire sur l'enfance et les souvenirs. Piero est le frère de Baudouin, autrement surnommé Momon dans le livre, ils sont frères et ont grandi un peu à l'écart des autres, tous deux partagent la passion du dessin.

Cette passion ne les quittera jamais, même si en grandissant il faudra faire des choix et apprendre à se sacrifier en écoutant la voix de la sagesse. En attendant, c'est une histoire terriblement attachante, où il est question de jeux insouciants, de complicité, de rêves et de fantasmes, et même à l'adolescence les idées folles ne les quittent pas, les sorties entre copains deviennent leurs nouvelles préoccupations, l'attirance vers l'autre sexe aussi... Et tout ça, à une époque différente de celle d'aujourd'hui, une époque plus heureuse et apaisante, ça fait du bien de s'y plonger.

Une belle lecture, vraiment. Où l'auteur se dévoile avec humilité et pudeur, c'est touchant. Comme une envie de "continuer l'enfance". Bref, c'est tout simplement réussi. C'est aussi un formidable hommage. D'un frère à l'autre. D'une vie à une autre. Et un hymne au dessin comme souffle de vie.

Piero - Baudouin
Gallimard, 2011 - 123 pages - 15€ 
Le présent ouvrage a fait l'objet d'une première publication aux éditions du Seuil en 1998.
couverture illustrée par Piero 

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04/07/11

Sur le chemin des vacances #2 : Le Viandier de Polpette - Olivier Milhaud & Julien Neel

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Où que vous soyez, il faut que vous glissiez cette bande dessinée dans votre besace. C'est un vrai régal de lecture !
Le Viandier de Polpette raconte l'histoire d'un ancien militaire (Polpette), chargé de nourrir les troupes durant la guerre, et qui s'est reconverti dès lors qu'il a découvert le petit paradis qu'est le Coq Vert. Ce lieu-dit appartient au jeune Fausto de Scaramanda, un fils de comte qui a connu l'exil dès son âge tendre et qui a su rendre cet endroit unique et au charme bucolique irrésistible.
C'est, par excellence, le lieu de perdition d'une petite communauté attachante et atypique, on y trouve Alméria, la responsable des bains, madame Sweep ou mademoiselle Emma, de parfaites soubrettes redoutablement efficaces, messieurs Diego Suarez et Léopold, deux clients qui font partie des murs, Andrew le spécialiste des cocktails qui ne décroche jamais un mot, sans oublier Biryani l'intendant et Polpette notre cuisinier taiseux qui exprime tout son art dans ses petits plats (à souligner, "viandier" signifie "livre de recettes" en vieux français).  
Non seulement c'est drôle, particulièrement cocasse et truculent, et c'est fichtrement gourmand ! On pourrait se contenter de se fondre dans cette ambiance délicieuse, le lecteur est déjà séduit, mais le scénario nous réserve quelques surprises (le retour du père de Fausto, par exemple). De plus, c'est une bd qui propose un brassage d'inspirations littéraires tout à fait étonnant (on parle de "sweet fantasy", mais pas seulement). Ce mélange des genres peut déstabiliser même s'il révèle aussi une volonté de proposer un univers à part très pertinent (et auquel j'ai vraiment adhéré !). 
Cette lecture vous transporte et ça fait un bien fou, ce n'est pas anodin si on trouve l'allusion à une "bulle" qui vous coupe du reste du monde, car vous quittez le Coq Vert avec une pointe de nostalgie et beaucoup de regret. (De prochaines aventures sont annoncées - ouf !) 

Le Viandier de Polpette - Olivier Milhaud & Julien Neel smileyc002
Gallimard, 2011.  

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07/06/11

Elle est de retour !

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Akissi, la petite héroïne de Marguerite Abouet et Mathieu Sapin, est toujours aussi espiègle et craquante, je suis définitivement fan ! Nous la retrouvons dans 7 histoires toutes simples et rigolotes, au milieu de ses copains ou dans sa famille, c'est à chaque fois une vraie partie de plaisir.

Son ami Edmond se prend pour Spectreman et n'hésite pas à dégringoler des toits pour lui ressembler, Akissi le prévient : seuls les asiatiques sont en plastique, il n'a aucune chance, mais lorsqu'il se découvre un pouvoir pétrifiant sur leur maître d'école, les deux camarades n'en croient pas leurs yeux ! Akissi est usée de coiffer ses couettes tous les matins, elle pense alors qu'en attrapant les poux de sa copine Sido, sa mère acceptera de lui raser la tête. Elle rêve ! C'est comme pour l'histoire du doudou vivant, quand Akissi invite une petite souris à se nicher contre elle pour la nuit, y'a de la rumba dans l'air et pas seulement (très berk et amusant, faut le faire !). Le must de la cocasserie a lieu lors du festin dominical, Akissi est traînée par sa mère à la messe mais elle n'en peut plus, elle veut faire pipi et se perd dans les couloirs alors qu'elle tombe sur un petit buffet appétissant... je ne vous raconte pas la chute, même si elle se devine. Vraiment très drôle ! Comme la fois où Akissi doit retourner chez le dentiste, à force de manger des bonbons en cachette, ça se paie, or la fillette a une sainte horreur du dentiste et ne veut pas qu'on lui arrache sa dent. C'est vu, déjà vu, sauf que ça le fait quand même. On rigole, et on rigole encore rien qu'en voyant la salle d'attente paniquée.

Akissi est une série destinée avant tout pour les jeunes lecteurs (dès 6 ans), mais il n'y a pas de raison de s'en priver, c'est un condensé de bonne humeur, c'est pétillant, c'est frais, c'est simple et facile, cela raconte les petites aventures facétieuses d'une héroïne un peu peste, un peu canaille, mais très attachante. Bref, du plaisir sur toute la ligne ! J'ai toutefois trouvé le lexique moins coloré, c'est dommage, j'avais craqué pour toutes les expressions découvertes dans le premier tome, mais ceci n'empêche pas mon appréciation générale : l'humour, la gaité, le dépaysement, j'aime tout, tout, tout !

Akissi, tome 2 : Super-héros en plâtre - Marguerite Abouet & Mathieu Sapin
Gallimard, 2011.

Et je veux la suite de Bienvenue ! Pour bientôt ?

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14/09/10

Bienvenue, volume 1

bienvenuePrésentée comme une comédie contemporaine, à la façon de L'immeuble d'en face de Vanyda, Bienvenue est la nouvelle série écrite par Marguerite Abouet (Aya de Yopougon, Akissi), et c'est un vrai régal ! Décidément, la collection Bayou de Gallimard est une cave à trésors !

Bienvenue, l'héroïne, porte un prénom bien lourd, cadeau d'un père qui s'est fait la malle et qu'elle refuse de contacter. La jeune fille vit à Paris, dans une chambre sous les toits qu'elle partage avec son amie Lola. L'argent manque, Bienvenue cumule les petits boulots, jongle avec ses cours aux Beaux-Arts, se frite avec son prof qui la traite d'associable et de snob, sauve in extremis une nana qui voulait se suicider, ne supporte pas le nouveau petit copain de sa mère, ni les coups de fil répétitifs de cette dernière, refuse de vivre à la campagne, s'interroge sur le passé d'un de ses voisins, intervient lors des disputes du couple indien ou rouspète lorsque deux jeunes amants se manifestent bryamment, toutes les nuits. La petite vie de Bienvenue offre un joli regard sur le monde qui nous entoure, sur les personnes qui nous sont proches, de corps ou de coeur.

A sa façon, Bienvenue est une héroïne attachante. Elle est cynique, un peu langue de vipère, mais ses sarcasmes dissimulent aussi sa fragilité, sa peur panique d'aller vers l'inconnu, d'accepter des rendez-vous, de croire au prince charmant, ou quelque chose qui s'y approche. Bienvenue est méfiante, elle dégaine avant de souffrir, sa copine Lola ou sa cousine Olga lui présentant des modèles de relations sentimentales guère enviables. Mais, au fil des pages, et c'est là toute la richesse de l'album, l'histoire se développe, laisse apercevoir les silhouettes cachées, les squelettes dans les placards, les secrets, les actes manqués, et j'ai vraiment hâte de poursuivre l'aventure, maintenant qu'elle est bien en place ! Encore une découverte vraiment très agréable.

par Marguerite Abouet ; illustrations de Singeon
Gallimard, coll. Bayou, 2010
112 pages - 16,50€

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Lo, de Lucie Durbiano

Lo_de_Lucie_DurbianoChaque nouveauté de Lucie Durbiano est comme un cadeau offert à Noël, on a hâte de le déballer, on le découvre avec des yeux ravis et on n'attend pas cinq minutes pour n'en faire qu'une bouchée. Cette fois encore, je n'ai pas été déçue du voyage ! Cette présente histoire, inspirée d'une pastorale grecque, possède un vrai grain de folie, avec un côté polisson, tout ça servi avec énormément d'humour, sous couvert d'un dessin délicieux et faussement naïf. J'ai beaucoup apprécié !

Lo, la jolie nymphe, est amoureuse de Daphnis, un pâtre qui n'a d'yeux que pour Chloé. Lo est bouleversée, malheureuse, elle pleure toutes les larmes de son corps. Elle se rend chez une sorcière pour obtenir la poudre d'Eros, en espérant renverser le penchant amoureux de Daphnis sur sa personne. La cocasserie derrière chaque situation est l'occasion de rire, ou de sourire. C'est léger, davantage sensuel que graveleux, d'inspiration libre (on associe des personnages de l'Antiquité gréco-romaine au mépris des convenances), mais le résultat n'en est que plus étonnant ! Diane est ici une déesse névrosée et psycho-rigide, qui interdit à "ses filles" de goûter aux plaisirs des libations. Bacchus, le digne représentant de la douce tentation, vient détendre l'atmosphère et donner des conseils avisés à sa consoeur. Zeus, façon Superman survolant les cieux, se prend le droit de séduire les créatures pures et innocentes, et nous offre une scène de ménage avec Héra absolument poilante ! Et ceci n'est qu'un aperçu...

Ne confiez pas ce livre à de très jeunes enfants, la grivoiserie est de mise ! Avec son air de ne pas y toucher, le style de Lucie Durbiano donne beaucoup de truculence à certaines scènes et en même temps fait avaler la pilule sans amertume. Ce gentil contraste est aussi la très grande force de l'auteur, brouiller les pistes, prétendre à la fraîcheur derrière cette histoire d'éducation sentimentale (et sexuelle !), car il faut bien appeler un chat ... un chat, et surtout, ne pas se prendre au sérieux. C'est ce qui rend la lecture si plaisante et divertissante.

Collection Bayou, Gallimard, 2010.
104 pages - 16 euros

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