25/09/19

Drague interdite, de Sally Thorne

Drague interditeCette lecture vaut entre trois et quatre étoiles, selon les passages et les humeurs, car j'ai réellement ressenti un méli-mélo d'émotions au fil des pages, en plus d'avoir galéré pour y plonger et apprécier ce que je lisais. Sensation de cafouillage et manque d'empathie pour les personnages... cette lecture m'en a fait voir de toutes les couleurs.

Darcy et son frère Jamie entretiennent une relation houleuse depuis leur enfance. Au milieu, Tom Valeska a longtemps servi de tampon. Mais l'ami d'enfance est zone interdite. Pour Darcy, véritable électron libre, cette tentation est donc une torture. Lorsqu'elle rentre en ville pour superviser les travaux du cottage de sa grand-mère défunte, elle comprend qu'elle devra cohabiter avec son béguin de toujours et résister à ses pulsions.
Or, Darcy est tout sauf raisonnable et pondérée. Ses pensées se résument à goûter l'objet de ses désirs, lui sauter au cou, le mordre et le lécher sous toutes les coutures (elle annonce clairement la couleur, dans un langage cru, assez effrayant). Ses réactions en retour sont également disproportionnées et aberrantes... comme arracher les meubles de la cuisine sous le regard impassible de son mec !
La personnalité de Darcy n'est donc pas très sympathique ni attachante. Elle nous apparaît obsessionnelle, capricieuse et butée. Ses liens avec son jumeau sont également immatures et explosifs. C'est vite saoulant. On a face à nous des gens excessifs et usants, qui se créent des problèmes superficiels et qui ne trouvent pas mieux de les résoudre que de se lancer des noms d'oiseaux à la figure. C'est d'un cafouillis... longs, longs soupirs.

Et pourtant, il y a quand même des moments sympas et qui font graouter dans les chaumières car l'instinct est animal entre Darcy et Tom. Ça se flaire, ça marque son territoire, ça se cherche et ça se découvre. On retrouve hélas cette tendance à tourner en ridicule des scènes de séduction qui sont à la limite du désespoir. Comme dans Meilleurs ennemis, ça me semble toujours inhumain de chauffer le mâle alpha lequel reste admirable de stoïcisme envers et contre tout... Et on accentue sur les mêmes travers, proches du mauvais goût ou de l'absurde, comme cette bretelle de soutien-gorge qui ne reste jamais en place sur l'épaule de Darcy.

Voilà voilà. On me penserait agacée ou dédaigneuse après coup... et puis pas du tout. J'ai tenu à lire le bouquin jusqu'au bout car j'avais envie de rester dans cette aventure, en dépit de ses défauts, et je lirai sans souci le prochain roman de Sally Thorne (maintenant qu'elle vient de se crasher après son succès, elle ne peut que rebondir !).

Harlequin (2019) - Traduction par A.H. Sophie

 

Posté par clarabel76 à 12:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,


27/03/17

Meilleurs ennemis, de Sally Thorne

« Tout ce que nous faisons, Joshua et moi, obéit toujours à la loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Nous ne connaissons que ça. »

Meilleurs ennemis

Collègues dans la maison d'édition qui vient de fusionner, Lucinda Hutton et Joshua Templeton travaillent leurs antagonismes en se livrant une véritable guerre froide à force de regards impénétrables, de répliques piquantes et d'allusions sournoises. Mais la tension monte d'un cran depuis qu'ils se savent en compétition pour le même poste. Lucy et Joshua affûtent leurs armes, quand soudain celui-ci manifeste étrangement un certain penchant pour sa collègue. Baiser fougueux volé dans l'ascenseur, crise de jalousie, attitude possessive et/ou protectrice... Les signaux envoyés sont totalement perturbés, ET perturbants. Lucy perd ses repères, découvre la face soigneusement cachée de Josh, sent ses sens fondre comme beurre au soleil, devient complètement obsédée... sans perdre de vue qu'il s'agit peut-être d'une technique habile pour prendre le dessus et lui voler sa promotion. Jeux de dupe, attirance fatale et numéros de charme viennent donc troubler une relation largement placée sous le signe du “je t'aime moi non plus” !

Comment ne pas sourire béatement à la lecture de cette jolie comédie éclaboussée d'humour, de séduction et de tendresse ! J'ai totalement succombé. Le couple de Lucy et Josh est affolant de quiproquo, d'interdit et d'enchantement. Le combo parfait. Chaque interaction est explosive, mais laisse place à une subtile attirance qui rend l'alchimie éclatante. Les codes de la romance sont déclinés dans la plus pure tradition, tout en étant moderne, pétillante et enlevée. Il faut, par contre, fermer les yeux sur l'attitude déjantée et incohérente de Lucy, un minuscule bout de femme qui adore porter du rouge à lèvres couleur lance-flammes, qui souffre de solitude, qui est nostalgique de son enfance parmi les champs de fraises et qui refoule son ambition par peur de se lancer tout de go. Dès lors qu'elle est en présence de Josh, c'est plus fort qu'elle, elle pète les plombs et lui fait du rentre-dedans, tout en admettant in petto être franchement pathétique. Face à elle, Joshua est en mode “control freak”, stoïque et insondable, il réussit à attiser son désir en cultivant le mystère (“mais pourquoi s'impose-t-il la frustration de séances de préliminaires dignes d'adolescents avec sa collègue un peu bizarre ?”). Ce jeu du chat et de la souris peut friser l'absurde, mais génère de fabuleuses scènes qui m'ont fait honteusement glousser. J'avoue, ce roman a été un rendez-vous déculpabilisant, frais, drôle, décalé. Il réunit clairement tout ce que j'aime, de l'humour, de l'humour et encore de l'humour. C'est sans conteste une comédie pur jus, à déguster pour le plaisir de rire et s'évader. Et ça fait toujours du bien.

Harlequin, coll. & H - Trad. Charlotte Demanie [The Hating Game] - 2016 

Posté par clarabel76 à 14:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,