Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
26 octobre 2017

Pêle-Mêle : Il y a un monstre dans ce livre - L'attrape-cauchemars - Les labyrinthes de Finn

IL Y A UN MONSTRE DANS CE LIVRE

Oh non ! Il y a un monstre dans ce livre ! Petit lecteur, reste zen et suis les conseils suivants : chatouille ses pieds, souffle très fort sur la page, penche le livre vers la gauche, puis vers la droite... Argh, ce monstre est coriace. Il s'accroche, il s'accroche. Mais toi aussi, petit lecteur, tu es déterminé à mener ta mission jusqu'au bout.

Continuons, donc, à remuer le livre, d'abord en le tournant comme une toupie, et ensuite en hurlant de plus en plus fort. C'est gagné ? ... Quoi ? Maintenant le monstre est sous ton lit. Rhoooo ! Capture-le vite dans ton livre et referme tout ça en fermant les yeux. Maintenant, bonne nuit ! ^-^

Cette lecture est franchement top, pour les enfants qui raffolent des histoires interactives et pleines d'humour. Ils vont adorer participer à la chasse au monstre - adorable petit monstre, entre nous - et suivre les instructions à la lettre. Très, très sympa !

Il y a un monstre dans ce livre, de Tom Fletcher & Greg Abbott

Milan, 2017

 

---------------------------------

 

L’ATTRAPE CAUCHEMARS

Pour chasser les cauchemars, c'est bien simple, il n'y a pas besoin de potion magique, d'épuisette ni d'arme secrète. Il suffit juste d'avoir sous la main un enfant ayant plein de courage et beaucoup d'imagination. Si, si. Je vous jure. Testez donc votre témérité en caressant les pieds poilus d'un ogre... ou en tirant sur les cheveux fourchus de la sorcière... ou en chatouillant le fantôme sous les bras, hihi... et pourquoi pas taper sur la truffe luisante du loup ? Chiche ? 

On croise aussi un dragon aux écailles rugueuses ou un poulpe géant aux tentacules gluants ! Eh bien, MÊME PAS PEUR ! Vous voilà certifié meilleur attrape-cauchemars de la galaxie ! ^-^

Avec cet album, Paule Battault et Charlotte Ameling nous régalent avec leurs illustrations et les matières qui les accompagnent à chaque page. C'est surprenant, drôle, délirant et ingénieux. Et puis, c'est très efficace. On joue le jeu, on s'amuse, on se prête à revêtir la panoplie du redoutable chasseur de monstres, et on sort vainqueur de cette traque infernale... non sans avoir poussé quelques cris d'étonnement. Super drôle ! 

L'attrape-cauchemars, de Paule Battault & Charlotte Ameling

Milan, 2017

 

---------------------------------

 

LES LABYRINTHES DE FINN

Pour se remettre de toutes ces émotions, plongeons dans cet immense album aux illustrations foisonnantes ! Là aussi, de nouvelles péripéties attendent le lecteur qui fait la connaissance de Finn, un jeune garçon tiré de son sommeil par des bruits étranges dans la maison. Oh, oh. Que se passe-t-il donc ? Une bande de farfadets est en train de semer une vraie pagaille chez lui. Vite, l'enfant doit retrouver ses vêtements dans tout ce bazar et se lancer à la poursuite de leur chef, le Vieux Farfadet à la longue barbe.

C'est accompagné de son fidèle toutou, Sepp, que Finn parcourt le jardin pour se rendre jusqu'au château, en passant par les oubliettes, jusqu'au sommet de la tour. Ohlàlà, quelle aventure ! Car celle-ci est ponctuée de rencontres bizarres et fantastiques, comme une licorne, un serpent moucheté, un calmar géant ou des flamants flâneurs. C'est sans oublier les nombreuses missions à conduire, comme trouver les clefs qui ouvrent les bonnes portes, ou se frotter à une horde de dragons à bord d'un tapis volant.

En tout, ce sont donc 12 incroyables labyrinthes qui invitent à l'évasion ! On découvre avec ébahissement des décors magiques et stupéfiants. L'ambiance est saisissante, les couleurs sont sombres, le graphisme féerique et extravagant. On reste tout de même de longues minutes à scruter chaque page, car les détails abondent à travers des dédales parfois terrifiants. Bon point pour ce casse-tête réussi et qui produit son petit effet ! ;-)

 Les labyrinthes de Finn, de Peter Goes

Milan, 2017

 

Publicité
25 octobre 2017

Shaker Monster #2 : Zigotos incognito, de Mathilde Domecq & Mr Tan

shaker monster zigotos incognitoPour Justin et Gwen, la relation entre frère et sœur ressemble à une perpétuelle partie de taquineries qui se soldent sur d'inévitables chamailleries. Il faut dire aussi que le petit frère n'en loupe pas une pour se mettre dans le pétrin, comme introduire en douce le shaker magique à l'école ! Gwen a les sens en alerte et prédit une mauvaise journée. Bim, cela ne loupe pas, une fâcheuse manipulation plus tard, un monstre dévoreur de livres est en roue libre dans les couloirs de leur école. Panique à bord, le voilà qui se rue vers la bibliothèque où il se met à croquer des rayons entiers sans se soucier du monde alentour. Le plus drôle, c'est qu'à force d'avaler des encyclopédies, notre monstre se transforme en érudit et va changer du tout au tout son comportement !

Ce deuxième tome est toujours aussi réjouissant à parcourir, cf. le tome 1 (Tous aux abris) pour se rafraîchir la mémoire. On retrouve dans cette bande dessinée le pep's, la bonne humeur et le rythme endiablé qui avaient déjà su nous séduire. Cette fois, on croise de drôles d'énergumènes sous forme de monstres bibliovores ! Et malgré leurs bisbilles, nos deux héros doivent encore se serrer les coudes pour que tout rentre dans l'ordre en toute discrétion, mais c'est vite dit, car la situation dégénère en un clin d'œil et les créatures du Shaker Monster ont tôt fait de semer la zizanie.

La lecture est définitivement virevoltante, ça court, ça crie, ça glousse à chaque coin de page. Cela se lit de gaieté de cœur et c'est tout à fait charmant !

GALLIMARD - Collection Bandes dessinées hors collection 
Date de parution Octobre 2017

25 octobre 2017

GRUPP, de Yves Grevet

GRUPPStan et ses parents tombent des nues en apprenant l'arrestation de Scott, l'aîné de dix-sept ans, soupçonné d'être à la tête du GRUPP. Ce mouvement, constitué de protestataires pacifiques, cherche à s'émanciper de la société LongLife qui a la mainmise sur leur vie grâce à des implants qui gouvernent non seulement leurs pensées et leurs actes, mais qui traquent aussi les moindres faux pas. C'en est trop pour ces jeunes gens épris de liberté et d'indépendance. Ils ont donc choisi de mener leur rébellion en sortant en douce et en organisant des fêtes clandestines, tout en dessinant des graffitis sur les murs. Rien de méchant, jusqu'au jour où un des garçons de la bande décède accidentellement. Scott est envoyé en prison, sa famille est effondrée. En premier lieu, son frère Stan cherche à comprendre et à obtenir des réponses. Il fouille, il piste, il enquête sans relâche. Par contre, il sent également le danger poindre. Des individus lui collent au train, s'introduisent dans la maison et envoient des messages de mise en garde. De son côté, Scott se ferme comme une huître et refuse de parler à ses proches. Sa vie en prison est un enfer. Et malgré une libération anticipée, le garçon est marqué à vif et n'est plus que l'ombre de lui-même.

C'est toujours grisant de plonger dans un roman de Yves Grevet, car on ne sait jamais d'avance ce qui nous attend. Cette fois encore, le rendez-vous a été à la hauteur des espérances - ce sont 520 pages d'une densité époustouflante. On se glisse dans un monde d'espionnage et de suspense en tâtonnant à l'aveugle. C'est lent, c'est bon, c'est excitant. On ne pressent rien des pistes à venir, on explore et on goûte à toutes les éventualités d'une intrigue rondement menée. Car, de fil en aiguille, le lecteur se remet en cause et étudie la perspective d'un avenir qui prône la sécurité au-dessus de la liberté. Du Yves Grevet pur jus. Avec sa construction minutieuse, ne laissant rien au hasard, le roman nous absorbe donc avec avidité et nous entraîne dans un dédale de décryptages autour d'une organisation secrète et d'une société ultra sécuritaire. Les clans s'opposent, les enjeux aussi. Très bon point pour cette lecture riche et pénétrante !

Syros, 2017

Pour rappel, Yves Grevet est notamment l’auteur de Méto et l'un des auteurs de la série U4 (Koridwen). Les thèmes qui traversent ses ouvrages sont les liens familiaux, la solidarité, la résistance à l’oppression, l’apprentissage de la liberté et de l’autonomie. La trilogie Méto, qui l’a fait connaître, a été récompensée par 14 prix littéraires.

24 octobre 2017

Sœurs sorcières #1, de Jessica Spotswood

Soeurs sorcières 1Cate, Maura et Tess sont sœurs et vivent dans une Nouvelle-Angleterre imaginaire du début du XXe siècle. L'aînée de 17 ans veille scrupuleusement sur ses cadettes, depuis la mort de leur mère, et cherche à préserver leur secret à tout prix. Car les sœurs Cahill sont en fait des sorcières et ont l'obligation de n'en rien dire sous peine d'être envoyées à l'asile sur l'ordre des Frères. Cette congrégation religieuse et autoritaire a formellement interdit toute pratique de la magie et traque la moindre manifestation sans mettre les formes. Autour d'elles, Cate a déjà noté les nombreuses arrestations intempestives et la surveillance accrue que ses sœurs et elle subissent. Elles doivent, par exemple, accepter la présence d'une nouvelle tutrice, Elena, venue directement de l'Ordre des Sœurs. Cette intrusion déplaît fortement à Cate, contrairement à Maura, qui lui voue immédiatement une adoration sans borne. À quelques semaines de sa confirmation, Cate doit également choisir quel sens donner à son avenir - se fiancer à Paul, son ami d'enfance, ou rejoindre l'Ordre des Sœurs et mieux protéger sa famille. Son choix se complique lorsqu'elle découvre l'existence d'une Prophétie, contre laquelle même leur propre mère les mettait en garde, et qui impliquerait trois sœurs, une trahison et un chaos sans précédent. Sans compter son idylle naissante avec le fils des libraires, souvent mis à l'amende pour leurs activités douteuses... 

Récemment repêché dans mes piles des oubliés, ce roman m'a fait un beau pied de nez en se révélant aussi croustillant et enthousiasmant ! Que de temps perdu... oui, je sais. Car j'ai aimé tout ce qu'il m'a servi - des personnages attachants, un univers de magie mystérieux, des secrets de famille, des relations entre sœurs assez puissantes et néanmoins fragiles, des premiers émois qui donnent le sourire, des ombres menaçantes, des faux-semblants, des sacrifices et des passions dévastatrices. Ouhlàlà, c'est franchement palpitant ! Ce serait encore mieux de battre le fer pendant qu'il est chaud en lisant les deux prochains tomes sans plus tarder. Oui, ce serait une chic idée... 

Nathan, 2013 - Trad. Rose-Marie Vassallo

 

24 octobre 2017

Les valises, de Sève Laurent-Fajal

Les valises

Sarah, quinze ans, se rend en voyage scolaire en Pologne où elle visite avec sa classe le camp d'Auschwitz. Pudique et solitaire, l'adolescente ressent un grand froid l'envahir en découvrant l'amoncellement des valises abandonnées ayant appartenu aux millions de déportés juifs. Prise de vertiges, elle a des visions de scènes sur un quai de gare où des enfants sont arrachés à leurs parents. Muette, angoissée d'horreur, Sarah se ferme comme une huître. Car tout ceci l'amène à réfléchir à ses propres origines.

Sarah vit seule avec sa maman, elle ignore qui est son père, ne sait rien de sa famille. Toutes deux sont cloîtrées dans leur bulle de silence et d'isolement, mais la jeune fille n'en peut plus et a envie que ça change. Seulement, le soir où elle s'arme de courage pour discuter avec sa mère, Sarah apprend que celle-ci a eu un accident et se trouve dans le coma sur un lit d'hôpital. Abrutie de chagrin et de désespoir, Sarah n'abandonne pas l'idée de fouiller le passé de sa mère et comprendre le mystère autour de sa naissance.

Quel doux roman ! Charmant, émouvant, totalement bouleversant. J'ai été littéralement captivée, complètement absorbée par la quête identitaire, par le cataclysme émotionnel et par les montagnes russes sur lesquelles surfent l'héroïne. C'est intuitif, l'histoire vous touche en plein cœur tant elle est éloquente, sensible et compatissante. Et au milieu de ce chaos sans nom, Sarah découvre aussi les fulgurances du premier amour. Une relation tendre, farouche et explosive se dessine, elle se noue ainsi au besoin de savoir qui elle est, quelles sont ses racines. C'est tout emmêlé, emberlificoté dans un parcours teinté de rencontres et révélations parfois rapides et improbables, mais qu'importe. La lecture est entraînante, animée d'une belle sincérité. On en ressort avec le cœur pulvérisé, un sourire heureux et des larmes au coin des yeux. C'est tout bon ! ♥

Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2016

 

Publicité
23 octobre 2017

Détectives de père en fils #1, de Rohan Gavin

Détectives de pere en filsCollection: Folio Junior - N°1802  
Illustrateur de couverture : Antoine Maillard
Traduit par : Anne Krief

Nouvellement repris en format poche, voilà un roman à ne pas louper si l'on apprécie les numéros de haute voltige avec des enquêtes et des péripéties trépidantes ! Détectives de père en fils raconte l'histoire du jeune Darkus Kingsley, dont le père Alan, brillant détective, est plongé dans un coma hypnotique depuis quatre ans. Durant ce temps, le garçon de 13 ans a compulsé tous ses dossiers, appris par cœur toutes ses affaires, a ainsi aiguisé son sens de l'observation et de la déduction. Il a aussi adopté le même look et ne s'habille qu'en tweed de pied en cap.

Le roman commence donc par le réveil soudain d'Alan Kingsley, qui bondit de son lit en clamant haut et fort que le crime n'attend pas. Son ennemi juré n'a pas de visage, mais sévit sous le nom de Combinaison, une association du Mal qui rôde partout, à l'insu de tous. Encouragé par son jeune assistant Darkus, le duo se lance sur la piste d'un mystérieux bouquin (« Le Code ») qui exercerait un dangereux ascendant sur ses lecteurs. Kingsley père et fils veulent comprendre pourquoi, mais la tâche est ardue. L'auteur est anonyme, son éditeur préserve son secret, même la secrétaire sort les griffes dès que Darkus fourre son nez dans leurs bureaux... 

L'histoire mêle donc le mystère, le danger et l'humour, tout en servant une belle brochette de personnages hauts en couleur (Tilly la jeune surdouée, Clive le beau-père benêt, Oncle Bill l'excentrique et bedonnant chef de Scotland Yard, Alan le narcoleptique...). C'est plein d'entrain, logé dans une ambiance délicieusement british. On sent aussi toute l'admiration de l'auteur pour Conan Doyle, Dickens, Ian Fleming et Roald Dahl auxquels il rend hommage en s'inspirant ci et là.

Cette nouvelle série signe ainsi les prémices de rendez-vous émoustillants, qui ne manqueront pas de charmer petits et grands lecteurs - à partir de 10 ans, préconise l'éditeur... sauf que livre fait déjà 360 pages ! À tenter. 

 

23 octobre 2017

Double piège, de Harlan Coben

double piegeAprès le meurtre de son mari, assassiné en pleine rue, Maya ne fait plus confiance à personne et installe dans sa maison une caméra-espion pour surveiller la nounou de sa fille. Mais en visualisant le film, Maya découvre la silhouette de son époux en train de cajoler la petite Lily. En voulant mettre la nourrice au pied du mur, celle-ci brouille les pistes et disparaît de la circulation. Commence alors pour Maya une longue traque doublée d'une enquête infernale pour comprendre le fin mot de cette sinistre mise en scène. Ce faisant, Maya va fouiller le passé et raviver des plaies ouvertes, comme la mort de sa sœur Caroline ou celle de son beau-frère Andrew, elle va insidieusement empiéter sur les activités de sa belle-famille, les Burkett, et se heurter à un mur de faux-semblants, ou tout simplement craindre pour sa propre vie, à moins d'être victime de délires paranoïaques, bref la frontière est mince.

Au final, j'ai trouvé le roman assez plat et peu élaboré. Action lente, héroïne sur la retenue, creusant après un embrouillamini de mensonges et de vérités. Ouhlàlà. Mon cœur n'a pas battu la chamade à la lecture du nouveau roman de Harlan Coben... On y retrouve les mêmes crimes retors, les trafics honteux, l'utilisation décomplexée des armes, avec cette fois un coup de projo sur le stress post traumatique des militaires, la manipulation mentale et le déni. Ce qui a néanmoins pêché, dans l'ensemble, c'est le manque de pep's. J'étais surprise d'écouter un Harlan Coben sans le tintamarre habituel - courses à perdre haleine, suspense intenable, révélations fracassantes. Là, seul le dénouement vous secoue sérieusement les puces. Et j'ai d'ailleurs apprécié l'issue de cette intrigue, qui m'a bien baladée de gauche à droite, sans aiguiser fortement ma curiosité. Pour le coup, Harlan Coben est opérationnel, mais sans se fouler.

Concernant le livre audio, Marie-Eve Dufresne est toujours aussi juste et agréable à écouter. Son interprétation ne déborde jamais et suit une ligne de conduite impeccable. Je ne suis jamais déçue par son jeu, ce qui peut parfois donner un coup de pouce à des romans a priori basiques et peu satisfaisants. Un bon lecteur peut clairement atténuer les défauts d'un livre et le rendre enthousiasmant à suivre !

©2016 / 2017 Titre original : "Fool Me Once" / Belfond pour la traduction française par Roxane Azimi 

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Marie-Ève Dufresne  (durée : 9 h 55) 

21 octobre 2017

La fille d'avant, de J.P. Delaney

LA FILLE D AVANTTraumatisée suite à un cambriolage d'une rare violence, Emma cherche une nouvelle location et trouve en la maison du One Folgate Street la réponse à tous ses problèmes. Jane, meurtrie par la perte de son bébé, repart également à zéro et s'installe dans une nouvelle vie, dans la même maison. Quelques années séparent les deux femmes, mais leurs histoires sont racontées en parallèle tant leurs parcours sont similaires. En effet, ce bijou d'architecture, élaboré par Edouard Monkford, est aussi une contrainte de chaque instant. Pour décrocher le Graal, il faut notamment répondre à un niveau d'exigence difficilement supportable et se plier à des règles de vie draconiennes. Malgré tout, Emma, puis Jane, acceptent toutes les concessions et tombent fatalement sous le charme du propriétaire. Edouard Monkford ? Le mâle alpha dans toute sa puissance. Un spécimen arrogant, froid et calculateur. Mais le type aurait plusieurs cadavres dans son placard - son épouse décédée, mais aussi sa jeune et jolie locataire... Emma. Prise d'un doute, Jane choisit de mener son enquête.

J'avoue avoir cédé aux chants des sirènes en me plongeant dans cette lecture - elles ont pour nom Olivia de Lamberterie, Alix Girod de l'Ain et Tatiana de Rosnay - même si j'ai également appris à me méfier des concerts de louanges. Et cela n'a pas loupé, non, je ne ferai pas chorus. D'accord, j'ai trouvé ce roman correct, agréable à suivre, avec du suspense et des rebondissements qui incitent à aller toujours plus loin. Les chapitres sont courts, les voix entremêlées, c'est imparable pour saucissonner le lecteur dans la combine. Par contre, j'ai eu une vague sensation de fourre-tout en avançant dans ce livre. On a de la bonne tension psychologique, une enquête minutieuse, des portraits flous, toujours plus flous, pour mieux brouiller les pistes et fragiliser les repères. Et là, au milieu de ça, je n'ai pas compris cette vague inspiration de Christian Grey - le contrat, l'amant tyrannique, le sex-appeal rabougri (bah oui, Monkford est tout sauf séduisant). Cela m'est apparu grotesque. Et mon enthousiasme en a été douché. Sans quoi, c'est un roman ordinaire, une lecture facile et distrayante, mais un buzz littéraire surestimé

Techniquement, j'ai apprécié la lecture faite par Ingrid Donnadieu et Floriane Muller - le choix d'une interprétation à double voix s'ajuste pertinemment aux deux voix des héroïnes du roman, l'une pour Jane, l'autre pour Emma. C'est tout à fait concordant. Les récits se croisent ou se complètent. Les deux comédiennes se donnent la réplique et brouillent volontairement les pistes. En bref, cette orchestration sied admirablement au livre. Car, malgré mes réserves, le dénouement bancal et l'impression d'une intrigue qui s'essouffle, j'ai maintenu le cap jusqu'au bout pour assouvir ma trop grande curiosité.

©2017 Titre original : "The Girl Before"  / Mazarine et Librairie Arthème Fayard pour la traduction française

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Ingrid Donnadieu et Floriane Muller /  Durée : 9 h 21 

 

21 octobre 2017

L'Âme du Mal (La trilogie du Mal #1), de Maxime Chattam

L'âme du mal AudibleJuliette Lafayette, une étudiante en psychologie, est enlevée par le tortionnaire Leland Beaumont... et sauvée in extremis par Joshua Brolin, ancien agent du FBI, travaillant désormais à la police de Portland, en sa qualité de profiler. Un an plus tard, de nouvelles découvertes macabres viennent ressusciter le fantôme de Beaumont car des similitudes apparaissent dans le modus operandi et perturbent leur conviction d'avoir mis un terme aux actes criminels du tristement célèbre Bourreau de Portland. Brolin relance l'enquête, retrouve Juliette et s'inquiète du tournant de cette affaire.

Roman auréolé de sa réputation implacable, L'âme du mal se présente d'emblée comme un rendez-vous de noirceur et d'extrême violence. On a en effet une débauche de scènes morbides, scrupuleusement déballées avec des détails sordides, au fil d'une enquête pointilleuse et ahurissante en révélations. Mieux vaut être averti du programme, sous peine d'être mis k-o. En bon élève, Chattam s'applique à reproduire dans son scénario tous les effets de style d'une série américaine (écriture cinématographique, mise en scène convenue et personnages clichés). Mais parfois, il en fait trop, en nous arrosant de techniques de criminologie et de profiling, par exemple, on se croirait limite dans un manuel. On sent son souci de faire ses preuves et d'apporter une légitimité à son roman. Mine de rien, celui-ci commence pourtant à dater (2002) ce qui ne rend plus le spectaculaire d'hier aussi impressionnant aujourd'hui. Aussi, je pense qu'il ne s'agissait là que d'une ébauche à un univers en devenir, cf. le remarquable La conjuration primitive. Cela reste un thriller efficace sur toute la ligne, mais je m'attendais à recevoir une grande claque, or j'avoue être un peu frustrée à l'arrivée. Ce que je n'ai pas apprécié, par contre, ce sont les envolées lyriques et les interludes mielleux entre Brodin et Juliette. C'était largement dispensable, à mon avis. 

Côté technique, Audible Studios reprend peu à peu dans son catalogue les titres édités par VDB depuis leur fermeture, parmi lesquels la trilogie de Maxime Chattam qu'on trouvait en occasion à des prix exorbitifs. En toute honnêteté, j'avais une grande affection pour les éditions VDB dont la réalisation sonore était facilement identifiable (bruitages, bandes-son, musiques, etc.) en plus des deux fidèles comédiens, Véronique Groux de Miéri et Hervé Lavigne. À écouter, la lecture est étonnante, à la fois vivante, réaliste et palpitante. Une performance très réussie. 

>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2002 Éditions Michel Lafon (P)2007 Éditions VDB

Texte lu par : Véronique Groux de Miéri & Hervé Lavigne pour Audible Studios (2017)  Durée : 16 h 48 

Série : La trilogie du mal, Livre 1

20 octobre 2017

ReMade, d'Alex Scarrow

ReMadeDe retour à Londres, après le divorce houleux de ses parents, Leo regrette sa vie à New York et envie sa petite sœur Grace, dont l'aisance naturelle lui a permis de tourner la page et se fondre très vite dans cette nouvelle existence. Leur mère est souvent absente, débordée par un boulot éreintant, et rentre à la maison les nerfs en pelote. Le frère et la sœur se disputent constamment pour des broutilles, ils ne se comprennent plus. Bref, l'ambiance n'est donc pas folichonne. Pour oublier ses tracas, le garçon parcourt la presse et tombe sur des entrefilets évoquant des foyers épidémiques d'une grande virulence en Afrique. Or, nul ne semble s'en préoccuper. C'est alors que son père leur téléphone en catastrophe pour les obliger à quitter Londres de toute urgence en sautant dans le premier train pour le Norfolk où vivent leurs grands-parents. Le virus foudroyant a quitté l'Afrique et est en train de se propager à travers le globe. Un chaos monstrueux est en marche.

Oh.My.God. Que de palpitations à la lecture de ce roman ! Plus je tournais les pages avec fébrilité, plus j'avais des yeux hallucinés en lisant ce scénario-catastrophe. Au départ, les personnages vivent un peu dans une bulle d'insouciance, ils ne prennent pas conscience de l'ampleur du désastre et ignorent que l'ennemi prépare dans l'ombre son armée, prête à s'abattre sur l'humanité. Oui, oui, on assiste avec effroi et impuissance à la mise en place du virus, on a des chapitres sur son évolution, car le virus est intelligent et s'adapte avec diligence au terrain, ne perdant jamais de vue sa mission - anéantir toutes espèces vivantes. Nul ne lui résiste, même les animaux, les insectes, les plantes. Tout est contaminé. Autant vous dire que c'est effrayant - certaines scènes décrites sont immondes - mais ça vous scotche les doigts au bouquin. Sûr et certain. Plongés dans ce bourbier, Leo et sa sœur Grace vont vivre des émotions fortes et nous les font partager pour le même prix. On court à leurs côtés pour survivre, lutter et comprendre. Pfiou, que de stress. Au final, c'est rondement bien fait, hyper efficace et addictif. On a une montée d'adrénaline au cours de ces 445 pages de lecture, tenez-vous bien, c'est redoutable. 

Casterman, 2017 - Trad. de Corinne Daniellot

Bémol sur la COUVERTURE française, car je préfère de loin l'édition VO qui annonce clairement la couleur ! ►►► CLIC ◄◄◄

 

 

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité