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Chez Clarabel

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26 février 2019

Avec toutes mes sympathies, d'Olivia de Lamberterie

Avec toutes mes sympathies« J'écris pour chérir mon frère mort. J'écris pour imprimer sur une page blanche son sourire lumineux et son dernier cri. Pour dire ce crime dont il est à la fois la victime et le coupable. »

Comment dire l'indicible ? la douleur, le manque, l'absence ? Comment raconter ce frère si beau, si drôle, si intelligent, et pourtant si fragile et si incompris ? En octobre 2015, Alexandre tire sa révérence, laissant sa famille et ses amis dans un désarroi sans fin. La journaliste et chroniqueuse littéraire est anéantie par le chagrin et la colère. Elle retrace le cadre, dresse le portrait, cherche les mots pour accepter l'inacceptable. L'amoureuse des livres est pourtant à court d'inspiration, ne trouve plus l'énergie, ni le goût dans les histoires. Puis comprend qu'elle doit fouiller dans ses entrailles pour en extirper toutes ses émotions. Se raconter et raconter son frère. Leur histoire de famille, leur complicité, leurs confidences même muettes. En se livrant à cet exercice, ODL se révèle plus bouleversante que jamais. Attachante, sincère, pudique et élégante. Cette papesse de la critique tombe le masque, met son âme à nu et se moque de l'opinion d'autrui. Bien sûr, rien n'est léger dans ce qu'elle livre. Tout ce qui est lu, écrit, vu ou écouté est infiniment sophistiqué. Elle expose la vie de son frère avec justesse, entre sa folie douce, son génie et ses zones d'ombre. Elle impose une déférence et une empathie à son récit. Elle nous touche et nous aspire dans son univers. C'est très triste - j'avais la boule au ventre mais pas les larmes aux yeux - car ça résonne en nous comme une déclaration forte à aimer la vie et à la vivre comme on peut. Un bel hommage, brillamment écrit et lu par l'auteure elle-même. Je n'aurais pu imaginer une autre voix pour nous emporter dans cette histoire...

« Tu ne nous as pas abandonnés. Tu t'es arrangé pour laisser une empreinte si forte dans nos existences qu'elle nous a empêchés de sombrer et qu'elle a fini par nous transcender. Ton existence est indélébile. Tu n'as pas fini de respirer en nous. Ta mort nous a rendus vivants. » 

©2018 Éditions Stock (P)2019 Audiolib

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25 février 2019

En poche ! La femme à la fenêtre, de A.J. Finn

LA FEMME À LA FENÊTREAnna Frost vit recluse chez elle et passe ses journées à boire du merlot en épiant la vie de ses voisins. Séparée de son mari et de sa fille, elle reçoit régulièrement de leurs nouvelles et les rassure sur sa santé - oui, elle suit scrupuleusement son traitement. Elle s'accroche. Elle est incapable de sortir, de voir du monde, elle a une peur panique dès que son pied franchit le seuil de la porte, mais elle s'accroche. Elle parle à des inconnus en ligne. Elle a également mis sa carrière de psy en berne et regarde des vieux films en noir et blanc à longueur de journée. En bref, Anna n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Sa routine est pourtant chamboulée avec l'arrivée des Russell dans le quartier. Très vite, Anna s'aperçoit que ça ne tourne pas rond dans cette famille et soupçonne le père d'être violent et tyrannique. Un soir, elle surprend le couple en train de se disputer et voit Jane Russell s'effondrer, le corps poignardé. Elle contacte aussitôt à la police, qui lui apprend l'existence d'une autre Jane Russell. La famille fait bloc, accuse Anna d'avoir tout inventé mais celle-ci s'acharne et fouille dans sa tête en vrac.
Pendant 600 pages, on avance ainsi à tâtons et on suit les méandres des pensées d'Anna - embrumées par l'alcool, les médicaments, les phobies et les non-dits. Il n'en fallait pas moins pour brouiller les pistes. On traîne donc pas mal la patte, à se demander ce qu'on fait là, à regarder cette femme errer dans sa propre existence, à s'interroger sur son état mental, à s'encroûter dans sa routine... Cela peut sembler lent et long - oui, ça l'est forcément - mais c'est aussi l'ambiance désirée par l'auteur. Distiller le doute, rendre la narratrice peu fiable, pointer son état borderline, hésiter entre la soutenir ou la blâmer. J'ai finalement opté pour la présomption d'innocence. Portée par ce rythme, j'ai tout gobé et n'ai absolument pas vu venir la fin ! Damned. Une prouesse.
En somme, c'est lourd d'une monotonie pointilleuse, soutenu par un suspense glaçant et nourri d'une tension psychologique ciselée. C'est gros mais assez bon car j'aime énormément les références aux classiques du cinéma qui ont donné le ton en créant une atmosphère façon Hitchcock & co. Une lecture au charme hypnotique, pour sûr.

Parution poche chez POCKET (2019) - traduction par Isabelle Maillet

 

25 février 2019

La Veuve, de Fiona Barton

La Veuve lizzieVeuve du principal suspect dans la disparition de Bella Elliott, Jane Taylor est désormais libre de tout confesser. Avait-elle connaissance de la double vie de son mari ? est-il coupable d'avoir enlevé l'enfant ? où se trouve la fillette ? Jane est-elle complice de son crime ? ou simplement victime du caractère dominant de son époux ?
Très vite, le doute est planté dans l'esprit du lecteur. La personnalité trouble et troublante de la veuve est avérée. On suit ainsi les multiples échanges entre Kate Waters, la journaliste qui cherche à arracher son scoop, ou Bob Sparkes, le policier principal qui y perd son latin, et les différents protagonistes de cette enquête. On alterne aussi entre le passé et le présent, brouillant davantage les pistes pour remonter le fil de l'intrigue et débroussailler l'obscur et l'inexplicable.
Au final, la lecture est un labyrinthe sans fin. Jane mène la danse tout du long, mais son personnage est déroutant, peu charismatique, trop secret, bref non fiable. On perçoit déjà chez Kate Waters une pugnacité qui fera son succès (cf. La coupure), de même Bob Sparkes révèle une sensibilité profonde, que cette histoire sordide ne va pas manquer d'ébranler. Quoi qu'il en soit, nous sommes tous les pigeons de cette étrange histoire.
Par contre, l'interprétation audio est excellente, tenue de main de maître par Marie-Eve Dufresne qui s'entend pour accentuer le malaise autour de la veuve et appuyer sur les interrogations : qui a fait quoi, qui dit vrai ou pas. Tout ce qui en sort n'est nullement émouvant, mais inspire du dégoût, de l'incompréhension. Un grand flou. On déteste ça, on a les yeux ou les oreilles collés aux mots de l'auteure. On absorbe cette confession insaisissable et désolante, tout en pestant ou en hochant la tête. Beaucoup de distance à prévoir, peu d'empathie à espérer, mais une sensation d'uppercut permanente (et désagréable, forcément). Une expérience très déstabilisante pour la fascination qu'elle suscite. À tenter.

©2017 Fleuve Éditions, département d'Univers Poche, pour la traduction française. Traduit par Séverine Quelet (P)2019 Lizzie

Repris en format poche chez POCKET (2018)

LA VEUVE

21 février 2019

Ton âme sœur (ou presque) (Blue Heron 5), de Kristan Higgins

Ton âme sœur ou presqueDernier tour de piste pour les habitants de Manningsport. Parmi cette chaleureuse communauté, le sort de Connor O'Rourke nous tenait à cœur. Le jumeau de Colleen, copropriétaire du bar en ville, réputé pour son caractère d'ours mal léché, a coutume d'affoler les pronostics pour connaître l'élue de son cœur.

En vérité, notre homme se consume d'amour pour la belle Jessica Dunn, dont il est fou amoureux depuis ses douze ans. Ils se voient en cachette mais passent leur temps à se séparer car Jess n'est pas prête à s'investir dans une relation sérieuse. Du moins, elle prend pour excuse son jeune frère Davey, qui souffre d'un retard mental et qui déteste Connor. Celui-ci fait preuve de patience et d'écoute auprès de sa douce, mais cette situation lui devient de plus en plus insupportable. Après sa demande en mariage et la rebuffade de trop, Connor a décrété qu'il arrêtait les frais. Terminé. Il a besoin de construire sa vie autrement. À prendre ou à laisser.

Autant dire qu'en lisant cette présentation, je n'avais PAS DU TOUT envie de me plonger dans cet épisode. La longue valse des hésitations, au secours. Mes craintes ont donc été fondées car l'histoire m'a semblé tellement triste et plate. D'entrée de jeu, les dés sont pipés. Le couple se connaît déjà et tourne autour du pot. Aucune séduction à venir, aucune interaction malicieuse. Ça sent le froid sibérien. Soupirs. Très vite, les complications que s'inventent Jessica pour freiner sa vie sentimentale s'avèrent agaçantes. La romance impossible, le couple qui s'aime et se quitte, inlassablement, non merci. C'est une rengaine insupportable et peu émoustillante. C'est comme un vieux plat réchauffé, dont on relève la saveur avec quelques épices, sauf que ça reste fade en bouche. Au fond, c'est un peu dommage de terminer une série aussi affriolante sur une note aussi contrariante. L'auteure ne propose rien dans ce roman, elle joue concrètement les prolongations. Cela reste mon sentiment personnel car évidemment l'ambiance de Blue Heron est rayonnante de gaieté et de bonne humeur. Elle nous imprègne et nous inonde de bonnes ondes. Une juste compensation pour nous faire oublier cette sensation de rendez-vous loupé avec Connor (un sombre idiot, tout de même, quand on songe à sa réflexion après sa première nuit avec Jess... ohmygod). J'attends d'autres romans de Kristan Higgins, the one and only, pourfendeuse à jamais de lectures onctueuses et qui rendent heureux. Merci Audible Studios pour cette exclu. #wewantmore

©2018 HarperCollins pour la traduction francaise. Traduit par Marie Lauzeral (P)2018 Audible Studios

Bonne interprétation des deux comédiens, avec une préférence pour Lou Broclain, sensible et attachante. Le hic avec son partenaire masculin, ce sont les voix féminines (Jessica ou Colleen... non mais franchement). Bémol aussi pour Davey qu'on fait passer pour un môme alors qu'il a 26 ans (ok il souffre d'un retard mental mais il n'est pas débile non plus). Bien entendu, ça reste une excellente idée d'avoir plusieurs intervenants dans ce genre d'exercice. L'écoute globale a été très agréable, bravo.

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20 février 2019

En poche ! Une fille au manteau bleu - Les valises - Les mille visages de notre histoire - Tortues à l'infini

Une fille au manteau bleu

Amsterdam, 1943. Hanneke sillonne les rues à vélo afin de dénicher au marché noir les marchandises qu'on lui commande. Un jour, l'une de ses clientes lui fait une requête particulière: retrouver une jeune fille juive disparue, avant les nazis. Elle s'appelle Mirjam et porte un manteau bleu.

Loin d'être un énième roman sur le sujet, cette lecture offre surtout la possibilité de découvrir une histoire passionnante, qui puise autant dans l'émotion que dans l'action et le suspense. Avec son héroïne de 18 ans, si juste et imparfaite, par ses choix, ses failles et ses engagements, on se lance dans un parcours bouleversant et inattendu. Il y a d'abord sa quête pour retrouver Mirjam, puis sa prise de conscience des dangers qui rôdent, l'horreur des rafles et des dénonciations, la culpabilité et la rédemption.

C'est un cheminement chaotique, mais poignant, qui emprunte de nombreuses bifurcations, qui fait aussi battre le cœur plus fort et qui noue l'estomac à l'énoncé des enchaînements tragiques et malheureux. En un mot, c'est excellent ! Et c'est à remettre entre les mains des plus jeunes sans délai.

Une fille au manteau bleu, de Monica Hesse

Pôle Fiction (2019) - trad. Anne Krief

 

Les valises

Ce dimanche de 1982, Sarah, quinze ans, se rend en voyage scolaire en Pologne où elle visite avec sa classe le camp d'Auschwitz. Pudique et solitaire, l'adolescente ne s'explique pas le profond malaise qu'elle ressent en découvrant l'amoncellement des valises ayant appartenu aux millions de déportés juifs. Prise de vertiges, elle a des visions de scènes sur un quai de gare où des enfants sont arrachés à leurs parents. Horrifiée, Sarah se ferme comme une huître. Car tout ceci l'amène à réfléchir à ses propres origines. 

L'histoire va vous toucher en plein cœur tant elle est bouleversante. Sarah va brutalement sortir de sa torpeur, remuer ciel et terre pour démêler les non-dits de sa famille, va hélas se heurter à la tragédie. Et au milieu de ce chaos sans nom, Sarah découvre aussi les fulgurances du premier amour. Une relation tendre, farouche et explosive se dessine, forcément stimulée par son besoin de savoir qui elle est, quelles sont ses racines. Un vrai cri du cœur. En somme, c'est tout emmêlé, emberlificoté dans un parcours teinté de rencontres et révélations parfois rapides et improbables, mais qu'importe.

La lecture est entraînante, animée d'une belle sincérité. On en ressort avec le cœur pulvérisé, un sourire heureux et des larmes au coin des yeux. C'est tout bon ! Je recommande fortement.

Les valises, de Sève Laurent-Fajal

Pôle Fiction (2019) - couverture illustrée par Emmanuel Polanco

PRIX CHRONOS 2018 - SÉLECTION DU PRIX DES INCORRUPTIBLES 2017-2018

 

les mille visages de notre histoire

Tout le monde croit connaître Libby Groby, mais personne ne s'est jamais intéressé qu'à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, Libby en est sûre, sa vie peut changer ! Tout le monde croit connaître Jack Masselin : lycéen rebelle, sexy et imprévisible. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.

Ce deuxième roman de Jennifer Niven, après Tous nos jours parfaits, se veut positif et porteur d'espoir. Il pulvérise les différences, incite à croire en l'impossible, bouscule les barrières, balaye les clichés. Bon point donc pour son engagement, pour l'espoir qu'il inspire, les messages de tolérance, la dénonciation du harcèlement. Ce sont toujours de bonnes intentions.

Reste que la romance qui s'installe n'est pas à la hauteur des attentes. Beaucoup trop classique et délicate. On a en effet une histoire qui se base sur la souffrance du couple à concilier ses différences, à surpasser ses problèmes. Mais on retombe vite dans le superficiel et le scepticisme. Ne nous leurrons pas : Libby et Jack appartiennent à deux univers diamétralement opposés. J'aurais aimé croire en leur histoire, mais voilà... ça me semble surréaliste. C'est dommage car j'avais trouvé le début du roman tellement engageant : l'échange des points de vue donne du rythme à la lecture. Tant pis. 

Les mille visages de notre histoire, de Jennifer Niven

Pôle fiction (2019) - trad. Vanessa Rubio-Barreau

 

Tortues à l'infini pole fiction

Prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles, Aza n'avait pas l'intention d'enquêter sur la disparition du milliardaire Russell Pickett. Mais c'était compter sans sa meilleure amie Daisy et une récompense de cent mille dollars. Aza renoue alors avec le fils Pickett, Davis. L'improbable trio devient inséparable et va trouver en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, comme celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

Voilà un roman très touchant, très fort, sans réelle action mais tellement juste et attachant. On y trouve encore et toujours des jeunes gens fragiles et délicats, des adolescents jouer les funambules sur une corde raide. On les sent fébriles et en détresse, parés du besoin de trouver leur place ou de comprendre le monde qui les entoure. Ce sont des mômes déstabilisants. Des adolescents qui essayent d'être des amis à la hauteur, des enfants obéissants, des élèves studieux, des amoureux flamboyants. Ce regard que pose John Green sur la jeunesse est égal à lui-même - lucide, tendre et sans détour - même s'il y ajoute une pointe d'excentricité et de complaisance. Toutefois, c'est drôlement bon et franchement attendrissant.

J'ai aimé vivre dans la tête d'Aza, comprendre ses raisonnements et toucher du doigt sa logique implacable. John Green a d'ailleurs avoué s'être inspiré de son propre vécu et son expérience de la maladie pour donner à Aza une note authentique et poignante. Cette sincérité est réelle. On ressent toute l'émotion de cette histoire comme si elle nous est personnellement dédiée. Gros big up aussi à la complicité entre Daisy et sa fidèle “Holminette” - je me sentais bien en leur présence !

Tortues à l'infini, de John Green

pôle fiction (2019) - trad. Catherine Gibert

 

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19 février 2019

Trouble vérité, d'E. Lockhart

Trouble véritéL'histoire s'ouvre sur une banale scène de rencontre dans un hôtel luxueux au Mexique. La jeune femme, convaincue d'avoir une détective privée à ses trousses, décide aussitôt de fuir sans tarder. Elle prend sa grosse valise, modifie son apparence et se sauve dans le coffre d'une voiture. Mais que cache Jule West Williams ?
Entre Manhattan et Londres, Cabo San Lucas jusqu'à Martha's Vineyard, on assiste à une course effrénée vers l'inconnu, on part aussi à la découverte d'une amitié sulfureuse. Lorsque Jule et Imogen se rencontrent, la connivence est immédiate : même physique, même soif de vivre, même désir d'indépendance. Pourtant, l'une est une riche héritière, l'autre est une orpheline sans le sou. Un destin comme Dickens aurait adoré. Et justement, Imogen vénère les romans victoriens qu'elle dévore à la pelle.
Quelques mois plus tard, les parents d'Imogen s'inquiètent de sa disparition, puis apprennent son suicide. Ils s'en remettent à Jule, sa meilleure amie, sa confidente. Toutefois, cela fait des semaines que celle-ci usurpe l'identité d'Imogen Sokoloff sans éveiller la moindre méfiance. Alors, manipulatrice ou victime ?
En fait, Jule West Williams est surtout un caméléon. Son incroyable histoire est retracée comme un puzzle, sauf que l'histoire est racontée à l'envers et accentue la grande confusion de son énigme. Chaque révélation renvoie à un fait supposé, chaque souvenir vient secouer un fait établi, en bref rien n'est acquis. Tout est chamboulé, relancé et remodelé. C'est très perturbant, en plus d'être assez complexe à suivre. Au final, l'exercice est usant et laborieux. Trop de tours de passe-passe, trop de pistes sans issue, trop d'audaces et de risques inutiles... Je n'ai pas été conquise par cette façon de faire. Je n'ai pas été séduite par les personnages. Et j'ai trop galéré pour démêler le vrai du faux, j'en sors déçue. #frustration

Gallimard jeunesse, 2018 - traduction de Nathalie Peronny

titre VO : Genuine Fraud

 

19 février 2019

Once and for all, de Sarah Dessen

Once and for allAmour rime avec toujours... Pour Louna, habituée à cette rengaine à travers son travail - sa mère est la célèbre organisatrice de mariage, Natalie Barrett - la réalité est pourtant bien amère car la jeune fille de 17 ans ne croit déjà plus en l'amour.
Un an plus tôt, une rencontre a bouleversé son cœur à jamais. Depuis, Louna tient les autres à distance et concède quelques soirées à sa meilleure amie pour profiter de leur dernier été avant l'université. C'est finalement son nouveau collègue Ambrose qui va la sortir de sa zone de confort. Ce garçon incarne tout ce qu'elle n'est pas pas - un type volage, insouciant et terriblement désinvolte. Louna ne le supporte pas, mais accepte son défi : collectionner les rencontres le temps d'un été, tandis que lui promet d'avoir une relation stable.
Entre eux, l'entente est électrique. Louna est totalement hermétique à son charme et se drape dans une attitude froide... pour ne pas dévoiler ses blessures. Car elle est encore imprégnée de son histoire avec Ethan, un premier amour foudroyant et sans happy end. Cette relation la hante, encore et toujours. Elle refuse d'en parler alors que les souvenirs ne cessent de remonter à la surface et d'emprisonner la jeune fille dans toute projection.
J'aurais aimé succomber à cette idylle parfaite, racontée avec émotion, tendresse et mélancolie. Elle m'est néanmoins apparue peu probable et disproportionnée. Louna traîne ce poids mort comme une martyre... à seulement dix-sept ans. Pire que de l'autoflagellation. Ensuite, débarque Ambrose. On imagine très bien le garçon charmeur et séduisant, électron libre en puissance, détonateur du mode plan-plan de la jeune fille. Oh oui, on imagine très bien ! Par contre, ça coince un peu, Ambrose donnant une image de lui très immature. On a cependant quelques bonnes séquences de complicité : l'alchimie est sincère. Et puis l'aura de Sarah Dessen baigne sur tout le roman, y'a pas à dire, on s'y sent merveilleusement bien. J'ai beau émettre des réserves sur ma lecture, j'ai tout de même passé un doux et délicieux moment entre ces pages. C'est tout ce qu'on aime chez l'auteure : de l'émotion à fleur de peau, de l'authenticité et une sensation de ronronnement diffus qui inspire beaucoup de sérénité. 

Lumen (2018) - traduit par Sofia Tabia & Diane Durocher

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18 février 2019

Charmant, de David Safier

Charmant audibleDéprimée après la trahison de son petit copain, Nellie Oswald perd un peu la tête en dérobant un vieux carnet lors d'un vernissage. C'est au moment de croquer le portrait de son prince charmant qu'elle réalise que ce carnet est magique. Sitôt son dessin exécuté, le dénommé Rétro d'Amanpour lui fait face. Et il n'est pas content du tout.
Le type porte cotte de mailles, pantalon de cuir, bottes, cape en fourrure et épée. Il croit dur comme fer à son histoire de royaume perdu, de compagnons en déroute et de quête à mener à terme. Il est abasourdi par le monde qui l'entoure, trouve Nellie incongrue et parle droit devant lui. Il n'a aucun filtre, aucune limite, d'où certaines situations embarrassantes.
La situation est également tendue pour Nellie qui doit se dépatouiller de cette galère en courant dans toute la ville pour échapper à des mercenaires, fuir la police et sauver le monde. Voilà, voilà. C'est un peu la joyeuse pagaille dans cette histoire, mais on a désormais l'habitude avec David Safier, l'auteur de Maudit Karma.
La lecture est loufoque, au ton enlevé et à l'ambiance bon enfant. Ça part souvent dans tous les sens, c'est excessif et improbable. Pourtant on passe un bon moment car c'est du pur divertissement, sans prise de tête. On savoure les nombreuses références à Harry Potter, Star Wars ou Hunger Games. On redécouvre également le potentiel héroïque de Donald Duck. Car l'héroïne est calée en pop culture et en comics. Et tant d'autres surprises encore...
La lecture faite par Pascale Chemin est pertinente et très agréable à écouter (elle chante vraiment La Macarena !). En gros, c'est t
rès sympa, même si c'est loin d'être sensationnel. Pour une aventure comique et distrayante à souhait, c'est tout  bon.

©2019 Presses de la Cité. Traduit par Virginie Pironin. Titre original : Traumprinz (P)2019 Audible Studios

 

15 février 2019

N'y pense même pas ! (Blue Heron 4), de Kristan Higgins

n'y pense meme pasRetour à Blue Heron, bastion viticole de la famille Holland. J'appelle à la barre le représentant mâle de la fratrie, à savoir Jack : LE héros de Manningsport, depuis qu'il a sauvé un groupe d'adolescents victimes d'un grave accident de voiture.

Seulement, tous ignorent que cet évènement reste pour lui traumatisant. Accablé de reproches par la famille du conducteur, plongé dans le coma, Jack a le sentiment du devoir non-accompli. Ignorant son désarroi, ses sœurs l'encouragent dans une nouvelle relation pour oublier les spectres de son divorce. Justement, l'agent Neal cherche un partenaire pour l'accompagner au mariage de son ex. Emmaline n'est certes pas une jouvencelle en détresse : collègue de l'inoubliable Levi Cooper, elle est sexy, indépendante et coriace. Après une rupture difficile, elle aussi a mis son cœur en garde contre tout emballement inutile. Ne plus prendre de risques, ne plus tenter le diable. Elle a déjà donné dans les chagrins d'amour.

Sonnez les trompettes, deux cœurs brisés en quête de pansement sont en approche ! Kristan Higgins est la reine des romances onctueuses et guillerettes, toujours agréables à ingurgiter. Encore une fois, la recette a fait des miracles en dépit d'un casting en demi-teinte : je n'ai absolument pas succombé au charme de Jack, beaucoup trop atteint du syndrome de superman. L'histoire s'attarde sur les parasites autour du couple, se concentrant moins sur l'alchimie, à part la séquence à Malibu qui est rigolote et émoustillante, le reste est assez plat. #frustration. Le personnage d'Emmaline est attachant (ce qui coïncide avec ma très bonne appréciation de la lecture faite par Gaëlle Billaut-Danno) alors que son alter ego, interprété par Nicolas Djermag, est plus long à convaincre. On sent qu'aucun des deux n'a eu connaissance des épisodes précédents car les voix des personnages secondaires ne collent pas du tout. Par contre, excellente initiative de proposer deux comédiens pour ce roman (je n'en pouvais plus des travestissements risibles). C'est nettement plus cohérent. Reste maintenant un dernier rendez-vous, cf. Ton âme sœur (ou presque). Danse de la joie dans la maison.

©2017 HarperCollins pour la traduction francaise - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Lauzeral (P)2018 Audible Studios

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13 février 2019

Norman n'a pas de super-pouvoir, de Kamel Benaouda

Livre gagnant de la troisième édition du Concours du Premier Roman Jeunesse 
organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL.

Norman n'a pas de super pouvoir

Norman est un adolescent tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Peut-être trop ordinaire, à son goût. Autour de lui, il est tout à fait commun d'avoir un super-pouvoir. Chaque élève de son école doit d'ailleurs passer un test pour le révéler, puis suivre une formation en espérant décrocher une place à l'académie des super-héros. Or, pour Norman, aucun don spécial ne semble lui avoir été octroyé. À l'approche de son examen, le garçon s'interroge et s'inquiète. Il n'ose rien dire à ses parents, de peur de les décevoir. Seule sa grand-mère n'est pas dupe et lui suggère de ruser. Il met donc trois de ses camarades au courant pour élaborer un plan. Tricher, lui ? Voyons... Il préfère arrondir les angles. Dès lors, son destin est scellé. Plus possible de reculer. Le garçon est lancé dans une aventure qui va dépasser ses espérances... et que de rebondissements à prévoir !

C'est aussi un vrai bonheur à lire. Au départ, j'ai trouvé l'histoire assez plate, basée sur la vie de collège, entre amitié, chatouillis amoureux, souci des apparences et harcèlement. C'est avant de réaliser qu'on nous raconte surtout les déboires d'un gamin ordinaire dans un monde extraordinaire. Autour de Norman, tous sont surdoués. C'est la norme. Lui se sent affreusement banal et ne l'accepte pas. Il a peur du regard des autres, peur d'être mis à l'écart et peur de trahir la confiance de ses proches. Mais à vouloir préserver son secret, le garçon va surtout provoquer sa chute. En fait, c'est très drôle à analyser car l'auteur en vient à dire qu'être insignifiant n'est pas une tare non plus et qu'on peut s'inspirer des petits riens pour être heureux tout simplement. On ne le rappelle jamais assez. Bon point pour ce roman. Il est non seulement addictif et réjouissant, combine l'humour, les personnages attachants et le suspense, propose une intrigue originale et décalée, et pour finir nous fait passer un très bon moment. Pour un premier roman, c'est une véritable aubaine. D'ailleurs, bravo pour le concours : c'est mérité.

Gallimard jeunesse (2018) - illustration de couverture : Gazhole

En janvier 2018, Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama ont lancé la troisième édition du concours du Premier roman jeunesse. Parmi plus de 900 manuscrits, un jury composé d'éditeurs, d'auteurs, de journalistes, de libraires et de blogueurs a désigné le gagnant (Norman n'a pas de super-pouvoir de Kamel Benaouda)... lequel succède à La Passe-Miroir de Christelle Dabos, révélée en 2013 et aux Mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot, grande gagnante de 2016.

 

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2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
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