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Chez Clarabel

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11 janvier 2019

Repartis pour un tour (Blue Heron 3), de Kristan Higgins

Repartis pour un tourPour ce troisième rendez-vous à Blue Heron, on se concentre sur un satellite de la famille Holland, à savoir Colleen O'Rourke, meilleure amie de Faith, également propriétaire avec son frère jumeau du bar éponyme. Colleen est célibataire et a pour réputation de butiner en toute désinvolture, sans jamais s'attacher, préférant collectionner les relations sans lendemain. Elle préfère de loin jouer les entremetteuses et voir son entourage heureux (hello la princesse poulet). En fait, nul ne sait qu'elle cache un chagrin d'amour et qu'elle n'a jamais oublié Lucas Campbell. D'où le choc d'apprendre son retour en ville.
Appelé au chevet de son oncle mourant, Lucas doit également mettre du plomb dans la tête de son cousin Bryce avant de rentrer à Chicago où il a construit sa vie. Pour lui aussi, sa présence à Manningsport est un crève-cœur et ravive de douloureux souvenirs. Entre les anciens amants, l'attirance est encore fatale mais les vieilles blessures émergent à gros bouillons. Pourquoi est-il parti pour en épouser une autre ? pourquoi a-t-il toujours refusé d'avouer ses sentiments ? Et j'en passe.
En fait, cet épisode est assez lassant car l'alchimie du couple ne fonctionne pas. Pas totalement. On retrouve l'humour, la communauté exubérante, les rôles secondaires si poilants... et néanmoins, on a un homme et une femme qui se débattent avec leurs non-dits et ça pèse lourd dans la balance. Les raisons invoquées pour expliquer la rupture et la trahison sont vaines, archi vaines. Lucas est un type torturé, avide de cellule familiale mais convaincu d'être l'éternel rejeté. Colleen aussi abuse de son attitude volage et détachée. On n'y croit pas une seconde. Et puis ça manque de finesse, bonté divine, faites place au rouleau compresseur, j'étais surprise de certaines réflexions ou autres attitudes.
Je suis également dubitative quant à la lecture faite par Camille Lamache, sa morgue pour incarner Colleen et sa voix éraillée pour jouer les mâles dominants, mouaip... pas très convaincant. En bref, ce n'est pas le roman le plus exaltant de la série. Toutefois, je reste une lectrice indécrottable de Kristan Higgins : ses romances sont sans égal et savoureuses. Elles offrent généralement une belle échappatoire pour rêver et glousser sans honte. On reprend vite des nouvelles avec 
N'y pense même pas ! pour assister aux tumulteuses aventures de Jack Holland. Chic.

©2016  HarperCollins. Traduit par Sandrine Jehanno (P)2018 Audible Studios

 

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10 janvier 2019

La petite librairie des gens heureux, de Veronica Henry

La petite librairie des gens heureuxQuoi ? Un roman qui parle de livres et de librairie ! Il ne m'en fallait pas davantage pour partir en vrille. Au final, j'ai été agréablement surprise par cette lecture pleine de charme et de gourmandise. Un roman qui ne paie pas de mine et qui vous prend totalement au dépourvu.
Direction un petit village de la côte anglaise, Peasebrook. Le propriétaire de la librairie locale vient de mourir en léguant à son unique fille son bien le plus précieux, Nightingale Books. Mais Emilia se retrouve avec un lourd fardeau sur les bras, car la librairie se porte mal et les dettes s'accumulent. Son père vivait d'insouciance et de passion. Aujourd'hui, Emilia doit décider si elle poursuit l'aventure droit dans le mur ou se résout à vendre la vieille bâtisse à un promoteur âpre au gain.
Pourtant, elle découvre rapidement l'existence d'une communauté très attachée à la librairie : des amoureux des livres, mais aussi des personnes ayant toutes aimé profondément son propriétaire. Julius était un homme formidable, attachant, avec le cœur sur la main. Tous ont désormais conscience qu'ils ne peuvent pas abandonner Nightingale Books et entendent soutenir Emilia face à son héritage.
Les petites histoires viennent ainsi s'immiscer, ci et là, avec sa brochette de personnalités affables. Chacun y va de son anecdote, mais aussi de ses secrets ou de ses ambitions, pas toujours honorables. Autant de petites billes qui roulent et viennent s'entrechoquer pour créer une formidable osmose. Oui, il y a dans cette lecture une aura magique et poignante : une harmonie réelle et captivante.
J'étais finalement bien lovée dans mon canapé à tourner les pages du roman. Avec un sourire niais sur le visage. Je me sentais dans mon élément, parfaitement chouchoutée dans cette ambiance. Comme un doux refuge qui inspire un vrai confort. Ne cherchez pas le moindre soubresaut, juste l'assurance d'une rencontre improbable et néanmoins lumineuse. J'ai été conquise sur toute la ligne : effet cocooning assuré !

City éditions (2017) - Traduit par Ariane Maksioutine

Titre VO : How to Find Love in a Bookshop

Existe en format poche (2018)

 

 

10 janvier 2019

Nous étions les filles de la plage, de Meg Donohue

Nous étions les filles de la plageHuit ans ont passé depuis le tragique été durant lequel Colin a été retrouvé mort sur une plage à Avalon, en Californie. Depuis, sa sœur jumelle vit dans son souvenir et laisse peu de place à son fiancé dans leur relation qui s'effrite. Celui-ci la met en garde et annonce, trois mois avant leur mariage, qu'il préfère prendre de la distance. Kate est effondrée et impuissante. Elle vient notamment d'apprendre qu'elle est enceinte.
Elle se tourne alors vers ses amies, Dani et Vanessa, malgré la distance et le poids du passé qui ont eu raison de leur connivence. L'une collectionne les petits boulots, fume et boit trop, promet d'écrire un roman avant ses 30 ans, l'autre est mariée mais malheureuse, son mari a embrassé une autre femme au boulot, depuis elle a repris contact avec son premier amour et espère le revoir à Avalon.
Car les amies ont pris conscience de leur responsabilité non assumée dans la mort de Colin. En acceptant de retourner ensemble dans leur bungalow sur la plage, elles ont espoir de retrouver l'élan qui fait défaut à leur existence. Leur présent est alourdi par le passé : toutes trois n'ont pas dit toute la vérité. Huit ans plus tôt, Dani, Vanessa et Kate ont en effet précipité le drame d'une manière ou d'une autre et perdu à jamais l'insouciance de leur jeunesse.
Je ne sais plus comment ce roman a atterri entre mes mains, avant de réaliser que j'avais déjà lu La fille qui cherchait son chien du même auteur. J'ai donc plongé et avalé 100 pages d'une traite : la tension dramatique est palpable, savamment dosée par un suspense réel. Seulement, au fil des chapitres, l'intérêt s'est émoussé. Quand, comment, pourquoi. Impossible de pointer du doigt. Peut-être l'amertume me semblait de plus en plus lourde et indigeste.
Toujours est-il que j'ai fini par me lasser : une fois révélés, les secrets ne nous laissent pas bouche bée. Que de tristesse et de non-dits... Le verdict final est désolant. En bref, ce court roman n'a pas su me convaincre pleinement et taille le portrait de trois copines sans concession, en laissant filer toute légèreté... J'espérais davantage de charme, de chaleur, de douceur. En vain.

HarperCollins (2016) - Traduit par Jeanne Deschamp

Titre VO : All the Summer Girls


10 janvier 2019

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodiles ? de Lucie Castel

Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodilesSuite à un récent traumatisme, Sofia a été expédiée en vacances forcées dans un manoir écossais. Mais à peine débarquée, les ennuis commencent. Pour la jeune femme, qui se sent peu disposée à se montrer aimable ou conciliante, c'est la goutte de trop. 
Or, son séjour à Redstone va la déconcerter à plus d'un titre, d'abord par sa rencontre explosive avec le très taciturne Lachlane, puis avec la découverte d'un trafic d'œuvres d'art entre les murs de l'hôtel.
Contre toute attente, Sofia va faire équipe avec son rustre préféré et mener une enquête rocambolesque. Le résultat aussi va s'avérer étonnant et plutôt réjouissant.
Pour avoir lu ce roman en deux petits trajets de voiture, j'ai été agréablement surprise de me prendre au jeu en tournant les pages aussi facilement, sans voir le temps passer.
L'histoire est simple mais entraînante, avec une intrigue criminelle rondement menée et diablement efficace. Certes, le cadre environnant, avec sa campagne écossaise et son manoir d'un autre temps, reste son atout majeur. 
Bon point aussi pour les personnages secondaires, caricaturaux et néanmoins attachants, à défaut des premiers rôles dont le caractère trop fougueux donne des échanges impétueux et inspire une certaine lassitude. Leur relation est d'ailleurs pénible à suivre, avec ses non-dits et ses mystères. Par contre, leur tandem fonctionne à merveille pour débusquer les embrouilles et les traîtres.
Côté détente et évasion, cette lecture remplit donc largement son contrat. On passe un vrai bon moment, sans prise de tête et dans une atmosphère particulièrement ensorcelante. Plutôt pas mal. 

Harlequin (2018)


À noter : le premier roman de l'auteur vient de paraître au prix mini de 4.99€

Pas si simple

 

9 janvier 2019

Des millions de larmes et de rires, de Karma Brown

Des millions de larmes et de riresTegan et Gabe vivent le grand amour depuis leur rencontre à l'université. Désormais mariés, ils attendent la naissance de leur premier enfant dans trois mois. Mais un soir d'hiver, sur une route verglaçante, leur voiture fait une embardée.
La jeune femme se réveille sur un lit d'hôpital et apprend qu'elle a perdu son bébé. Effondrée, elle ressent une profonde rancœur à l'égard de son compagnon et s'enfonce dans la dépression. Les semaines passent, l'amertume a fait son nid et Tegan refuse de reprendre goût à la vie.
Le couple est dans l'impasse : ils ne se comprennent plus et se disputent sans cesse. Gabe cherche à bousculer Tegan et lui propose finalement de partir pour un long voyage de six semaines : les plages de Bangkok, la cuisinie italienne, le surf à Hawaii... Pourquoi ne pas réaliser leurs vieux rêves pour sauver leur amour ?
Tegan accepte. À son corps défendant. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle se ment. Et elle ment aux autres. Elle refuse d'évoquer le drame qu'elle vit. Son deuil insurmontable. Et s'enferme dans une bulle increvable.
En fin de compte, ce voyage va peu à peu lui offrir mille sensations et autres émotions : en remontant le fil des souvenirs, elle va extérioser sa douleur trop longtemps enfouie.

- Ça peut paraître dingue, mais peut-être que je n'ai pas envie de surmonter tout ça.
Je suis soulagée de l'avoir enfin dit tout haut.
- Est-ce que j'ai vraiment envie d'aller mieux ? D'aller de l'avant ? Parce que... parce que...
Je m'interromps, le souffle coupé par le chagrin.
Gabe m'interroge d'une voix douce, compréhensive.
- Parce que tu as peur d'oublier ?
Je hoche la tête en aspirant un peu d'air.
- Et si j'oubliais tout l'amour que... tout l'amour que...
- Tu ne l'oublieras pas, m'interrompt Gabe d'une voix imprégnée de détermination. Je ne te laisserai pas oublier.

Oh, quel roman ! Je n'ai absolument rien vu venir. Je ne m'y attendais pas du tout. En tout cas, ce roman est juste bouleversant ! Je l'ai lu d'une traite, j'ai voyagé, j'ai rêvé, j'ai souri, j'ai pleuré. Même après avoir terminé ma lecture, je me sentais encore imprégnée par ses mots et ses messages. Que d'amour et d'espérance entre les lignes... c'était magnifique.

HarperCollins (2015) - Traduit par Florence Guillemat-Szaras

Titre VO : Come Away With Me

 

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8 janvier 2019

Noël à la petite boulangerie (La petite boulangerie 3), de Jenny Colgan

Noël à la petite boulangeriePour son dernier épisode se déroulant sur l'île emblématique de Mount Polbearne, Jenny Colgan nous donne rendez-vous pour une aventure attachante durant les traditionnelles fêtes de fin d'année.

Son héroïne Polly a le rose aux joues, son existence baigne dans une douce torpeur, au diable les fins de mois difficiles. Elle mène une vie de rêve auprès de Huckle dans leur phare impossible à chauffer. Mais la réalité se rappelle à elle quand son amie Kerensa a le moral en berne : elle a trahi la confiance de son mari et n'ose rien lui avouer en apprenant qu'elle est enceinte. Seule Polly est dans la confidence de son secret, mais interdite d'en parler à Huckle, lequel comprend que sa compagne est dans ses petits souliers et suppose bêtement qu'elle ne souhaite plus l'épouser.

Petites embrouilles au sein du couple. Gros quiproquos de gauche à droite. De nouveau, l'histoire nous embarque dans une série d'anecdotes saugrenues et très superficielles. On se lasse, un peu. On soupire, beaucoup. En fait, à part le tout premier roman de la série, savoureux et enchanteur, les autres livres n'ont pas réussi à reproduire la même étincelle. Je n'en reste pas moins indulgente, car totalement sous le charme de l'ambiance chaleureuse et bienfaisante de Mount Polbearne. L'histoire est sans conteste creuse et niaise, même si le final apporte son flonflon miraculeux qui recolle aussitôt un sourire cruche sur nos lèvres. Ce dernier tour de piste est sans surprise, totalement nunuche et assumé. Je quitte Polly et ses amis avec une pointe de regret (j'ai tant aimé ce petit bout de paradis perdu) et leur souhaite bien du bonheur à l'avenir. 

L'accent américain de Christel Touret est toujours très perturbant à écouter : le personnage de Huckle a perdu tout sex-appeal ! 

©2017 Prisma. Traduit de l'anglais par Anne Remond (P)2017 Audible Studios

Disponible en format poche chez POCKET (2018)

Noel à la petite boulangerie Pocket

8 janvier 2019

Une saison à la petite boulangerie (La petite boulangerie 2), de Jenny Colgan

Une saison à la petite boulangerieJe n'ai vraisemblablement jamais évoqué ma première rencontre avec Polly Waterford sur ce blog, bonté divine, ma lecture remonte à l'été 2017 et j'en garde un souvenir délicieux. Ces retrouvailles s'annonçaient donc enchanteresses, car l'évasion promise à Mount Polbearne, une île des Cornouailles, était déjà une invitation à ne pas louper.
Nous avions laissé une Polly heureuse et comblée : la boulangerie tourne à merveille, ses amours avec Huckle et Neil le macareux complètent son bonheur parfait. Alors, quoi de neuf ? Sa propriétaire casse sa pipe et son neveu reprend ses affaires, sauf qu'il n'entend rien au commerce et chasse Polly de ses fourneaux. Déprimée, notre héroïne se retrouve dans un vieux van brinquebalant et peine à joindre les deux bouts. Son amoureux doit rentrer au pays, creusant une distance qui met leur relation à mal. Même sa meilleure amie est dans la tourmente et vient de quitter l'île pour reprendre sa vie londonienne. Ajoutez que l'épouse de son ancien amant vient traîner sa déprime dans son phare et noue une étrange amitié avec Polly, sans se douter que... Et Neil le macareux est sauvagement agressé et doit retourner dans sa réserve pour survivre dans son habitat naturel.
En bref, on ressent une plénitude à s'imprégner du bon air marin et des odeurs du pain chaud qu'on imagine croquant et savoureux, tout ça, tout ça. Cette part de magie est réelle et efficace. Par contre, l'intrigue est assez stérile et platounette. On ne se régale pas autant. En plus, le format audio octroie une voix insupportable au personnage de Huckle (genre patate chaude dans la bouche) : c'était crispant ! Malgré tout, je n'ai pas boudé mon plaisir : la substance est décevante, mais la lecture n'en demeure pas moins plaisante et douillette. Elle inspire une profonde sympathie et procure une sensation apaisante. Soupirs. J'ai même passé 
Noël à la petite boulangerie, c'est dire...

©2016 Prisma. Traduit par Eve Vila (P)2017 Audible Studios

Disponible en format poche chez POCKET (2017)

Une saison à la petite boulangerie pocket

7 janvier 2019

Rêver n'est pas un vilain défaut, de Carole Cerruti

Rever n'est pas un vilain defautCélibataire, sans carrière ni ambition, Elisabeth Wood est le mouton noir de la famille. Repliée à New York, où elle bosse dans une petite librairie, elle reçoit une invitation à laquelle elle ne peut déroger : le gala des anciens étudiants, organisé par sa belle-mère à Londres. Dépitée, la jeune femme refuse de paraître seule et souscrit à la proposition indécente de sa meilleure amie en engageant un acteur inconnu pour jouer son petit ami pendant quatre jours.
Mais à l'aéroport, Elisabeth fait face à un monstrueux barbu, revêche et mal fagoté, très loin du gendre idéal choisi sur catalogue. L'entente entre eux est électrique mais Elisabeth ne peut plus reculer et se lance dans l'arène.
Va suivre une aventure cocasse et romantique, avec une héroïne qui a tout d'une Bridget Jones en puissance (jamais sans sa gaine). Avec ses kilos en trop et son manque de confiance en soi, Elisabeth n'a pas l'âme d'une guerrière et se calfeutre souvent dans son appartement pour oublier la platitude de son existence. Cette fois, elle entend bien prendre le dessus sur son insupportable demi-sœur et se venger de son ex pour l'humiliation publique subie dix ans plus tôt.
L'ambiance au manoir promet bien des surprises. De son côté, Damon se plie volontiers aux exigences de son contrat et déploie des trésors de charme et de tendresse. Elisabeth sent son cœur chavirer, mais garde en tête qu'il est payé pour incarner le prince charmant. Et rien d'autre.
Résultat, on succombe avec un sourire canaille aux nombreuses péripéties de cette comédie un peu lourdingue, mais débordante de peps et de fraîcheur (dans la lignée des films anglais un peu barrés). La recette est facile et néanmoins distrayante - j'admets qu'au bout de 100 pages j'étais complètement ligotée aux pages du roman. C'est le genre d'histoire qui fait rêver, en toute lucidité, et qui permet de s'évader du quotidien pour quelques heures.
Bref. Mission accomplie : on craque. On glousse. Même pas honte.

City éditions (2018)

6 janvier 2019

Sur ma liste, de Rosie Blake

Sur ma liste Rosie BlakeC'était facile de succomber à cette petite sucrerie durant les fêtes de fin d'année : promesse d'évasion, de miel et de douceur... Bingo, j'ai croqué à pleines dents.
Direction le petit village anglais de Yulethorpe où Clara vient de poser son lourd sac à dos, en plein périple à travers le monde. La jeune danoise est en quête de refuge et de second souffle. Elle croise inopinément Louisa, propriétaire d'un magasin de jouets, qui lui confie sans réfléchir sa boutique et son appartement avant de partir sous le soleil d'Espagne.
Son fils Joe tombe des nues et débarque à l'improviste... persuadé d'avoir affaire à une croqueuse d'héritage. Or, il découvre en Clara une délicieuse personne, attentive et bienveillante, adepte du fameux hygge, cet art de vivre nordique qui consiste à jeter des plaids partout dans la maison, illuminée de bougies, où il ferait bon se nicher autour d'une boisson chaude et d'un gros bouquin.
Un programme idyllique et chaleureux. Forcément, j'ai plongé les deux mains jointes et apprécié les intentions de l'auteur à déployer autant de charme et de délicatesse dans une histoire sans surprise (et digne d'un feuilleton TV de l'après-midi).
Tout est lisse et convenu. Le lecteur est convié à partager la philosophie du hygge, déjà très en vogue, en fermant les yeux pour se couler dans l'ambiance. La magie opère, même si j'aurais bien gratté pour davantage de vagues et d'humour. Un peu de fantaisie dans cette avalanche de crème onctueuse, non ?
En bref, l'invitation au bien-être est pleinement assumée : la lecture offre une  parenthèse appréciable dans un quotidien pas toujours jovial. C'est adorable, parfois risible (la séquence cocooning dans la salle de bains.. mouarf !). Mais je ne regrette pas la sensation de confort que ce roman inspire.

J'ai lu / collection LJ (2018) - traduit par Marilyne Beury 

Titre VO : The Hygge Holiday

 

6 janvier 2019

J'ai encore menti ! de Gilles Legardinier

J'ai encore mentiLaura chute de son poney lors d'une banale randonnée. Elle se réveille sur un lit d'hôpital, la mémoire en vrac. D'abord, elle se prend pour une reine de l'Antiquité puis réalise qu'elle se comporte comme une fillette face à la vie dont elle a égaré le mode d'emploi.
Finalement, ce nouveau départ lui donne l'occasion de revoir son existence de A à Z car rien de reluisant n'en découlait jusqu'alors (boulot, famille, amour... total flop). Laura replonge donc dans un apprentissage en mode accéléré et nous fait partager ses expériences particulièrement cocasses.
Malheureusement, les situations sonnent également éculées : l'humour de l'auteur est réchauffé et pèse lourd dans la balance. En fait, j'avais un sourire crispé à l'écoute de cette aventure qui n'offrait rien de neuf, rien de pétillant. Que du déjà lu. Pour la première fois, je trouvais que ça coinçait.
Le résultat m'a semblé vite bancal : l'histoire est lente et longue à démarrer. On s'attarde sur une Laura en mode reset et confrontée aux vicissitudes du monde moderne (l'électricité ou l'imprimante). À vrai dire, ça m'a semblé ridicule et poussif.
Je ne vais d'ailleurs pas être tendre avec le personnage de Laura, tellement niaise et agaçante. Lors d'une soirée de vieux camarades d'école, elle est accostée dans le noir par un admirateur secret. Entre nous, j'ai trouvé ça flippant et limite psychopathe. Dès lors, Laura aussi va s'interroger sur son entourage et imaginer un traqueur obsessionnel à ses trousses !
Je sais bien que l'optique de Gilles Legardinier est d'offrir une lecture sans prétention et qui met du baume au cœur. Je suis habituellement une lectrice comblée, d'où ma joie de découvrir chaque nouveau roman, promesse d'évasion et de folie douce. Or, cette fois, l'entreprise a échoué. On croirait davantage une grosse farce idiote et insensée. J'ai totalement bloqué.
Quelle déception. Encore un rendez-vous loupé... qui s'ajoute aux précédentes déconfitures, cf. Une fois dans ma vie et Le premier miracle (je ne parle même pas de Comme une ombre sorti opportunément des tiroirs). Ouhlàlà.
Le format audio proposé par la collection Écoutez Lire chez Gallimard manque également de fantaisie (aucune réalisation sonore) : la voix de Céline Espérin n'est pas désagréable mais résonne dans le vide, ce qui inspire une sensation déconcertante. 
Chassons cette amertume et espérons de prochaines retrouvailles plus convaincantes !

©2018 Flammarion (P)2018 Éditions Gallimard. Collection Écoutez Lire

 

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