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Chez Clarabel

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19 avril 2012

Un souhait d'amour s'impose tandis que la pâte repose...

Peau d'Âne, c'est MON histoire de quand-j'étais-petite, pas loin d'être mon histoire préférée, surtout parce que j'aimais le film avec Catherine Deneuve d'un amour candide. En vieillissant, j'ai relu l'histoire d'un oeil différent (cette histoire de père qui veut épouser sa fille... brrr !) mais je reste attachée à ce joli conte. 

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Un veuf éploré jure sur le lit de mort de son épouse de ne jamais se remarier, sauf si sa nouvelle femme est plus belle et plus sage que la défunte. Les années passant, le roi réalise que seule sa douce fille répond aux critères exigés, lui vient donc la lubie d'épouser sa progéniture. La princesse est effrayée, sa marraine la fée hurle par tous les saints que ce mariage est impossible, mais pour ne pas effaroucher l'homme à l'orgueil piqué, mieux vaut adopter une rebuffade en souplesse. C'est ainsi que la jeune fille passe commande de plusieurs robes, des robes qui doivent répondre à ses désirs les plus fous, comme une robe couleur du temps ou couleur de lune, mais le tailleur du roi accomplit tous les miracles. En dernier recours, la marraine suggère de sacrifier l'âne du roi (celui qui proute de l'or) afin de se parer de sa peau. Erk ! 

Face aux accomplissements de tous ses caprices, la princesse panique et décide de fuir le château. Elle devient une souillon dans une ferme où elle s'occupe des cochons. Un jour, un jeune prince aperçoit son charmant minois et tombe fou amoureux d'elle. Il se languit d'amour et brûle de la revoir, il demande alors qu'on lui confectionne un cake d'amour, manque d'avaler un anneau d'or spécialement glissé dans la pâte par Peau d'Âne elle-même, puis il convoque toutes les donzelles du royaume pour trouver sa promise...

Ce qui me ravit dans cette nouvelle édition, ce sont les illustrations de toute beauté de Charlotte Gastaut, avec un pantone doré sur chaque page (je viens d'apprendre ce nouveau terme, je ne connaissais pas). Cela rend l'histoire encore plus précieuse et l'album plus luxueux. C'est fascinant et apporte une véritable portée poétique à l'histoire (texte adapté par Kochka, une valeur sûre).

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Les robes de Peau d'Âne correspondent à merveille à notre imaginaire ! C'est splendide, parfaitement réussi. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Peau d'Âne, adapté par Kochka d'après Charles Perrault, illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor, 2012 

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19 avril 2012

“I'm not stupid, stupid. Leave this whole thing in my extremely capable and well-manicured hands.”

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On ne pourra pas reprocher à ce tome d'apporter des solutions faciles et précipitées, parce qu'il faut reconnaître que l'histoire s'étire un peu en longueur (c'est le risque, quand on se lance dans une série à rallonge, snif !). Nous retrouvons donc Zoey en sale posture : son âme a été brisée et s'est envolée vers l'Au-Delà tandis que son enveloppe corporelle est restée sur Terre. Il va sans dire que ses jours sont comptés et que tous ses proches sont désespérés, mais déterminés à la sauver. Stark décide donc de la rejoindre, et c'est Aphrodite, assistée de Stevie Rae (je ne me résous pas à la considérer en tant que Lucie dans l'édition française), qui va lui apporter toutes les combines.

Bon, rien ne se déroule en un claquement de doigts, c'est long mais ça permet aux auteurs de développer une belle mythologie, originale et enrichissante. Par contre, j'ai trouvé l'ambiance bizarre, plutôt spirituelle en fait, comme une conséquence aux évènements dramatiques qui bouleversent la série. On suit une Zoey éplorée, bouleversée d'avoir perdu son meilleur ami, préférant se réfugier dans son cocon pour ne pas affronter la triste réalité. Stark démontre aussi un formidable sens de l'honneur et du sacrifice, j'avais déjà souligné ô combien sa dévotion m'effrayait un chouïa... ça se confirme ici !

Livrée à elle-même, Stevie Rae se révèle une personnalité marquante et pratiquement incontournable, et bien entendu elle est confrontée à ses propres tourments sentimentaux, là je ne suis pas sûre d'adhérer à la sauce, mais Rephaïm est tout de même un être fascinant. Grand absent, Kalona n'en demeure pas moins impérieux et redoutable, tout comme Neferet, qui tisse sa toile en coulisses. Bref, cette série n'en finit pas de surprendre et de varier les tonalités dans sa gamme d'émotions... On passe des doutes à l'inquiétude, de la tristesse à la morosité, de l'ennui à l'excitation. Ce n'est probablement pas le meilleur tome lu jusqu'à présent, mais l'intrigue est toujours prenante.

House of Night #7 : Burned - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Brûlée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2012

18 avril 2012

"Don't forget the world isn't black or white," he said. "It's grey and if someone tells you otherwise, they're lying."

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Dans cette suite à Magie de feu, Lily prend une part plus active au sein des Adeptes mais n'en demeure pas moins ignorante quant aux secrets du monde obscur qu'elle côtoie avec Scout, Jason et Michael. C'est finalement en la présence de Sebastian qu'elle réalise que le monde n'est ni tout noir, ni tout blanc, et que certaines vérités lui seraient volontairement omises pour la préserver (les activités de ses parents, par exemple, mais aussi la nature profonde de Jason, l'école Sainte-Sophia elle-même et ses gargouilles, les séquences où Scout s'isole et ne partage pas ses secrets...). Il y a vraiment matière à proposer une lecture chargée en énigmes, avec une petite touche romantique et une grosse louchée d'humour, mais hélas j'ai été un peu moins séduite par cette suite.

L'histoire évolue lentement, c'est même assez simpliste et banal (la plupart du temps il s'agit de suivre la routine de jeunes gens qui vont à l'école, sortent entre amis, se taquinent, se plaisent, prennent leur petit déjeuner, vont en cours, se prennent la tête avec les snobs du groupe...). Cela reste très sympathique et amusant à lire, mais c'est un peu léger. Et je déplore aussi les trop rares apparitions de Sebastian, bien que j'imagine que cela participe à son charme mystérieux. Il est temps de bousculer tout ce petit monde, de brouiller encore les pistes et de générer une véritable excitation avec plus d'action et de révélation. J'espère que ça se développera dans ce sens dans le tome 3 (peut-être le dernier tome de la série, à ce jour l'auteur n'a pas confirmation car seules les ventes motiveront la signature d'un nouveau contrat, ou pas.) !

Dark Elite 2. Marque de l'ombre - Chloe Neill
Castelmore, 2012. Traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière 
-) le tome 3 sort en juin !  

18 avril 2012

“I learned long ago that it does no good to think too far into the future. There is only here. Only now.”

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Cette suite est toujours aussi sombre et pesante, ce qui lui confère définitivement tout son charme ! Lia et son amie Sonia se sont réfugiées à Londres, avant d'entreprendre un voyage jusqu'à une île nommée Altus, afin de retrouver les pages manquantes du livre légué par son père. La prophétie a éloigné les deux soeurs, Alice a basculé dans la magie noire et son âme est dévorée par la jalousie et la folie. Lia prend aussi conscience qu'une réelle menace pèse sur elle et ses proches, d'ailleurs ça ne manque pas et un nouvel élément vient brouiller les pistes. Lia doit repenser son voyage, revoir sa confiance, surveiller son sommeil durant lequel ses rêves l'emportent vers des ailleurs terrifiants.
Un nouveau personnage fait également son apparition : Dimitri Markov. C'est peu de dire que sa relation avec Lia relève du coup de foudre. J'aime beaucoup, je me demande ce que tout ça va donner, pour l'instant je suis totalement séduite par les qualités, assez rares en jeunesse / young adult, de cette série : un rythme nonchalant, une atmosphère mystérieuse et un brin inquiétante, un cadre gothique, des personnages complexes et attachants, bref c'est envoûtant !

Maudites, tome 2 par Michelle Zink
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2010 - traduit de l'anglais (USA) par Laurence Kiefé
le tome 1 est disponible en Livre de poche 

17 avril 2012

“In the end you can't always choose what to keep. You can only choose how you let it go.”

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Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé cette suite de Promise, notamment parce qu'il est permis de mieux découvrir la personnalité de Ky, ce garçon qui fait battre le coeur de Cassia, l'héroïne. L'histoire est d'ailleurs racontée de leurs deux points de vue, car leurs parcours sont exposés en parallèle et tendent à se rejoindre.
Exilé dans les Provinces Lointaines, Ky va s'enfuir avec un compagnon d'infortune pour regagner le village dans les montagnes où il a grandi avec son père. De son côté, Cassia s'est portée volontaire dans un camp de travail et va s'échapper avec une autre fille dans le Labyrinthe afin de retrouver Ky.
Pendant une grande partie du roman, on suit leurs chemins de croix, et c'est loin d'être inintéressant. On se rend vite compte que l'histoire travaille en sous-marin, que l'intrigue est beaucoup plus roublarde qu'en apparence et que d'étonnantes révélations vont apparaître pour nous empêcher de penser que les jeux sont faits (des nouvelles idées apparaissent avec le mythe du Pilote et le mouvement révolutionnaire baptisé le Soulèvement que Cassia veut à tout prix rejoindre).
C'est probablement parce que l'histoire se passe dans un cadre totalement différent du premier tome (un milieu poussiéreux, dangereux, parsemé d'embûches, hanté par des fantômes et des souvenirs), que je me suis passionnée pour cette suite. Il y a une réelle évolution, c'est beaucoup plus riche et intriguant, les personnages aussi s'étoffent, je trouve que ce tome 2 a permis au caractère de Cassia d'acquérir davantage de force et de détermination. Même le personnage de Xander, pourtant peu présent dans le roman, n'en est pas moins imposant et mystérieux.
Très franchement, j'ai trouvé cette suite bien meilleure et plus grisante pour l'avenir, promettant une série nettement plus palpitante qu'elle ne paraissait à ses débuts.

Insoumise, par Ally Condie smileyc219
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Vanessa Rubio-Barreau 

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16 avril 2012

Emile est un enfant comme les autres. Presque comme les autres.

Joli coup de coeur pour la nouvelle série de Vincent Cuvellier, illustrée par Ronan Badel - le duo de choc !

C'est décidé. Aujourd'hui, Emile est invisible. À midi, plus personne ne pourra le voir ! Pourquoi à midi ? Parce qu'à midi, maman fait des endives. Des endives ! Mais c'est horrible, les endives !

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Qu'est-ce que j'ai pu rire en lisant cette histoire ! Emile est un petit garçon avec des idées farfelues, qu'il met toujours en application. Après tout, pourquoi se priver ? Il a, par exemple, décidé de devenir invisible et de n'en faire qu'à sa guise. Le plat d'endives ? Peuh, très peu pour lui. Il est invisible, cela veut dire que personne-ne-peut-le-voir ! Mais zut, sa maman possède des rayons X à la place des yeux, rien ne lui échappe mais Emile a plus d'un tour dans son sac. Sûr qu'il croit en son potentiel d'invisibilité... non mais ! 

La fin est absolument désopilante, j'étais bidonnée et je me suis payée le luxe de relire l'histoire plusieurs fois. C'est facétieux, avec un chouette personnage, dont la bouille me donne déjà envie de l'adopter. On croirait un mauvais bougre qui sourit lorsqu'il se brûle... franchement, c'est une lecture extra ! Juste pour rire et en redemander.

Et cela tombe bien, puisque ce sont deux albums de la même série qui viennent de paraître. *bonheur*

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Emile laisse aux autres enfants l'envie d'avoir un chat, un chien ou bêtement un poisson rouge, lui veut une chauve-souris. Et ce n'est pas pour de rire. Ses parents font cependant grise mine et Emile doit négocier. Une chauve-souris, avec ses ailes toutes bizarres, ses yeux noirs, ses petites dents, ses petites griffes, ne représente-t-elle pas une bestiole sympathique ? Ou à la place, il a bien une autre suggestion en tête...

L'histoire, encore une fois, surprend agréablement et nous ravit avec sa fin rigolote. Emile rejoint ainsi le club fermé des héros fétiches, bravo ! 

Emile veut une chauve-souris !  &  Emile est invisible par Vincent Cuvellier et Ronan Badel 
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2012.  

Ha, ha ! je ne peux pas m'en empêcher... smileyc219

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16 avril 2012

Lulu et le Brontosaure

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Lulu est une petite fille capricieuse et têtue, qui prend tous ses désirs pour des réalités. Jusqu'à présent, ses parents se sont pliés en quatre pour satisfaire ses exigences, mais la dernière en date s'annonce tellement excentrique qu'ils doivent se résoudre à dire NON. Et là, ils s'exposent à une furie : Lulu hurle et tape du pied comme une folle. Lulu n'accepte pas la résistance, alors elle fait sa valise et part dans la forêt à la recherche de son nouvel animal de compagnie.
Oui, Lulu a pour lubie d'avoir un brontosaure pour son anniversaire. On passera outre l'impossibilité d'une telle opportunité, car Judith Viorst n'en fait qu'à sa tête elle aussi. L'auteur a décidé de raconter sa propre histoire, d'inventer ce qu'elle veut, de faire des entorses au règlement et de modeler ses propres arrangements à sa convenance. Elle est libre, elle le revendique, elle fait d'ailleurs de nombreux apartés dans son récit et c'est ce qui est excessivement drôle et excusable.
Alors on suit Lulu dans la forêt, croisant des animaux sauvages qui veulent la dévorer, mais aussi à la découverte de son nouvel ami, le brontosaure. Celui-ci aussi a bien envie de compagnie, et il va rouler la petite Lulu dans la farine, ça lui apprendra à ne jamais dire SVP !
Cette lecture est fraîche, enthousiasmante, généreuse et farfelue. Les intrusions de l'auteur sont une très bonne idée, comme celle de suggérer pas moins de trois fins au récit. Pourquoi pas ? Le sourire ne nous quitte pas un instant, on pardonne les excès d'humeur de la petite Lulu, le ton ne se veut pas moralisateur non plus, cela permet d'avaler plus doucement la pilule. Les illustrations sont de Lane Smith, c'est différent de ce qu'on connaît de lui jusqu'à présent (C'est un livre ! et L'histoire en vert de mon grand-père), mais c'est parfaitement coordonné avec le ton humoristique, un peu mordant et insolent de l'histoire !
Je connaissais déjà l'édition originale, aussi j'ai été ravie de découvrir que cette collection était maintenant accessible sur le marché français. Convient aussi à la lecture à haute voix.

Lulu et le brontosaure, par Judith Viorst - illustré par Lane Smith smileyc002
Milan jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais par Nathalie Zimmermann 

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16 avril 2012

ABC bestiaire

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Antonin l'âne, Barbara la baleine, Didier le dindon, Florimond le flamant rose, Léon le lapin, Marcel le mouton, Sophie la souris, Théodora la tortue, Victoire la vache, Zadig le zèbre... ce sont une partie des 26 animaux présents dans cet abécédaire particulièrement original : par son choix des prénoms et des espèces parfois peu répandues (qu'est-ce qu'un jabiru ? un narval ? un quetzal ? un unau ou un xérus ?). De prime abord, les jeunes lecteurs risquent d'être décontenancés par cette approche, mais il ne faudrait pas sous-estimer leur curiosité. Et puis la lecture est amusante, elle se présente sous la forme d'une partie de cache-cache au cours de laquelle il faut retrouver les animaux (et les lettres) au fil des pages. Ajoutez les illustrations de Janik Coat et vous obtenez un univers doux et ludique où il fait bon se balader.  

ABC Bestiaire, par Janik Coat (Autrement, 2012)
Gaëlle nous dévoile de très beaux extraits, ICI

16 avril 2012

Les Satellites

Ça y est, j’ai compris le secret des jeunes ! … Les jeunes sont des petits satellites qui tournent dans l'espace, en faisant des ronds... C'est pas plus compliqué ! 

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Aurélien est un jeune homme dont l'existence bourgeoise et confortable tend à le gonfler un petit peu, il a besoin de changer d'air. Il décide de trouver une mère adoptive, et pourtant il n'est ni orphelin ni fils endeuillé. Il va donc rencontrer Olivia, la quarantaine, jolie, élégante et exubérante, via une petite annonce dans le journal. Aurélien se fond dans son existence comme un poisson dans l'eau, il est heureux et toujours aussi nonchalant. Sa soeur Nicole manifeste cependant des signes de jalousie, elle découvre alors l'existence d'un autre fils qu'Olivia aurait voulu adopter quelques mois plus tôt. En l'apprenant, Aurélien devient obsédé par ce Michael et se considère soudain comme un second choix qui ne fait rêver personne.

Cette histoire est tout à fait surprenante et raconte l'extraordinaire oisiveté de deux jeunes gens de bonne famille, qui vivent une relation fusionnelle de frère et soeur, et qui se cherchent des buts ou des envies dans la vie, à défaut d'autres choses. Qu'ils cherchent à quitter le cocon familial ou à accepter une demande en mariage sans amour, ils sont la parfaite démonstration d'une jeunesse désabusée et désoeuvrée. Le tableau n'est pas flatteur, et pourtant il ne manque pas de charme. Les illustrations de Claire de Gastold apportent aussi une touche déterminante dans la description du cadre (les détails de leur habitation montrent un lieu baroque et très chargé, mais de toute beauté !). Bref, on suit l'errance du couple avec la sensation fugace d'être dans un film de la Nouvelle Vague. On y découvre l'instantané d'une époque où la jeunesse est en quête d'elle-même. Il y a aussi toute une galerie de personnages secondaires fort attachants! 

Les Satellites, par Alexandre Franc & Claire de Gastold
Gallimard, coll. Bayou, 2012 

14 avril 2012

Grou !

Michel est un enfant comme les autres ... à deux détails près. D'une part, il a l'apparence d'un monstre avec les yeux de son papa ET de sa maman. D'autre part, il ne connaît en tout et pour tout qu'un seul mot passe-partout : "Grou !". 

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Encore un titre de la collection BD Kids à conseiller : cette série humblement intitulée Michel promet de belles heures de lecture, même si elles sont toujours trop courtes, on peut toutefois compenser par la relecture... Ce tome 1 réunit les 6 premières histoires de Michel, qui est un petit monstre poilu et dont le vocabulaire n'est pas très étendu. C'est le fils chéri de ses deux parents, Ronique sa mère et Fréjus son père. Son meilleur pote s'appelle Tanatus. Michel adore les chaussures grillées, tartinées de confiture. Et il a une aversion pour le Funky Freddy Cola. Voilà grosso-modo pour la présentation du personnage. C'est un livre qui se lit avec délice et facilité, c'est un recueil d'aventures toutes simples, mais terriblement drôles, dans le genre absurde. Le dessin est très épuré, pour coller à l'esprit sans chichi que je chéris. Une philosophie pour résumer cette rencontre : fendons-nous la poire ! J'adore, forcément.

Michel, tome 1 : Grou ! Par Dewi Noiry, Pauline Pinson, Ivan Rabbiosi
BD Kids, 2012 

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