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Chez Clarabel

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14 avril 2012

« Ma tache à moi… »

Dans la famille Ours de Fadélie, de père en fils et de mère en fille, on a 54 taches, pas une de plus, pas une de moins. Sauf pour le petit frère… Bélem, 53 taches. Avec sa tache en moins, il va à l’école le matin seulement. L’après-midi, c’est pour les oursons qui ont toutes leurs taches. Les autres, les « moins-une-tache » et les « taches-en-trop » rentrent chez eux ou se retrouvent dans les squares quand il fait beau.

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Encore un album magnifique, écrit par Céline Sorin et illustré par Célia Chauffrey. C'est une histoire sur la différence, sur l'amour des parents, sur le handicap et sur la tolérance. De façon très poétique, cela nous raconte que notre place dans le monde dépend aussi du regard qu'on pose sur lui. Dans l'histoire le petit Bélem sait qu'il n'est pas comme les autres, mais il sait aussi que sa tache manquante est partout, dans ce qui brille autour de lui, dans ce qu'il aime et dans ce qui est bon. C'est une histoire subtile, attachante, où l'on peut y lire ce qu'on a envie d'y trouver entre les lignes. J'aime beaucoup cette finesse dans l'écriture, et surtout les illustrations sont un pur enchantement !

le blog de Célia Chauffrey : http://celia-celiachau.blogspot.fr/

Matachamoua, par Céline Sorin et Célia Chauffrey (Pastel, 2012)
également à l'origine de : Hibiscus   

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13 avril 2012

“Heroes are made by the paths they choose, not the powers they are graced with.”

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Un an plus tôt, Nikki Beckett a disparu de la circulation, en bouleversant la vie de ses proches. Elle réapparaît au bout de six mois, sans toutefois révéler qu'elle revient de l'Enfernité (un monde parallèle où des âmes en peine sont attirées, car leurs émotions servent de nourriture aux habitants). Nikki ne dispose que de six mois pour se racheter et faire ses adieux correctement. Il y a an, elle était naïve et amoureuse, mais elle a cru tout perdre et a voulu effacer sa douleur, sauf que cette solution avait un prix. Aujourd'hui sa vie ne lui appartient plus, elle est liée à Cole, même si elle est de retour pour Jack.

On plonge tout de suite dans l'ambiance dès le premier chapitre, ce roman est d'une beauté sombre et émouvante, c'est prenant, quelque peu accablant, mais franchement c'est fascinant. Nikki est un personnage dévasté, qui se débat avec son histoire, en même temps qu'elle cherche à trouver une solution car elle est toujours attirée par Jack et veut sauver leur histoire. C'est grâce au principe du va-et-vient qu'on découvre leur idylle, tellement craquante, et même si le temps a passé et brisé leurs belles illusions, on découvre aussi que les sentiments ne sont pas complètement éteints, il n'y a que les doutes et la peur qui demeurent à la surface. Jack est un garçon adorable, il a été blessé par le départ de Nikki et il est bouleversé par son retour, ses émotions sont toutes chamboulées, on le comprend, de son côté Nikki ne sait plus si elle doit le préserver ou leur accorder cette fameuse seconde chance (parce que son temps est compté !). Le couple est face à une impasse, mais c'est plus fort qu'eux.

Et puis il y a Cole. C'est lui le mauvais garçon, il est guitariste dans un groupe de rock, il a une moto, il traîne dans les clubs, il dragouille sans vergogne et il a une influence sur Nikki. C'est un Enfernaute, il cherche à l'entraîner avec lui, il la veut à ses côtés mais l'histoire n'explique pas tout. A sa façon, lui aussi exerce une séduction au goût d'interdit, c'est palpable mais indéfinissible. En somme, ce roman est tout simplement envoûtant. Avec son ton doux-amer et son romantisme désabusé, il nous dévoile une intrigue qui ne fait pas dans la dentelle. Car plus on avance dans l'histoire, plus le compte-à-rebours nous saute à la gorge. Le dénouement paraît soudain si fatal, franchement attendez-vous à avoir le coeur pris en étau. Personnellement j'ai adoré, je suis impatiente d'en savoir plus car c'est inhumain de nous abandonner sur ces notes de tristesse !

Enfernité, par Brodi Ashton smileyc002
Milan, coll. Macadam, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Jacqueline Odin. 

12 avril 2012

❦ La Sélection ❦ Kiera Cass

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Le royaume d'Illéa organise un grand jeu télévisé, la Sélection, qui consiste à inviter au palais 35 filles, âgées d'au moins seize ans et issues de différentes castes, afin de gagner les faveurs du prince héritier, Maxon. Parmi les candidates, se trouve America Singer. Elle participe à ce show grotesque sous l'impulsion de sa mère, terriblement ambitieuse, et de son amoureux secret. Mais celui-ci est pris d'un accès d'orgueil et décide de rompre tout contact avec la jeune fille, lui accordant ainsi toutes ses chances pour réussir. C'est donc le coeur brisé et amer qu'America entame la compétition, ses intentions sont claires : elle est là par souci d'apporter un confort matériel à sa famille, pour manger à sa faim et non pour conquérir un titre de gloire. Et c'est sans prétention, mais avec autant de naturel et de conviction, qu'elle expose ses intentions au prince, lors de leur tout premier rendez-vous !

Ce que j'ai essentiellement apprécié, dans cette histoire, c'est bien évidemment la relation teintée de complicité et d'écoute qui se crée entre America et Maxon. C'est tout simplement adorable. Lui est d'abord perçu comme un garçon renfermé et coincé, alors qu'il est curieux, charmeur et enchanté de partager ses opinions avec une personne de confiance, en l'occurence America. Cette dernière est la grâce personnifiée, même si elle manque d'assurance, elle semble découvrir jour après jour son potentiel de séduction, mais n'en fait pas étalage non plus. Cette modestie est appréciable, parce qu'on partage très vite ses sentiments, sauf en ce qui concerne son premier grand amour qui lui a mis le coeur en miettes. A ce sujet, America fait preuve de grande sottise, ce qui aurait légèrement le don de nous agacer. 

L'histoire fait un peu conte de fées, avec son cadre enchanteur et son prince charmant, le jeu télévisé n'est pas tellement mis en avant, par contre on commence à découvrir un aspect politique qui dévoile les failles de cette cage dorée (des renégats font des attaques répétées et violentes dans l'enceinte du palais). J'ai aussi apprécié l'idée de départ de cette dystopie : les USA, trop endettés envers la Chine, n'ont pas su rembourser leurs dettes et ont subi une invasion qui a donné lieu à une nouvelle nation baptisée l'Etat américain de Chine. La révolte viendra bien des années après, d'où la naissance d'Illéa. Plausible, non ? Je n'ai pas ressenti la moindre pointe d'ennui, le roman se lit très vite, on en ressort avec une sensation d'avoir partagé un agréable moment, de s'être familiarisée avec les lieux et les personnages avec une étonnante facilité. C'est comme une petite musique à l'oreille, elle ne nous quitte pas, elle n'est pas dérangeante et on s'y habitue très vite en regrettant la chute des dernières notes. Ce roman à la couverture sublime est donc un pur moment de délectation, il me tarde de lire la suite !

La Sélection, par Kiera Cass smileyc002
Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Madeleine Nasalik 

11 avril 2012

The only good angel is a dead angel.

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En acceptant de lire l'avenir d'une fille de son lycée, Willow ne s'imaginait pas une seconde que son existence allait basculer dans une course-poursuite avec un assassin à ses côtés et une bande d'anges insatiables à ses trousses. En effet, en découvrant le secret de Beth Hartley, Willow s'attire les foudres des responsables de l'Eglise des Anges, un mouvement sectaire secrètement mis en place par des anges eux-mêmes, ces derniers étant venus sur Terre pour se nourrir de l'énergie humaine. En révélant ses pouvoirs, Willow s'avère une arme de destruction contre ces créatures. Nécessité faisant loi, il faut qu'elle déguerpisse de Pawntucket !
La vie de l'adolescente plonge donc dans l'horreur absolue, et pour sauver sa peau, elle accepte de suivre un type dont elle ignore tout et qu'elle ne supporte pas. Alex est un tueur à gages, il appartient à une branche spéciale de la CIA. Sa dernière mission consistait à éliminer la jeune fille, mais de troublantes révélations ont remis en cause ses convictions et sa motivation.
L'histoire s'engage sur plus de 500 pages à avaler du bitume et à tuer le temps dans des chambres de motel ou dans une cabane perdue dans les montagnes. L'alternance de rythme, entre l'action folle et les temps morts à essayer d'élaborer une stratégie de repli puis de riposte, permet d'apporter un certain équilibre au récit. C'est franchement très agréable à suivre, il faut dire aussi que l'alchimie du couple est tellement juste et quasi parfaite qu'il m'était impossible de ne pas craquer.
Cette lecture est à considérer sans prétention, juste dans le dessein de passer un bon moment avec des personnages attachants. J'ai été entraînée dans cette aventure palpitante, suivi avec intérêt la lente éclosion amoureuse des deux tourtereaux et senti mon coeur palpiter un peu plus fort au tempo des trépidations de l'intrigue. La recette est facile, mais efficace. Je suis impatiente de lire la suite !

Angel, par L.A. Weatherly smileyc002
Gallimard jeunesse, 2011 - traduit de l'anglais par Julie Lafon 

Sous le pseudonyme de Titania Woods, L.A. Weatherly est aussi l'auteur de la série L'Ecole des Fées en Folio Cadet (ma fille a lu les premiers tomes il y a quelques années, avant de se juger trop grande pour la suite). 

10 avril 2012

The Force- always may it be with you.

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Ce petit livre est une perle d'humour, dont la ligne directrice se résumerait à ceci : comment Maître Yoda a sauvé la vie d'un petit groupe de ratés. L'approche est farfelue, mais ne manque pas de singularité. Dennis, qui n'a pas peur du ridicule, arrive à l'école avec une marionnette de Yoda en origami qu'il porte au bout du doigt. Il prétend que son Yoda détient un vrai pouvoir, qu'il suffit de l'interroger pour régler vos soucis. Outre l'aspect extravagant, c'est aussi la meilleure façon d'aborder les sujets fâcheux (être ou ne pas populaire, aborder une fille, ne pas planter son interro, devenir un champion de sport...), tout en distillant un brin de fantaisie. C'est imparable : on s'attache au petit groupe des six copains et on s'amuse des situations les plus grotesques qu'ils rapportent (le livre se présente comme un journal, avec les témoignages de tous les acteurs, parce qu'il y a une volonté d'expérience scientifique là-dessous). L'idée est franchement géniale, j'ai beaucoup rigolé et j'attends la suite, avec Dark Vador, en me réjouissant d'avance !

Didn't Gandalf say "With great power comes great responsibility"? (If it wasn't Gandalf, maybe it was Thomas Jefferson. Or Spider-Man's uncle.)

L'étrange cas origami Yoda, par Tom Angleberger smileyc002
Seuil jeunesse, 2012 - traduction par Nathalie Zimmermann 

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10 avril 2012

La Soupe magique

Fanny et sa soeur Mélanie sont deux petites lapines qui ont ouvert un restaurant de soupe dans la forêt. C'est un vrai succès, tout le monde se régale. Elles n'hésitent pas non plus à venir en aide à Henri, le vieil ours qui est en train de mourir de faim au pied de l'arbre Fantastique, dès lors qu'une perruche arc-en-ciel vient leur en informer. Une pleine marmite de soupe plus tard, et le voilà requinqué ! Pour remercier les deux lapines, il leur offre en cadeau les baies magiques de l'arbre, des baies multicolores qui font naître l'idée d'une nouvelle recette pour le lendemain...

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Voilà une petite histoire toute mignonne, évoquant l'amitié et l'entraide, illuminée par la simplicité des traits purs et raffinés des illustrations typiquement japonaises. C'est ravissant, avec en bonus la recette de la soupe spéciale aux légumes de la forêt.

La soupe magique, par Hiroyuki & Nami Adachi (Autrement, 2012)

10 avril 2012

“Once you want something, everything changes.”

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Dans une société durement frappée par les Horreurs, une guerre abominable qui a fait de nombreuses victimes, une poignée de survivants a eu l'idée de créer la Cité, une ville-rempart à l'intérieur de laquelle confort et sécurité sont les maîtres mots. Pour cela, un scientifique a décrété qu'il aurait trouvé l'origine du Mal dans le cerveau et qu'il suffirait d'un Nouveau Baptème pour éradiquer la source du problème. Ainsi, le monde serait plus sûr, à l'abri des sentiments qui seraient les causes des tourments des humains. Et pour bien répartir le rôle de chacun au coeur de la Cité, les individus sont classés sous des étiquettes, A comme Admirable, la crème de la crème, puis les autres... les pires étant les E. En fait, ils sont condamnés et souvent exilés loin des murs de la Cité. 

Evie a dix-sept ans, c'est une fille placide, elle est fiancée à Lucas, un ami d'enfance, et semble prendre la vie comme elle vient. En vrai, elle est tiraillée entre vouloir bien faire et approfondir le fond de ses pensées. Ses nuits sont hantées par des cauchemars, ses propres parents lui disent d'oublier et vont jusqu'à demander l'intervention du Frère (le grand manitou de la Cité) pour chasser son trouble et la convaincre du bon sens de son existence. Mais Evie a d'autres secrets, comme être amoureuse de Raffy, le frère cadet de Lucas. C'est un garçon à problèmes, un trouble-fête, qui prétend qu'il existe une faille dans le Système et le clame sur tous les toits, sans réellement saisir que cela met sa vie en danger. D'ailleurs, l'administration ne tarde pas à réagir en le classant sur sa liste noire. Seule solution pour lui : la fuite. Evie suivra-t-elle son amour ou rentrera-t-elle dans le rang ?

Longtemps ce roman m'a fait penser à celui d'Ally Condie, Matched (ou Promise en VF). Mais c'est un peu le sentiment qui arrive lorsqu'on lit de plus en plus de dystopies. Les livres souffrent des comparaisons et il devient un peu difficile de surprendre le lecteur. 
D'office, je l'avoue, je n'ai pas été emportée par ma lecture. Dans sa volonté de montrer une société où les sentiments sont les maux de l'humanité, Gemma Malley a adopté un ton froid et guindé à son récit, mais le résultat laisse le vague sentiment d'avoir un souffle romanesque quasi éteint.
Même les sursauts d'action dans la deuxième partie n'ont pas réussi à me convaincre du contraire... Car j'ai malheureusement rencontré un autre souci au cours de ma lecture : je ne me suis pas attachée aux personnages.  Evie, Raffy et Lucas manquent de profondeur, ils sont comme des pantins qui répondent aux commandes de l'intrigue, mais ils ne montrent aucun intérêt.
Tout dans ce roman paraît si fade, c'est gênant. (C'est d'ailleurs une constante chez l'auteur, déjà La déclaration avait révélé cette faille... Les personnages étaient prisonniers de l'atmosphère et de l'intrigue. Ils ont souvent laissé de marbre le lecteur, alors qu'ils vivaient des évènements forts. Le contraste est perturbant.) 
L'histoire elle-même manque d'originalité, sauf si vous n'avez jamais lu de dystopie de votre vie, alors vous avez toutes vos chances pour en apprécier les ficelles. J'attendais beaucoup de cette lecture, néanmoins j'ai continuellement eu l'impression d'avoir déjà lu la même histoire dans d'autres livres. C'est dommage. 

Sentiment 26, par Gemma Malley
Michel Lafon, 2012 - à paraître le 12 avril.
Traduction de Marianne Roumy. Titre VO : The Killables. 

Je remercie Camille pour l'envoi en avant-première.

6 avril 2012

Mais enfin, nous sommes grands maintenant !

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UNE PETITE HISTOIRE MIGNONNE ET RIGOLOTE pour tous les enfants qui veulent être considérés comme des grands, mais qui s'estiment juste trop petits pour dormir seuls dans leur grand lit. C'est tellement mieux dans le lit des parents, mais eux ne sont pas contents du tout alors ils insistent pour que chacun reste dans sa chambre. Après les colères et les tempêtes, c'est heureusement le calme qui vient cueillir Benny et Teddy, reposés après une petite histoire et enfin bercés dans leur nid douillet. 

Les illustrations sont tout aussi ravissantes et pleines de tendresse. Pour les plus jeunes lecteurs. 

Benny & Teddy : Comme des grands ! par Emmanuelle Eeckhout (Pastel, 2012)

6 avril 2012

Gregor et la Prophétie du Gris

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Voilà un très bon roman d'aventures, signé Suzanne Collins, qui ne manquera pas d'enthousiasmer les jeunes lecteurs. L'histoire se passe sous nos pieds, où existe une cité nommée Regalia, gouvernée par la jeune reine Luxa, et où cohabitent pas toujours en paix les cafards, les chauve-souris, les rats et les araignées. Gregor, new-yorkais de onze ans, y débarque malencontreusement pour sauver sa petite soeur Moufle.

Le garçon est désormais face à son destin, oui, lui qui pensait que le plus dur dans la vie c'était d'être traité comme le seul référent mâle de la famille (depuis la disparition de leur père, deux ans plus tôt), et d'occuper ses vacances à veiller sur ses soeurs et sa grand-mère pendant que sa mère partait au boulot, le voici en train de prendre connaissance d'une prophétie au texte alambiqué, mais à la portée considérable. Vikus, le vieil homme sage de la bande des Souterrains, est intimement persuadé que son arrivée providentielle est liée à leur survie, d'ailleurs il n'y a pas de temps à perdre à discuter ou s'éterniser dans les présentations que déjà l'action trépigne et entre en scène avec force et fracas.

C'est une récurrence chez cet auteur : l'intrigue est entraînante, le rythme toujours soutenu, le lecteur est très vite invité à partager l'aventure, il n'y a guère de place pour l'ennui ou la routine. Et c'est tant mieux ! Gregor est un héros au grand coeur, il est très attendrissant avec sa petite soeur, et son jeune âge n'est pas un handicap puisque Gregor fait souvent preuve de maturité et de bravoure. L'univers de Collins est riche d'un imaginaire éclatant et original. L'histoire est vraiment captivante, avec sa part de bonnes et mauvaises nouvelles, de rencontres inattendues, de trouvailles sympathiques, de petites et grandes heures de gloire. Dans le fond, ce sont toujours les mêmes valeurs, les mêmes batailles et les mêmes idéaux à défendre, mais franchement on ne s'en lasse pas lorsque c'est si bien raconté. Suzanne Collins prouve que son univers est étendu à de vastes horizons que les lecteurs auront plaisir à partager !

Gregor, livre 1 : La Prophétie du Gris par Suzanne Collins smileyc219
Hachette jeunesse, 2012 - traduit par Laure Porché
illustration de couverture : Jérémy Fleury 

5 avril 2012

Daylight saving

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La couverture vous inspire très certainement une sensation d'étrangeté et de malaise, et vous avez bien raison de vous y conforter. Car ce roman est très particulier, c'est l'histoire d'un père et son fils en vacances dans un centre de loisirs au cadre aseptisé (la piscine est sous bulle, par exemple). C'est un duo en perdition, la mère a mis les voiles quelques mois plus tôt, depuis le père noie son désarroi dans l'alcool et le garçon n'a aucun aplomb (il est en léger surpoids mais le vit comme une honte indélébile).
A Leisure World, Daniel rencontre Lexi, une adolescente fuyante et forcément mystérieuse. Daniel a envie de la connaître et gagne sa confiance, mais plus il découvre des facettes de sa personnalité, plus il réalise qu'il devient le témoin de faits troublants, comme des marques de torture physique sur son corps. Daniel est un peu paumé, nous aussi.
C'est fascinant comme ce petit roman parvient à capter notre intérêt en nous entraînant dans cette histoire au parfum étrange flirtant entre fantastique et psychologie. L'atmosphère est pesante, pour ne pas dire dérangeante. On sent venir à tout instant le basculement vers l'horreur ou le drame, tant la tension est palpable. J'avais un arrière-goût d'amertume dans la bouche, et pourtant je n'ai jamais cessé de tourner les pages du livre pour connaître le fin mot de l'histoire, j'étais prise dans l'engrenage, c'est tenace, pas désagréable finalement, car le rythme est vif et le dénouement foudroyant, vous avalant d'une traite avant de vous recracher pour vous permettre de respirer. Et c'est avec un grand soulagement que vous tournez la dernière page !
Une expérience de lecture mémorable, pas forcément originale, mais juste efficace parce qu'elle ne laisse pas dans l'indifférence.

La nuit de la 25e heure, par Edward Hogan
(Les Grandes Personnes), éd. 2012 - traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec 
illustration de couverture : Jean-François Martin 

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