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Chez Clarabel

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29 mars 2012

“I'm sick of you cheating on me with everyone who has a dick.”

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Ce tome 6 a su agréablement me surprendre, notamment parce que j'ai acquis la conviction qu'il s'agissait d'un plaisir coupable de lecture, et que les déboires sentimentaux de Zoey font bel et bien partie du décor, sans eux ce ne serait plus la même série ! Et pourtant je suis la première à reconnaître que Zoey abuse avec sa collection de prétendants, même si le nombre tend à stagner dans ce numéro.
Cette remarque a forcément interpellé les deux auteurs, car elles ont insidieusement glissé une discussion entre Zoey et sa grand-mère, très sage et toujours tolérante, laquelle ne réprimande pas sa petite-fille de butiner de gauche à droite puisqu'il faut que jeunesse se fasse ! Du moment qu'elle ne se précipite pas... Car Zoey se préoccupe du jugements des autres, depuis l'attaque de Neferet et Kalona, les novices de la Maison de la Nuit ont été sensibles à leur influence et rejettent le retour de Zoey dans les murs de l'école.

C'est d'ailleurs une constante dans ce tome : Zoey manque de confiance en elle. Elle hésite à prendre les bonnes décisions, elle n'ose pas avouer qu'elle rêve de Kalona et qu'elle est attirée par lui, elle remet en question certains de ses choix... mais prend des initiatives appréciables, comme sa rupture avec Erik !
Ouf, il était temps. L'individu était en train de devenir un gros égoïste possessif, qui n'a jamais pardonné la trahison de Zoey. Franchement, jamais je n'aurais deviné que son personnage allait tomber aussi bas, c'est décevant. A contrario, Heath, l'ami d'enfance et le premier amour de Zoey, apparaît comme un gentil bougre, pas mauvais pour deux sous, fidèle aux postes, représentant le socle solide de la jeune fille, parce qu'il lui rappelle son enfance et les vraies valeurs.
J'aime bien, ça et l'évolution d'Aphrodite, l'ancienne peste de l'école. Elle est complètement différente de la caricature de ses débuts, et son amour pour Darius est tellement mignon ! (Oui, finalement tous les garçons ne craquent pas pour Zoey !)

Prendre son temps est donc le leitmotiv de ce 6ème tome. C'est vrai que l'action n'est pas très présente, il n'y a que le final qui soit à couper le souffle, l'ambiance en général est plus pernicieuse, se fixant sur les non-dits et la valse des hésitations. Stevie Ray, par exemple, n'ose pas avouer qu'elle a sauvé un Corbeau Moqueur gravement blessé et qu'elle le cache sous terre. Elle lui fait confiance, elle se reconnaît dans son histoire mais n'est-elle pas trop naïve ?
Il y a aussi les autres vampires rouges en colère, qui veulent s'allier avec Neferet. Cette dernière nous mijote un come-back à vous glacer les sangs, son influence sur Kalona est d'ailleurs impressionnante mais laisse perplexe. Quelle énigme, ce Kalona ! Je me demande si ses intentions sont nobles ou vicieuses...
Et pour finir, il y a également la relation pudique et touchante qui se noue entre Zoey et Stark, qui a juré de donner sa vie pour défendre sa Prêtresse. Encore une fois, je n'arrive pas à me prononcer sur cette dévotion, c'est tout de même un lien très affirmé, mais pour l'heure il n'existe aucune implication amoureuse. Bizarrement j'ai comme un doute...
Enfin bref, j'ai pris beaucoup de plaisir à dévorer ce livre et je compte bien ne pas abuser des bonnes choses en adoptant un petit rythme de croisière dans la suite des aventures de Zoey et ses amis. Doucement mais sûrement, donc.

House of Night #6 Tempted - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Tentée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2011

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29 mars 2012

L'Affaire Amanda #2

L'histoire fait suite à L'Affaire Amanda (tome 1 : Invisible). 

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Hal, Callie et Nia sont suspectés d'être complices de l'agression du proviseur du lycée et de protéger leur amie Amanda, qui a mystérieusement disparu de la circulation. Celle-ci a pourtant montré qu'elle avait trompé tout le monde en s'inventant une vie et en racontant n'importe quoi. Après le sentiment de trahison, les amis d'Amanda ont finalement choisi de lui apporter leur aide (en fait, Amanda se cache et leur envoie des SMS pour les guider dans leurs recherches, sans pouvoir tout leur dévoiler non plus). 
C'est Hal le narrateur de ce tome 2. Ce changement a du bon, car il évite les digressions (la vie de Callie ne m'intéressait pas du tout) et ses efforts pour avancer dans l'enquête sont appréciables. Toutefois, malgré les nombreuses pistes, l'impression de lecture n'est toujours pas concluante et je continue de trouver ça longuet.
Le début est vraiment bien (en fouillant l'ordinateur du proviseur, Hal tombe sur une liste avec les noms de sa famille et celles de ses camarades, puis il trouve le coffret d'Amanda dans une boutique de fringues), ensuite c'est la panne sèche avant un regain d'action et de nouvelles révélations dans les derniers chapitres (le coffret délivre enfin ses secrets sur Amanda !), disons que ça résume ce que cette série m'inspire : de belles idées, mais sans le déclic !
Finalement il n'y aura pas davantage de tomes (huit volumes étaient annoncés, il n'y en aura que trois), car il semblerait que le projet d'interactivité avec le lecteur n'ait pas porté ses fruits, la série n'a pas trouvé son public. De plus, le rythme de parution est trop nonchalant pour fidéliser le lectorat. Avec une série à suspense, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, ou on oublie vite les détails de l'intrigue !  

Sous le pseudonyme de Stella Lennon, se trouve un comité de trois auteurs : Peter Silsbee pour celui-ci, Melissa Kantor pour le premier livre, et Laurie Faria Stolarz pour le troisième. 

L'Affaire Amanda, tome 2 : Le Signal, par Stella Lennon
Bayard jeunesse, 2011 - traduction par Sidonie van Den Dries 

28 mars 2012

Je vous écris cette lettre...

Presque chaque jour, le grillon écrit une lettre à la chenille. Mais il ne lui envoie jamais, car il la trouve toujours trop, ou pas assez. Pourtant, un matin pas comme les autres, il décide de l'inviter à dîner...

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Grillon est éperdument amoureux de Chenille, il aimerait lui envoyer une lettre mais les mots lui manquent. Alors il décide de l'inviter à dîner, de façon simple mais élégante. Il demande l'aide du castor pour lui mitonner une potée (ça ne lui dit rien du tout, mais le nom lui plaît !) et attend avec fébrilité l'arrivée de sa tendre amie. Chenille est coquette, bavarde et pas du tout intimidée, ce qui contraste avec les silences religieux de Grillon. 

Toute la délicatesse de l'album repose dans le traitement raffiné de la timidité en amour, en passant par la découverte de l'autre, la valse des hésitations et le jeu de séduction. Pour parfaire le tout, les illustrations de Nathalie Choux sont un bonheur pour les yeux, j'aime beaucoup la tendresse exprimée dans les traits des personnages, il y a un petit quelque chose de doucement poétique dans l'air ! Même l'écriture de l'histoire m'a paru subtile et recherchée, s'appuyant sur les silences et les soupirs. Une très belle réussite.

Le dîner du Grillon, par Astrid Desbordes & Nathalie Choux (Autrement, 2012) smileyc219

28 mars 2012

★☆ Patabulle #2 ★☆

Deuxième titre dans la collection de Patabulle

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Patabulle est un petit chien rigolo, à qui il arrive des aventures extraordinaires. Il habite un petit coin de paradis, dans une maison sur pilotis, et il a aussi un jardin dont il s'occupe avec passion jusqu'au jour où il découvre que les plantes ont poussé sauvagement et qu'il faudrait faire un peu de ménage là-dedans. Mais Patabulle est trop tenté par le plant de courgettes géant car il trouve amusant de l'escalader en faisant des pirouettes.  Il finit par grimper tellement haut que les nuages viennent lui chatouiller le visage ! Profitant d'une petite sieste, le nuage l'emmène en voyage, loin, très loin... Et au moment de se réveiller, que ne voit-il pas débouler droit sur lui ? Un vaisseau-pirate, avec à son bord Libellune la terrible !

J'avoue que je craque complètement pour le chien Patabulle et ses histoires rigolotes et charmantes. Le texte est écrit de façon poétique, avec des rimes, ce qui rappelle la magie des comptines (d'ailleurs il existe une chanson interprétée par Capucine !). Et que dire des illustrations qui sont comme la crème chantilly dans un chocolat liégois (absolument indispensable !) ... beaucoup de charme naïf et enfantin, un peu dans la veine d'Iris de Moüy, je trouve, avec des couleurs pastel et une touche de fantaisie, bref c'est une invitation au bonheur. 

Patabulle cultive son jardin, par Juliette Vallery & Tristan Mory smileyc219
Actes Sud junior, 2012 

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28 mars 2012

« Préparez-vous à vous battre, braves chevaliers ! crie le roi Jules. Protégez le château de l’attaque des dragons!»

Jules, Léo et Gaspard construisent un super campement : une grande boîte en carton, un tissu et quelques bâtons, deux trois sacs en plastique et cinq, six briques...

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Un album où l'imagination est mis au service de l'aventure et du rêve. Trois enfants vont construire une cabane dans le jardin et jouer à combattre les dragons et les monstres. Ils comptent même y passer la nuit ! Hmm, pas sûr ?! Car les monstres à deux pattes viennent enlever un par un les vaillants chevaliers, laissant le roi Jules seul maître à bord. Après tout, c'est lui le plus grand, il n'a peur de rien !

Cet album, qui me fait subjectivement penser à Maurice Sendak, est de facture classique, l'histoire est charmante, avec des illustrations douces... pour une lecture dont le plaisir n'est jamais désavoué. Les plus jeunes apprécieront.

Le roi Jules et les dragons, par Peter Bently et Henlen Oxenbury
Pastel, 2012 - traduit par Claude Lager 

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28 mars 2012

"Oh come on," he says to the stone. "I promise to use it for the power of good. No girls' locker rooms, I swear."

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(Ce deuxième tome a probablement bénéficié de mon appréciation enthousiaste du film, I am number Four, vu récemment.)
Au programme : plus d'action, moins de crise d'adolescence - ou presque.
John, Six et Sam sont en cavale, ils veulent retrouver les autres numéros et en découvrir davantage sur leurs origines. Ils ont aussi compris qu'ils ne devaient plus se planquer mais affronter leurs ennemis pour vaincre.
L'intrigue avance pas mal sur ce plan, le seul embêtement c'est d'avoir des pauses dans le récit pour suivre l'histoire de Marina, une jeune fille qui a grandi dans un couvent en Espagne. Elle aussi cherche des réponses à ses questions et a trouvé le début d'une piste en la personne de John Smith, lors de son tumultueux passage à Paradise dans l'Ohio.
Alors que j'avais été déçue par l'évolution du personnage central dans le 1er tome, j'ai cette fois trouvé que John s'impliquait plus sérieusement dans sa mission. De plus, ses déboires sentimentaux ne sont pas au centre de tout, ce qui est un soulagement. (Il pense beaucoup à Sarah, mais est également attiré par Six...)
En somme, cette suite opère une avancée intéressante qui fait honneur à la motivation ultime de la série, à savoir être de pure distraction, avec un zest de suspense et d'action. De nouvelles données peuvent surprendre, des nouveaux personnages font également leur apparition, le rythme est soutenu, parfois stressant et la fin est plutôt bluffante. De quoi titiller la curiosité et la patience du lecteur !

Le Pouvoir de Six, par Pittacus Lore
éditions J'ai Lu, coll. Baam!, 2012 - traduction de Marie de Prémonville 

27 mars 2012

“My girlfriend is an angel.”

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Bethany est un ange envoyé sur Terre. A Venus Cove, une petite ville paisible située en bord de mer, de récents évènements sont venus troubler la quiétude habituelle. Avec ses deux camarades, Gabriel et Ivy, Beth doit se rendre la plus discrète possible pour combattre les Forces des Ténèbres.
Mais la plus jeune des envoyés célestes tombe folle amoureuse de Xavier Woods, un camarade de lycée. Cette relation lui fait ressentir des sensations nouvelles, ce qui, en sa qualité d'ange, est tout sauf ordinaire, pour ne pas dire répréhensible !

Halo, l'amour interdit... tout est dit dans le titre. Dans le fond, l'histoire est simpliste mais n'en demeure pas moins charmante et romantique. C'est l'histoire d'un amour pur, vrai, sincère. C'est tout à fait mignon à suivre, les personnages sont adorables ensemble, au départ Bethany est naïve et vit au rythme de ses découvertes en tant qu'humaine, mais aussi en tant qu'ange assimilant ses pouvoirs. Xavier est craquant, très attentionné et taquin. Franchement on trouve de jolies choses dans ce roman, elles ne sont certes pas exceptionnelles, mais elles ont pour atout d'être sans prétention, donc je suis sûre que le cocktail plaira beaucoup aux plus jeunes lecteurs !

Halo, l'amour interdit par Alexandra Adornetto
Pocket jeunesse, 2011 - traduction de Laure Manceau 

-) un extrait (en VO) qui m'a fait lever les yeux au ciel ! ^-^

“When's your birthday?" 
I was taken aback by the question. "I don't like presents,"I said quickly, in case he got any ideas. "Who said anything about presents? I'm just asking for your date of birth." 
"Thirtieth of February," I said, throwing out the first date that came to mind. 
Xavier raised an eyebrow. 
"Are you sure about that?" 
I panicked. What had I said wrong? I ran through the months in my head and realised my mistake. OOPS--there were only twenty-eight days in February! "I mean thirtieth of April," I corrected and grinned sheepishly. 
Xavier laughed. "You're the first person I've ever known to forget her own birthday.” 

Huhu ! 

27 mars 2012

« Tu as reçu quoi pour tes quatorze ans ? J'ai appris que j'étais laide. »

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A quatorze ans, Zoé comprend qu'elle est laide. C'est le beau Walter qui le lui a dit et ça fait horriblement mal. Alors, Zoé décide de devenir méchante et se fait les griffes sur sa famille. Il faut dire que ses proches sont une invitation au défoulement, entre le père qui a renoncé à s'impliquer, la mère qui s'enferme dans la cuisine en grinçant des dents, le frère pas assez et les soeurs trop... le constat est déprimant !
Et comme cela ne suffit pas, Zoé crée un club réservé aux moches, le Club des Mouches. Le succès n'est pas au rendez-vous (qui a envie de s'afficher parmi les moches ?!), mais Zoé ne baisse pas les bras. A force de se lancer dans de nouvelles expériences et de se casser les dents, il est temps de prendre des mesures radicales : se mettre en spectacle, montrer sa laideur, ne plus se cacher en rejetant la faute sur les autres.

C'est un roman qui se veut fantaisiste dans son approche, dérisoire dans sa façon de décrire les choses, doux-amer dans son propos, et qui peut se vanter d'avoir un style inimitable. Je crois même que j'ai davantage aimé ce livre pour son écriture que pour l'histoire en elle-même. Dès les premières phrases, vous comprenez que vous tenez un livre désopilant, original et remarquable.
Et Zoé est une héroïne attachante, avec un solide sens de l'ironie, un humour féroce et une volonté de fer. Hélas, c'est aussi et surtout sa carapace, sa manière de se protéger. Parce que l'adolescence est cruelle, le regard des autres sans pitié, c'est compliqué de s'accepter et de faire en sorte que les autres vous acceptent aussi. Un vrai parcours du combattant.
Celui de Zoé est grinçant, touchant, virevoltant, montrant les doutes et les interrogations de la jeune fille, pour finalement révéler qu'il existe toujours une issue de secours. C'est un roman pétillant et mordant, servi par une écriture enivrante.
A découvrir, car la lecture est tout sauf triste !

Les aigles ne tuent pas les mouches, par Luc Baba smileyc002
éd. Thierry Magnier, 2011 - illustration de couverture : Olivier Marboeuf 

26 mars 2012

"Apparemment, ils ne pouvaient se parler qu'en prononçant une syllabe à la fois."

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Tout commence avec une chanson, I'll be there, qu'Emily Bell interprète à l'église. Elle est morte de honte et de trouille, lorsque son regard se pose sur celui d'un garçon assis sur le banc du fond. Il s'agit de Sam Border.
Sam, c'est tout un mystère, tout un poème aussi... Son frère Riddle et lui ont parcouru le pays en suivant leur père, ils n'ont pas de chez-eux, ne vont pas à l'école, doivent passer inaperçus et subir l'autorité abusive de leur père. Sam, c'est le grand frère idéal et Riddle lui porte une totale vénération. Ce n'est pas un môme comme les autres, il ne parle pas beaucoup et passe son temps à dessiner mais il est aussi très intelligent.
Et puis, Emily tombe amoureuse de Sam. Les parents d'Emily vont l'accueillir chez eux, ils vont s'attacher aux deux frères, mais Clarence Border va ressurgir de nulle part et imposer sa propre loi.

Exprimer tout ce que ce roman inspire est très difficile, parce que le début n'est pas tendre ni gai, on devine tout de suite que l'ambiance n'est pas guillerette et que l'histoire va nous emporter très loin. Et en effet, au fil des pages et des chapitres, elle se construit en douceur mais avec efficacité. Les personnages font leur apparition, timidement. Ils vont et viennent sans nous laisser douter de leur interaction. C'est que cela demande du temps pour comprendre leur vécu et saisir leurs émotions, c'est subtil et délicat, très finement joué, et c'est donc tout naturellement qu'on réalise que c'est un roman bouleversant !

C'est surtout la deuxième partie du roman qui est captivante et touchante. Sam et Riddle sont en cavale et luttent pour leur survie, il y a alors une telle intensité dans leur parcours, c'est très fort, plus d'une fois on se surprend avec la boule au ventre, l'estomac noué par l'angoisse. Dans le même temps, on découvre le calvaire d'Emily, seule avec ses doutes, convaincue d'avoir été trompée, puis se résignant au pire. Et c'est l'un des points forts de l'histoire, comme si l'histoire de Sam et Riddle avait su toucher tous ceux et celles qu'ils avaient croisés, comme s'ils possédaient ce truc indéfinissable qui fait qu'on s'attache aussitôt à eux et qu'on ne peut se résoudre à les oublier.

Voilà donc un roman qui ne laissera pas indifférent, il vous donne la sensation d'avaler une enclume, avec l'envie bizarre de faire des bonds et de crier victoire et bonheur. Malgré les premières impressions qui font penser que la lecture sera triste, il s'avère que le roman est extrêmement positif, tout simplement beau, il est même très drôle (grâce à  Bobby Ellis, un garçon du lycée qui a le béguin pour Emily et qui veut tout faire pour l'aider, d'où certaines situations parfaitement risibles, j'ai adoré !). Bref, ce livre fait un bien fou ! 

Cavale, par Holly Goldberg Sloan smileyc002
Gallimard jeunesse, 2012 - traduction de Nathalie Peronny 

24 mars 2012

Un nuage de lait dans votre thé !

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Sarah Trent vient de décrocher un poste de demoiselle de compagnie auprès d'une jeune héritière, Lucilla Hildred, actuellement hébergée chez sa grand-tante dans sa maison de campagne, notamment dans le but de lui changer les idées. Car Lucilla a perdu ses parents, a été retirée de son école et broie du noir parce qu'elle est victime de son imagination. Serait-elle vraiment folle, pense Sarah, qui trouve l'adolescente joyeuse et impertinente, ou tenterait-on réellement de la tuer pour s'emparer de son héritage ?
Des fantômes par ci, des accidents douteux par là... la question ne se pose plus et la tension monte d'un cran. Heureusement son meilleur ami Bertrand vient lui prêter secours, de même qu'un certain John Brown, une vague connaissance de la famille Hildred, qui se prétend entomologiste ou quelque chose comme ça. Son cas pose problème aux yeux de Sarah : serait-il beau parleur ou noble sauveur ? Que cache cet homme séduisant, qui lui fait un peu tourner la tête, alors que Sarah s'est jurée de ne jamais tomber amoureuse de personne ?
Entre secrets de famille et soucis d'héritage, l'intrigue nous offre du déjà-vu parfaitement bien troussé. L'héroïne, Sarah Trent, est une jeune femme moderne et dynamique, elle porte les cheveux courts et a la peau bronzée, elle aime la vitesse et les voitures de course, elle est aussi très indépendante. Sa façon de débusquer les mystères de la Maison Rouge est teintée de prudence, d'instinct féminin et de flegme britannique. On se laisse aisément porter par le rythme de l'intrigue, se surprenant même à ressentir des pics de frisson alors que le climat devient plus tendu, surtout la nuit, dans la petite chambre bleue.
Chaque roman de Patricia Wentworth procure la sensation de renouer avec une vieille camarade, qu'on retrouve avec grand plaisir, et qui ne changera décidément jamais ! La lecture se veut classique, délicieusement surannée, un peu guindée... mais finalement indémodable ! On ne s'en lasse pas.

Cache-cache avec le diable, par Patricia Wentworth
2012, Coll. Grands Détectives chez 10/18  - traduction de Delphine Rivet

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