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Chez Clarabel

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7 mars 2012

"Lorsque toutes les solutions logiques se sont révélées fausses, il faut chercher dans l'illogique."

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Gare de Lyon, à Paris, un soir de décembre, quelques jours avant Noël. Le TGV 175 s'apprête à partir, les passagers s'entassent dans les wagons, c'est l'effervescence mais ce voyage va étrangement ressembler à un épisode de la Quatrième Dimension.
Rappelez-vous, la série créée par Rod Serling : "Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite de sons, mais aussi d'esprit. Un voyage au bout des ténébres où il n'y a qu'une destination : la Quatrième Dimension."
Super ambiance, bien flippante.
Les acteurs de ce drame sont en fait des adolescents, qui vont basculer dans l'horreur, victimes d'hallucinations (ou pas ?), certains verront des fantômes, d'autres un vampire ou un tueur en série ou même un officier Nazi... Le TGV est lancé à une vitesse éclair, puis c'est la panne, sur un viaduc. La panique monte d'un cran, à bord du train le contrôleur tente de calmer le jeu, mais sa rame est devenue le théâtre de l'enfer : plus d'électricité, plus de vivres, des adolescents qui pètent un câble, il faut gérer les angoisses et les délires des uns et des autres, bref ça s'éparpille dans tous les sens et ça ressemble à une grande foire d'empoigne où on ne sait plus trop ce qu'il faut croire.
Jo Witek a réalisé un véritable tour de force en établissant ce climat oppressant où le surnaturel s'entremêle à une réalité sordide, le mélange est quelque peu déstabilisant, j'avoue, je ne m'y suis pas sentie à l'aise. C'est à la fois stressant et dérangeant, mais je n'ai pas réussi à accrocher même si l'ensemble  n'est pas désagréable à lire non plus. Ma curiosité a été titillée du début à la fin.
Me reste le sentiment d'avoir plongé dans une lecture pas commune et très, trop bizarre. 

Peur Express, par Jo Witek
Actes Sud junior, coll. Thriller, 2012 

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6 mars 2012

Un bruit de moteur enfle et se rapproche. Au détour d'un virage apparaît un minibus, pleins feux.

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Cinq adolescents et leur éducateur partent en randonnée, quelques jours dans les montagnes. C'est l'occasion pour ressouder les liens du groupe, en partageant la vie au grand air et en appréciant les plaisirs simples qu'offre la nature. Jeff a un peu de mal à canaliser l'énergie de ces grands ados, mais la cohésion du groupe finit par se conforter après quelques mises à l'épreuve pas bien méchantes.
C'est finalement dans les dernières pages du roman que l'histoire prend un ton complètement différent, plus tendu, plus angoissant. Je n'en dévoile pas davantage mais j'avoue que j'ai été stressée, à moitié surprise, et du coup de plus en plus inquiète quant au dénouement de l'intrigue.
Croyez-moi, la fin est une vraie chute libre ! C'est flippant. J'étais bluffée, sonnée mais bluffée.
Je ne pense pas que je rangerai ce titre de Christophe Léon parmi mes préférés, mais je lui tire mon chapeau pour son action lente et son ambiance si proche des idées qu'il défend : parce qu'il est question de la nature et de l'environnement sauvage, celui qu'on doit préserver, découvrir et apprécier à sa juste valeur, et puis il y a les actes de violence, de barbarie et de bêtise infligés contre les espèces protégées. Et là, le roman fait preuve d'une grande intelligence, puisqu'il ne juge pas avec cris et fracas, la condamnation tombe, sans commentaire. C'est très, très fort car le lecteur sera seul critique en la matière.

La randonnée, par Christophe Léon
éd. Thierry Magnier, 2012 - illustration de couverture : Séverin Millet 

6 mars 2012

Tuesday Book trailer #2

3 years, 1 month, 1 week and 6 days since I’d seen daylight. One-fifth of my life. 98,409,602 seconds since the heavy, steel door had fallen shut and sealed us off from the world 

Sherry has lived with her family in a sealed bunker since things went wrong up above. But when they run out of food, Sherry and her dad must venture outside. There they find a world of devastation, desolation...and the Weepers: savage, mutant killers. 

When Sherry's dad is snatched, she joins forces with gorgeous but troubled Joshua - an Avenger, determined to destroy the Weepers. 

But can Sherry keep her family and Joshua safe, when his desire for vengeance threatens them all?

The Other Life, by Susanne Winnacker
Published February 2012 by Usborne 

5 mars 2012

Imaginez qu'un jour vous vous retrouviez brusquement le héros d'une histoire.

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C'est l'incroyable histoire du canard Carlo, qui croise sur son chemin Gnouf le cochon. Celui-ci lui chuchote: hep, c'est toi le héros du jour ! Félicitations, à partir de maintenant, tout ce qui tu feras sera l'objet d'un roman ! Oui, oui, c'est ton histoire, toi qu'on va suivre et ne plus quitter. A partir de ce moment, tout ce que tu feras, penseras, diras sera consigné noir sur blanc.
A toi de jouer !
Gloups, se dit Carlo. Que de responsabilité ! Lui, un héros... tss, quelle idée ! Carlo est un gentil canard à l'existence sans chichi, il a juste une collection de coquillages mais, d'après Gnouf, ce n'est pas très excitant et le lecteur risque de s'ennuyer.
Alors Carlo rencontre Lottie la grenouille, puis Jacquette la chèvre qui peint des tableaux qui ne se vendent pas, et enfin le crapaud au look de cowboy. Finalement son histoire se construit, alimentée par une série de bonnes trouvailles, avec des personnages attachants et des séquences d'action et d'émotion qui conviennent parfaitement aux attentes du lecteur.
Parce que ça se passe comme ça, dans un roman : il faut un personnage central, un héros, et son histoire autour, pas facile à broder, il faut des idées et de la bonne volonté, un zest de facétie, de l'humour et des illustrations aussi rigolotes. C'est subtil, parce que les jeunes lecteurs se sentiront impliqués dans l'histoire, ils seront les complices de Carlo et de Gnouf, ça leur plaira forcément parce qu'ils auront l'intuition d'avoir participé à la création de l'histoire, ou à comprendre comment ça se bidouille, comment un chouette petit roman voit le jour.
Merci Catharina Valckx !

Carlo, par Catharina Valckx smileyc002
Ecole des Loisirs, coll. Mouche, 2012 - illustrations de l'auteur. 

5 mars 2012

"I don't believe in ghosts. I'm not crazy! But, I'm telling you, there is something weird about all this stuff."

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Deuxième volume de la série Les Filles au chocolat, avec changement d'héroïne et de style. Cette fois, Skye, l'une des jumelles de douze ans, prend la parole, nous faisant partager ses humeurs romantiques et sensibles. Skye est à un âge délicat, où elle commence à s'interroger sur ses propres envies, voulant ainsi se démarquer de sa soeur, son double. Cette tentative de distinction est mal perçue par Summer, qui reproche à Skye de s'enfermer dans son obsession pour leur arrière-grand tante, jusqu'à porter ses toilettes, ce qui serait, selon elle, malsain. Alors Skye prend ses distances, la nuit elle rêve de Clara et de son amoureux, un gitan, pour qui elle aurait tout quitté. Quel scandale ! Mais c'est suffisamment croustillant pour nourrir le romantisme de la jeune fille.

Et parce qu'elle est une demoiselle rêveuse et solitaire, le ton du roman se veut également plus calme, plus doux, plus onirique. C'est reposant, enfin éloigné des mièvreries sentimentales infligées par le premier tome. L'imbroglio amoureux entre Cherry, Shay et Honey n'a pas trouvé d'issue apaisante, ce qui alourdit clairement le climat familial. Cela donne une idée d'ensemble de la complexité de vivre ensemble, d'accommoder les différences de chacun et de faire en sorte que tout le monde trouve sa place, sans blesser l'autre. Pour l'instant, le pari n'est pas encore réussi, ce qui doit amener l'auteur à faire évoluer sa série dans ce but. Et je pense que c'est ce qui explique aussi pourquoi l'auteur abuse autant de propos sucrés et maniérés, afin d'adoucir les jugements et les perspectives. Coeur guimauve porte bien son nom. Je trouve toujours ça un peu écoeurant, mais ma fille adore !

Les filles au chocolat, tome 2 : Coeur guimauve, par Cathy Cassidy
Nathan, 2012. Traduit de l'anglais par Anne Guitton. 

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4 mars 2012

Le Journal de Fanny

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Fanny a neuf ans quand elle voit son père arrêté par deux agents de la police secrète. Son seul tort : avoir quitté l'Allemagne quelques années plus tôt pour se réfugier en France. Nous sommes en 1939. La famille de Fanny est juive, et très vite sa mère prend l'initiative de confier ses trois filles à un organisme chargé de protéger les enfants. C'est ainsi que Fanny et ses soeurs vont vivre quelques années à la campagne, au château de Chaumont, dans la Creuse. Mais la tranquillité sera de courte durée puisque les activités des Justes ont été dénoncées à la Gestapo. A seulement treize ans, Fanny assumera de conduire pas moins de 28 enfants jusqu'en Suisse ! 

Ce livre est avant tout un témoignage bouleversant retraçant l'incroyable courage d'une adolescente de 13 ans qui a pris sur elle pour protéger ses soeurs et d'autres enfants juifs en bravant la police allemande. Son âme de cheftaine va guider tout ce petit monde vers un lieu plus sûr, au-delà des frontières suisses, bien évidemment son parcours sera semé d'embûches, mais jamais la jeune fille ne baissera les bras. Elle fera preuve d'une témérité exemplaire, portée par l'espoir et la rage de survivre. C'est très fort, je n'avais jamais entendu une telle histoire, et franchement j'ai terminé ma lecture encore étourdie d'admiration.
Cela restera, incontestablement, une belle leçon de bravoure et d'héroïsme.

Le Journal de Fanny, par Fanny Ben-Ami
Récit recueilli par Galila Ron-Feder et traduit de l'hébreu par Benjamin Ben-Ami.
seuil, 2011 

Suivi de Les Enfants juifs au coeur de la guerre, un texte documentaire de Claude Grimmer. 

4 mars 2012

Poil au vent ... WafWaf & Captain Miaou !

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Les aventures de WafWaf et Captain Miaou sont drôles, un peu, beaucoup et pas du tout. Une belle marguerite, pensez-vous. Ce n'est pas loin. Dans l'ensemble, l'histoire se veut cocasse, l'humour volontairement absurde, les personnages ne ressemblent à rien, ou presque, mais ils sont bidonnants.

C'est l'histoire d'un capitaine sans le sou, sans navire et sans équipage, jusqu'à ce que WafWaf, un truc jaune, gentil et naïf, lui fasse cadeau de tout ça pour lui remonter le moral. Débutent alors leurs folles péripéties sur mer et sur terre, portées par un souffle joyeux et un dynamisme qui donne le sourire aux lèvres. Tout ne se passe pas très bien pour eux, ils vont par exemple croiser la route de pirates qui vont les spolier, se faire pigeonner sur un marché de fruits et légumes qui coûtent un bras, plus la rencontre avec la vieille dame à la tête de cheval et qui raconte des histoires sordides... ça frise le n'importe quoi, mais j'avoue que ça m'a tout de même bien plu. 

Le fond peut paraître bébête, sans méchanceté de ma part. Car je me suis sincèrement attachée à ces aventuriers ratés, qui retroussent sans cesse leurs manches, n'abandonnent jamais tout espoir de s'en sortir. Ils sont aussi les champions de jeux de mots à deux balles et les acteurs des situations les plus loufoques. Amateurs d'humour absurde, ce rendez-vous est pour vous ! 

WafWaf & Captain Miaou, tome 1 : Poil au vent par B-gnet
BD Kids, rééd. 2012 ou http://www.editionsmilan.com/59f4e0e6/WafWaf-et-captain-Miaou-Tome-1.html

2 mars 2012

... le bonheur, c'est d'accepter de ne pouvoir jamais compter les étoiles, et continuer de les contempler.

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ENFIN la dernière partie des histoires des Blue Cerises. J'attendais ce moment depuis mai 2010 ! Cela commençait à faire long... Autant dire que le plaisir des retrouvailles me faisait planer sur un petit nuage. Aussitôt je plonge mon nez dans le bouquin et, là, grand sourire jusqu'aux lèvres, parce qu'il est question de Zik.
Zik, ma chouchoute. La douce rebelle, au grand coeur. Mais Zik est malheureuse par la faute des Cerises. La brouille est sévère, tous se cachent dans leur coquille et c'est à celui qui fera le premier pas, qui tendra la main... Pas facile. Alors Zik a entrepris sa propre thérapie, elle voit un psy, elle parle du passé, une douleur en appelant une autre, et elle a renoué avec son amoureux.
Viendra le tour d'Amos, qui me donne toujours l'impression d'être un grand sage, attentif, présent, ne jugeant jamais, très à fleur de peau, lui aussi. Son refus de quitter la France avec son père et sa soeur s'explique autrement que par l'envie de rester auprès de ses amis, Amos a besoin de retrouver d'autres racines... et là, autre rencontre, autre destin, c'est troublant.
Surgit de sa boîte l'imperturbable Satya, drôle, irrésistible, charmeur et charmant. C'est clair, tout le monde craque pour lui. Et dire que notre grand séducteur ne le fait même pas exprès ! En fait, lui aussi a la tête à l'envers, il fuit certains fantômes, court après d'autres, croise une belle inconnue dans son duffle-coat rouge, serait-ce bien la même ? Satya est à bout de souffle, il en a marre de passer à côté du bonheur et de le voir filer entre les doigts. 
Le dernier acte est donc consacré à Violette, complètement paumée et qui s'en veut. Il est temps d'en finir avec Olivia, elle seule doit prendre les devants et affronter le passé. Elle le sait. En chemin, elle croise un type constellé de poussière grise et qui lui parle de Murakami. C'est Nemo. Et déjà, son coeur s'emballe... sauf que c'est connu que Violette est allergique aux histoires d'amour, aux sentiments et aux déclarations. Du coup, c'est la panique. Il ne lui a rien promis, mais son intuition ne la trompe pas.
Entre retrouvailles et secrets dévoilés, la dernière saison des Blue Cerises nous apporte de grandes bouffées de joie, de peine et de tendresse. Place également aux doutes, aux inquiétudes, aux interrogations et aux prises de position. Ce dernier rendez-vous est plus grave, un peu doux-amer, mais c'est aussi le rendez-vous qui recommande de lâcher prise, de s'aimer, de l'avouer, de prendre son envol. Et c'est sur une pointe de nostalgie que ça se termine, que les Cerises nous poussent vers la sortie. Fin du spectacle. Applaudissements.
C'est triste, quoi. 
Mais reste le souvenir d'avoir lu et aimé une série bouleversante, très bien écrite, avec des personnages à bichonner et chérir parce qu'ils le valent bien... Encore merci pour cette rencontre, cette expérience complètement folle de pencher vos quatre têtes sur une même intrigue, vraiment un pur enchantement !  

la petite phrase de la saison 4 : Elle me lance un regard, elle a peur, je sais, mais ça y est, elle plonge, elle est entière, c'est ce qui me fascine chez elle : sa force de vie, comme une boule d'instinct qui dévale la pente jusqu'au bout, une fois que sa décision est prise, Zik sait ouvrir les brèches.

Blue Cerises, saison 4 : Lune Bleue par Maryvonne Rippert, Sigrid Baffert, Jean-Michel Payet & Cécile Roumiguière
Milan, coll. Macadam, 2012.
nouveau format, nouvelles couvertures -) j'aime beaucoup !

mais surtout...

1 mars 2012

Music is love.

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Rien que pour les références musicales, ce livre est extra ! Sans quoi, c'est l'histoire d'Allie, seize ans, qui vit à Berkeley, la ville universitaire, avec sa mère divorcée. Elle travaille chez un disquaire, Bob & Bob, où elle croise d'autres allumés comme elle, des passionnés de musique et de vintage, dont le très mystérieux M, sur lequel Allie craque et nourrit toutes sortes de fantasmes.
Elle a aussi créé un blog, Princesse Vinyle, qui, espère-t-elle, devrait révolutionner la blogosphère et l'industrie musicale : parce qu'elle veut rassembler tous les aficionados autour de la même passion, déclencher un vent protestataire contre le rock aseptisé, le téléchargement, le numérique, le matraquage publicitaire.
Dans le même temps, une série de cambriolages a lieu dans le quartier où Allie bosse, elle va naturellement chercher à éclaircir ses doutes en compagnie de sa meilleure amie, Kit, en pleine détresse sentimentale. Oui, parce qu'on se doute un peu du schmilblick, mais faisons comme si. De son côté, la mère d'Allie tente de reconstruire sa vie amoureuse, tandis que son père annonce qu'il va de nouveau être papa. Tout ça fait sourire ou grincer des dents, mais c'est la vie, Allie est très philosophe, à seulement seize ans elle fait preuve d'un bel esprit zen et pas rancunier, et rien que pour ça, c'est très appréciable !
En fait, ce petit roman raconte la vie de tous les jours d'Allie, ce qui rend la lecture presque ordinaire, mais surtout proche du lecteur, car c'est une histoire faite de belles rencontres, du temps qui passe, de vacances d'été, d'intuitions désagréables selon lesquelles on se serait bien trompé en tirant le mauvais numéro, de la fin d'un rêve et de la décision de passer à autre chose. C'est finalement banal, mais pas désagréable, et c'est ponctué de musique, bien entendu. A ce sujet, Allie est très snob en la matière, elle a le droit, ses goûts sont sûrs, sélectifs et irréprochables. L'occasion de faire de belles découvertes, comme Billy Bragg et son tube California Stars ! 

Princesse Vinyle, par Yvonne Prinz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012. Traduit par Madeleine Nasalik. 

29 février 2012

Vengeeeaaance !!!

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Je ne suis pas mécontente d'avoir tourné la dernière page, car s'il était possible de commettre un meurtre sur un personnage de papier, j'avoue de suite ma culpabilité. Bon sang de bon sang, cette princesse Alera a eu le don de m'exaspérer au plus haut point, mais vraiment, c'est incroyable les sentiments écoeurants qu'elle a pu éveiller chez moi.

Parce qu'elle est désormais coincée dans un mariage de convenance, ce qui officie son titre de reine au passage, Alera a une attitude épouvantable avec son époux. Ce n'est pas lui qu'elle aime, et l'élu de son coeur s'est fait la malle, il est parti chez l'ennemi, disons très franchement que c'est un traître, mais Alera refuse de l'entendre et cherche à le défendre.

Son royaume se prépare à un conflit sanglant, tous les généraux sont à cran, mais notre souveraine se soucie de sa petite personne, de son amour contrarié, et bien entendu elle ne voit pas tous les efforts pour lui plaire de son époux, qu'elle juge définitivement sarcastique et imbu de sa personne. Argh.

Cette lecture exige une forte dose de patience, croyez-moi. J'entends bien les battements de coeur, les rouages des amours contrariées, la solitude et l'effroyable sensation d'être à court de solution, mais voyons... Alera a dix-huit ans, elle a des responsabilités, elle se doit de penser à ses sujets avant ses soucis personnels, croyez-vous qu'il en est ainsi ? Non, forcément.

Toute la première partie de l'histoire est assez calme, cela se passe au château d'Hytanica, on suit les déboires maritaux d'Alera et de Steldor (je l'adore), au loin on devine les tourments politiques, ça gronde, ça rage... et paf ! l'ennemi déclenche les hostilités en kidnappant un membre de la famille royale. Notre chère Alera est effrondée pendant quelques lignes, et puis zou ! ... que devient son Narian chéri ? serait-il coupable d'avoir retourné sa veste ? mais pourquoi, pourquoi ?!

Les atermoiements de l'héroïne sont franchement INSUPPORTABLES. Je crois que le point culminant survient alors que Narian s'introduit en douce dans les appartements de la reine pour lui filer un rendez-vous clandestin pour le lendemain. Notre cruche dit banco ! Grrr.

La fin du roman est plus intense, Alera tente une approche différente, c'est en femme forte et conquérante qu'elle veut apparaître, mais à ce stade, mes nerfs étaient tellement à vif que plus rien ne me surprenait. Les décisions trop tardives de la jeune femme n'ont pas su m'attendrir... J'étais dégoûtée !

La trame romanesque n'est pas mauvaise, c'est simplement la personnalité trouble et immature de l'héroïne qui est responsable des nombreux agacements que cela a pu m'inspirer. Si on peut faire abstraction de ce détail, je pense que cela reste une lecture agréable !

Le Temps de la Vengeance (Alera #2) - Cayla Kluver
MsK, 2012. Traduit par Nicole Ménage. 

Allegiance  -) la couverture originale smileyc219  

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