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Chez Clarabel

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21 janvier 2011

In the mood for a good, steamy, old-fashioned bodice-ripping romance ?

IMG_2237Caleb Black, un nom qu'il suffit de prononcer pour frissonner de la tête aux pieds. La première fois qu'il se présente à Willow Moran, il lui fait l'effet d'un ange vengeur. Et pourtant elle a besoin de lui, besoin qu'il l'aide à retrouver son frère quelque part dans le Grand Ouest. Inversement, lui aussi va tirer profit de la situation, il recherche activement un dénommé Reno, celui-là même que Willow présente comme son époux (puisqu'il lui faut mentir à son sujet selon ses conseils reçus dans une lettre). Caleb ne dit rien mais il doute, il suffit de la regarder rougir dès qu'il lui pose des questions pressantes pour croire sérieusement à un mariage, selon lui, les deux sont simplement amants. Tant mieux, cela servira davantage ses plans. Caleb s'est juré de séduire cette beauté du Sud, aux manières raffinées, de retrouver Reno et de le buter.

La chevauchée à travers les Rocheuses s'annonce longue, très longue, tendue et périlleuse. A leurs trousses, on compte des hors-la-loi, des Comanches, des bandits qui veulent soit la tête de Caleb, récemment mise à prix, soit les pur-sang que Willow trimballe partout avec elle, et qu'elle considère comme ses gosses. La tension est palpable aussi (tension sexuelle, j'entends bien !) car l'homme et la femme vont se découvrir, s'apprécier et s'attirer. Alors oui, il y a pas mal de sensualité au fil des chapitres, et une leçon de pêche à la truite qui vaut le détour...

La suite est classique, comme souvent dans ce registre de romance historique. Caleb Black est un mâle, un vrai, qui protège les plus faibles et qui n'a qu'une parole lorsqu'il s'engage. Ses sentiments envers la petite Willow sont touchants, ce qui n'était qu'une simple affaire de vengeance personnelle va devenir un casse-tête chinois où les coeurs de nos deux protagonistes louperont presque un battement quand ils découvriront le pot aux roses (mais au moins ça relance l'action et la passion !).
Il s'agit en fait d'une réédition d'un titre paru déjà il y a quinze ans. Je crois même l'avoir lu à l'époque, c'était sympa de le retrouver...

Et je sais que vous attendez LA réplique culte, la voici donc :

 

Les longs cils de Willow s'abaissèrent doucement, ombrant ses joues, tandis que le soleil jouait avec leurs pointes dorées. Caleb la contemplait, fasciné.
- J'ai les yeux fermés, fit remarquer Willow au bout de quelques instants.
- J'ai vu. Où avez-vous déniché des cils de cette longueur, ma belle ?
- Je les ai volés à un veau.   
smileyc127

 

Aventure dans les Rocheuses - Elizabeth Lowell
Traduit de l'américain par Catherine Plasait - J'ai Lu, coll. Aventures & Passions (2010)

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20 janvier 2011

What's with the bleep ?

IMG_2232Le début de ce roman m'a totalement emballée. C'est un univers fantastique assez original introduisant une héroïne charmante, programmée pour accomplir sa mission sans réfléchir plus loin, et qui justement va apprendre à se détacher et à mieux se connaître. Evie travaille et vit au Centre où elle est agent de recrutement, chargée de localiser et enregistrer les créatures paranormales pour s'assurer leur pleine collaboration avec l'IPCA (une boîte internationale). Evie a toujours connu cette existence - orpheline, elle a été recueillie à l'âge de huit ans et considère Raquel, la directrice du Centre, un peu comme sa mère de substitution. Aujourd'hui, à seize ans, elle a le sentiment de tourner en rond, elle s'ennuie et se sent seule. Elle se console en regardant son feuilleton préféré, sa meilleure amie est une sirène qui travaille aussi au Centre, mais cela ne parvient plus à combler cette sensation de manque.

Arrive un jour Lend, un Changeforme qui s'est introduit dans le bureau de Raquel pour fouiller dans ses papiers. Evie est sur l'affaire et lui passe les menottes. Le garçon est interné, il refuse de s'expliquer et masque son apparence en se métamorphosant constamment. Evie est intriguée, enfin un garçon de son âge, se dit-elle, peut-être réussira-t-il à la divertir et chasser de ses cauchemars son ex-petit copain, Reth, un fae qui ne lui lâche pas la grappe. Ce qui est bien, aussi, c'est que la jeune fille ne tombe pas irrémédiablement amoureuse de Lend, elle est davantage curieuse de savoir qui il est réellement. Elle se plaît à rester en sa compagnie car le petit couple va passer beaucoup de temps ensemble, en toute innocence. L'un et l'autre ont énormément à apprendre de cette connivence.

Quand le grabuge va commencer (les créatures paranormales tombent comme des mouches, victimes d'un tueur en série), Evie et Lend vont réussir à s'échapper. Alors même que la tension est palpable, l'histoire soudainement va retomber dans la légèreté. Tout ça parce que Evie va vivre son rêve ! Il faut le voir pour le croire, l'adolescente a tout vécu par procuration, se rassasiant du scénario de sa série tv et imaginant quel pied ce serait d'aller au lycée, d'avoir son casier (!), de se rendre à un bal de promo ou même de conduire. Cela peut paraître bien cruche et ridicule à lire comme ça, mais en fait Evie est super craquante. Elle découvre tout avec une fraîcheur qui fait plaisir à voir ! C'est drôle, ça ne mange pas de pain et ça permet de détendre l'atmosphère.

Parce que l'histoire ne s'arrête pas là, bien évidemment. Evie va d'abord découvrir qu'elle n'était pas ce qu'elle pensait être, et qu'il va lui falloir chercher à comprendre qui elle est et à quoi elle sert. Pendant un temps, on se questionne aussi sur l'identité de l'ennemi, cela crée pas mal de tension, même si au final le face-à-face sent un peu le dégonflé. Screugneugneu. L'auteur s'est légèrement défilée pour le coup, j'en attendais plus. Bof, tant pis. Globalement j'ai trouvé que le roman avait su tenir la route, le point de départ est enthousiasmant, l'intrigue perd un peu de vitesse quand Evie se retrouve loin du Centre, ou bien le lecteur appréciera-t-il cette partie qui sent bon la comédie romantique et légère. Oui, Lend et Evie sont très, très mignons tous les deux. Toutefois, je ne dis rien, mais le Reth... ma foi, il pourrait devenir un sérieux outsider. ♥

Le tome 2 paraîtra en septembre 2011 !

Paranormalcy - Kiersten White
HarperTeen (2010)

 

LUENVOLu en VO - 6

 

19 janvier 2011

Pêle-Mêle Clarabel #18

Nous en avons lu, des albums, ces derniers temps. Et certains méritent notre clin d'oeil, voici :

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L'homme extraordinairement fort, par Magali Le Huche (Didier jeunesse, 2008)

Hector est, certes, un homme extraordinairement fort... et viril. Il a aussi ses petits secrets. Il est amoureux et il nourrit une passion folle pour le tricot. Il n'a pas du tout envie que cela se sache, alors il se cache. Mais quand sa collection est révélée, puis quand frappe la tempête qui emporte tout sur son passage, ma foi, Hector sait reprendre du poil de la bête ! 

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Mes parents adorent les animaux, par Tino & Magali Le Huche (Milan jeunesse, 2010)

Léonie voudrait une souris comme animal de compagnie, ses parents sont contre. Qu'à cela ne tienne... Ils lui présentent une farandole d'animaux qui vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Sauf qu'on a toujours besoin d'un plus petit que soi !

J'ADORE LES ILLUSTRATIONS DE MAGALI LE HUCHE !!!

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Mon pote Zéphyrin, par Claire Frappé & Julien Martinière (Didier jeunesse, 2010)

Margot voulait un chien, à la place ses parents lui ont ramené Zéphyrin... c'est adorable comme tout ! Ceux qui ont à la maison un fidèle compagnon sous n'importe quelle forme animale comprendront.

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Asticots, une histoire pressée de Bernard Friot & illustrée par Aurélie Guillerey (Milan jeunesse, 2010)

C'est super DRÔLE et les illustrations d'Aurélie G. sont adorables - j'aime beaucoup !

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Juste un jour, de Laura Leuck & illustrations de Marc Boutavant (P'tit Glénat, 2009)

La meilleure personne qu'on peut rêver d'être, c'est exactement et précisément QUI l'on est…

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Mille milliards de familles, par Mary-Ann Hoberman & Marc Boutavant (Gautier Languereau, 2009)

J'ADORE LES ILLUSTRATIONS DE MARC BOUTAVANT !

A noter que cet album porte un regard tendre et touchant (et poétique !) sur la famille et notre place au sein de celle-ci. Un album qui invite aussi à regarder plus loin que son nombril. C'est drôlement bon !

A bientôt, pour un prochain pêle-mêle (où l'on parlera de western et de crèpes - slurp !)

19 janvier 2011

Brandt Rhapsodie

Mercredi en musique, ça faisait un petit moment. Aujourd'hui, ce sera donc cette chanson de Benjamin Biolay, Brandt Rhapsodie, en duo avec Jeanne Cherhal. La musique et les paroles me donnent à chaque fois des frissons.

Il faut qu'on se revoit. Tu sais depuis mardi j'ai beaucoup pensé à toi. Je suis joignable au 06 06 06 06 ou le soir chez moi.

J'ai passé une nuit délicieuse même si j'ai un peu la migraine. Tu es belle quand tu es odieuse. Je te dis à dans une semaine.

Je rêve de ton corps. Je rêve de ta bouche. Je te veux près de moi, je veux que tu me touches. Je rêve de ta peau et de tes mains. Je ne pense qu'à toi, je ne bosse plus, je fous rien.

Mon amour tu dormais si bien que j'ai pas osé te réveiller. Je travaille jusqu'à 7h20 si tu veux après on peut s'appeler. Je sais pas ce que tu fais ce soir, moi j'ai rien de prévu, si t'as du travail, je te dis à plus tard et j'embrasse ton cul.

Je suis toi je te veux je pense à nous. Tu es mon homme tu es mon idéal. Je te désire, tout le temps, partout. Tu es mon grand projet et je te suivrai n'importe où.

Parce que je t'aime, parce que tu me rends heureux. Parce que des fleurs dans une cuisine c'est joli. Je t'embrasse encore, encore, ouais là aussi.

Mon amour demain matin rejoins moi à l'aéroport, terminal 2 neuf heures et demie. Ne pose pas de questions prends juste ton passeport. Je t'aime, je t'aime bonne nuit.

Chérie y a des trucs à manger dans le frigo, je vais rentrer tard, sans doute après le dernier métro. Tu vas pouvoir enfin te faire une soirée tranquille. Je t' (et là y a un coeur dessiné au stylo bille).

Je suis enceinte.

Mon amour ta mère a téléphoné tout à l'heure. Je crois qu'elle n'a pas encore osé prévenir ta soeur. Ton père a refait une attaque cette nuit. Je t'aime, appelle moi, je pense à toi je pense à lui.

Hier soir j'ai oublié de te parler d'un truc important, est-ce que tu peux m'appeler ? Dès que tu te réveilles à n'importe quel moment (important mais pas grave). Je t'embrasse.

Mon amour ne m'attends pas ce soir, j'ai pas mal de boulot, je risque de rentrer tard. Je crois qu'il doit rester une demie pizza quelque part, mais vérifie la date sur la boîte.

N'oublie pas qu'on dîne chez ma soeur. Si tu peux t'occuper du vin tu serais un coeur parce que là je risque d'être ric rac. (plus loin) Je te redonne l'adresse et le code: 59 boulevard ménilmontant code AB 1981.

La voisine a laissé un mot sur le palier, le chat a gueulé tout la nuit dans l'escalier. S'il te plaît en sortant tu descendras la poubelle, et pense à rappeler ta mère qui me harcèle.

Le mec du câble passe entre 7h15 et 9h15, tâche de te réveiller (en plus gros d'une encre différente, un truc qui n'a aucun rapport style numéro de passeport).

A payer: EDF/Orange/Abonnement canal, plus le cadeau commun pour mon frère le w-e prochain. Je trouve plus le chéquier c'est toi qui l'as non ? Si oui mets-le en évidence dans le salon.

La réunion est à 19h30 précises à l'école (le précises est souligné). F. a encore appeler il m'a parlé d'un chalet j'ai pas compris. Enfin tu dois mieux savoir que moi. A + (le + est une croix).

Casser 3 oeufs ajouter 1/2 litre de lait. Incorporer 100g de farine progressivement. Ajouter d'un seul coup 50g de matière grasse (tu mets moitié beurre, moitié margarine) et tu mélanges.

Code réservation QWXXCJ, mot de passe: casablanca, départ orly 9h47, retour le 23 à 7h15, arrivée à Paris 11h03 charles de gaulle, terminal 3.

1 baguette
crevettes
3 avocats
sopalin
tampons normaux
produit vaisselle
lait 1/2 écrémé bio
6 oeufs bio
sacs poubelles 50L

(D'une écriture différente sur le papier à en-tête)
Effexor 75 LP une géllule 3fois/j
Alprazolam 0.50 MG 6prises/j maximum.
(Puis une signature informe suivie d'un caducée)

Je te rappelle que tu as un fils qui va à l'école tous les matins et qui aimerait bien prendre le petit déjeuner avec son père de temps en temps. Salut

La visite est à 16h, il y a encore plein de trucs à toi dans le bureau du fond, tu veux sans doute les récupérer ? Appelle moi. Mon nouveau numéro 06 62 73 49 63.

18 janvier 2011

Teaser Tuesday #3

Teaser_Tuesday

Teaser Tuesday is a a weekly bookish meme, hosted by MizB of Should Be Reading.

She couldn't be dead. She couldn't.
Paranormalcy, Kiersten White

Willow regarda ce géant tout près d'elle, tenant plusieurs revolvers dans ses mains, et elle se dit que sa première impression avait été la bonne...
Il était dangereux.
Aventure dans les Rocheuses, Elizabeth Lowell

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18 janvier 2011

Maybe things can get back to normal after all.

IMG_1938Je ne sais pas ce à quoi je m'attendais en ouvrant ce roman, le fait est qu'il m'a totalement bouleversée et captivée. C'est bien simple, je l'ai lu d'une traite. C'est l'histoire de Grace qui se réveille dans une pièce toute blanche où se trouve une table avec du papier et des stylos. Où est-elle ? Impossible d'obtenir la moindre information de la part d'Ethan, lorsque celui-ci lui apporte ses plateaux avec ses repas préférés. Tout juste attend-il de Grace qu'elle raconte son histoire. Qu'elle écrive. Qu'elle se délivre.

Grace accepte difficilement de se prêter à l'exercice de la confession, sa vie est en vrac, elle ne sait plus pourquoi, comme si elle avait verrouillé ses souvenirs. Elle a dix-sept ans, vit seule avec sa mère, son père est décédé. Elle mène une adolescence tumultueuse, elle boit énormément, couche avec tous les types qu'elle croise, elle fuit sa maison le plus souvent possible, elle s'inflige des incisions qui laissent des cicatrices sur son corps. Et pour finir, elle s'est fâchée avec sa meilleure amie, Sal, qui refuse de confier ce douloureux secret qu'elle porte en elle depuis les vacances de Pâques.

Bon, au milieu de tout ce fatras, Grace rencontre Nat pour qui elle ne craque pas immédiatement. Elle apprend d'abord à le connaître, puis elle tombe sous son charme et ne peut plus se passer de lui. Pour la première fois, elle ressent des sentiments très forts. Elle tombe amoureuse, irrésistiblement et fatalement amoureuse. Et cette histoire lui apporte enfin la sérénité et l'équilibre qui lui manquaient.

Hélas, nous ne sommes pas dans un conte de fées non plus. Et puis on devine très vite où va nous conduire l'histoire. Malgré cela, impossible d'en finir, de reposer mon livre, j'étais scotchée. Je voulais assister au dénouement, voir les masques tomber, m'apitoyer, pousser des cris d'horreur, tendre les bras vers Grace pour la secouer ou la consoler. C'était tout simplement inconcevable de lui tourner le dos. D'extérieur, Grace est une nana impossible, au comportement extrême, alors que dans le fond c'est un chaton frileux, vulnérable, maltraité et incompris. Oui, elle m'a énormément touchée !

A la fin, je n'avais pas du tout envie de tourner la dernière page. J'avais une grosse boule au ventre, je sentais que j'en voulais encore, que je n'avais pas toutes les réponses à mes questions... mais que voulez-vous ? Je pense que cette lecture m'accompagnera pendant un bon moment, je ne suis pas prête d'oublier sa petite mélodie.

Entangled - Cat Clarke smileyc219
First published in Great Britain in 2011 by Quercus.
> l'avis de Mélanie

 

 

LUENVO Lu en VO - 5

17 janvier 2011

Prada & Préjugés

IMG_2143Callie est une jeune américaine de dix-sept ans, qui se défend d'être intelligente et anti-conformiste. Sauf que Callie, esseulée lors de son voyage en Angleterre, regarde avec envie le trio des pimbêches en souhaitant secrètement se joindre à elles. Et pour bien faire, elle se rue dans les boutiques de mode et achète une paire de Prada, le coeur battant et le nez en l'air, rêvant à des futures virées toutes plus superficielles les unes que les autres.
Et paf, elle se ramasse la figure en pleine rue et se cogne la tête contre le trottoir.
Au moment de se réveiller, elle remarque qu'elle n'est plus du tout dans le Londres du XXIème siècle. Du moins, il lui faudra quelques chapitres pour se rendre compte qu'elle est plus précisément en 1815. Prada & Préjugés, vu son titre, s'inspire donc du roman de Jane Austen, mais attention aux pastiches ou aux tentatives d'improvisation car ce créneau a déjà donné et rares sont ceux qui en sont sortis gagnants.

Bref, Callie est donc accueillie chez les Thornton-Hawke, se fait passer pour une américaine amie de la famille, s'attire la sympathie d'Emily, une cousine, et l'antipathie d'Alexander, soit le duc de Harksbury.
Callie (devenue Rebecca) pose un regard très dur sur le mode de vie de l'époque, ne cherchant jamais à comprendre, elle préfère se mêler des affaires qui ne la regardent pas, comme de s'opposer au mariage d'Emily avec un prétendant de trente ans son aîné.
Alex fulmine, Alex vitupère, Alex crache du feu. Il n'en peut plus de cette demoiselle effrontée, qui le lui rend bien. En effet, Callie pense que c'est un garçon hautain et odieux. De quoi songer fortement à Liz Bennet et F. Darcy !
Mandy Hubbard n'a pas tout pompé sur Pride & Prejudice non plus, elle s'est inspirée de la grande trame romanesque, en imaginant ce qu'une adolescente du monde contemporain éprouverait d'être plongée en pleine période de Régence. Car outre la relation sentimentale amorcée, le regard sur l'époque ne manque pas de faire sourire (le premier bal de Callie avec les danses qui frisent bon le ridicule, par exemple).

Cette lecture aurait pu être tout à fait acceptable et réjouissante, si l'héroïne n'avait pas été cette gourde insupportable qui donne envie de soupirer toutes les deux pages. Non, franchement, cette fille est une plaie ambulante ! Elle est maladroite, nous précise-t-on, et fatalement elle ne cesse de s'effrondrer à tout bout de champ, ce qui est censé nous arracher des éclats de rire. Que sais-je ? J'ai plutôt été atterrée par cette nouille d'héroïne, qui nous raconte son histoire à la première personne, d'où souvent mon désir de dire ohlala-au-secours, vivement que je m'en sorte et que j'aille voir ailleurs.
Dommage, l'histoire est sympathique mais l'héroïne est beaucoup trop agaçante.

Prada et préjugés - Mandy Hubbard
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz (2011) - 310 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Guinard

15 janvier 2011

Minuscule, farouche et rousse.

IMG_2085Quelle bonne surprise ! Tout ce qui paraissait dernièrement sous la plume de Jacqueline Wilson avait tendance à me décevoir, mais cette fois, grâce à Millie Plume, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir et pas seulement ! Car J. Wilson a su donner à son roman victorien un ton moderne, avec des effets secondaires plutôt inattendus.
Tout d'abord, l'histoire ne commence pas de façon très guillerette. Nous sommes en 1876, à Londres. Millie est un bébé abandonné, aussitôt placé en famille d'accueil où elle y passera cinq années joyeuses et insouciantes. Puis, la séparation. Les larmes. La déchirure. L'incompréhension. Retour à l'Hôpital des Enfants-Trouvés où l'attend une éducation stricte. Millie ne rigolera pas tous les jours, mais avec sa nature et sa force de caractère elle parvient à surmonter les sales coups montés par ses petites copines de chambrée, par supporter la rigueur du froid dans le lit, le manque de nourriture, les leçons de couture, la discipline des anciennes. Millie souvent se sent seule, même quand elle retrouve par hasard ses soeurs ou frères d'adoption, ou quand elle s'attache à Polly, une nouvelle venue, ou Ida, qui travaille en cuisine et lui file en douce des raisins secs ou du sucre pour adoucir son porridge.
En vrai, Millie n'arrive pas à se satisfaire de son existence. Elle rêve de liberté, ne veut pas finir soubrette, aspire à autre chose, à retrouver sa véritable mère (ne serait-ce point cette écuyère rencontrée un jour au village ?) et à revoir Jem, son grand frère chéri.
Ce qui est très délicat dans le roman, c'est le soupçon de mélange entre l'humour et la tendresse, la générosité et la détresse, la peine, le chagrin, la triste réalité d'un avenir bouché. L'histoire trouvera d'ailleurs une fin un peu trop édulcorée, mais c'est un bonheur pour Millie. Petite rouquine au tempérament volcanique, débordant d'énergie, elle n'a jamais baissé les bras face à l'adversité et s'est toujours promis de bouleverser ce que la vie avait de plus plat à lui offrir.
Voilà une lecture qui a su conquérir mon coeur de lectrice renfrognée contre les histoires sirupeuses de J. Wilson, en se révélant attachante, essentiellement grâce à Millie, mais aussi pétillante et pleine de sensibilité. J'ai passé un bien joli moment, ma foi.

Les malheurs de Millie Plume - Jacqueline Wilson
Gallimard jeunesse (2011) - 350 pages - 13,50€
traduit de l'anglais par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations de Nick Sharratt

illustration de couverture : Anne Simon

14 janvier 2011

Un mec qui s'exprime comme dans un roman de Jane Austen devrait recevoir une médaille, pas se faire traiter de débile !

IMG_2080A quinze ans, Jess Jordan n'est pas tendre avec elle-même : elle est charmante mais cinglée, a un gros cul et les oreilles en chou-fleur, elle voudrait que Ben Jones (un soupçon de Leonardo di Caprio, une pincée de prince William, une touche de Brad Pitt) craque pour elle, se demande encore pourquoi elle est incapable de détester sa meilleure amie Flora, trop belle, trop canon, trop intelligente, et serine Fred, son autre meilleur ami, de couper ses cheveux qui lui tombent dans le cou.

La vie de Jess Jordan est une vie d'ado comme toutes les autres. On y parle de béguins naissants, de conflits d'intérêt, de chamailleries et de réconciliations, de mensonges éhontés, de devoirs d'école, d'autorité parentale inexistante, mais de parents non moins présents, originaux et délirants dans leur genre, d'une grand-mère qui s'invite sans crier gare, d'une chambre spoliée, d'une soirée qui tourne à la catastrophe, de fausse poitrine qui sent bon le minestrone, d'un accident de parcours, d'une caméra cachée dans les toilettes (les goujats), d'un groupe de rock qui chante comme des canards, des révélations sentimentales, d'un garçon qui parle comme dans un livre de Jane Austen, d'un Apollon éteint et encombrant, d'un déclic et de grandes décisions à prendre (après d'âpres tractations).

- Es-tu en train de dire que... tu as envie de sortir avec moi ?
- Ouais, pourquoi pas ? Rassure-toi, ce n'est pas une demande en mariage. Ce n'est pas mon genre, fit-il très vite.
- T'inquiète pas, moi non plus. Je préférerais me perdre dans le désert de Gobi et être livrée aux suricates plutôt que me marier avec toi.
- Tout à fait d'accord. Je préférerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde.
- Dans ce cas, tout est très clair.

Jess Jordan est une héroïne qui manque parfois de perspicacité, mais qui n'est jamais en manque d'humour (ce n'est pas un hasard si elle rêve d'être comique plus tard !). C'est irrésistible et rafraîchissant, le genre de lecture homéopathique qu'on aime lire de temps en temps, et l'effet désiré ne loupe pas : deux bonnes louchées plus tard, on se bidonne comme des dindes. N'hésitez pas à poursuivre l'aventure avec 16 ans ou presque, torture absolue (à paraître en Scripto en février 2011) et 15 ans Welcome to England

15 ans, charmante mais cinglée - Sue Limb
Gallimard jeunesse, coll. Scripto (2010) - 272 pages - 9,50€
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
illustration couverture : Soledad Bravi

14 janvier 2011

Madame la présidente

IMG_2041Je me suis encore trompée dans l'ordre de la série, et j'ai lu Madame la présidente avant Une erreur judiciaire. Il aurait été appréciable de faire connaissance avec Vik et Stubo dans les règles de l'art, mais tant pis ! Ce livre m'a déjà confirmé que j'y reviendrai car la rencontre a été belle, touchante, délicate et prometteuse.
Mais avant de se perdre en courbettes, il faut rappeller l'intrigue du roman. La présidente des Etats-Unis, en visite à Oslo, a mystérieusement disparu. Aucune trace des ravisseurs. Aucune explication rationnelle. C'est le mystère de la chambre jaune ! Personne n'a rien vu, rien entendu, nul n'est entré ou n'est sorti de la pièce.
Les Etats-Unis envoient leur profiler de choc, Warren Scifford, lequel demande à travailler avec Yngvar Stubo, un choix peu anodin. En l'apprenant, Inger Johanne Vik pique sa crise de nerfs. Si jamais il accepte, elle le quitte.
Ouhlala. Cela ne rigole pas et notre petit couple va connaître le creux de la vague. Et qu'est-ce que c'est bien ! Voilà ce qui me fait apprécier ce genre de romans policiers, lorsqu'on suit les personnages dans leur intimité, lorsqu'on s'attache à eux et lorsqu'on a le sentiment de vivre leurs vies à leurs côtés. Quand Inger Johanne pleure de rage, refuse de confier à son compagnon ce secret qui la pèse, forcément on a du mal pour elle et pour lui.
J'ai très, TRES envie de faire un bout de chemin avec eux.
En marge, l'intrigue policière se déroule avec maestria. C'est un noeud politique, trempé dans les aspérités de l'espionnage et du terrorisme. Au début, j'ai eu un peu de mal à me familiariser, il y a toute une galerie de personnages de divers horizons, des histoires personnelles et des secrets qui s'accumulent. Néanmoins la fin est plutôt bien amenée, je suis sortie de ma lecture pleinement satisfaite.

Madame la présidente (Une enquête de Vik et Stubo) - Anne Holt
Points, coll. Policier (2010) - 479 pages - 7,80€
traduit du norvégien par Alex Fouillet

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Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
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