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Chez Clarabel

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29 janvier 2010

La Maison du Maître ~ Martha Grimes

Presses de la Cité, 2010 - 345 pages - 20,50€
traduit de l'anglais (USA) par Dominique Wattwiller

La_maison_du_ma_tre_de_Martha_GrimesJe suis en veine, en ce moment, avec mes lectures de romans policiers à la crème anglaise. Martha Grimes, qui est en fait américaine mais qui écrit comme une british et nous plante un décor dans la belle Albion sans le moindre souci, nous convie donc dans une nouvelle enquête du commissaire Richard Jury. J'ai déjà fait les présentations, Jury figure parmi les personnages que j'apprécie le plus et que j'aime suivre fidèlement, j'apprécie également toute la palette des personnages qui l'entourent, Melrose Plant pour commencer, les joyeux lurons de Long Piddleton, les voisins envahissants de Jury (Mrs Wasserman, Carole-Anne, le chien Stone), et les collègues de travail, Wiggins, le chat Cyril, Fiona la secrétaire, Racer son supérieur et Phyllis le médecin légiste. Du beau monde, croyez-moi. Ce sont des personnalités bien définies, des vies qui se dessinent au fil des parutions, on s'attache et on aime tout autant les suivre que connaître le dénouement de l'intrigue policière !
Cette fois, un jeune homme aisé, petit-fils d'un héros de la guerre, a été retrouvé assassiné dans une chambre d'hôtel huppé. Billy Maples n'avait pas d'ennemis, c'était un mécène qui contribuait à soutenir des jeunes artistes peintres, il avait aussi une vraie passion pour Henry James, au point d'avoir loué la maison de l'écrivain, Lamb House, à Rye. Jury n'est pas chargé de l'enquête, mais la police d'Islington compte vivement sur sa participation. Serait-ce le vif désir du commissaire Lu Aguilar, au charme volcanique et vénéneux ? C'est une femme directe et très séduisante. Elle a aussitôt envoûté notre Richard au coeur d'artichaut, leur relation ne manque pas de piquant ni de piment ! Mais cette fin, ah mes aïeux, est terrible, cruelle, injuste. C'est quoi, ce supplice ? Martha, tu es une petite chipie !
Dans l'intervalle, l'intrigue s'est bien déroulée, l'enquête policière est impeccable, vraiment bien enveloppée et développée, l'auteur nous donne les indices à la becquée, sans nous gaver, il faudra attendre les dernières pages pour connaître le dénouement.
Et comme souvent, dans les romans de Martha Grimes, l'intrigue est enrichie de références littéraires, cette fois il faut compter sur la présence de Henry James. Les passages où Melrose Plant arrive à Lamb House en tant que nouveau résident temporaire, sont hilarants et excellentissimes ! Melrose, seul et déboussolé dans le Sussex, se surprend à entrer en conversation intime avec l'écrivain, il relit la plupart des ouvrages du Maître, découvre qu'il a même taquiné la Muse du vampirisme, avant de succomber entre les mains des fantômes, probablement en train de hanter les lieux !
Non, ce n'est pas fantasmagorique, c'est tout simplement distrayant, et d'ailleurs Melrose Plant apportera sa propre contribution pour la résolution de l'enquête. Comme d'habitude !
Sur ce, je reste pantoise avec cette fin et je veux la suite !!!

 

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28 janvier 2010

Fantômes d'hiver ~ Kate Mosse

JC Lattès, 2010 - 220 pages - 19€
traduit de l'anglais par Valérie Rosier

fantomes_dhiverCe dernier roman de Kate Mosse est tout bonnement très différent des précédents, Labyrinthe et Sépulcre. Ce n'est pas un roman policier dans le sens strict du terme, c'est une histoire empreinte de mystère, se passant quelques années après la première guerre, dans un village perdu dans le sud-ouest de la France. Nous suivons un jeune anglais, Freddie Watson, qui n'a jamais accepté la mort de son frère aîné, porté disparu pendant la guerre. Il s'est longtemps senti coupable d'être en vie, ses parents ne lui ont plus prêté le moindre intérêt depuis la terrible annonce et Freddie a plongé dans une grave dépression. Il débarque en France pour suivre les traces de George, son frère, pour comprendre et pour trouver des explications. A la place, il se perd dans les bois et arrive dans un village appelé Néans. Quel nom ! Serait-ce prémonitoire ? Freddie y rencontre un charmant couple d'aubergistes, se sent comme un coq en pâte et assiste à une fête locale où il fera la connaissance de Fabrissa. Auprès d'elle, Freddie confie ses tourments, il n'arrête plus de parler et il se sent déchargé d'un poids. Ce n'est plus le même homme, et c'est grâce à Fabrissa s'il a su faire ce grand pas en avant. A son tour, la jeune femme va lui confier son secret. Et là, l'histoire devient pesante, incroyable, mystique. On pénètre dans la quatrième dimension, si, si ! En tant que lecteur, je ne savais plus où se trouvaient les limites du vrai, du faux, du rêve, de la fantaisie, du fantasme, du vécu.
Ce n'est pas un roman bien épais, il pourrait même se lire très vite mais ce qu'on se prend dans la figure limite d'avoir un gros appétit et il est préférable de reposer le livre de temps en temps, pour souffler, pour réfléchir. Ce qui est paradoxal, car l'histoire est tellement nébuleuse qu'on souhaite connaître le fin mot de l'intrigue. Freddie n'est pas sorti indemne de son aventure, le lecteur non plus, et c'est auprès d'un libraire toulousain qu'il confie sa rencontre du troisième type. Ce sont des allusions trop fantastiques, je le sais, ce roman n'est pas du tout de la science-fiction, mais cela pourrait se rapprocher du roman gothique, sombre, mystérieux et froid.
Je ne suis pas sûre d'avoir follement aimé, mais j'ai été interloquée par cette rencontre.
Bizarre, très bizarre. De quoi filer des frissons dans le dos.

 

27 janvier 2010

Mr. Zero ~ Patricia Wentworth

10/18 Grands Détectives, 2009 - 280 pages - 7,90€
traduit de l'anglais par Eric Moreau

Mr_Zero_de_Patricia_WentworthPrenez une ravissante idiote, Sylvia Colesborough, qui joue de l'argent en dépit de l'interdiction de son époux. Elle perd la somme de £500, s'en mord les doigts et s'acoquine avec un dénommé Mr. Zero qui est un odieux maître-chanteur. Forcée de dérober des documents importants, qui concernent la sécurité intérieure, notre tête de linotte n'a vraiment pas une once de jugeotte pour dire stop et avouer la vérité à son mari. A la place, elle court pleurnicher dans les bras de sa cousine, Gay Hardwicke, moins fortunée mais plus sensée qu'elle. Ceci dit, ce n'est pas bien compliqué de se révéler plus perspicace. Quelle idiote, cette Sylvia Colesborough ! Naïve, charmante, délicieuse et délicate, mais cruche et bête à manger du foin. Elle en devient une caricature exaspérante ! C'est une honte pour la gente féminine. Gay Hardwicke aussi est agacée par sa cousine, elle refuse de tremper un doigt dans ses affaires mais les événements vont se précipiter, et son ami, Algy Somers, va malgré lui devenir le suspect idéal.
C'est un fantastique jeu de quiproquos que nous offre ce roman, et c'est ce qui le rend attachant et captivant, car j'avais très vite deviné le coupable. L'intérêt a donc été ailleurs, mais ce fut tout aussi appréciable. J'ai purement savouré ce roman de Patricia Wentworth, c'est un bon cru de 1938, il n'est pas du tout poussiéreux, il est au contraire chic et raffiné. C'est dans cette catégorie de lecture qu'on peut trouver des phrases ampoulées qu'on détesterait ailleurs, mais qui ici prennent une élégance folle et séduisante.

Sylvia émit un profond soupir, se tamponna les yeux à l'aide d'un mouchoir mauve et ouvrit son sac de suède orné d'une initiale en diamants.
J'adore ! Il y a une foule de petits détails pour décrire cette bonne société anglaise, les dialogues sont divins, les personnages attachants, les toilettes vaporeuses. Les inspecteurs fournissent un travail minutieux qui consiste à beaucoup discuter, à cuisiner les témoins en buvant du thé, ce ne sont pas des hommes de terrain, l'enquête n'est pas franchement décoiffante mais ça fait aussi partie du charme de ce type de roman policier. C'est une lecture parfaitement délectable, qui permet de se poser, de savourer et de revoir ses classiques. C'est bon de renouer avec ses premières amours !!!

 

26 janvier 2010

Le baby-sitter ~ Jean-Philippe Blondel

le_baby_sitterJe n'avais pas très envie de parler du dernier roman de Jean-Philippe Blondel. Je l'ai lu, j'ai aimé. Je n'avais pas plus d'avis que ce qui a déjà été dit sur d'autres blogs, je pense. (J'ai zappé tous les messages avant de m'y plonger, de peur d'être influencée.) Alors, pour ceux qui ne connaîtraient pas, voici donc cette petite bafouille.
L'histoire est simplissime : Alex, étudiant sans le sou, devient baby-sitter et psychanalyste sur commande. C'est incroyable cette connivence qu'il crée avec chaque personne qu'il rencontre - la boulangère, le père dépressif, les enfants, la jolie Marion, sa propre mère, avec laquelle les rapports sont loin d'être conventionnels. Dans le fond, j'ai eu du mal à gober toute l'histoire, de croire que ce garçon sorti de nulle part allait pouvoir résoudre les problèmes d'inconnus, s'immiscer dans leur vie comme s'il y avait toujours appartenu, être l'oreille grande ouverte, l'âme compatissante, le donneur de bons conseils, forcément, alors que lui-même patauge dans sa propre existence, bon, bref. C'était assez hallucinant à croire. Et puis je n'ai pas su aimer le personnage d'Alex, même s'il a pour lui d'aimer The Last Shadow Puppets et lire des romans, j'ai trouvé qu'il était mou, trop gentil, passif et souvent à côté de la plaque. Son histoire de baby-sitting, disons-le, est tirée par les cheveux. Je ne reviens pas là-dessus, et je sais que c'est un roman, donc une histoire inventée, imaginée, folle, délirante, blablabla. Je sais, je sais, le baby-sitting sert à raconter une histoire - ce que l'auteur sait très bien faire - et donc à montrer un bout de vie avec des gens aux bras cassés qui vont s'entraider et se serrer les coudes. C'est tout à fait un roman dans la veine des Ensemble, c'est tout. Sauf que, dans ce registre, j'avais trouvé JP Blondel meilleur avec son livre,  Au rebond.
C'est un roman qui se veut, comme le souligne l'éditeur, extrêmement positif et sensible. Je suis d'accord. Ce roman caresse dans le sens du poil, cela fait du bien aussi dans une époque où on cherche absolument à exister (ou briller) à travers le cynisme.
Ce que j'attends de JP Blondel, maintenant, c'est une saison 2 de Juke-Box. S'il te plaît, s'il te plaît.

1er roman de l'auteur publié chez Buchet Chastel, 2010 - 304 pages - 19€

pour toi, Alex... ;o)

And it's solid as a rock rolling down a hill
The fact is that it probably will hit something
On the hazardous terrain

25 janvier 2010

Le temps de la vengeance - R.N. Morris

10/18 Grands Détectives, 2010 - 440 pages - 8,90€
traduit de l'anglais par Bernard Cucchi

temps_de_la_vengeanceCe deuxième titre de la série des Mystères de Saint-Pétersbourg confirme tout le bien que j'avais pensé du premier, L'âme détournée. Nous retrouvons le magistrat Porphiri Pétrovich, assisté pour la première fois de Pavel Pavlovich Virginsky, un personnage déjà croisé dans le précédent volume dans des circonstances plus ou moins houleuses. Tandis que la ville étouffe sous une chaleur insoutenable, le canal empeste et les mouches envahissent les bureaux, le magistrat est appelé sur une horrible affaire de double homicide. Une mère et son fils ont été empoisonnés avec des chocolats, la scène est particulièrement dégoûtante et la douleur infligée aux victimes ne nous est d'ailleurs pas épargnée. Le mari est logiquement suspecté, il s'agit d'un docteur Martin Meyer, un éminent expert en toxicologie. Inutile de s'emballer car l'affaire n'est pas encore pesée, le fait qu'un colonel ait été assassiné dans son appartemment puis un alcoolique tombe raide dans la rue vient relancer cette étrange affaire, qui baigne dans les scènes de carnage et qui révèle les pires vicissitudes de l'âme humaine.
Nous étions déjà vaccinés avec L'âme détournée, mais nous renouvellons l'expérience avec ce Temps de la vengeance. C'est sombre et poisseux, particulièrement peu amène pour décrire l'humanité dans ce qu'il y a de plus sordide et abject. Et pourtant l'histoire n'est jamais totalement glauque ou répugnante, en dépit de la description très poussée des crimes et des morts violentes. L'ambiance de cette série policière est tout simplement captivante, servie par des personnages  aux particularités bien définies - Porphiri est un détective débonnaire, qui prend le temps de réfléchir au lieu d'agir, son nouvel assistant Virginsky s'enflamme avec ses grandes théories révolutionnaires, vite calmées par son supérieur, lequel rappelle le devoir de réserve et de service au tsar. Le duo fonctionne plutôt bien, révélant certaines facettes d'humour et de légèreté chez Porphiri, ce qui n'est pas pour déplaire au lecteur, car cela soulage la tension ressentie tout au long de la lecture. La plongée dans cette Russie du 19° siècle est âpre, le contraste entre les classes est vivement traité, les prémices de la révolution commencent donc à apparaître, mais ceci ne relègue jamais au second plan la trame principale, qui est bien évidemment l'intrigue policière, car tout est bien ficelé, inquiétant et seulement mis à jour dans les dernières pages !
En bref, cela reste une folie vengeresse parfaitement bluffante et brillante à découvrir.

 

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23 janvier 2010

Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti ~ Judy Blundell

Gallimard jeunesse, 2010 - 288 pages - 12,00€
traduit par Cécile Dutheil de la Rochère

Être adulte, était-ce ça ? S'obliger à faire ce qu'on n'avait aucune envie de faire, avec un simple haussement d'épaules ?

ce_que_jai_vuNew York, 1947. Evie vit dans le Queens avec sa mère et Joe. Lorsque ce dernier reçoit un coup de fil insistant, il décide de partir en vacances en Floride. A Palm Beach, ville fantôme où seul un petit hôtel minable est ouvert, les Spooner vont lier connaissance avec un autre couple, les Grayson, et un ancien soldat qui a connu Joe en Europe, Peter Coleridge. Evie tombe immédiatement amoureuse de lui, elle a quinze ans, elle est naïve et a toujours vécu dans un cocon, elle voue une vraie fascination pour sa mère, Bev, qui est belle comme Lana Turner. A côté, Evie se sent comme le vilain petit canard, quelconque, transparent jusqu'à ce que Peter l'aborde, l'invite à danser, lui sourit, propose de la balader dans sa voiture et l'embrasse.

Les semaines passent sous un soleil accablant. Les Spooner n'en peuvent plus mais sont comme électrisés par l'ambiance. Ils repoussent leur départ, Evie s'en moque car elle ne veut pas se séparer de Peter. Et pourtant, le tableau des vacances cache aussi des zones de turbulence - les Grayson joueraient un double jeu, Joe est de plus en plus nerveux, Bev s'embellit sous le soleil et s'absente chaque jour pour apprendre le golf, Peter est terriblement beau, séduisant, charmeur mais c'est une bombe à retardement.

Sous ce climat lourd et pesant, la tension monte, donne du suspense au récit, lequel va très mal se terminer, mais le lecteur s'en rend compte tout seul, au fur et à mesure que l'histoire avance, l'amertume gagne du terrain, les masques tombent, certaines révélations apparaissent, les confiances se perdent, et au milieu Evie se prend la plus grande claque de sa vie. Son passage à l'âge adulte résonnera comme une lente tombée du haut d'un ravin, tant elle comprendra qu'autour d'elle il n'y a que duperie, mensonge et trahison. C'est ahurissant, et le décor de l'après-guerre apporte aussi son lot en dramaturgie et autres horreurs à dévoiler, c'est franchement flippant et hallucinant. La voix d'Evie devient encore plus poignante et magnifique, on partage longtemps cette dualité qui naît en elle, en même temps que la tragédie va fragiliser son petit monde.

C'est un roman à lire d'une traite, écrit dans un style proche des films noirs d'après-guerre, classique et envoûtant, aussi amer qu'un chocolat. Une atmosphère à laquelle j'ai été très sensible.

22 janvier 2010

Far from You ~ Lisa Schroeder

far_from_youFirst Simon Pulse paperback edition January 2010
355 pages

Mom got cancer

Cancer sucks.

She died.

Dad remarried.

The end.

Malgré l'impression donnée par ces quelques lignes, non ce livre n'est pas du tout déprimant ! On suit l'histoire d'Alice qui vit très mal la mort de sa mère, qui ne parvient pas à faire son deuil et qui ne supporte pas le nouveau bonheur de son père avec l'arrivée du bébé. Entre Victoria, la belle-mère, et elle, c'est le silence radio. Aucune connivence. Pas un mot, pas un geste. Respect total, même si chez Ali cela se manifeste plus intérieurement, par une envie de hurler, de claquer la porte, de fuir, d'écrire des chansons tristes, de se plaindre, de se sentir seule et incomprise. Ali trouve refuge auprès de sa meilleure amie Claire, de son petit copain Blaze, de sa musique et son culte à l'église tous les dimanches. Elle croit aux anges, car elle pense que sa mère veille ainsi sur elle.

Pendant les fêtes de Thanksgiving, toute la famille se rend chez les parents de Victoria. L'ambiance n'est pas très joyeuse, Ali fait la tête et son père doit rentrer plus tôt pour son travail, Victoria, le bébé et elle vont donc rentrer toutes seules en voiture. C'est alors qu'une tempête de neige les surprend et les coince en pleine campagne. 

L'histoire est toute simple, mais très belle, écrite en vers, comme le précédent livre de Lisa Schroeder, I heart you, You haunt me, et une nouvelle fois l'émotion est au rendez-vous, insaisissable et pourtant palpable. J'aime beaucoup le principe d'écriture en vers, c'est comme dire en peu de mots l'essentiel, cela touche instinctivement et l'impact devient donc plus fort.

Memories
fall
like
snowflakes
upon
my dreams.

Me and Mom,
a piece of art,
a promise,
a hug.

Me and Dad,
a thousand tears,
a bouquet,
a loss.

Me and Blaze,
an autumn day,
a walk,
a kiss.

Me and Claire,
a flowing skirt,
a song,
a fight.

Je me souviens avoir lu son premier livre avec cette sensation de frissons sur tout le corps, l'histoire était tellement bouleversante en plus ! Ce deuxième livre ne renferme pas la même intensité émotionnelle, c'est dilué autrement mais c'est aussi très touchant. Alice est une jeune fille qui souffre du mal de mère, elle est en pleine crise, c'est un sujet difficile et douloureux, pourtant le personnage n'est jamais imbuvable. C'est toute la délicatesse de l'auteur - dessiner des caractères sensibles et authentiques, envers lesquels on ressent beaucoup d'amour, de compassion ou d'admiration. On tombe amoureux de tous les personnages, on les aime d'amour, c'est tout !

Toute la partie où Alice est bloquée dans la voiture, à cause de la neige, est un moment où j'ai été surprise, un peu tenue par le suspense, même si je ne croyais pas trop à une fin malheureuse, et aussi intriguée par ces passages qui flirtent avec le fantastique, l'apparition de l'ange, entre rêve ou réalité, fantasme ou délire, c'est un léger flottement dans le livre et ce n'est pas ce qui m'a le plus noué l'estomac, j'avoue, pourtant c'est une partie essentielle, qui permettra à Victoria et Alice de mieux se comprendre, d'abord, et ensuite qui permettra à Alice de dire un dernier au revoir à sa maman. Bon, c'est vrai qu'il y a eu un moment ou un autre où j'avais un sourire béat et un tout petit peu la gorge nouée. (Non ! je n'ai pas pleuré.)

Une dernière mention spéciale pour Blaze, sexy boy, he rocks so bad !
Big. Sigh.

challenge Lire en VO - 8

LireEnVo

21 janvier 2010

Les Demoiselles du Palais-Royal ~ J. Esther Singer

Seuil, 2009 - 288 pages - 12€
illustrations de Natacha Sicaud

Les_demoiselles_du_Palais_RoyalCette série historique pour les lectrices de 12-14 ans est absolument fraîche, divertissante et très agréable à lire. Elle s'inscrit dans la veine des Annie Pietri (Les Orangers de Versailles) et Anne-Marie Desplat-Duc (Les Colombes du Roi-Soleil). L'histoire se passe sous la Régence, en 1718. Les héroïnes sont quatre cousines issues de la bonne société - les jumelles Henriette et Héloïse de Gaumont, et les soeurs Bertrade et Blanche de Pontivy. L'histoire raconte comment Héloïse et Henriette vont, un peu malgré elles, devenir les espionnes à la solde du Régent et déjouer le complot contre le jeune roi Louis XV.
L'auteur s'est attachée à beaucoup détailler le contexte historique en plus des personnages avec un soin proche de la pédagogie. C'est d'ailleurs juste l'infime défaut que je pourrais lui reprocher, ce souci de présenter pénalise légèrement la fluidité du romanesque. Les héroïnes sont charmantes, les situations qu'elles vivent sont peu crédibles et l'inéluctabilité des intrigues nous sautent vite aux yeux. Néanmoins, cela reste un bon moment de lecture, j'ai beaucoup aimé l'écriture de J. Esther Singer, la légèreté des demoiselles et leurs traits terriblement typés (l'une est frivole, l'autre se passionne pour l'étude, encore une autre est pieuse et la quatrième totalement transparente !).
On retrouve dans ce livre les qualités et défauts du genre, car la série se veut à la fois instructive et distrayante. On brasse les complots, les soupirants, les projets de mariage, l'ordre de la Mouche-à-miel, les morts mystérieuses et l'exil avec la même évidence, ou limpidité. Je me répète, mais j'ai trouvé cette série absolument charmante ! Et la couverture est bien jolie.
A signaler la parution rapprochée des deux tomes suivants : le deuxième en mars 2010 et le troisième cet automne.

 

21 janvier 2010

L'incroyable voyage de Jeanpoté ~ J.M. Trewellard

illustrations de Ian Beck
Pocket jeunesse, 2009 - 210 pages - 12,50€
traduit par Sidonie Mézaize

voyage_jeanpot_Voilà un petit roman charmant, drôle et merveilleusement illustré par des ombres chinoises, à conseiller aux lecteurs dès 8-9 ans, même si 200 pages de lecture peuvent rebuter certains, l'aisance et la clarté d'écriture dans ce récit, très largement illustré en plus, noiera facilement le poisson.
L'histoire est celle de Jean, un garçon d'écurie rêveur et amoureux de la belle princesse, mais Jean est maladroit et empoté, on le surnomme Jeanpoté pour se moquer de lui et le garçon ne le supporte plus. Il voudrait prouver qu'il a l'étoffe d'un chevalier, et l'occasion va hélas se présenter lorsqu'il assiste au kidnapping de la princesse par un nuage noir magique. Le roi envoie ses meilleures troupes pour sauver sa fille, tandis que Jean doit rester au château. Il décide alors de constituer sa propre troupe de vaillants héros - Truffe, le chien et Dolly, le cheval - pour retrouver lui-même sa princesse.
Un petit détail, en passant : dans l'histoire, les animaux parlent ! Truffe est un éternel bougon qui appelle Jean à plus de prudence, Dolly est placide, gentille et confiante. Tous les trois ne sont pas impressionnants, pas très forts, pas très bien équipés non plus, mais ils vont prouver que ce ne sont pas simplement les armes qui font la force. En route, ils vont s'allier avec d'autres compagnons - une loutre, un cochon, une vache, une souris, une alouette et un renard. Et de fil en aiguille, ils commencent à dresser le portrait du ravisseur de la princesse - des ailes, des griffes... Brrr. La fin de la mission va mettre à l'honneur la bravoure et l'intelligence de Jean, lequel aura toutes les raisons du monde pour ne plus être appelé Jeanpoté après cette aventure, ou sire Jeanpoté s'il vous plaît !
C'est sans nul doute un bon petit roman qui traite d'amitié et de camaraderie, avec un zest d'humour, de très belles illustrations et une histoire qui fleure bon le conte façon les musiciens de Brême (pour le côté, animaux qui parlent et qui partent à l'aventure).

 

20 janvier 2010

La voix du diable ~ Sylvie Brien

Gallimard jeunesse, coll. Hors-Piste, 2010 - 160 pages - 8,50€

voix_du_diablePetite frustration en découvrant ce quatrième tome des enquêtes de Vipérine Maltais, l'illustrateur n'est plus Gianni De Conno mais Nicolas Thers, et j'avoue que cette couverture n'a plus le même charme, ça manque. Dommage.
Heureusement le contenu du roman est toujours égal à lui-même : notre petite élève du couvent Sainte-Catherine est appelée à la rescousse pour résoudre la mort d'un journaliste, Honorius Sarfato, qui a été retrouvé raide dans un bain public. Direction, donc, la ville de Québec et les yeux de Vipérine sont éblouis ! Accompagnée de sa grand-tante, qui va réceptionner le contenu de son petit soulier (un side-car Harley Davidson !) à la barbe de tous, Vipérine va mener son enquête et résoudre l'affaire comme à son habitude - en un final digne des romans d'Agatha Christie, puisqu'elle réunit tous les suspects et expose les faits point par point avant la sentence implacable !
Je suis une lectrice passionnée et enthousiaste des enquêtes de Vipérine Maltais, j'apprécie l'écriture de Sylvie Brien, l'ambiance de ce Québec des années 1920, les réflexions pertinentes et les flèches bien senties des demoiselles contre l'époque qui refusent liberté et droits à la femme, en cela je suggère aussi aux lectrices de se pencher sur la série de Nancy Springer avec Enola Holmes, la pseudo petite soeur du grand détective.
C'est une série intelligente, avec du suspense, des personnages hauts en couleur et très attachants, un peu d'humour, beaucoup de répartie, les filles mouchent facilement les garçons trop insolents, la prise de conscience de l'injustice quant à l'éducation des demoiselles prend d'ailleurs de plus en plus de place, c'est très bien, et en même temps l'intrigue policière est présente, pas un temps mort, de l'action sympathique, la bonne soeur en side-car dans les rues de Québec, par exemple, c'est vraiment drôle ! Enfin, c'est un rendez-vous toujours appréciable, mais j'aimerais qu'on repêche Gianni De Conno pour ses illustrations, c'était un plus qui ne comptait pas pour des prunes, merci !

 

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