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Chez Clarabel

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10 janvier 2010

16 Lunes ~ Kami Garcia / Margaret Stohl

It's not always rainbows and butterflies
It's compromise that moves us along,...

Encore une histoire de lycée et d'adolescents qui vont tomber amoureux, contre l'avis de tous, tiens ça change un peu de constater qu'il s'agit d'un narrateur, Ethan, un gentil garçon qui vit avec son père, écrivain reclus dans son bureau depuis la mort de son épouse, et Amma, celle qui prend tout en charge dans la maison et ne plaisante pas avec la discipline. Nous sommes à Gatlin, "l'épicentre du milieu de nulle part", dans le Sud des Etats-Unis. Tout le monde connaît tout le monde, Ethan fait partie de l'équipe de basket, il appartient donc au groupe des gens in de l'école. La communauté n'aime pas les brebis galeuses, alors l'arrivée de la nouvelle élève - Lena Duchannes - crée l'émoi général. De plus, elle est la nièce de Macon Ravenwood, celui qu'on considère toqué du bocal et qui vit dans une grande maison hantée. La brunette aux yeux verts peut s'accrocher au volant de son corbillard noir - emprunté à son cher tonton - car Gatlin et ses âmes puritaines lui réservent un accueil de choix !

Ethan a néanmoins un choc en rencontrant la demoiselle pour la première fois, il semblerait que ce soit celle dont il rêve depuis des mois, celle qui le hante et lui parle dans la tête, celle qui lui donne à entendre une chanson qu'il est seul à percevoir, celle qui est prête à tomber et qu'il se sent dédié à sauver, bref elle est celle dont il est tombé fou amoureux.

En attendant, c'est beaucoup plus dense, plus sombre et plus énigmatique. Outre la superbe description de ce Sud traditionnel, on trouve dans cet épais roman une histoire très romantique autour d'une impossible histoire d'amour. C'est fâcheux. Car Lena a un secret, ne comptez pas sur moi pour vous donner le moindre indice, il faut souffrir une bonne centaine de pages pour en obtenir les premiers symptômes. Avec cela, on découvre aussi des secrets de famille, et même la généalogie d'une famille pas comme les autres, des faits historiques et des flashbacks à donner des petits frissons dans le dos. On trouve également une malédiction, des gentils et des méchants, héhéhé, rien de bien original dans le fond, mais on mord facilement à l'hameçon.

Et pourtant, j'ai connu des hauts et des bas avec ce livre. Des bas, parce que c'est un roman beaucoup trop long, certains passages sont inutiles, l'ensemble aurait gagné en dynamisme et même l'histoire d'amour mériterait d'être plus pêchue, parce que je ne l'ai pas trouvée particulièrement exaltante. La faute aux personnages qui manquent de charisme, à mon goût : Ethan est gentil, point. Lena est une Mary-Sue, bof. Non, franchement le couple ne me transporte pas et leur histoire me laisse de marbre.

Ce que j'ai apprécié, très clairement, c'est cette ambiance sudiste, l'atmosphère mystérieuse et envoûtante, et apprendre de fil en aiguille les arcanes d'une communauté qu'on jugeait lisse et ennuyeuse, Gatlin et les Filles de la Révolution, tout un folklore dépassé et pompeux, mais sous les couches de cette société, on trouve un autre monde, plus torturé et tout aussi codifié, et rien que pour ça j'ai trouvé que c'était vraiment pas mal.

Une suite, prochainement (parution en décembre 2010 pour les US) : 17 Lunes.

beautiful_creatures_16LUNESHachette, coll. Black Moon, 2010 - 635 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau
titre vo : beautiful creatures

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9 janvier 2010

aux jeunes aventuriers...

Plusieurs romans lus avec ou sans la complicité de ma fille ont accompagné mes dernières soirées de lecture... Au choix, le premier tome des Chasseurs de Lumière par Magali Herbert. Oui, c'est français et c'est très, très bien écrit. L'histoire raconte l'étrange destinée de Grégoire, un collégien de treize ans, qui reçoit par la poste un colis contenant une vieille lanterne, et cette lanterne, qu'il cache dans son placard au lieu d'en parler à ses parents ou à son meilleur ami Romain, va peu à peu bouleverser sa vie. Avant de découvrir qu'elle possède des pouvoirs magiques, il se rend compte de petits détails qui surgissent brutalement dans son quotidien et viennent chambouler sa routine. Grégoire se brouille avec son copain, il est collé le jour même où il a un match important de handball, il se lie d'amitié avec une camarade de classe qu'il jugeait trop discrète, mais Concepcion a en point commun d'avoir elle aussi une lanterne, héritée de sa grand-mère. Leur duo viendra accueillir un troisième larron, et ensemble ils vont percer le secret des lanternes et partir à la recherche des 12 lanternes de Melkabor.
les_chasseurs_de_lumiere_1Beaucoup d'aventure et de suspense accompagnent ce récit, il est foncièrement captivant, écrit pour séduire les curieux dès 10-11 ans, les personnages sont bien brossés, l'action trépidante, le cadre à la fois simple, réaliste et très proche du lecteur. Vraiment c'est une série intelligente à conseiller aux jeunes aventuriers, le tome 2 La légende sacrée est déjà disponible en librairie.
A paraître : La menace des ombres.

Les Chasseurs de Lumière, tome 1 : Les 12 lanternes de Melkabor par Magali Herbert
Milan poche, coll. junior aventure, 2009 - 250 pages - 6,50€
illustration de couverture : Aline Bureau

Le site de l'auteur : http://www.magaliherbert.com/

 

 

 

*

 

Vous en voulez plus ? Des histoires de chevaliers, de graal et de croisade ? Je vous conseille cette série de l'américain Michael Spradlin : Le plus jeune des Templiers. Tome 1 : Le gardien du Graal. L'histoire nous transporte dans l'Angleterre du XII° siècle. Tristan est un jeune orphelin recueilli par les moines de l'abbaye de Saint Alban. On ignore tout de sa naissance, mais un billet confie que cet enfant nécessite un soin attentif car sa vie représente une menace. A quinze ans, son chemin croise une poignée de Templiers prêts à s'embarquer aux côtés du roi Richard vers l'Outremer (ainsi se nomme la terre des Sarrasins) et Tristan accepte d'être l'écuyer de sir Thomas, un homme bon et puissant, qui ne semble pas ignorer les secrets des origines du garçon. Mais en gagnant un ami, Tristan subit aussi les foudres de la colère d'un autre homme, sir Hugh. Les complots et la trahison seront de la partie, en plus des violentes confrontations à la forteresse d'Acre. Je vous épargne les détails de cette passionnante épopée, mais les aventures vont en passionner plus d'un.
le_gardien_du_graalIl s'agit d'un roman historique riche en aventures, mêlant des faits authentiques à des figures légendaires du folkore britannique (frère Tuck, le forgeron Jean Petit, ou Robard Hode, archer de la forêt de Sherwood). Ce premier tome annonce d'autres péripéties inattendues et agréablement surprenantes.
A suivre : La Trace du destin.

Le plus jeune des Templiers - tome 1 : Le Gardien du Graal par Michael P. Spradlin
Tourbillon, 2009 - 345 pages - 12,95€
traduit de l'anglais par Stan Barets

 

 

 

*

 

Et enfin : Les secrets de l'immortel Nicholas Flamel, tome 1 : L'alchimiste.
Michael Scott signe là une saga tout simplement passionnante où se mêlent les courses-poursuites, les disparitions, l'immortalité, les créatures mythiques et la magie en un tour de main. Au coeur de cette aventure, on trouve Josh et Sophie, des jumeaux de quinze ans, témoins malgré eux du kidnapping de Pernelle Fleming, l'épouse du libraire Nick, chez qui travaille Josh durant l'été. Le couple (les Flamel, leur véritable identité) est en fait immortel grâce à un manuscrit rare - le Codex. Or, celui-ci est également convoité par leur ennemi juré, John Dee, qui est prêt à user de tous ses pouvoirs pour parvenir à son but. Lorsqu'il y parvient, c'est sans se douter qu'il lui manque deux pages précieuses. Sa colère, alors, risque de s'abattre sur Sophie et Josh, propulsés contre leur gré dans cette chasse à l'homme et au Codex au péril de leur vie. Il leur faut accompagner Nick dans sa mission, affronter les pires ennemis, croiser des légendes vivantes et même découvrir une prophétie qui pourrait leur conférer une importance cruciale. Et le temps est compté, car au fil des jours Nicholas et Pernelle vieillissent et peuvent mourir au bout d'un mois.
C'est un bon roman d’aventure fantastique, divertissant, assez original. Les amateurs des mythes et légendes vont se régaler, l'action est bien dosée, menée tambour battant, les personnages ne sont pas ici que de simples êtres de papier, sortis de l'imagination de l'auteur puisqu'il s'est inspiré des maîtres de l'alchimie et des mathématiques, des chercheurs passionnés qui auraient percé le secret de la pierre philosophale, et d'autres créatures sorties de la mythologie mondiale. Bref ce sont toutes d'étonnantes surprises et découvertes, un bon point que le lecteur ne boudera pas !
Ensuite, en ce qui me concerne, j'ai longtemps pensé à une autre série, qui ne traite pas du même sujet mais qui propose aussi des voyages à travers les époques pour permettre au héros de parvenir à son but et de retrouver son père, j'ai nommé la trilogie de Guillaume Prévost, Le livre des Temps. C'est idiot à rapprocher, car ce sont deux univers différents, néanmoins et malgré moi, je n'ai pu m'ôter cette idée de la tête et j'espérais implicitement retrouver le même souffle romanesque et passionnant dans la saga de Michael Scott.
Attention, je ne prétends pas que Les secrets de l'immortel ne méritent pas qu'on s'y attarde, bien au contraire, mais je classe la série de G. Prévost en première position.
Merci Mle Jteferaidire pour la découverte !

secrets_de_l_immortel_nicolas_flamelLes secrets de l'immortel Nicholas Flamel - tome 1 : L'alchimiste par Michael Scott
Pocket jeunesse, 2008 - 360 pages - 19€
traduit de l'anglais par Frérérique Fraisse

A suivre : Livre II Le Magicien.

8 janvier 2010

Vérité et feuilles de thé ~ Alexander McCall Smith

mon dernier achat cd : zee avi, une demoiselle de vingt-trois ans, un talent énorme ... so sweet !

Côté lecture, voici pour répondre à votre besoin de dépaysement et d'exotisme, de réconfort ou de refuge littéraire, Mma Ramotswe et son sourire viennent à la rescousse ! 

... la petite fourgonnette blanche qui, depuis quelques mois, produisait par intermittence un bruit étrange, recommençait soudain, encore plus fort qu'auparavant. Certes, Mma Ramotswe venait de tourner dans Zebra Drive, et prendre un virage exigeait toujours un effort particulier du véhicule, ce qui avait à voir avec les suspensions et ce que Mr. J.L.B. Matekoni appelait élégamment la "répartition de la charge". Réfléchissant un jour à cette expression, Mma Ramotswe lui avait demandé avec, peut-être, un peu trop de brusquerie : "Et cette charge, je suppose, Mr. J.L.B. Matekoni, c'est moi ?"
Il avait détourné les yeux afin de masquer son embarras.
- On peut le dire comme cela, Mma Ramotswe. Mais il faut savoir que nous représentons tous une charge pour les véhicules. Même ces mannequins très maigres sont une charge...
Il s'était arrêté là. Ce n'était pas ainsi qu'il parviendrait à se rattraper et Mma Ramotswe l'observait, attendant visiblement une suite.
Lorsqu'il était devenu clair qu'il n'avait rien à ajouter, la détective avait repris :
- Oui, Mr. J.L.B. Matekoni, il y a des femmes comme ça. Et hélas, on en voit même de plus en plus. Il y en a beaucoup désormais.
Elle avait marqué un temps d'arrêt, avant de poursuivre :
- Mais peut-être vont-elles commencer à disparaître. Elles vont maigrir encore et encore, devenir de plus en plus à la mode, et puis... pfffut... le vent les emportera.
Cette remarque avait réduit la tension et tous deux s'étaient mis à rire.
- ça leur apprendra ! s'était exclamé le garagiste. Elles seront emportées par le vent, alors que les autres dames seront toujours là, elles, parce que le vent ne sera pas assez puissant pour soulever...
Là encore, il s'était arrêté. Comme la fois précédente, Mma Ramotswe le dévisageait, guettant la suite.

Dans ce nouvel épisode, point de précipitation, beaucoup de contemplation et de réfléxion sur la vie qui coule tranquille. Au Botswana, on bichonne son postérieur, ses pieds, ses femmes et on se régale en buvant des litres de thé rouge. Hé hé. C'est ma conclusion hâtive, n'y faites pas attention ! Sans quoi, au passage, n'hésitez pas à tester la recette très relevée de Mma Makutsi et de son poulet piri-piri, en veillant à ne pas vous arroser le gosier de grandes rasades d'eau fraîche, non, non, souffrez en silence pour les beaux yeux de votre fiancé, il vous en remerciera la main sur le coeur. De là à conclure qu'il vous envisage comme la femme de son existence PARCE QUE vous savez cuisiner le poulet piri-piri, SA recette préférée, hmm... vous n'y allez pas de main morte ! Ceci étant, c'est une pécadille face à l'énorme confrontation qui s'annonce. Notre redoutable Mma Makutsi - redoutable par sa force de caractère, croyez-moi - va avoir d'autres chats à fouetter en apprenant que la nouvelle employée de son fiancé est Violet Sephotho ! Le cauchemar de Mma Makutsi. Une menteuse. Une tricheuse. Une oppportuniste. Certes, elle est ravissante et elle se sert de son sex-appeal pour obtenir tout ce qu'elle veut. Son nouvel objectif ne se nommerait-il pas Mr. Phuti Radiphuti ? Aïe.

Mma Ramotswe va devoir supporter de longues heures de complainte, de rage, de frustration... alors qu'elle-même doit se sermonner pour dire adieu à sa vieille fourgonnette blanche, son fidèle destrier, ni plus ni moins. Son cher et tendre Mr. J.L.B. Matekoni, excellent garagiste de son état, lui a déjà laissé entendre qu'il faut savoir se débarrasser des vieilles choses inutiles et dangereuses, mais Mma Ramotswe ne peut s'y résoudre. C'est une vieille histoire d'amitié, de partage, d'affection. C'est comme "une vache qui attend son heure sous un arbre". Mma Ramotswe, pour soulager la fourgonnette, choisit donc de faire le chemin à pied. Cela rappelle la discussion qui ouvre le roman, entre la détective et son assistante, mais marcher sous un soleil de plomb, sur des sentiers poussiéreux, avec la constitution qu'on lui connaît (il est écrit qu'elle est "traditionnellement" charpentée...), bref ceci nous donne une superbe et vilaine ampoule au pied ! Ouille.

Pas de grosse enquête, comme d'habitude. Beaucoup de personnages secondaires, d'anecdotes qui viennent se greffer à des petits bouts sans grande consistance. On connaît la recette, c'est simple, efficace, plaisant et reposant. Cette fois, un certain Leungo Molofololo réclame l'assistance de Mma Ramotswe pour démasquer le traître au sein de son équipe de football. Il est le président de la meilleure équipe du pays, mais depuis plusieurs mois leurs résultats sont déplorables, Mr. Molofololo est persuadé qu'on cherche à saboter son travail. Mma Ramotswe devra gagner la confiance des joueurs pour les cuisiner aux petits oignons et mettre à jour la supercherie. (La résolution, ma foi, est fidèle à l'image de la série !!!)

En refermant la dernière page, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles. C'était bien, sans grande surprise, mais vraiment bien...

verite_et_feuilles_de_the

10-18 Grands Détectives, 2010 - 256 pages - 7,40€
traduit de l'anglais par Elisabeth Kern

Oui, encore ... c'est un très bon disque ! :)

7 janvier 2010

devinez quoi ?

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la sortie de Hush Hush, le best-seller de Becca Fitzpatrick, est prévue en Avril 2010 dans la collection MSK des éditions du Masque !!!

hush_hush

bonne nouvelle : l'édition française conservera la couverture originale !

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7 janvier 2010

Des corps en silence

Il fallait s'attendre à une déception et elle est venue, trop tôt, à mon goût. Et c'est sous la plume de Valentine Goby qu'elle est survenue, de quoi me désoler plus particulièrement. Je suis très sensible à ce qu'écrit cet auteur depuis ses débuts, j'ai pu noter son évolution, ses changements, ses intérêts pour la femme, son intimité et tout ce qui touche le corps féminin. Son dernier roman s'intitule Des corps en silence, un joli nom, pour un roman dont le sujet ne pouvait que me plaire. On y parle de deux femmes, l'une à notre époque et l'autre en 1913. Claire roule avec sa fille Kay et refuse de rentrer chez elle où l'attend Alex. Plus d'amour, plus d'envie. Claire tend vers une rupture définitive et douloureuse. De son côté, Henriette est folle amoureuse de son homme, lequel l'a initiée aux plaisirs charnels alors qu'elle vivait un mariage sans éclat. Elle aime son homme, passionnément. Elle n'en peut plus de sentir qu'il se détache, elle veut renouer ce lien entre eux qui était si fort et qu'elle pensait indéfectible. Oui, elle est prête à tout. Par amour, pour son amour. Ses deux femmes s'entrechoquent, ou disons que ce sont leurs parcours qui se font écho. La construction est plutôt habile car chaque chapitre se termine sur un coup de tête, pour embrayer sur le suivant, comme par un effet de ricochet. Les deux femmes sont ainsi unies, elles ont en point commun de refuser le silence des corps. C'est un roman que je voulais à tout prix aimer, et que je pensais lire en me délectant, hélas je l'ai trouvé froid, cru et déroutant. Je m'y suis très vite sentie mal à l'aise. Je préfère le ranger de côté et envisager qu'un jour je vais le reprendre, Valentine Goby possède beaucoup de tact et de maîtrise pour impressionner ses lecteurs, je sens que des retrouvailles sont proches !

... elle aime ça : se perdre, à nouveau, et c'est aussi, pense-t-elle, parce que au bout du voyage il y a Alex, d'ailleurs moins Alex que la douceur d'une vie qui l'attend, une fois la parenthèse refermée, la quiétude, sa certitude quand elle rentrera chez elle, après. Un soir, dans sa chambre d'hôtel, elle reçoit un message sur son téléphone portable : "Ta peau me manque." Elle regarde s'afficher les lettres sur fond d'écran orange. Elle frémit. De ne rien sentir. Elle relit. N'éprouve rien. Ne sait pas quoi répondre. Caresse son bras. Sa nuque. Son ventre. Touche son clitoris sous la chemise de nuit. Les aréoles de ses seins. Se couche. Garde les yeux ouverts sur le noir. Elle est en train de mourir, comme Alex meurt dans sa tour de la Défense. La fin du manque. Du désir. La fin.

A noter, son précédent roman - Qui touche à mon corps je le tue - est disponible en poche chez folio.

des_corps_en_silenceDes corps en silence
Gallimard, 2010  -143 pages - 13,50€

 

NB : Ce roman a en fait besoin de temps, d'espace et de patience. C'est en relisant un bref passage, pioché au hasard, que je me suis aperçue combien j'avais été trop gourmande et maladroite avec ce livre. Il se délecte par petites gorgées, même si c'est un livre de moins de 150 pages.   

Voilà donc un roman à garder sous le coude, et qui demande une approche timide, farouche et fatale.

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6 janvier 2010

Le reste est silence ~ Carla Guelfenbein

Grandir, c'est comme monter sur une montagne avec une pancarte autour du cou sur laquelle est écrit : OUBLIE. Parfois, je retiens ma respiration pour arrêter le temps, ou bien je fais des pas en avant ou en arrière, ou bien je compte de un à cent et ensuite de cent à un. Alors, je ne comprends pas pourquoi le temps ne peut pas remonter avant, à l'époque où maman était encore vivante.

Le reste est silence.
Ou comment des vies peuvent soudainement être bouleversées devant nos yeux de lecteur. Cela commence un jour de mariage, un garçon sous une table enregistre la conversation des convives et surprend la vérité sur la mort de sa mère. Tommy est un enfant qui souffre d'une maladie cardiaque rare, il a besoin d'être toujours entouré, il ne doit fournir aucun gros effort, même si l'enfant rêve de voler ou brandir son épée imaginaire et croiser le fer. Son père, Juan, est médecin, veuf. Il s'est remarié avec Alma, une femme très belle, maman d'une petite fille. Alors que Juan quitte la cérémonie pour une opération de transplantation sur un malade du même âge que son fils, et atteint du même mal, Alma retrouve son amour de jeunesse. Leo. Trop beau, trop beau parleur aussi. Trop séducteur. Danger. Sa présence, son écoute, son charme, sa drague font perdre la tête. Alma ne sait plus, son couple prend l'eau, elle a besoin d'air et puis besoin aussi de régler un différend vieux comme le monde avec sa propre mère.

Tommy a choisi de partir sur les traces de sa maman. Soledad et ses silences. Sa maladie. Son suicide. Et les secrets de famille. Ce regard d'enfant sur le monde des adultes est empreint d'une grande intelligence et d'une grande noblesse. Tommy est un personnage qu'on adore tout de suite. On a cet instinct de vouloir le prendre dans ses bras, de le suivre ou le guider pour ne pas qu'il se sente perdu, besoin de le rassurer et le réconforter sur lui, sur sa maman disparue et sur les gens qui l'entourent et qui l'aiment, même s'ils oublient souvent de lui prouver.

C'est un roman très élégant, digne, implacable, où se nichent des drames et des silences qui viendront bouleverser les protagonistes, c'est déjà dit, mais aussi émouvoir les témoins de cette histoire. Car nous ne sommes que spectateurs et impuissants par la même occasion. Nous voyons beaucoup de maladresse, de faiblesse, de non-dits et d'actes manqués. Cela donne des frissons partout, et pourtant ce n'est pas éprouvant ou révoltant. Juste le cours de la vie. Et puis c'est tellement désarmant, l'histoire de Tommy, de Juan et d'Alma forme un noeud dans notre estomac, avant l'impact et l'émotion. On devine que la vie des ces trois-là va basculer - pour le meilleur ou pour le pire.
Le reste est silence.

le_reste_est_silenceUn très beau titre pour un roman touchant, juste et admirable, qui entonne une petite mélodie aux oreilles de ceux qui le veulent. 

Actes Sud, 2010 - 312 pages - 21€
traduit de l'espagnol (Chili) par Claude Bleton

5 janvier 2010

Les âmes soeurs ~ Valérie Zenatti

Elle relit ces phrases sur un homme de fiction mais qui semble si vivant, même après sa mort de papier, survivant dans un amour de papier, mais si vaste, si absolu, qu'elle ressent elle aussi un mélange d'amour profond et de deuil.
(...)
Elle relit ces mots qui lui offrent une autre vie, plus libre, reliée au vaste monde, à ses palpitations, aux seules vraies raisons de vivre, l'amour et l'art. Une vie qui tient ses promesses de richesse et d'intensité. Elle voudrait arriver au bout du livre, et dans le même temps elle voudrait qu'il ne s'achève jamais, qu'il reste une histoire dans laquelle elle a pris place et qui lui donne depuis hier le sentiment qu'un sang nouveau coule dans ses veines, le sang de Lila Kovner qui n'a peut-être pas eu une vie heureuse mais qui l'a vécue si intensément, qui a su ce qu'était l'amour, ce qu'était la guerre.

C'est l'histoire d'un livre qui m'a murmuré à l'oreille des choses douces et a fait naître en moi des sensations, des émotions indicibles. Ce livre raconte deux femmes qui jamais ne se croisent, où l'une apprend à aimer l'autre sans espoir de retour et où cet amour finit par donner des ailes et apparaître des vérités.

Emmanuelle est mariée, mère de trois enfants, travaille dans une entreprise et sent combien sa vie ne ressemble plus à rien. Tout l'accable. Tout l'ennuie. Elle en prend conscience grâce à la lecture d'un roman qui lui parle de l'histoire d'une photographe, Lila Kovner. Amour, drame, séparation, anticipation, audace et bravoure. Un choix de vie qui interpelle Emmanuelle, trop handicapée par l'inertie de son quotidien.

Sa lecture la met également face à ses souvenirs, à ses pertes (la mort de sa mère, de sa meilleure amie, son alter ego). A l'occasion d'une journée où elle décide de ne pas aller travailler, de ne pas en toucher un mot à son mari, de déposer ses enfants à l'école et à la crèche, elle prend la clé des champs. Son tête-à-tête avec son roman.

... retrouver le livre, se sentir absorbée par lui, reprendre place dans cette vie secrète et intense où tout lui était possible, où tout était vivable.

La lecture en thérapie.

Emmanuelle va gagner plus qu'un coup de coeur littéraire, elle va aussi se dépasser, atteindre ses limites et franchir la ligne qu'elle croyait ne jamais plus dépasser. La liberté au bout du chemin, comment voulez-vous ne pas applaudir cette jeune femme qui saura prendre LA bonne décision ? !

... son coeur avait appris à battre au rythme des pages tournées, et si sa vie ne lui semblait pas toujours digne de ses rêveries, si elle ne pouvait pas tout changer, tout abandonner, y compris elle-même, elle pouvait au moins briser le carcan de ce travail insipide, prendre le temps de vivre, de regarder autour d'elle et en elle, de faire de la place pour ce qui lui tenait à coeur.

Battement de paupières.

J'ai porté ce livre ! Merci Valérie Zenatti. Cette lecture a été pour moi une évidence précieuse et rare et je convie toutes les femmes qui traversent des périodes de doute de s'y réfugier sans attendre. C'est trop intime d'en dire plus, je me contenterai alors de trois points de suspension... 

les_ames_soeursEditions de l'Olivier, 2010 - 172 pages - 16,50€

 

4 janvier 2010

Le camion blanc ~ Julie Resa

Une pensée pour Lhasa ...

Tout lui échappait.
Son corps, bizarrement flasque et strié depuis l'accouchement. Toujours fatigué, toujours affamé.
Son esprit qui se farcissait n'importe quoi au lieu de se libérer, de se vider.
Sa vie qui tournait en rond depuis qu'elle avait choisi de prendre un tournant.
Et ce camion qui l'obnubilait, se moquait d'elle.

C'est l'histoire d'un affrontement entre une femme, jeune maman qui se rend constamment sur la tombe de sa mère, décédée dix ans trop tôt dit-elle, et un camion blanc, stationné impunément devant la belle maison de son père, dans un quartier chic et résidentiel, un havre de paix qui va progressivement devenir un enfer pour la narratrice.

L'affrontement est muet, insolent, de la résistance passive puis du dur, du violent, de la sournoiserie. La jeune femme a choisi de cristalliser sur ce camion blanc et son propriétaire ses propres refoulements, ses relents de haine, sa frustration, sa fatigue, son dégoût de la vie. De sa vie.

En seulement 90 pages, le face-à-face est pathétique, drôle, mesquin, abusif. On sait que cet acharnement cache autre chose, chez cette femme lessivée par sa non-existence il y a aussi ce deuil mal cicatrisé, cette absence de la maman qui repose au cimetière. Et le bébé qui braille, la maternité pas bien assumée, le père qui devient le dernier rempart où se refugier pour trouver un dernier semblant de l'enfance...

le_camion_blancCe petit roman en dit plus qu'il ne paraît et j'ai purement apprécié sa brièveté, sa finesse, sa tonalité et sa narratrice désabusée et insupportable.
Un petit roman qui mériterait d'être découvert.

Buchet Chastel, 2010 - 90 pages - 10€

> également lu par keisha 

en librairie le 14 janvier 2010

4 janvier 2010

Ne jamais tomber amoureuse ~ Melissa Marr

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2010 - 378 pages - 14€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre

He leaned back in his seat. The blue lights of the club heightened his inhuman appearance. "What if I told you that you were the key - the grail, the book - that one object that will rescue me ? What if I said you were what I need to defeat one who freezes the earth ? If your acceptance would save the world - all these faeries, your mortals, too - would you do it ?"
She stared at him. Here was the answer that they'd been hiding from her.

ne_jamais_tomber_amoureuse

Une jeune fille douée de capacités paranormales, une amoureuse déchue et bafouée, un type à la beauté solaire et un autre au look rebelle mais sexy, une vilaine reine exclusive et machiavélique, et des fés et des fées qui sont globalement insouciants, taquins, joueurs, fourbes et retors... Voilà le programme.

Aislinn possède la Vue, c'est-à-dire qu'elle peut voir les créatures féériques qui l'entourent. Et ces derniers temps, elle se sent de plus en plus cernée. Il y a notamment ce fé très, très beau et sa compagne, une beauté froide, accompagnée d'un loup, qui ne cessent de la poursuivre. Un soir, Keenan l'aborde et tente de la séduire. Aislinn est terrifiée, au-delà du charme elle devine sa véritable nature, mais lui l'ignore. Il la veut, il n'a qu'un but dans son existence : la rendre amoureuse et l'amener à accomplir un sacrifice. Kennan est roi de l'Eté, Aislinn est son Elue.

C'est tout ce que le roman avec ses 378 pages nous raconte ! Alors évidemment, j'ai parfois trouvé que c'était long, lent, répétitif. Et pourtant, cela ne m'a pas totalement déplu non plus.

L'ambiance de l'histoire est sombre et mystérieuse, un brin angoissante. Les faes appartiennent soit au royaume de l'été (ils sont libres et insouciants, ne pensent qu'à boire, danser et s'amuser), au royaume de l'hiver (ils sont brimés par la reine, également la mère de Keenan, et subissent ses accès de colère et de barbarie) et au royaume des ténèbres (les fés sont répugnants, ne s'en cachent pas, agissent pour infliger les pires souffrances en y prenant beaucoup de plaisir !). On comprend pourquoi Aislinn n'est pas ravie de rejoindre ce monde !

Et pourtant, la situation est désespérée. Keenan est prisonnier d'un sortilège lancé par sa propre mère, cela dure depuis des siècles et il a besoin de trouver sa reine pour reprendre possession de ses pouvoirs et sauver le monde du froid et de l'hiver qu'entretient Beira. Celle-ci exerce également un chantage sur Donia, la Fille de l'Hiver, accessoirement l'ex-fiancée de Keenan, qui n'a pas réussi à passer le test et a tout perdu par amour pour lui. (C'est cruel !!!) Donia est un personnage à suivre, faible en apparence, complexe et torturée à l'intérieur, elle ne peut que se révéler extraordinaire ! Sa mission consiste à influencer Aislinn, la détourner de Keenan et la convaincre de ne rien accepter du roi de l'Eté.

Enfin, c'est plus compliqué. Et puis, Aislinn est une jeune fille forte et vulnérable à la fois, qui compte beaucoup sur le soutien de son meilleur ami, Seth, un mortel. Tout dans le roman n'est ni tout noir, ni tout blanc. Le dénouement semble inéluctable, et pourtant il parvient à surprendre. C'est sûr que c'est romantique, mais aussi oppressant, prévisible et quelque part déconcertant. Le livre, d'ailleurs, se termine de telle sorte qu'il se suffit à lui-même. L'auteur a néanmoins cédé aux appels des sirènes, et nous allons droit vers une tétralogie ! J'espère que la suite sera plus convaincante.    

Je fais confiance à Shaïne Cassim, qui dirige la collection Wiz, et qui a généralement un goût sûr pour dénicher des livres de qualité, donc je lirai la suite - et pas seulement pour les beaux yeux de Seth.

 

 

en librairie le 6 janvier 2010

2 janvier 2010

Dystopian Fiction Reading Challenge 2010

dystopian_challengeI've placed this challenge upon myself, so I decided to share it with the blogoverse. I enjoyed books such as The Hunger Games and Uglies so much that I planned on revisiting them this year, along with others in this category for comparison purposes.  Therefor why not a challenge? First one that I am hosting. The challenge with end Aug 24th, in tribute to the release of the 3rd Hunger Games book.

dys·to·pi·a (dĭs-tō'pē-ə)

  1. An imaginary place or state in which the condition of life is extremely bad, as from deprivation, oppression, or terror.

  • Level 1 - Experimental - 5 books

  • Level 2 - Addict - 10 books

  • Level 3 - Junkee - 20 books

  • Some of the books I'm considering:

    1. LU : The Adoration of Jenna Fox -  Mary E. Pearson  [#
    2. LU : Girl in the Arena - Lise Haines [#]
    3. LU : How I Live Now - Meg Rosoff [#]   
    4. LU :  The Forest of hands & teeth - Carrie Ryan  [#]
    5. Candor - Pam Bachorz
    6. The Other Side of the Island - Allegra Goodman
    7. Uglies - Scott Westerfeld
    8. Gone -  Michael Grant
    9. The Maze Runner - James Dashner
    10. Pastworld - Ian Beck
    11. The Line - Teri Hall
    12. Bones of Faerie - Janni Lee Simner
    13. LU : Mockingjay - Suzanne Collins [#]   
    14. LU : Méto, tome 1 : La maison - Yves Grevet  [#]
    15. LU : Méto, tome 2 : L'île - Yves Grevet [#]
    16. LU : Méto, tome 3 : Le monde - Yves Grevet  [#]
    17. LU : The sea-wreck stranger - Anna Mackenzie  [#]
    18. LU : Incarceron - Catherine Fisher  [#
    19. Life as we knew it - Susan Beth Pfeffer
    20. Birthmarked - Caragh M. O'Brien
    21. Genesis - Bernard Beckett
    22. The Knife of never letting go - Patrick Ness
    23. The Dead-Tossed Waves - Carrie Ryan
    24. The City of Ember - JeanneDuPrau
    25. Matched - Ally Condie
    26. Leviathan - Scott Westerfeld
    27. Mortal Engines - Philip Reeve
    28. The Resistance - Gemma Malley
    29. Matched - Ally Condie
    30. Delirium - Lauren Oliver 

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