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Chez Clarabel

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21 décembre 2009

(échappée belle)

"I just want to get to know you. Is that so strange ?"
"Why ? Why me ?" Her heart sped as she waited for him to respond, as if he'd answer the real question. "Why not someone else ?"
He stepped closer, watching her predatorily, his mood shifting rapidly once more. "Honestly ? I don't know. There's something about you. From the first time I saw you, I just knew."
He took her hand.
She actually let him. Play along. It wasn't just playing, though : she'd been resisting the need to reach out to him since they first met. It wasn't logical, but it was definitely there.
...
Kennan was staring at her, too intently for comfort. "I don't know why certain people shine for others. I don't know why you and not someone else." He gently pulled her forward and whispered, "But it's you I think of when I wake each morning. It's your face in my dreams."
Aislinn swallowed. That would seem odd even if he were normal. And he wasn't. What he was - unfortunately - was completely serious.
She shivered. "I don't know."
Keenan stroked her hand with his thumb. "Give me a chance. Let's start over."

extrait de Wicked Lovely, 1er roman de Melissa Marr

à paraître en janvier 2010 dans la collection wiz d'albin michel jeunesse

    wicked_lovely      ne_jamais_tomber_amoureuse

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21 décembre 2009

Préparer Noël #8

Les souliers de Jacob ~ Agnès de Lestrade
illustrations  de Tom Schamp

souliers_de_jacobJacob est un coordonnier hors du commun, c'est un magicien de la chaussure, il taille, pique, coupe, sculpte, cloue le bois, le cuir et le caoutchouc. Dans sa boutique, on trouve forcément chaussure à son pied ! Un jour, une jolie rousse se prénommant Margot se présente et lui demande une paire de chaussures pour faire le premier pas. Le coeur de Jacob s'affole et ses ennuis commencent. Pour la première fois, le coordonnier peine à dessiner LES souliers de rêve. Son monde s'effronde, comment va réagir la belle ? Au début, elle sera dépitée... et puis, fixant Jacob de ses grands yeux clairs, son regard fera gling gling, bang bang, clap clap.
C'est un merveilleux album, riche en illustrations et en expressions qui jouent avec les mots et donnent le sourire. On connaît le proverbe : « Les cordonniers sont les plus mal chaussés » et Jacob est un coeur à prendre. Il sait contenter les timides, les poètes, les étourdis, les gourmands, les impatients, il leur sert les chaussures qui ne reculent devant rien, celles qui prennent le mot au pied de la lettre, les souliers pour garder les pieds sur Terre, les chaussures qui mettent les pieds dans le plat, celles qui font les cent pas....
Vraiment riche et savoureux, cet album est aussi ravissant par sa palette de couleurs (chaudes, douces, réconfortantes) avec une explosion des détails (l'atelier du coordonnier, la rue, ce qu'on peut voir par les fenêtres, aussi, de l'intérieur ou l'extérieur).
J'ai beaucoup aimé !

Sarbacane, 14,90€

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Au bout des rails ~ Manuela Salvi
illustrations de Maurizio A. C. Quarello

au_bout_des_railsMonsieur Victor est le conducteur d'un train aussi beau qu'une voiture de course. Les voyages avec lui se passent toujours sans souci. La contrôleuse, Magda, le certifie. C'était à craindre que le ciel sans nuages allait se couvrir. Cette fois-là, parmi la joyeuse pagaille (une castafiore qui chante pour payer son billet, un contortionniste qui refuse de s'installer sur son siège et un représentant en pots de peinture), le train fait halte en rase campagne. Victor n'en croit pas ses yeux : il n'y a plus de rails ! Impossible de poursuivre le voyage.
Magda et lui décident alors de tracer eux-même les rails, avec deux pinceaux et de la peinture. Or, leur chemin aussi se sépare car ils ne sont pas d'accord sur la destination à suivre. Victor trace droit devant lui et il va finir par décoller du sol. Entre ciel et mer, à dos de cheval ou sur un vélo, en deltaplane ou en sous-marin, Victor va voir du pays, s'affranchir des limites et sortir des rails.
Dernières escale : Paris, la tour Eiffel. A son sommet, ce sera une autre rencontre qui attend notre conducteur de train, qui s'en remettra alors au destin pour décider le chemin à suivre !
Fabuleux.
Comme souvent, j'adore la réunion des talents que sont Manuela Salvi et Maurizio A. C. Quarello. L'histoire est singulière, pétillante, décoiffante. Les illustrations, belles à couper le souffle, proposent un monde qui n'existe plus et dont le charme rétro me séduit instantanément.
Je vous le recommande chaudement !

Sarbacane, 14,90€

Au gré de mes balades musicales, j'ai même découvert une chanson de Joe Dassin (!) dont voici un extrait des paroles qui collent parfaitement avec notre histoire... 

Tous les deux, on se ressemble
On a besoin de bouger
De temps en temps
Contre le vent
De changer de gens
De prendre le temps
Si on veut le refaire le monde

Viens, là-bas au bout des rails
Jusqu'à ce que le train s'arrête
Viens, il faut que l'on s'en aille
Il faut le faire ce fameux voyage

:))

=) deux albums également conseillés par Gaëlle ICI et ICI

20 décembre 2009

Sortilège ~ Alex Flinn

Hachette, coll. black moon, 2009 - 332 pages - 16€
traduit de l'anglais (USA) par Luc Rigoureau

sortilege

Kyle a tout pour lui : la beauté, la richesse, l'arrogance. Il est le fils du présentateur vedette du journal télévisé. Il fréquente une école privée pour gosses privilégiés. Il est sportif, a du succès auprès des filles et est élu prince au bal de fin d'année. Mais ce soir-là, Kyle a joué avec le feu en voulant se venger d'une fille - Kendra - qui lui a tenu tête en classe en affirmant qu'il n'était que superficiel et idiot. Dans la nuit, il découvre qu'elle est en fait une sorcière et se voit transformé en monstre. Pour briser le sortilège, il a deux ans pour aimer et être aimé, avant de recevoir le baiser libérateur.

Il s'agit bel et bien de la version modernisée du conte La Belle et la bête. Comme beaucoup, je connais essentiellement la version populaire de Disney, et franchement ça n'aide pas quand vous vous plongez dans l'histoire en tentant de chasser les images niaises et ridicules du film. Résultat, je n'ai pas follement accroché à ce roman mais je peux comprendre que d'autres apprécient. C'est un joli conte, une comédie romantique et pleine de magie, dont la morale finale vous explique que les apparences sont vaines, blablabla. L'histoire est racontée à la première personne, c'est Kyle lui-même qui déroule le fil de sa sinistre aventure. Cela commence par une incursion sur un forum du net, un détail qu'on retrouve plusieurs fois dans l'histoire, qui deviendra hélas un rendez-vous dont on aurait pu se passer ! Je n'ai pas été touchée par le personnage de Kyle, ni par sa punition et encore moins par son travail de rédemption. Comme on connaît toute l'histoire, on connaît inévitablement la fin. Alors, quel intérêt ? Bref, j'ai été déçue.

Avec cette lecture, j'ai compris une chose : je n'aime pas les contes de fées ! clic

-) par contre, je dis oui au film ! sortie US : 30 juillet 2010

Alex !!!!

19 décembre 2009

Graceling ~ Kristin Cashore

Livre un : Le don de Katsa
Hachette, 2009 - 425 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

gracelingKatsa est une Graceling, un être rare doté de pouvoirs incroyables : elle peut tuer un homme à mains nues.  Sa réputation a déjà fait le tour du royaume et au-delà des frontières, elle est la Lady tueuse. Orpheline et nièce du roi Randa, elle est à son service pour accomplir les basses besognes avec ses compagnons d'armes, Giddon et Oll. Parallèlement, avec la complicité de son cousin, Raffin, le fils du roi, elle est à la tête du Conseil, une association secrète qui agit pour le bien et pour venir en aide à des situations de détresse. Leur dernière mission - libérer le vieux père du roi de Lienid - place sur le chemin de Katsa un individu dont les pouvoirs semblent être de compétence égale avec les siens. Cette rencontre rend la jeune femme perplexe, elle assomme le type au lieu de le tuer et prend la fuite. 

En fait, Katsa va prochainement retrouver son adversaire lorsqu'il se présente au château du roi Randa en tant que prince Greening Grandmalion de Lienid. Il est en quête d'informations sur l'étrange disparition de son grand-père, Tealiff, qui se trouve à l'abri dans les couloirs secrets des appartements de Raffin. C'est encore trop tôt pour faire confiance à ce jeune prince, et les membres du Conseil se tiennent à carreau. Katsa accepte pourtant de s'entraîner avec lui - il se prénomme Po, faisons plus court - et une connivence se crée. La jeune femme découvre des facettes cachées, prend conscience d'être une marionnette entre les mains de son oncle, ne veut plus assumer cette part de bestialité qui la rend si différente des autres et la tient à l'écart, Katsa découvre en Po un ami sûr, lui aussi possède le don du combat et pour la première fois elle se sent comprise et en confiance. Cela va leur permettre d'étudier la raison de l'étrange kidnapping de Tealiff, et de fil en aiguille d'étonnantes révélations vont fleurir !

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman. Un roman dont le souffle gagne peu à peu le lecteur. Entre fantasy et romance, l'histoire a de formidables atouts pour étourdir en nous entraînant dans ce monde merveilleux et inquiétant des Gracelings. Les personnages sont de toute beauté, Katsa en tête est une jeune femme forte et qui revendique son désir d'indépendance et d'être libre. Elle refuse le mariage, les enfants et les prétendants. Aussi, est-elle bien embêtée lorsqu'elle prend conscience de ses sentiments pour le prince Po (formidable personnage, entre nous, compréhensif, charmeur, vaillant...). Il n'y a néanmoins pas un torrent d'érotisme dans ce roman (ou si peu), nous sommes à la frontière du roman pour jeunes adultes, mais point d'hypocrisie non plus car Katsa et Po vont vivre leur amour en choisissant d'être des amants. D'où passage à l'acte. (Je le précise, si vous souhaitez le confier à des lecteurs qui pourraient s'émouvoir d'une telle audace ! ;o) La description de la scène est gentille, je peste !).

A partir du moment où la liaison est affichée, le couple n'en devient pas niaiseux pour autant, et c'est tant mieux ! La demoiselle est une tigresse, son alter ego se révèle d'une noblesse exemplaire et digne pour établir le bon équilibre. En fait, l'émotion est très souvent bridée, ou n'est-ce que mon sentiment, au profit de l'action : longues chevauchées dans la forêt, lente ascension des cols montagneux, et j'en passe. L'ennemi que doivent affronter Katsa et Po est particulièrement redoutable, à tel point que la fin de l'histoire en devient frustrante (trop précipitée et improbable) ! Ce sont des défauts infimes, sans conséquence, car j'ai diablement savouré cette lecture ! Et n'imaginez pas que ce livre soit hermétique, totalement froid, exempt d'émotions sincères, il en possède aussi. D'ailleurs tous les instants que passent Katsa et Po ensemble sont de très, très beaux moments qui donnent le sourire (et serrent mon petit coeur de midinette).

Verdict : J'AI AIME ! Amis lecteurs, je vous préviens, nous sommes cernés par une pile de romans dont les échos sont tous meilleurs les uns que les autres. Les jours qui suivent vont nous perdre ! Comment allons-nous survivre !?! ... :/

Le nouveau roman de Kristin Cashore, déjà paru aux USA, s'intitule Fire. Il n'est pas la suite de Graceling, mais il est lié, il se passe trente ans plus tôt et introduit un personnage d'une importance considérable. Le troisième livre à paraître, Bitterblue, se passera six ans plus tard. J'ai hâte !!!   

 

-) pour lire un extrait

illustration couverture française : Anne-Claire Payet
la couverture uk graceling_vo2graceling_vo (us)

-) à lire, sur le blog de l'auteur, un billet où elle expose qu'elle n'a pas franchement de béguin pour tel ou tel acteur, mais plutôt des béguins pour des personnages - nuance !  j'ai trouvé ça excellent, car finalement je me sens un peu dans le même cas (bientôt je listerai tous ces personnages qui me font perdre la tête !)  LIEN

17 décembre 2009

La Cité des Ténèbres ~ Cassandra Clare

Livre 1 : La Coupe Mortelle
Pocket jeunesse, 2008 - 570 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

Me voici donc une nouvelle fois étourdie par une lecture, par la faute d'une nouvelle série. Le premier tome a été traduit l'an dernier, et little g. m'avait dit : lis-le et j'avais dit ok en toute confiance, ne sachant pas que le temps allait passer si vite, le tome 2 est maintenant disponible (et même le 3ème en anglais ! il est déjà commandé, vous pensez bien). Qu'est-ce donc, encore ?

Hmm. Cette série n'est en rien révolutionnaire, je porte par exemple à Hunger Games un fanatisme plus fort (n'ayons pas peur des mots), elle a su néanmoins me surprendre. Je vous l'annonçais précédemment, j'ai commencé ma lecture bien sagement, pas franchement éblouie par ce qu'on me proposait, c'était bien sympa et gentil, mais où va-t-on, et puis le deuxième effet kiss cool est arrivé, j'avais les doigts collés au livre et je tournais les pages d'un air avide, en clair j'étais fichue. Et depuis, j'accumule les heures de sommeil en moins.

cite_des_tenebres_1Clary, quinze ans (bientôt seize), apprend brutalement que son sort est lié au Monde Obscur, lorsqu'elle découvre l'appartement qu'elle partage avec sa mère totalement dévasté par l'attaque d'un Vorace. La déconfiture s'enchaîne avec la disparition de sa mère et avec la défection de celui qu'elle prenait pour son oncle, Luke, qui ne veut plus la voir et le lui annonce par téléphone. Son seul recours, une bande de jeunes tueurs surentraînés pour anéantir les vilaines créatures. Ce sont des Chasseurs d'Ombres, ils appartiennent à un monde jusque-là inconnu pour Clary, et qu'elle apprendra peu à peu à cerner, à l'instar du lecteur. (Ceci signifie que je ne vous expliquerai rien du tout ! :o))

Parmi eux, il y a Jace. Et c'est un peu sa faute si j'ai des étoiles dans les yeux. Ce type a une beauté arrogante, il est sûr de lui, moqueur, drôle et ironique, il ne cache jamais son agacement ni la vérité, il a toute une histoire derrière lui qui explique son attitude, et ce qui est bien, c'est que l'héroïne n'est pas bouche bée, bave aux lèvres, devant lui. En fait, elle a d'autres chats à fouetter et ne prête pas attention à son charme, elle en a conscience, mais c'est le cadet de ses soucis (de même, son meilleur ami Simon tente de lui faire du pied pour qu'elle remarque qu'il est fou amoureux d'elle, mais la demoiselle ne voit rien du tout).

Jace et Clary ne vont plus se quitter, ils ont une mission à mener, car pour retrouver la mère de la jeune fille, ils doivent d'abord mettre la main sur la Coupe mortelle, et de préférence avant un certain individu à la sale réputation. Une figure du passé, qu'on croyait zigouillée, mais qui refait surface en clamant vengeance.
Damned.

Pas grand-chose à rajouter, si ce n'est que je n'ai pas du tout aimé la révélation finale, bouh c'est quoi ce truc, cela ne peut pas se passer comme ça, ce n'est pas possible, alors y'a intérêt que ça change, et fissa !
Je suis déjà plongée dans le tome 2...

-)  Anne, je te comprends maintenant !!!!

NB : devinez quoi,  The Mortal Instruments by Cassandra Clare has been optioned for a movie. Comme beaucoup de fans, moi aussi je mets une option sur l'acteur Alex P. pour incarner Jace !!!

to be continued...

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Livre 2 : L'Epée Mortelle
Pocket jeunesse, 2009 - 525 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

cite_des_tenebres_2Après les révélations stupéfiantes du premier tome, ce deuxième semble bien mou, bien frustrant dès les premières pages. Car ce qu'on sait désormais touche de plein fouet Clary et Jace, notre petit couple fétiche, on sait qu'entre eux tout est fermé, caduc, impossible, à jamais ! Il y a bien ce cher Simon, l'ami fidèle et dévoué, qui rôde dans les parages et se trémousse de plaisir d'avoir le champ libre pour déclarer sa flamme, mais... que voulez-vous, aussi sympathique soit-il, Simon n'est pas Jace, et c'est un crève-coeur.

Bon, heureusement l'histoire n'est pas non plus une lente complainte d'âmes torturées, nous avons aussi droit à notre lot d'action et de suspense. L'ennemi est toujours en place, celui-là même qui se déclare du même sang que ... vous savez qui. Il a choisi de dérober un deuxième instrument mortel - l'Epée - et ses ambitions sont plus noires et démoniaques que jamais. Jace, accusé par l'Inquisitrice d'être l'espion de Valentin, voit sa famille d'adoption lui tourner le dos. Le type est complètement largué, il se blinde derrière son cynisme mais dès qu'il est en présence de Clary, il est plus vulnérable que jamais. Plusieurs scènes m'ont offert de plaisants moments où j'ai senti mon petit coeur battre à tout rompre (la fête chez les elfes ou la soirée mouvementée chez Luke).

Argh, comment vous dire sans trop en dire, c'est désappointant. En fait, c'est très difficile d'admettre ce que l'auteur cherche à nous raconter, et très vite on scrute les petits indices qui indiqueraient une autre voie à suivre. En attendant, oui c'est frustrant ! Très frustrant. Au début je craignais m'ennuyer, mais heureusement Jace n'est pas un individu ordinaire qui se plie aux règles. Toujours excessif dans ses décisions, il nous gratifie de déclarations qui feraient se pâmer tout un couvent de bonnes soeurs !!! (Par contre, haro sur son discours à la toute fin !) Et c'est très bizarre, car jamais je n'ai trouvé que c'était révoltant ou immoral.

Tout le roman n'est pas totalement ancré autour de Jace et Clary, même si cela reste le nerf de l'intrigue. On retrouve avec plaisir les secrets du Monde Obscur, en faisant connaissance avec des créatures toutes plus charmantes les unes que les autres (ahem). Il y a aussi beaucoup d'humour - Magnus Bane et Simon n'y sont pas étrangers - et pas mal de vicissitudes  - Valentin en tête, presque détrôné par l'Inquisitrice, aveuglée par son chagrin et rendue folle de rage. Dans ce tome, la question des choix et du libre arbitre pèse énormément. Les personnages sont face à des décisions qui peuvent faire basculer leur propre destin, en plus de toucher leur entourage et le monde dans lequel ils vivent. On le devine d'emblée que le prochain livre sera déterminant, la guerre est imminente !

Je suis donc toujours accro, les sens en ébullition et l'amertume en arrière-goût, car je n'ai pas encore le troisième tome sous la main. (Pour la traduction française, il faut patienter en mai 2010. Je ne suis pas folle !) Et c'est difficile d'envisager une pause forcée, je sens comme un vide... Bladelor, où puis-je trouver ton patch pour lecteurs en manque ?! 

******

City of Glass, le tome 3, va paraître en mai 2010 chez pocket jeunesse sous le titre Le Miroir Mortel.

Les autres projets de l'auteur,

September 7, 2010: The Clockwork Angel (qui ouvre une nouvelle série se passant à l'époque victorienne et serait le prequel de la série de The Mortal Instruments)

March 11, 2011: City of Fallen Angels (en fait le quatrième tome de la série, qui n'était pas prévue à la base, et qui raconte l'histoire de Simon)

 

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14 décembre 2009

Fablehaven ~ Brandon Mull

Le Sanctuaire Secret
Nathan jeunesse, 2009 - 340 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Marie-Josée Lamorlette

Kendra et son frère Seth sont moyennement enchantés de se rendre chez leur grand-père paternel, tandis que leurs parents s'offrent une croisière, car Grand-Père Sorenson est un homme secret, qui dicte une multitude de règles de vie dans la maison avec son lot d'interdiction (ne pas se rendre dans les bois, ni dans la grange). Les enfants sont libres de patauger dans la piscine, de peindre ou de s'amuser dans leur chambre décorée comme dans l'ancien temps, il dépend de leur vie de ne pas franchir les limites. Grand-père doit également beaucoup s'absenter, mais Kendra et Seth peuvent solliciter Lena, la domestique, et Dale, qui travaille sur l'immense propriété, en cas de souci.

Le temps passe mollement au goût de Seth, un adolescent turbulent. Il va oser s'aventurer dans les bois, y faire la rencontre d'une sorcière. De son côté, Kendra aussi va percer quelques mystères qui semblent régner dans la maison du Grand-père. Lorsque les enfants décident de boire le lait interdit, ils découvrent alors un monde nouveau, peuplé de fées et autres créatures mythiques, ce refuge porte le nom de Fablehaven et Grand-Père Sorenson en est l'un des gardiens.

fablehaven

L'intrigue de "Fablehaven" est précise et juste parfaite. C'est un conte vraiment captivant. Les héros sont des jeunes gens sympathiques, auprès desquels les lecteurs pourront facilement s'identifier. Leur aventure nous offre un condensé de magie, d'action, de poésie, de danger et de solidarité, nous sommes un instant dans une caverne, échappant à une ogresse, ou soudainement dans un beau jardin avec des fleurs et des fées. On y trouve tous types de créatures, des trolls avares, des fées narcissiques et jalouses, des sorcières fourbes, des naïades, des satyrs, des brownies (non, ce ne sont pas des gâteaux), en fait Fablehaven demande une vigilance constante car des êtres maléfiques complotent et attendent le moindre faux pas pour briser les règles et s'échapper dans la nature pour faire règner leurs noirs desseins.
Bien évidemment, Seth va commettre un petit impair qui va semer la zizanie.

En plus de cette ambiance enchanteresse, et néanmoins inquiétante, on comprend qu'un mystère plane sur l'étrange absence de la Grand-mère. Grand-Père Sorenson prétend qu'elle est auprès d'une tante mourante, or les enfants commencent à douter de sa parole.

Je me suis mise à rêver, un bref instant, de l'univers shakespearien (Midsummer Night's dream) avec ses fées et ses créatures enchanteresses, sauf que l'extravagance féérique est ici vite écartée. L'histoire de Fablehaven nous emporte vers un fantastique royaume où le coeur palpite, les forces magiques (et maléfiques) gagnent en puissance, les deux adolescents sont seuls contre tous, ils doivent sauver leur famille, sauver Fablehaven et, pour ainsi dire, sauver le monde ! (Un semblant de tension dramatique est toujours nécessaire dans ce genre de lecture.) C'est un très bon livre, le premier titre d'une série de cinq tomes (avec traduction rapprochée, nous assure-t-on), et qui trouve une issue claire et définitive dans chaque volume, pour mieux soulager nos nerfs en pelote.

Le tome 2, La menace de l'étoile du soir, sort début février 2010.

Existe aussi en coffret édition limitée. fablehaven_coffret

 

13 décembre 2009

Le coeur-de-gloire ~ Hervé Picart

L'Arcamonde - 3
Le Castor Astral, 2009 - 220 pages - 13€

coeur_de_gloireC'est le printemps, les rayons du soleil baignent les pavés de Bruges et Frans Bogaert, notre antiquaire détective, est d'humeur assassine. Coincé dans son Méandre à recenser l'ensemble des articles de sa boutique pour satisfaire les basses exigences de son assureur, Frans peste contre l'arrivée opportune d'une dame en rouge, Ornella De Volder. Elle porte à son cou un pendentif écarlate, offert par son époux, et demande une expertise du produit. Bogaert obtempère, ce n'est que pure pacotille (ou presque), ce bijou n'a nulle prétention de vêtir l'importance que lui confère l'homme de cette dame. Lady Scarlet sort de la boutique fâchée et se débarrasse du collier dans la première poubelle venue.

Quelques jours après, Mme De Volder se présente à nouveau à l'Arcamonde et raconte une bien étrange histoire. Elle tente par mille fois de jeter son pendentif aux flammes de l'enfer mais elle a sans cesse la désagréable surprise de le retrouver près de son chevet tous les matins. Bogaert accepte de pousser l'expertise et le range dans un tiroir de son laboratoire. En fait, il est clairement excédé par l'affaire De Volder, cette femme trop belle lui donne des frissons dans le dos, il n'arrive pas à la cerner, en plus du bon air printanier dans les rues de Bruges et de son inventaire casse-tête, il est passablement impatient et peu concerné par ce bijou. La fierté du monsieur sera piqué lorsque la dame en rouge réapparaît à l'Arcamonde en brandissant le pendentif. Un filou s'est incrusté dans la boutique et a défié l'antiquaire. Frans Bogaert entre enfin en scène !

Troisième épisode de cette série policière passionnante, nous croisons ici une sombre intrigue qui baigne dans le sang, la vengeance et le mensonge. C'est toujours merveilleusement bien écrit, et cet épisode, contrairement à l'Orgue de Quinte, se déroule exclusivement à Bruges, dans la boutique de l'Arcamonde, Lauren, l'assistante qui est aussi le double parfait de Lauren Bacall, y est pleinement présente, forte de sa beauté mystérieuse et ses aphorismes. Par contre, point de détails supplémentaires quant à la disparition de l'épouse de Frans. Moi qui croyais qu'il s'agissait d'un fil rouge... Ceci n'altère pas le grand intérêt de ce feuilleton, qui plaira à tous les amateurs d'ambiance noire, érudite et délicieusement rétro.

 

12 décembre 2009

Préparer Noël #6

Versailles, par Viviane Bettaïeb
illustré par Bruno Fourure
Gallimard jeunesse, Giboulées, 2009 - 12 pages - 18€

versaillesIl était une fois un petit pavillon de chasse qui appartenait à Louis XIII sur des terres réputées marécageuses et sablonneuses, à Versailles. Louis XIV, notre bon roi-soleil, a le goût de la chasse, du divertissement et de la grandeur. Il est passablement dégoûté du château de son surintendant des finances, Nicolas Fouquet, à Vaux-le-Vicomte, et brûle de jalousie de posséder un domaine aussi splendide, voire le plus beau et le plus magnifique de tous les châteaux. Il a vingt-trois ans, et ce que le roi exige, le roi aura.
Quelques suées froides plus tard, Colbert en mange son chapeau devant les sommes astronomiques à débourser, et quarante années défilent, les artistes de renom viennent tour à tour apporter leur pierre à l'édifice. Louis XIV et sa cour s'installent à Versailles dès 1682, au milieu des courants d'air et dans la poussière.
Mais le roi est content.
Ce fantastique ouvrage continue d'expliquer le déroulement de l'étiquette, la vie à la cour de Versailles, le protocole qui débute par le lever du roi, en prime la lecture nous offre la visite des jardins avec le Grand-Canal et ses gondoles vénitiennes, le bassin d'Apollon, le potager, etc.
Louis XIV s'éteint en 1715, son petit-fils lui succède. Pendant sept ans, le nouveau roi et la cour abandonnent Versailles pour Paris. A douze ans, Louis XV fait un retour sous le signe de l'extase : dans la galerie des Glaces, il s'allonge sur le parquet pour mieux admirer la voûte dont les peintures racontent l'histoire de son arrière-grand-père. Les courtisans, qui l'accompagnent, s'allongent aussi...
Durant le règne de Louis XVI et Marie-Antoinette, l'heure des dernières fêtes a sonné mais les monarques laisseront leur empreinte : le premier jardin à l'anglaise au Petit Trianon, le hameau de la reine, le petit théâtre où Marie-Antoinette aimait jouer la bergère ou la servante.
A votre tour de prolonger le plaisir de la découverte, des visites et d'admirer ce livre sous toutes les coutures. Je n'ai pas encore précisé qu'il s'agissait d'un livre-animé, de quoi vous offrir de superbes scènes comme celle-ci :

IMGP6992

L'ensemble est concis et magnifique, il divertit et instruit, de plus il est parfaitement accessible aux plus jeunes (sans limite d'âge).

Pour les amateurs, une autre idée de lecture pour rester dans l'ambiance versaillaise : Derrière la façade : Vivre au château de Versailles au XVIIIe siècle de William Ritchey Newton (Perrin, 19€).

derriere_la_facadeprésentation de l'éditeur : Versailles symbolise le faste et la puissance royale. Mais derrière l'or, les miroirs et le marbre, s'enchevêtrait un labyrinthe de 226 appartements où un bon millier de personnes devait trouver un lit, se nourrir, se laver et se chauffer. C'est cet univers où la promiscuité le dispute à la crasse et aux odeurs nauséabondes qu'explore William Ritchey Newton, spécialiste de la Cour de France. Il décrit la course aux logements, les aménagements de fortune pour les cuisines et les rares salles d'eau, la lutte quotidienne contre l'humidité, l'enfumage et les dangers d'incendie. Son livre fourmille d'anecdotes sur les embarras de ce gigantesque caravansérail, les plaintes ou les requêtes des courtisans, les travaux exécutés en urgence et l'inépuisable course au financement du tonneau des Danaïdes qu'était le château. En ressort une étonnante et vivante chronique de la vie quotidienne à Versailles, tenant plus du parcours d'obstacles que d'un séjour de rêve dans le palais du plus grand souverain d'Europe.

11 décembre 2009

De grâce et de vérité ~ Jennifer Johnston

10-18, domaine étranger, 2009 - 218 pages - 7,90€
traduit de l'anglais par Anne Damour

de_grace_et_de_veriteSally, comédienne, rentre chez elle à Dublin pour profiter de son congé après une tournée triomphale mais épuisante, c'est alors que son mari Charlie lui annonce qu'il la quitte. Le coeur brisé, elle le met à la porte, se réfugie sous la couette ou s'isole devant son téléviseur à regarder la guerre, comme elle dit. Son voisinage veille sur elle, les enfants bruyants tapent du ballon, une copine lui remonte le moral autour d'un verre de vin, son agent la pousse pour signer un nouveau contrat à New York, sa belle-mère lui remonte les bretelles au téléphone, Sally dit stop.

Aussi, pour faire table rase du passé, elle décide d'affronter monsieur l'évêque, son grand-père, avec qui sa mère était fâchée. Sally souhaite lui tirer les vers du nez, qu'il lui avoue les secrets de famille, à commencer par qui était son père. Sa mère Ruth l'a élevée seule, en lui interdisant toujours de poser trop de questions, ce silence a fini par empoisonner la vie de tous.

Jennifer Johnston est une brillante romancière. Ce que j'apprécie dans ses livres repose dans son ambiance irlandaise, cette fois pas de pub, pas de pluie (ou très peu), pas de solitude avec acharnement du sort, mais bien évidemment une maison dont le charme opère comme un cocooning, un personnage féminin au caractère affirmé, une histoire pas folichonne et encore moins palpitante. A quelques exceptions près, ce sont toujours les mêmes ingrédients et c'est ce que j'aime le plus retrouver. Ce roman, de grâce et de vérité, porte très bien son titre, l'histoire agit tout en séduction, doucement mais sûrement, j'ai aimé son rythme, les personnages qui pourraient en glacer plus d'un, par contre j'ai été un peu rebutée par ce qu'on y apprend à la fin, même si je n'ai pas été surprise non plus, en fait j'ai regretté qu'on bascule aussi inévitablement dans la facilité.
Discutable, donc.

Du même auteur, s'il fallait vous conseiller un titre pour mieux découvrir Jennifer Johnston, je ne peux que vous recommander Petite musique des adieux.

10 décembre 2009

Un cadeau du ciel ~ Cecelia Ahern

Flammarion, 2009 - 350 pages - 19,90€
traduit de l'anglais par Cécile Chartres

un_cadeau_du_cielVous êtes à la recherche d'un conte de Noël ? Lisez ce roman de Cecelia Ahern, sinon passez votre chemin (ou vous risquez une crise de diabète).
Tout commence dans un commissariat de police, le sergent en tête-à-tête avec celui qu'on nomme le garçon à la dinde, va lui raconter l'histoire d'un type - Lou Suffern, une trentaine d'années, fringant jeune loup aux dents longues, toujours entre deux rendez-vous, ambitieux et sans scrupule, à tel point qu'il en oublie sa petite famille, son épouse, leurs deux enfants, en plus de ses parents, sa soeur et son mari, bref Lou est branché sur cent mille volts, pas le temps de souffler, pas le temps de profiter de la vie qu'il se construit.
Sa rencontre avec Gabe, un sans-abri qui squatte en face de son entreprise, va changer la vie de Lou. Il perd quinze précieuses minutes à discuter avec lui, lui offre un café puis lui propose un job. Gabe est un jeune homme étrange, mystérieux, il sait des choses, il anticipe les actes et pensées des autres, il est toujours là où on ne l'attend pas, mais sa présence ne paraît jamais inopportune. Ce type a un don, c'est un cadeau du ciel, se dit Lou, de plus en plus perplexe.
Du côté du lecteur, on se dit que Gabe est un ange. On se gausse, on a le sentiment d'avoir déjà tout compris, c'est bon, emballé, pesé, vendu. Mais ne nous précipitons pas. La couverture est jolie, l'histoire pas bien désagréable à lire, fluide et prenante, d'ailleurs cela se lit très vite, hélas ceci n'enlève pas la sensation que tout reste prévisible, même la fin est agaçante. Du pathos facile et bon marché, tsss. Dommage.
Toutefois, j'ai aussi trouvé que c'était une lecture toute douce, réconfortante, qui vous rappelle combien il faut vivre l'instant présent et prendre le temps de profiter des petits bonheurs de la vie. Il y a la magie de noël, d'où mon avertissement, si vous êtes allergiques aux bons sentiments, filez vite, vous vous êtes perdus entre ces lignes, vous n'avez pas votre place. 
C'est le deuxième livre que je lis de Cecelia Ahern, après La vie est un arc-en-ciel (que j'ai largement préféré !). 

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