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Chez Clarabel

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21 octobre 2009

Père Noël, mes fesses ! ~ Thierry Lenain

illustré par Bruce Roberts
Carré Blanc, une collection des 400 Coups, 2009 - 32 pages - 10€

Ce livre est l'anti-conte de noël, la cible rêvée des rebelles du mythe du père noël (ou le gros patapouf rouge).
Alex a dix ans, il a un meilleur copain qui s'appelle Marco. Nous sommes à quelques jours de la veillée de noël et les garçons bouclent leur lettre quand la bombe leur tombe sur la tête. C'est la grande soeur d'Alex qui lui fait cette révélation, soudain tout s'écroule car le garçon ne comprend pas qu'un adulte puisse passer autant de temps et prendre du plaisir à ... MENTIR.
Le Père noël, c'est du flan. A dix ans, c'est l'information la plus terrible qui puisse vous tomber dessus. Pourquoi un tel cinéma ?  La soeur d'Alex reste vague, mais elle insiste pour qu'il continue de jouer le jeu.
Faire semblant, donc.
Alex et Marco vont vivre LE Noël de toute leur vie, celui qui signifie qu'il faut grandir et glisser un pied dans le monde des grands, où soudain la réalité prend des allures plus folles, plus floues aussi. Le mensonge par convenance devient leur toute première leçon pour leur rentrée dans la cour des grands !

pere_noel_mes_fesses« Ce qui est sûr, c'est qu'à dix ans on peut prendre des décisions pour plus tard, quand on sera parent. Moi par exemple : quand j'aurai des enfants – et j'en aurai plein – je ne leur ferai pas croire au Père Noël. Les autres parents raconteront ce qu'ils voudront, moi je leur dirai la vérité. Tout de suite. Il ne faut pas mentir aux enfants. Jamais. Même pas une seconde. On m'a menti à moi. Je n'ai pas aimé ça. Peut-être que les autres enfants à qui l'on a aussi menti s'en fichent, mais moi je n'ai pas aimé ça. Je vais vous raconter. »

Thierry Lenain aborde ce grand mensonge avec toute la finesse qu'on lui connaît mais aussi, avec toute la franchise voulue. Un album qui dit la vérité, et qui ne laisse pas indifférent.

(Pas encore eu le courage de confier ce livre à ma fille, neuf ans. Il y a des gros barbus en habit rouge qui comptent dans la vie, mais nous sommes en période de flottement, faut-il y croire encore ou faut-il donner le sentiment que tout est possible. Je n'ose rien dire, même si j'ai de plus en plus la certitude que ce sont les questions que se pose ma demoiselle. Donc, ce livre de Thierry Lenain - le papa de mademoiselle Zazie ! - est une bonne idée. Je mets néanmoins une réserve sur les illustrations, elles ne toucheront pas les plus jeunes... mais le propos interpelle, donc ne négligez pas cet ouvrage !)

Un sujet de réflexion est donné en fin de lecture, Feras-tu croire au père-noël à tes enfants ? Y as-tu cru et as-tu été en colère quand tu as appris la vérité ? N'y as-tu jamais cru et aurais-tu voulu y croire, au moins un petit peu ? Un site existe : www.apresleperenoel.com (application en cours, le site sera en fonction dès le 4 novembre).

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19 octobre 2009

Le Son des Couleurs ~ Jimmy Liao

« Je cherche la petite lumière qui palpite en moi. »

le_son_des_couleurs

Le Son des Couleurs est un magnifique album, l'oeuvre onirique d'un magicien, le taiwanais Jimmy Liao. Son univers extrêmement personnel et touchant fait de lui un auteur contemporain à découvrir absolument ! (parole d'éditeur :))

C'est l'histoire d'une jeune fille de quinze ans, elle est aveugle et s'aventure dans le métro. C'est plus qu'une plongée dans un monde souterrain secret, mystérieux, coloré, joyeux et éclatant, c'est un voyage au pays des rêves et de l'imagination, sur fond de réflexion... où suis-je, où vais-je, suis-je seule dans ma bulle, comment m'en sortir, toucher la lumière, y croire, ne jamais perdre espoir.

C'est un album fantastique, riche en illustrations pleines de couleur, le métro est un cadre étrange pour une histoire mais celui de Jimmy Liao est étonnant, différent, accueillant et propice à un imaginaire sans fin. C'est vraiment beau, parfois étrange et décalé, irréel et saugrenu, pourtant la magie est là, elle fait des merveilles, elle séduit le lecteur, l'alchimie est totale.

Le texte du livre est aussi très poignant, il s'agit du dialogue intérieur de la jeune fille, il évoque la solitude, le rêve, la perte et l'espoir.

« Je cherche l'espoir de toutes mes forces.
J'ai si peur de laisser filer bêtement la chance qui se tient là, à portée de main.
Je caresse le fol espoir de posséder un balai magique qui m'emporterait loin des tracas de la vie. Ou alors, que mes rêves deviennent réalité d'un simple coup de baguette.
Après avoir trébuché, en général, je comprends qu'on ne peut pas tout exiger de la vie.
Je retourne sans cesse à ces mondes imaginaires qu'il me semble avoir déjà connus. 
»

Bref, c'est un livre tendre, avec de très belles illustrations, qui se destine à tous les lecteurs.
C'est aussi un bel hommage à Rilke et son poème L'aveugle.

Bayard images, 2009 - 100 pages - 14,90€
traduit du chinois par Stéphane Lévèque

***********

Une lecture en amenant une autre, j'ai instinctivement pensé à  des_mots_plus_legers   parce qu'il est aussi beau que silencieux et attendrissant. Bouleversant, même.
Parce qu'il est dit une citation importante :  « La lecture d’un album illustré est une sorte de « conversation » avec les dessins. Un album aussi profond que le regard d’un ami avec qui l’on communique sans parler est un livre non seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes qui se souviennent d’avoir été enfants. »
Et parce que son auteur dédie le livre
« aux enfants qu’on n’écoute pas assez. J’espère toucher le cœur de tous les lecteurs, quels que soient leur âge, leur nationalité ou leur origine. Face à l’indifférence des adultes parfois trop occupés, les enfants ne parviennent pas à exprimer leurs sentiments et, peu à peu, referment leur cœur. Dites à ces enfants repliés sur eux-mêmes qu’ils ont le droit de crier : « Ecoute-moi ! ». Ensuite, écoutez-les. Leurs « maux » seront plus légers… »
Youn YOUNG-SEON

Des mots plus légers, par You Young-seon et illustré par Jeun Keum-ha.
traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel
2009, Chan-ok / Flammarion.
10€

merci gaelle !

19 octobre 2009

il est là !

rita_machin_paris

le nouveau Rita et Machin à Paris !

Grande nouveauté pour cette édition, il s'agit d'un grand format pour ce hors-série incontournable. Notre duo préféré se rend donc à Paris, et tandis que les parents piquent un petit roupillon, Rita et Machin décident d'explorer la ville et ses quartiers touristiques. La Tour Eiffel, Notre Dame, le Louvre, les Bateaux Mouches, les grands magasins, Montmartre, les bistros parisiens, la manif de la rue, l'Arc de Triomphe... ce n'est pas un guide revisité, c'est un clin d'oeil pour tous les fans !

C'est drôle, comme d'habitude le couple Rita et Machin fait des merveilles, de l'humour et du culot, pour un esthétisme épuré, du noir, du blanc, une touche de rouge, la marque de fabrique d'une série qui s'installe dans la durée, qui ne souffre pas encore de la répétition parce qu'elle a cette intelligence de glisser quelques détails qui font sourire. En bonus, un plan de Paris spécial Rita et Machin, glissé dans une pochette en fin d'ouvrage !

A souligner un projet en cours : la série animée, pour 2010 !
> - Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
Sur le développement de la série que je fais avec Jean-Philippe Arrou Vignod chez Gallimard, "Rita et Machin" (produits dérivés et dessin animé pour le Japon).  Source : Ricochet-jeunes.org
Le Japon ?!?!!!! Et la France ?... ://

Et pour ceux qui préfèrent le petit format classique, vient de sortir un nouvel épisode : Rita et Machin : La niche. rita_machin_niche

Par Jean-Philippe Arrou-Vignod & Olivier Tallec
Gallimard jeunesse, 2009.

Le Hors-Série coûte 13€ (contre 5,90€ pour le petit format).

18 octobre 2009

The Hunger Games / Catching Fire ~ Suzanne Collins

First published in the US by Scholastic Inc., 2009
This edition published in the UK by Scholastic Ltd, 2009
470 pages - £ 6.99

(Je pense avoir évité les spoilers !)

catchingfireukOn pensait les Jeux (the Hunger Games) terminés.
Pas vraiment.
Katniss a défié le Capitole, elle sait que sa tête est mise à prix. Le Président Snow en fait une affaire personnelle et la menace n'est pas à prendre à la légère. La jeune fille n'est pas dupe mais elle ignore quand il compte agir, la tournée du Vainqueur est déjà programmée, à travers les douze Districts la tension est palpable. Ce sont des cris de joie, des grondements de mécontentement, du ressentiment, de la jalousie, de la haine qui croisent son chemin. La foule elle-même est tenue en laisse, muselée par les Peacekeepers, devant obéir au doigt et à l'oeil.
Or Katniss - adulée ou méprisée - représente désormais un symbole, illustré par sa broche du mockingjay. C'est hélas la catastrophe pour elle car cela signe définitivement son arrêt de mort.
La dissidence, voilà ce que craint le Capitole.
Il ne faut pas oublier que les Jeux ont été créés pour humilier les districts. Cette année, the Hunger Games célèbrent leur 75ème anniversaire, une édition spéciale avec des règles tout à fait surprenantes.

Ce n'est pas facile de raconter le contexte de ce deuxième livre, surtout si on ne tient pas à dévoiler des éléments importants qui tuent le suspense du premier !!!
Prudemment, mais sûrement donc.
Catching Fire est à considérer comme le livre du milieu, dans une trilogie c'est généralement le plus mauvais numéro, mais pas cette fois. Sur plus de 400 pages, l'histoire ne cesse de nous en mettre plein la vue : c'est stressant, romantique, poignant, injuste et tout ça vous épuise, mais pas question de reposer le livre un seul instant. Hunger Games est une série qui colle aux doigts, c'est confirmé !
J'ai été totalement transportée par l'histoire de Katniss, une héroïne forte et fragile, qui se trouve soudain propulsée au coeur d'un enjeu démoniaque. Face à elle, c'est toute une population qui s'accroche et c'est aussi un leader (Président Snow) qui fout les jetons tant il la déteste. C'est un pervers à l'esprit retors et diabolique, j'ai beau me répéter ce n'est qu'un personnage de fiction, boudiou j'avais la chair de poule et la haine dans le ventre dès qu'il mijotait un mauvais coup. Tout est tellement machiavélique, c'est dingue.
Et puis le public est aveugle, il ne bronche jamais ou il s'émeut artificiellement, pourtant en matière de sensations il est bien servi, je suis à cran de voir une telle passivité. J'avais envie que ça se révolte, que ça dise stop ou pitié. Nevermore. Plus jamais.
C'est vous dire combien j'ai effacé les barrières de l'oeuvre fictive, j'étais complètement dedans !!! Dans l'histoire, aux côtés de Katniss, en train de pleurnicher lorsque les malheurs lui tombent sur la tête. Non mais c'est pas possible, je me disais, pas encore, je vais y laisser ma peau !
(Je VIS mes lectures. Plus besoin de vous faire un dessin.)
Donc oui j'ai encore une fois bien mouillé les manches de mes maillots et usé des mouchoirs, je me suis souvent prise la tête entre les mains, tant j'hallucinais, parce que ça fait un mal de chien de savoir tout ce gâchis.
Pourtant je vous jure que c'est vraiment bien, ça se vit à fond et ça provoque des frissons dans tout le corps. Je n'imagine pas une lecture autrement... Il FAUT lire Hunger Games dans un état fébrile, pas autrement, de toute façon la lecture vous impose un tel rythme, c'est impossible de rester stoïque.
Je ne dis rien des personnages, ou si peu. Ce serait trahir le suspense, encore une fois. Mais hanlala, ils sont tous beaux. Pas physiquement, même s'ils sont évidemment bien roulés, pour émoustiller la ménagère de moins de 50 ans (huhuhu), plus sérieusement je trouve qu'ils sont beaux dans le sens qu'ils sont nobles, droits, charismatiques et admirables. Car au coeur de cette lutte à la vie et à la mort on trouve une histoire d'amour... plus particulièrement, un triangle amoureux. LE cauchemar des lecteurs ! Or, là je vous assure que c'est tout sauf agaçant. Suzanne Collins a su rendre ses personnages tellement attachants, avec leurs qualités et leurs défauts, leur parcours, leur passé, leurs affinités, c'est un casse-tête de prendre parti. Enfin moi je m'y refuse, j'aime tout le monde dans ce livre, oui je suis amoureuse de TOUS les personnages
(sauf Président Snow ... et Thread aussi).
Et maintenant je pleure, parce que c'est fini, parce que je me sens orpheline, parce qu'il faut attendre la suite et parce que je suis contente de lire une si bonne série qui me met en transe (bah oui). Et parce que c'est génial quand ça arrive dans une vie de lectrice...

 

----------------

 

 

Je vous fais grâce de toutes les folies lues, vues et entendues, je ne mange pas ce pain-là, vous le savez bien... (ha ha ha) ; juste ce lien, vers un site qui imagine les ^acteurs^ potentiels pour incarner les personnages, sans aucune prétention, du fantasme ou de la fantaisie. J'aime ça ! :)

A noter : J'ai lu l'édition anglaise, pour avoir un aperçu de la couverture américaine c'est ICI.

A la question, lire Hunger Games en vo est-ce difficile ou pas ?  Je n'ai pas trouvé, après chacun son niveau d'anglais.
Voici donc des liens pour vous permettre de juger votre aptitude en lisant le 1er chapitre de :

  1. The Hunger Games www.scholastic.com/thehungergames/media/hungergames-chapter1.pdf

  2. Catching Fire

A ce jour, il n'existe aucune indication de date pour la publication du troisième tome (j'en suis malade !) mais d'après quelques constatations je penche pour septembre 2010.
C'est troooop long. :/

 

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17 octobre 2009

Hunger Games # 2

totalement impatiente de connaître la suite, j'ai donc craqué en commandant le volume 2 en anglais, il s'intitule Catching Fire, (la livraison fut insupportablement longue, 13 jours d'attente, c'est rude !), et voici un trailer bidouillé par un ^fan^ de la série, je le trouve bien fait...

ça donne des frissons partout, quand je vous disais que c'était une lecture très wooooooow ! ... à plus tard (si je décide de remonter à la surface) !

hihihi, j'ai même trouvé ceci : the_question_bag_p1494547111902458042w9ct_525disponible ICI.

BIENTOT UN FILM !

Lionsgate Entertainment has acquired worldwide distribution rights to a film adaptation of The Hunger Games, which will be produced by Nina Jacobson’s Color Force production company. Suzanne Collins, the author of the novel, will also be the screenwriter.

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16 octobre 2009

Mortelle mémoire ~ Jean-Paul Nozière

Scripto de Gallimard, 2009 - 165 pages - 8,50€

mortelle_memoireA Vron, petit village français, l'arrivée de l'allemand Tobias Grüber suscite murmures et ragots quant à la motivation de son installation dans une ferme isolée, avec ses chevaux et sa solitude sauvage. Ariane, quinze ans, découvre un cow-boy au regard triste, vingt-sept ans dans les bottes, un silence de plomb qui l'enferme car Tobias est rentré au pays pour solder un crime commis dix ans auparavant. Sa jeune soeur Lotte, qui travaillait l'été à Vron, a été violée et assassinée. Jamais le coupable n'a été inquiété.
Tobias ne vient pas fouiller le passé pour déranger et régler ses comptes, ses intentions sont plus personnelles, il les explique à Ariane qui reçoit également une place de lad dans sa ferme, avant de comprendre qu'elle devra assister l'allemand dans son pèlerinage.
C'est un été particulier et morbide qui s'annonce, deux mois durant lesquels les sentiments d'Ariane seront à vif et serrés dans un étau. « Vous vous tromperiez davantage encore en pensant que je m'apprête à raconter une histoire d'amour entre une fille de quinze ans et un homme de vingt-sept. Jamais il n'y eut d'amour entre Tobias et moi. Du moins, c'est ce qui me semblait, à l'époque. Et, évidemment, pas de sexe non plus. Pourtant, au cours de l'été, beaucoup d'habitants de Vron furent persuadés que nous couchions ensemble. »
J'ai trouvé ce texte particulièrement âpre et sec. La sensation accablante de la chaleur estivale ne m'a pas frappée, j'ai davantage ressenti le poids lourd des deux personnages - entre l'allemand, fermé et mutique, et la jeune française, qui lui rappelle sa soeur morte, paralysée par sa fascination pour l'histoire, le jeune homme, le passé et le fantôme de Lotte.
C'est un roman très étrange, prenant du début à la fin, et qui se lit d'une traite. Un roman où il est question de mémoire, au sens très large. J'avoue que cette lecture laisse un arrière-goût amer, pas désagréable, mais l'illusion par la couverture guillerette d'un instant rafraîchissant serait honnêtement trompeur. (Après tout, il est question de mortelle mémoire !)
C'est du très bon Jean-Paul Nozière, bien sûr !

> l'avis de Jean de la Soupe de l'Espace et d'autres infos sur le site de l'auteur

15 octobre 2009

Blanc fantôme ~ Laurie Faria Stolarz

Wiz une collection d'Albin Michel jeunesse, 2009 - 300 pages - 13€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

 

blanc_fantome 

J'avais aimé, sans plus, le précédent livre de Laurie Faria Stolarz (Bleu cauchemar) mais j'ai pratiquement dévoré ce deuxième livre. L'histoire se passe un an après les terribles événements survenus à Hillcrest, l'école privée que fréquente Lucy Brown, une étudiante qui a pour particularité de faire des rêves prémonitoires. Cette fois, finis les pipis au lit, ce sont des nausées qui tirent Lucy du lit et lui signalent que ses cauchemars = danger imminent. De vieux fantômes viennent la hanter, les messages sont encore très flous mais la panique est totale. Il semblerait que ce soit Lucy elle-même qui soit menacée, ses colocataires, Drea et Amber, tentent de l'aider mais la tension monte. Lucy est obsédée par ses cauchemars, elle se sent aussi poursuivie par un individu et elle manque devenir folle à force de ne plus savoir sur qui repose sa confiance. De plus, sa toute fraîche relation amoureuse n'est pas au beau fixe, le poids de la culpabilité étreint la jeune fille (elle sort avec l'ex de sa meilleure amie) et l'entrée en scène d'un garçon aux yeux couleur bleu ardoise va semer la zizanie !

La petite touche sentimentale agrémente agréablement le texte, qui reste essentiellement auréolé d'un suspense tendu au cordeau. L'histoire, racontée à la première personne par Lucy, permet de créer une connivence immédiate entre le lecteur et le personnage central. Impossible d'échapper à cette sensation d'étouffement, on vit la peur et la fébrilité de Lucy, ça colle à la peau, l'anxiété va crescendo et jusqu'aux dernières pages le suspense reste insoutenable. J'ai été un peu surprise par la fin, je ne m'attendais pas à une telle issue, or ce n'est pas la première fois que cette série me surprend ! Laurie Faria Stolarz a une écriture très cinématographique, un rythme vif et les sens en alerte pour semer les indices, créer le doute et brouiller les pistes.

Ce deuxième livre est vraiment plus convaincant, j'avais été sceptique avec Bleu cauchemar (le coup des pipis au lit, non ça ne passait pas), cette fois Lucy vomit en réaction à ses cauchemars (je m'interrogerai toujours sur la volonté de l'auteur à associer les cauchemars de Lucy à des réactions physiologiques vraiment dégoûtantes). Dans ce livre, Lucy utilise aussi davantage la magie avec des remèdes de grand-mère (j'ai bien aimé). Je suis plus qu'impatiente de lire les deux prochains livres.

15 octobre 2009

Rose ~ Colas Gutman

Neuf de l'école des loisirs, 2009 - 82 pages - 8,50€
illustration couverture : Dorothée de Monfreid

rose_gutmanLe livre de Colas Gutman est un amour de petit roman.
C'est l'histoire d'une fillette, Rose, élève en cm2. Elle a pour particularité de parler comme une nouille, comme elle dit, et de voir sa famille déménager quartier après quartier, parce qu'il faut sans cesse changer d'école. Pas facile d'avoir la langue qui fourche, de penser une chose et l'exprimer autrement.
Du coup, le langage de Rose est fleuri, culotté, drôle, cocasse, impertinent, mais aussi ridicule, gênant et source de gros malentendus (d'où les déménagements, donc). Dans sa bouche, maman devient Ventouse et papa Patate, les grandes personnes sont des lampadaires, la main une pince à cinq doigts, un collant un ami, bonjour-chez-vous une connaissance, des paupiérises des clins d'oeil et être coeurifié signifie être amoureux.
A lire, c'est un vrai régal. A vivre, on devine le malaise de l'enfant... qui comprend que son parler s'emmêle dès qu'elle s'échauffe, et la demoiselle est du genre soupe-au-lait (elle a de bonnes raisons de s'agacer, à ce propos) et fatalement cela devient un cercle infernal.
Dans sa nouvelle école, par exemple, il y a une barrière qui sépare la cour de celle du collège. Les plus jeunes ont interdiction de s'y approcher, les grands ont tendance à leur lancer des cailloux ou des insultes. Bien évidemment, Rose trouve cette situation inqualifiable et décide de passer outre. Elle s'affiche devant la barrière, elle fait front et elle ose. Admiration générale de la part de ses camarades, tolé de protestation chez les classes de 6°.
La devise de Rose fait des émules : ^avec les solitaires, on est jamais seul^ ! Et ainsi Rose va se sentir plus en confiance, enfin comprise et soutenue, car la petite n'est pas bête, bien loin de là !
Je vous conseille de le lire et de le faire lire à vos enfants, de bonnes séances de rigolade sont à prévoir (mais pas seulement).

 

13 octobre 2009

Eternels, tome 1 : Evermore ~ Alyson Noel

Michel Lafon, 2009 - 340 pages - 15,95€
traduit de l'anglais (USA) par Laurence Boischot et Sylvie Cohen

Je vous préviens, toute ressemblance avec des personn(ag)es ayant déjà existé serait purement fortuite !

evermore_1Ever, seize ans, a perdu sa famille dans un accident de voiture, en plus de se sentir coupable, elle traîne un chagrin très, très lourd, limite un peu trop lourd au bout de 300 pages...
Et pour ajouter à son conflit intérieur, Ever s'est réveillée de son coma avec un don de télépathe. C'est-à-dire qu'elle est désormais capable d'entendre les pensées des autres, de voir la couleur de leur aura et d'apercevoir des personnes mortes, comme sa jeune soeur Riley, qui n'a pas franchi le pont et flotte toujours dans l'entre-deux monde.
Bref, Ever a choisi de faire de sa vie un enfer. Elle a troqué son look de pom-pom girl pour des pulls amples avec capuche pour camoufler sa belle chevelure blonde, en plus elle porte des lunettes noires et elle écoute à fond de la musique rock sur son ipod. Tout pour chasser la cacophonie dans sa tête.
Et puis, tadam... arrive le nouvel élève, Damen. Un mannequin ambulant, un type d'une beauté inadmissible, avec un look de bad boy, mais charmant et incroyablement séducteur. La demoiselle en reste bouche bée (et manque tomber en apoplexie) lorsque son regard se pose la première fois sur lui.
Bah oui, ça rappelle insidieusement quelque chose.
Damen dégage en plus une sensation de bien-être ; dès qu'il l'approche ou la touche, Ever n'entend plus le monde autour, elle est même incapable de cerner ses pensées et ne perçoit aucune aura autour de sa personne. C'est troublant, mais la fascination efface le doute.
Ever tombe amoureuse, et pourtant Damen est un garçon mystérieux. Il va et vient, il semble mentir, il a une aisance remarquable, il fait même apparaître des fleurs comme par magie, tout ceci semble trop beau pour être vrai.
Charmant, fascinant... ce sont des termes qui reviennent pour qualifier l'histoire de ce roman, 1er tome d'une série de 5 ! (Argh, ça calme). La série connaît un gros succès outre-atlantique, notamment auprès des lectrices qui sont à peine sevrées du phénomène commençant par la lettre t.
Je ne nomme pas, surtout pas. J'en ai assez qu'on compare sans cesse, mais j'avoue que la matière première est crispante, le coup du lycée et de l'histoire d'amour entre une fille qui manque de confiance en elle et le garçon plus beau que dans un rêve, ça sent le déjà vu.
Toutefois, nous sommes ici dans un registre différent... bien qu'on flirte encore et toujours avec le paranormal. N'en cherchez pas davantage, certains trouveront que c'est limpide et aussi gros que le nez au milieu de la figure, moi je n'ai rien vu venir !

Franchement je ne sais pas si j'ai aimé, oui un peu et assez pour ne pas décrocher jusqu'à la fin, mais dans le fond j'ai trouvé l'histoire poussive et molle. Ever est une jeune fille agaçante, elle se flagelle à n'en plus pouvoir, c'est d'ailleurs interminable et agaçant, j'étais à deux doigts de craquer tant j'avais envie de lui secouer les puces, c'est bon, ça va cinq minutes, ça ne réveillera pas les morts, hélas. Et Damen, aussi beau soit-il, reste tout de même très pâle et sans consistance. J'espère que la suite étoffera son personnage, pour l'instant il lui manque un truc.
Parlons-en de la suite... j'imaginais une trilogie, mais cinq tomes c'est beaucoup. D'autant plus que pour l'instant la trame m'apparaît floue et plate. Voilà pourquoi je suis impatiente de lire le prochain (Blue Moon), en espérant y trouver plus de densité et de rebondissements, et pas uniquement des regards énamourés, du je t'aime, je te veux, non je te déteste, pars, ne reviens plus, pitié tu me manques, tu es mon Autre, et blablabla.
Aucun cynisme de ma part, j'assume avoir pris bien du plaisir à lire ce livre tout en lui trouvant des défauts et, par la même occasion, une voie ouverte pour me poser trop de questions. Je crois aussi que j'attendais plus de cette série follement encensée et qui s'affiche partout sur les blogs anglo-saxons.
Mais je vais lire la suite, oui c'est promis.

 

12 octobre 2009

Comment se débarrasser d'un vampire amoureux ~ Beth Fantaskey

MsK une collection des éditions du Masque, 2009 - 410 pages - 16€
traduit de l'anglais (USA) par Elsa Ganem

comment_se_debarrasserJessica Parkwood vit dans une ferme au fin fond de la Pennsylvanie. C'est une lycéenne à la vie ordinaire, avec des parents (adoptifs) excentriques et végétariens, une meilleure amie obsédée par les beaux garçons et les magazines de mode, un béguin pour un camarade mignon et populaire. En plus d'avoir la bosse des maths, c'est aussi une fille très terre-à-terre. Son année de terminale s'annonce donc tout aussi plate et sans grain de folie.
Et puis, non.
Arrive Lucius Vladescu, directement de Roumanie. Il affiche la couleur : c'est un vampire, il appartient à un clan puissant, lequel a signé un pacte avec les Dragomir (la famille de Jess, ou Antanasia, son véritable prénom, qui découvre par la même occasion qu'elle est également un vampire !), ce pacte stipule donc que les deux héritiers sont fiancés et doivent unir leur éternité, symbole de paix entre les deux clans.
Coup de massue sur la tête de l'adolescente !
Jessica refuse cette probabilité irrationnelle. Les vampires n'existent pas, c'est de la pure magie ou fantaisie, et même si Lucius est beau à tomber à la renverse, c'est impensable d'agréer à sa demande. Elle n'est pas sa fiancée, ni sa princesse, c'est de la folie pure.
Alors que Jessica s'entête à mener sa petite routine, Lucius entreprend une cour insensée pour séduire sa promise. Il s'inscrit dans le même lycée, adopte les us et coutumes des jeunes américains, joue au basket ou porte des jeans par exemple, mais Jessica ne cède pas un pouce !
C'est presque insupportable de la suivre dans son obstination et dans son déni, mais heureusement Lucius est un personnage fantastique (dans tous les sens du terme). Il a un charme fou, certes, mais il est aussi arrogant, sûr de lui, persifleur et ironique. Leur relation devient vite piquante et très drôle.
C'est d'ailleurs le point fort du roman, son humour ! Du moins, dans la première partie du roman, légère et subtile, avec les papillons dans le ventre, les étoiles dans les yeux, le sourire béat et l'âme de midinette qui remonte à la surface. Aaaaah, encore une histoire de lycéens et de vampires ... au secours, fuyons.
Non, non.
Au fur et à mesure que l'histoire avance, Jessica prend conscience de sa nature vampire, avec tout le poids que cela implique, en même temps qu'elle cerne la personnalité troublante de Lucius, son passé sinistre et son âme d'éternel tourmenté - l'apanage des grands romantiques, soit dit en passant, Lucius admire et s'identifie à Heathcliff... Bref, le roman devient plus sombre, plus grave, plus violent aussi. Du pur produit romanesque, bien enveloppé, totalement captivant, avec des personnages à multiples facettes, forcément je suis cliente.
Ce n'est pas un livre de plus sur les vampires, le phénomène du moment, c'est surtout une lecture agréable et pleine de surprise, que j'ai lue d'une traite (impossible de le reposer, ce livre colle aux doigts !), je suis tombée amoureuse des personnages et de l'histoire, en un mot... me voilà encore dans de beaux draps !

NB : La couverture française est vraiment très jolie, beaucoup plus jolie que la version originale.

extrait :

- Essaie cette robe.
- J'ai déjà plein de vêtements, insistai-je.
- Oui. Et tu ferais mieux de tous les jeter. Et en particulier ce tee-shirt avec le cheval blanc, le coeur et la lettre I dans le fond. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- I love les chevaux arabes. Pour dire que j'aime les chevaux arabes, expliquai-je.
- J'aime la viande saignante, mais ce n'est pas pour autant que je porte la photo d'un steak cru sur le torse.
(...)

> Un concours est organisé sur Plume Libre (des infos ici) pour gagner des livres ... attention, ça dure jusqu'au 13 octobre ! 

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