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Chez Clarabel

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5 novembre 2009

Mes Deux Allemagne ~ Anne C. Voorhoeve

Bayard jeunesse, coll. Millézime, 2009 - 348 pages - 11,90€
traduit de l'allemand par Florence Quillet

mes_deux_allemagneMes Deux Allemagne est un roman plein de surprises, un roman avec des tiroirs, bref un roman dans le roman, et plus encore... Au début, la narratrice est une jeune adulte qui fait la connaissance d'un type dont le nom lui rappelle son propre passé, dans les deux Allemagne. En plus de sa propre histoire, c'est aussi celle de sa maman Rita et de sa tante Lena que Lilly va revivre et nous raconter. Un roman dans le roman, donc. L'histoire se tisse d'après les souvenirs et les flashbacks, pour un ensemble homogène et nécessaire pour dresser le portrait de cette famille tiraillée, déchirée par la carte géopolitique.
L'arbre de cette famille a du mal à se dessiner, les secrets sont encore présents, Rita a perdu son père très tôt, c'était un héros et c'est grâce à lui et à son amour pour Rita que sa mère a pu se sauver de l'Est pour se réfugier à Hambourg. Puis, Rita aussi décède, emportée par son cancer. Lilly se retrouve sans famille et va alors faire la connaissance de sa tante, qui vit dans l'autre Allemagne.
C'est un peu comme un coup de foudre entre la jeune fille et son aînée, mais l'heure des séparations sonne trop tôt et Lilly comprend qu'elle ne peut plus vivre sans elle et va prendre la décision de traverser la frontière pour vivre avec Lena.
A la fois oeuvre romanesque et ouvrage pédagogique, ce livre nous apporte un éclairage intéressant sur le climat pesant qui a longtemps régné sur cette parcelle d'Europe, un pays séparé en deux, des générations à jamais marquées, des familles chamboulées etc. Au centre, Lilly, treize ans, est encore trop jeune pour saisir toutes les nuances politiques, d'autant plus que sa propre mère était restée secrète sur son enfance en Allemagne de l'Est. C'est un peu le choc des cultures, une Wessi pour les uns, une Ossi pour les autres, bref Lilly conservera longtemps cette double identité, la preuve aussi d'un traumatisme certain, que les jeunes lecteurs tenteront aujourd'hui de cerner puisqu'on fête cette année les vingt ans de la chute du mur de Berlin (le 9 novembre).
Un très bon roman, écrit avec sensibilité et justesse, sans misérabilisme.

Comme dit l'éditeur : Ce livre émouvant met en scène l’antagonisme Est-Ouest vu par le prisme d’une famille, avec un luxe de détails proches de l’histoire vraie, et sans pour autant porter de jugement de valeur.  C’est un bel hommage à la réunification de l’Allemagne.

 

 

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4 novembre 2009

J'irai au Pays des licornes ~ Jean-François Chabas

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 180 pages - 9,00€
illustration de couverture : Franck Juery

jirai_au_pays_des_licornesMalédiction ! Il fallait que ça m'arrive, j'étais trop étourdie de bonheur et d'amour, cela devait cesser. Jean-François Chabas est pour moi MA fantastique révélation littéraire de cette année, et je lis chacun de ses livres avec la garantie d'être émue et bouleversée par son contenu.
Oui, jusque là tout était émerveillement et petit lait à boire... sauf que je suis tombée des nues avec ce titre, J"irai au Pays des licornes. Pourtant, tout était réuni pour me plaire. Hélas, la magie n'a pas eu lieu.
L'histoire se passe en Ukraine. Pavlo n'a pas douze ans, il est orphelin et a été recueilli dans un établissement mauvais, sale et dégoûtant, où les pires sévices se jouent en toute impunité, le directeur ferme les yeux, qui ne dit mot consent ? Un soir, Pavlo manque d'être violé par un plus grand et il se rebiffe. Un oeil crevé pour son adversaire, la mise en quarantaine dans une cellule fermée pendant deux ou trois semaines pour lui.  La punition lui semble sévère et injuste, cela va forger son caractère. Pavlo devient un gamin dur, qui n'accepte plus de courber l'échine, il se découvre aussi une faculté au combat qui l'étonne lui-même.
Bref, le garçon va se sauver de l'orphelinat et se retrouver dans la rue. Une autre galère commence, il a faim, il a froid et il est seul au monde. Chaque minute, il doit sauver sa peau, surtout qu'un type costaud et idiot l'a choisi comme bouc émissaire et lui mène la vie dure. Jusqu'au jour où il est ^kidnappé^ par deux individus dans leur camionnette vers une autre étape de son existence vraiment pas rose du tout...
De mal en pis, l'histoire ne cesse d'aller. J'ai eu un mal fou à m'y accrocher, à me sentir à l'aise dans mes baskets, d'ailleurs j'ai fini par passer plusieurs pages, je n'en pouvais plus de lire autant de noirceur, d'amertume, de rudesse et de coup dur. C'est un roman pas facile, pas gai non plus et vraiment pas optimiste. Il fiche le moral à zéro, en dépit de l'écriture toujours impeccable de Chabas.
Je n'ai pas trouvé que ce roman pouvait me mener quelque part, ou disons que je n'ai pas accepté de suivre cette voie. J'ai bifurqué, j'ai moi aussi voulu trouver mon Pays des licornes, cette histoire était en fait un conte raconté par la maman de Pavlo et le garçon aime y repenser, comme s'il s'accrochait à une chimère, pour se consoler, s'évader de son univers âpre et douloureux.
Pfiou, ça fait du bien d'en sortir... tant ça fait mal et ça pèse lourd dans le ventre, et aussi dans le coeur.

ce qu'en dit l'éditeur : La rue, ses menaces et ses combats, Jean-François Chabas connaît bien. Mais c’est la situation de la Thaïlande contemporaine qui a été le déclic de ce roman. Là-bas, les combats d’enfants sont légaux et les fortunes gagnées grâce aux paris, colossales. Avec amertume, poésie, réalisme et pudeur, c’est la face sombre de sa Boxe du Grand Accomplissement que l’auteur nous livre ici, ainsi que sa façon, subtile, originale, de parler de l’antisémitisme.

Madeline de la Libraire L'Eau Vive explique pourquoi la fin du roman la dérange...

 

3 novembre 2009

Le Baiser du Vampire ~ Melissa de la Cruz

Albin Michel, coll. WiZ, 2009 - 410 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec
titre vo : The Van Alen Legacy

le_baiser_du_vampireLecteurs français de la série de Melissa de la Cruz, cette sortie inopinée du tome 4 est une excellente nouvelle ! Elle coincidence approximativement avec celle des USA, soit un mois après, alors qu'en juin dernier, nous tournions la dernière page des Sang d'Argent avec une certaine fébrilité.
L'histoire se bouclait à Rio, le Conclave avait déménagé de New York pour une réunion exceptionnelle qui avait viré à la catastrophe. Beaucoup de pertes parmi les vampires sont à déplorer, et Theodora est dans un sacré pétrin. Un an a déjà passé, elle a fui le pays avec Oliver et se réfugie à travers le monde pour échapper aux Venator. La jeune fille est en effet suspectée d'avoir tué son propre grand-père !
Ce quatrième tome s'articule autour des trois personnages féminins : Theodora, Mimi et Bliss. Elles sont chacune les maillons forts de l'intrigue : la première, la sang-mêlée, doit donc se cacher ; Mimi, de son côté, nous surprend totalement car elle s'est lancée aux côtés de Kingsley dans des missions d'aventure en tant que Venator et recherche activement Jordan, la jeune soeur de Bliss ; et cette dernière, dont la véritable identité a été révélée à la fin du t3, est en plein cauchemar. Son existence a viré au noir, mais je ne peux pas en dire plus.
En fait, j'ai trouvé ce livre excellent ! Le tome précédent avait été longuet, mis à part le final explosif. C'était attendu que la suite devait nous fournir des réponses, accélérer la cadence et expliquer, donner des pistes, débroussailler les sentiers perdus.
Je vous assure que l'intrigue ne manque pas de piquant ! Et les révélations pleuvent, accompagnées d'un festival d'action. Je retiens ma langue, mais il faut reconnaître que M. de la Cruz a su nous régaler grâce à une mise en scène très théâtrale et parfaitement maîtrisée. Des instants forts, dramatiques et émouvants sont à prévoir !
Côté sentimental, une fois encore, ça s'éclaircit. Avec d'étonnantes perspectives, qui ne sont pas pour me déplaire.
Le titre original est cependant tellement plus révélateur, the Van Alen legacy fait référence à l'héritage de la famille de Theodora, et connaissant son pedigree, le cadeau risque d'être empoisonné. Vivement la suite, donc. L'auteur est en train de l'écrire, mais on connaît déjà le titre : Misguided Angel (sortie US : octobre 2010). De quoi alimenter les plus folles spéculations...

Keys to the Repository - le guide de la saga - sortira en juin 2010.

 

Très franchement, je ne suis pas fan des couvertures françaises. Ce qui expliquerait peut-être pourquoi j'ai toujours un mal fou à me représenter, mentalement, les personnages. Et finalement, en vagabondant sur le net, j'ai trouvé une vidéo faite par un internaute dont voici le ^casting^ (que j'approuve, dans l'ensemble, même si, hélas, il manque Oliver),  le lien. :-)
Oui, j'assume, j'aime bien ce genre de fantaisie...

NB : à ce jour, aucun projet cinématographique n'est envisagé pour cette série ; par contre, warner a acheté les droits de l'autre série de Melissa de la Cruz, Filles au pair (en 4 tomes).

comme c'est de plus en plus coutume, il existe un excellent trailer (officiel) du tome 4 : the Van Alen Legacy / le Baiser du Vampire :

2 novembre 2009

1 seconde, 1 minute, 1 siècle... ~ Catherine Grive

illustrations de Muriel Kerba
Gallimard jeunesse, 2009 - 40 pages - 14€

1_seconde1 seconde.
Le temps de tomber amoureux. Le temps pour quatre enfants de naître quelque part dans le monde. Le temps pour le coeur d'une personne de battre au moins une Fois.

1 minute. Le temps d'hésiter entre vanille ou chocolat... et de choisir pistache. Le temps de se fâcher ou de se réconcilier. Le temps qu'on met normalement pour faire pipi.

1 siècle.
Le temps qu'il faut à un arbre pour repousser après avoir brûlé. Le temps qu'a dormi la Belle au Bois dormant. Le temps d'avoir des enfants qui ont eux-mêmes des enfants qui ont eux-mêmes des enfants.

Catherine Grive a su me faire battre le coeur avec son inventaire de réflexions ponctuées de photographies (de Carole Bellaïche), elle parvient maintenant à m'enchanter sur la question du temps.

1 seconde, 1 minute, 1 siècle... c'est le temps de quoi ?

Tour à tour espiègles et facétieuses, mutines et coquines, sensées et profondes, légères et cocasses, les idées ne manquent pas. On attend quelques secondes de trop devant l'ascenceur et c'est l'éternité. On va deux heures au cinéma et c'est déjà fini. C'est long comment une seconde, trois minutes, un siècle ? Contrairement aux apparences, les montres ne disent rien sur la question. Combien dure le temps ?

Chaque page est chaque fois plus étourdissante, plus enchanteresse grâce aux illustrations pleines de couleurs de Muriel Kerba.

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C'est définitivement un album magnifique, avec beaucoup de poésie et de sensibilité, qu'on peut consulter à tous les âges !!!

Et notre quotidien nous apparaît alors plus gai, plus coloré, plus fantaisiste, plus imagé et plus éclairé !

J'ai adoré.

2 novembre 2009

La plus belle fille du monde ~ Agnès Desarthe

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 163 pages - 9,00€
illustration de couverture : Sereg

la_plus_belle_fille_du_mondeLa plus belle fille du monde vient de faire son entrée dans la classe de Sandra, quatorze ans, élève de seconde au lycée. Liouba Gogol est éblouissante de beauté, d'intelligence, de simplicité et de gentillesse. Son charisme est dévastateur, la petite bande que forme Sandra et ses amis (deux filles, un garçon) risque de ne pas résister à ce grand bouleversement. Mais en fait, au début, tout semble paisible... Liouba n'est pas une insupportable peste, le danger vient peut-être de là, elle a tout pour elle et elle est irrésistible. Sandra et ses amis n'osent pas reconnaître que cette nouvelle élève leur pose un problème, ou si, ils l'avouent en pointillés, et bien maladroitement. Pire ils se chamaillent bêtement et se lancent des propos vexants. Résultat, le groupe fait bande à part, avec haute trahison puisque l'un d'eux se lie d'amitié avec Liouba et, clash final, Sandra tombe malade et s'absente pendant trois jours. Elle vit mal ce champ libre imposé, c'est une défaite, elle sent que ses amis vont l'abandonner un par un et que Liouba Gogol va creuser son trou dans leur bande.
Quel est le problème, après tout ?
Il faut remonter aux origines de cette amitié pour comprendre les liens sacrés qui les unissent... mais ce qui est sacré ne signifie pas être exclusif non plus.
Avant d'en arriver à une conclusion joyeuse et réconfortante, Sandra - la narratrice de cette histoire - nous emmène dans une haute considération à moitié philosophique sur ce qu'est l'adolescence, l'amitié, les études, l'absence du père, l'écriture aussi. Car Sandra a choisi d'ouvrir son histoire comme un roman en pleine éclosion. La demoiselle rêve d'être écrivain, elle ne connaît ni les règles ni les tournures, et elle s'en moque un peu, aussi nous propose-t-elle un livre ouvert à toutes ses considérations, ses pensées, sa façon d'élaborer son récit, ses digressions (nombreuses !) et son histoire avec la plus belle fille du monde prend peu à peu une forme plaisante et jubilatoire.
Agnès Desarthe est un auteur qui m'enchante, et j'aime particulièrement ses écrits pour la jeunesse. Ce titre ne fait pas exception à la règle, et j'imagine qu'il trouvera écho chez les jeunes de 13 ans et plus.

 

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1 novembre 2009

Le Voleur de magie ~ Sarah Prineas

Gallimard jeunesse, 2009 - 335 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Jean Esch
illustrations : Antonio Javier Caparo

le_voleur_de_magieConnwaer est un garçon des rues et un voleur. En fouillant les poches d'un passant, la chance va peut-être lui sourire puisqu'il vient de mettre la main sur une étrange pierre noire. Hélas, son propriétaire le retrouve mais ne paraît pas en colère. Il s'agit du magicien Nihil et il invite le garçon à le suivre dans une taverne pour casser la croûte. Méfiant mais affamé, Conny accepte et se remplit le ventre. Il apprend alors que c'est un miracle s'il est toujours en vie car cette pierre est en fait une locus magicalicus et qu'il aurait pu mourir simplement en la touchant.
Connwaer n'est pas au bout de ses surprises. Il est engagé par Nihil pour le suivre dans cette étrange demeure, Ataraxie, qui appartient à sa famille depuis des générations et qu'il a été contraint d'abandonner durant les vingt années de son exclusion de la ville de Wellmet.
Son retour s'explique parce que les magistères ont besoin de lui, ils comptent sur lui pour expliquer pourquoi la magie est en train de disparaître, affaiblissant Wellmet qui serait condamnée à mourir si le phénomène ne cesse d'amplifier. Pour cela, Nihil doit acquérir l'approbation de la duchesse Cedra Forestal, qui bien évidemment le déteste, et veiller à ne pas accorder sa confiance à tous les magistères, Connwaer lui-même émet une mise en garde immédiate contre l'un d'eux mais Nihil n'est pas encore prêt à écouter le gamin.
La présence de ce dernier va cependant s'avérer utile et étonnante, car il n'est pas le vulgaire pickpocket qu'on pourrait penser. Ses origines sont mystérieuses, et il démontre, en plus d'une grande intelligence, une certaine réactivité à la magie qui rend perplexe Nihil. Finalement, lui qui rechignait de s'encombrer de ce garçon des rues va le choisir comme apprenti. Mais pour y arriver, Connwaer doit à tout prix trouver sa propre pierre magique (sa locus magicalicus), à moins de retourner croupir dans les sombres quartiers du Crépuscule et tomber sous les coups des sbires de l'Underlord.
C'est un très bon premier roman, écrit par l'américaine Sarah Prinéas, où l'on plonge dans un univers victorien imprégné de magie. Certains détails font implicitement penser à Harry Potter, sans pour autant donner l'illusion d'une copie, cela reste une lecture entraînante et pleine de surprises, servie par une intrigue dynamique, teintée d'humour et d'ironie. Les personnages gagnent à être connus, car s'il s'agit là du premier tome d'une série, le livre trouve une fin en soi mais la richesse des personnages tend à vouloir en savoir plus et découvrir davantage sur le passé de Connwaer ou sur celui de Nihil. 
Le Voleur de magie est à l'origine une trilogie, qui devint une série de quatre volumes, voire plus, compte tenu de son succès international. Le tome 2, publié en mai 2009 aux USA, sortira en France en 2010.
www.sarah-prineas.com

 

31 octobre 2009

Le livre maudit ~ Anne Ferrier & Régine Joséphine

Editions Mic_Mac, coll. Même pas cap', 2009 - 62 pages - 5,50€
illustrations Loïc Méhée

Les deux coupables ont été bien mystérieuses ... Régine Joséphine a dit :

Encore une belle tranche de rigolade avec ma copine Anne Ferrier ! Oui, on s'est bien amusées à écrire cette histoire de Salsifis qui dévore les enfants de l'intérieur à cause de son petit coeur d'artichaut ! Heureusement qu'un copain comme on en fait peu va partir en guerre contre une jolie jeune fille et va s'aventurer dans l'antre de la sorcière !

Quoi ? Elle est pas claire mon histoire ? Mais si !!!  Une maison bizarre et pleine de créatures horribles, un livre dévoreur, des enfants qui se transforment en zombis ! Je vous préviens : coeur sensible s'abstenir ! Si vous osez ouvrir ce livre, prenez garde ! Vous risquez de ne pas en ressortir indemne !

livre_maudit_couv

et Anne Ferrier a surenchéri :

Vous y croiserez, dans le désordre, une sorcière, un libraire, un caïd devenu doux comme un agneau, l'amour (oui oui, Cupidon himself. Enfin, presque), une maison hantée, un grimoire magique et un jeune Eloi fort courageux, ma foi.

 

Quant à la charmante bêbête de la couverture, je ne comprends pas : avec Régine, on avait bien fermé tous les bocaux de l'atelier de la sorcière (vous pensez bien, on ne rigole pas avec ces choses-là), les yeux de loup (excellents contre les problèmes de myopie) cotoyaient les boyaux de souris (pour fabriquer la poudre d'escampette), la poudre de dragon (là, on ne peut pas vous expliquer, c'est top secret) et les oeufs de poule (ah non, ça c'est pour l'omelette, tout bêtement. Notre sorcière manque un chouïa d'organisation).

Bref, le serpent rayé (les plus dangereux) aurait dû rester dans son bocal, mais visiblement, il s'est fait la malle. Il va de soi que nous déclinons toute responsabilité au cas il décide de s'installer chez vous, dans le pot à côté de la farine ou des spaghetti.

Pas besoin d'en rajouter une couche : je l'ai lu, même si ce livre est avant tout destiné à ma fille (or cette demoiselle n'est pas là et ne rentre que dimanche, en attendant il faut bien que je me dévoue pour connaître le contenu de ses lectures, sait-on jamais, ce livre est maudit comme l'affirme son titre !).
Bref, je l'ai donc lu et j'ai beaucoup rigolé. Désolée si ce n'était pas son intention, mais je parie que les chères têtes blondes, brunes, rousses vont frissonner de plaisir car mesdames Anne Ferrier et Régine Joséphine, vous avez commis là un livre absolument charmant et pétillant de malice.
J'ai aimé le personnage aux yeux verts et aux cheveux fous, sa façon de parler et son terrible dilemme, arf c'était bien trouvé, de même quel suspense ! La cave terrifiante avec les bocaux remplis de ... beurk ! l'illusion est parfaite !
Ce roman brasse les codes du genre (sorcière et sorcellerie) mais distille sous couvert une bonne dose de facétie, cette lecture nous apparaît alors terriblement espiègle, drôle et déjantée. Si les auteurs ont prétendu avoir bien ri en l'écrivant, elles ont réussi à communiquer cet enthousiasme à leur lecteur !

Pour en savoir plus, ce livre coûte la bagatelle de 5,50€. N'hésitez pas à l'offrir !

31 octobre 2009

lectures du mois #10

le mois d'octobre déjà terminé !?! .. mais il a filé plus vite que l'éclair, ouah !

alors que nous sommes en train de plonger dans la grisaille automnale, et bientôt hivernale, brrr, il est bon aussi de constater que se réfugier sous la couette et boire des litres de boissons chaudes, en regardant des dvd ou en lisant énormément, nous font passer les journées (et surtout les ouikends) plus vite ! et c'est tant mieux.

en octobre, mois qui nous fait reculer d'une heure (youpi), j'ai donc aimé :

  • 431949234_b79c9d7fa3The Hunger Games, forcément !!!! c'est LA série qu'il faut découvrir !
  • Fièvre noire  [#], de Karen Marie Moning
  • Malo de Lange, fils de voleur  [#] de MAM
  • Le son des couleurs [#] par Jimmy Liao
  • Blanc fantôme  [#] de Laurie Faria Stolarz
  • Comment se débarrasser d'un vampire amoureux [#] de Beth Fantaskey
  • La vie commence [#] de Stefan Casta
  • La princesse et l'assassin [#] de Magnus Nordin
  • Rita et Machin à Paris / La niche / Le pompier de Lilliputia / La mélodie des tuyaux ...
  • Le temps des Marguerite [#] de Vincent Cuvellier

... de belles choses, comme d'habitude !
Je suis une lectrice gâtée.

NB : Il y a un an, je commençais ma plongée dans Breaking Dawn. Et je m'en rappelle comme si c'était hier, incroyable mais vrai !

31 octobre 2009

Le bal des monstres ~ Christophe Loupy

éditions Volpilière, 2009 - 42 pages - 7 euros
illustrations Nicolas Le Tutour

le_bal_des_monstresC'est le soir d'Halloween dans la petite ville de Rumfort. Un bal est donné dans le manoir qui appartient aux parents du meilleur ami de Jack. Ce soir, tous les enfants sont déguisés et organisent entre eux un concours de celui qui sera le plus effrayant. A chaque fois que quelqu'un réussit à faire sursauter l'autre, il reçoit une petite croix dessinée sur la main. Le vainqueur sera déclaré Monstre de la soirée. Jack et ses copains partent en chasse, mais les choses se passent mal pour notre petit héros. En cours de route, il surprend un serveur déguisé en crapaud hideux, mais ce déguisement semble plus vrai que nature. Et pour ne pas manquer, la créature remarque la méfiance du garçon et se met à le pourchasser dans toute la maisonnée. Couloirs labyrinthiques, passages secrets, la course n'en finit plus et la tension monte !
C'est indéniablement un petit roman qui manie avec brio l'humour et la terreur. Pour un lecteur dès 7 ans (la cible visée), l'objectif est atteint. L'histoire est courte, mais intense. Le suspense est assez surprenant, et en plus du mystère l'intrigue nous réserve des instants saisissants. Les personnages sont plutôt stéréotypés mais pas mauvais, mention spéciale pour les créatures baveuses et répugnantes, néanmoins je n'ai pas du tout aimé les illustrations que j'ai trouvées figées et sans charme.

livre reçu par l'opération babelio

babelio

30 octobre 2009

Fièvre Noire ~ Karen Marie Moning

J'ai Lu semi-poche, 2009 - 410 pages - 12€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Desthuilliers
titre vo : Darkfever

fievre_noireAu commencement, MacKayla est une jeune américaine d'une vingtaine d'années, au physique de poupée barbie, qui mène une existence idyllique et sans nuage. Ses parents sont en croisière, sa soeur aînée est en voyage d'études à Dublin et la demoiselle paresse au bord de la piscine en écoutant son ipod.
Le chapitre suivant, c'est le drame.
La police irlandaise lui apprend l'assassinat d'Alina, probablement livrée aux griffes d'un psychopathe. L'enquête piétine, avant d'être bouclée moins d'un mois après le crime. La famille Lane est dévastée, MacKayla prend aussitôt la décision de partir pour enquêter sur le terrain et découvrir les circonstances affreuses du meurtre de sa soeur.
Alina semble en effet avoir basculé dans des affaires louches, lorsque MacKayla découvre les derniers messages laissés sur son répondeur de téléphone portable, sa soeur lui fait part d'informations obscures et sans queue ni tête. MacKayla fonce bille en tête, débarque dans une ville inconnue, totalement livrée au fog qui lui fait perdre tout sens d'orientation. Et sur place, la jeune femme est horrifiée par ce qu'elle VOIT. Des visions qu'elle seule semble avoir le pouvoir. Une vérité horrible et oppressante qu'elle refuse farouchement de croire.
En chemin, elle fait la connaissance de Jéricho Barrons, libraire et bibliophile, un beau brun ténébreux, macho et goujat, qui lui secoue les puces en lui ordonnant de rentrer au pays, pauvre petite agnelle qu'elle est, à se jeter dans la fosse aux loups affamés.
Et ce n'est pas qu'une image, car la suite promet des révélations toutes plus sordides et mortifiantes les unes que les autres !

Fever est une série qui connaît un gros succès aux USA, et je peux vous assurer que c'est mérité. Fièvre Noire (ou Darkfever), le premier tome, nous fait découvrir des personnages attachants et agaçants à la fois, avec une MacKayla Lane particulièrement superficielle et idiote dans la toute première partie de ce livre, même si on reconnaît en son for intérieur qu'on ne serait probablement pas plus brillante qu'elle dans de pareilles conditions ! Heureusement, son personnage s'étoffe au fil des pages et passe de la blonde bimbo à une créature plus racée et plus mature aussi. Tout n'est pas gagné non plus, cela participe à la légèreté de la lecture et c'est appréciable.
Car Fièvre Noire est une lecture facile, agréable et distrayante, où l'on passe du rose au noir en toute impunité, sans ciller. Karen Marie Moning nous fait en effet pénétrer un monde obscur peuplé de faës et autres créatures délicieuses (ahem, ahem) avec une facilité qui ne nous laisse guère le temps d'être décoiffés ! Personnellement cela me convient tout à fait, car je déteste me triturer les méninges pour comprendre les intentions de l'auteur.
Bref, on ne fait pas que broyer du noir non plus... il y a aussi de la sensualité et un zest d'érotisme, entre MacKayla et le sombre Barrons, par exemple, l'antagonisme est évident, cela provoque des étincelles, les échanges verbaux sont cinglants, mais dans le même temps il y a un truc comme une attirance physique pas bien définie, et là encore, c'est tant mieux car cela va permettre à l'histoire de mieux se développer (on ne peut pas tout avoir sur un plateau non plus, ce serait lassant).
Ah, et il y a aussi un autre personnage (que je ne nommerai pas) et dont la fonction est d'être dotée d'une telle puissance sexuelle qu'il tue toute humaine avec qui il a des relations, à moins qu'il ne décide de la protéger de son érotisme mortel. Hiiiii ! La rencontre m'a bien fait rire, c'est un passage hallucinant et cocasse. Vivement la suite ! 

Hélas, préalablement annoncé en octobre 2009, le tome 2 (Fièvre rouge) sortira finalement en février 2010. Grrrr. Du coup, j'ai commandé Bloodfever en anglais.  :p

> Trillian aussi s'est prise au jeu !

edit du 31/10 :

je viens de trouver sur Only simple things un cliché qui illustre parfaitement l'idée que je me fais de la librairie-refuge de Jéricho Barrons ...

fievre_noire_librairie

(cliquez sur l'image pour voir en plus grand !)

Free Darkfever Download

Darkfever, the first book in Karen Marie Moning's Fever series is now available for free download. Go to Suvudu site for more information.

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