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Chez Clarabel

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13 décembre 2008

Mon amour kalachnikov - Sylvie Deshors

 

“Ces mots là, ça parait trop simple, mais ils sont vrais et puis c'est mon histoire.” C'est le refrain que pourrait reprendre Agathe, par cette froide nuit de novembre. Elle se retrouve dans la même rue où elle a été agressée, elle a été appelée pour un baby-sitting, se sent mal à l'aise dans cet appartement trop luxueux et croit reconnaître sur une photo le taré. Le lendemain matin, elle est réveillée par la police et apprend la mort du type. Suspectée, Agathe doit se défendre. Elle avertit son petit ami Gilan, lequel se met en colère 514OIqDidbL__SS500_et ne donne plus de nouvelles. La jeune fille est alors prise de doutes, sur elle, sur son agresseur, sur son copain et sur l'entourage de celui-ci. Et puis il y a cet enquêteur qui ne la lâche pas d'une semelle. Agathe commence à perdre pied et risque de commettre des erreurs à vouloir mener elle-même sa petite investigation. Ce n'est jamais bon de fouiller dans les petits papiers de ceux qu'on aime, cela peut faire mal.

Et c'est vrai que ce roman est triste, mais c'est une tristesse qui est saine. C'est bon de lire un roman de cette qualité, où résonne le pas chaotique d'une jeune fille perdue dans ses repères. Le garçon qu'elle aime n'est plus qu'une silhouette floue, et puis il y a ce meurtre... La police imagine qu'elle est liée à un vol de bijoux, peut-être le mobile du crime, et il y a beaucoup de preuves contre elle, mais elle veut protéger son petit ami qu'elle soupçonne au fond d'elle. C'est un étau, un piège qui se referme, dans lequel elle joue le rôle du lièvre hypnotisé par les phares du chasseur. Elle se tait pour celui qu'elle aime, mais elle sent qu'il la fuit. Pourquoi ? L'intrigue est ainsi habilement tissée, simple et silencieuse. Il n'y a pas de clash, pas de fracas. Il y a certes de la violence et de la rage chez Agathe, mais une grande fragilité derrière cette carapace. On la suit jusqu'au bout et on partage ses larmes. Cela ne peut se finir autrement, car ce roman est terriblement humain. Il m'a personnellement fait beaucoup de bien.

Le rouergue, doAdo noir - Novembre 2008 - 282 pages - 12,50€

Sylvie Deshors figure désormais parmi les auteurs que je vais suivre, après avoir déjà lu et aimé Anges de Berlin et Petit samouraï , c'est maintenant une conviction !

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12 décembre 2008

(...)

knock21

... absente, parce qu'au bout du rouleau. J'ai vécu mon jeudi noir. La coupe est pleine et je sens que tout file entre mes doigts. Et puis je ne retiens pas. Pas envie. Plus le courage. J'ai beaucoup pleuré ces derniers temps, aujourd'hui j'attends. Je sais que c'est énigmatique et un peu flippant à lire, mais ce petit mot est juste là pour me sentir moins seule au fond de mon trou. J'ai toujours rebondi après m'être bien ramassée. Pour l'heure j'écoute l'album d'un groupe écossais que je viens de découvrir : Glasvegas, et j'aime beaucoup. C'est complètement en rapport avec mon état d'esprit. Et puis je regarde "Angela 15 ans" en dvd. Et bonne nouvelle, dans ce vaste bourbier : j'ai repris goût à la lecture ! C'est bien.

Marilyn dans l'excellent "don't bother to knock"

*** merci à ma grande soeur pour l'envoi du cd qui va me remonter le moral ! ***
Et ne vous inquiétez pas, je vais bien !

 

10 décembre 2008

Le joli univers musical de Thomas F.

Ce n'est pas la première fois que je vous convie dans l'univers musical de Thomas Fersen par les images, et plus particulièrement grâce à une série de 3 albums qui s'ouvrait avec le très singulier Dugenou (se reporter ici, pour s'en souvenir).

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La belle aventure s'est poursuivie avec Croque : l'histoire d'un croque-mort mélancolique, qui aime les croque-monsieur, et qui mange comme quatre et boit comme un trou. Mais à côté du cimetière, il a son jardin secret où il a planté des pommes de terre, cela lui réchauffe le coeur, lorsque pendant un enterrement son estomac pleure et son ventre glougloute, il pense à son festin de pommes vapeur et à son court-bouillon. Et ainsi se boucle la complainte du croque...

Je n'me sens pas dans mon assiette,
Je vais rendre l'âme,
Quand je pense à mes paupiettes,
À mon croque-madame.
Ça fait trop longtemps qu'ça dure,
Je m'allonge un peu
Sur le tapis de verdure
Et je ferme les yeux.

**********

La série termine son voyage initiatique avec Les malheurs du lion... 

Au café, rêvait un lion. Devant sa consommation. Il voit venir une abeille vêtue d'un tailleur que raye le noir avec le soleil, une petite merveille. Elle grésille, elle bourdonne avec l'accent de Narbonne. Et gentiment elle butine un diabolo grenadine.

Allez, bourdonnez en chœur. C'est triste et poétique à la fois. C'est brouillon et mélodieux. Mais cela met bien en évidence la qualité quasi magique de la plume de l'artiste. Je ne connaissais pas bien Thomas Fersen, ou de loin. Depuis la découverte de ces petites galettes, j'ai poussé la porte de la curiosité pour pénétrer dans son monde joliment singulier. Je n'ai plus souhaité en sortir !

**********

D'ailleurs, son dernier album Trois petits tours est une invitation féérique et un cri d'amour... un peu désespéré et tristounet, mais pas déprimant. Je vous le conseille, et j'aime les petits mots de son éditeur qui le présente ainsi :

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On cherche toujours un responsable de la naissance de la nouvelle nouvelle nouvelle, etc, chanson française. Nul doute que Thomas Fersen, dès son premier bal (un Bal des oiseaux) y a été pour quelque chose. Il ne tient peut-être pas à endosser la paternité et de la vieille dame, et de ses jeunes collègues ; disons plutôt, alors, qu’il a renouvelé l’art mineur, y a glissé des folies, des fables, des noirceurs, des bêtes pas bêtes, des hommes bizarres, des femmes fatalement fatales, et des ukulélés. Lui a une préférence pour  le ukulélé soprano, qu’il juge teigneux. N’en concluons pas hâtivement que Fersen l’est également. Surprenant, en revanche, il ne cesse de l’être.

Dugenou, de Thomas Fersen & Elisabeth Eudes-Pascal
Croque, de Thomas Fersen &
Manon Gauthier
Les malheurs du lion, de Thomas Fersen & Bruce Roberts

Editions Les 400 Coups - 7,50€

10 décembre 2008

Il y a du divorce dans l'air...

((c'est une chanson que ma fille aime, grr, et elle voulait aller au spectacle !))

Je n'ai pas la prétention d'être le mentor de ma fille, mais j'ai toujours cherché à influencer ses choix et ses goûts. Je sais, c'est mal. Je dois lui lâcher la grappe, et résultat je deviens spectatrice d'une véritable débauche. La Miss a toujours cultivé un penchant pour le rose, le pailleté, le clinquant et le cruche. Elle est par exemple une très grande fan de Charlotte aux fraises, oui même à 8 ans, il n'y a pas d'âge... après tout ?

51RvwuGlYgL__SS500_Aussi n'a-t-elle pas sauté de joie lorsqu'elle a reçu ce livre qui ressemble à une bande dessinée, mettant en scène son héroïne préférée et tous ses meilleurs amis. Chaque double page raconte une aventure particulière, de Clafoutis et Pralinette, Crêpe Suzette qui aide à fabriquer une robe, ou préparer les citrouilles d'Halloween avec Coco-Berry, et se balader avec Margot Abricot, ou visiter le Pays des Neiges... Entre nous, c'est la Miss qui en parle le mieux, elle connaît tout sur le bout de doigts et elle veut m'initier à cet univers, mais naaan. Je lui raconte qu'en mon jeune temps moi aussi je connaissais Charlotte aux Fraises, ou Fraisinette (sic), et à l'époque elle était drôlement jolie avec sa petite robe (contre l'actuelle paire de blue-jeans, quelle honte !). Il y a un petit billet ici, pour vous rappeller cette anecdote... Pour les mamans d'aujourd'hui qui ont également grandi avec notre petite Charlotte, j'ai enfin trouvé un livre qui a su respecter le bon code esthétique. Nan mais !

Toucan jeunesse / 9,50€

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Le clash entre la Miss et moi n'est pas nouveau, et j'ai pu le constater au récent Salon du livre pou41wW697Jx_L__SS500_r la jeunesse à Montreuil. Nos pas ne nous guidaient jamais dans la même direction, alors que personnellement j'étais attirée par les belles couvertures et les illustrations magiques, la Miss flânait et hésitait. Elle a failli dévaliser le stand de la Princesse Zélina. J'ai vu aussi ses prunelles briller de mille feux devant le stand (tout au fond, dans un coin du salon) de nintendo ! Elle ne l'a pas loupé, celui-là... Elle s'est finalement payée un super défi de filles : A toi de devenir baby-sitter (une collection chez Lito qui coûte une broutille). Le principe est simple : c'est un livre dont vous êtes le héros, et le challenge ici consiste à devenir une excellente baby-sitter en sachant prendre toujours les bonnes décisions. Je peux vous dire que sur le chemin de retour je n'ai pas entendu un mot de la bouche de la demoiselle, tant elle était plongée dans son livre ! Il y a eu quelques gloussements de rire, mais c'est tout. Elle s'est vraiment régalée.
Par contre, l'aventure est rapide et la Miss a bouclé sa lecture dans la soirée. Elle a tenté l'expérience une deuxième fois, pour le fun. Je crains que cela s'arrête là... Argh, c'est frustrant (pour elle) !

Lito - 3,50€

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514G5KRADTL__SS400_Toujours dans ce même salon, la Miss a pourtant fait une très belle rencontre... avec Benjamin Chaud, le papa de la fée coquillette. C'était sa toute première dédicace, elle était rondement fière. Depuis son livre occupe une place très importante près de son lit !

L'adorable fée coquillette rencontre le roi Mike, un lion qui désespère d'être aimé en retour par Norma, la girafe vendeuse de bonbons. Mais l'amour ne se commande pas, aussi la fée Coquillette va trouver un autre moyen pour calmer le chagrin et la rage de Mike, un lion qui croyait avoir tout pour être heureux. En chantant le blues tout en traversant le pays sans un sou, il va se libérer de son matérialisme et de ses caprices. Et qui ne nous dit pas que l'amour est peut-être au bout du chemin ??? Ce serait une juste récompense !

C'est vraiment mignon, tout doux et réconfortant. Il existe d'autres titres dans cette collection. C'est un peu jeune pour ma fille, mais c'est tellement adorable...

Albin Michel jeunesse / 12€

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Et cerise sur le gâteau...   Après Disney, c'est au tour de Mattel de s'inspirer du Conte de Noël de Dickens en mettant en scène sa blonde héroïne dans une fable sur la générosité et le partage. Barbie tient donc le rôle d'Eden Starling, la diva d'une grande beauté d'un théâtre de Londres à l'époque victorienne. Elle ne pense qu'à elle et oblige tous les artistes du théâtre à répéter le jour de Noël. Trois esprits de Noël devront entraîner Eden dans un périple enchanteur (le passé, le présent et le futur) pour ouvrir son coeur et lui faire découvrir l'esprit du temps des fêtes et la joie engendrée par la générosité.

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Bien sûr, ma fille est fan ! Elle a même inscrit sur sa lettre au père noël deux albums de chez Jungle kids (connais pas, mais c'est nouveau... et cela édite en format bd les gros succès tv, comme les Simpsons, Totally Spies, Jamie et Fred, Koh Lanta... !). Donc deux albums de Barbie : Enquête au château et Aventures aux Caraïbes. Je ne dis rien, je ne dis rien... J'étais moi-même inscrite au Club Barbie, j'ai aussi dévoré des albums avec miss Mattel et j'avais une graaaande collection de poupées. Je comprends maintenant de qui elle a hérité ses affinités ! :))

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Et vos enfants à vous ont-ils aussi des goûts qui ne sont pas les vôtres ? Ou avez-vous également des secrets honteux à avouer ... (mais qui forgent notre parcours de lecteur, voyons!) ?

9 décembre 2008

SATC - I want to believe !

Avez-vous vu le film Sex and the City ?

J'en étais restée à la série, fétiche et chérie depuis son commencement, et j'avais accepté de lâcher la main de Carrie et ses copines, un peu consciente qu'il fallait leur laisser vivre leur vie, même si cela allait me manquer... Oui, j'aurais préféré en rester là. M'en tenir à cette idée et garder en mémoire les quatre nanas prendre leur bain de soleil sur une terrasse à New York.

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Tomber du rideau, quelques larmes, mais le sourire aux lèvres et le sentiment d'avoir à jamais une série que je vais aimer toute ma vie ! Or, trois ans après la fin de la saison 6, un film a donc été tourné et propose de revenir sur les quatre copines quatre ans après... (en vrac) le mariage, le déménagement sur la côte Ouest, le grand amour, la vie tout court. Et moi je ne peux pas résister. Il faut que je reprenne des nouvelles de mes copines new-yorkaises.

J'ai l'impression d'y être... encore. De suite, j'ai aimé l'intro qui reprenait certaines scènes de la série, en guise de piqûres de rappel. Cela a le goût d'autrefois, on déballe un cadeau surprise avec excitation, ayé ça commence, je m'installe... et là Houston, nous avons un problème. Han, il y a un truc qui cloche. Ce n'est pas du tout ça. Et je crois que cela vient de la part de Carrie. (Pour commencer.) Franchement je ne la reconnais pas. Ce n'est pas méchant ce que je vais écrire, mais je la trouve vieillie et abîmée. Moins éclatante. Et puis elle appelle Big ... John ! Hic ! hic ! hic ! C'est d'ailleurs dans ce film que je découvre son véritable nom, John James Preston. Ouch. Adieu, mon Mr. Big. Même toi tu n'étincelles pas, tu es terne, passable et décevant.

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Clairement, j'ai été déçue, même si j'ai aimé les sacro saintes parties entre filles, les virées shopping, le défilé de Carrie dans les robes de haute couture. C'est fidèle à l'esprit de légèreté, au glamour et la verve de Samantha tombe toujours à point pour pimenter la sauce des dialogues... mais hic, encore, pourquoi nous claquer des scènes olélé qui éclatent comme des pétards mouillés ? C'est un peu fourre-tout, je le crains : on prend tous les ingrédients de la série, on touille dans un grand saladier, on réchauffe et on obtient...  un gros gâteau à la crême écrasé de pub de marques, trop sucré, avec en figurines des personnages en demi teintes (les filles sont devenues bien sages !)  mais c'est quand même Sex and the City !!!  Un film de filles, et/ou qui fait se sentir fille !!!!

(Mais je préfère de loin la série.) 

Réalisé par Michael Patrick King
Avec Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis, Chris Noth...

Et comble de tout, Carrie porte de la fourrure ! Je ne suis pas d'accord, mais alors pas du tout !

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(Un clic pour voir en grand)

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6 décembre 2008

Êtes-vous passés à côté de... En poche ! #17

Millefeuille de onze ans, d'Isabelle Jarry ?

51uFmSpLJBL__SS500_Après le refus d'un manuscrit par son éditeur, Isabelle Jarry a eu l'impression que sa vie d'écrivain s'arrêtait, cette vie qui est la sienne depuis si longtemps. "Millefeuille de onze ans" est né de cette terrible déception, du doute et de l'incompréhension d'un auteur face à l'échec.
Isabelle Jarry décide de replonger dans l'année de ses onze ans, lors de son entrée au lycée Jules-Ferry, où elle fit la rencontre de Viviane Der Tomassian, une jeune camarade aux idées révolutionnaires, figure atypique et flamboyante, qui a bien inconsciemment guidé la jeune fille vers sa "révélation" (être écrivain !).
Dans ce livre aux 46 chapitres, l'auteur fait son portrait de jeune lectrice et d'apprenti scribouillarde, forte en contemplation, entichée de grec et latin, papivore convaincue et étudiante rêveuse et romantique, selon les critères de son amie Viviane...
C'est honnêtement un portrait en finesse, écrit avec ce souci des mots justes et simples, qui peut faire écho chez toute jeune fille aspirant aux mêmes affinités (le goût des mots, des livres, la curiosité de l'écriture). C'est surprenant le nombre de passages qui interpelle, qui semble avoir été écrit par et pour soi. Même si nous ne souhaitons pas tous écrire (ou "gribouiller"), ce "Millefeuille de onze ans" semble être destiné à tous les lecteurs qui se reconnaîtront ! Cela se déguste avec appétit, moi j'adore les millefeuilles ! Et ce livre donne en aperçu toute la sincérité d'un auteur qui se questionne et revient aux origines de sa passion. Infiniment attachant et authentique, un beau livre sur les livres et le goût des mots, tout comme j'aime !

A noter, une très jolie couverture pour cette édition folio !

Folio, décembre 2008 / 6,50€

5 décembre 2008

En cas d'absence - Frédérique Niobey

photo roman : une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s'aventure alors dans l'écriture d'un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer.

51zoJwxGNvL__SS500_Martin vient de remporter le premier prix d'une exposition de photo, décrocher un article élogieux dans la presse locale et découvre dans sa boîte mail un message de sa mère. C'est beaucoup pour le garçon, totalement désarçonné par ce retour imprévu d'une femme qu'il a perdue de vue depuis son enfance. Elle est restée un visage flou qui disparaît sur un cliché, elle a occupé ses fantasmes pendant les vacances d'été, s'est incarnée dans une robe de mariée. Et puis, rien. C'est la belle inconnue. Comment va-t-il réagir ? Comment doit-il interpréter ce courrier ? Une nuit va-t-elle suffire pour faire le point, ressasser les souvenirs d'autrefois et purger tout son chagrin refoulé ?

Croisant le passé et le présent, Frédérique Niobey bâtit son histoire autour d'un héros masculin en mal de mère, avec beaucoup de soin et de sensibilité. On sent Martin perdu et déboussolé, par le mail de sa mère qui revient à lui (en déclarant qu'elle a tapé son nom sur un moteur de recherche) et par le flot des réminiscences. Tout est sur la corde raide, fragile, insaisissable. A prendre ou à laisser. Toute une nuit pour chasser ses fantômes.

Une belle petite lecture, agrémentée des photographies de Corinne Mercadier.

Editions Thierry Magnier, coll. Photo roman - 84 pages - 13€

Du même auteur : Léonore

 

Je songe à enfermer dans une malle
A défaut d'avoir su
Lire le lexique à temps,
Cette mauvaise clique
Avant qu'elle ne s'emballe
La carte du tendre
Ca va mais juste un moment

Quelle inélégance,
Quel scandale
Quand même les choses
Se mettent à causer vraiment
D'épine de roses,
De femmes fatales,
De crotales, d'ecchymoses,
De l'air du temps,

4 décembre 2008

Le livre du temps III. Le Cercle d'or - Guillaume Prévost

51yc42_JkTL__SS500_Premièrement, amis lecteurs, j'ai failli épuiser toutes mes réserves de patience car je n'en pouvais plus d'attendre ce troisième tome du Livre du Temps, une trilogie passionnante commencée en février 2006. Le hic, donc, c'était que ce 3ème volume était annoncé en janvier 2008, puis repoussé à l'automne... j'ai cru défaillir de frustration. C'est mal de faire subir autant d'émotions pour le lecteur ! Ce dernier est une petite chose fragile et délicate. Ses nerfs sont souvent mis à rude épreuve, il faut veiller à soigner un lecteur. Je le répète : c'est fragile !

Bref, je suis bien embêtée maintenant car je ne peux pas vous parler du tome 3 car ce serait déflorer la série pour ceux qui ne la connaissent pas encore ! Hé hé hé. C'est cruel, je sais. Mais faites-moi confiance, c'est excellent ! Au début, j'ai cru que j'avais un peu oublié des détails (à ce propos, cher Guillaume Prévost, cela aurait été bien accueilli de proposer un résumé en prologue, histoire de rafraîchir nos mémoires qui sont pas mal encombrées avec des centaines d'autres lectures ! (Note pour moi-même).

Cependant, j'ai très vite retrouvé mes marques et mes habitudes et mon plaisir et mon sourire. J'avais comme l'impression d'avoir quitté Sam Faulkner la veille, j'ai tout de suite replongé à ses côtés dans ses voyages dans le temps. Je vois d'ici les lecteurs froncer les sourcils, là je sais que j'ai affaire à des lecteurs qui ne suivent pas ! Ce n'est pas bien. J'ai dernièrement évoqué le tome 1 : La pierre sculptée car ce livre est disponible en format poche (folio junior).

Reprenons, donc : Samuel Faulkner, un adolescent tout ce qu'il y a de plus ordinaire, vit chez ses grand-parents depuis la mort de sa mère, survenue trois ans auparavant. Son père Allan, désigné “le prototype de l'original”, est libraire, spécialisé dans les ouvrages anciens mais n'a plus donné signe de vie depuis plusieurs jours. Le garçon est inquiet et se rend à la librairie, où il va découvrir une statuette avec des jetons autour. De là, il va plonger dans la quatrième dimension (!). En fait, non. Il va débarquer sur l'île d'Iona chez une communauté de moines, mais en l'an 800 !

Pourquoi, comment ? C'est un peu ce que va expliquer le premier livre. Une fois les choses en place, l'histoire va être encore plus palpitante. Déjà, je trouvais que c'était une formidable épopée, le fait de se balader dans le temps, à des époques différentes, de l'Egypte ancienne au Moyen-Âge, en passant par Bruges au XVe siècle et la Transylvanie de Vlad Tepes. Les rencontres sont étonnantes, sans cesse dirigées vers un but précis : retrouver Allan Faulkner.

Une fois ce dernier localisé, il incombe à Sam de le ramener dans son époque et de comprendre pourquoi son père a agi de la sorte. Il faut innocenter les accusations contre lui, celle de vol notamment. Mais dans le même temps, Samuel a une vie d'adolescent qui rencontre des difficultés avec son entourage, il a un secret à préserver (celui de la pierre sculptée), des relations houleuses avec sa tante et son nouveau petit ami (un type sans-gêne qui n'inspire aucune sympathie) et il faut composer avec ses activités scolaires (ses compétitions de judo) et ses rapports difficiles avec ses camarades (il refuse tout contact avec Alicia, son ex-meilleure amie).

La lecture mêle l'avnture, l'action, les voyages, l'intelligence, la patience, l'angoisse, le suspense et l'amour. C'est un ensemble harmonieux et entraînant. On pourrait craindre une quelconque redondance à force de suivre Samuel,  qui cherche son père et voyage par le biais de la pierre sculptée, un procédé également capricieux et imparfait. Or, cela devient vite une addiction, les pages se tournent à vitesse folle, l'impatience scotchée sur le bout de l'index. On brûle de connaître la suite, de savoir la prochaine destination de Sam.

D'énigmes en rencontres extraordinaires (l'archéologue Chamberlain ou le premier empereur de Chine, pour ne citer qu'eux) Samuel Faulkner a double mission dans ce tome 3, aider son père, comprendre sa motivation folle ET déjouer le plan machiavélique de l'individu surnommé le Tatoué (il fait son apparition dans le tome 2). Cet inconnu a longtemps l'avantage sur Sam, en tant qu'ennemi invisible, et redouble de forces maléfiques pour le manipuler. Mais tout va changer lorsque l'adolescent découvre qui il est réellement ! Du moins, c'est ce qu'on aimerait conclure... le Tatoué reste un adversaire doublé d'une personnalité cupide, fourbe et démoniaque.

Ainsi s'achève une saga passionnante, riche en rebondissements et pleine d'élégance et de détails historiques qui apportent un intérêt pédagogique à cette lecture. Je suis conquise depuis le premier livre, j'en sors ravie en vous souhaitant le même enthousiasme !   

PS : à noter une superbe jaquette de couverture qui s’ouvre comme un poster. Un plus pour l’ambiance.

Gallimard jeunesse, 374 pages - 18,50€

  

3 décembre 2008

Audren, petite mouche... ?

Et je continue sur ma lancée, à vous parler d'un auteur remarquable : Audren. C'est une plume extraordinaire, pleine de fantaisie et d'originalité. Et il y en a pour tous les goûts, tous les âges... comme le prouve cette mini sélection du jour, qui vise les jeunes lecteurs dès 6-7 ans (la collection mouche, pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls) :

418ZL3MhPcL__SS500_Le maître de Félix est un anglais jugé excentrique et loufoque par son papa, qui ne comprend pas l'utilité des leçons enseignées. Dernier exemple : Taylor a demandé aux élèves de rapporter une bizarrerie. Félix est bien embêté, car tout est normal chez lui. Il se pose des tas de questions, auxquelles sa maman répond en rétorquant qu'il est un garçon bizarre. Cela fait tilt dans sa caboche, et Félix a maintenant sa petite idée pour le projet scolaire.

Est-ce que bizarre veut dire anormal, ou pas dans la norme ? Ce qui sort de l'ordinaire pour l'un signifie-t-il que c'est perçu de même par un autre ? Est-ce qu'une différence est aussi une bizarrerie ? Et d'autres questions sans fin découlent de ce petit texte, où Félix conduit gentiment le lecteur à comprendre le sens de l'identité et la richesse de l'exception. Pas si ordinaire, tout ça !

Illustrations d'Isabelle Bonameau
Mouche de l'école des loisirs - 6,50€

 

**********

41b5yI0urLL__SS500_C'est l'histoire de Mateo qui décide de bannir tous les mots commençant par "ma" car cela lui rappelle des choses douloureuses (sa maman est tombée malade un mardi matin du mois de mars). Il change de prénom, bannit de son alimentation les macaronis et les marshmallows et rencontre une petite fée, nouvelle élève dans sa classe, qui se prénomme Marie-Maëlle ! Cette dernière va l'aider à trouver les mots magiques pour chasser les mots maléfiques.

Ce texte parle de la maladie et du chagrin, surtout vécu d'après l'enfant déboussolé. Ce n'est jamais pathétique ou triste à pleurer, au contraire ! Et cela permet aussi de jouer avec les mots et leurs sonorités... Très bon. Et le sujet passe comme une lettre à la poste.

Illustrations de Laurie Karp
Mouche de l'école des loisirs, 6,50€

 

 

2 décembre 2008

Ce soir, Miss C vous propose...

... un programme sur tf1 ce mardi 2 décembre 2008 à 20h50 (j'ai la vocation d'une speakerine !!!) :

jaquette_4132_harry_potter_et_la_coupe_de_feu

Harry Potter, dans le 4ème volume de la série (à noter que le dernier tome vient de paraître en folio junior poche!), et la coupe de feu. C'est aussi pour nous le meilleur, le plus fort, le plus vibrant, le plus dense. C'est le tome qui tourne une page, qui annonce un climat plus oppressant, une menace rampante... et c'est le tome qui me fait pleurer comme une andouille. A chaque fois, j'en sors le nez rouge et le coeur lourd. Je sais bien que ce n'est qu'un film, en plus il ne rend pas assez grâce au roman lui-même, mais je suis ensorcellée par la magie de Harry Potter, de Poudlard et de Dumbledore. Et puis, Harry Potter ça se regarde les soirées d'hiver, au chaud... C'est idéal pour se mettre dans l'ambiance. Les complots, les trahisons, les mensonges, les secrets. Qui a dit que Harry Potter, c'était que pour les enfants ?!

Mais bon, je vous rassure... on se marre aussi dans ce tome 4. Nos jeunes héros grandissent, deviennent des adolescents patauds et ils ont leurs premières histoires de coeur. La scène du bal, notamment, est grandiose. Assez féérique. Et je ne parle pas de l'attitude de Harry et Ron, totalement pathétique. J'oublie aussi de vous parler de l'arrivée en grandes pompes des autres écoles de magie, j'étais bouche bée en le lisant, mais les images ont su me ravir. A noter qu'il y a une française dans ce casting : Clémence Poésy (son nom, c'est déjà tout un programme!) qui interprète l'étourdissante Fleur Delacour.

2005_harry_potter_and_the_goblet_of_fire_072

Enfin je cause, je cause et c'est décousu. Le mieux, c'est de juger par vous-même et de regarder !!!   

Réalisé par Mike Newell
Durée : 2h35

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