Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
28 octobre 2008

Cachez-moi ça - Kyril Bonfiglioli

9782702434215_GIl est snob et persifleur, insolent et tricheur, roublard et esthète, gourmet appliqué et insolent fini. C'est un Arsène Lupin sous l'uniforme d'un marchand d'art londonien. Il a volé un Goya au Prado et cherche à le faire passer discrètement en Amérique, en le cachant dans le double plafond de sa Rolls. Mais ses faits et gestes sont épiés, car notre bonhomme est suspecté et harcelé par la police spéciale de Sa Majesté - avec, en tête, Martland au volumineux postérieur !

Charlie Mortdecai - ainsi se nomme notre personnage - est un pendant de Bertram Wooster sous acide. Il se joue de l'idée avec cynisme, il a son Jeeves en la personne de Jock, enfin c'est un anti-Jeeves car il est décrit comme son voyou de service, tant il est grossier, saoûlard et bagarreur (rien à voir avec la copie originale !). Ensemble ils nous offrent une escapade sauvage et décadente, de l'Amérique au Nouveau-Mexique avant de se réfugier en Irlande. 

Publié dans les années 70, ce roman est en fait le premier volet d'une trilogie qui a connu un grand succès en Angleterre. C'est une histoire qui fait penser à un croisement entre Woodehouse et Chandler, c'est écrit avec élégance et ironie, l'action est rebondissante, l'intrigue assez noire et malgré tout il y a une légèreté derrière tout cela, exactement là où l'art et l'alcool ont droit de cité. Vraiment hilarant, un peu étourdissant, mais hélas trop méconnu !

Editions du Masque, octobre 2008 - 286 pages - 6,50 €
traduit de l'anglais par Marie-Caroline Aubert
titre vo : Don't point that thing at me

Publicité
27 octobre 2008

Le sixième crime - Sébastien Fritsch

 

 

**********

51frK8baLLL__SS500_Voilà un roman que n'aurait pas boudé le grand Maître Hitchcock, amateur devant l'Eternel des histoires sombres et oppressantes. Et puis, il s'agit d'un huis- clos dans lequel deux personnages se font face, pour ne pas dire qu'ils s'affrontent littéralement. Non pas de coups de poing ou d'empoignades musclées, juste une joute verbale et une fausse galanterie qui fleure bon le grand tralala... d'une hypocrisie patentée !

Cela se passe entre l'écrivain d'une cinquantaine d'années, qui vit reclus dans un petit village de la Drôme provençale, et le flic sans peur ni reproche, venu glaner des infos pour dépatouiller son énigme littéraire, comme il dit. Un criminel en série s'inspire de cinq romans publiés par un auteur obscur, désormais disparu, et qui n'était jamais parvenu à décrocher la timbale mais avait réussi, par sa persévérance et son culot, à se faire connaître du milieu pour ces fichues qualités.

Enfin bref, les livres racontent des histoires glauques où des crimes dégoûtants pullulent à tous les coins de pages. Ce n'est pas folichon mais cela a retenu l'intérêt d'un tordu qui s'inspire de ces ignominies pour les accomplir dans la réalité. Ok, mais pourquoi le policier vient consulter l'ascète ? Il faut compulser les 130 pages pour le savoir (ce serait trop facile !) et supporter la pression imposée par le narrateur (également, le policier) qui force l'écrivain à sortir de sa réserve.

Mais tout ceci ne vous donnera aucune piste, car au final on en sort assez stupéfait par le dénouement. J'ai trouvé que dans l'ensemble l'histoire tenait bien la route et que l'auteur n'était pas avare de son enthousiasme pour nous embarquer dans ses filets. Cependant, qu'on m'excuse d'émettre un bémol, mais j'ai jugé que cela sentait aussi le travail trop bien fait, appliqué et soucieux du détail. Un grain de folie aurait été le bienvenu ! Mais cela ne m'enlève pas cette idée de la tête, selon laquelle Hitchcock aurait pu nous concocter un brillant film noir, car c'est aussi ce qui sort de cette lecture : une idée d'adaptation sur petit ou grand écran...
A méditer.

Editions du Pierregord, avril 2008 - 133 pages - 18€

Merci à l'auteur de m'avoir permis la découverte de son univers,
son blog : http://sebastienfritsch.canalblog.com/

a été lu par florinette

26 octobre 2008

Toute la nuit devant nous - Marcus Malte

 

**********

61skVFxMBEL__SS500_Par inattention, je n'avais pas remarqué qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles. Donc, lorsque j'ai ouvert les premières pages, totalement emballée par ce que je lisais, je n'avais pas imaginé un seul instant qu'on allait brutalement couper mon élan ! Couic. Il a fallu que je reprenne mes clics et mes clacs et bouge mes fesses de mon fauteuil où j'étais confortablement installée, car il était temps d'aller voir ailleurs.

Autant dire que j'ai été carrément frustrée ! Et un peu dépitée vis-à-vis de moi-même. J'aimais bien cette étrange histoire dans laquelle le narrateur se reportait à une sinistre expérience du temps de ses 11 ans. Il avait été envoyé dans un camp de vacances, avait fait connaissance avec le très énigmatique François et avait pu lui rendre grâce de le tirer de situations douteuses et douloureuses. Mais justement, la façon dont procédait François restait un gros point d'interrogation. Il n'en imposait pas, il était silencieux mais il avait un regard ou posait juste la main sur votre épaule et cela valait toutes les bastons du monde ! C'était vraiment très étrange... le tout dans un cadre fantastique et surréaliste d'un vieux château peuplé de courants d'air et de fantômes !!!

C'était vraiment très bien, j'étais partie pour une petite centaine de pages à ce rythme et mangée à cette sauce, il n'en fut rien ! D'un seul coup, je découvre quatre adolescents qui se sont rebaptisés de noms de fleurs et sont déterminés à lutter contre cette terre irradiée. Résister, foncer, ne pas renoncer... je n'ai pas été totalement convaincue.

Mais j'ai complètement abdiqué avec l'histoire du père à Francis (du foot, des jeunes, la ville de Marseille et un peu de Zidane, forcément...). Je n'étais plus dans le coup, j'étais déçue. Je n'ai pas encore lu Garden of Love de Marcus Malte (je n'y renonce pas) mais j'ai déjà apprécié cette première rencontre. L'auteur montre ici qu'il varie les styles et brasse divers genres, pas du tout enfermé dans un créneau. C'est appréciable... Et lisez donc Le fils de l'étoile, qui vaut son pesant de cacahouètes ! 

Zulma, Octobre 2008 - 126 pages - 15€

26 octobre 2008

^ Blowin' in the wind ^

 

**********

 

51yeJk4_2Bi5L__SS500_Petit-Renard vit dans un moulin et aime le son du vent, qui fait Voooonnnnn ! Cela fait tourner les ailes de son moulin et crée une douce musique qu'il ne se lasse pas d'écouter. Un jour, soudain, il se demande d'où vient le vent...  La petite araignée suspendue au bout de son fil n'en sait rien, ni le nuage accroché à la flèche du moulin. Mais le nuage réfléchit avant de répondre : Je voyage grâce à lui, mais je ne sais pas d'où il vient.

Le vent continue de souffler, sans doute fier de son grand mystère. Petit-Renard décide alors de partir à l'aventure. Mais le vent devient terrible, se transforme en tornade. Il faut s'accrocher à la branche d'un arbre pour ne pas être emporté. Petit-Renard ne renonce pas pour autant à trouver la source du vent, il continue. Il renifle, il hume et il repart dans le sens indiqué par le vent. Il marche, marche...

Et puis il tombe dans un trou obscur.

Petit-Renard fait la connaissance d'un lutin qui l'invite à visiter la fabrique du vent. Car ça y est ! le petit renard a trouvé ! Et ce qu'il découvre est enchanteur. Des tuyaux partout, des bulles, des chansons, du parfum, des saisons... c'est magnifique ! Et très ingénieux.

Mais toute bonne chose a une fin, et il faut rentrer chez soi. Epuisé, mais heureux !

Un livre poétique et enchanteur, avec des illustrations d'inspiration japonaise.

Par Chiaki Miyamoto
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées / 13 €
Dès 3 ans.

Du même auteur :  Petit fantôme

**********

26 octobre 2008

Nous nous aimons comme ça, Chien et Chat... *

 

 

* Paroles de Chien et chat / Le soldat rose

**********

41um0HhYJrL__SS500_Chien rouge est un fringant animal au pelage de la même couleur, costaud, court sur pattes, une bonne gueule sympa. En chemin, il croise un chien à l'allure du tonnerre : les oreilles dressées. Ouah, il en fait de même et court rejoindre sa bande de copains. Aussitôt, Chien vert, Chien bleu et Chien jaune s'extasient et l'imitent sur le champ.

Bon. Un peu plus loin, Chien rouge croise un chat au sourire féroce. Wouah, impressionnant... et aussitôt il s'entraîne et arbore son nouveau sourire féroce devant ses potes, qui vont s'émerveiller et le copier derechef.

Plus tard, Chien rouge admire un bouledogue bien baraqué, qu'on ne peut que remarquer, et ça lui donne une idée. Il affiche ses biscotos auprès de ses camarades, et rebelote. La bande parade tous muscles dehors.

Chien rouge commence à de moins en moins s'égayer. Il tombe sur un chien poilu et pense enfin que cela le fera sortir du lot. Mais ses copains sont des indécrottables moutons qui broutent l'herbe, soit disante plus verte ailleurs, du même pré. C'est bien connu, et pourtant c'est totalement faux.

Toute la bande n'est qu'une copie conforme : les oreilles dressées, le sourire féroce, les muscles saillants et les poils longs et roses. Quelle pitoyable mascarade. En chemin, les quatre chiens croisent une bande de chats violets. Les moqueries volent, la bataille commence. Aucun vainqueur au final.

Mais Chien rouge se rend compte de sa bêtise. A vouloir trop se démarquer, il n'a réussi qu'à faire le pitre pour ne ressembler à rien du tout, ou à du déjà vu. C'est frustrant. Finalement, rien ne vaut de rester soi-même et d'en être très fier !

Toute la bande est d'accord là-dessus, et chacun redevient lui-même : Chien rouge, Chien bleu, Chien vert et Chien jaune. C'est tout de même autre chose que des cadors !

Une fable humoristique avec des chiens, des chats, une bagarre des chefs et le retour à la maison.

Texte de Gaëtan Dorémus et Francesco Pittau
http://gaetan.doremus.free.fr
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées / 14 €
Dès 3 ans.

ouah4

credit : @ gaetan doremus

**********

Publicité
25 octobre 2008

Blablas, frou-frous, éclats de rire Comme une volière en délire *

 

 

 

 

 

* Paroles de Le Congrès des Chérubins / Juliette

Approchez-vous et voyez ces bambins
Le cheveu frisé et le regard mutin
Malins et coquins chérubins

**********

C'est la nuit, nous sommes dans un dortoir de garçons. Tout ce petit monde roupille sous la couette. Quand, soudain, un prout retentit. Un oeil s'ouvre, puis un autre. Et d'autres encore. Un garnement est paré à l'attaque, un polochon entre les mains. Et paf ! la bataille a commencé.

Il n'en faut pas davantage pour susciter une réaction en chaîne. Certains bâillent et s'étirent. D'autres pleurnichent ou se camouflent sous les draps. Et clic ! une lampe torche entre en jeu. Un acteur est mis en lumière. Et d'autres rais de lumière pointent et zèbrent la scène.

Oooh, du calme. Une porte vient de s'ouvrir et c'est le surveillant au regard goguenard qui joue à Max-la-menace. Bref instant de répit, avant le prochain round.

Et le petit jour se lève, les teintes s'éclaircissent. Du noir, on passe au bleu marine (tiens, on remarque qu'il y a des filles aussi dans ce dortoir !) La scène du crime est éclatante, mais point de victime à déplorer. Les bambins, bien échauffés, se ruent vers l'extérieur où, d'un blanc irradiant, une piste enneigée les attend !

518pNcJiMCL__SS500_

Aucun texte dans cet album, mais ce n'est pas grave ! A la place, on trouve une multitude de détails qui permet de mettre en ébullition la folle du logis. Il faut observer et créer sa propre histoire. C'est drôle et bourré d'énergie !

Par Vincent Cuvellier
Illustrations de Vincent Mathy

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées
12,50€
Dès 3-4 ans

Du même auteur : La première fois que je suis née

 

La plus grande bataille de polochons du monde

25 octobre 2008

Série : Le livre du temps, de Guillaume Prévost

Vient de paraître en poche (folio junior) :

517ZX_D_krL__SS500_Ce tome 1 d'une saga absolument passionnante ("Le livre des temps") est une introduction habile et pleine de promesses. On y fait la rencontre d'un adolescent taciturne qui deviendra le héros d'aventures incroyables. Samuel Faulkner, intrépide et futé, découvre l'étrange disparition de son père et l'existence d'une statuette qui permet de voyager à travers le temps. On passe du Moyen-Age à l'Egypte ancienne, on suit le garçon à la recherche d'indices, on trépigne d'en vouloir davantage, de connaître la prochaine destination et on se sentirait presque frustré d'être de retour dans le présent, où Samuel est confronté à des considérations de son âge.
Cette série est vraiment passionnante, riche en rebondissements, très bien écrite (l'auteur est prof d'histoire, donc il en connaît un rayon et nous balade à travers le passé en saupoudrant son récit d'informations précieuses et enrichissantes). A découvrir sans attendre !

Pour un billet plus complet, cliquez ici.

Gallimard jeunesse, coll. Folio junior / 6,40€

24 octobre 2008

Comme la lune Elle resplendit Même le jour *

* Paroles de Ma Sorcière Bleue / Arthur H

**********

Lisbeth passe les vacances de Noël chez sa grand-mère Olga, tandis que ses parents sont trop occupés à être importants (en fait, ils bossent comme des malades !). Elle prend le train avec son chat Socrate, arrive dans la belle demeure d'allure victorienne et retrouve Edward, un petit voisin bègue qui a le béguin pour elle.

Lisbeth est une petite fille solitaire, qui a la fâcheuse manie de finir les phrases des autres. Cela exaspère son entourage, l'isole de ses camarades d'école et lui fait récolter moults réprimandes par son maître. Avec Edward, l'osmose est cependant parfaite. Tous deux travaillent sur un herbier et se rendent dans le grenier pour consulter l'ouvrage de botanique nécessaire à leurs recherches.

Las ! ils font la découverte d'un étrange grimoire, ancien et poussiéreux, qui leur parle de sorcières. Mais la grand-mère Olga arrive au même moment et les gronde pour avoir fouillé dans ses affaires. Aussitôt elle confisque le livre et le cache dans sa chambre.

Cette attitude étrange est vite casée au second plan lorsqu'on apprend, dans le village, la disparition d'Edward qui n'est pas rentré chez lui en quittant la maison de grand-mère. L'inquiétude monte et Lisbeth se doute que le mystérieux grimoire a un rôle à jouer dans l'histoire.

Elle attend la nuit tombée pour se glisser dans la chambre de sa grand-mère Olga et chipe le bouquin laissé sur la table de chevet. De quoi est-il question dans ce livre ? Des sorcières, ok. Une génération de sorcières, depuis Lilith en passant par Jehanne et Lisa et soudain... Cette belle et jeune femme à la chevelure rousse lui rappelle sa propre grand-mère. Cela signifierait-il que ... ?

D'autres phénomènes vont apparaître au cours de cette nuit "ensorcelante"... des cheveux roux, un chocolat chaud, des muffins aux myrtilles et un ellébore qui scintille de mille cristaux de glace. Ce n'est plus la funeste nuit d'Ernest mais l'heure magique de la passation des pouvoirs !

Et le tout se solde par un doux baiser chocolaté sur des lèvres glacées, je ne vous dis que ça et je ne vous dis rien... Cependant j'en ai des frissons de plaisir.

51nSjwIXyFL__SS500_

Dans ce magnifique coffret, on trouve également le fameux grimoire de sorcières, avec pour stricte recommandation de le refermer immédiatement car il s'agit d'une erreur. Ce livre est maudit, vous voilà prévenus ! ! !

Généalogie d'une Sorcière
textes de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez
illustrations de Benjamin Lacombe

Seuil jeunesse / 30€

le coup d'oeil de Gaelle

922890661

credit : @ Benjamin Lacombe

Plusieurs liens :
http://www.myspace.com/benjaminlacombe
http://benjaminlacombe.hautetfort.com
http://sebastienperez.hautetfort.com/

23 octobre 2008

Remington - Joseph Incardona

Matteo Greco, vingt-neuf ans, mène une vie de peu : chômeur, il bosse par interim pour Fixe Gardiennage, fait de la boxe, se rend à un atelier d'écriture, arpente les rayons de la fnac et sort sa carte bleue pour gonfler sa collection de films. Il vit seul dans un petit appart' avec son chat Basile et il découpe tous les faits divers trouvés dans la presse.

Cette petite vie insipide va être bouleversée par la rencontre d'une femme fatale. Elsa Duvivier. Elle vient aux ateliers d'écriture, joue les serveuses dans les soirées pour chicos et séduit à tour de bras tous les hommes qu'elle croise. Matteo tombe dans le piège, malgré les mises en garde. Il vit auprès d'elle une liaison forte mais fragile, il est utilisé par Elsa, ne s'en rend pas compte. Il a notamment accepté de revoir son manuscrit en lui apportant quelques corrections. Et sans le vouloir, Matteo le réécrit complètement et lui donne un titre plus accrocheur : Treize à table.

Il s'absente quelques jours pour un job à Paris et s'inquiète de n'avoir plus de nouvelles d'Elsa. En cherchant davantage, il découvre qu'elle est folle de rage contre lui et ne souhaite plus le revoir. Cependant, elle s'abstient d'annoncer que son roman va être publié et qu'elle fréquente quelqu'un d'autre. Le sang de Matteo ne fait qu'un tour. La pilule sera encore plus amère lorsque le bouquin deviendra un triomphe.

41zPTmm7A2L__SS500_

J'ai l'impression d'avoir quasiment raconté tout le roman, oui et non.
Parce que le roman s'écoule aussi assez lentement, il n'y a jamais d'action trépidante, de renversement de situation et on entend encore moins les trois coups de théâtre qui sonnent le glas de cette intrigue frissonnante.
En fait, l'histoire elle-même ne nous surprend pas, le coup du pauvre type gentil mais niais qui se laisse entuber par une mante religieuse est assez commun. A ceci s'ajoute la trame du manuscrit volé par essence...
Par bien des aspects, cette lecture est donc prévisible. Jusqu'au bout du tunnel, on suit son chemin et on n'en sort pas aveuglé. Ceci ne veut pas dire que c'est mauvais, trop copié ou souvent imité. Car finalement on s'interroge, on ne quitte pas un instant le personnage principal, on vit dans la peau de Matteo Greco. On sue sang et encre, on a de la sympathie pour lui et on ressent toute sa frustration, sa jalousie et sa peine. Bien sûr on ne porte pas dans notre coeur Elsa Duvivier, une vraie garce. On la déteste, on devine son jeu et on en vient à réclamer le divorce auprès de Matteo qui reste bêtement aveugle à sa machination diabolique.

« On a beau dire, on écrit pour se raconter soi-même, le plus souvent, les autres ne sont qu'un prétexte. Meubler le vide est une imposture. »

Ce qui tient en haleine, dans ce roman plus noir que noir, c'est la tension qui ne lâche jamais sa prise, même dans les moindres détails, dans le dédale d'une vie courante ou l'accomplissement de gestes anodins, dans le cadre d'une routine. On s'attend toujours à être saisi à la gorge par je-ne-sais quelle harpie en folie au détour d'une rue, ou dans les rayons de la fnac ! C'est appliqué, au millimètre carré près. La violence est distillée au compte-goutte, elle n'intervient pas gratuitement. Elle n'est même pas assise, bien à l'aise dans les vicissitudes de cette histoire tordue. On sent qu'il faudra qu'elle intervienne tôt ou tard, rien ne nous surprend de toute façon !
Et pourtant, si. On a peut-être tenu la main de Matteo, on ne la lâche pas si facilement. Car c'est un personnage affable de prime abord, mais pas seulement. Froid, implacable, cynique et sans état d'âme. Et si on s'était gourré de victime sur toute la ligne ?
A vous de voir.

Fayard Noir, Octobre 2008 - 316 pages - 19€

22 octobre 2008

Aux yeux de mon lapin nain je parie que je suis... *

 

 

 

* Paroles de Lapin ! / Pascal Parisot

**********

Dans Guili Lapin, nous faisions connaissance avec la petite Trixie et de son inséparable doudou le lapin. On se rappelle l'histoire de la disparition qui a failli dégénérer en un grand drame dans la laverie du quartier, mais heureusement tout est rentré dans l'ordre.

L'autre Guili lapin raconte une aventure tout aussi cocasse puisque Trixie a maintenant grandi, elle n'arrête pas de parler et ne se sépare toujours pas de son doudou. C'est le grand jour de la rentrée des classes, où elle a traîné son Guili lapin le sans-pareil, selon elle. Or, gros scandale dans la cour de récré : une autre copine commet l'affront de s'afficher avec le même doudou, une copie conforme ! Plus de sans-pareil, plus de sensationnalisme, c'est le clash. Les deux fillettes se chamaillent, la maîtresse consigne les lapins mais les restitue en fin de journée.

Le lecteur a aussitôt vu l'effroyable méprise qui se déroule sous nos yeux, mais pas la petite Trixie. Elle rentre chez elle, va se coucher et se réveille en pleine nuit en hurlant car son Guili lapin n'est pas le sien, mais celui de ladite Sonia. Impossible de finir la nuit sur un tel subterfuge, il faut réparer l'erreur et ... Point étonnant, alors, de recevoir un coup de fil du papa de l'autre enfant, de courir les rues en pyjamas et de faire l'échange en bonne et due forme. Le Guili Lapin est unique !

Du moins, le croit-on. Car nos deux chipies savent être intraitables mais sont aussi les premières à partager leur Guili Lapin. Pourquoi pas un petit échange, le lendemain à l'école ? (Sous le regard atterré des papas, encore groggy de sommeil.)

resize

Ce qui est vraiment sympathique à parcourir chez Mo Willems, c'est sa technique particulière de combiner les dessins à la plume et les photos numériques. Le fond est en sépia, les dessins sont en couleurs. Le rendu est très agréable, rend cette histoire  pratiquement vivante, mi-réelle, mi-fictive. C'est un joyeux fourre-tout. Et puis l'histoire est attachante, qui n'a jamais connu ce calvaire du doudou... qui perd son chemin, mais ouvre aussi la voie vers une autre amitié.

L'autre Guili Lapin, ou comment Trixie rencontra sa première meilleure amie.

Kaleidoscope / 12,50€

 

**********

En matière de pâtes, nous nous étions arrêtées à celles de Francesca mais c'était avant de connaître la recette bien spéciale d'Arturo ! C'est un bonhomme de six ans, qui n'aime pas les légumes verts. Mais alors, pas du tout. Il se voit bien réviser toutes les recettes du livre de cuisine de sa maman, inventer des recettes à sa sauce, où il ne serait jamais question de légumes.

Exemple : les spaghettis aux brocolis vont devenir des spaghettis aux délices du désert !

Remplacez les brocolis par une queue d'iguane, les gousses d'ail pour des fleurs de cactus et saupoudrez le tout de sel, poivre et crottes de nez ! C'est très fin, cela met en appétit.

Haem.

La chasse à l'iguane est ouverte, elle est même éreintante. Le cahier de maman se verra raturé, taché, et ne ressemblera plus à rien, mais on ne s'ennuie pas un seul instant. Et cela ouvre une belle vocation, et l'imagination sans égale. Demain, ce sera des raviolis à la crème de lune !

resize

Fantasque et pleine de divagations, cette histoire est aussi rigolote et ne se prend pas au sérieux. Tous les boudeurs des légumes dans les assiettes verront peut-être un déclic quelconque pour se lancer dans l'aventure !?

Une recette élaborée par Laura Riccioli et François Soutif
d'après une idée de Flora Farina
Kaleidoscope / 12,50€

**********

Dès 3 ans. 

 

 

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité