Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
6 novembre 2008

Les Cavaliers des Lumières : La voie des chimères **

Nous sommes encerclés, une seule tactique
On fonce dans le tas, pas de quartiers haro !
Découpons en lanières, ces zombis fanatiques
Et qu'ils sachent pourquoi nous sommes des héros

**********

511yCE3OpAL__SS500_Voici donc le deuxième livre qui succède au Règne de la barbarie de cette série en 5 volumes.
Nous suivons Owen, alias Dream Song, un adolescent qui vit avec ses parents adoptifs et sa petite soeur dans le bush australien. Après les derniers événements survenus dans le tome précédent, le garçon se réveille avec un ordinateur cramé et inutilisable. Mais d'autres mauvaises surprises l'attendent car ses tentatives de connexion au jeu des Barbarians échouent. Le jeu semble avoir été rasé de l'internet, aucune trace n'existe sur les moteurs de recherche ou les forum.
Cela pourrait être une bonne nouvelle, le signe que leur mission a été accomplie (ces créatures virtuelles avaient choisi d'envahir la Terre). Tout serait donc rentré dans l'ordre ?
Non, car Owen pense aussitôt à Fennec des Sables. Nous la connaissions sous les traits de Théo la parisienne qui vivait seule avec son père, elle avait détecté la première le plan machiavélique des Barbarians, avait contacté ses partenaires de jeu pour les avertir du risque, puis était partie sur l'île de Wight où elle avait rencontré un apprenti mage, etc. Elle avait su se glisser dans le système et intégrer le monde virtuel en franchissant la frontière. Elle avait poussé ses camarades à la rejoindre, mais ils n'y sont jamais parvenus. A la place, c'étaient toujours leurs avatars qui avaient combattu vaillamment contre Yamider et sa cruelle armée de Barbarians.
Et donc, après l'affrontement il y a eu le nuage noir. Les écrans d'ordinateur ont fumé et le jeu est parti en poussière.
Où est passée Théo ?
Elle n'est pas rentrée chez elle, son père n'a aucune nouvelle. Il est prêt à craquer...
Owen choisit de taire la mission casse-cou de sa fille et opte pour le rassemblement des Cavaliers des Lumières : Glaive d'Or, Ciel qui gronde et Oeil de Faucon.

Le lecteur que nous sommes pousserait bien Owen à se rapprocher de Bruce l'Aborigène, celui qui semble tout savoir et lire dans l'esprit des autres. Il a déjà attiré l'attention du garçon sur un dingo qui ne quitte plus les alentours de leur maison. Car l'animal cherche à communiquer avec lui, avance Bruce.
Mais Owen est assez buté et il n'aime pas ce vieux mêle-tout. Pourtant l'Ancien a raison. Le gamin ne le sait pas encore, mais sous cette forme animale se trouve Théo. Emportée dans le tourbillon du Grand Passage, elle est revenue sur Terre incarnée en dingo ! Comment lui rendre son apparence humaine ? Et si, enfin, Owen suivait Bruce sur le chemin de l'Initiation...

Encore une bouillante aventure que voilà !
Owen, alias Dream Song, s'est déclaré chef des Cavaliers des Lumières, mais dans la vie réelle il se sent incapable et indécis. Par exemple, il a toujours ressenti un doute vis-à-vis de Yamider et lui accorde le bénéfice du doute (il ne serait pas foncièrement démoniaque). C'est sans savoir que le Grand Chancelier aime se nourrir des flottements pour se glisser dans la brèche et retrouver sa force !
Damnation ! Le Monde Nouveau est encore une fois menacée, et Owen se sent coupable. Sa petite soeur Neal va être prise en otage de la barbarie et il n'est plus question d'hésiter. Il faut agir.
Et bonté divine, Théo revient !

Ce livre nous enseigne une part de la culture aborigène, par le champ de cérémonies sacrées et d'incantations, qui représente un intérêt considérable. Peut-être les plus jeunes ne s'y arrêteront pas comme moi, et seront davantage happés par l'ambiance et les techniques de jeu, les batailles épiques et l'action trépidante. Je ne les blâme pas non plus, car ce roman est véritablement captivant. Il y a un vrai souffle romanesque et une intrigue qui déborde d'imagination.
La perspective des prochains volumes s'annonce excitante, sachant que nos trois autres cavaliers des lumières sont d'origine massaï, chinoise et indienne.
Le troisième livre, portant le titre de La porte du présage, va d'ailleurs nous emmener en Californie auprès de Ruben, qui détient un rôle clef dans les Barbarians Killers. Pour le savoir, c'est à suivre !

**********

« A l'école, ils nous ont expliqué que nos histoires de Rêves à nous autres, les Abos, ne sont que des leurres. Des superstitions. De l'archaïsme.
- Etre archaïque ne veut pas dire être idiot, ni être dans le faux. Quelquefois c'est le progrès qui se trompe. Tes professeurs n'ont donc pas tout à fait tort. Ton Rêve est archaïque, et il est la Voie qu'il te faut suivre pour avancer vers ton destin.
- Qui est ?
- Qui est la Voie des Chimères. Suis-la et tu trouveras ce pour quoi tu es venu sur Terre.
- La Voie des Chimères... Est-ce que tu veux dire la Voie de ce qu'on ne voit pas ? De ce qu'on imagine ? Est-ce que les fantômes que j'ai vus l'autre nuit dans le bush, durant mon initiation, étaient des Chimères ?
- Je n'en sais rien, petit. Tu poses trop de questions. Il s'agit de ton héritage. Je ne peux pas t'en dire plus
.
»

Par Brigitte Aubert & Gisèle Cavali
Plon jeunesse, novembre 2008 - 308 pages - 13,90€

 

Publicité
5 novembre 2008

J'ai fantaisie de mett' dans not' vie un p'tit grain de fantaisie !

 

* Paroles de J'ai fantaisie / Boby Lapointe
chanson reprise par Elli Medeiros

**********

Ibby passe quelques jours chez ses cousins Alex et Francis. Ils viennent de sortir du grenier la boîte de magie de l'oncle Godfrey (qui a mystérieusement disparu depuis cinq ans) et ont décidé d'expérimenter les sept tours que compte la notice d'instructions. Mais Alex et Francis sont assez dissipés et désorganisés. Ils tentent des tours sans réfléchir et se retrouvent dans des situations qui vont rendre folle la sage et consciencieuse Ibby.

Du rétrécissement à la lévitation, on passe à l'invisibilité et au cycle de la vie (de l'art de vieillir ou rajeunir en un coup de baguette). Les garçons se livrent une compétition acharnée, Ibby reste au centre, impartiale. Elle veut être la voix de la raison, mais ses cousins sont trop bornés. Du coup, les tours de magie les prennent au piège et souvent la police et l'hélicoptère des pompiers doivent intervenir pour les sortir du pétrin.

51_2BaroIk6ML__SS500_

Les garçons ne calment jamais le jeu, ce qui finit par les rendre fatigants et insupportables. De l'autre côté, leur mère est d'un laxisme agaçant. Bien évidemment ce sont les éléments indispensables pour rendre cette comédie savoureuse et piquante. (Les enfants adorent !)

Destinée à un lectorat pour les 8-9 ans, cette histoire saura ainsi les séduire par sa dose de fantaisie et son lot de rebondissements. Les apprentis magiciens qui ont la tête dans les étoiles trouveront dans ce roman un moyen d'insuffler du merveilleux dans la vie quotidienne.

Illustrations de Peter Bailey

Le garçon dans la boîte à biscuits
Par Heather Dyer

Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - Octobre 2008 - 7,20€

traduit de l'anglais par Anne Krief

**********

Il était une fois un crayon, un petit crayon tout seul.
Un jour, il s'est mis à bouger et a commencé à griffonner, dessiner et créer un monde dans lequel un petit garçon s'amuserait avec un chien et un chat. Il habiterait une grande maison avec une famille autour. Il y aurait du bruit, des couleurs, de la vie.
Mais ce petit monde choisit d'entrer en anarchie.
Chacun veut un nom.
Chacun réclame ou proteste.
Il y a de la zizanie dans l'air !

51YZOn42RDL__SS500_

Le petit crayon choisit alors de dessiner une gomme. Pour réparer les erreurs, pense-t-il.
Or la gomme aussi commence à s'emballer et se rebeller.
Prise de frénésie, la gomme efface... TOUT.

Comment calme-t-on une gomme en colère ? A votre avis ?

Farfelu et bien pensé !
L'album montre aussi la "fabrication" d'une histoire par la magie d'un crayon, d'un pinceau et d'une gomme.
C'est très agréable à regarder, le graphisme est moderne et paraît vivant. Certaines pages sont complètement épurées et d'autres sont plus colorées (peintes à la main ou coloriées).
Et la gomme folle furieuse est une excellente invention.
On tourne les pages avec grand plaisir.

Par Allan Ahlberg
Illustrations de Bruce Ingman

Gallimard jeunesse - dès 4 ans - 12€

**********

4 novembre 2008

Dracula la rédemption - Kate Cary

Deux années sombres viennent de s'écouler, durant lesquelles Mary Seward a tenté de reprendre le cours de sa vie à Purfleet. Elle ne parvient pas à chasser les souvenirs des événements survenus au château de Tepes, elle qui était si courageuse et déterminée se découvre peureuse et paranoïaque. Elle vit cloitrée, ne sort plus la nuit et se pare de tous les artifices pour chasser les vampires (crucifix, eau bénite, etc.). Son père, malade et affaibli, l'encourage à retrouver goût à la vie.

Infirmière de garde, elle s'est liée d'amitié avec des collègues, Helen, Becky et Stella. De même, elle vient de faire la connaissance de Lord Bathory, un homme intelligent, effacé et très riche, qui commence à la courtiser. Peut-être les beaux jours vont enfin revenir...

Mais Quincey Harker est de retour, échappé d'un monastère où il avait songé expurger le Mal en lui. Il prétend chercher la rédemption et implore l'aide de Mary. Peut-elle lui faire confiance, alors qu'il pratique toute sa séduction pour lui faire perdre la tête ? Dans le même temps, il y a une hécatombe de victimes à l'hôpital où elle travaille, et pas des cas anodins puisque les corps sont vidés de leur sang. Mary sait qu'il s'agit de la signature d'un vampire, bien que le personnel médical évoque un virus et pointe le doigt vers la jeune femme, tenue pour responsable d'avoir introduit le mal dans l'établissement.

41TnfYQDFZL__SS500_

Beaucoup de passion encore au programme dans cette suite de Dracula, l'héritier.
On suit désormais principalement Mary Seward, pour les raisons que l'on sait et qui sont survenues à la fin du Livre I. La tension est toujours présente, avec son soupçon d'angoisse et de mystère. On frémit, comme Mary, au moindre signe suspect, à l'apparition d'une ombre menaçante et lorsque la nuit tombe. On partage ses doutes, on s'associe à sa prudence, on se laisse séduire puis tromper. C'est une parfaite combinaison pour nous faire chavirer.
Dans ce livre, on en apprend aussi davantage sur Quincey Harker qui revient sur son initiation et sa transformation. Son personnage reste flou pendant les 3/4 du roman et on peut juste déplorer la fin précipitée de l'histoire, à la fois excitante et décevante.
J'espère qu'il y aura encore un troisième livre (rien ne l'indique), pourtant la fin est ouverte !
Une série à lire, de 14 à 110 ans !

Milan, septembre 2008 - 314 pages - 9,50€
traduit de l'américain par Emmanuelle Pingault
titre vo : Bloodline Book 2 : Reckoning

Mon avis sur Dracula, l'héritier

3 novembre 2008

Noir américain - Armand Cabasson

Aux jeunes lecteurs, amateurs de la société américaine vue à travers les feuilletons et autres films, voici un recueil qui prolongera ce goût prononcé pour une culture où la violence trop souvent gratuite s'étale dans un quotidien sans peur ni reproche. En bref, c'est cru, c'est violent, c'est noir. Sans appel, et pourtant fascinant.

61e_KJMIYDL__SS500_

Dix nouvelles composent ce recueil d'Armand Cabasson, dont j'avais déjà lu (dans cette même collection) Par l'épée et le sabre l'an dernier. Dans Noir Américain, on croise d'abord une petite fille et son monstre Grapp qui se met en colère contre l'homme qui partage la vie de sa maman, parce que c'en est assez que cet individu soit méchant avec Jenny et qu'il est temps de le supprimer...
Un employé pas du tout modèle est las d'être harcelé par son supérieur par la faute de son manque de zèle. Ses chiffres de vente dans son secteur de l'automobile sont lamentables et n'atteignent pas le quota exigé. Il sent qu'il plonge dans le grand vide, quand un soir dans une station-service il est otage malgré lui d'un braquage. Un brusque instinct s'éveille en lui mais réveille d'autres démons...
Sur une route qui mène à Los Angeles, en pleine nuit, Will est au volant de son break et roule comme un abruti. Il allume la radio et entend la voix de Michka - éraillée, bizarrement à la fois sûre d'elle et légèrement teintée de fragilité. Il est fasciné par ses discours, il est incapable de changer de station et les heures défilent. Le but de son voyage est précis, particulier. Vengeur. Et peut-être une voix nocturne lui fera chasser ses démons qui le rongent depuis sept ans...
Louis est un monstre, dans le sens où il a été victime d'un grave accident de voiture quand il était enfant et en a gardé des séquelles au visage. Mal-voyant, il vit dans la solitude et noue très peu de contact avec l'extérieur, jusqu'à sa rencontre avec Shelley, la très belle et envoûtante Shelley. Elle s'invite chez lui, le séduit et se révèle machiavélique. Mais qui a dit que tel est pris qui croyait prendre ? ...
Le shérif d'une petite bourgade a toujours rêvé devenir agent du FBI. A la place, il n'est qu'un sous-fifre dans une petite ville de l'Amérique profonde. Quand un crime crapuleux est commis dans sa circonscription, le type saute à pieds joints pour accueillir la grosse artillerie qui arrive avec tambour et trompettes, la presse à ses trousses, vraiment le genre super-star-aux-lunettes-noires. Or, notre homme tombe de haut lorsque l'agent du FBI le traite avec mépris. Il serait temps de remettre les pendules à l'heure et de couper l'herbe sous le pied de ce supposé Superman...

Et d'autres histoires suivent et ne se ressemblent pas. On a souvent l'impression de voir un bout de scène tiré d'un feuilleton ou d'une série tv policière. Il y a des crimes et des enquêtes, des flics au bout du rouleau ou à la logique implacable, mais aussi des portraits de tueurs à la recherche de la rédemption. On croise aussi des démons et des revenants, mais sans que cela prête à confusion (on ne franchit jamais les frontières au-delà du réel, Scully et Mulder restent dans le petit écran).
C'est peut-être rasoir de penser ainsi, mais j'ai eu le sentiment tenace de lire dans ses nouvelles un condensé de tout ce qu'on nous abreuve à la télévision pour nous présenter la société américaine. On passe du thriller au polar psychologique, on évoque la violence et la justice toute-puissante. Alors oui le rêve tourne au cauchemar, on peut être Monsieur Tout-le-monde et devenir demain criminel. C'est tout et c'est assez tragique, mais le rendu de ce recueil est brillant, d'un beau noir nacré qui vous éblouit presque.
A tenter ! Pour grands ados et adultes.

Ed. Thierry Magnier, octobre 2008 - 173 pages - 9,50€

A ce propos, voici un programme à vous conseiller : "Rachid au Texas"

 


Bande Annonce Rachid au Texas (France 4)

 

C'est un road-movie dans lequel Rachid Djaïdani traverse le Texas à mobylette, la tête pleine de clichés (alimentés par la télévision, principalement !). C'est vraiment très drôle !

 

2 novembre 2008

She's La Belle Et La Bete at the ball

I'll tell you a story but you won't listen, It's about a nightmare steeped in tradition

Paroles de La belle et la bete / Babyshambles

**********

Depuis des siècles, les mêmes contes sont racontés dans des régions très éloignées les unes des autres. Ces récits connaissent des centaines, voire des milliers de versions qui ont été éclipsées par celles de Perrault ou des frères Grimm, parce que celles-ci ont été imprimées. Ces récits sont toujours très beaux, parfois cruels mais toujours émouvants.

En voici un exemple avec les Histoires de la Belle et la Bête racontées dans le monde :

61iwIqKXriL__SS500_

On retrouve au sommaire des histoires venues du Japon, de Norvège, de Russie, d'Egypte, du Canada, d'Ecosse et de Bretagne. Il est sans cesse question de couple et d'abnégation. Des filles sont envoyées à des créatures monstrueuses pour tenir une promesse ou parce qu'un foulard a choisi le promis (un bouc, plus précisément !). Ce sont des demoiselles douces et attentionnées, dévouées auprès de leurs familles. Elles ont le sens du sacrifice, acceptent de partager la couche d'un dragon à trois têtes ou d'un ours blanc. Leur sens de l'honneur sera récompensé lorsqu'un beau prince se révélera sous la peau de ces bêtes ou êtres difformes (comme le vieil homme de la marmite). L'amour ainsi triomphe toujours, combattant les préjugés et les apparences physiques peu amènes.

Parmi toutes ces histoires, j'ai une préférence pour le conte norvégien, intitulé si joliment :
A l'est du soleil et à l'ouest de la lune.
C'est l'histoire d'une famille très pauvre qui reçoit la proposition d'un ours blanc. Il souhaite épouser la plus jeune des filles et en échange il offrira toutes les richesses du monde à ces malheureux. La jeune fille s'en va à dos d'ours et rejoint un majestueux château, étincelant d'or et d'argent. Elle est bien traitée et l'ours n'est pas avare en gentillesse et cadeaux. Le soir, pourtant, la jeune fille remarque qu'un homme se glisse dans son lit. Mais il repart avant le lever du jour. C'est un mystère dont elle ne s'ouvre à personne...
S'ennuyant de plus en plus des siens, la jeune fille demande à l'ours de rendre visite à sa famille. Il l'accepte, à une condition : de refuser d'être seule avec sa mère. Cette dernière, curieuse et avide, parvient à faire parler sa fille, qui lui confie son secret. Au moment de repartir, la jeune fille reçoit de sa mère une bougie. Et lorsque le soir venu, l'homme se glisse dans le lit et s'endort, la fille éclaire le visage de celui-ci et découvre un visage de toute beauté.
Las ! trois gouttes de cire tombent sur la chemise de l'homme qui se réveille et crie malheur. Il est prisonnier d'une malédiction, il doit partir aussitôt et épouser la fille de sa belle-mère qui est un troll. Il disparaît donc et la jeune fille pleure toutes les larmes de son corps. Pour le retrouver, il faut qu'elle se rende à l'est du soleil et à l'ouest de la lune... mais le chemin est long, difficile et le garçon est désormais le promis d'une autre.

IMGP6206

Illustrations de Delphine Jacquot

C'est un voyage en lecture que nous proposent les auteurs, avec cette sempiternelle histoire de métamorphose et d'amour, de désir plus fort que la peur, d'interdit, de transgression et de reconquête.

Parfait pour les âmes voyageuses, curieuses et rêveuses...

de Fabienne Morel et Gilles Bizouerne
postface de Nicole Belmont

Syros, coll. Le tour du monde d'un conte / octobre 2008, 96 pages - 15€
dès 7 ans.

**********

En parlant de conte, n'avez-vous jamais remarqué qu'on ne trouvait jamais d'

autruches dans les contes de fées ! ?

C'est vrai que l'animal à la dégaine niaise et empotée n'en impose pas du tout en parure de chaperon rouge ou de Peau d'âne. C'est ainsi... Le ridicule ne tue pas, fort heureusement, sans quoi la planète serait vite dépeuplée.

Notre autruche aux grandes pattes de gazelle mais aux hanches de matrone ronfle, est coiffée comme un dessous de bras et habillée comme l'as de pique. Elle ne vole pas. Elle ne chante pas. Elle a un caractère de cochon et aucun humour.

51ZLOJDyZ1L__SS500_

Ce qui n'empêche pas l'Autruche de se marier, de vivre heureuse et d'avoir beaucoup d'enfants.

Très original, délicieusement satirique.

Par Gilles Bachelet

Seuil jeunesse / octobre 2008 - 15€

 

Publicité
2 novembre 2008

L'oiseau - émoi ressent ce qu'on sent au fond de soi...

41jXKk5oJjL__SS500_

On ne l'a jamais vue, mais on sait qu'elle est là, au fond, tout au fond de soi : l'âme.

Et au fond de l'âme, il y a un oiseau perché sur un pied, qui ressent ce qu'on sent au fond de soi : c'est l'oiseau-émoi.

Il se morfond de douleur lorsqu'on nous blesse, il sautille et gambille quand on nous aime. Il se roule en boule, muet de tristesse, quand on nous agresse. Il se déploie et emplit l'espace dès qu'on nous embrasse.

« Au fond,
tout au fond de nous
vit l'âme.
Nul ne l'a jamais vue,
mais chacun sait qu'elle y est.
Jamais
personne ne vint au monde
sans elle.
Elle étincelle
dès qu'on naît
et, comme l'air qu'on respire,
jamais ne nous abandonne,
pas même une seconde...
... tant qu'on est. »

L'oiseau est fait de tiroirs bien verrouillés et l'oiseau seul peut ouvrir ses tiroirs. Un tiroir pour chaque sentiment, donc l'oiseau-émoi a beaucoup, beaucoup de tiroirs !

« Des tiroirs
pour rire, pleurer,
désirer, être comblé,
espérer, désespérer,
patienter, s'impatienter,
et puis un pour haïr
et un pour être aimé...
Il y a même
un tiroir pour la paresse
et un, c'est fou,
pour ne rien faire du tout !
Et aussi un tiroir secret
pour nos secrets les plus secrets
qu'on n'ouvre presque jamais.
Et d'autres, encore et encore,
tous les tiroirs
qu'on peut rêver d'avoir ! »

A présent vous avez compris que chacun est différent parce que vit en lui un oiseau différent.

**********

Ce petit traité des émotions est adapté du best-seller The Soul Bird écrit par la poète israélienne, Michal Snunit. Dans sa version française, les illustrations délicates et raffinées de Martine Delerm évoquent à merveille la vie intérieure.

Sensible, délicat, subtil et précieux.

Seuil jeunesse, Septembre 2008 - 12€

 

 

 

 

 

***

1 novembre 2008

La communauté du Sud - 1. Quand le danger rôde - Charlaine Harris

Sookie Stackhouse est serveuse dans un bar de nuit dans la ville de Bon Temps ; il s'y passe des choses peu banales dans le Sud, berceau des vampires, car ces créatures ont désormais quartier libre et fréquentent les humains, s'acoquinent aux mordus et boivent du sang synthétique en libre circulation. Sookie est une jolie blonde célibataire et un peu malheureuse de l'être. Son handicap, comme elle dit, est de savoir lire dans l'esprit des gens. Du coup, pas facile de se lier avec un type dont on devine le fond des pensées, en bien ou en mal.

Alors elle attend son heure, ou plutôt son vampire (toujours selon ses dires!). Son voeu est exaucé avec la venue de... Bill le vampire. Pas très glamour comme prénom, pas très 19ème siècle non plus, d'ailleurs Sookie en pleure de joie. Mais le type lui doit une fière chandelle car il est tombé dans un traquenard tendu par deux trafiquants de sang de vampires (autre précision : ce sang aurait l'effet d'une drogue fort prisée dans les milieux undergrounds) et donc Sookie est intervenue à temps, aidée d'une simple chaîne, pour menacer le couple de vandales.

51HWMX9JP8L__SS500_On connaît la suite de l'histoire sans l'avoir écrite : Sookie tombe amoureuse de Bill et l'idylle va être mise à mal par l'arrivée d'autres vampires qui sont beaucoup moins sympathiques et conciliants que ce cher Bill. Guéguerre, rivalités, soirées orgiaques... A ceci, s'ajoute une autre menace qui plane sur la ville puisqu'une série de crimes donne des cheveux blancs à l'inspecteur Andy Bellefleur. Les victimes sont toutes des femmes et Sookie commence à se sentir menacée. Car parmi les suspects, on compte Bill et Jason, le frère de Sookie... 

J'ai joué le jeu en acceptant de me changer les idées et de découvrir l'univers de Charlaine Harris. Des vampires, encore des vampires, et une histoire d'amour entre une humaine et l'être inaccessible. Je ne m'attarde plus sur la dose d'inventivités prodiguées dans cette série, l'essentiel étant de ne surtout pas se prendre au sérieux mais de proposer un genre qui peut tenir la route. Bon, personnellement je n'ai pas été déçue par cette lecture mais je n'ai pas été transportée non plus. Le logo J'ai Lu Amour & Mystère y est probablement pour quelque chose... On y trouve beaucoup de miel et de sirop parfum eau-de-rose dans toutes ces pages ! Cela peut avoir du bon aussi, mais bof. Je n'ai pas trop goûté la sauce, et surtout - ô drame - je n'ai pas su apprécier les personnages (Bill le vampire, en tête, n'a aucun charisme ! c'est désespérant !). Je suis désolée d'avance de froisser les lectrices qui pensent le contraire...

En fait, je vais partir du principe qu'il s'agit du premier tome et qu'il faut du temps pour que la série prenne son allure de croisière. Ce livre correspond à une mise en place maladroite, ça tatônne encore beaucoup, à l'instar de Sookie qui est sympathique mais un peu idiote aussi. Je crois que dans le même genre Anita Blake est davantage considérée comme une référence, je vais donc m'en faire une petite idée tôt ou tard...  Pour l'heure, je vais rester sur une note sympathique concernant La Communauté du Sud, même si cela n'a pas été le coup de coeur annoncé (dommage Elwing !). Toutefois j'aimerais bien voir la série tv (adaptée par le créateur de Six Feet Under).  plus d'infos ici

J'ai Lu, coll. Amour & Mystère - 315 pages - 6,50 €
traduit de l'américain par Cécile Legrand-Ferronnière

NB : A ce jour, j'ai commencé à regarder les 8 premiers épisodes (série en cours de diffusion) et c'est vraiment trash ! J'hésite à me prononcer, tant je suis à la fois dégoûtée mais happée par cette ambiance. Je déplore juste le besoin de scènes un peu trop crues, surtout dans les épisodes du début, ensuite ça se calme. Par contre, les personnages de Sookie et Bill me tapent sur les nerfs !
A voir : Le générique est démentiel (un aperçu du pilote ici, ensuite c'est devenu celui-ci !)

31 octobre 2008

^ This is Halloween ^

« Foutaise ! Ces personnages ébouriffés perchés sur des balais avec des verrues sur le nez ? Est-ce qu'on ressemble à ça de nos jours ? Est-ce qu'on a envie que tout le monde rie de nous ? Plus personne ne sait qu'on existe, ni à quoi on ressemble. Cette fête d'Halloween est une insulte aux sorcières modernes ! »

 

**********

Branle-bas de combat chez les sorcières ! Elles sont en colère, remontées contre les humains qui ne les craignent plus. Elle sont devenues un mythe ou une image de pacotille exploitée à l'occasion de la fête d'Halloween. Elles étaient redoutées, maintenant ce sont les humains eux-mêmes qui ont endossé ce rôle effrayant. Les informations déversent leurs exploits en un flot de sang, dévastation, guerre, mort et désolation.

Fille-de-Fer convoque ses camarades et met en place une manifestation de protestation. Une ligue de sorcières en colère, vous connaissez ? Cela fait rire les passants, et cela fait bouillir le sang des sorcières. Leur courroux est terrible. Mais elles réalisent ensuite qu'elles n'optent pas pour la meilleure attaque. Au contraire, il faudrait s'en prendre directement à l'origine du mal et capturer tous les dictateurs, tortionnaires, pédophiles, dealers et autres responsables des horreurs qui font trembler les humains.

Ainsi, plus de concurrence et les sorcières peuvent reprendre leurs attributions : faire peur et être redoutées pour ce qu'elles sont - des sorcières !!!!!!!

51QZNouKT4L__SS500_

Un conte résolument moderne, qui revisite le mythe de la sorcière.
C'est affreux, raconté avec force détails et descriptions dégoûtantes. Le culot est tout aussi monstrueux (Crabe-Tambouille pète d'indignation tandis que Pustule-Bubon urine un peu d'acide, Chauffe-Conduit et Brûle-Pourpoint montrent leurs fesses aux étoiles!).
Mais le portrait des sorcières est drôle, plein d'invention. L'histoire démontre la violence de notre société et on en vient à regretter les histoires d'antan où seules les bonnes vieilles sorcières terrorisaient la planète entière !

Sorcières en colère
Par Hélène Vignal
Illustrations de Diego Fermin

Ed. du rouergue, coll. ZigZag - 144 pages - 7,50€ 

**********

Place à un incontournable, maintenant : la Sorcière Camomille !

Lors d'une visite à la librairie, les trois petites soeurs mettent un peu les rayons en vrac avant de découvrir le journal intime de la Sorcière Camomille. Cette dernière apparaît soudain par la magie d'une baguette et les gronde. Il ne faut pas maltraiter les livres. Au lieu de les dénoncer, elle accepte de tout ranger à leur place si les chipies s'engagent à remettre en état son journal.

Ainsi s'ouvre ce journal, comme neuf, qui nous raconte la naissance, le mariage, les vacances et le Noël de la célébrissime Sorcière Camomille.

51_Ss4ZogfL__SS500_

C'est une véritable institution, cette Camomille, avec son chapeau pointu, son foulard mauve, ses lunettes, son nez crochu, sa robe noire et son hibou nommé Gros-Yeux ! On ne s'ennuie jamais avec elle. Toutes ses anecdotes frisent le ridicule, mais l'humour est sauf.
Ici, les trois petites soeurs ne sont que les lectrices, de loin, des aventures de notre sorcière et apparaissent en coin de page. Et en fait la couverture de cet album est rose !

Le Journal secret de la Sorcière Camomille, lu par les Trois Petites Soeurs
Par Enric Larreula
Illustrations de Roser Capdevila

Le Sorbier - 165 pages - 12€

**********

Sortilèges, d'Emily Gravett :

Ou l'histoire d'un crapaud vert qui souhaitait devenir prince charmant.

41igxGAZNXL__SS500_

Album riche en surprises et autres découpages.
C'est l'histoire d'un conte de fées qu'on prend à rebrousse-poil. Il est souvent dit que tout vilain crapaud cache un beau prince charmant et que le baiser d'une princesse réveille à la vie... oui mais voilà, Emily Gravett a décidé d'ajouter des effets secondaires à la potion magique.
Jolie histoire, étonnante comme toujours.
L'album gagne souvent en curiosité par la magie de l'imagination de son auteur, on n'est jamais à bout des surprises !

Par Emily Gravett

Kaleidoscope / 15€

**********

Et pour les amateurs du génial Miyazaki : Kiki la petite sorcière !!!

 

 

Vive et pétillante, Kiki est une petite fille de 13 ans qui décide de quitter ses parents pour accomplir sa destinée : devenir sorcière, comme le veut la tradition. Elle s'envole donc avec son chat Jiji pour une sympathique petite ville côtière du sud, où Osono, une gentille boulangère, lui propose un emploi de livreuse...

Voyez ce film comme un poème, tout simplement drôle, beau et touchant !

**********

« Il avait déjà oublié qu'aujourd'hui, c'était la nuit d'Halloween. A l'origine, cette fête païenne celtique invitait les gens à se tenir sur leurs gardes car, la veille de la Toussaint, fantômes et autres esprits errants revenaient sur Terre régler leurs comptes avec les vivants. Mais désormais, Halloween n'était plus qu'une vaste foire aux monstres et aux dollars. »

in Noir Américain, Armand Cabasson

halloween

30 octobre 2008

Dracula l'héritier - Kate Cary

Septembre 1916. Un lieutenant blessé et complètement délirant arrive à l'hôpital de Purfleet. L'infirmière Mary Seward reconnaît aussitôt John Shaw. Elle se souvient de lui et sa jeune soeur Lily arrivant à Carfax Hall, quelques années auparavant, avec leur gouvernante d'origine roumaine, Antanasia, après la disparition de leurs parents.
Inquiète pour sa santé, Mary s'enhardit à lire le journal intime de John où elle découvre son supplice au coeur des tranchées françaises. Il était sous le commandement du Capitaine Quincey Harker, un type admiré et redouté à la fois. Cet homme errait souvent seul la nuit, pouvait se révéler intraitable mais c'est grâce à son dévouement si John Shaw est aujourd'hui en vie.
Toutefois, Mary éprouve une vive répulsion pour ce capitaine décrit en des termes monstrueux. Lorsqu'elle le rencontre pour la première fois, elle a pour instinct de protéger John et sa soeur. Celle-ci, totalement naïve et innocente, est tombée sous le charme ténébreux de Harker, rentré de France et résidant à Carfax Hall sous l'invitation de la jeune fille.
Avec John, enfin rétabli, Mary va vouloir repousser les fiançailles entre Lily et Quincey. Quand soudain, le couple disparaît...

411CETGdMTL__SS500_

A l'instar de la couverture, l'histoire est véritablement opaque et oppressante. C'est effrayant, passionnel, sanguinolent et dramatique.  C'est dans la lignée de Bram Stoker, dont Kate Carry prétend revisiter le grand classique en imaginant une suite... originale et respectueuse. Quincey Harker, le personnage-clef, serait donc l'héritier de Dracula. Il a un plan, de séduction et d'accomplissement de lignée. On le découvre petit à petit, en s'enfonçant dans les couloirs glacials du château de Tepes en Transylvanie.
Et fidèle à sa source d'inspiration, ce récit est raconté par le biais de lettres et d'extraits de journaux.
J'ai beaucoup aimé. L'ambiance est fascinante, elle commence par le côté obscur et dans le paysage cauchemardesque de la guerre, la personnalité ambivalente de Quincey Harker apparaît en filigrane. Et puis, une espèce d'accalmie surgit en la figure de Lily, au charme évanescent. Elle est jeune, pure et candide. La présence de Harker à ses côtés réveille des torrents de désir, elle se sent prisonnière de cette attirance et n'hésite pas à le suivre jusqu'au bout de son aventure. Mais elle ne soupçonne pas un instant la facette cachée de son âme torturée, et à ce propos, j'admire la tournure des événéments lorsque les barricades s'élèvent de toutes parts et étouffent la belle ingénue.
En fait, le sentiment de menace plane de long en large, au cours de ces 300 pages. Et d'un autre côté, c'est incroyablement sensuel et sulfureux. La sexualité est inhérente au rapport d'haine et de fascination. Et plus précisément, l'érotisme. Avec le sang et la mort, ce sont les trois pôles fondateurs du vampirisme, qu'on retrouve dans ce roman (Dracula, L'héritier) publié en jeunesse mais ceci ne doit pas freiner les élans de n'importe quel lecteur au-delà de 14 ans.   
Une suite vient de paraître : Dracula, La rédemption. Faites comme moi : n'attendez plus !

Milan, mars 2008 - 318 pages - 9,50 €
traduit de l'anglais par Emmanuelle Pingault
dès 14 ans

29 octobre 2008

La vie parfois fait plouf *

* Paroles de Plouf / Les Wriggles

**********

Attention, petite perle de drôlerie !

41s8_DgZHDL__SS500_

Hamster et ses amis de la forêt s'apprêtent à célébrer l'anniversaire de notre petit animal... qui est épatant ! Imaginez un hamster gourmand et égocentrique, qui gribouille dans son journal des mensonges irrésistibles. Il invite ses amis mais attend d'eux qu'on lui offre des gaufrettes et des noix, sinon pas la peine de venir.

C'est lui le plus beau, c'est lui le meilleur. Il rêve en contemplant les étoiles et cultive son narcissisme. Il ne pense qu'à sa petite personne et à son ventre. Il se goinfre, il ne partage pas, il ment et il est paresseux !

Ses petits amis, aussi, sont fort sympathiques dans leur genre : Hérisson rêve d'être doux et de porter un manteau de mousse, Taupe boit du thé dans son lit et écrit un roman, Escargot rêvasse sur le pourquoi du monde et se demande si la pluie va tomber, Lapin est admiré de tous mais jalousé par Hamster... qui ne l'invite pas à son anniversaire mais découvre sa venue et une surprise de taille : une émouvante chorale, avec danse et chant à tout casser !

Bref, c'est indispensable de se ruer dessus !
Les dessins sont simples, le tout est composé à la manière d'une bande dessinée.
Les textes sont délirants, les personnages croqués à point.
J'ai savouré !

Par Astrid Desbordes
Illustrations de Pauline Martin

Albin Michel Jeunesse, septembre 2008 / 12 €

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité