le_contemplateurMonsieur Combes est un libraire âgé, maniaque et mystérieux. Son crime est d'aimer les garçons, jeunes et beaux, et de les employer comme commis dans sa boutique.
Depuis quelques semaines, on n'a plus de nouvelles de Théo qui travaillait pour lui. Il a disparu du jour au lendemain, l'enquête de la police n'a rien conclu. Pour le remplacer, Combes a donc ouvert sa porte à Anton, un autre jeune garçon à la beauté saisissante.
Mais un impératif s'impose : il faut qu'il porte une salopette de couleur bleue, comme son prédécesseur. N'en déplaise à la mercière Evangéline Agrobis.
La frustration aidant, les rumeurs les plus folles vont courir. A Morghor, petit village noyé par la neige, il n'y a pas que le froid qui soit redoutable.
"Le contemplateur" avec son allure baroque est un roman envoûtant, au charme puissant, aidé par la figure énigmatique du libraire Combes. Le monde des livres est ici un peu en retrait, car c'est surtout autour du vieil homme que l'intrigue se creuse.
A-t-il des intentions pernicieuses ? Est-il l'homme qu'on prétend qu'il est ? Est-il coupable du crime dont on l'accuse ? Car effectivement un garçon est mort, la nuque brisée, et Combes a agi au plus vite, sans réfléchir, en cachant le corps dans sa cave.
Etrange, vraiment...
L'atmosphère hors du temps apporte un attrait particulier à la lecture, encore plus que la découverte du crime. Et puis, le style de Stéphane Héaume est toujours sombre et inquiétant, il captive littéralement. C'est juste regrettable que la fin soit précipitée et plonge le lecteur dans les abysses du doute.
A découvrir !

Anne Carrière - 182 pages - En librairie le 22 Août 2007.

Couverture : passemoilesel.com

** Rentrée Littéraire 2007 **

Mon avis sur "Le fou de Printzberg" , roman du même auteur (bientôt disponible en poche)

Extrait :   

«  Il y a un mois qu'Anton est là, avec ses yeux d'argent où brillent ses vingt ans, un mois que sa présence, son silence, ses absences, libèrent le pénitent d'une souffrance ardente. Car Combes ne gémit plus ; ses désirs l'ont quitté avec délicatesse, discrètement, ne laissant au vieil homme que la grâce naissante d'une fascination. Oui, il aime. Mais c'est une âme qu'il aime, au lieu d'aimer un corps. Il n'aura fallu que quelques nuits pour que s'opère l'impossible glissement. Pas de révélation. Simple constatation. Il y a là comme une plénitude de vie : l'abondance d'un bonheur repentant, d'un bonheur qui a mauvaise conscience d'avoir papillonné et qui revient le soir pour se faire pardonner.  »