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Pierre, trente ans, est atteint d'une terrible malédiction : quiconque l'approche finit par mourir tragiquement. Devant le corps d'une jeune femme, retrouvée morte dans son appartement, et face à des enquêteurs circonspects, le type se lance dans une longue justification en racontant son histoire... à rebours.
Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Que fait-il dans la vie (à part ramasser les crottes des animaux du zoo de Vincennes) ? Comment et pourquoi son existence est en train de basculer dans une spirale infernale où la folie douce semble y faire son nid en toute quiétude ?
Maxime Chattam sort de son registre habituel pour livrer une histoire pour le moins sinistre et déprimante. Le narrateur - Pierre - est un type aussi cynique que désabusé, du coup sa confession oscille facilement entre l'amertume et le désespoir, tout en épinglant ci et là les travers de notre société, à grand renfort de pointes sarcastiques.
Je n'ai pas été totalement conquise par cet essai - d'abord, le type verse facilement dans l'atermoiement mais ne suscite guère d'empathie. Son parcours relève ensuite d'une longue série de rencontres excentriques et farfelues - une amoureuse qui collectionne les suicides, une collègue qui confond littérature et sexualité, un psy psychopathe qui ne cesse de le harceler, un vieux bonhomme qui possède le don de retrouver des objets perdus... Lui-même joue à la pêche téléphonique, en composant des numéros au hasard dans le but de discuter avec des anonymes.
Bref. On sait que Pierre a renoncé à ses amis, à sa famille. Il se dit mortifié par sa malédiction, dépossédé de son destin, mais cherche un sauf-conduit pour échapper à cette terrible fatalité. Sa vie est clairement insipide, solitaire et affligeante. Et lire ou écouter son histoire s'avère une expérience tétanisante, même si elle n'est pas aussi traumatisante qu'avec Que ta volonté soit faite.
On y trouve du sexe, du sang, du sordide, de l'humour noir, de la mélancolie, du suspense, de l'émotion, de l'ironie... Un beau patchwork bariolé, qui vous file aussi une étrange sensation de malaise. Paradoxalement ce grand déballage a su m'accrocher jusqu'au bout. Envie de connaître le fin mot de l'histoire, curiosité malsaine, agacement grandissant pour le personnage central etc. Mea culpa.
On nous vend du David Lynch (oui... pour les tableaux à base de mouches mortes) et un soupçon d'Amélie Poulain sous LSD. L'échappée est certes singulière et conduite avec maestria, mais je n'ai pas trouvé ce roman à la hauteur de mes attentes. Vivement la fin d'année pour plonger enfin dans le dénouement de la série Autre-Monde ! Hâte. ☺

Texte lu par Damien Ferrette pour Audiolib (durée : 9h 11) / Août 2016