le piege de la belleGrande première pour l'émission Suspicion ! Sa productrice Laurie Morvan reçoit “Casey la dingue” qui vient tout juste de sortir de prison, après quinze années d'incarcération pour le meurtre de son fiancé Hunter Raleigh.

Même si Casey a toujours clamé son innocence, expliquant qu'elle avait été droguée le soir du crime, les enquêteurs n'ont jamais cru sa version et ont mis l'accent sur son caractère jaloux et violent ayant entraîné la mort du petit fiancé de l'Amérique. Toute une nation s'est liguée contre Casey, et aujourd'hui encore, les journaux se déchaînent de la savoir libre et sous les feux de la rampe. Pour la première fois, l'équipe de Suspicion doit traiter une affaire selon le point de vue d'une condamnée. Une perspective déstabilisante pour Laurie, déjà paumée depuis le départ de son présentateur vedette, Alex Buckley, qui veut se consacrer à sa carrière d'avocat, et l'arrivée d'un jeune loup aux dents longues, Ryan Nichols, qu'elle accueille assez froidement. Sa rencontre avec Casey sera déterminante, et au diable les tentatives de dissuasion de ses proches qui pensent qu'elle perd son temps sur ce dossier jugé trop sulfureux !

C'est donc un nouveau défi pour Laurie, qui met en péril sa carrière, et dont la vie sentimentale est en perte de vitesse. Sa relation avec Alex est au point mort, sans compter que sa décision de quitter l'équipe n'est pas sans sonner le glas d'une idylle naissante. Laurie va longuement ruminer à ce sujet et se noyer dans ses atermoiements. L'affaire Casey Carter passe donc au second plan, dommage, j'attendais beaucoup de ce cold case glamour, où la beauté, la richesse, la convoitise et la politique ont détruit des familles et conduit au drame que l'on sait. Au final, l'intrigue manque cruellement de rigueur et se dénoue sur des révélations peu surprenantes. Je n'avais pas ressenti cette frustration depuis Le bleu de tes yeux, premier épisode de la série, où seule Mary Higgings Clark tenait la barre du navire. Par la suite, L'affaire Cendrillon et La mariée était en blanc ont su me réconcilier, grâce notamment à la touche contemporaine glissée par Alafair Burke pour moderniser la tournure criminelle. D'où la consternation dans ce roman un poil trop guindé, maniéré, sentimental et mielleux.

L'écoute est plaisante, Marcha Van Boven possède une voix douce et charmante, la magie opère instinctivement, mais le contenu est plat, lassant, peu croustillant. C'est de la mécanique bien huilée, fonctionnelle, convenue... et fade. C'est creux, oui, et néanmoins distrayant.

(P)2017 Audiolib / Texte lu par Marcha Van Boven (durée : 8h 13) - Trad. Anne Damour {The Sleeping Beauty Killer}