songe à la douceurQuand Tatiana, quatorze ans, rencontre le meilleur ami du petit copain de sa sœur, elle tombe immédiatement sous le charme. Eugène a dix-sept ans et incarne le dandy romantique par excellence, avec ses lubies, ses exigences, ses rêves et ses idéaux. Tatiana lui adresse une déclaration enflammée, mais Eugène la repousse. Dix ans vont passer quand les jeunes gens se recroisent par hasard. La jeune fille est troublée, alors que son ancien soupirant se surprend à éprouver du regret et une obsession maladive pour elle.
Croisant ainsi passé et présent, le roman tisse sa toile autour d'une histoire d'amour absolu et de rendez-vous manqué. Le début est captivant, car inattendu et drôle malgré lui, puis la narration nous embarque franchement pour un voyage au long cours, explorant les arcanes de l'amour passionnel, les silences et les non-dits au fil du temps, révélant un drame lointain, cherchant à percer son mystère et analyser ses conséquences. C'est inattendu, mais très bon. J'ai juste ressenti un petit essoufflement à mi-chemin, éprouvant envers Eugène, littéralement bouffé par sa passion dévorante, un certain agacement. Tout chez lui est excessif - ses sautes d'humeur, son impatience, ses conclusions hâtives... Pfiou. En face, Tatiana encaisse avec panache et assume avec classe. J'ai largement préféré son caractère et sa façon d'être.
Globalement, c'est une lecture agréablement surprenante et remarquable pour sa prise de risques - adapter un roman de Pouchkine, écrit en vers, il fallait oser ! Ayant opté pour le format audio, je fais l'impasse sur la mise en page élaborée, mais c'est sans regret car j'ai savouré l'interprétation de Rachel Arditi, qui m'avait déjà totalement emballée avec Les Petites Reines. Son jeu est de nouveau extra ! J'ai eu un plaisir fou à l'écouter et à plonger dans son univers exubérant. En gros, je suis fan. ☺

©2016 Éditions Sarbacane (P)2017 Audiolib

Texte lu par Rachel Arditi - Durée d'écoute : 4h 40